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Ma Franc-maçonnerie mise à nu… pour les profanes

  •  Date de parution : 9/06/16
  •  ISBN : 978-2-9557120-0-9
  •  EAN : 9782955712009
  •  Présentation : Broché
  •  Poids : 0,420 Kg
  •  Dimensions : 16,0 cm × 24,0 cm × 1,4 cm
  •  Editions L’O.L. www.editions-lol.com

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Avant-propos : pourquoi ce livre ?

Avec plus de 11 000 ouvrages édités à son sujet, tout a été dit ou écrit concernant la Franc-maçonnerie, le meilleur comme le pire. Pour certains, les Francs-maçons sont associés aux Illuminati, « ils égorgent des vierges lors de rituels sataniques du vendredi soir ! », ou encore, « ils gouvernent le monde en secret. Ils sont impliqués dans tous les scandales financiers ! ». Pour d’autres, tout le folklore des « Frères la gratouille » (expression inventée par François Mitterrand) n’est qu’une manifestation nostalgique et désuète des temps anciens. Rares sont ceux qui reconnaissent dans l’Art Royal (Ce nom est utilisé jusqu’au XVIIIème siècle comme synonyme de Franc-maçonnerie), une voie d’éveil spirituel et surtout, un chemin qui conduit vers la Sagesse et la Tempérance.

Quelques questions reviennent régulièrement :

– « Pourquoi regroupe-t-elle autant de personnalités et de célébrités ? »

– « Combien sont-ils et surtout, qui sont-ils ? »

– « Quels secrets cachent-ils et quels pouvoirs ont-ils réellement ? »

Dans ce climat de mystère, chaque candidat aborde son entrée dans la Fraternité maçonnique comme une épreuve de sélection à Harvard. En somme, être reçu comme Franc-maçon est un grand honneur, être refusé peut être vécu par certains comme une profonde humiliation.

Certains postulants entrent avec la croyance que leur prochaine appartenance va leur donner des super pouvoirs, un carnet d’adresses bien garni et surtout, le privilège d’appartenir à la caste des puissants de ce monde. Or, il arrive trop fréquemment que des déceptions naissent dès la cérémonie d’accueil terminée.

Sur presque cinq mille Loges maçonniques que compte notre pays, combien de Frères ou de Sœurs peuvent déclarer avoir utilisé leur Loge comme ascenseur social ou financier ? Très peu, car la Loge n’est certainement pas l’endroit propice pour faire des affaires. Posez cette même question à des pratiquants de golf, des anciens d’HEC ou des membres du « Siècle »[1] et vous aurez une vraie idée du peu d’influence politique de la Franc-maçonnerie contemporaine, du moins, par rapport à d’autres réseaux nettement mieux organisés pour le succès social ou financier. Sous la Troisième République, environ un homme politique sur deux était Frère. Aujourd’hui, un élu sur dix porte le tablier[2]. C’est la preuve évidente du lent déclin de la maçonnerie politique et sociale. Il est certain que la Franc-maçonnerie joue encore, dans certains cas, un rôle d’incubateur d’idées, comme le furent les salons du XVIIIème siècle, mais certainement pas de groupe d’influence comme se plaisent à l’affirmer les pourfendeurs des enfants de la veuve et de l’orphelin[3]. Pour paraphraser Marc Giget[4], s’inspirant d’une célèbre émission de France Télévision pour expliquer le conservatisme français en matière de technologie : « La taille des racines de la Franc-maçonnerie française empêche ses ailes de pousser ». En d’autres termes, l’Art Royal est à une période charnière de sa longue existence. Il doit se réinventer pour répondre aux besoins d’une époque inquiétante et spirituellement apathique.

Version de couverture de 2016

La réelle nature de la Franc-maçonnerie est trop peu connue, car beaucoup trop marquée par son glorieux passé de pseudo-lobbyiste des affaires publiques de l’Etat français.

Il est vrai qu’au-delà de la fonction politique et sociale, jouée durant une certaine période par la maçonnerie, il existe des scandales, des abus et des dérives. Un chapitre y sera d’ailleurs consacré dans ce livre. Cela constitue une infime partie visible de l’iceberg d’honnêteté, d’implication et de Fraternité qu’on trouve généralement dans les Loges (le lieu de travail du maçon) de toutes les Obédiences (structures qui regroupent les Loges de chaque organisation maçonnique).

Ainsi, la question de fond est : « Pourquoi entrer en Franc-maçonnerie ? »

La réponse est plurielle, car chaque candidat trouve en chemin des résonances avec ses propres attentes conscientes ou inconscientes. Il ne le sait jamais en arrivant, mais les expériences qu’il va vivre durant son chemin maçonnique seront en parfaite synchronicité avec sa vie personnelle. Tout cela n’est pas très rationnel, mais existe bel et bien.

Dans ce livre, chacun trouvera des réponses aux questions qui sont habituellement posées aux candidats à l’Initiation[5] maçonnique. Même si en fin d’ouvrage, je vous propose de participer à un questionnaire pour faire le point, le but n’est pas de préparer des profanes à l’examen d’entrée en Loge, ni de nourrir la curiosité de ceux qui pensent que tout doit passer par la réflexion intellectuelle et l’analyse rationnelle.

Intégrer une Loge est un peu comme une cérémonie de mariage : avant de dire oui, il est plus prudent de s’informer de ses droits, devoirs et engagements. Rassurez-vous, le « divorce » est toujours possible avec sa Loge Mère[6], soit de façon « complète », soit pour se « remarier » avec une Loge plus « Fraternelle ». Avouez qu’il est quand même plus constructif de bien démarrer sa vie maçonnique, afin de se concentrer pleinement sur l’enseignement qu’on y reçoit. Un maçon heureux est un bon ambassadeur pour la Franc-maçonnerie, car il rayonnera dans tous les sens du terme. En revanche, un maçon déçu et trompé est un véritable fléau, car il diffusera ensuite une information correspondant à son vécu. Ā une époque où chaque citoyen, équipé d’un Smartphone, se connecte à plus d’informations que le Président des Etats-Unis en avait en 1995, croyez-moi, les bonnes comme les mauvaises nouvelles se propagent extrêmement vite.

Ce livre a pour vocation principale d’éviter l’erreur d’aiguillage lors du démarrage. Il est possible qu’après quelques chapitres, un effet secondaire apparaisse chez certains lecteurs : la désacralisation de la Franc-maçonnerie.

En tout état de cause, si cet ouvrage peut encourager les profanes à devenir maçons, ce sera une victoire. Si je voulais être légèrement taquin, j’ajouterais que la Franc-maçonnerie serait très heureuse si cette saine lecture pouvait donner aux maçons affairistes ou opportunistes l’envie de fuir.

Donc, ne vous étonnez surtout pas si mes propos sont parfois provocateurs. Si votre démarche est motivée par un profond désir de Fraternité et d’Harmonie, rassurez-vous, c’est la bonne adresse, ne lâchez surtout pas ce livre. Permettez-moi d’être votre guide tout au long des pages qui vont suivre !

Qu’est-ce que la Franc-maçonnerie ?

Si vous consultez Wikipédia sur cette question, voici la réponse : « Le mot Franc-maçonnerie désigne un ensemble d’espaces de sociabilité sélectifs, formé de phénomènes historiques et sociaux très divers. Le recrutement des membres est fait par cooptation et pratique des Rites initiatiques[7] se référant à un secret maçonnique et à l’art de bâtir. » Pour ne rien vous cacher, j’ai relu trois fois cette définition et je ne comprends pas plus que vous ce que cela signifie.

Il faut reconnaître qu’un historien de la maçonnerie ne vous donnera pas la même définition qu’un autre Frère féru de politique, ni qu’une Sœur adepte des activités maçonniques sociales. Une fois que vous aurez interrogé ces trois maçons, vous pourrez aussi consulter un pratiquant de la Franc-maçonnerie symboliste. Là encore, vous obtiendrez une autre explication qui vous donnera l’impression de parler de tout autre chose. En résumé, la maçonnerie peut prendre des formes diverses pour répondre à des attentes aussi variées qu’il existe de candidats.

Pour l’exprimer autrement, la Franc-maçonnerie pourrait être comparée aux arts martiaux. Certains les pratiquent pour se protéger, d’autres pour le bien-être physique ou mental, ou encore pour se distraire… Il existe une multitude de formes martiales différentes et les résultats obtenus sont tous variés et complémentaires. Pourtant, ce regroupement de techniques de combat ou de santé porte le même nom !

Alors, sans avoir encore répondu à votre question, je peux déjà vous dire que la maçonnerie n’est pas : un club de rencontres, un réseau d’affaires, l’antichambre du pouvoir, une filiale des Illuminati, un parti politique, un think tank, un cercle de philosophie, un centre d’entraînement à la parole, une officine religieuse, un cabinet de thérapie… et je dois très certainement en oublier.

Avant de nourrir totalement votre curiosité en répondant clairement à la question, il est bon de savoir que la Franc-maçonnerie est un corps social d’environ 180 000 membres en France, vivant et surtout évolutif. Si elle est née dans la forme que nous connaissons actuellement, il y a environ quatre siècles[8], son action sur la société n’a pas toujours été la même.

On peut affirmer que la Franc-maçonnerie est une voie initiatique[9]. Il serait utile de compléter cette définition en déclarant qu’elle travaille au bien-être et à la bienveillance des humains qui la pratiquent. Ā ce jour, nous ne connaissons qu’un seul cas de maçon qui aurait pu être assassiné par ses Frères[10]. Nous reparlerons de cela dans les prochaines pages. Si je complète mon propos en vous disant que la Franc-maçonnerie a pour but d’élever l’Humain dans ses qualités intrinsèques de Sagesse et de l’encourager à se mettre en Harmonie avec la vie, il me semble que nous aurons déjà une belle toile de fond. Il est important d’ajouter que le travail du Franc-maçon s’effectue essentiellement sur lui-même, afin que rendu meilleur, il puisse ensuite rayonner de toute sa puissance sur la société. C’est ainsi que la Franc-maçonnerie influence le monde. Elle agit en révélant les qualités de ses membres. Du moins, c’est le postulat de base, car la réalité est parfois plus complexe, comme nous le verrons.

Il me reste maintenant à compléter ce début de définition en vous disant que ce travail s’effectue en pratiquant dans chaque Loge le Rite[11] qui est le sien. Nous reviendrons un peu plus tard, sur ce fameux Rite, qui s’appuie sur un Rituel. Pour le moment, retenez juste qu’un Rite est un cérémonial qui comprend des gestes, un langage, des déplacements et une attitude mentale.

Après avoir posé les bases d’une présentation avantageuse, certains penseront que ces propos prosélytes ont pour but d’appâter le chaland. D’autres s’imagineront qu’il s’agit de faire l’éloge de notre Art Royal, sans parler de ses côtés obscurs.

Vous aurez l’occasion d’ici quelques chapitres de constater que je peux être sans concession et parfaitement capable de dénoncer les dérives et travers, lorsque cela s’impose. Ma définition de la Franc-maçonnerie est issue d’une pratique de longues années, de l’observation de tous les Rites rencontrés dans toutes les Loges où j’ai été invité et cela avec des Frères et Sœurs de nombreux pays. Je ne prétends évidemment pas connaître les quatre millions de Francs-maçons de notre planète, mais je crois avoir suffisamment voyagé et observé, pour partager avec vous mon opinion sur ce que j’ai vu et vécu.

Lorsque se pose la question de la définition de la Franc-maçonnerie, il est quasiment impossible de donner une réponse simple et rapide. L’ensemble des diverses pratiques Franc-maçonniques du monde est uni par un tronc commun : « l’Initiation ». Cependant, les pratiques en question peuvent différer, ce qui peut devenir très troublant au départ pour celui qui cherche à comprendre avec sa logique intellectuelle. La réalité est que la maçonnerie ne se comprend pas, elle se pratique et se ressent. On n’apprend pas la Franc-maçonnerie, on l’imprime de manière cellulaire dans son corps. Elle agit en nous telle une catharsis. Grâce au travail d’épuration de nos passions, elle nous conduit vers la connaissance de notre être intérieur. Le leitmotiv de la Franc-maçonnerie est « Connais-toi toi-même »[12]. L’objectif est sans conteste de cheminer vers notre intériorité jusqu’à l’harmoniser avec notre univers, du moins celui que nous percevons autour de nous. Pour résumer mon propos avec les mots de Mohandas Karamchand Gandhi[13], je dirais que : « Le bonheur, c’est lorsque ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu fais sont en Harmonie ». On peut dire sans se tromper que le but de la maçonnerie est de placer le pratiquant dans un état de recentrage et d’équilibrage permanent. Ce n’est pas un hasard si un de ses symboles fétiches est le Fil à Plomb. La Franc-maçonnerie est la quête du juste milieu. Ce principe du juste n’a rien à voir avec le bien et le mal de la morale. Il s’agit de trouver, en soi et au dehors, le principe de justesse et de justice de toutes choses.

C’est certain, la Franc-maçonnerie sert à s’approcher au plus près de qui nous sommes. Ā contrario, le principe de base d’une secte est de pousser les membres à photocopier un modèle préconçu. C’est précisément l’inverse qui se produit en Franc-maçonnerie. Il n’y a aucune imitation d’identité possible, aucune reproduction, ni dogme quant à la personnalité. Comme l’affirmait Pindare[14] : « Deviens ce que tu es ». Le Franc-maçon qui travaille son Art est un besogneux qui chemine sur la voie de la Sagesse. Il est en quête de lui-même. Il se nourrit et il s’enrichit des autres grâce à son travail.

Nous venons ainsi de dresser l’esquisse de l’Art Royal sous son aspect spirituel. Ā la lumière de ce premier chapitre, vous commencez certainement à mieux comprendre à quel point nous sommes loin des clichés véhiculés par les médias. Imaginez un instant que le Point ou l’Express titre demain : « Pourquoi la Franc-maçonnerie est spirituelle ? ». Quel serait le succès d’un tel numéro qui n’intéresserait personne ? J’ai personnellement participé à de nombreux articles de presse pour vulgariser la Franc-maçonnerie spirituelle. Selon vous, combien ai-je reçu de courriers de profanes qui souhaitaient me rencontrer pour approfondir le sujet ? Aucun, bien évidemment. Seuls les avions qui s’écrasent intéressent le grand public. Chaque scandale où un Franc-maçon est impliqué enflamme aussitôt les voyeurs et autres adeptes de la théorie du complot judéo-maçonnique. Compte tenu du nombre d’articles dénonçant les « affaires », je suis étonné du peu d’ouvrages en librairie qui traitent des méfaits de ces maçons aux doigts crochus. Pour rétablir un minimum de vérité, deux auteurs de talent[15] se sont attelés à la tâche en rédigeant un pavé de presque trois cents pages intitulé : “Ce que la France doit aux Francs-maçons… et ce qu’elle ne leur doit pas[16]. Je subodore que ce genre d’étude n’intéresse que les initiés. La grande masse a d’autres intérêts. Comme l’écrivait déjà au XIXème siècle Victor Hugo, lorsqu’il parlait de la foule : « Est-ce qu’elle n’a pas ri sur le passage de Jésus, devant le bûcher de Savonarole et de Bruno et de Jean Huss et de Jeanne d’Arc ? Est-ce qu’elle n’a pas craché sur la face fracassée de Robespierre ? »

En résumé, le candidat Franc-maçon a la lourde tâche de faire un choix clair et surtout très personnel pour décider, s’il doit oui ou non, rejoindre une Loge. Cette mission est difficile, car pour choisir, il faut être informé.

Le mystère est savamment entretenu autour de la Franc-maçonnerie. Les habitants de l’extérieur se demandent très légitimement ce qu’on peut bien faire à l’intérieur. Pourquoi autant de secrets s’il ne s’y passe vraiment rien de mystérieux ? En d’autres mots : « Il n’y a pas de fumée sans feu ! »

Dans un prochain chapitre, nous aborderons le sujet positif des bonnes raisons pour lesquelles il faudrait entrer en Loge. Il est évident que chacun des chapitres ne se voudra exhaustif. Il sera un survol d’arguments et de réponses à des questions, que bon nombre de profanes se posent avant de se jeter à l’eau… à l’air et au feu.

Dans le cadre de mes activités passées, lorsque j’étais Président de Loge (celui qu’on nomme le Vénérable Maître), j’ai reçu lors d’entretiens privés, des dizaines de candidats. Lors de nos échanges préliminaires, je posais des questions à ces profanes, afin d’étudier la pertinence de leur entrée dans notre Loge. Pour sa part le postulant tentait d’assouvir sa curiosité en m’interrogeant sur des points qu’il jugeait importants. J’ai construit cet ouvrage en m’inspirant de tous ces échanges avec ces futurs Frères et Sœurs, dont certains sont devenus à leur tour des Maîtres maçons !

[1] Club d’influence fondé en 1944 par Georges Bérard-Quélin. Cette association mondaine regroupe nombre des principaux dirigeants politiques, économiques, culturels et médiatiques de France. www.lesiecle.asso.fr.

[2] Source le JDD du 4/09/2015 http://tinyurl.com/sourceLeJDD

[3] Nom donné parfois aux Francs-maçons

[4] Marc Giget, Président de l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation. Grand spécialiste français des technologies et de l’innovation.

[5] Voir au chapitre « Petit glossaire rapide pour compléter ses connaissances » le sens précis de ce mot que vous aurez souvent l’occasion de retrouver dans cet ouvrage.

[6] La Loge Mère est celle dans laquelle on est initié.

[7] Pour bien comprendre le sens de ce mot, se référer au chapitre « Petit glossaire rapide pour compléter ses connaissances » en fin d’ouvrage.

[8] Première trace de la maçonnerie avec les Statuts Schaw de 1598

[9] Dans son sens étymologique, « Initiation » renvoie à l’idée de « commencer un chemin ». Celui-ci étant intérieur. Une voie initiatique est donc un travail intérieur sur la voie spirituelle.

[10] Il ne s’agit que de meurtre dans le cadre stricte de la maçonnerie. Je ne tiens pas compte des guerres et autres querelles politiques, où des maçons étaient des deux côtés (ex : Pinochet – Allende / Montcalm – Wolfe / Maçons monarchistes – Maçons républicains…)

[11] Voir la définition dans le petit Glossaire en fin d’ouvrage.

[12] En grec ancien : “Gnothi seauton“. Selon Platon, il s’agit du plus ancien des trois préceptes qui furent gravés à l’entrée du temple de Delphes.

[13] Dirigeant politique (né en 1869 – assassiné en 1948), important guide spirituel de l’Inde et du mouvement pour l’indépendance de ce pays.

[14] Poète lyrique du vème siècle AEC.

[15] Laurent Kupferman et Emmanuel Pierrat.

[16] « Ce que la France doit aux Francs-maçons… et ce qu’elle ne leur doit pas ». Edition First (2012).

Manuel de sauvetage pour Apprenti maçon… sans instructeur

  •  Date de parution : 30/09/16
  •  ISBN : 978-2-9557120-5-4
  •  EAN : 9782955712054
  •  Présentation : Broché
  •  Poids : 0,25 Kg
  •  Dimensions : 16,0 cm × 24,0 cm × 0,7 cm
  •  Editions LOL : www.editions-lol.com

Selon le journaliste de l’Express François Koch, en 2013 la plus grande Obédience maçonnique de France comptait 2 869 nouveaux membres. Pourtant dans cette même année, on dénombrait 2 385 démissions et décès. Fort de ce constat d’impuissance à répondre aux besoins des Apprentis, il était urgent de redonner du sens à la pratique maçonnique. C’est précisément la force de ce Manuel d’instruction.

Pour la première fois, les Apprentis sans instructeur peuvent rester dans leur Loge mère. Sans démissionner, ils poursuivent leur instruction grâce au tutorat des Maîtres volontaires. Ces derniers se sont inscrits sur  www.adopte-un-apprenti.com afin de se rendre utile. Ils s’engagent à transmettre leur expérience pour le bien de la Franc-maçonnerie symboliste. Ce livre est un ouvrage interactif et instructif. L’auteur signe ainsi son troisième opus destiné aux déçus de l’Art Royal, car selon lui c’est dans l’instruction que se trouve le secret d’une Franc-maçonnerie durable et qualitative.

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Faisons connaissance avant l’instruction

Si vous lisez actuellement ces lignes, c’est que votre chemin maçonnique n’est pas de tout repos. Lorsqu’on est membre d’un atelier dont l’instruction est complète et harmonieuse, il est assez rare qu’on acquiert un « Manuel de sauvetage pour Apprenti… ». Votre initiative est louable car elle démontre que vous recherchez à vous élever, à vous instruire. Je vous assure que vous n’allez pas le regretter. Ce livre est construit comme un programme d’instruction d’Apprentis. De plus, il est interactif et vous allez pouvoir travailler comme en Loge. C’est-à-dire avec des Maîtres qui vont interagir avec vous pour vous aider à cheminer.

Je vais tenter de vous guider comme je le ferais si j’étais votre Second Surveillant[1]. L’objectif de notre expérience sera de vous préparer au grade suivant, celui de Compagnon avec un vrai travail sur le Symbole. Vous avez demandé à recevoir La Lumière pour des raisons multiples, mais quoi de plus frustrant que de constater que votre Atelier n’arrive pas à vous apporter la connaissance désirée. Il existerait bien la possibilité de vous faire inviter aux réunions d’instruction d’une autre Loge, mais avouez que c’est un peu comme aller manger en cachette chez la voisine, ce n’est pas très maçonnique comme attitude. C’est surtout très frustrant pour vos Frères et Sœurs qui apprennent que vous leur faites des infidélités en allant chercher chez d’autres ce qu’ils ne peuvent pas vous offrir.

Alors, je vous propose dans un premier temps de nous promettre d’être transparents autant que possible. Je ne dirai jamais de mal de votre Loge et vous, de votre côté, vous vous engagerez à suivre jusqu’à la fin le programme d’instruction.

Un bon instructeur n’est pas un maçon qui vous montre à quel point il sait plus de choses que vous, c’est un maçon qui vous fait sentir à quel point vous allez devenir quelqu’un de meilleur grâce à son partage et ses enseignements. En somme, c’est une personne qui vous explique très simplement que tout ce qu’il sait aujourd’hui, c’est grâce aux enseignements qu’il a reçus de maçons plus anciens que lui. C’est un peu comme la flamme de la bougie que vous devrez transmettre aux suivants lorsque vous serez Maître maçon. Le Maître maçon se doit donc d’être en tout temps respectueux, encourageant, bienveillant et plein d’amour. Il doit être un modèle de Fraternité et doit vous donner envie de lui ressembler. Il n’est pas né maçon, il a tout appris grâce à des Maîtres instructeurs, il en sera de même pour vous.

En revanche, une chose est certaine, je ne connais personne qui a doublé la taille de ses muscles en regardant la télévision. Il en est de même avec la Franc-maçonnerie. C’est en maçonnant qu’on devient un bon maçon. Nous allons donc travailler et je dirais même mieux… travailler très fort ! La bonne nouvelle, c’est que nous allons faire cela dans la joie et avec du plaisir s’il vous plait. Car rien ne peut durer si le bien-être n’est pas la toile de fond du travail.

Vous le savez très certainement, le mot travail vient du nom d’un petit tabouret romain à trois pieds qui servait à la torture « le tripalium ». Ainsi, le travail trouverait sa source étymologique dans un concept très éloigné du bonheur. Pour ma part, je considère qu’on ne peut pas œuvrer durablement si notre cœur est dans la souffrance permanente ou encore, dans l’attente de la rédemption de nos péchés. Le maçon ne peut rayonner que s’il est lui-même porteur des valeurs qu’il prétend diffuser au dehors de la Loge. C’est pourquoi la rigueur du travail ne sera pas antinomique avec la joie que nous allons avoir à cheminer ensemble.

Comme je le rappelais dans l’avant-propos, mon premier ouvrage maçonnique s’intitulait « Manuel de survie pour Apprenti maçon voulant démissionner ». Vous imaginez bien que je connais la problématique des déceptions en Loge. Celles-ci débutent parfois dès la première Tenue. Prenons mon exemple, ma Loge mère s’est volatilisée à la Tenue suivant celle de mon Initiation. Avouez que ce n’est quand même pas banal ! Certains passent leurs jours à s’apitoyer sur leur sort quant aux malheurs passés, alors que d’autres profitent de cette opportunité pour rebondir et dessiner la vie maçonnique de leurs rêves.

Ce que je vous propose dans ce « Manuel de sauvetage… », c’est précisément de sortir la boîte de crayons de couleurs et de dessiner votre futur maçonnique. J’en entends déjà certains s’interroger : « Mais pourquoi fait-il cela ? Qu’a-t-il à gagner dans l’affaire ? » Pour tout vous dire, à chacune de mes visites dans des Loges où la recette d’instruction s’est perdue, je me dis : « Quel drame, quel gâchis ! » Chaque Apprenti ou Compagnon qui ne reçoit pas une saine et juste instruction devient un maçon déçu, lorsqu’il ne démissionne pas ou pire… lorsqu’il ne devient pas un mauvais Maître ! C’est la raison pour laquelle je pense très sincèrement que si nos échanges studieux permettent de donner un peu de sens et de symbolisme aux FF∴ et SS∴ orphelins d’instruction, ce sera un pari gagné pour moi, et surtout pour la Franc-maçonnerie.

Bon, maintenant que les présentations sont faites, je vous propose qu’on se mette au boulot, vous êtes prêts ?

Au fond, c’est quoi la Franc-maçonnerie ?

Pour avancer dans la même direction, il serait utile de définir ensemble ce que nous entendons par Franc-maçonnerie. Pour certains, il s’agit d’un groupe d’influence puissant, pour d’autres d’un substitut à la famille. Certains viennent y chercher des secrets antiques et d’autres échanger sur les mystères des bâtisseurs de cathédrales. Je dois vous avouer que la partie historique de la Franc-maçonnerie ne m’amuse que quelques minutes. On ne devient pas maçon en apprenant les livres d’histoire. Cela permet dans le meilleur des cas de mieux comprendre que certaines mises en place ou certains éléments d’étude symbolique, qui  sont  présentés comme des fondamentaux de la maçonnerie, sont bien souvent issus de décisions opportunistes, sociales ou politiques. Vous pouvez passer dix années dans la bibliothèque maçonnique du Grand Orient de France rue Cadet[2] à Paris, cela ne fera pas de vous un maçon accompli, mais tout au plus un maçon instruit et cultivé.

Maintenant, essayons du côté de la philosophie. Changez de bibliothèque et rendez-vous à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand[3]. Vous y trouverez tous les ouvrages sur les philosophes anciens ou contemporains. Vous pourrez passer une autre dizaine d’années à tous les disséquer, cela ne fera pas de vous un Franc-maçon. Vous serez devenu tout au plus un prof de philo !

Quittons la BNF et allons maintenant nous inscrire au cursus d’Astronomie et Astrophysique à l’Université Paris Diderot-Paris 7[4]. Vous allez ainsi connaître notre Univers et ses lointaines galaxies. Pourtant, rien de ce que vous apprendrez là-bas ne fera de vous un Maître maçon.

Attardons-nous maintenant à un dernier domaine, celui du social et de la politique. Combien de maçons pensent pouvoir changer la société et pourquoi pas l’Univers, en participant à des travaux d’une Loge dite sociétale. De nombreux Ateliers passent leurs Tenues à débattre de sujets variés (OGM, laïcité, fin de vie…), participant ainsi à la réflexion sur l’évolution de la vie de la Cité, avec l’Homme comme valeur centrale. Ainsi, il convient de souligner que les Francs-maçons « adogmatiques et libéraux » ont été à la pointe de nombreux combats qui ont profondément transformé notre société (la séparation de l’Église et de l’État en 1905, le droit à l’avortement en 1974, l’abolition de la peine de mort en 1981) ou en ont massivement soutenu d’autres (le pacs et le mariage pour tous par exemple). Ils sont aussi des gardiens vigilants de la laïcité. Ces engagements progressistes et libéraux leur ont souvent valu l’oppression des régimes les plus dictatoriaux : nazisme, maoïsme, communisme, etc. La Franc-maçonnerie demeure interdite dans de nombreux pays, le plus souvent où l’Islam est la seule religion d’État. L’engagement de ses Frères et Sœurs est donc infiniment respectable.

Si ces travaux participent sans conteste à l’amélioration de la société et donc par extension de l’Humanité, ils ne permettent pas à eux-seuls l’élévation de l’Humain. Cette dernière n’est possible que par l’étude et la réflexion sur les Symboles, qui nous conduisent peu-à-peu à révéler ce que nous sommes… c’est-à-dire nous-mêmes !

Dans le chapitre suivant, nous aborderons donc le symbolisme. Nous pourrions envisager que la Franc-maçonnerie soit un mélange d’études des divers thèmes que sont la physique, la philosophie, l’architecture et la musique… sans oublier un peu de social et de politique. On ajouterait à ce programme quelques cours sur les Symboles de la Loge et hop ! La soupe est prête ! Laissons mijoter à feu doux pendant vingt ans et nous obtenons un maçon normalement sage. Or, il n’en est rien. Si l’Apprenti maçon ne suit pas le programme d’instruction symbolique dont nous allons parler, il deviendra un piètre Compagnon. Un ou deux ans plus tard, il sera pourvu de son tablier de Maître, totalement ignorant, bien incapable du moindre progrès sur la voie du travail du cœur, celui de la sagesse. Il restera alors coincé dans son action dualiste habituelle pour préserver son orgueil et sauver les apparences. Il confondra sagesse et titres honorifiques. C’est malheureusement ce qui gangrène une partie de la Franc-maçonnerie actuellement. Des maçons dont le travail initiatique a été remplacé par une course aux grades et aux décors. Une forme de consumérisme maçonnique qui voudrait que les Loges remboursent les membres en cas de non-résultat et offrent un SAV aux Frères et Sœurs qui s’imaginent intégrer un club service !

Durant la rédaction de cet ouvrage, j’ai eu un échange avec mon Frère et ami Aymeric Durandy à propos de la confusion qui existe entre le savoir, la connaissance en Franc-maçonnerie et la conscience. Mais surtout, l’échange a porté sur la pertinence de cultiver le symbolisme avant l’enseignement des savoirs. Je vous livre son propos pour ouvrir encore plus le débat et peut-être de nouvelles pistes de réflexion :

« Je comprends ce que tu souhaites partager avec les plus jeunes de nos Frères. Je conviens que le seul savoir encyclopédique, empilé comme autant de livres non lus ou mal assimilés, est insuffisant pour développer sa conscience et que, comme tu le défends, la base de tout travail maçonnique débute par un recentrage de l’Apprenti. Je serai plus nuancé quand tu écris que : « Tous ceux qui accumulent des savoirs sans avoir préalablement préparé le berceau de la Sagesse me font penser à la phrase de Victor Hugo concernant les arrivistes qui accumulent des livres pour se donner l’impression d’être instruits ». Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le travail maçonnique ne se fait pas seul, contrairement à ce qu’accomplit un ermite, mais au contraire au contact, avec et au milieu de ses Frères. Le respect que nous leur devons est au moins d’avoir « travaillé », recherché ce que l’on ne sait pas, enrichi sa pensée à des fins de partage plutôt que d’ânonner des choses mille fois entendues. C’est ainsi que mon propre cheminement maçonnique m’a conduit à entamer un DU d’astronomie à l’Observatoire de Paris. Tout d’abord, j’ai pris conscience peu à peu de l’importance des éléments composant l’Univers dans notre Symbolique (Soleil, Lune, Étoile du Compagnon, Voûte étoilée, etc.) quels que soient les rites. Ensuite, j’ai découvert que plusieurs fondateurs de la F∴M∴ étaient des astronomes (et non des astrologues) à l’instar de Jean-Théophile Desaguliers. Je souhaitais, en marchant ainsi dans leurs pas, tenter de percevoir ce qui les avait animés et ce qu’ils avaient pu ressentir. Qu’en avaient-ils retiré ? Je ne fus pas déçu. L’étude de l’Astronomie, je devrais sans doute dire de sa vulgarisation, m’a donné des clés qui ont ouvert de nouveaux champs de conscience que je n’avais même pas, et que je n’aurais pas pu imaginer autrement. Pour faire simple, les grandes lois qui régissent l’Univers et la matière en général sont si finement et si précisément réglées pour permettre à chaque étape l’apparition et l’existence de la vie, de la complexité, de l’intelligence et de la conscience que, si une seule avait été légèrement différente, notre univers n’aurait tout simplement pas existé sous sa forme actuelle, ou aurait été tout à fait stérile, ou bien dépourvu de toute chose indispensable à l’apparition de la vie, telle que nous la connaissons : pas d’étoile, pas de planète, pas de cellule, pas de cerveau, pas de conscience…

Ensuite, la science permet de s’interroger sur la nature même de la Conscience que nous nous efforçons d’éveiller. Quel est le fondement de notre conscience ? Je sais que je suis moi uniquement parce que j’ai la mémoire de moi-même, de tout ce qui m’est arrivé, jusqu’à aujourd’hui. Je ne suis que la mémoire de moi-même ! Cette mémoire se loge dans le cerveau, stockée dans les cellules, qui font partie de mon corps. Et c’est là tout le problème. Lorsque mon corps meurt, les cellules de ma mémoire cessent d’être alimentées en oxygène et périssent également. Ainsi s’éteindrait ma mémoire ? Et ma conscience ?

Mon cerveau est une fabuleuse machine électrochimique qui fonctionne de manière similaire à celle d’un ordinateur et ma conscience, cette notion que j’ai de mon existence, est une sorte de programme. D’une certaine façon, le cerveau serait le hardware, et la conscience le software

Si les ordinateurs ne sont pas encore aussi intelligents que les hommes, bien que la victoire d’Alphago sur le champion du monde de jeu de Go[5] laisse cette affirmation en suspens, ils le sont assurément déjà plus qu’une mouche. Qu’est-ce qui distingue l’intelligence humaine de celle d’une mouche ? La complexité ! Notre cerveau est beaucoup plus complexe que le sien. Tous deux obéissent aux mêmes principes sauf que le cerveau humain est incommensurablement plus complexe que celui de la mouche. Le secret de la vie, de la conscience, de l’intelligence ne réside pas dans les atomes qui constituent la molécule mais dans son organisation complexe !

Je pourrais aussi évoquer l’argument de l’intentionnalité qui nous interpelle sur la notion du GADLU ou les expériences d’Alain Aspect[6], qui a démontré dans son laboratoire que l’Univers est composé de liens invisibles et que les choses à l’échelle microscopique sont reliées entre elles d’une manière insoupçonnée qui fait que deux particules situées d’une part et d’autre de l’Univers vont ”communiquer” entre elles, instantanément. Il ne s’agit pas de communication comme nous l’entendons mais plutôt du fait qu’elles constituent une même réalité unique. Cela ne te rappelle-t-il pas le « Tout est Un, Un est en tout » ? En fait, cela serait plutôt le Tout est quantique !

La recherche de la connaissance est aussi un moyen d’ouvrir ta conscience, ou plus exactement d’ouvrir ta conscience à des univers que tu n’aurais pu imaginer par ta seule réflexion ou méditation. En grossissant le trait, je pousserai le tablier à dire qu’il n’y a pas de Maître Maçon qui ne se serait adonné à l’étude de l’Astronomie et des sciences ! Trinh Xuan Thuan, l’astrophysicien bouddhiste, l’a joliment résumé[7] : « Science et spiritualité se complètent, elles sont comme deux fenêtres différentes regardant le réel. L’être humain a besoin de toutes les fenêtres possibles pour accéder à cette réalité ultime. ». A la conscience de l’Univers ! »

Comme le précise André Comte-Sponville[8] : « Les philosophes grecs différenciaient la sagesse théorique (sophia) de la sagesse pratique (phronèsis) : la vraie sagesse serait la conjonction des deux ». Nous sommes alors dans la complémentarité entre la Sagesse spéculative et la Sagesse opérative. Les deux sont en effet indissociables. Le travail sur le symbole et la verticalité au degré d’Apprenti sert à l’ancrage durant le chemin initiatique. L’étude des Sciences et des Arts au degré suivant sert au rayonnement pour rendre le Franc-maçon fertile et ouvert au travail sur l’horizontalité, la matière en somme. Pour résumer, il s’agit de l’union de l’esprit et de la matière. Mais il me semble impossible de commencer le chemin par l’étude de la matière seule.

Si la Franc-maçonnerie a traversé les siècles, chacun comprend naturellement que sa seule raison trouve sa source dans les valeurs initiatiques de l’Art Royal. C’est pourquoi il convient de s’imprégner de cette connaissance, afin de se nourrir et ensuite de rayonner au dehors de la Loge, comme nos Rituels nous l’enseignent.

[1] Si nous étions dans une Loge anglais, ce serait votre Parrain (appelé mentor), car c’est lui qui est le garant de votre entrée et de votre comportement dans la Loge. C’est aussi une sorte de confident.

[2] 16 Rue Cadet, 75009 Paris – www.godf.org

[3] Quai François Mauriac, 75013 Paris – www.bnf.fr

[4] www.univ-paris-diderot.fr

[5] AlphaGo, le système d’intelligence artificielle (IA) mis au point par Google DeepMind, a vaincu le 15 mars 2016 et pour la quatrième fois Lee Sedol, un des meilleurs représentants mondiaux de jeu de Go. La difficulté centrale pour une IA au jeu du Go réside dans le nombre de combinaisons possibles qui s’élèvent à 10170, soit plus que le nombre d’atomes se trouvant dans l’univers observable (1080). Les observateurs ont noté qu’AlphaGo avait tiré des enseignements de ses parties précédentes et avait su faire preuve d’innovation et d’imagination.

[6] Alain Aspect est un physicien français, né en 1947, connu notamment pour avoir conduit le premier test concluant portant sur un des paradoxes fondamentaux de la mécanique quantique, le paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen.

[7] Dans Le Monde des Religions, n° 71, mai-juin 2015.

[8] André Comte-Sponville : né le 12 mars 1952 à Paris, est un philosophe français. Il est plutôt classé au rang des matérialistes et des humanistes.

Manuel de survie pour Apprenti maçon voulant démissionner

  •  Date de parution : 21/11/14
  •  ISBN : 978-2-955712-047-3
  •  EAN :  97829557120473
  •  Présentation : Broché
  •  Poids : 0,25 Kg
  •  Dimensions : 16,0 cm × 24,0 cm × 0,7 cm
  • Editions L’O.L. www.editions-lol.com

Commander : http://www.manuel-de-survie.com/commandez-le.html

Combien d’Apprentis franc-maçons fraîchement initiés (et parfois même des Compagnons… quand il ne s’agit pas de Maîtres) pensent qu’ils se sont trompés de loge ou d’obédience ? Les déceptions se succèdent, les regrets apparaissent et il devient urgent de changer d’atelier ou de démissionner. Ce manuel de survie propose, avec plein de lucidité  et d’humour, des pistes pour profiter de ces expériences de manière maçonnique. Comme l’explique l’auteur : « Si vous êtes entré en loge sans aucune attente, la déception ne peut pas exister ! ». Il convient donc de redonner du sens à son initiation et au travail sur sa pierre brute. Vous reconnaitrez sans peine des Frères et Sœurs croisés en loge grâce aux « 14 portraits de franc-maçons types ». Les propositions de l’auteur sont issues d’une expérience de deux mandats de Vénérable Maître qui lui ont permis d’initier des dizaines de profanes, et de « sauver » bon nombre de ses Frères et Sœurs, qui ont pu ainsi trouver le chemin initiatique. La seconde partie de l’ouvrage est constituée d’anecdotes qui illustrent les situations parfois insolites que vivent certains Apprentis franc-maçons en loge. En conclusion, avant d’envoyer votre demande de démission, lisez vite ce manuel, prenez ensuite quelques respirations profondes et attendez 3 jours…

Utilité de ce manuel de survie ?

” Il y a des choses que l’intelligence seule est capable de chercher, mais que par elle-même elle ne trouvera jamais. Ces choses, l’instinct seul les trouverait, mais il ne les cherchera jamais. ” (Henri Bergson)

Rassurez-vous, à l’heure où vous lisez ces lignes, vous n’êtes pas le seul franc-maçon à vous dire « c’est pire que dans le monde profane, j’arrête tout ! ». Car avouez-le, avant votre Initiation, vous aviez de hautes attentes quant à la Franc-maçonnerie. Très rares sont les franc-maçons qui sont entrés en Loge l’esprit totalement vierge d’attentes et d’illusions. En règle générale, chacun de nous a intellectualisé, pour ne pas dire fantasmé, le moment de son Initiation. Quel que soit notre état d’esprit, cette épreuve reste d’ailleurs un moment inoubliable de notre vie, même si le Vénérable Maître et son Collège étaient un tantinet maladroits quant à la théâtralité de cette épreuve.

Souvenez-vous de ce moment tant attendu, lorsque le Tablier vous fut passé, puis que les Gants Blancs vous furent enfin remis. Souvenez-vous le jour de votre Initiation, vous avez eu peur de mal faire. Juste un léger excès de politesse avec ceux qui savent, les gradés, les anciens en somme. Vous étiez impressionnés et enfin, vous avez reçu la Lumière. Quel souvenir mémorable… avant de déchanter !

Car les mois ont passé, les habitudes se sont installées. Vous avez fini par retrouver au sein de la Loge ce que vous déploriez au dehors, les mêmes problèmes, les mêmes défauts et pire… les mêmes individus. En d’autres termes, les premières déceptions sont apparues. Tout cela s’est produit sans que vous ne vous en rendiez compte. Tout a commencé par l’écart de langage d’un Maître, ou peut-être une instruction annulée par le Second Surveillant, juste une heure avant la réunion, sans que vous ne soyez préalablement prévenu. Il s’est peut-être aussi agi d’un jumeau ou d’une jumelle qui échappe systématiquement aux corvées lors des travaux de table, sans que votre Surveillant commun ne le lui fasse remarquer. Les raisons sont certainement nombreuses et totalement recevables. Il n’en fallut pas plus pour commencer à éveiller vos soupçons et faire naître quelques méfiances envers ce qui promettait d’être un monde idéal de Fraternité et de Solidarité. Le monde rêvé en somme, celui du « Un ». Celui que tant de maçons recherchent… celui de la fusion.

« On m’avait dit que la Franc-maçonnerie était un réseau de gens puissants, je m’attendais donc à autre chose ! ». Qui n’a jamais entendu ce propos désabusé dans la bouche d’un Frère ou d’une Sœur dont la bavette est encore levée ? Les réponses des anciens sont invariablement les mêmes : « Si tu travailles, tu comprendras. C’est toujours comme ça quand on commence, il faut être patient, tu es Apprenti. » Or, les mois passent et parfois les choses empirent. Il faut donc agir vite, fuir ou réagir. Alors, sans rien dire aux anciens de la Loge, on a toujours un bon copain, membre d’une Loge tellement plus fraternelle, qui nous invite à lui rendre visite pendant ses travaux, très discrètement bien entendu. C’est vrai que sa Loge est beaucoup plus agréable. Il m’avait prévenu avant d’arriver, « Tu verras, tout le monde s’entend bien et se respecte. Les Apprentis font même un travail très profond sur le symbolisme. D’ailleurs, une fois par mois ils présentent une planche à leur Surveillant, lors de la réunion d’instruction. ».

Commencent alors à naître les regrets. Vous vous dites : « Mais que diable suis-je allé faire dans cette fraternelle galère ? » en songeant que votre Loge n’est certainement pas celle que vous méritez. Le directeur de casting a certainement dû se tromper. Pourquoi les trois enquêteurs ne vous ont-ils rien dit ? Il est maintenant temps de migrer chez votre ami au plus vite. Vous savez, cette magnifique Loge où tout le monde s’entend bien. Car une fois que vous serez là-bas, vous pourrez enfin trouver ce que vous êtes venu chercher : la réelle Fraternité !

Si cette question vous hante depuis quelque temps, pas de panique, cela se soigne. Ce petit guide va vous aider à survivre dans cet environnement hostile, qui résulte de ce que vous croyez être une  erreur d’aiguillage. Je parle bien entendu de votre arrivée dans votre Loge mère. Les réponses ne seront peut-être pas celles que vous attendez, mais comme le disait une Sœur, qui avait traversé son Afrique natale pour venir s’asseoir à mes côtés : « On ne peut pas remplir un bol qui est déjà plein ». En d’autres termes, ouvrez votre esprit et laissez-vous surprendre par des points de vue encore inconnus ou inattendus. De toutes les façons, vous n’avez rien à perdre et vous avez même songé à démissionner. Alors asseyez-vous, restez dans le silence de l’Apprenti, respirez par le nez et savourez ces quelques pages que vous allez parcourir. Il est possible que votre parachutage initial ne soit pas si mauvais que cela, mais il est encore trop tôt pour en parler…

 

986 IDEOLOGIE d’importation

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Mon amie gynéco fait des conférences expertes et passe à la TV. Mais mesure, dans son cabinet, combien le médecin d’aujourd’hui remplace le confesseur d’autrefois. La révolution sexuelle de 68 aurait ébranlé les certitudes de la gente masculine. Pourtant la gente  féminine du XXI e siècle s’en plaint en consultation. C’est la philosophe Bérénice Levet qui scrute le problème dans son dernier ouvrage :   « libérons-nous du féminisme » Essai qui dénonce la guerre des sexes – face cachée de comportements d’importation américaine. Une idéologie  qui victimise la femme et criminalise les hommes. Les jeunes garçons, n’auront-ils plus  qu’un seul objectif  pour se construire : «  devenir une fille comme les autres » ? Sur Internet des centaines de citations féministes fleurissent . Une seule,   de Philippe Sollers,  parle de guerre des sexes ! Pour regretter que ce ne soit,  peut-être,   qu’ « une illusion sociale imposée ». JC

983 NI LIRE NI ECRIRE ?

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Les constructeurs de cathédrale et leurs successeurs spéculatifs usaient d’un discours symbolique signifiant que, faute de savoir académique, ils s’engageaient à se perfectionner en épelant ce qu’ils ne savaient décrypter.  Il est, aujourd’hui fait un procès en sorcellerie à une ministre de la culture qui a eu le tort de déclarer apprécier les écoles STEINER. Faudra t’il désormais brûler en place publique les enseignants qui ont pratiqué les méthodes d’apprentissage, Decroly, Freinet ou Montessori  qui, comme les écoles Steiner , donnaient la priorité à la connaissance sur le savoir. Certes  la priorité de ces méthodes ne visait pas à former des générations d’ouvriers sachant lire et écrire  et exécuter ce que la société industrielle attendait d’eux mais visait plutôt à former des citoyens libres et capables de gérer cette liberté. Cela ne convient pas à tous les gouvernements ayant traditionnellement besoin de main d’œuvre faite pour exécuter plus que pour réfléchir. Le HIC de l’histoire c’es que le progrès technique propose, aujourd’hui les ROBOTS capables de les remplacer, sans rechigner, sans arrêt maladie, sans salaire  et sans grèves. Ne serait-il pas temps de s’interroger sur ces méthodes pédagogiques qui visaient à former des citoyens capables de réfléchir, plus qu’à exécuter ?  JC

Un peu d’humour

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Spiritualités: trop de querelles

Le constat est rude. Mais réaliste. La spiritualité est trop souvent l’objet de débats enflammées, de pugilats absurdes voire de querelles de chapelles… maçonniques.

Un duo de frères qui ne se prennent pas trop au sérieux, mais qui savent entre deux provocations traiter d’un sujet grave, a pris l’initiative d’un colloque le 8 décembre sur les spiritualités en réunissant des croyants de chaque religion et des francs-maçons.

Franck FOUQUERAY, l’initiateur, frère de la GLMMM (Grande Loge Mixte de Memphis Misraïm).

Jacques CARLETTO, alias le dessinateur Jissey (sur ce blog), l’animateur, frère de la GLDF (Grande Loge de France).

Rabbin Gabriel HAGAÏ, rabbin orthodoxe, franco-israélien, membre de la Maison de la Paix.

Cheikh Tarik ABOU NOUR, imam, Président de l’IESIP -Institut d’Enseignement Supérieur Islamique de Paris.

Sofia STRIL-REVER, sanskritiste, indianiste, tibétologue, écrivaine et scénariste française.

Père Pascal VESIN, démis de ses fonctions de curé de Megève parce que membre du GODF.

Professeur Claude TRAUNECKER, égyptologue, professeur émérite à l’université de Strasbourg et chercheur au CNRS, catholique pratiquant.

Où cela se passe-t-il ? Salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, 75002 Paris, de 18 h 45 à 22 h 15. Inscriptions sur www.editions-lol.com

Voir ici la brochure de présentation du Colloque.

Source La Lumière de l’Express

La Sœur est un Frère comme les autres

Une Loge qui mélange le principe masculin et le principe féminin ne dégage forcément pas la même énergie qu’une Loge dont la polarité est uniquement masculine ou uniquement féminine. Entendons-nous bien, dans ce propos il n’est absolument pas question de considérations sexistes ou sociales. Nous travaillons en maçonnerie à unir les contraires, à rassembler ce qui est épars. Il s’agit de réunir l’eau et le feu, la lune et le soleil.

Vous avez tous vu le Pharaon, représenté croisant sur sa poitrine les deux sceptres : la crosse et le fouet. Ce sont des attributs divins. La crosse est appelée « héga » et le flagellum (le fouet) lui, est appelé « nekhekh ». Le Pharaon peut ainsi guider son peuple avec la crosse qui rassemble, mais aussi, le protéger grâce au flagellum, qui repousse. Une représentation nous apparaît aussitôt, le héga est la force qui ramène, qui enveloppe, la force du yin en somme. Quant au nekhekh, son énergie est diffusante et émettrice, tel le yang. Lorsque Pharaon les pose sur son plexus solaire, il unit les contraires. La prochaine fois que vous verrez le Maître de Cérémonies et l’Expert former devant le Vénérable Maître, l’équerre avec la Canne et l’Épée, vous pourrez donner un autre sens, celui de l’union du héga et du nekhekh, du masculin et du féminin.

Certains m’objecteront qu’il est bon, parfois, que les hommes puissent se retrouver entre eux et que les femmes, si elles le souhaitent, puissent en faire de même. Comme le dit le héros de la série « Kaamelott », (les amateurs de TV me comprendront) : « C’est pas faux ! ». Mais comme je le dis moi-même : « C’est pas toujours vrai non plus ».

La bonne société anglaise permet aux hommes de se retrouver dans leur club, les femmes n’y sont pas autorisées. Est-ce là l’origine de la maçonnerie unisexe ? Si la maçonnerie est une simple rencontre sociale en vue d’un échange d’idées, alors oui, elle peut être unisexe. Il est en effet bon de disserter entre hommes ou entre femmes de temps en temps. Ou encore, si nous considérons notre travail initiatique comme le moyen de nous éloigner quelques heures de nos conjointes, sans prendre le risque de tentations sexuelles durant les travaux de Loge, en effet mieux vaut travailler dans une Loge unisexe.

Chacun de nous a dû entendre le propos habituel de certains (vieux) maçons qui prétendent qu’il est plus prudent de travailler entre hommes, pour le salut de son âme, bien évidemment. Car travailler avec l’autre sexe, cela pourrait éventuellement troubler l’esprit et le distraire par des pensées impures. Je connais bien ces propos, car c’est le même genre de sophisme, quelques milliers de kilomètres plus au Sud, qui « invite » très activement les femmes à se voiler… pour éviter aux hommes d’être tentés. Pour le dire avec des mots différents, et surtout avec les mots bien français de Tartuffe lorsqu’il répond à Dorine dans l’œuvre éponyme de Molière :

– « Couvrez ce sein que je ne saurais voir :

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées. »

Et si le fameux « Ériger des autels à la vertu et creuser des tombeaux pour les vices » de nos Rituels commençait justement par nous permettre d’essayer de faire la paix avec nos propres passions ? Mais comment pourrait-on s’y employer, si nous ne nous confrontons jamais au moindre dérangement ? Comment pourrait-on faire le moindre progrès, si nous écartons l’autre partie de l’humanité pour la préserver de nous-mêmes ? Avons-nous peur de l’autre, de nous-mêmes ou des deux ?

Certains se diront probablement : « La mixité homme/femme en Franc-maçonnerie n’est tout de même pas la finalité suprême de notre pratique ! ». Ils auront probablement raison, je suis d’accord. En réalité, cela va nettement plus loin. En fait, quand je parle de mixité, je parle surtout de mixité de tous les humains. La loge parfaite pour nous permettre de grandir en sagesse est composée d’hommes et de femmes. De toutes les couleurs, de toutes les croyances, de toutes les cultures… en fait, de toutes les différences. Une loge qui refuse l’accès à ses travaux à quiconque est reconnu comme Franc-maçon s’ampute d’une partie d’elle-même.

Mon propos n’est donc pas de fustiger spécialement les Loges ou Obédiences farouchement opposées à la mixité. Je comprends et accepte totalement et inconditionnellement que certains maçons/maçonnes ne puissent se confronter au sexe « opposé ». Cependant, il serait fort utile de le faire en totale conscience et surtout, de le faire pour de bonnes raisons. Lorsqu’un maçon n’est pas prêt à travailler sur sa pierre, mais qu’il reste en veille jusqu’au grand jour où il sera prêt, il reste un maçon digne de son tablier. En revanche, lorsqu’un maçon trouve toutes les excuses du monde pour rester caché en groupe de son sexe dans sa Loge, en se racontant des petites histoires qui rendent bien confortables ses actions quotidiennes, on peut se demander à quoi rime tout cela. En résumé… on ne ment jamais qu’à soi même !

Pour conclure ce paragraphe, je citerai un grand homme de l’Histoire, Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps ». Il en est de même avec ceux qui nous entourent. Cependant, il est une chose pire que de mentir aux autres, c’est bien de se tromper soi-même. C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de travailler sur la pleine et juste conscience de nos actes.

L’humour en Franc-maçonnerie

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Tout bon gélotologue* vous le dira, Nietzsche avait raison lorsqu’il déclarait que « L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire ». A en juger par le très haut degré d’humour qui règne dans nos ateliers, j’en conclus que la souffrance n’a pas pu passer l’épreuve du tuilage. Les bons mots de semestre était-ils trop austères ou périmés ?

Devons-nous en conclure que nous avons tous atteint un tel niveau de félicité et de zénitude que l’humour maçonnique n’a plus d’utilité durant nos travaux ?

Devons-nous plutôt constater que nous avons instauré un concept d’austérité en Loge, ceci afin de nous prémunir contre la migraine et autres maux ?

En résumé, il apparaît clairement qu’aucune affliction n’est tolérée en Loge et que le rire n’est donc plus utile !

Avant d’aller plus loin, j’invite les profanes et les apprentis à se bander les yeux afin de ne pas déflorer certains secrets. Les propos qui vont suivre concernent l’humour au deuxième degré et parfois au troisième degré. Chacun le sait, il convient de respecter son grade, surtout avec l’humour. D’autant que comme le disait un humoriste aujourd’hui disparu : « Il faut se méfier des comiques, parce que quelquefois ils disent des choses pour plaisanter. »

Alors, faute de réponse claire à mon questionnement sur l’humour en Franc-maçonnerie, je suis allé chercher dans le passé. J’ai bien trouvé un certain Gabriel Jogand-Pagès qui durant un certain temps essaya de faire rire ses Frères de Loge. Les vieux maçons connaissent mieux ce farceur sous le nom de Léo Taxil. Bon, il faut avouer qu’au final, il n’était pas très drôle ce garçon avec son canular débile qui continue à nous faire passer auprès du clergé pour des tueurs de chats et des égorgeurs de vierges le vendredi soir. Il se dit même dans certaines Loges que des maçons sont morts de rire, mais il se dit tellement de choses sous la voute étoilée.

J’ai alors repris ma canne de Maître de Cérémonie et me suis remis en chemin pour trouver un autre ambassadeur de l’humour maçonnique. On m’a susurré le nom d’un certain André Isaac qui semble-t-il avait été très drôle en son temps. Ce dernier avait réécrit un rituel égrillard sous le pseudo de Pierre Dac. Dans son chef d’œuvre littéraire, il était question de taulier et de matons…

Renseignement pris, cet illustre Frère avait probablement reçu quelque aide, car selon certains anciens, j’appris que son grade de Compagnon au moment de son départ de la Loge ne lui avait certainement pas permis de rédiger seul son célèbre opuscule. Il m’avait toutefois enseigné « La différence entre tolérance et fraternité. Selon lui, la tolérance, c’est d’accepter qu’il y ait quelques imbéciles en maçonnerie. La fraternité consiste à ne pas donner les noms ! »

Il me fallait alors investiguer sur l’existence d’autres rituels capables de décrisper le zygomatique initiatique. Quelle ne fut pas ma surprise d’en débusquer un nid complet. Les noms évocateurs attiseront très certainement votre curiosité : Le Franc Glouton, Rituel des Voyous (Pierre Dac), Rituel du Milieu, Rituel d’ouverture du bar, Ordre des Mopses, Tuilage selon Beru (tous ces rituels sont visibles sur cette page : http://tinyurl.com/riteshumour), enfin la quête du Graal allait-elle prendre un sens ?

Décidément, tout cela ne répondait pas totalement à mes attentes. J’entrepris donc de chercher encore. C’est alors qu’un bouquin parlant de voyage initiatique écrit par un Frère qui prétendait s’appeler Daniel Berezniack informait le lecteur par ces mots : “Ainsi, le refus de toutes les certitudes, de toutes les définitions closes, donne naissance à l’humour, au rire. Le rire est le moyen par lequel l’esprit assume le paradoxe. C’est pourquoi il permet aux initiés de communier et de communiquer leur savoir-non-savoir.

Voila qui commençait à me plaire. J’avais beaucoup voyagé. J’avais trainé mes gants sur tous les plateaux et tous les offices. Mes tabliers s’étaient collés contre tous les tabliers des Sœurs et des Frères de tous les rites et pourtant j’avais clairement constaTé que le T de riTe gardait ses aiRs pour ne pas éclaTer et se Transformer en riRe.

Mais à propos, pourquoi ne pas imaginer une Loge où le Vénérable remplacerait la triple Batterie par un triple éclat de rire. Cette manifestation de bonheur ne serait-elle pas une saine activité symbolique pour reprendre nos travaux suspendus ? Pourquoi le tuilage ne serait-il pas remplacé par quelques chatouilles qui nous mettraient de bonne humeur. Un ancien Président gaulois portant le même prénom que l’actuel nous appelait bien « les frères la gratouille », pourquoi pas nous baptiser désormais « les frères la chatouille », car au moins, nous pourrions en rire.

Toutes ces questions commençaient à me transmettre « l’amie graine ». C’est une façon comme une autre « d’en saigner » vous me direz.

Comme je souhaite éviter à tous prix de donner raison à Pouchkine lorsqu’il disait : « Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur… » je vais donc finir ici ma prose avant de vous fatiguer définitivement !

* Gélotologue : chercheurs en science du rire

Le pardon en Franc-maçonnerie

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Ce vaste et profond sujet est un thème de travail que les vieux maçons connaissent bien, surtout ceux qui dépassent les Loges bleues. Le seul problème : s’il faut attendre une bonne dizaine d’années avant d’aborder cette épreuve, un certain nombre de Frères et de Sœurs partent à l’Orient Eternel sans avoir de réponse. Et si nous en parlions dès maintenant, afin de gagner du temps sur le travail futur ?

Notre bonne éducation judéo-chrétienne nous a toujours enseigné qu’Eve avait mangé la pomme. Tous nos maux viennent de là. Sans les filles, nous serions tous en paix au jardin d’Eden avec nos petits tabliers en feuille de vigne.

Plus sérieusement, depuis le temps qu’on essaie de pardonner sans succès aux Frères qui viennent nous pomper l’air dans le Temple, il serait temps de tester une autre voie, non ? Connaissez-vous un seul Frère du 33° qui aurait pardonné à son ennemi et aurait ainsi trouvé la sérénité ? Pour ma part, j’ai surtout vu des Frères qui se bagarrent et qui attendent une réparation extérieure pour faire leur travail de deuil.

Tout n’est pas perdu. Sachez qu’il existe une voie initiatique à Hawaï qui se nomme « ho’oponopono »[1]. Cela pourrait être traduit par  « remettre les choses en ordre » (tiens cela ne vous rappelle rien ?). Pour faire très simple, le principe de cette purification spirituelle est de se pardonner soi-même ce qu’on se fait vivre en se frottant aux autres. Plus concrètement, votre voisin de Loge vous vole votre portefeuille, plutôt que de vous attaquer à lui afin de retrouver votre calme, vous vous pardonnez à vous-même cet incident. Le Dr Hew Len[2] affirme la chose suivante : « Lorsqu’on prend la responsabilité de sa vie, tout ce que l’on voit, entend, sent, ou apprend d’une façon ou d’une autre on en est totalement responsable puisque cela fait partie de la perception de sa propre vie. Le problème n’est pas la réalité à l’extérieur de soi, il serait à l’intérieur; et pour changer cette réalité, on devrait se changer soi-même. La responsabilité totale comprendrait, que tout le vécu est une projection de l’intérieur de l’Homme. ». Mes SS:. et FF:. Maitres maçons, j’imagine que cette lecture vous rappelle quelque chose ?

Les fanatiques du rationnel vont me prendre pour un illuminé. Sachez que le ho’oponopono a été étudié scientifiquement par J. Matthew[3] de la Walden University (Minnesota) en 2008. Il a conclut dans le sens d’une réduction significative de la rancœur dans le groupe étudié.

Il me semble bien que cette technique, que j’étudie depuis une quinzaine d’années, ressemble farouchement à la Franc-maçonnerie. Le principe de responsabilité et d’auto-pardon n’est-il pas le seul moyen d’arriver à une unification intérieure ?

Certains me rétorque parfois que la fameuse sentence de Saint Luc : « Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre » est du masochisme inapplicable dans notre monde moderne. Pour ma part, je vois la chose autrement. Si on me frappe la joue, je commence par placer ma conscience dans les causes et de cet incident. Une fois identifiée, je pacifie avec la raison de ce chaos, puis une fois apaisé, je présente à la vie mon autre joue. Je vous assure qu’on ne me frappe jamais deux fois, car je travaille sur moi dès que la vie m’envoie une épreuve. Si le chemin maçonnique est la voie de l’égrégore (qui signifie « éveil » en grec), autant travailler sur le chemin avec les outils qu’on trouve sur place. Si c’est pour faire comme dans le monde profane, inutile de perdre son temps dans le Temple. Je vous laisse y réfléchir. Une chose est certaine, personne ne peut changer son voisin. Même les pires tyrans pensent être des types honnêtes. Partant de ce postulat, mis à part travailler sur soi, la seule voie viable pour atteindre le pardon est de l’expérimenter sur sa propre pierre. Bon polissage.

[1] http://tinyurl.com/presentation-oponopono

[2] http://tinyurl.com/docteurHewLen

[3] http://gradworks.umi.com/33/36/3336715.html