Mes Très Chers Frères, Mes Très Chères Soeurs,

Rosa Parks était une femme noire américaine qui, un beau jour de 1955, a simplement refusé de se lever pour céder sa place à un Blanc dans un bus. Un geste minuscule et pourtant, un geste immense. Elle a dit non à l’injustice, non à l’autorité imbécile, non à la soumission tranquille du pouvoir injuste des blancs.
Et nous, chers Frères et Soeurs ?

Nous, on vote pour un repris de justice à la présidence d’un Convent, on applaudit poliment, et on se raconte ensuite qu’« il ne faut pas juger », que « tout le monde a droit à une seconde chance », « qu’il a présenté un casier vierge à son arrivée » et que « c’est la volonté de la majorité ». On est forts pour trouver des excuses philosophiques à notre lâcheté. Rosa Parks a risqué sa vie et sa liberté pour un principe. Nous, on risque… quoi ? Un regard noir du Grand Maître ? Une exclusion temporaire du banquet ? La perte d’un pin’s doré ? Nous posions la question dans nos colonnes de la manipulation des maçons l’an dernier… nous avons la réponse.
Pauvres de nous.

La banalité du mal, comme disait Hannah Arendt, ce n’est pas seulement l’obéissance aveugle aux ordres. C’est surtout cette complaisance molle, cette complicité souriante, cette capacité à fermer les yeux en se disant « ce n’est pas mon combat ». C’est voter une injustice en levant la main avec le sourire, puis aller trinquer à la fraternité comme si de rien n’était.
Combien sommes-nous, dans nos Loges et dans nos Obédiences, à voir des dérives, des incompétences crasses, des malversations à peine dissimulées, et à nous taire ? Combien sommes-nous à préférer la paix du Temple (et surtout la paix de notre petite carrière maçonnique) plutôt que de risquer de « faire des vagues » ? Rosa Parks n’a pas demandé la permission. Elle ne s’est pas dit « attendons de voir ce que va faire la majorité ». Elle s’est simplement assise, et elle est restée assise pour que tous les autres noirs d’Amérique n’aient plus jamais à se lever pour laisser leur place à un blanc.
Où sont nos Rosa Parks en tablier ?
Où sont ceux qui osent se lever (ou rester assis, selon le cas) quand on élit un homme condamné par la justice à une fonction symbolique majeure ? Où sont ceux qui refusent de cautionner l’inacceptable par leur silence ou leur vote de complaisance ? On préfère se raconter qu’« en Maçonnerie on ne juge pas », qu’« il faut rester unis », qu’« on lave son linge sale en famille ». Traduction : on préfère la paix des cimetières à la vérité qui dérange. Frères, Soeurs, un jour viendra où l’Histoire nous posera la même question qu’à tous ceux qui ont préféré se taire :
« Et vous, qu’avez-vous fait ? »
Et nous répondrons, la gorge un peu serrée :
« Nous… nous avons voté à main levée. »

Fraternellement vôtre (enfin… ce qu’il en reste),
Le Vénérable qui commence à en avoir assez

Bonjour .^.
Vous touchez, par ce billet, une notion sensible qui court hélas beaucoup trop sur les CCol.^.
Il y a une dizaine d’années, j’ai osé « l’ouvrir » comme on dit, devant une injustice flagrante, une de trop ! Devant l’herméticité d’un noyau de SS.^., j’ai préféré tirer ma révérence apres 18 ans de bonnes et loyales convictions… Quand trop c’est trop, mieux vaut partir. A quoi bon prêter serment de défendre ses SS.^. si la parole n’est pas suivie d’acte ?
SoroFrat vôtre,
G.
Au besoin, lire « Entre Minuit et midi » – editions Nombre7
« Rester neutre face à une injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur » — Desmond Tutu
Je partage ce dégoût et me sens impuissante et prise dans la toile d’une araignée qui me fait tristement penser à celle du tristement là aussi « film » tourné pendant la guerre sur des pseudo forces occultes en me disant que c’était peut-être prémonitoire…
Et puis, je regarde mon reflet dans le miroir et respire, tous n’en était pas atteints, contrairement aux conclusions de La Fontaine.
Je répète que le pouvoir rend fou. Peut-être faudrait-il tirer le Grand Maître et son équipe au sort, comme les jurés d’assise? Pourquoi pas après tout ? Souvenons nous qu’il s’agit d’une charge et pas d’un hochet. Et malheur à celui où celle qui l’accepte et ne l’assume pas…
Il y a du ménage à faire, sortons les outils adaptés et balayons.
Courage, mes TTCCFF et mes TTCCSS dont le cœur reste pur.
je partage ton idée concernant le tirage au sort, idée que je soutiens concernant les élus de la République: élections communales puis tirage au sort parmi ce vivier d’élu.e.s pour les mandats de tous les sièges à pourvoir dans les institutions supérieurs.
notre véné du lundi est quand même bien malheureux dans la loge qu’il fréquente, je lui conseille d’en chercher une autre plus fraternelle. celle dont je suis membre est un bon exemple.
tribiz
Chers ff,chères ss,Nous avons du pain sur la planche et changer les mentalités en fait parti ,la vertu ne vient pas naturellement ,s’est une qualité qui s’acquiert avec force et courage et aussi avec le temps. Soyez sages et bienveillants surtout envers les plus faibles d’entre nous.christine.
Mortel… Tellement vrai…
Le politiquement correct et la peur du regard de l’autre hantent les couloirs des obédiences…
très bonne réflexion mon frère !!!