Le feu et la couronne : le 33e degré du REAA

Pourquoi ai-je écrit cet ouvrage ?

Le rituel du trente-troisième ajoute à tous les enseignements contenus dans les grades précédents un enseignement particulier, qui apporte la lumière la plus vive sur les principes, les moyens et ce qui pourrait être la finalité de ce rite. C’est ici seulement que se trouve, dans son intégrité, le fameux « Secret Maçonnique » mais pas le « secret » tout court, on y reviendra à la fin !

On a publié fort peu de livres sur ce trente troisième degrés. Ceux qui existent se gardent naturellement de donner l’explication entière du grade, beaucoup trop secrète pour être confiée à une indiscrétion du papier.

De plus, tout insignifiant qu’ils sont, ces livres restent, comme exceptionnels qu’ils sont aussi, scrupuleusement enfermés, sous triple clé, dans les coffres-forts les plus secrets des Suprêmes Conseils, sauf à être soi-même Souverain Grand Commandeur, ce qui est le cas de l’Auteur.

Écrire sur le 33e degré du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) peut sembler audacieux, voire présomptueux. Ce degré, souvent enveloppé de mystère, d’honneurs et de solennité, suscite à la fois fascination et réserve. Pourtant, c’est précisément cette tension entre lumière et silence qui m’a poussé à prendre la plume.

Contrairement à ce qui est généralement répandu par les « sachant » ce degré est profondément symbolique et philosophique. Il ne s’agit pas simplement d’un titre honorifique, administratif comme il est courant de le dire, mais d’un engagement à incarner les valeurs les plus élevées du REAA.  Il repose sur une tension entre la réalité imparfaite et l’idéal moral à atteindre. Il invite à dépasser les contradictions du monde pour incarner la justice, la sagesse et la vérité.

Ce degré mobilise des archétypes puissants, devoir, justice, amour, pouvoir, qui renvoient à des questionnements philosophiques profonds sur la condition humaine. Le Souverain Grand Inspecteur Général est censé être un guide, un modèle de vertu et de discernement, capable de juger avec équité et de transmettre les valeurs du rite.

Ce livre n’est pas un manuel, encore moins une révélation interdite par la bien-pensance maçonnique. C’est le fruit d’un cheminement, long, exigeant, parfois douloureux, de transgressions à travers les degrés du REAA, jusqu’à son sommet symbolique. Si j’ai décidé d’écrire sur le 33e degré, ce n’est ni pour en dévoiler les arcanes, ni pour le sacraliser à outrance, mais pour en partager la portée humaine, philosophique et spirituelle.

Le 33e degré n’est pas une fin. Il est, à mes yeux, un commencement : celui d’une autre manière d’être au monde, d’assumer ses engagements, de comprendre le pouvoir et le service, la justice et la paix. Il ne consacre pas une élite, il exige une responsabilité. Il ne donne pas un titre, il rappelle une mission.

A ce degré, il ne s’agit plus seulement de recevoir,  il s’agit aussi de transmettre.

À travers ces pages, je souhaite proposer une lecture vivante, incarnée, respectueuse de la tradition mais ancrée dans notre temps. Je m’adresse autant au Franc-maçon qu’au chercheur sincère, aux sœurs et aux frères de tous degrés qui revivront le processus initiatique qu’à celui qui regarde le temple de l’extérieur.

Ce livre est une tentative de dialogue, non un monologue docte.

De nombreux observateurs et francs-maçons eux-mêmes constatent que l’avenir de la franc-maçonnerie semble s’orienter vers une quête spirituelle, délaissant peu à peu les engagements politiques ou syndicaux qui ont marqué et encore, certaines obédiences dans le passé.

Et après !

En somme, pour un chrétien, « au-delà du 33e degré » ne signifie pas un grade caché, mais une invitation à vivre la grâce, à dépasser les formes pour atteindre l’essence : la communion avec le divin. C’est là que l’initiation devient contemplation, et que le rituel devient prière.

Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) s’arrête officiellement au 33ᵉ degré, qui est celui de « Souverain Grand Inspecteur Général ». Il représente l’aboutissement du parcours initiatique maçonnique dans ce rite.

Il n’existe pas, dans la structure formelle du REAA, de degré supérieur reconnu au-delà du 33ᵉ.

Cependant, certaines spéculations ou traditions ésotériques évoquent des chemins spirituels parallèles ou complémentaires, parfois qualifiés de « voies secrètes » ou « initiations intérieures », qui ne sont pas codifiées dans les rituels officiels mais qui peuvent être explorées dans des cercles très restreints ou dans des lectures symboliques.

Il est important de noter la dimension chrétienne dans les hauts grades du REAA

Les degrés supérieurs du REAA, notamment du 15ᵉ au 33ᵉ, intègrent des éléments issus de la tradition judéo-chrétienne, de la symbolique johannique (Évangile de Jean, Apocalypse) et de la chevalerie chrétienne liée aux Templiers.

– Certains grades comme le 18ᵉ (« Chevalier Rose-Croix ») sont profondément marqués par une spiritualité chrétienne mystique, évoquant la résurrection, la lumière du Christ, et la rédemption.

Au-delà du 33 degré : mythe ou réalité ?

– Il n’existe aucun degré officiel au-delà du 33ᵉ dans le REAA. Toutefois, certains courants ésotériques parlent d’initiations intérieures, parfois appelées « degrés invisibles » ou « degrés de conscience », qui ne sont pas transmis par des rituels mais par une expérience spirituelle personnelle.

– Ces voies sont souvent liées à des traditions hermétiques, gnostiques ou mystiques chrétiennes, et peuvent inclure des pratiques de méditation, de prière contemplative, ou d’étude des textes sacrés.

Le travail de Raoul Berteaux sur la symbolique des degrés supérieurs du REAA est une excellente porte d’entrée pour comprendre les fondements spirituels et mythiques du rite.

Le blog de Jean-François sur la spiritualité universelle du REAA aborde aussi la diversité des croyances et la tolérance dans le chemin initiatique.

Chercher une voie chrétienne plus profonde ou secrète, il se pourrait que ce ne soit pas une question de degré, mais de transformation intérieure.

Et ça, c’est un chemin que seul le cœur peut mesurer.

Le terme « l’ultime degré » peut évoquer plusieurs choses selon le contexte, mais dans les sphères ésotériques et initiatiques, il prend une signification particulièrement profonde.

Dans la franc-maçonnerie, notamment au sein du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), les derniers degrés, comme le 31e, 32e et 33e,  sont appelés les ultimes degrés de vaillance et de sagesse. Ils représentent l’aboutissement d’un long cheminement spirituel et symbolique. Ces degrés ne sont pas simplement honorifiques : ils incarnent une synthèse des enseignements précédents et une quête vers l’unité, la vérité et la lumière.

Symboliquement, atteindre « l’ultime degré » signifie franchir les dernières étapes d’un parcours initiatique. Cela peut être vu comme :

– Une élévation vers la connaissance suprême

– Une intégration complète du corps et de l’esprit dans une démarche de perfection

– Une reconnaissance de la sagesse acquise et du pouvoir de transmettre cette vérité

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Christian Belloc
Christian Bellochttps://scdoccitanie.org
Né en 1948 à Toulouse, il étudie au Lycée Pierre de Fermat, sert dans l’armée en 1968, puis dirige un salon de coiffure et préside le syndicat coiffure 31. Créateur de revues comme Le Tondu et Le Citoyen, il s’engage dans des associations et la CCI de Toulouse, notamment pour le métro. Initié à la Grande Loge de France en 1989, il fonde plusieurs loges et devient Grand Maître du Suprême Conseil en Occitanie. En 2024, il crée l’Institution Maçonnique Universelle, regroupant 280 obédiences, dont il est président mondial. Il est aussi rédacteur en chef des Cahiers de Recherche Maçonnique.

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