ven 04 avril 2025 - 23:04
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Le maçon est-il le coq Chantecler ?

L’histoire de la Franc-maçonnerie française démontre clairement que depuis trois siècles, les Frères et les Sœurs gaulois et gauloises sont à droite, à gauche ou au centre. Certains sont chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes… c’est naturellement plus rare, mais je me suis laissé dire qu’il existait aussi quelques athées. Ils sont hommes ou femmes et certains peuvent-être de sexe indéterminé. Nous retrouvons des maçons jaunes, des blancs et des noirs. Il existe sous le tablier des hétérosexuels, des homosexuels, des transsexuels, des bisexuels et aussi quelques abstinents. Enfin, tout cela pour dire que tous les genres, toutes les cultures ou religions cohabitent dans le même Temple, pour le bonheur de tous.

Pourtant, une double question m’obsède : « Pourquoi les maçons s’engagent-ils à laisser les métaux à la porte du Temple. Pourquoi prennent-ils l’engagement de ne parler ni de religion, ni d’argent, ni de politique ? »

La réponse coule comme une source du breuvage de mnémosyne : « Ce sont des sujets qui séparent au lieu de rassembler ! »

J’entends déjà piaffer devant leur ordinateur quelques impatients, qui se demandent où je veux en venir. Ces derniers m’apostrophent alors avec une question pertinente : « Si cela est vrai, pourquoi les dignitaires des grandes obédiences prennent-ils publiquement parti pour des thèmes de société ? »

J’imagine que ces chers élus des grandes obédiences se laissent emporter par leur enthousiasme et se voient déjà présider aux plus hautes fonctions de l’Etat. Car rappelons un fait connu de tous, un dignitaire d’Obédience n’a aucune légitimité pour s’exprimer sur la politique, la vie du pays (même s’il peut parfois compatir au nom de son Obédience lors de drames), les finances de la nation, la sexualité, l’art culinaire ou la pollution des villes…

Le seul rôle pour lequel un Grand Maître est élu, c’est parler de son obédience et de sa Franc-maçonnerie. Je dis bien de « sa », car reconnaissons que nous ne faisons jamais que notre propre maçonnerie, même si les outils sont presque tous communs.

Nos Rituels disent tous la même chose, « Le Franc-maçon travaille à rassembler ce qui est épars ». Comment respecter cette règle immuable de notre Art Royal si nous entrons dans une arène vulgaire pour attiser la dualité, la division ?

Comment un Maçon peut-il être à la fois un représentant élu d’une Obédience multi raciale et multi confessionnelle et s’exprimer ès-qualités sur des sujets politico-socio-financiers qui créent du clivage ?

Est-ce bien le rôle de la Franc-maçonnerie ? Beaucoup pensent déjà qu’il s’agit d’un mélange des genres contre nature.

Entendons nous bien, qu’un Franc-maçon, dignitaire d’une Obédience occupe une fonction d’élu ne pose aucun problème, du moins si les deux missions sont bien distinctes et totalement cloisonnées. En d’autres termes, il serait souhaitable pour tous, que nos Dignitaires oublient au plus vite leurs illusions politiques, au profit de la seule vocation de la Franc-maçonnerie : « Le travail symbolique et le bien-être des Frères et des Sœurs ! »

Comme chacun le sait, il existe dans notre Franc-maçonnerie hexagonale une voie spirituelle et une voie plus sociale. Les deux peuvent très bien coexister avec Harmonie et Fraternité. Mais il reste néanmoins que de vouloir changer l’homme en changeant la société n’a jamais signifié entrer dans la dualité du combat politique afin de promouvoir des causes à succès (euthanasie, Laïcité, égalité des sexes…).

Il est possible que mes propos agacent quelques Frères ou Sœurs concernés. Si les effets persistent, je leur conseille de s’offrir une représentation de « Chantecler », la célèbre pièce d’Edmond Rostand, qui raconte l’histoire de ce coq qui croyait que son chant permettait au soleil de se lever chaque matin… jusqu’au jour où ce dernier faillit à sa mission. Ils pourront ainsi voir le parallèle qui existe entre le pseudo pouvoir politique des Obédiences et la puissance magico-vocale du coq.

Si quelques Frères ou Sœurs restent désespérément accrochés à cette idée du grand soir de la Franc-maçonnerie, ils risquent de rencontrer personnellement le G.A.D.L.U. avant de voir leur rêve s’accomplir. Car si un lecteur peut m’expliquer en quoi la Maçonnerie contemporaine influence concrètement le pouvoir politique en 2016 ou la vie de notre société, je vous assure, je mange mon tablier et mes gants sans boire un verre d’eau.

Si les maçons de Droite et de Gauche retrouvaient enfin leur rituel et oubliaient quelques temps leurs passions stériles et leurs désirs de puissance, pour reprendre leurs travaux initiatiques, il est possible que la Franc-maçonnerie renoue enfin avec sa gloire du temps passé. Oh, il est bien certain que ce pouvoir ne viendra pas par un quelconque processus électoral, mais plutôt par une évolution sur la voie de la Sagesse. En somme, une transformation intérieure de chacun de nous qui créerait ensuite une grande vague de changements par l’exemplarité dans la société.

Lorsqu’on passe son temps à stigmatiser les communautés, à effrayer le téléspectateur, à entretenir les fantasmes sur notre Art, à diviser et à séparer les groupes humains ou les genres sexuels ou matrimoniaux, il n’est guère surprenant que certains Frères ou Sœurs songent à trouver refuge dans le populisme.

Entre nous, quelle différence existe-t-il entre un parti politique qui divise les communautés et des obédiences maçonniques qui divisent des Frères et Sœurs selon leur tendance politique ou pire, leur couleur de tablier ? Le mécanisme de la dualité, issu des techniques manipulatoires repose sur les mêmes principes.

En revanche, si on consacre une partie de nos soirées à travailler sur le compas et l’équerre, il devient tout naturel de rassembler ce qui est épars et de retrouver l’unité et la paix. Mais pour arriver à ce résultat, il ne suffit pas de regarder béatement la Lune et le Soleil ou le Pavé Mosaïque en Loge, encore faut-il assimiler le principe de la « complémentarité des opposés » et à faire l’Unité en son cœur. Je parle là de comprendre le principe du ternaire en somme. Et c’est certainement ici que l’instruction s’est arrêtée pour de nombreux Frères et Sœurs.

Pour finir je paraphraserai Georges Orwell en disant que nous sommes tous Frères, mais certains sont quand même plus Frères que d’autres… je veux dire, ceux qui se trouvent près de la pointe du compas, au centre du cercle. Car ceux qui sont partis dans les extrêmes, du côté du crayon, vont certainement tourner en rond encore un bon moment. Au moins ça les occupera, ils continueront à faire cocorico chaque matin sans comprendre qu’ils nourrissent leur égo. Pour définitivement conclure, je laisserai le mot (d’humour) de la fin à notre Frère Pierre Dac : «  La différence entre tolérance et fraternité ? La tolérance, c’est d’accepter qu’il y ait quelques imbéciles en maçonnerie. La fraternité consiste à ne pas donner les noms ! »

Le Franc-maçon est un Bouddha du XXIème siècle

Ceux qui me connaissent, savent très bien que toute idée de provocation de ma part est hors de propos. Il y a quelques jours, il m’est arrivé une chose incroyable. En revenant de la plage, j’ai reçu la Lumière. Enfin, je veux dire que j’ai eu une illumination. Pour être plus précis, tout s’est éclairé et je vous livre le fruit de mon observation : « Le Franc-maçon est un Bouddha des temps modernes ».

Vous en doutez peut-être ?

Sachez que j’ai des preuves irréfutables quant à cette affirmation. Je prétends donc que de maçonner longtemps et assidûment conduit lentement vers une évolution ou plutôt vers une métamorphose qui rapproche du Bouddha. Avant de retourner me prélasser sur le sable chaud, je porte à votre attention le résultat de cette analyse, ainsi nous en discuterons dès mon retour.

Je vous propose de faire une expérience lors de votre prochaine tenue de septembre. Regardez bien la colonne du septentrion, puis la colonne du midi. Comparez-les et vous verrez où je veux en venir. La colonne des tabliers blancs à la bavette relevée,  est garnie de Frères et Sœurs au ventre majoritairement plat. En revanche, la colonne opposée, est peuplée quant à elle de nombreux Bouddhas (je parle uniquement de la forme bien évidement, pas de l’esprit).

Une question apparaît alors, est-ce à cause des agapes ou est-ce un des effets secondaires de la sagesse ?

Il est évident que seule la sagesse est fautive dans cette lente progression qui conduit à une proéminence abdominale chez les vieux maçons.

Le très sage Juvénal aurait dit : « Mens sana in corpore sano », qui comme chacun le sait nous rappelle que le corps et l’esprit doivent rester sains et unis. Certains puristes de la voie anglo-maçonnique me rappelleront très vite que si la Franc-maçonnerie est une voie initiatique pour certains, elle n’est pas une voie d’ascèse pour autant !

Comme de nombreux changements dans les rituels sont apparus depuis trois siècles, je me demande si l’esprit maçonnique resterait intact si on y rajoutait un zest de respiration, une tranche de méditation et surtout une sérieuse harmonisation diététique.

La discussion est ouverte… en attendant, comme j’entends souvent en Loge que nous sommes d’éternels Apprentis, je vous invite à profiter de l’été pour retrouver le ventre que nous avions le jour de notre Initiation ! Enfin moi j’dis ça, c’est pour passer le temps.

J’vous laisse on m’appelle pour le dîner et comme j’adore le sanglier et la cervoise, j’veux pas me faire voler mon assiette ! A bientôt.

Le Chêne, le Grand Maître et les Glands

Un grand-Maître de la Franc-maçonnerie se promenait un jour en forêt lorsqu’un chêne qui vivait là, depuis plus de cent ans, s’adressa à lui : « On dit que tu es un homme puissant, car tu gouvernes les humains et tu influences la société grâce aux travaux de ton obédience, est-ce vrai ? »

Le dignitaire d’abord surpris, puis flatté de cet intérêt répondit aussitôt : « En effet le chêne, sous mon autorité le monde a été transformé. J’ai influencé mon pays en militant pour la laïcité par exemple ! »

Le chêne : « Tu veux dire que tu t’es fait débaptiser et cela a été un exemple pour tous, au point que la religion n’a plus d’influence désormais ? »

Le Grand Maître : «  Euh non, pas exactement, j’ai transmis des idées »

Le Chêne : «  Comment peux-tu transmettre des idées que tu n’appliques pas à toi-même ? Comment veux-tu changer le monde si tu ne représentes pas toi-même ce changement ? En fait, la question principale est : Douterais-tu de ta laïcité ? »

Le Grand Maître : « Chez-nous les humains, on fait avancer la société par l’action sur les esprits. Nos faisons évoluer nos consciences par le dialogue »

Le Chêne : « C’est étonnant ce que tu me dis là, car je vois souvent dans ma forêt les humains que tu gouvernes. Leur conscience me semble justement moins évoluée aujourd’hui qu’à l’époque de mon grand père qui vivait à dix mètres d’ici. Ils ne prennent plus le temps de prendre le temps, ils fuient et sont remplis de peurs »

Le Grand Maître : « Grâce à nos rituels maçonniques et notre lien fraternel, nous évoluons, tu comprends ce que je veux dire ? Tout cela n’existe pas chez les arbres, non ? »

 Le Chêne : « Je vais t’instruire, car tu me sembles bien ignorant. Tu milites pour la laïcité et cela est devenu pour toi une forme de religion. Tu ressembles donc à ceux que tu combats. Avoue que ta vraie motivation est ailleurs. Tu me parles de rituel, mais qu’en sais-tu réellement ? Tu me parais avoir bien des contradictions, humain qui se croit puissant. Permets-moi de t’expliquer comment se passe l’élévation spirituelle dans notre monde végétal.

Notre instructeur est un sylviculteur, il plante une graine puis tout autour il crée un autre cercle de graines, puis encore un autre cercle de graines et ainsi de suite de manière assez serrée.

Notre second surveillant est le soleil. C’est lui qui nous permet de nous élever en verticalité. Il est notre fil à plomb. Dès que nous sommes assez hauts, nous passons au second degré, celui des compagnons. Notre instructeur coupe alors le premier cercle, celui de l’horizontalité, celui qui nous a permis de rester droits, grâce aux forces latérales des autres arbres. Ces autres faisaient office de niveau à plomb par leur simple présence bienveillante. Ce bois coupé va ensuite servir à notre instructeur pour réchauffer sa famille. Puis les cendres deviendront engrais pour les générations d’arbres futures.

Alors, vois-tu homme d’influence, notre œuvre comme la vôtre consiste à travailler la verticalité avec le soleil et l’horizontalité avec nos congénères. Il me semble pourtant, quand je vois le résultat de ton obédience, que beaucoup trop de glands sont restés à l’état sauvage, est-ce que je me trompe ? »

Le Grand Maître n’avait pas attendu la fin de cette conversation bien embarrassante, il avait repris son chemin. Il était déjà dans ses pensées qui consistaient à préparer ses futures élections… pour changer le monde évidement.

987 – PORTABLES INSUPPORTABLES

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Pas un trajet en train, bus ou métro sans PARTAGER, par smartphone interposé,  la vie personnelle – et souvent insipide- de nos concitoyens. Qu’il est loin le temps des cabines téléphoniques ou la discrétion et l’intimité régnaient pour tous comme pour chacun. En fait le téléphone portable n’est, peut-être, qu’un signe extérieur de détresse. Comment faire autrement ? si l’on ne s’en sert que chez soi, à quoi bon posséder un portable ?  Un peu plus d’un demi million de smartphones sont volés chaque année et, comme l’a finement analysé Laurent Ruquier, juridiquement  compassionnel , on peut en conclure que :  « les agresseurs sont  généralement sans mobiles ».

CANARIS 2.0

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Touche pas à ma bagnole. Après la limitation des vitesses à 80, Le prix de l’essence est un déclencheur qui cache une révolte de fond.En 1789 on disait à ceux qui manquaient de pain ” qu’ils mangent de la brioche” – En 2019 on dit à ceux qui manquent d’essence : ” qu’ils roulent en voiture électrique” Les gilets jaunes sont des révoltés 2.0. Trois milles casseurs,  ce samedi premier décembre à midi place de l’Etoile de Paris,  sont devenus dix mille samedi soir. Ce que Macron ne voit pas c’est que ce qui a fait son succès : le “DEGAGISME” est un succès qui devient celui des gilets jaunes aujourd’hui. ” MACRON DEMISSION” est une révolte symbolique contre les ELITES dont on brûle les voitures sur les boulevards chics de Paris. Une amertume contre une fiscalité jugée injuste  et une défiance envers l’autorité étatique considérée comme «  hors sol ». Un Gilet Jaune déclarait ressembler à «  un citron beaucoup trop pressé et chargé de pépins »  Mais que signifie, symboliquement un gilet jaune sinon un moyen d’ETRE VU afin de ne PAS ETRE ECRASE ? On usait autrefois, dans les mines,  de canaris ( jaunes)  pour prévenir du grisou. Puissent les CANARIS 2.0 ne pas être l’annonce que demain TOUT RISQUE DE PETER !

Les chroniques d’Ascelin: peut-on être fraternel et prendre les transports en commun?

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J’étais en Loge hier soir, et comme souvent, pour partir de mon bureau, j’ai pris les transports en commun. A Paris où je vis et travaille, prendre une voiture est en effet un exercice éprouvant pouvant transformer le plus civilisé des hommes en barbare haineux… Je me souviens d’un soir, où faisant une course, j’ai vu le métro 2 bondé, les bus sur les grands boulevards bondés, lesdits boulevards saturés et j’ai supposé que les lignes souterraines devaient être bien pleines aussi. Bref, j’ai pris les transports. Comme à chaque fois, j’ai observé mes semblables. A l’heure de sorties de bureau, beaucoup de gens aux yeux et au visage fatigués, souvent plongés, casque sur les oreilles sur le contenu de leur smartphone, ou plus rarement dans un livre. Tout ce monde en contact involontaire, les gens les uns sur les autres et n’ayant pas d’autre choix que les transports parisiens pour se déplacer. A d’autres heures, ce sont plutôt les fêtards qui vont d’after en before. Et très souvent, juste des gens qui se déplacent… Parfois aussi, des roms qui vont massacrer un instrument de musique et mon audition, parfois des gens quémandant une aumône après avoir raconté une histoire. Et en hiver, des gens qui dorment sur les quais, que les agents de la RATP tentent de réorienter… Bref, un spectacle de la condition des classes moyennes et populaires et des populations marginales. Le spectacle de nos manques de manières et considération, aussi. A ce propos, j’ai eu la chance de voyager et d’observer nos semblables dans les transports. Ainsi à Tokyo, les usagers du métro se mettent en rang et avancent en bon ordre, de même qu’en Allemagne et aux Pays-Bas. En France, c’est tout autre chose : entrer dans une rame relève du pogo ou du wall of death. Nous ne connaissons pas la notion de file d’attente et détestons avoir à attendre. J’avais entendu dans une conférence le sociologue Roger Sue expliquer que notre individualisme français nous menait au paradigme suivant : « chacun s’imagine être quelqu’un ». J’aurai plutôt tendance à être d’accord avec lui. Je crains que notre immense culture française de l’individualisme ne nous pousse à nous croire chacun plus important que notre voisin. Si je voulais pousser plus loin, je dirais que nous sommes dans un cas de rareté de ressources, comme ce que l’homme de lettres René Girard avait décrit après avoir approfondi le narcissisme des petites différences de Freud : l’espace et le temps sont rares et demandés, donc précieux. Notre désir mimétique amplifié par notre individualisme nous pousse donc à croire que nous méritons le temps et l’espace du métro et nous permet en conséquence de justifier ainsi de passer devant le voisin (qui pense la même chose). De la même manière, nous ne supportons pas d’attendre dans la file d’attente, puisque nous sommes quelqu’un et non quelconques. C’est une remise au niveau que notre individualisme nous fait trouver insupportable. 
A ce propos, en Loge, nous utilisons le symbole du Niveau. Kipling écrivait dans la Loge-Mère : « nous nous réunissions sur le Niveau, nous nous quittions sur l’Equerre ». Le Niveau nous rappelle que quelle que soit notre situation sociale (ce qui inclut l’origine, la situation professionnelle, etc.), quelle que soit notre identité, nous sommes tous sur un pied d’égalité. Nous avons tous en Loge, le même âge (3 ans au grade d’Apprenti, par exemple), nous avons tous le même droit à l’expression et à la parole. Nous avons tous aussi les mêmes devoirs, droits et devoirs étant les facettes d’une même obligation. S’imaginer n’avoir que des droits constitue un contresens majeur ! Même maçonniquement parlant. Fort de cela, je déteste cette attitude de gens pressés, qui sautent dans la rame en bousculant d’autre usagers et qui s’imaginent en avoir le droit, au motif qu’il croient être quelqu’un. Je déteste ce spectacle qui me rend toujours un peu plus misanthrope et me fait perdre espoir dans les sociétés urbaines.

Résultat, après ma Tenue, pour conserver mon bel égrégore et la joie spinozienne inspirée par les travaux de ma loge, je suis rentré à pied.

Les chroniques d’Ascelin : Pour faire un enfant, il faut être deux!

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Présentation : Ascelin est Franc-maçon, au grade de Maître, initié dans une Loge parisienne de la Grande Loge de France. Il est un Frère très actif et vous propose de partager ses expériences et ses vues, sous l’angle maçonnique.

J’étais en Loge hier soir, et nous avons parlé de la question ô combien délicate de l’interruption volontaire de grossesse. En fait, j’allais écouter un Frère que je connais, mais dans une Obédience majoritairement de Rite Français et traitant majoritairement de questions de la Cité. Bref, j’écoutais le conférencier parler des lois Neuwirth et Weil, ainsi que de la vie et de l’œuvre du docteur Pierre Simon. La question est d’autant plus délicate qu’en ce moment, des mouvements fondamentalistes religieux font pression pour revenir sur le droit des femmes à disposer de leur propre corps. Généralement, ces questions sont surtout abordées par des hommes. A ce propos, il me paraît important de clarifier certaines choses avant d’aller plus loin. Les femmes ont le droit de disposer de leur propre corps et de procéder à une interruption volontaire de grossesse et la société a le devoir de leur fournir le cadre le plus sûr possible, pour qu’elles puissent avorter sans y laisser leur vie. Que ceux que l’extinction prochaine de l’espèce humaine effraie soient rassurés : le droit à l’IVG n’augmente pas de façon drastique le nombre d’avortements.
Par contre, je pense qu’on a oublié deux choses fondamentales : le traumatisme que l’intervention peut engendrer, mais surtout le rôle de l’homme ! 
Il est facile d’imaginer le rôle du mâle : il dépose sa graine et s’en va son chemin. Par contre, les conséquences, c’est la femme qui les subit. Et dans le cas d’une grossesse non désirée, ce n’est pas l’homme qui va aller au planning familial, ni l’homme qui va subir le traitement médical et ses conséquences, ni l’homme qui va subir le regard culpabilisant de notre société patriarcale !
Chez les Francs-maçons, Il n’y a pas de droit sans devoir. Avec ce principe, si la femme a le droit d’interrompre sa grossesse, l’homme a logiquement le devoir de prendre ses précautions et d’éviter à la femme d’avoir à recourir à l’IVG. Donc, messieurs … à vos condoms ! J’ai eu vent également de techniques de contraception masculine : caleçons adaptés, vasectomie (peut-être un peu radicale)… Bref, nous n’avons aucune excuse pour rejeter la faute sur la femme.
Au-delà de cette considération, je crois qu’il est temps de changer un peu les mentalités. Nous vivons un héritage latin et une forte « méditerranéisation » de nos mœurs. Ainsi, un homme qui séduit, qui a plusieurs partenaires, provoque, se bagarre et qui n’assume pas les conséquences de ses actes est vu comme un homme viril. A l’inverse, une femme qui aurait le même comportement qu’un homme est vue comme une salope. Cette disparité existe dès l’enfance, où les petites filles sont reléguées dans les coins de la cour, quand les garçons en occupent la majeure partie. Du point de vue de la psychanalyse, c’est plus subtil : si le modèle freudien de l’Œdipe est adapté aux garçons, il n’en est pas de même pour les filles. En fait, la culture occidentale demande en effet aux petites filles d’être adultes quand elles sont enfants (et une fois adultes, il ne leur est plus permis d’avoir des attentes d’enfant, contrairement aux hommes). Il suffit de regarder les catalogues des marchands de jouets pour se rendre compte de ce clivage subtil. Pas étonnant que le paradigme patriarcal soit maintenu dans ces conditions. La société permet donc aux hommes de prendre l’ascendant sur les femmes et donc de faire leurs affaires à leurs dépens, en cantonnant les femmes au maintien du foyer. Et si on changeait un peu la donne ? Et si on expliquait aux petites filles qu’elles ont le droit de jouer aux mêmes choses que les petits garçons et réciproquement, que les petits garçons ont le droit de jouer aux mêmes choses que les petites filles ?
Si j’en reviens à l’IVG, et si on expliquait aux hommes que pour faire un enfant, à moins d’un miracle, il faut être deux ? Et si on expliquait aux mêmes hommes qu’aller au planning familial n’est jamais une partie de plaisir pour une femme, et qu’une IVG n’est jamais une intervention de confort ? Et si on inculquait un minimum d’empathie et de responsabilisation aux hommes pour qu’ils prennent leurs responsabilités, en faisant le nécessaire pour éviter à leur partenaire de subir l’intervention ? Bref, si on apprenait aux hommes à se comporter en adultes et si on laissait les femmes tranquilles ?

Le pied gauche

Un prisonnier, condamné à mort attend sa peine dans le couloir de la prison. Le bourreau est un peu en avance sur l’horaire et, pour « tuer » le temps, propose d’en savoir un peu plus sur sa prochaine « victime ».

– « Alors mon vieux, dit-il au condamné, comment en êtes-vous arrivé là ? »

– « C’était il y a un an environ. J’avais invité mon meilleur ami chez moi pour prendre un verre. Nous avons bu au point d’en être ivres morts. La nuit est venue et le lendemain matin, je l’ai retrouvé chez moi, assassiné. J’ai appris qu’il était franc-maçon. Au Tribunal, j’ai pris un avocat. Il ne m’a pas vraiment défendu car il était aussi franc-maçon et il cherchait à condamner celui qui était supposé avoir tué un de ses “Frères”. Il se trouve que le juge et le procureur de la République étaient aussi franc-maçons. Je n’avais vraiment aucune chance de m’en sortir. C’était un complot franc-maçon… C’est injuste… je hais les Franc-maçons ! »

Le bourreau regarde l’heure.

– « C’est l’heure ! déclare-t-il… Je suis désolé, mais c’est l’heure.

Avancez vers moi s’il vous plaît… Non, non, partez du pied gauche ! »

Le fameux Rite

Un jeune taureau est enfermé dans un champ où se reposent trois génisses et un vieux taureau.

Le vieux taureau, chose inhabituelle, porte un kilt et fume la pipe.

Le jeune taureau, tout fougueux, pense « chouette, chouette, chouette, ces trois jolies donzelles égarées, elles sont pour moi, hé, hé… ».

La première génisse passe devant le jeune taureau, puis file vers le vieux taureau qui immédiatement lui fait honneur.

Le jeune taureau reste consterné. Qu’importe, pense-t-il, il en reste deux autres.

La seconde génisse passe devant le jeune taureau, le toise, puis file voir le vieux taureau qui, immédiatement lui fait honneur…

Le jeune taureau est stupéfait. Il pense qu’il va avoir les faveurs de la troisième génisse. Il se dirige alors vers elle. Celle-ci, comprenant les intentions du jeune taureau, court se réfugier auprès du vieux taureau (qui ne quitte jamais son kilt de surcroît…) qui, immédiatement, lui fait honneur.

– « Ca c’en est trop !» déclare le jeune taureau. « Je veux savoir pourquoi. » Il se dirige alors, furieux vers le vieux taureau accoudé à la barrière de l’enclos, vêtu de son kilt et fumant toujours la pipe.

« Pourquoi ? » demande-t-il, presque au bord du désespoir.

Et le vieux taureau, flegmatique, répond :

– « Ô jeune taureau, ne sais-tu point qu’ici, seul le Rut Écossais Ancien est Accepté ? »

Quel âge avez-vous ?

Deux frangins, d’un même Atelier, se retrouvent par hasard à l’aéroport Charles de Gaulle. Après de longues et chaleureuses embrassades, ils décident de prendre ensemble un même taxi. Un taxi se gare devant eux. Ils montent dedans.

– « Au fait, dit l’un, rappelle-moi ton âge ? »

– « Cinq ans dit l’autre, et toi ? »

– « Moi, je viens tout juste d’avoir sept ans et plus…

Pendant ce temps, le chauffeur de taxi démarre silencieux… Il écoute d’une oreille la conversation de ses passagers. Il en a déjà rencontré des passagers, des gens bizarres, des marginaux, des riches, des pauvres, mais des gars aussi givrés que ça, jamais ! L’un prétend avoir cinq ans, alors qu’il en fait au moins cinquante. Quant au plus vieux, celui qui prétend avoir sept ans, il fait plus jeune que le premier. Il les regarde discrètement dans le rétroviseur intérieur de son taxi.

L’un des deux Frères, se rendant compte de l’attitude du chauffeur du taxi, déclare à l’attention de l’autre Frère: « Attention, il pleut !… ».

Cette fois c’en est trop, le chauffeur de taxi regarde dehors et le soleil brille depuis le début de la semaine. « Complètement givrés », pense-t-il.

Au détour d’une rue, il voit un agent de police. Faisant mine de demander son chemin, il s’arrête :

– « Monsieur l’agent, j’ai quelque chose d’important à vous dire. »

– « Je vous écoute. »

– « Je transporte deux fous qui doivent très certainement être échappés d’un asile. Le plus vieux pense avoir cinq ans, et le plus jeune déclare avoir sept ans. Et encore, selon eux, il pleut monsieur l’agent, il pleut ! Vous pouvez les arrêter ? »

– « Cher monsieur, déclare l’agent, l’air navré, vous savez, je n’ai que trois ans et je ne sais ni lire ni écrire, alors ça va m’être difficile de les arrêter. »