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19-22/05/22 : Imaginales Maçonniques Ésotériques d’Épinal, demandez le programme !

Pour sa 10e édition, les Imaginales Maçonniques & Ésotériques (IM&E) d’Épinal ont choisi pour thème « De l’Initiation aux Initiations ».

La présentation des organisateurs :

« L’initiation est un terme polysémique concernant un invariant anthropologique constitutif de l’évolution de tout être humain. Son étymologie, du latin initium « commencement, début » dit précisément qu’il s’agit d’un commencement, d’un début, d’une origine. Il ne s’agit donc pas d’un état fini mais d’une dynamique.

Chacun d’entre nous a été, est ou sera concerné, tout au long de sa vie, par ce processus même s’il n’en a pas conscience. C’est donc un phénomène aussi unique qu’universel au-delà de son caractère protéiforme qui se cristallise en tous lieux et en tout temps.

Chaque civilisation, chaque culture a produit des initiations qui lui sont propres mais elles ont toutes la même caractéristique, selon Serge Hutin, celle de « réaliser psychologiquement le passage d’un état, réputé inférieur, de l’être à un état supérieur ».

Cette convergence est marquée par un double mouvement symbolique, celui de la mort et de la résurrection, celui de la construction et de la destruction. Ce double mouvement nous questionne tous avec une intensité variable à chaque étape de nos vies respectives :

Qui est initiable ?/Qui est initié ?/Qui initie ?/Comment est-on initié ?/Quand est-on initié ?/Où est-on initié ?

Il n’existe pas de réponses uniques à ces questions multiples, chacun apportera ou n’apportera pas de réponses à des questions qu’il se pose ou qu’il ne se pose pas.

Les cinq demi-journées, du vendredi 20 au dimanche 22 mai 2022, proposeront des aperçus d’initiations sous toutes les latitudes et sous toutes leurs formes : Kader ABDERHAIM sur L’Initiation au radicalisme islamique/François CAVAIGNAC sur La transmission initiatique existe-t-elle ?/Jack CHOLLET sur Les grands initiés lorrains/Samba FALL sur Les initiations sénégalaises/Dominique JARDIN  sur Les symboles de l’initiation maçonnique : le tapis de Loge/Laurent KUPFERMAN sur  Joséphine Baker, une initiée au Panthéon/Lauric GUILLAUD sur Les Initiations en Amérique du Nord/Jacques RAVENNE sur L’initiation du commissaire Marcas/Sat  sur Les fourmis maçonniques/Pierre François SOUYRI sur Les initiations japonaises hier et aujourd’hui/Laurence VANIN sur Le Petit Prince, conte initiatique/Claude VAUTRIN sur Indiens Mapuche et Initiations en Amérique du Sud/Frédéric VINCENT sur Dark Vador et les grands initiés des jeux vidéo

Vous avez dit Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal ?

Pour ce dixième rendez-vous, les Imaginales Maçonniques et Ésotériques, créées en 2013 sous l’impulsion de La Fraternité Vosgienne https://fratepinal.org/, Loge du Grand Orient de France à l’Orient d’Épinal, confirment l’esprit d’ouverture et de partage qui l’anime, en s’ouvrant à des thèmes, des genres, des univers inédits.

Par ailleurs, les Imaginales d’Épinal,

événement rassemblant sous chapiteau au parc du Cours, en face du Temple du GODF, plus de 20 000 visiteurs passionnés de Fantasy et autres science-fiction, plus de 100 auteurs présents, est le premier festival des littérature de l’imaginaire en France.

Face à ce festival de l’Imaginaire, reconnu par tous les spécialistes et passionnés du genre, se tiennent donc les d’Epinal sous forme de conférences ouvertes au public dans le Temple maçonnique d’Épinal.

Des conférenciers maçons et non maçons, des visiteurs maçons ou non mais avant tout une volonté d’ouverture sur la Cité par le biais de la Culture.

Jacques Oréfice

En 2019, Jacques Oréfice a obtenu la labellisation de l’Institut Maçonnique de France des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d’Épinal.

Yonnel Ghernaouti, représentant Roger Dachez, président de l’IMF, qui a pour but la promotion des valeurs culturelles et éthiques de la Franc-Maçonnerie à travers son patrimoine historique, littéraire et artistique, a eu la joie de leur remettre, devant les autorités de la ville et du département, cette labellisation.

Infos pratiques :

Du vendredi 20 au dimanche 22 mai 2022

Temple GODF – 7 avenue de Provence, 88000 ÉPINAL

Imaginales 21e édition/Imaginales Maçonniques & Ésotériques 10e édition

Tout public – Entrée libre

Méditation, un acte d’amour

Shraon Salzberg (écrivaine et enseignante du bouddhisme theravada) explore en quoi la méditation est d’abord un acte d’amour, un acte d’amour pour soi et pour les autres, un acte d’amour pour ce qui est blessé en soi et dans le monde, une manière de ressentir l’amour autour de nous, autant que de savoir mieux le donner.

Plusieurs enseignants de méditation, indiquent que la réduction de la méditation à un outil technique de gestion du stress est à la fois un contresens et une catastrophe humaniste.

Un contresens car la méditation n’est pas un outil, elle ne vise pas à « gérer » quoi que ce soit, mais à nous permettre d’accueillir, d’écouter, de respecter ce que nous vivons.

C’est aussi une catastrophe humaniste, car une des grandes violences de notre temps consiste à tout réduire à un stock à gérer : les arbres, les animaux, les êtres humains, les émotions… Nos souffrances ne viennent pas d’un défaut de gestion, mais elles surviennent quand on oublie d’avoir un rapport non gestionnaire, un rapport d’amour envers tout ce qui est.

Sharon Salzberg et la méditation

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Sharon Salzberg, l’une des femmes qui ont contribué, contribuent et contribueront à diffuser la méditation dans le monde.

Sharon Salzberg est née à New-York en 1952.

Elle fait partie des acteurs et actrices majeur(e)s de la transmission de la méditation laïque d’inscription bouddhiste en Occident, aux côtés de figures comme Jack Kornfield, Matthieu Ricard.

Elle a cofondé l’Insight Meditation Society avec Jack Kornfield et Joseph Goldsteindans le Massachusetts.

Elle a étudié le bouddhisme en Inde et dirige aujourd’hui des retraites de méditation dans le monde entier.

Les inspirations de Sharon Salzberg

Elle cite le Dalai Lama comme sa source principale et continue d’inspiration et de compassion. Elle l’a rencontré pour la 1ère fois en Inde en 1970 et a, depuis, suivi ses enseignements un peu partout dans le monde.

Elle met l’accent sur vipassanā (la vision pénétrante) et metta (l’amour bienveillant). Ses méthodes ont leurs origines dans le bouddhisme Theravada.

Quelques citations inspirantes de Sharon Salzberg

« Le contenu et la qualité de notre existence dépendent de notre niveau de conscience — un fait dont nous sommes cependant rarement… conscients ».

Peut-être avez-vous déjà entendu cette histoire, généralement attribuée à un vieil Indien d’Amérique, qui souligne le pouvoir de l’attention. Alors qu’il donne une leçon de vie à son petit-fils, un grand-père (il s’agit parfois d’une grand-mère) explique :

« J’ai deux loups qui se battent dans mon cœur. L’un est vindicatif, craintif, envieux, rancunier, plein de ressentiment, fourbe. L’autre est aimant, compatissant, généreux, loyal et serein.
— Lequel des deux va gagner l’interroge le petit garçon.
— Celui que je nourrirai », répond le grand-père. »

« Directe et simple (mais pas facile), la méditation consiste essentiellement à aiguiser son attention afin de devenir plus conscient non seulement de ce qui se déroule en soi, mais aussi autour de soi, dans l’ici et maintenant. À partir du moment où l’on discerne clairement ce qui se passe dans l’instant, on peut choisir ou non d’y réagir, et de quelle façon« 

« La haine ne s’apaise jamais par la haine,
La haine s’apaise par l’amour,
C’est une loi éternelle.
Le Bouddha »

LES LIVRES DE SHARON

Ida Radogowski

Ida a créé avec d’autres personnes LA LETTRE DES DEUX VOIES pour favoriser des échanges et des liens entre Francs-Maçon (nes) qui sont déjà dans une démarche bouddhiste ou qui souhaite connaître un peu mieux le bouddhisme.

La lettre est trimestrielle et gratuite, on peut s’y inscrire en précisant son Ob., sa L. et la Ville de résidence à ce mail : lesdeuxvoies@orange.fr

13/04/22 : La Franc-maçonnerie féminine à Colmar

Catherine LYAUTEY, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, donnera mercredi 13 avril à 18H30 une conférence sur la « Franc-Maçonnerie Féminine : un chemin de vie ».

Le Logos primal et ultime

Du grec ancien λoγος, lógos. Littéralement ce qui « logue », réunit, contient tout. Ce conteneur universel, ce conteneur confondu ou réuni avec son contenu, le tout qui est aussi la forme à la fois primale et ultime du Un, les physiciens l’appellent le «bulk», le corps total des multiples dimensions de l’univers.

Selon les Notions Philosophiques de Sylvain Aurox, logos est l’un des termes qui, dans la pensée grecque, a la plus grande polyvalence (comme dans la pensée juive avec le mot dabar דְבַר, parole) et qui voit très tôt ses emplois spéculatifs déborder son acceptation ordinaire.

Dans un premier sens logos signifie parole, un mot, une mention, un bruit qui court, un entretien, un récit, une composition en prose, des belles-lettres, des sciences, des études, un sujet d’entretien, d’étude ou de discussion. Le logos est un concept qui apparaît au 6e siècle av J.C. et qui a été explicité par Héraclite d’Ephèse qui déplorait que «ce logos qui est toujours, les hommes sont incapables de le comprendre». Il est à l’origine de la pensée humaine, c’est le code qui nous permet de mettre des idées et des images en relation et de les formuler pour les partager, et les transmettre. Le logos est à l’origine de la pensée humaine, il est la raison créatrice de sens : «par la parole l’homme parvient à se représenter la réalité, à lui donner un sens». La parole est la verbalisation de l’esprit. Ainsi, ce mot, dans l’usage des juifs de langue grecque, désignait couramment lhomélie synagogale qui, dans le rituel sabbatique, suivait la lecture publique de la Thora dans le but d’actualiser sa signification (Maurice Sachot, L’Invention du Christ. Genèse d’une religion, Éditions Odile Jacob 2011, p.31 et suivantes). Jésus fut un homéliaste.

Dans un second sens logos signifie raison, il est la faculté de raisonner, la raison l’intelligence, le bon sens, la raison intime d’une chose, le fondement, le motif, l’exercice de la raison, le compte-rendu d’une justification, l’opinion au sujet d’une chose à venir, la présomption, l’attente.

La proportion analogique, voici la grande conceptualisation grecque, pas celle du rapport simple a/b qui divise, mais celle qui intéresse en tant que médiété, celle qui va d’un rapport à un autre, tel a/b=c/d et par substitution peut passer de celui-ci à un troisième rapport et ainsi de suite. Il ne s’agit point de couper quelque chose en part, donc de partager ou de prélever, ce que chacun, généreux ou léonin, sait faire depuis les commencements, mais de construire, pas à pas, une chaîne, donc de trouver ce qui, sous-jacent, stable et glissant, transite le long de son enchaînement. Les Grecs appelleront ce rapport d’analogie « logos ». Comme Platon et Aristote, les Stoïciens penseront que le logos pur est parole, intelligence, un accès direct et véritable aux choses, ce que les nombres et leurs rapports peuvent faire.

La reconquête du sens originaire de logos suppose un travail archéologique sur la pensée des présocratiques notamment celles d’Anaximandre ou d’Héraclite qui pensent le logos comme ce qui constitue, éclaire et exprime l’ordre et le cours du monde. Il ne peut être saisi que si nous entrons en dialogue avec lui. Il fonde le discours et le dialogue, et anime la dialectique. Héraclite déplorait que les hommes soient incapables de comprendre la permanence du logos bien que celui-ci soit à l’origine de la pensée humaine. Dans l’antique philosophie grecque, le logos est en fait le principe qui gouverne le cosmos, la source de toute activité, de toute création et génération, notion assimilée aussi par les gnostiques.

Platon s’inspire de la Thora en écrivant que le monde des idées, le logos, qui est invisible, est à l’origine de l’univers.

La notion de logos de St Jean est bien antérieure aux Évangiles ; cette notion de parole ou verbe-démiurge se trouve déjà dans les spéculations égyptiennes et  la traduction de la Bible en grec (la Septante) donne l’occasion de voir comment le logos de Dieu (le memra) est utilisé dans l’Écriture juive, bien avant le temps des Apôtres, ainsi St Jean pose le postulat qu’il existe un principe premier et suprême reposant sur la parole et la lumière. La doctrine  du Logos de St Jean, avec l’évocation du «memra», se trouve déjà, tout au long de la théologie juive du premier siècle, dans les targums, ces paraphrases rabbiniques et commentaires de l’Ancien Testament qui commencent à apparaître autour du temps des Apôtres.

Puisque Dieu est en quelque sorte intouchable, il est nécessaire de fournir un lien viable entre YHWH et sa création terrestre. L’un des liens importants considérés dans la pensée rabbinique antique était le Verbe (la parole, le mot) appelé memra en chaldéen et ma’amar en araméen. Le Pirke Avot utilise le mot au pluriel, assara ma’amaroth, pour qualifier les dix paroles par lesquelles fut créé le monde (ne pas confondre mais à rapprocher avec le décalogue, assereth hadibberoth (עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת), les 10 paroles que sont les 10 Commandements. Leur énoncé est précédé par un verset singulier, Exode 20.1, où il est dit ; «Alors D.ieu prononça toutes ces paroles», seul de tous les versets de la Torah, dont la structure 7 mots et 28 lettres, est identique à celle du 1er verset de la Torah ; «Au Commencement D.ieu créa les cieux et la terre ; Béréchit Bara Elokim Et HaShamayim VéEth HaAréts» (Genèse 1,1). Par cette structuration identique, nous apprenons que la Puissance mise par D.ieu dans Son Acte créateur, a été de la même intensité que celle mise dans Sa Révélation (Secrets de Kabbale Livre 1 : Béréchit par Eric Daniel El-Baze.)

Pour la kabbale Memra (םאםר) montre le Aleph, l’Intemporel, projeté en un double modèle biologique dans l’univers séparant les eaux d’en haut des eaux d’en bas (les deux ם) avec le souffle/Esprit (rouakh le ר) ; c’est la liaison entre le matériel et le spirituel, simultanément  le mot/création (le verbe) et l’univers créé.

Les rabbins ont enseigné que le memra était l’agent du salut. Qu’il s’agisse d’un salut physique (tel que l’Exode à la sortie d’Égypte) ou d’un salut spirituel, Dieu a toujours sauvé par l’intermédiaire du memra, par Sa Parole. «C’est le Verbe en tant qu’Intelligence divine, qui est le lieu des possibles.» (René Guénon)

Au fondement de la conception kabbalistique du réel, comme on le voit, il y a l’idée du nom de Dieu comme être premier et élément agissant de la création, le nom constituant le point d’origine d’un mouvement linguistique (combinatoire) se rapportant au mouvement même par lequel s’effectue la création. Le nom de Dieu est le mode sous lequel ce fondement se manifeste et, dans le même temps, par lequel il donne le monde à être : «Le nom lui-même est semblable à la quintessence de la puissance […] qui est immanente au monde et agit au sein de la création.» (Guershem Scholem).

Pour conclure avec Heidegger : logos n’aurait pas pour signification première «ce qui est de l’ordre de la parole mais, ce qui recueille le présent, le laisse étendu-ensemble devant et, ainsi, le préserve en l’abritant dans la présence».

S’inspirant de la rhétorique aristotélicienne, Roland Barthes liait l’ethos à l’émetteur, le pathos au récepteur et le logos au message.

Dans une approche scientifique, la notion de logos serait des équations mathématiques qui dévoilent la singularité initiale et le Big Bang. Si le cosmos qui nous entoure a bien un sens, alors c’est que – peut-être – il contient en lui, dès l’origine, une information incroyablement complexe, une essence non physique qui le travaille, l’oriente, le réalise. ce qui a fait dire au physicien Neil Turok, l’un des plus proches collaborateurs de Stephen Hawking, «l’Univers tout entier a jailli, de manière splendide, d’une seule et unique formule, d’un code mathématique engendrant la Création». La kabbale, place la notion de zéro dans le « point » caché dont tout procède, placé aux confins de la séphira Kéther et de l’Aïn, le rien, le mystère de l’éther pur et insaisissable. Alors le zéro, ce rien ne peut-il pas tout ? Parce que si un tel code mathématique existe, forcément  il est enfoui dans le zéro.

12/04/22 : Villard de Honnecourt – Conférence publique de Mme Nahal Tajadod

La Grande Loge Nationale Française et sa Loge Nationale de Recherche Villard de Honnecourt vous invitent ce mardi 12 avril à 20 heures – dédicaces à compter de 19h15 – à la conférence de Mme  Nahal Tajadod, écrivain et docteur en études chinoises sur « Mystique et spiritualité persane, de Shams de Tabriz à Roumi ».

Bannière Villard de Honnecourt
Le sheykh Shams ud-Din Tabrizi joue aux échecs avec un jeune chrétien au grand scandale de ses disciples (manuscrit de 1581)

Shams-ed-Dīn Tabrīzī est un mystique iranien soufi né à Tabriz vers 1185 et mort en 1248. Il fut le maître spirituel de Jalâlu-d-Dîn Rûmî, qu’il initia à la mystique musulmane. On a de lui un gros volume de Maqālāt (« propos »), recueil de dialogues, rédigés en persan, qu’il a eus avec Rumi au cours des vingt mois qu’ils ont vécu ensemble à Konya, entre 1244 et 1248.

En savoir plus sur Mme Nahal Tajadod https://bit.ly/3Kv1ltE

Rûmî

Djalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhi ou Rûmî ou Ǧalāl al-Dīn Rūmī, né à Balkh (actuel Afghanistan) dans le Khorasan (grande région de culture perse), le 30 septembre 1207 et mort à Konya (dans l’actuelle Turquie) le 17 décembre 1273, est un poète mystique persan qui a profondément influencé le soufisme. Il est considéré en Orient comme un grand maître spirituel et désigné comme « Mawlânâ ».

Infos pratiques :

Grande Loge Nationale Française

12, rue Christine de Pisan 75017 PARIS

Conférence publique et gratuite.

Rabelais et la philosophie-Poeta sitiens-Le poète assoiffé

Bruno Pinchard, Yoann Dumel-Vaillot (dir.)

Paris, Kimé, Coll. « Transhumanisme », 2022, 200 pages, 21 €

Présentation de l’éditeur

C’est enfermer Rabelais que de le réduire aux conventions littéraires. Son ironie exige un terrain plus radical pour exercer ses pouvoirs. Le Maître de la moquerie ne pouvait s’acharner sur les promesses, les vices et les malentendus de la Renaissance sans réveiller des sources plus profondes. Les fameux géants y jouent un rôle de fondation, à condition d’y mêler les textes bibliques et folkloriques qu’ils sollicitent. Le platonisme y est sans cesse convoqué, mais sans se réduire à une orthodoxie néo-platonicienne. L’égyptomanie, la culture des ruines, la philologie homérique, les lois de la souveraineté, les principes même de l’économie et de la production modernes, le grand ronflement de l’obscénité — tout est prétexte à question dans l’encyclopédie pantagruélique. De là à dire que Rabelais, sous ses joyeusetés et autres balivernes, détient une science cachée et abrite un secret enfoui comme l’or, il n’y a qu’un pas. Ce pas, les auteurs ici rassemblés ne le franchissent pas. C’est ce qui donne à leur enquête toute sa fraîcheur, toute sa retenue et sa capacité à se confronter à l’énigme. Philosophie de Rabelais ? Oui, à condition que par philosophie on entende l’art d’interroger le sphinx.

Ni maître ni élève, Bruno Pinchard et Yoann Dumel-Vaillot sont deux laborantins pour un même athanor : ils travaillent sur Rabelais en fidélité avec l’idée d’une réformation des hommes en « liberté totalle ». Les études qui forment ce recueil, dont les auteurs comptent parmi les meilleurs spécialistes actuels de l’œuvre pantagruélique, relèvent d’une telle démarche.

[NDLR : Bruno Pinchard est bien connu de nos lecteurs. Il est vrai que le philosophe est plus connu pour ses écrits sur Dante, fondateur en janvier 2016 de la Société Dantesque de France (SDdF) et tout récemment avec la toute récente parution du 7 avril courant de la Revue des études dantesques 2021, n° 5 – varia – (Paris, Classiques Garnier, coll. « Revue des études dantesques », 2022, 188 pages, 38 €). Publication, sous sa direction et la coordination d’Anna Pia Filotico, proposant des articles en français, en italien et en anglais concernant toutes les œuvres de Dante, ses commentaires, son parcours en France et en Italie, sa culture et ses interprétations, etc.

Il est aussi un Maçon connu et reconnu ayant reçu, en 2016, le prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France, catégorie « Essai-Philo-Société » pour Philosophie de l’initiation (Éd. Dervy, Coll. Bibliothèque de la Franc-Maçonnerie, 2016), magnifique ouvrage dans lequel il nous annonce que l’initiation maçonnique ouvre un chemin dans la philosophie et que nul ne pourra plus l’ignorer.

Membre de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), Bruno Pinchard a été Vénérable Maître de la Loge Nationale de Recherche Villard de Honnecourt N° 81, et a participé tant aux « Rencontres La fayette » avec le GODF qu’aux « Entretiens Pic de la Mirandole », en novembre dernier, avec la GLDF.

Dans Rabelais et la philosophie, Bruno Pinchard et Yoann Dumel-Vaillot nous « alerte » sue une bien curieuse référence à la fin du Prologue du Cinsquiesme et dernier livre de des faicts et dicts Heroïques du bon Pantagruel, composé par M. François Rabelais, docteur en Medecine, qui a elle seule  justidfie ce présent volume se lisant comme une précieuse enquête sur la philosophie de Rabelais. Publié en 1564, il nous conte la suite et la fin du voyage de Pantagruel et de ses compagnons à la recherche de l’Oracle de la Dive Bouteille…

Ce recueil, publié avec le concours du Centre Jean Pépin, unité mixte de recherche du CNRS et de l’ENS-PSL (UMR 8230), qui se consacre à l’étude des doctrines antiques, de leur formation, de leur transmission et de leur réception dans la culture humaniste de la Renaissance aux Lumières en passant par le savoir médiéval aussi bien arabe ou byzantin que latin, restitue les conférences données dans le cadre du colloque « ’’Poeta sitiens’’ – Rabelais et la philosophie : réformer en liberté totale », les 26 & 27 octobre 2017 à l’université Lyon III

Nous retrouvons donc les interventions de Paola Cifareli, professeur de langue française à l’université degli studi di di Torino ; Mireille Huchon, professeur émérite (Sorbonne Université), Claude La Charité, titulaire de la chaire de recherche du Canada en histoire littéraire et patrimoine imprimé ; Romain Ménini, maître de conférences à l’université Gustave-Eiffel ; Christian Michel, ancien élève de l’Ems de Fontenay/Saint-Cloud et agrégé de lettres modernes ; Philippe Walter, professeur émérite à l’université de Grenoble-Alpes. Et bien sûr, les deux directeurs de cet ouvarge.

Le résumé – p. 189 à 193 – offre un abstract des interventions.

Nous vous rappelons la biographie de Bruno Pinchard...

Bruno Pinchard est normalien, agrégé de philosophie, universitaire et enseigne la philosophie. Professeur émérite et doyen honoraire de la Faculté de Philosophie de l’Université Jean Moulin-Lyon III, il a cherché dans l’humanisme latin une voie pour la renaissance de la métaphysique, valorisant le rapport avec la poésie et l’histoire. Il s’est intéressé à l’œuvre du philosophe napolitain Giambattista Vico (1668-1744), qu’il a rapportée aux mathématiques de René Thom dans une commune réhabilitation de l’idée de forme (La Raison dédoublée, 1992). Il a repris alors la tradition française de l’étude de Dante (Le Bûcher de Béatrice, 1996) et en a tiré une confrontation avec Mallarmé autour de l’idée d’un Livre universel et primordial (Méditations mythologiques, 2002). Cette première ligne de recherche ne l’a pas séparé des crises de ce temps. Il a écrit sur Hegel (Métaphysique de la destruction, 2012), puis sur Marx (Marx à rebours, 2015), les confrontant l’un après l’autre, et l’un par l’autre, à des expériences de destruction caractéristiques de l’ultime modernité. Il a cherché à déchiffrer dans le rapport entre la terre et la mer au temps de la montée des eaux l’idée la plus expressive d’un temps voué aux cataclysmes (Hespérie, contribution virgilienne à une politique occidentale). Il se consacre aujourd’hui à une traduction annotée des œuvres complètes de Dante. Il préside la Société Dantesque de France et dirige la revue Études dantesques. Il est directeur aux éditions Kimé de la collection Transhumanisme.

Et celle de Yoann Dumel-Vaillot

Yoann Dumel-Vaillot est diplômé en arts plastiques aux Beaux-Arts de Saint-Étienne. Il est titulaire d’un Master en littérature de Paris VII. Il a mené sa thèse de doctorat en histoire de la philosophie sous la direction de Bruno Pinchard à l’Université Lyon III et en littérature de la Renaissance dans le cadre d’une codirection avec Mireille Huchon. S’inscrivant dans une démarche essentiellement herméneutique, ses recherches portent principalement sur l’œuvre romanesque de Rabelais. Il s’attache tout particulièrement à la dimension mythopoétique de l’écriture rabelaisienne en étudiant l’implication de la notion d’analogie dans son œuvre.]

Du secret au sacré

L’Homme est un arbre. Verticalité, tronc, écorce, branches, feuillage, en sont les « donnés à voir » symboliques. Racines, sève circulante et nourrissante comme le sang, invisibles, se laissent deviner par l’imaginaire : Autant d’éléments constitutifs de la métaphore. Même hors sol et mobile, cet Homme est relié à une «zone souterraine » en lui,  où à l’abri du monde, s’active sa vie intérieure. Il a besoin de ce lieu caché, de cette intimité, pour préserver un « non-dit », donc un « non-su » : informations, souvenirs, vécus, émotions, pratiques, traditions, coutumes personnelles ou groupales, qu’il ne veut ou ne peut mettre en mots, ni exposer ni partager. Empire du secret (du latin « secretus », séparé, et de « secernere », écarter). Domaine aussi de l’incommunicable, puisque de l’ordre du ressenti,  propre à tous les membres des guildes, confréries et associations. De la plus haute antiquité à nos jours.

Ainsi, ont pu s’élargir les esprits et le sens au fil du temps, notamment en termes de pensée magique et de croyances. Et encore de mystères et de secrets à entretenir !  De l’astrologie chaldéenne à l’algèbre sacrée des Kabbalistes. De la cryptographie des Templiers aux techniques de croisées d’ogives des bâtisseurs de cathédrales. De la pierre philosophale des alchimistes aux leveurs de brûlures qui exercent encore aujourd’hui dans nos villes et campagnes. Des devins en tous genres aux prédicateurs bibliques, ces conteurs modernes  dont les sermons hypnotisent  les foules  sur toute la planète. Avec sa puissance évocatrice et entraînante…au commencement était le Verbe !

 Le devoir de secret

De fait, l’homme du XXIème siècle est le même que ceux qui se pressaient sur l’antique agora pour  écouter les tribuns clamer les aventures des dieux grecs. En plus de ses exigences vitales, faim, soif, reproduction – il a toujours besoin de récits. Qui sait, pour combler l’ignorance de son début (Adam et Eve n’ont pas de nombril sur les tableaux qui les représentent !) et, pourquoi pas, se donner une destinée après sa mort. Nécessité d’un passé et d’un futur, pour mieux vivre le présent : Les mythes à fin ouverte et légendes héroïques, les rites initiatiques et prophéties religieuses, géniales inventions humaines – savant mélange de tragique et de merveilleux, d’énigmes et de promesses – continuent de remplir leur office depuis des lustres. Ils doivent être  racontés, réinventés, répétés sans cesse, à la fois pour exister et garder chez les demandeurs, ces précieux « sentiments de sauvegarde » : l’espoir d’un sort meilleur pour les uns, l’espérance d’un autre monde pour les autres!

Dès l’origine, l’homme a cru et voulu agir sur la nature par sa pensée magique précitée. Puis, en tant qu’animal social, il a cherché par la force ou l’alliance, à influencer ses semblables. En formant des groupes, à la fois défensifs et agressifs. Et les hordes primitives sont devenues, au fil des millénaires, tribus, armées, castes, clans, prêts à s’entrechoquer à la moindre occasion !

Ainsi, sur différents modes, apparaît, toujours recommencé, le besoin pour des groupuscules de faire « bande à part », de s’organiser, et chacun à leur façon, de provoquer, de résister à un adversaire ou de s’en cacher. Notre histoire est jalonnée de celle des rassemblements d’individus, qui, sous la férule d’un meneur ou d’un gourou à forte personnalité, ont voulu affirmer une pensée prosélyte à but « initiatique » (terme à diverses interprétations !) religieux, politique, ou tout simplement… lucratif ! Tout en camouflant  leur mode de fonctionnement. D’où cette appellation de société secrète qui les qualifie, bien qu’elles aient été ou sont pour la plupart, parfaitement connues ! Du Ku-Klux-Klan aux Etats-Unis, aux organisations mafieuses siciliennes  (Camora et Cosa Nostra) ou japonaise (Yakusa).

Qu’en est-il précisément, du secret en franc-maçonnerie spéculative, héritière des confréries de bâtisseurs? Il faut bien dire, pour  évoquer le mouvement passé d’Angleterre en France, qu’il a commencé à y exister vers 1725, caché, donc secrètement,  dans les arrière-salles d’auberges, puis au mieux, avec précaution,  dans les salons de maisons bourgeoises et au pire, au cœur des bois ou en plein champ sous la lune, loin des curieux ! Avant de disposer enfin de locaux spécifiques, comme c’est toujours le cas aujourd’hui, au début de second millénaire. L’imaginaire collectif se nourrit de légendes à travers le temps, mais à l’ère de la communication, il les actualise avec le réel médiatique !  Même s’il est dit que la franc-maçonnerie, de société secrète est devenue discrète, elle n’en demeure pas moins une société fermée, dont magazines et reportages télévisuels, laissent, à intervalles réguliers, « entrevoir » » le fonctionnement. Locaux retirés et sombres, lueurs de bougies, frères et sœurs gantés de blanc, ceints de curieux carrés de tissus et de baudriers brodés d’or, candidats à l’admission aux yeux bandés : un parfum de mystère flotte toujours bel et bien sur l’univers maçonnique ! Et n’est-il pas étonnant pour l’opinion publique, au final,  que ces hommes et ces femmes, blottis dans l’obscurité, prétendent éclairer le monde ?!

Certes, après celles des bâtisseurs de cathédrales au service du clergé, la franc-maçonnerie de réflexion a dû, tout au contraire, se préserver dès son avènement au XVIIIème siècle, des attaques de l’Eglise qui l’a perçu comme une concurrente. Certes, au XXème siècle, les persécutions nazies contre toutes les expressions de liberté, l’ont contrainte à s’effacer, pendant la seconde guerre mondiale, au prix de nombreuses vies sacrifiées. Mais aujourd’hui, en occident, au XXIème siècle débutant, dans le cadre d’une démocratie attachée aux valeurs républicaines et laïques, quel est le danger pour la franc-maçonnerie et ses membres, promoteurs,  de liberté, égalité et fraternité ?! Que peut-on leur reprocher alors qu’ils disent venir, par l’échange inter-fraternel, « élargir leur pensée » en loge, pour mieux communiquer ensuite dans la cité ?! Qu’ont-ils vraiment à redouter et à cacher s’ils ne font rien de mal? C’est bien cette dernière question récurrente que se pose  la vox populi étonnée ! Il  faudra  sans doute encore  beaucoup de tenues blanches ouvertes et des visites de temples pour que francs-maçons et franc-maçonnes soient compris du grand public. Pour sortir du malentendu qui demeure plus ou moins !

Qui dit société initiatique, dit rite et rituels. Qui dit cérémonial dit solennité. Et qui dit exercice spirituel dit lieu fermé. Il n’est pas pour les frères et les soeurs de  recueillement effectif possible, c’est-à-dire concentration de la pensée et détachement des préoccupations matérielles quotidiennes, sans s’écarter  régulièrement pendant une soirée : des néons multicolores et des affichages agressifs, de la circulation et de la pollution,  des clameurs et violences de la cité. Pour vivre de vrais débats. C’est-à-dire l’expression, à tour de rôle, de paroles contrôlées et  une écoute attentive des réflexions individuelles sur des thèmes sociétaux.  Sans passion ni éclats de voix – regards bienveillants et gestes contrôlés – dans une ambiance feutrée. Jusqu’à, au fil du rituel – conducteur de la tenue – faire silence. Autour de soi et en soi. Aucun mystère, aucun secret à découvrir dans ce déroulement sinon que chacun observe une discipline librement consentie. C’est bien ce que remarquent et appliquent avec soin, dès leurs premières séances, les nouveaux initiés, qui peuvent  éventuellement rectifier « de l’intérieur », le point de vue éventuellement erroné qu’ils avaient « de l’extérieur » ! Aucune activité douteuse en loge, que celle, tout à fait noble, à l’écart du monde, de le penser en groupe. Se préserver des regards pour œuvrer au bien… n’est pas faire le mal !

Partant, le devoir de secret  précité qui s’impose au maçon est bel et bien, un rappel, une forme d’entraînement à un effort pour une éthique vigilante : D’abord comprendre puis respecter les obligations de discrétion citoyenne. On pourrait dire ici, que chacun est le « secrétaire » de soi-même : dans le mot et son jeu, il y a « secret » et « se taire » !

Reste pour chaque maçon, toujours dans cette idée de silence gardé ou non, le secret  personnel d’appartenance. Libre à lui de révéler ou pas sa qualité. Sachant que lorsqu’on se fixe le but de s’améliorer pour en même temps rendre meilleur les autres, c’est à dire de jouer un rôle social, une responsabilité identitaire est à assumer. Il est évident que si les motivations formatrices et altruistes de la franc-maçonnerie étaient clairement explicitées et répandues en France, – et l’idée reçue d’un corporatisme lucratif généralisé grâce au secret, mieux combattue – nombre de francs-maçons intègres, c’est-à-dire l’immense majorité,  n’éprouveraient pas la nécessité de cacher leur appartenance. Jusqu’à ressentir une gêne, voire une impression de faute. Ou redouter que ce dévoilement leur soit dommageable. Ce qui est tout de même un comble pour des gens qui veulent le bonheur de leur semblable. D’où, à l’évidence, pour « la franc-maçonnerie, association 1901 », l’effort de communication extérieure à effectuer en termes pédagogiques, d’ouverture et d’image de marque !

« Resacraliser » l’Homme

Au secret d’appartenance, correspond évidemment le sentiment d’appartenance. Cette satisfaction intérieure d’être lié  à un groupe et par lui reconnu. En franc-maçonnerie, cette joie d’être un initié parmi les initiés. De  faire partie intégrante d’un ensemble d’autres personnes « qui ne sont pas moi, mais moi en même temps » ! Avec l’effet moral bienfaisant de « faire loge » avec eux. Nous atteignons ici, l’indéfinissable, un ressenti de plénitude sécurisante, euphorisante même, hors de la courante mise en mots et profondément intime.  Donc, incommunicable !  Comme l’est  par nature même, l’initiation, cette expérience vécue individuelle. Par conséquent, elle constitue, quitte à dissoudre bien des fantasmes,  le véritable secret maçonnique, individuel lui aussi !  Et parce que ce sentiment initiatique éclaire et élargit la pensée jusqu’à la rapprocher par empathie de celle des autres, on touche ici au sacré. Au sens authentique de ce vocable quand il désigne le ou les sacrifices que l’on décide de faire : par exemple, après délibération dans le secret de sa conscience, abandonner son égoïsme, ses préjugés, ses haines, partager son confort, renoncer  à  ses privilèges, transmettre ses biens. Voire se priver d’un organe pour l’offrir à autrui. Et ainsi, engager sa vie, pour en sauver une autre !

Nous constatons ainsi qu’en plus de signifier  le profond respect, l’interdit et l’inviolable, le sacré rappelle qu’il existe des enjeux, des valeurs morales qui dépassent notre « petite personne », et supérieures sans aucun doute, aux intérêts privés. Dès lors, n’est-il judicieux de reconsidérer notre réflexion, parfois si prompte aux envolées métaphysiques et transcendantales pour, enfin, perdre de l’altitude et leur donner  une chair terrestre?!  Notre fraternité même nous engage à porter un regard  sur l’équerre. Si, avec une libre interprétation,  sa branche verticale peut suggérer « le céleste », la branche horizontale indique, par déduction symbolique et telle une flèche,   la direction  de l’autre ! Tout comme,  puisque les murs des cathédrales sont montés, nous sommes invités  maintenant, avec  ce souci d’horizontalité, à  poser les pierres taillées  sous nos pieds. Pour marcher devant nous et  jeter des ponts vers nos frères en humanité !

Francs-maçons que nous sommes, nous interrogeons souvent sur notre action possible hors du Temple,  afin de transformer nos symboles en actes concrets et positifs dans la cité. Pour commencer cinq mots sacrés du rituel social,  clés de la convivialité, à savoir, bonjour, bonsoir, merci, pardon, au revoir – qui ont tendance à disparaître du vocabulaire – sont  déjà à « réactiver » ! Nous avons bien entendu remarqué le vide qui nous isole de nos interlocuteurs en leur absence ! Ainsi, sans cette sacralisation et reconnaissance mutuelle, peut germer  l’incivilité. Alors que la fonction même de ces « marqueurs » est, précisément, tels des sésames et  sourire à l’appui, de nous ouvrir et de nous rapprocher. Croisement de gens peut devenir rencontre ! Notons-le : A l’image des locutions précitées, politesse, gentillesse, douceur,  entre autres, semblent aussi passées de mode aujourd’hui, alors qu’elles sont des vertus essentielles qualifiables elles-mêmes de « sacrées ». Grâce, précisément,  à la fluidité  et  l’harmonie  qu’elles apportent dans le jeu social, donc la relation à l’autre. Par notre exemple, nous pouvons réhabiliter ces vertus – pour nous « bonnes manières de loge » –  et en soi, formes protectrices du sacré. Et ainsi, par « transfert mimétique » tenter d’éclairer les consciences vacillantes. Pour, avant qu’il ne soit trop tard, stopper le geste criminel du violeur d’enfant, du détrousseur de vieillard ou de l’automobiliste devenu fou furieux pour une tôle froissée ! La parole posée et juste est un calmant puissant.

Quoi qu’on en dise, il n’est pas évident de « fraterniser », aussi bien en loge que dans la Cité. Un effort s’impose, de respect, d’attention, de compréhension, Parce que chacun a sa personnalité, ses convictions, ses motivations et sa vision initiatique : qui voit dans son cheminement maçonnique une « révélation » déiste. Qui  perçoit sur la même route, l’approche de l’absolu. Qui encore  se veut passeur de la Tradition primordiale. Qui enfin, vit sur son parcours une « spiritualité laïque », définition même de la philosophie. Même constat d’une diversité de pensée en ville, dans « le monde profane » : l’un cherche son équilibre dans la réussite professionnelle, l’autre trouve son bonheur dans la vie familiale. L’autre encore, s’épanouit dans la nature et le suivant,  au service d’une institution caritative.

Il s’agit donc de progresser ensemble avec un esprit d’ouverture réciproque, de conciliation permanente. Et trouver du sens lors de cette marche relationnelle. « Resacraliser » l’Homme, découvrir ce qu’il est, avant ce qu’il a et ce qu’il fait. Adultes devenus, garder de l’enfance notre faculté d’étonnement ! L’intérêt est le partage des instants, des émotions du « voyage », petites joies comme  méchantes peines. Et l’important, dans le dialogue, n’est pas d’avoir raison, mais de raisonner, chacun avec sa vision des choses de la vie. Alors peut naître une vraie fraternité entre humains. Pour écouter  ensemble les pulsations de notre précieuse planète, devenue un village. Et décoder son message.

C’est notre frère Johan Wolfgang GOETHE qui l’affirme : « Le sacré secret connu de tout le monde, c’est le monde ! ».

BRESIL : hommage à la cérémonie des 200 ans du Grand Orient du Brésil

De notre confrère brésilien agenciatocantins.com.br – Par Alessandro Ferreira

Le Député d’État Valderez Castelo Branco (Républicains) a assisté à la Séance solennelle en l’honneur du 200e anniversaire du pouvoir maçonnique Grande Oriente Brasil (GOB) et des 33 ans de son implantation dans le Tocantins. La cérémonie a eu lieu dans la matinée de ce jeudi 07, en séance plénière de l’Assemblée législative (Aleto).

Dans son discours, il a salué toutes les personnes présentes, a félicité les lauréats et a souligné l’importance de la participation franc-maçonne à des moments historiques tels que l’indépendance du Brésil, représentée par la figure du sénateur franc-maçon, José Clemente Ferreira, qui a dirigé la grande manifestation populaire de le Dia do Fico, délivrant la déclaration qui demandait la permanence du prince régent Dom Pedro I au Brésil.

« Nous devons reconnaître la contribution de la franc-maçonnerie à l’émancipation du peuple brésilien. Grâce à ses enseignements, nous avons appris à lutter pour le bien-être du peuple et pour la grandeur du pays, en menant des actions pour transformer la vie des plus nécessiteux », a-t-il déclaré.

La députée a également représenté son mari, Lázaro Botelho, Grand Maître Ad Vitam de la Grande Loge, qui n’a pas pu être présent et a également souligné le travail réalisé par la Franc-maçonnerie dans le Tocantins, à travers des actions et des travaux sociaux, contribuant avec la puissance publique à l’appréciation de l’être humain. « Le plus important est de vivre pour faire le bien, comme le Christ a vécu sur la terre. Nous sommes une seule famille, appelée à servir et à servir dans l’amour », a-t-il déclaré.

Maçonnerie

La franc-maçonnerie est une institution essentiellement philosophique, philanthropique, éducative et progressiste. Gouvernés par la liberté des individus et des groupes humains, qu’il s’agisse d’institutions, de races, de nations ; pour l’égalité des droits et des devoirs des êtres et des groupes sans distinction de religion, de race ou de nationalité ; et pour la fraternité de tous les hommes, considérant que tous sont enfants du même créateur. Son but est la recherche de la vérité, l’examen de la morale et la pratique des vertus.

présence

Le président de l’Assemblée législative, Antônio Andrade, rép. Est. Jorge Frederico, le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Wlademir Oliveira, représentant le gouverneur Wanderlei Barbosa, le grand maître général du GOB au Brésil, Múcio Guimarães, le président de l’Assemblée législative fédérale souveraine/GOB, Arquiariano Leão, le grand maître du GOB /Tocantins, Paulo Eduardo Tavares, le Grand Maître de la Grande Loge Maçonnique de Tocantins, Alexandre Modesto Braune, le représentant de la Fraternité Féminine Cruzeiro do Sul/Tocantins, Julita Marques, le Grand Maître Adjoint du Grand Orient du Brésil/TO, Goiamar Magalhães, le président de la puissante Assemblée législative de l’État, Davi Siqueira, le procureur général, André Ramos, représentant le procureur général de la justice, Luciano Casaroti, Plus de vingt-deux personnalités ont été honorées, ainsi que les plus anciennes Loges Maçonniques du GOB dans l’Etat de Tocantins et des dames de la Fraternité Féminine.

USA : Les Grands Maîtres de Géorgie ont signé un traité d’amitié samedi

De notre confrère freemasonsfordummies.blogspot.com – Par par Christopher Hodapp

La Grande Loge de Géorgie F&AM et la Très Vénérable Prince Hall Grand Lodge F&AM de Géorgie ont tenu une présentation publique conjointe samedi 9 avril pour signer officiellement les documents du traité d’amitié et cimenter leur reconnaissance mutuelle. 


Les Vénérables Grands Maîtres Donald C. Combs du GL de Géorgie et Corey D. Shackleford de la Grande Loge MW Prince Hall de Géorgie présideront conjointement.
Les membres votants de la MW Grand Lodge of Georgia ont voté en faveur de l’acceptation de la demande de la Prince Hall Grand Lodge lors de leur communication annuelle en octobre 2021.

L’événement a eu lieu à 13h00 au Sandy Spring Performing Art Center, 1 Galambos Way, Sandy Springs, Géorgie. 

Les réservations pour l’événement se sont remplies très rapidement, la capacité de la salle a été atteinte. Il ne pouvaient plus accepter de demandes de participations supplémentaires.


Sur la page Facebook officielle de la Grande Loge de Géorgie :Comme vous le savez, la Grande Loge de Géorgie, lors de la session 2021, a voté pour étendre la reconnaissance à la Grande Loge Prince Hall de Géorgie. Pour réitérer, cela ne permet pas la visite ou l’appartenance croisée – c’est reconnaître les maçons de la Grande Loge Prince Hall comme des maçons et des frères dans le métier. Cela n’a pas d’incidence sur les activités de la loge constituante.
Pour commémorer cette reconnaissance, les deux Grandes Loges organiseront une cérémonie officielle de signature du traité le samedi 9 avril 2022 à 13h00 au Sandy Spring Performing Arts Center. Les portes ouvriront à 11h30.

Pour plus d’informations sur l’événement et l’histoire des deux grandes loges, visitez le site Web à l’adresse : http://133rdpsalms.com

Rite Écossais Rectifié-1er grade-Mémento de l’Apprenti

Emmanuelle Auger – Éditions Numérilivre, Coll. « Les Mémentos », 2022, 198 pages, 15 €

Présentation de l’éditeur

Pour une Franc-Maçonne, un Franc-Maçon récemment reçu Apprenti, il est difficile de comprendre ce qu’il vient de vivre. Depuis le début de sa démarche jusqu’à l’engagement qui le fait entrer dans la chaîne d’union à la fin de la cérémonie de réception, beaucoup de choses vécues, entrevues, imperceptibles, voire incompréhensibles, se bousculent dans sa tête et le laissent avide de comprendre. C’est pour répondre à leurs questions que ce livre est écrit. Il accompagne le cheminement d’Apprenti, en laissant à chacun le soin de poursuivre sa quête sur la voie initiatique, à la découverte du rituel, seul face à soi-même, en Loge et dans sa vie.

Emmanuelle Auger

Biographie de l’auteure

Spécialiste de la communication des entreprises, Emmanuelle Auger travaille en organisations professionnelles avant de créer son agence pour accompagner leur stratégie, les grandes mutations et les temps forts de développement ou face aux crises, par une communication adaptée. Depuis 2009, elle accompagne dirigeants et cadres en coaching de management.
Entrée en Maçonnerie au Rite Écossais Rectifié, l’auteure aime à en approfondir l’intelligence.

[NDLR : Pour certains, Emmanuelle Auger est avec Frédéric Sergent, deux coachs indépendants, accompagnant hommes et femmes dans leur vie professionnelle et dressant un constat : coacher une femme se fait de façon spécifique. Les approches et autres recettes de coaching, efficaces de façon générale – c’est-à-dire le plus souvent avec des hommes – ont besoin d’être repensées pour les femmes. Non pas adaptées mais repensées. Pour preuve, son éclairant ouvrage Le coaching des femmes-Êtes-vous une femme girafe ?-Recentrez-vous sur l’essentiel (Eyrolles, 2015).

Pour d’autres, sans doute les initiés(iées), Emmanuelle est une Sœur de la Grande Loge Féminine de France et auteure à succès du Les devises latines du Rite Écossais Rectifié (Éditions du Cosmogone, 2e éd. rev. et aug, 2020) – en réalité désormais augmenté des devises du quatrième grade – offrant l’opportunité de percevoir la signification des devises latines qui émaillent les rituels en Maçonnerie symbolique du Rite/Régime Écossais Rectifié (RER) et dont la première édition fut nominée au prix littéraire de l‘Institut Maçonnique de France en 2019 au 17e Salon Maçonnique du Livre de Paris.

Cet opuscule au format poche – 15×11 cm – s’ouvre, en page 3, avec le sous-titre suivant « C’est un homme, c’est une femme dans les ténèbres et cherchant la Lumière qui demande à être reçu Franc-Maçon ». Il s’agit d’une phrase – adaptée à la réception des femmes en ce XXIe siècle – issue du rituel d’Apprenti, rédigé en Convent Général de l’Ordre en l’an 1782, une version complétée par Jean-Baptiste Willermoz et communiqué par lui en 1802 à la Respectable Loge « La Triple Union », à l’Orient de Marseille. Le Frère Introducteur répondant au Frère Second Surveillant « Qui est-ce qui frappe ainsi ? »

Pierre Pelle Le Croisa

Puis, le directeur de la collection Pierre Pelle Le Croisa, auteur connu et reconnu – initié en 1981 au GODF, ayant passé plus de 30 ans à la GLDF et désormais membre de l’Alliance – présente la collection « Les mémentos des rites », visant à offrir un prolongement à la démarche que vivent les initiés en Loge afin de progresser dans la voie du perfectionnement.

L’auteure, dans son préambule, nous précise que ce mémento est écrit par les nouveaux Francs-maçons et Franc-Maçonnes, ceux qui viennent donc d’être reçus au grade d’Apprenti au Rite Écossais Rectifié, prenant bien soin de préciser que si nous sommes encore candidats, il vaut mieux tout de suite fermer ce livre.

Elle aborde trois moments clés : avant la réception, puis qu’est-ce qu’une réception et enfin ce qu’est un rituel. Elle décrit ensuite, avec beaucoup de précisions, ce qu’est la préparation du néophyte, sa réception, de l’entrée de la loge, de la cérémonie en elle-même – voyages, épreuves, prestation de serment, mot, signe et attouchements, etc.

Cet ouvrage est comme un véritable livret d’instruction de ce très beau rite, qui avec près de 250 ans d’existence, est un des plus anciens de la Franc-Maçonnerie française.

Cet opus résume, fort habilement, tout ce qu’une Sœur, un Frère, Apprenti(ie) Écossais Rectifié, tout cherchant, qui acquérir comme savoir, afin de mieux comprendre. Il constitue une méthode de travail et se présente comme un outil de travail incontournable… Mais aussi un indispensable à posséder aussi par les Frères Second Surveillants en charge de l’instruction des Apprentis, qui pourront y puiser des pistes privilégiées pour leurs instructions.

Il s’agit d’avoir, en poche, un guide fort utile pour entrer dans toutes les arcanes de ce merveilleux rite qu’est le Rectifié.].