Plaidoyer pour qu’une Instance Internationale Indépendante de Veille sur les IA soit portée par des Obédiences Maçonniques

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Frontier Models & Compute Diplomacy

nota : Ce texte n’engage que son auteur, membre du GODF depuis 1990 et observateur attentif des IA depuis 10 ans dans son univers professionnel. Ce plaidoyer ne prétend ni porter la parole de l’obédience ni être un article scientifique. C’est un outil mis au service de l’indispensable réflexion que doivent mener les citoyens vigilants.

« La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer notre monde, elle le fait déjà. La question est de savoir si nous allons gouverner cette transformation ensemble, ou la laisser nous gouverner ? »

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

Ce texte dessine une éventuelle transition civilisationnelle radicale : le passage d’une économie de marché, d’états de droit et d’états-nation à une technocratie algorithmique. Dans ce futur-là, la richesse ne se mesure plus en capital financier, mais en capacité de traitement de l’information, et le pouvoir politique glisse des gouvernements vers les détenteurs d’infrastructures d’intelligence artificielle.

La maçonnerie se caractérise historiquement par son engagement dans la cité, sa défense de la République et de l’émancipation humaine, elle s’oppose à toutes les formes de dogmatisme.

À l’heure où les outils que l’Homme a forgés pour s’affranchir menacent de devenir les chaînes d’une nouvelle servitude, il convient de porter notre regard au-delà des apparences. Une nouvelle transcendance menace nos Temples et la Cité donc les humains qui leurs donnent vie, celle de l’algorithme roi et de la féodalité du calcul : la fluidité.

Envisager « l’Effondrement par la Fluidité », ce n’est pas céder à une quelconque peur du progrès, c’est d’abord regarder l’état du monde sans ciller puis, c’est appliquer notre méthode :

  • Mobiliser les repères symboliques et sociétaux qui nous structurent,
  • Rester vigilants et attentifs
  • Sonder la verticalité de notre condition humaine,

… afin de mesurer le danger d’une société où, en l’occurrence, le citoyen ne serait plus défini par ses droits intangibles, mais par son allocation de bande passante…

Comme il nous faut absolument maintenir la Lumière de la Raison face à l’aveuglement de cette fluidité sans conscience, ce texte sera aussi porteur d’espoir et de propositions !

Quelques définitions de concepts communément admis :

  • Universal Basic Compute : c’est un concept analogue au Universal Basic Income (UBI), mais au lieu de ressources financières, il fournit à chaque individu un niveau de base de puissance de calcul.
  • Mesh Network : c’est un réseau sans point central où chaque appareil sert aussi de relais pour ses voisins, ce qui le rend beaucoup plus robuste et résistant aux pannes qu’un réseau classique. Il est inécoutable, inattaquable et incopiable.
  • Intelligence (voir plus bas Banque Centrale d’Intelligence) = Token (portion de mot à venir) + Processeur + énergie + Argent = Pouvoir Suprême.
  • Frontier models : ce sont les modèles d’IA les plus puissants du monde à un instant donné, la pointe absolue de ce que la technologie permet à cet instant-là.
  • Fluidité : c’est l’idée que tout circule sans obstacle : l’information, le calcul, les décisions, l’argent. Plus rien ne ralentit, ne bloque, ne résiste. C’est le monde où l’IA traite tout à une vitesse inhumaine, sans les pauses, les doutes ou les vérifications que les humains s’imposaient naturellement (la « friction humaine »), ce temps de pause nécessaire pour réfléchir, vérifier, juger éthiquement une décision.

C’est précisément cette « friction » que la fluidité fait disparaître.

  • Compute-Diplomacy : (ou diplomatie du calcul) est un concept géopolitique apparu avec la course à l’IA : l’idée est que la puissance de calcul (les puces, les processeurs, les serveurs, les data centers) est devenue une ressource stratégique au même titre que le pétrole ou les armes nucléaires, les États s’en servent comme levier de pouvoir dans leurs relations internationales. C’est donc l’art pour les États (mais pas que…) d’utiliser le contrôle des puces et de la puissance de calcul comme une arme diplomatique pour gagner la course mondiale à l’IA.
  • Banque Centrale d’Intelligence : bien sûr cette institution n’existe pas encore mais, à l’instar d’une Banque centrale (BCE, FED, etc.) qui décide des taux d’emprunts, de la masse monétaire en circulation, celle-ci jouerait un rôle équivalent pour la pensée et l’information. La ressource ne serait plus l’argent, mais l’accès à l’intelligence, la capacité de calcul et donc, indirectement, la capacité de penser, décider et créer.
  • Architecture de mémoire unifiée : c’est quand CPU & GPU (le cœur de l’ordinateur) partagent le même espace mémoire, évitant des copies de données lentes et coûteuses entre les deux et autorisant un accroissement significatif des vitesses de calcul.
  • Architectes du discernement : Son rôle n’est pas d’analyser le code en temps réel ou de rivaliser de vitesse, c’est perdu d’avance. Son rôle est de valider ou d’invalider la direction que prend la machine : juger si un résultat a du sens ou s’il est absurde (même produit avec une parfaite efficacité technique) et de décider s’il est pertinent de continuer dans cette direction ou pas. Cela n’a rien de naturel, cela se construit avec méthode et doit se transmettre.
  • Agent IA : c’est un programme qui peut agir tout seul, en autonomie, pour atteindre un objectif, pas seulement répondre à une question. Il comprend une mission, choisit des étapes, utilise parfois des outils, puis exécute des actions. Par opposition à un simple chatbot, il ne fait pas que discuter : il peut enchaîner plusieurs tâches pour obtenir un résultat.

Sommaire

  • vers quoi semblons-nous aller ou plutôt, vers quoi nous fait-on aller ?
  • 3 Typologies de Réactions face à ce Nouveau Paradigme
  • vers un Totalitarisme Virtuel ou une Renaissance Critique ?
  • nous francs-macons, où nous retrouvons-nous ?
  • une instance internationale de veille
  • Quelques sujets auxquels cette instance pourrait s’interresser
  • état des lieux des institutions et initiatives internationales
  • Synthèse et conclusion
  • Références

Vers quoi semblons-nous aller ou plutôt, vers quoi nous fait-on aller ?

1.   L’État-Plateforme et la « Compute-Diplomacy »

Le concept d’État-Nation s’effondre au profit de l’État-Plateforme !

Sans doute un bégaiement de l’histoire si l’on songe aux différentes compagnies de commerces avec l’Asie dont bien sûr les « Compagnies des Indes ». A une différence près, la nano seconde a remplacé le courrier de l’époque dans la circulation des informations… Les frontières géopolitiques s’effacent devant l’accès à la puissance de l’intelligence.

  • La Compute-Diplomacy : Les relations internationales ne se jouent plus sur des traités territoriaux ou des accords commerciaux classiques, mais sur l’accès aux ressources computationnelles. Les alliances se nouent et se dénouent autour de l’approvisionnement en semi-conducteurs et en énergie. Des entités comme OpenAI, Anthropic ou Microsoft agissent comme de super-États.
  • La féodalité algorithmique : Le citoyen est dépouillé de ses attributs politiques traditionnels. Le « contrat social » se résumerait bientôt à l’octroi d’un Universal Basic Compute (un minimum vital de puissance de calcul). L’inégalité alors ne se mesure plus en revenus, mais en allocation de bande passante donc, d’accès à l’intelligence.
  • La Crise de la Complexité et le Sacre du Discernement

L’automatisation totale du développement logiciel par des réseaux d’agents IA crée un paradoxe. En éliminant la « friction humaine » (le temps de pause nécessaire à la conceptualisation, à l’éthique et à la vérification), les machines empilent des abstractions logiques à une supra vitesse de la lumière.

  • La défaillance par excès de fluidité : Les systèmes deviennent des boîtes noires absolues, impossibles à débugger ou à auditer, même par leurs concepteurs.
  • Le grand renversement de valeurs : La production de lignes de code, de contenus, subit une déflation totale (sa valeur marchande tend vers zéro).

À l’inverse, l’esprit critique, la capacité de prendre du recul et de dire « Je » deviennent la ressource la plus rare et la plus chère du marché. Ainsi, les « Architectes du Discernement » – appelons-les ainsi – deviennent les nouveaux gardiens de la viabilité du monde numérique.

3.   La Résistance matérielle par l’architecture de mémoire Unifiée

Face à la centralisation du Cloud Computing (un modèle gourmand en énergie, fragile et hautement surveillé par les Banques Centrales d’intelligence), une fracture technologique s’opère :

  • La résilience et la liberté de pensée ne dépendent plus d’un droit abstrait, mais d’un rempart physique : le matériel local. L’accès à une IA open source, auto-hébergée, communautaire et/ou personnelle.
  • L’utilisation d’architectures de mémoire unifiée de pointe permettra de faire tourner des modèles d’IA massifs, hyper-optimisés et totalement souverains directement chez soi.

C’est l’apparition d’un maquis technologique où la déconnexion du Cloud étatique, centralisé devient l’unique moyen de préserver une pensée autonome, hors des boucles de contrôle et de redistribution des monopoles privés.

Attention, parler de « résistance » ou de « maquis » n’est pas considérer avoir perdu, c’est simplement regarder le monde avec considération.

Nos valeurs humanistes nous interdisent d’un côté la stagnation de la pensée et de l’autre d’ignorer ce reste de l’humanité totalement hermétique au bouleversement anthropologique en cours. La fracture numérique est un des nombreux freins identifiés dont il faut tenir compte.

3 Typologies de Réactions face à ce Nouveau Paradigme

Cette mutation systémique fragmenterait la société en trois grands groupes, définis par leur niveau de conscience et leur rapport au pouvoir technologique.

Les Assimilés : L’acceptation passive et connectée (Ceux qui acceptent sans se poser de questions)

Ce groupe représente la majorité de la population. Pour eux, la transition se fait sans douleur apparente, car elle s’habille du confort de la fluidité technologique.

  • Leur quotidien : Ils consomment l’accès à l’IA comme l’électricité ou l’eau courante. Ils acceptent le Universal Basic Compute comme une évolution naturelle et gratifiante des aides sociales.
  • Leur psychologie : Ils ne perçoivent pas la perte de leurs droits civiques traditionnels, car leur quotidien est grandement facilité par des agents algorithmiques qui gèrent leur santé, leur éducation et leurs loisirs.

Ils troquent volontiers leur souveraineté intellectuelle contre du confort et une bande passante optimisée.

  • Leur réaction probable : Face aux pannes ou aux crises de complexité du système, ce groupe réagira par une demande accrue de centralisation. Ils exigeront des États-Plateformes des correctifs encore plus automatisés, quitte à accepter des restrictions biométriques ou comportementales pour maintenir leur accès au Universal Basic Compute. Leur dépendance se transformera en un réflexe de protection à tout prix de l’infrastructure.
  • Le risque ultime : Un effondrement invisible, où la société devient hyper-fluide mais totalement « a-critique », prisonnière d’une complexité algorithmique que plus personne ne pilote.

Les Lucides Anxieux : La conscience impuissante (Ceux qui comprennent et s’inquiètent)

Ce groupe est composé de cadres, d’intellectuels, de techniciens de niveau intermédiaire et de citoyens éduqués qui comprennent parfaitement les rouages de la Compute-Diplomacy et de l’effondrement par la fluidité.

  • Leur quotidien : Ils subissent une angoisse existentielle permanente. Ils voient les Banques Centrales d’Intelligences dicter le coût de la pensée et assistent, impuissants, à l’obsolescence de leurs compétences traditionnelles.
  • Leur psychologie : Ils oscillent entre cynisme et dépression fonctionnelle. Ils tentent de se positionner, sans grand succès, comme des « architectes du discernement » au sein des entreprises ou des organisations, mais se sentent piégés par le système Cloud. Ils s’inquiètent de la perte de l’humanité profonde, mais restent dépendants du système pour leur subsistance économique, n’ayant ni les moyens ni l’audace de basculer dans la dissidence matérielle.
  • Leur réaction probable : Pour surmonter leur angoisse sans basculer dans la clandestinité, ils développeront des stratégies de contournement psychologique et professionnel. Dans leurs milieux professionnels, ils se battront pour la création de chartes éthiques, de comités de conformité et de labels « IA Responsable » – mesures hélas cosmétiques et proche du « vœu pieux » face à la puissance de la Compute-Diplomacy.

Sur le plan personnel, ils tenteront de sanctuariser des espaces de « détox numérique », cherchant à préserver leur santé mentale sans jamais couper le cordon matériel avec le Cloud.

Les Réfractaires : La résistance matérielle et active (Ceux qui comprennent et sont suffisamment inquiets pour s’y opposer)

Ce groupe rassemble des ingénieurs système de haut niveau, des philosophes technocritiques, des cyber-activistes et des partisans de la décentralisation absolue. Ils ont compris que la seule réponse à un totalitarisme virtuel est une barricade physique.

  • Leur quotidien : Ils boycottent activement les services Cloud des États-Plateformes. Ils investissent massivement dans des infrastructures de hardware locales, construisent des réseaux maillés (mesh networks) indépendants et accumulent des puces graphiques à bande passante extrême.
  • Leur psychologie : Ils adoptent une posture de combat et de sécession politique. Ils se considèrent comme les derniers dépositaires d’une pensée humaine libre et non formatée. Pour eux, la « Compute-Diplomacy » est une déclaration de guerre ; ils y répondent par une guérilla matérielle, protégeant leurs serveurs locaux comme des forteresses de l’esprit critique.
  • Leur réaction probable : Ce groupe basculera dans une sécession active et logistique. Ils bâtiront des « Zones Autonomes Computationnelles » (ZAC), déconnectées des réseaux centraux.

Pour espérer un certain succès ils n’ont d’autre choix que d’analyser l’échec en leur temps des partisans des « Logiciels libres ».

VERS UN TOTALITARISME VIRTUEL OU UNE RENAISSANCE CRITIQUE ?

La vérité s’avère être brutale : la technologie n’est plus un outil au service de l’humanité, mais à celui du nouveau milieu politique dans lequel elle évolue.

Cette transition marque la fin de l’anthropocentrisme politique tel que nous le connaissions depuis les Lumières. Nous assistons à une redéfinition radicale des rapports de force, articulée autour de deux trajectoires opposées et dictée par les réactions concrètes de forces en présence :

  • D’un côté, le scénario de l’aliénation systémique (porté par les « assimilés ») : C’est le triomphe de l’État-Plateforme. La masse des Assimilés abdique toute souveraineté contre le confort d’une bande passante garantie, tandis que la Compute-Diplomacy fige le monde dans une féodalité d’un nouveau genre, où la pensée humaine est indexée sur le cours du token.

Le risque ultime : l’effondrement invisible : un monde hyper-fluide, mais devenu totalement « a-critique » et par voie de conséquences impossible à auditer, prisonnier d’une complexité algorithmique que personne ne pilote.

  • De l’autre, le scénario de la dissidence lucide (menée par les « réfractaires ») : C’est la réponse du hardware et de l’esprit critique. La liberté ne se joue plus dans les urnes, mais dans l’architecture des processeurs. Face à la centralisation du Cloud, la résistance s’organise en local. Concrètement, ils organiseront des marchés noirs de serveurs et de puces graphiques de haute technologie, ils développeront des protocoles de communication cryptés de pair-à-pair. En s’alliant aux « Architectes du Discernement » (précédemment évoqués comme étant ceux ayant conservé lucidité et savoirs), ils devraient parvenir à créer des universités et des banques de données physiques clandestines pour préserver les savoirs humains de l’altération algorithmique. Peut-être alors deviendraient-ils les derniers gardiens d’une pensée humaine authentique, non médiatisée par les Banques Centrales d’Intelligences.

Vœu pieu ?

La véritable frontière de ce monde futur ne séparerait pas les riches des pauvres, ni le sud du nord, mais ceux qui subissent la fluidité algorithmique et ceux qui possèdent la puissance matérielle de la questionner. Dans cette perspective un peu « cyberpunk », préserver notre capacité de discernement et notre autonomie technologique n’est plus un luxe intellectuel, mais la condition sine qua non de notre survie philosophique et politique.

nous francs-maçons, où nous retrouvons-nous

Si le monde profane glisse vers la « Compute-Diplomacy » et que les chaires politiques se transforment en banques centrales, nos devoirs de Francs-Maçons au 1er rang desquels se trouve la dignité humaine est d’accompagner voire, de devenir ces Architectes du Discernement. Le véritable outil de résistance face à un cloud potentiellement totalitaire réside dans notre méthode traditionnelle. Le vrai secret maçonnique, notre saine friction intellectuelle, nos débats exigeants, attentifs à tous et à l’abri des bruits du monde, sont les prototypes mêmes de cette pensée souveraine et déconnectée des divers flux.

Ne laissons pas les agents algorithmiques détruire le lien social et la fraternité réelle. Face à la fluidité qui aliène, opposons la saine résistance de la pensée critique. Sachons posséder nos outils plutôt que d’être possédés par eux.

Rappelons-nous que la liberté ne se quémande pas, elle se bâtit, pas à pas, à l’équerre et au compas, dans le sanctuaire de nos consciences éveillées…

Surtout, prenons garde à nous-mêmes et au plaisir parfois que nous avons à lire ou entendre les beaux mots ronflants de la maçonnerie, ils nous endorment pour accepter sans distance des déclarations générales, molles, et sans rigueur, et les voter.

Souvenons-nous du miroir ! Oui, nous sommes bien notre pire ennemi…

Si belle soit notre méthode, la lucidité s’impose. Face à une IA qui calcule en nanosecondes en déployant des millions de variables à la fois, la délibération humaine, qu’elle soit maçonnique, parlementaire ou philosophique s’appuie sur une ridicule capacité de stockage des informations et une capacité d’analyse d’une lenteur désespérante. Sans aucun doute est-ce là que le bât blesse ! Il convient urgemment de l’accepter afin d’aller plus loin.

Confronter la volonté de résistance de certains humains à la vitesse exponentielle de l’IA, nous oblige à poser un diagnostic lucide et une question : si notre méthode traditionnelle est dépassée en vitesse, reste-t-elle pour autant indispensable ?

Quelques arguments :

A-   Sur le plan de l’action immédiate : L’illusion du contrôle

Soyons clairs : l’humain a perdu la course de la vitesse et du stockage.

  • Si la résistance consiste à vouloir analyser le code d’une IA en temps réel pour décider si on l’accepte ou non, l’échec est garanti. Les « Lucides Anxieux » qui pensent pouvoir réguler l’IA par des comités Théodule d’éthique ou des lois (comme l’AI Act européen ou le cacochyme RGPD) font fausse route : le temps qu’une loi soit votée, l’IA a changé dix fois de génération.
  • Face à la vitesse, la réaction « rationnelle » et réaliste n’est pas politique, elle est technologique et structurelle. Une réponse à la vitesse du Cloud serait une sorte de sabotage : la sécession matérielle. On ne ralentit pas l’IA, on se retire de sa boucle de contrôle mais encore faut-il en faire le choix conscient et en avoir la possibilité « technique » et « financière ».

B-   Le paradoxe de la « Friction » : la lenteur est une arme

« L’inefficience signifiante », c’est le concept clé. La vitesse absolue de l’IA produit de la fluidité, mais cette fluidité mène à l’absurde (des bugs systémiques que personne aujourd’hui ne comprend).

  • L’IA est une excellente exécutante, mais elle est encore incapable de vouloir ou de comprendre le sens de ce qu’elle produit, cela viendra vite. Aujourd’hui elle optimise sans fin, quitte à optimiser un désastre.
  • C’est là que la « lenteur » maçonnique ou philosophique redevient réaliste : non pas comme un frein (ce qui n’est plus possible), mais comme une instance de rupture. L’humain est encore celui qui a le pouvoir de dire « ce résultat est absurde », ou de redéfinir le cap. C’est le rôle de l’Architecte du Discernement : Sans être plus rapide que la machine, il est, encore aujourd’hui, celui qui valide ou invalide la direction de la machine.

La question se pose de savoir combien de temps durera cet état…

Si nous réfléchissons en termes de rapports de force réels, la conclusion ne devient pertinente que si elle se traduit par une « Guerre Asymétrique ». Il faut donc d’ores et déjà l’envisager comme une option pragmatique.

  • L’IA est centralisée, massive et dépendante d’une infrastructure titanesque (énergie, data centers). C’est sa vulnérabilité, laquelle est vite devenue celle de notre espèce (humaine) tant il semble que nous ne pouvons / pourrons plus nous en passer.
  • La pensée humaine est décentralisée, locale et sobre.

Pour un franc-maçon ou pour tout citoyen engagé, être réaliste aujourd’hui, ce n’est pas espérer que l’Homme vote des lois pour encadrer l’IA (en dehors d’amuser la galerie, quel en serait le sens quand par essence même, les IA sont Multi / Trans / A / Pan nationale ?) C’est comprendre et admettre que la société pourrait (va ?) se diviser et que la seule façon de rester libre est de bâtir et d’offrir des structures parallèles : sanctuariser des espaces de décision où l’IA n’a pas voix au chapitre, et utiliser des IA locales, bridées mais souveraines, pour ne pas être écrasé par la vitesse des IA des États-Plateformes. Là, le risque est grand d’être distancé…

La résistance est une utopie si elle refuse le progrès technique.

La résistance est réaliste si elle se transforme en logistique : utiliser la vitesse de l’IA locale pour se protéger de l’IA centrale. La vitesse sans boussole ne mène nulle part ; l’humain doit accepter d’être plus lent, à condition d’être toujours celui qui tient la boussole.

Comme 8 milliards d’êtres humains ne vont pas tenir la boussole ensemble, se pose la question de savoir quel est cet « humain » auquel nous confierions tous nos vies et le destin de nos descendants.

Notre espèce dispose de modèles ONU, AIEA, GIEC, OIAC (armes chimiques) pour ne citer qu’eux dont, sans naïveté ni candeur, nous pourrions nous inspirer pour poser les bases d’une Instance Internationale Indépendante de Veille sur les Intelligences Artificielles.

Avant toute projection il convient de partager les 1ères limites évidentes :

  • L’Europe est un nain en l’occurrence.

En septembre 2025, Mistral AI était valorisée à 11,7 Milliards d’Euros quand Open AI l’était à 852 Milliards de dollars en juin 26, Anthropic à 956 Milliards de dollars en mai 2026 et nvidia (concepteur de puces) à 5.100 Milliards de Dollars le 18 juin 2026…)

  • A l’inverse du nucléaire (AIEA) dont les développements et installations techniques sont visibles et du climat (GIEC) dont le dérèglement est subi par la planète tout entière à l’exception de quelques tordus au pouvoir outrancier, rien n’est visible des IA…
  • Comme rien n’est visible des IA, la question de la vérification se pose immédiatement. De plus, est-il raisonnable d’espérer qu’une instance internationale ait un jour le pouvoir de perquisitionner le code source d’un État souverain ou d’une méga-corporation ? Cela tient de l’angélisme le plus benêt. Cependant, n’y sommes-nous pas arrivés avec l’atome ? Et puis, les freins doivent être identifiés et résolus.
  • De l’usage au XXIème siècle de la nanoseconde en diplomatieLa logique de guerre froide cognitive : Construire une instance internationale s’appuie sur le « temps long », des années parfois pour ratifier un texte. Les modèles d’IA quant à eux, doublent leur puissance et modifient leurs architectures en quelques semaines…  Nous le savons et pourtant :

… « Temps long » et « souplesse d’analyse » sont sans doute une piste méthodologique puissante…

Quelques années de pratiques confèrent aux Francs-Maçons une expertise identifiable

et puis, l’extrême urgence rend agiles tous les Hommes de bonne volonté.

  • Un traité international aurait-il déjà empêché une grande puissance de développer une arme. Si les USA, la Chine ou des blocs privés ralentissent leurs IA pour des raisons humanistes, ils savent qu’ils perdront la primauté de la Compute-Diplomacy. La régulation internationale devient alors un théâtre de bienséantes façades au-devant desquelles on signe le jour des chartes éthiques tout en finançant divers clusters la nuit.

Le tableau est sombre mais ne pas imaginer la lumière mènerait l’humanité au désespoir et à la folie

Ce qu’une instance internationale indépendante de veille sur les ia pourrait faire

Tout le monde aujourd’hui l’a compris, l’IA n’est sensible ni aux lois ni aux frontières. Exactement comme le nucléaire dans les années 50 a nécessité l’AIEA, ou les armes chimiques l’OIAC, l’IA nécessite urgemment un cadre qui dépasse les États. Cette idée existe, l’UNESCO et les Nations Unies s’en sont déjà emparés et ont organisé les 6 et 7 juillet 2026 à Genève puis organisent en mai 2027 à New York le Dialogue Mondial sur la gouvernance de l’IA. La Chine également qui a organisé du 17 au 20 juillet 2026 le WAIC (World Artificial Intelligence Conference and High-Level Meeting on Global AI Governance) lors duquel le 17 juillet, le président Xi Jinping a appelé à une coopération mondiale sur l’IA, avec une approche « centrée sur l’humain ». En agissant ainsi, le président chinois adoucit son image aux yeux du monde quand celui-ci se souvient encore que les USA avec le « soutien » d’Anthropic visèrent une école de petites filles iraniennes.

Le monde a changé… le président Eisenhauer a proposé en décembre 1953 la création d’une agence de contrôle du nucléaire, elle a vu le jour en juillet 57 et ce n’est qu’en 1968 avec le Traité de Non-Prolifération qu’elle a acquis ses pouvoirs de vérification et nous aujourd’hui, l’assurance qu’une telle organisation est possible.

Cependant, 15 ans dans les années 1950/60 = une éternité à l’ère des IA.

Une Instance Internationale Indépendante de Veille sur les IA serait une organisation indépendante, vive et agile et souple. Pas de règles contraignantes, juste une structure pour centraliser les évaluations de risques, les incidents, les audits volontaires des grands modèles. Immédiatement utile, peu coûteuse et peu menaçante pour les États.

Si elle ne peut ni stopper ni ralentir la vitesse de développement des IA, cette Instance Internationale Indépendante de Veille sur les IA ne serait pas pour autant inutile. Par exemple, un espace diplomatique où états, entreprises, mais aussi des éthiciens, des philosophes, des scientifiques, des sociologues, (liste non exhaustive) peuvent délibérer et converger sur des règles communes.

  • Élaborer des accords, bilatéraux d’abord pour les, élargir progressivement. Ainsi ont commencé les accords sur le nucléaire civil, entre quelques pays avant de devenir universels
  • Fixer des standards communs minimaux sur l’interopérabilité et la compatibilité des approches, la sécurité, la transparence, la traçabilité et certains usages à hauts risques.
  • Établir une veille cartographique en réunissant un groupe d’experts internationaux indépendants (Énergies, Puces, Cloud, Développements, etc.) à même d’alerter valablement les gouvernements sur le franchissement de certains seuils critiques (perte d’auditabilité des agents logiciels, niveau d’inflation cognitive menaçant la stabilité démocratique, etc.).
  • Produire une expertise scientifique indépendante pour distinguer le vrai risque du simple discours politique ou commercial.
  • Alerter sur les usages les plus dangereux, notamment en matière militaire, de surveillance de masse ou de désinformation.

Ce ne sont que quelques mesures techniques concrètes, ni partisanes, ni idéologiques. À moyen terme, les principes de régulations et de contraintes pourraient être envisagés par les états associés, par exemple et sur le modèle de l’AIEA en se mettant sur ce point sous l’ombrelle du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle pourrait un jour, jouer un rôle d’intermédiaire pertinent auprès des grandes organisations internationales.

ALERTE : L’UNESCO a produit plusieurs rapports remarquables (éthique par exemple) à destination des états. Ils semblent n’avoir eu qu’une audience relative… Comment y remédier ?

PAS EN PRODUISANT UN TEXTE DE PLUS, MAIS EN S’ATTACHANT À IDENTIFIER, À FORMER DES HOMMES ET DES FEMMES CAPABLES DE LE FAIRE VIVRE, DES ACTEURS PéDAGOGUES.

À CET ENDROIT, NOS ARCHITECTES DU DISCERNEMENT SERAIENT-ILS PERTINENTS ?

Quelques sujets auxquels cette instance pourrait s’intéresser :

  • Désinformation – Manipulation à grande échelle (01/08/26, 24/07/26, 11/06/26, 06/03/26).

Deepfakes, faux articles générés en masse, bots qui inondent les réseaux sociaux avant une élection, ces outils sont déjà opérationnels et accessibles. Une instance internationale pourrait imposer des standards de traçabilité (watermarking des contenus IA, registres d’usage) que les plateformes et les états seraient tenus de respecter au risque sinon de … (de quoi d’ailleurs ?)

  • Sécurité – Cyberattaques (01/08/26, deepfakes, SALA (Systèmes d’Armes Létales Autonomes),

Sans Instance Internationale de Veille sur les IA, aucun pays ne peut savoir ce que les autres développent. Une Instance Internationale de Veille sur les IA permettrait des audits croisés, de la même manière que les inspecteurs de l’AIEA vérifient les installations nucléaires.

  • Emploi mondial – Automatisation versus main d’œuvre salariée

Inutile de détailler l’ampleur de la catastrophe annoncée…

  • Course aux IA et mise sur le marché international – éviter que la compétition prime sur la prudence

Sans régulation commune, chaque pays est tenté de relâcher ses propres règles pour ne pas être distancé. Comme l’OMC pour le commerce ou l’OMS pour la santé, une instance internationale de Veille sur les IA casserait cette logique en fixant un plancher commun.

Il semble par exemple que soit actuellement en réflexion une proposition de loi visant à instaurer une procédure générale d’Autorisation de Mise sur le Marché des systèmes d’Intelligence Artificielle (AMM-IA), applicable à tous les secteurs, selon le modèle d’autorisation des médicaments fondé sur l’évaluation du rapport bénéfices-risques. Y a-t-il une pertinence à ce que des Francs-Maçons participent à son élaboration ?

  • Concentration des pouvoirs – Peu d’entreprises mais qui contrôlent tout !

Aujourd’hui, 4 ou 5 entreprises non européennes contrôlent l’essentiel de la puissance IA mondiale. C’est un niveau de concentration de pouvoir sans précédent dans l’histoire, plus fort et plus rapide que les monopoles industriels du 20ème siècle. Une Instance Internationale de Veille permettrait de représenter les intérêts des 180 autres pays qui n’ont aujourd’hui, pas leur mot à dire.

  • Inégalités – Mise à disposition internationale des avancées technologiques

Comme le font partiellement certains accords climatiques, une Instance Internationale de Veille sur les IA aurait une légitimité (car sous son égide) à rendre possible le partage technologique et le transfert de compétences.

état des lieux des Institutions et Initiatives internationales :

Ce chapitre recense les principales institutions et initiatives internationales de gouvernance de l’IA, avec pour chacune : date de création, organisateurs/membres, objectifs, état d’avancement et liens utiles.

Aucune ne dispose actuellement d’un pouvoir d’inspection ou de contrainte comparable à celui de l’AIEA.

1.   Independent International Scientific Panel on AI (IISPAI)

Date de création : 26 août 2025 (résolution A/RES/79/325 de l’Assemblée générale de l’ONU)

Organisateurs / Membres : ONU (Assemblée générale). 40 experts nommés à titre personnel. Co-présidents : Yoshua Bengio (Canada) et Maria Ressa (Philippines). Secrétariat au sein de l’Office des Nations Unies pour les technologies numériques et émergentes.

Objectifs : Produire un rapport annuel d’évaluation scientifique indépendante sur les opportunités, risques et impacts de l’IA (modèle inspiré du GIEC). Servir de base factuelle au Global Dialogue on AI Governance. Pas de pouvoir réglementaire ni d’inspection.

État d’avancement (juillet 2026) : Opérationnel. Membres nommés en février 2026. Premier rapport préliminaire présenté en juillet 2026. Mandat jusqu’en février 2029.

Liens :

• FAQ officielle : https://www.un.org/independent-international-scientific-panel-ai/en/faq

• Résolution A/RES/79/325 : https://digitallibrary.un.org/record/4087699

• OECD.AI fiche : https://oecd.ai/en/dashboards/international/united-nations

2.   Global Dialogue on AI Governance

Date de création : 26 août 2025 (même résolution ONU que l’IISPAI)

Organisateurs / Membres : ONU. Co-présidence tournante d’États membres. Secrétariat conjoint : ITU + UNESCO + Office des technologies numériques + Cabinet du Secrétaire général. Ouvert à tous les États et parties prenantes.

Objectifs : Plateforme inclusive de discussion sur la gouvernance de l’IA, partage de bonnes pratiques et coopération internationale. Le Panel scientifique y présente son rapport annuel.

État d’avancement (juillet 2026) : Lancé en septembre 2025. Première session tenue à Genève les 6-7 juillet 2026. Prochaine session prévue à New York en mai 2027. Forum de dialogue uniquement, sans pouvoir de décision ni de contrainte.

Liens :

• FAQ officielle : https://www.un.org/global-dialogue-ai-governance/en/faq

• Session Genève juillet 2026 : https://www.unesco.org/en/articles/global-dialogue-ai-governance-geneva-6-7-july

3.   UNESCO – Recommandation sur l’éthique de l’IA + RAM

Date de création : Novembre 2021 (Recommandation) ; 2023 (outil Readiness Assessment Methodology – RAM)

Organisateurs / Membres : UNESCO (193 États membres).

Objectifs : Premier cadre normatif mondial sur l’éthique de l’IA. La RAM aide les pays à évaluer leur préparation institutionnelle, juridique et technique, et à identifier les réformes nécessaires.

État d’avancement (juillet 2026) : Plus de 75 pays ont engagé ou terminé une RAM. Premier rapport consolidé présenté en 2025. Observatoire mondial opérationnel. MOOC et toolkits lancés. Instrument soft-law : pas de contrainte.

Liens :

• Recommandation (page officielle) : https://www.unesco.org/fr/artificial-intelligence/recommendation-ethics

• Observatoire mondial (Global Hub) : https://www.unesco.org/ethics-ai/en/global-hub

• Suivi de la mise en œuvre : https://www.unesco.org/en/node/107897

4.   Global Partnership on Artificial Intelligence (GPAI)

Date de création : 15 juin 2020

Organisateurs / Membres : Initialement 15 pays + UE (Australie, Canada, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, République de Corée, Singapour, Slovénie, Royaume-Uni, États-Unis, UE). Aujourd’hui environ 46 membres + UE. Intégré à l’OCDE depuis juillet 2024. Centres d’expertise à Montréal, Paris et Tokyo.

Objectifs : Promouvoir un développement responsable et centré sur l’humain de l’IA. Groupes de travail sur l’IA responsable, la gouvernance des données, l’avenir du travail et l’innovation.

État d’avancement (juillet 2026) : Actif, fusionné avec les travaux de l’OCDE. Produit des rapports et recommandations. Pas de pouvoir réglementaire.

Liens :

• Page officielle OECD.AI : https://oecd.ai/en/about-what-we-do

• Déclarations du Council : https://oecd.ai/en/gpai-declarations

5.   International Network of AI Safety Institutes

Date de création : 21 novembre 2024 (San Francisco), suite aux sommets de Bletchley et Séoul

Organisateurs / Membres : Australie, Canada, Commission européenne, France, Japon, Kenya, République de Corée, Singapour, Royaume-Uni, États-Unis (et extensions en cours).

Objectifs : Coordonner la recherche technique et l’évaluation des risques des modèles avancés (frontier AI). Partage de méthodes de test et d’évaluation.

État d’avancement (juillet 2026) : Actif. Réseau de coopération technique entre instituts nationaux. Pas d’autorité centrale ni de pouvoir d’inspection global.

Lien de référence : Informations disponibles via les sites des instituts nationaux (UK AI Security Institute, US CAISI/NIST, etc.) et les communiqués des sommets.

6.   Série des AI Safety / Action Summits

Dates : Bletchley Park (1-2 nov. 2023) → Séoul (21-22 mai 2024) → Paris (10-11 fév. 2025) → Delhi / India AI Impact Summit (fév. 2026)

Organisateurs : Pays hôtes successifs (Royaume-Uni, Corée du Sud, France, Inde).

Objectifs : Reconnaissance des risques des frontier models, engagements volontaires des États et des entreprises, lancement du International AI Safety Report.

État d’avancement (juillet 2026) : Processus continu. A produit des déclarations non contraignantes, des engagements d’entreprises (Frontier AI Safety Commitments) et le rapport international de sécurité. Aucun mécanisme permanent d’inspection ou de contrainte.

Liens :

• International AI Safety Report 2026 : https://internationalaisafetyreport.org/publication/international-ai-safety-report-2026

• Frontier AI Safety Commitments (Séoul) : https://www.gov.uk/government/publications/frontier-ai-safety-commitments-ai-seoul-summit-2024

7.   Council of Europe – Framework Convention on Artificial Intelligence

Date de création : Adoptée le 17 mai 2024, ouverte à la signature le 5 septembre 2024

Organisateurs / Membres : Conseil de l’Europe (ouvert aussi aux non-membres). Premiers signataires : plusieurs États européens + États-Unis, Israël, Union Européenne, etc.

Objectifs : Premier traité international juridiquement contraignant sur l’IA, les droits humains, la démocratie et l’État de droit.

État d’avancement (juillet 2026) : En cours de ratification. Premier instrument légalement contraignant sur le sujet, mais encore en phase de signature/ratification. Portée plus large que la seule « veille ».

Lien : https://www.coe.int/en/web/artificial-intelligence/cai

8.   World Artificial Intelligence Cooperation Organization (WAICO)

Date de création : 16 juillet 2026 (cérémonie à Shanghai)

Organisateurs / Membres : Chine + 28 autres pays (dont Russie, Brésil). États-Unis, UE, Royaume-Uni, Japon et Corée du Sud absents.

Objectifs : Définir des normes et une régulation de l’IA, réduire le fossé de capacités, orientation développement. Positionné comme alternative aux initiatives occidentales.

État d’avancement (juillet 2026) : Tout juste créé. Stade très initial.

Référence presse : https://www.computerworld.com/article/4198354/china-russia-and-27-others-create-world-ai-body-without-us.html

9.   OECD AI Principles + AI Policy Observatory

Date de création : Principes adoptés en 2019 ; Observatoire opérationnel

Organisateurs / Membres : OCDE et pays adhérents / partenaires.

Objectifs : Principes internationaux sur une IA digne de confiance ; suivi et cartographie des politiques nationales d’IA.

État d’avancement (juillet 2026) : Actif et régulièrement mis à jour. Base de données de référence, mais non contraignant.

Lien : https://oecd.ai/

Synthèse comparative

Aucune de ces institutions ne dispose aujourd’hui du pouvoir d’inspection, d’audit forcé ou de contrainte comparable à celui de l’AIEA. La plupart restent dans le registre du dialogue, de l’expertise scientifique ou de la soft-law.

Type d’instrumentExemples principauxPouvoir réelAvancement
Soft-law / DialogueUNESCO, GPAI, Global Dialogue, SommetsFaibleOpérationnel
Expertise scientifiqueIndependent Scientific Panel (ONU)Aucun (conseil)Opérationnel
Traité contraignantCouncil of Europe Framework ConventionMoyen (ratification)En cours
Initiative géopolitiqueWAICO (Chine+)À définirTout juste créé
Réseau techniqueNetwork of AI Safety InstitutesTechnique uniquementActif

Conclusion :

Une instance internationale valide les règles du jeu, mais c’est dans une société consciente que se joue le libre-arbitre et la liberté de penser.

L’Instance Internationale Indépendante de Veille sur les IA sera imparfaite, comme le fut l’AIEA à sa création, comme le demeure le GIEC. Elle arrivera trop tard, comme tout cadre institutionnel face à la vitesse de la lumière. Elle ne pourra perquisitionner ni un État souverain ni un data center privé. Les modèles qu’elle prétendrait auditer auront changé dix fois avant qu’elle publie un rapport…

Nous le savons et pourtant !

Le vide laissé par son absence est plus dangereux que chacune de ses failles. Sans espace commun de veille, de cartographie et d’alerte, quelques géants fixent seuls le cap d’une transformation qui engage l’espèce humaine. Sans ce lieu, la compute-diplomacy n’a d’autre arbitre que la loi du plus rapide.

C’est précisément ici que se rencontrent l’utilité de l’instance et la vocation de notre méthode. L’inefficience signifiante, cette lenteur humaine capable de dire « ce résultat est absurde » ne peut s’exercer dans le vide. Elle a besoin d’une tribune, d’un cadre. L’instance internationale est cet espace et les Architectes du Discernement ceux qui l’animeront pour peser face aux États-Plateformes et maintenir le dialogue entre les nations et les peuples.

L’Instance Internationale Indépendante de Veille sur les IA est indispensable mais elle arrive sur un champ de bataille dont les armes et les outils évoluent à la vitesse de la lumière. Pour l’humaniste réaliste, compter sur cette seule instance pour sauver le discernement humain peut paraître illusoire !

Nous le savons et pourtant !

S’engager dans cette voie est essentiel, vital !

La maçonnerie, seule ou avec d’autres grandes associations Humanistes, Citoyennes, Républicaines, Françaises et/ou étrangères, ne serait-elle pas légitime à initier, porter, accompagner, cette mise en mouvement que l’urgence impose à l’humanité ?

Comme le mentionne son titre, ce document est un « plaidoyer ».

Un plaidoyer n’est pas un vœu, c’est un acte, un espoir, une 1ère pierre !

Références

1.   Citation d’Antonio Guterres & gouvernance mondiale de l’IA

20 Minutes : « Antonio Guterres appelle à une gouvernance mondiale de l’IA à Genève » (6 juillet 2026).

https://www.20min.ch/fr/story/a-geneve-le-chef-de-l-onu-appelle-a-une-gouvernance-mondiale-de-l-ia-103597516

APAnews : « IA : Guterres plaide pour une gouvernance mondiale » (6 juillet 2026).

https://fr.apanews.net/science/ia-guterres-plaide-pour-une-gouvernance-mondiale

Communiqué officiel ONU (SG/SM/22776, 26 août 2025) – Création du Groupe scientifique international indépendant et du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA.

https://press.un.org/fr/2025/sgsm22776.doc.htm

ONU Info : « IA : la diplomatie court derrière une technologie qui n’attend pas » (3 mars 2026).

https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158497

UNESCO – Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle (adoptée en novembre 2021).

Page officielle : https://www.unesco.org/fr/artificial-intelligence/recommendation-ethics

PDF UNESDOC : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000386510_fre

2.   Compute-Diplomacy, frontier models, course aux puces & concentration du pouvoir

BFMTV : « L’IA devient une arme géopolitique » – interview de la commissaire européenne Henna Virkkunen (22 juillet 2026).

https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/l-ia-devient-une-arme-geopolitique-met-en-garde-la-commissaire-europeenne-en-charge-du-numerique-appelant-a-agir-pour-que-l-ue-ne-depende-pas-d-autres-pays-pour-cette-technologie-critique_AV-202607220433.html

Le Figaro : « Le directeur de la CIA compare les derniers modèles d’IA à des “armes nucléaires numériques” » (30 juin 2026).

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/le-directeur-de-la-cia-compare-les-derniers-modeles-d-ia-a-des-armes-nucleaires-numeriques-20260630

LCP : « “Guerre de l’IA”, “souveraineté” : le blocage d’Anthropic sur décision américaine s’invite dans la présidentielle française » (15 juin 2026).

https://lcp.fr/actualites/guerre-de-l-ia-souverainete-le-blocage-d-anthropic-sur-decision-americaine-s-invite-dans

Ifri / Politique étrangère : Anu Bradford, « Comment la technologie redessine l’ordre mondial » (vol. 91, n° 2, été 2026).

https://www.ifri.org/fr/articles/politique-etrangere/comment-la-technologie-redessine-lordre-mondial

Mark Daley : « AI Diplomacy: an infrastructural framework », working paper, décembre 2025 (Zenodo).

https://zenodo.org/records/17857078

Ifri : « Promesses artificielles ou régulation réelle ? Inventer la gouvernance mondiale de l’IA » (3 février 2025).

https://www.ifri.org/fr/etudes/promesses-artificielles-ou-regulation-reelle-inventer-la-gouvernance-mondiale-de-lia

Sam Winter-Levy : « The Emerging Age of AI Diplomacy », Foreign Affairs (28 octobre 2024).

https://www.foreignaffairs.com/united-states/emerging-age-ai-diplomacy

3.   Universal Basic Compute / allocation de puissance de calcul

The Atlantic : « ‘Universal Basic Capital’ Solution to AI Job Loss? » (2 juillet 2026).

https://www.theatlantic.com/economy/2026/07/universal-basic-capital-ai/687759

Le Monde : « Le revenu universel, une idée utopique et libérale qui revient en force dans la Silicon Valley » (6 juin 2026).

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/06/le-revenu-universel-une-idee-utopique-et-liberale-qui-revient-en-force-dans-la-silicon-valley_6698069_3232.html

Yue Zhu : « The Case for Universal Basic Computing Power », arXiv:2311.12872 (2023).

Page : https://arxiv.org/abs/2311.12872

PDF : https://arxiv.org/pdf/2311.12872

4.   Fluidité, disparition de la friction humaine, société a-critique

Bruce Schneier : « Friction Is a Feature », entretien (mai 2026).

https://www.lepoint.fr/debats/ia-generative-vers-un-affaiblissement-cognitif-des-democraties-XWCTTMKB2VDNLEQEQNAJUTBNUE

Maddyness : « Agents IA et SI sans friction : le mythe que les chiffres démontent » (12 mai 2026).

https://www.maddyness.com/2026/05/12/les-agents-ia-vont-orchestrer-le-si-sans-friction/

Le Point : Baptiste Detombe & Paul Klotz, « IA générative : vers un affaiblissement cognitif des démocraties ? » (17 février 2026).

Agefi : « Vers une civilisation algorithmique » (16 février 2026).

https://agefi.com/actualites/opinions/vers-une-civilisation-algorithmique

5.   Technocratie algorithmique, capitalisme de surveillance & Banques Centrales d’Intelligence

Shoshana Zuboff : L’Âge du capitalisme de surveillance (Payot, 2019).

Entretien France Culture (2024) : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-meilleur-des-mondes/capitalisme-de-surveillance-enjeux-et-apprentissages-d-une-theorie-politique-du-numerique-5831994

Interview El País (15 déc. 2025) : https://english.elpais.com/technology/2025-12-15/shoshana-zuboff-philosopher-ai-is-surveillance-capitalism-continuing-to-evolve-and-expand.html

6.   Instance type AIEA / GIEC pour l’IA & SALA

Simon Institute for Longterm Governance : « Mapping IAEA Verification Tools to International AI Governance » (18 septembre 2025).

Akash Wasil : « Do We Want an “IAEA for AI”? », Lawfare (20 novembre 2024).

https://www.lawfaremedia.org/article/do-we-want-an–iaea-for-ai

Haydn Belfield : « Domestic frontier AI regulation, an IAEA for AI, an NPT for AI… », arXiv (2024/2025).

https://arxiv.org/html/2507.06379

ONU – Création du Groupe scientifique international indépendant et du Dialogue mondial (résolution Assemblée générale).

https://www.un.org/en/node/233949

7.   Presse supplémentaire – Souveraineté européenne & concentration

Le Figaro : « Un modèle d’IA chinois écarté par la Direction du Trésor après des alertes sur des “biais” » (25 juin 2026).

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/un-modele-d-ia-chinois-ecarte-par-la-direction-du-tresor-apres-des-alertes-sur-des-biais-dans-des-reponses-20260625

Politico Europe – Tag « Intelligence artificielle » (nombreux articles 2025-2026).

https://www.politico.eu/tag/intelligence-artificielle

France Diplomatie : « Transparence et responsabilité, les enjeux de l’intelligence artificielle ».

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-en-action/agir-pour-la-paix-et-le-respect-des-droits-de-l-homme/diplomatie-numerique/transparence-et-responsabilite-les-enjeux-de-l-intelligence-artificielle

8.   Ouvrages de référence

Stuart Russell : Human Compatible: Artificial Intelligence and the Problem of Control (2019).

https://en.wikipedia.org/wiki/Human_Compatible

Shoshana Zuboff : L’Âge du capitalisme de surveillance (Payot, 2019)

Nick Bostrom : Superintelligence: Paths, Dangers, Strategies (Oxford University Press, 2014 ; trad. fr. Dunod, 2017 : Superintelligence).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Superintelligence_:_Paths,_Dangers,_Strategies

Le document puise sa richesse, ses propositions et sa complexité des nombreux et fructueux échanges avec : Alain, Brigitte, Célestin, Christian (X2), Claude-Emmanuel, Emmanuel, François, Guy, Jean-Pierre, Jean-Yves, Lionel, Michel, Philippe,

Remerciement particulier à Georges qui permit de solidifier la structuration du document

Remerciements itou à Claude, Grok et Perplexity

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES