Accueil Blog Page 877

ITALIE : Cordonite et Initiation, entre anti-initiatiques et vrais francs-maçons

De notre confrère italien www.expartibus.it

Ces dernières années, même dans les obédiences traditionnelles, on assiste de plus en plus à un antagonisme entre deux visions opposées, deux manières de vivre la franc-maçonnerie. Ces deux visions de la Franc-maçonnerie différentes surgissent aussi bien au niveau collectif qu’individuel.

Dans le domaine général, une première distinction, même si elle peut devenir trompeuse, est celle entre franc-maçonnerie régulière et non régulière.

La franc-maçonnerie moderne a pour date de naissance le 24 juin 1717, qui correspond au jour de la fondation de la Grande Loge de Londres. Depuis lors, les Britanniques ont donné aux diverses grandes loges nationales la «patente de régularité », basée sur ce que doit être le respect effectif des Constitutions d’Anderson, des Anciens devoirs, des Landmarks .

L’actuelle UGLE, Grande Loge Unie d’Angleterre, évolution de la Loge originelle de Londres, accorde la reconnaissance (régularité) à une seule Grande Loge par pays.

La Grande Loge Régulière d’Italie, née en 1993 de la scission engendrée par le Grand Maître d’alors du Grand Orient d’Italie, Giuliano Di Bernardo, est la seule à être reconnue.

Depuis, donc, le Grand Orient d’Italie lui-même est exclu, alors qu’il a eu la régularité en réciprocité avec les Britanniques jusqu’en 1993.

Pourquoi d’autres obédiences, anciennes et prestigieuses, dont la rigueur rituelle ne peut être mise en doute, sont-elles exclues.

C’est précisément en vertu de ce raisonnement que certains préfèrent parler de franc-maçonnerie régulière et non régulière, par régulière nous entendons surtout ces loges qui ont des relations avec d’autres grandes loges étrangères, elles même reconnues par l’UGLE.

Prenant toujours l’exemple du GOI, il existe une reconnaissance mutuelle avec environ 200 Obédiences étrangères, comme on peut le lire sur lson site institutionnel .

En ce qui concerne ce système, il y a une différence à souligner.

Certaines grandes loges étrangères entretiennent des liens plusieurs obédiences par nation, brisant ainsi la règle de l’unicité.

Paradoxalement, un Frère sénégalais, ou péruvien, ou turc, et autres, s’il vient en Italie peut choisir, par exemple, de rencontrer une Loge GOI ou GLRI, ou les deux.

Inversement, un Frère GLRI ne peut pas travailler avec une Loge ALAM ou toute autre Loge d’Obéissance Italienne.

Vive l’universalité !

A coté des loges et obédiences traditionnelles, la naissance de nouvelles loges est très fréquente.

Regroupant des personnes mécontentes, mais aussi des personnages sans scrupules qui en font une source de revenus.

Car, il n’est pas rare de voir de véritables associations criminelles qui se proclament Franc-Maçonnerie.

A l’heure où chacun pense savoir tout connaitre, il est facile de s’improviser Grand Maître.

Les rituels des trois degrés peuvent être téléchargés sans problème sur Internet, ainsi que sur des boutiques en ligne, où il est possible d’acheter des tabliers, des sautoirs et autres objets maçonniques.

Franc maçonnerie bricolée:

Qu’est-ce qui devrait vraiment faire la différence ?

La continuité de la chaîne initiatique, la rigueur de la ritualité, bien sûr.

En ce qui concerne la continuité, il faut rappeler que la franc-maçonnerie est un ordre initiatique. Le rappeler devrait être superflu, mais il faut une clarification, car le méconnaitre est risquer de ne pas être vraiment franc-maçon..

L’initiation est reçue de ceux qui l’ont non seulement déjà été initié mais surtout de ceux qui ont été investis du pouvoir d’initier, pouvoir donner à ceux qui détiennent l’office de Vénérable Maître et conservé même après la fin de leur mandat.

Je ne peux pas commencer tout seul. Je ne peux pas commencer à moins d’avoir été initié..

L’autre élément indispensable est la rigueur rituelle.

Les travaux sont toujours et exclusivement rituels. Le reste, c’est de la bureaucratie.

A l’ouverture le Temple est carré, défini, sacré ; on recrée cette harmonie avec le Tout qui prédispose à l’élévation spirituelle.

Comment éviter cette partie ?

Chaque pas, chaque mot, chaque symbole : tout a une fonction, rien n’est aléatoire.

Si vous n’êtes pas pleinement conscient et absolument imprégné du rituel, vous participez à une parodie.

Ce n’est pas de la franc-maçonnerie !

Les Obédiences qui n’oeuvrent pas pour construire des temples à la vertu, pour creuser des prisons sombres et profondes pour le vice, pour travailler pour le bien et le progrès de l’Humanité ne sont pas de la Franc-Maçonnerie !

Si leurs buts sont profanes et en opposition avec ces principes et valeurs de la Franc-maçonnerie, alors ces institutions présumée sont anti-initiatique.

Mais les faux-maçons peuvent aussi être des individus, pas seulement des groupes, et ils peuvent aussi être des contre-initiés dans un contexte initiatiquement sain.

Bien que la distinction entre l’initiation effective et l’initiation virtuelle puisse déjà être suffisamment comprise à l’aide des considérations qui précèdent, elle est assez importante pour que nous essayions de la préciser encore un peu plus ; et, à cet égard, nous ferons tout d’abord remarquer que, parmi les conditions de l’initiation que nous avons énoncées au début, le rattachement à une organisation traditionnelle régulière (présupposant naturellement la qualification) suffit pour l’initiation virtuelle, tandis que le travail intérieur qui vient ensuite concerne proprement l’initiation effective, qui est en somme, à tous ses degrés, le développement « en acte » des possibilités auxquelles l’initiation virtuelle donne accès.
René Guénon - Considérations sur l'initiation

Guénon est très clair. On peut recevoir l’initiation dans une organisation traditionnelle régulière sans que celle-ci se concrétise.

Et c’est une initiation virtuelle.

Elle ne devient effective que si on accomplit le travail intérieur qui en développe les possibilités.

La seconde ne suit pas nécessairement la première.

Le tout pourrait se résumer en ces quelques mots : entrer dans la voie est une initiation virtuelle ; suivre la voie est l'initiation proprement dite.
René Guénon - Considérations sur l'initiation

Par conséquent, tous ceux qui reçoivent l’initiation ne deviennent pas automatiquement initiés.

Dans un autre article, nous avons longuement parlé de pseudo-initiation et de contre-initiation.

Comme nous l’avons dit, les deux attitudes sont répandues.

L’un est pseudo-initié lorsque l’initiation reste essentiellement virtuelle.

Quand on ne travaille pas sur soi, on n’abandonne pas les attitudes de profane.

Quand la pierre reste brute.

Ceux qui sont des pseudo-initiés, cependant, ne font pas de mal, sinon à eux-mêmes, gaspillant l’immense possibilité qui leur a été accordée.

Nous ne pouvons que répéter cette citation de Steiner, déjà reprise dans un précédent article dans lequel nous parlions de la Franc-maçonnerie et du Pouvoir.

Les connaissances et le pouvoir qui sont conférés à l'homme par l'initiation ne pourraient, sans elle, être acquis par lui que dans un avenir très lointain - après de nombreuses incarnations - par une tout autre voie, et même sous une toute autre forme.
Rudolf Steiner

Nous renvoyons également au même article pour la discussion sur le pouvoir, que nous n’approfondissons pas dans le présent article.

La pseudo-initiation peut être identifiée très facilement, par certaines attitudes, comme la concession à l’envie, la vanité, l’arrogance.

L’initiation virtuelle est « tuée » par l’ ignorance, le fanatisme et l’ambition .

Lorsque ces comportements, en revanche, nuisent à l’Institution ou à d’autres frères, de la pseudo-initiation on passe à la contre-initiation.

A titre purement illustratif, nous pouvons identifier deux catégories fonctionnelles à notre discours, la cordonite et l’Initié.

La cordonite , accessoirement, est une grave dégénérescence de la Magliettite , une maladie qui afflige de nombreux faux maçons.

De l’attachement mortifère aux sautoirs, symbole du fonctionnement de l’Atelier, portés par le Vénérable, le premier et le second surveillant, on passe à la recherche obsessionnelle de tabliers pouvant paraître prestigieux, poursuivie aussi par le recours à des attitudes arrogantes, de chantage, ne dédaignant pas l’usage de menaces réelles.

Il s’agit bien souvent de personnes qui n’ont que très peu réussi dans la vie profane, qui dans l’Institution laissent libre cours à leurs frustrations, animés de sentiments de rivalité, sinon de vengeance.

Malheureusement, dans leurs défauts profanes, ils sont souvent encouragés par les vrais Initiés, qui plus ils sont éloignés de la matérialité, plus ils comprennent et occupent des fonctions pour un sens élevé du service ; ils ne les fuient pas, ne craignent pas leurs responsabilités, mais ils refusent de se battre avec eux pour obtenir des sautoirs et se rabaisser à leur niveau.

L’Initié sait que ce qui compte, c’est l’Intuition exprimée par les mots, non le sautoir ou la couleur du tablier qu’on porte ; il chérissait, lorsqu’il était Apprenti, l’immense don du Silence , qu’il ne viole que lorsqu’il pense avoir quelque chose à dire qui pourrait être utile à son atelier.

Le cordoniste , quant à lui, recherche le plus beau et haut sautoir presque convaincu qu’il peut lui permettre de devenir un Super dignitaire à qui tout est permis et tout doit être pardonné, même fouler aux pieds un rituel jamais compris ; justement parce qu’il a des charges qui lui donnent du pouvoir, il passe souvent du statut de pseudo-initié au statut de contre-initié.

Si je me trompe, les étapes d’entrée rituelle dans le temple sont pseudo-initiées.

Cela signifie que je ne suis pas conscient de ce que je fais. Je répète sans réfléchir des gestes que je n’ai jamais compris.

Pour moi, une Tenue n’est pas différente d’une soirée costumée.

Si ces pas erronés sont pris en modèle par d’autres Frères ou, pire, je prétends les enseigner, alors je fais quelque chose d’anti-initiatique.

Nous avons vu précédemment, que les attaques contre-initiatiques peuvent être constatées aussi bien au niveau collectif qu’individuel.

Il s’agit évidemment de deux aspects étroitement liés.

Une obédience anti-initiatique aura une forte probabilité de créer des cherges et offices, plutôt que des initiés.

D’un autre côté, un nombre toujours croissant de contre-initiés dans une obédience traditionnelle régulière comporte le risque que sa nature elle-même change.

Si on ne parvient pas à développer des anticorps contre la cordonite et la course aux degrés , alors la loge ou l’obédience est gravement atteinte dans l’Essence même de ce qui fait la Franc-maçonnerie

Elle devient elle-même anti-initiatique.

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

Lire l’article sur le site de notre confrère

Le parcours du cherchant

Depuis que je suis un cherchant sans savoir ce que je cherche, tout me surprend. Par exemple, que devient l’âme des arbres lorsqu’on les coupe ? Et quand on les élague, vous y avez réfléchi ? Est-ce qu’on écrête leurs idées pour les rendre terriblement communes, banales. Et l’âme des fleurs, que devient-elle quand on en fait un bouquet, vous croyez que ça leur fait plaisir, vous ? Moi, j’ai de la peine pour la marguerite qui se fait effeuiller. Je ne suis pas surpris que ça finisse par « point du tout ».

L’âme, ça n’est pas rien ! Moi qui suis un cherchant, j’ai rencontré l’âme des morts sans la chercher. L’une d’elles s’est posée sur mon épaule. Comme je ne la connaissais pas, j’attendais qu’elle se présente, c’est la moindre des politesses. Mais non ! Elle m’a simplement dit :

  • « Excusez-moi, l’âme des morts a froid, alors on se serre contre les vivants pour se réchauffer. »

Je trouvais que c’était un peu cavalier, mais elle disait ça avec un tel aplomb ! Voyant mon désarroi, elle en profita :

  • « Il ne manquerait plus qu’ils ne l’acceptent pas ! Avec tout ce qu’on leur a donné ! ».

Je n’aime pas polémiquer mais tout de même, quelle effronterie ! Perfide, je lui demandai :

  • « Pourquoi, vous êtes de ma famille ? »

Je m’en doutais, elle répondit à côté :

  • « Vous savez, là-haut on est une grande famille. »
  • « Ouais… – fis-je en faisant un geste significatif pour bien lui montrer ce que j’en pensais (mais au fait, est-ce qu’elles voient, les âmes ?) – on sait ce que sont les familles… C’est là que se déclarent les plus belles guerres ! Il y a des guerres entre vous ? Et sinon qu’est-ce que vous faites de votre éternité ? »

C’était sacrément envoyé, non ? Je n’allais pas me laisser impressionner par une freluquette qui s’était perchée comme un perroquet sur mon épaule !

Le coup que je lui avais asséné devait être rude, car je la sentais désemparée et elle mit un certain temps à me répondre. Puis, elle finit par dire à mi-voix, pour n’être pas entendue semble-t-il :

  • « Ce que nous faisons… c’est… donner du sens aux actions inutiles. »

J’en restai pantois. Et je crus même avoir mal compris. Utiliser toute sa mort à ça !

  • « Quoi, par exemple ? »
  • « Eh bien, les imprimés qui ne servent à rien, on en fait des fonctionnaires ; les nouvelles où il n’y a rien à dire, deviennent une émission ; les sondages sans intérêt, on les transforme en opinion générale ; les verdicts indignes sont changés en indépendance de la justice ; les enfants qui n’étudient pas sont métamorphosés en victimes de la société ; et que sais-je encore. C’est un travail écrasant. Moi, en tant que déléguée syndicale, je demande les 35 heures. Ça nous permettrait de recruter. Vous ne voulez pas venir nous aider ? »

Je déclinai fermement mais très doucement l’invitation pour ne pas la froisser. On ne sait jamais…

*          *          *

La rumeur

Au sens premier du terme, la rumeur est définie comme « un bruit confus produit par la présence d’un certain nombre de personnes qui parlent, crient ou s’activent plus ou moins loin ». Cette définition “acoustique” rappelle celle du mot « clameur », à savoir : « ensemble de cris poussés par une foule pour exprimer ses sentiments, ses états d’âme, ses passions ». Dans les deux cas, il s’agit d’un processus collectif qui n’est pas négatif a priori, même s’il y a des rumeurs et des clameurs qui peuvent susciter l’inquiétude, voire l’effroi, comme c’est le cas dans certaines manifestations ou mouvements de foule.

Serge TOUSSAINT – Grand Maître de l’Ordre Rosicrucien AMORC

La rumeur

La seconde définition du mot « rumeur » (la plus courante) est : « diffusion par tout moyen de communication, formel ou informel, d’une information dont la véracité est douteuse ou incertaine ». Selon le moyen de communication utilisé, la rumeur en question peut être “locale” ou publique. Par ailleurs, elle peut concerner un individu en particulier, un groupe d’individus, une organisation, un mouvement… Quelle qu’en soit l’étendue, le processus suivi est le même : une “information” est lancée, puis transmise et reprise, avec, à chaque étape du processus, un rajout de pseudo “informations” et une amplification. C’est pourquoi nombre de rumeurs “locales” en viennent à prendre une dimension publique sur un plan national ou international.

Comme chacun sait, la très grande majorité des rumeurs sont mensongères et généralement calomnieuses, en ce sens qu’elles sont souvent lancées dans le but de nuire. Ceux et celles qui la propagent par la suite ne le font pas nécessairement dans ce but, mais ils y participent. De toute évidence, si personne ne les colportaient, elles s’arrêteraient d’elles-mêmes et n’auraient qu’un effet de nuisance limité. Mais ce qui fait vivre les rumeurs, c’est précisément cette tendance qu’ont les êtres humains à répandre les propos malveillants à l’encontre d’autrui, comme si dire du mal de quelqu’un leur faisait du bien ou leur permettait de se croire meilleurs que lui.

Internet

Avec l’apparition d’internet et des réseaux sociaux, les rumeurs sont devenues beaucoup plus nombreuses et touchent infiniment plus de personnes. Elles sont également de plus en plus “instrumentalisées” par des groupes de pression. À cela s’ajoute le fait que les adeptes de l’anonymat s’en donnent à cœur joie et en colportent à loisir, sans vraiment risquer d’être inquiétés. Il est pour moi évident qu’aucun propos calomnieux et encore moins haineux ne devrait pouvoir être tenu de manière anonyme sur internet, mais dans ce domaine comme dans bien d’autres, la technologie a évolué beaucoup plus vite que les consciences et la jurisprudence. Toujours est-il que les rumeurs constituent un véritable poison social.

Est-il possible de faire en sorte qu’un jour, il n’y ait plus de rumeurs ? En tant qu’utopiste, j’aimerais dire « oui », mais cela me semble malheureusement impossible. En revanche, on peut légiférer pour interdire l’anonymat sur internet et sanctionner plus lourdement la diffamation en général. Nous savons tous qu’une rumeur peut détruire une vie et même pousser quelqu’un à se donner la mort. Avant d’en colporter une, aussi “anecdotique” soit elle, chacun devrait songer aux effets qu’elle aura nécessairement sur la ou les personnes concernées, ce qui suppose de se mettre à leur place. À moins d’être profondément malveillant, une telle réflexion devrait suffire à y renoncer. En outre, on ne se grandit pas à vouloir rabaisser les autres… Extrait des points de vue de Serge Toussaint

Le t-shirt d’Emmanuel Macron : Illuminati, franc-maçon, Bohemian Club… Les théories du complot fusent

Emmanuel Macron franc-maçon, Illuminati, membre d’une organisation ultra-secrète ? Les théories du complot fusent sur les réseaux sociaux, on vous en partage quelques-unes…

De notre confrère melty.fr – Par Alizée LE MOAL

En direct du fort de Brégançon dans le Var, le président de la République a répondu à plusieurs questions des internautes concernant la vaccination. En effet, suite à son allocution, de nombreux Français ont été se faire vacciner, pourtant, certains doutent encore concernant la fiabilité du vaccin contre le covid-19. Sur les 4 premières vidéos publiées sur ses réseaux sociaux, c’est le t-shirt d’Emmanuel Macron qui a surtout intéressé les Français, habités et passionnés par diverses théories. « Cette chouette, ne serait-ce pas le symbole du Bohemian Club », ont demandé certains faisant référence à un des clubs américains les plus fermés du monde qui a souvent fait l’objet de théories du complot. Certains vont encore plus loin et tentent de prouver son appartenance à ce groupe…

Enquêtes, suppositions, recherches, les utilisateurs de Twitter ont tout donné pour prouver leur raisonnement…« Le symbolisme est partout. Macron s’affiche avec un tee-shirt chouette triangulaire fin juillet. Tous les ans fin juillet se tient la réunion du BOHEMIAN Club Man et il est censé être « en vacances »« , a tweeté un internaute. D’autres y voient un signe maçonnique et certains penchent même vers le célèbre complot Illuminati. Beaucoup d’internautes se sont alors amusés à lire toutes ces théories, et suivre les enquêtes menées afin de trouver la marque du fameux t-shirt. « Bon. Malgré de nombreuses recherches, nous n’avons pas trouvé la marque du t-shirt de Macron. Ça doit être le logo de son nouveau parti », s’est amusé le journaliste Alexis Poulin. La semaine dernière, Emmanuel Macron avait été grimé en Hitler sur des affiches, un acte qui n’avait pas plu au chef de l’État.

VENEZUELA : Ouvriers d’Hiram Abiff : Géométrie sacrée – Le compas

De notre confrère vénézuelien El Nacional

Le Dictionnaire encyclopédique de la franc-maçonnerie (Lorenzo Frau A. et Rosendo Arús A.) décrit le compas dans les termes suivants : « L’un des attributs les plus utilisés et les plus connus de l’ordre. Il représente la justice avec laquelle les actes des hommes doivent être mesurés. Pour cette raison, il est dit qu’avec la Bible et l’équerre, c’est l’un des grands joyaux et l’une des grandes lumières de la franc-maçonnerie ».

Dans l’art du dessin technique, le compas est l’un des instruments indispensables, avec l’équerre. Ces deux instruments doivent accompagner l’architecte pour établir les plans. Les ingénieurs les utilisent pour réaliser les dessins de pièces techniques pour leurs travaux.

Les institutions de l’ordre ésotérique et même religieuses, voient dans Le compas un symbole, d’où peuvent être extraites des connaissances morales et initiatiques. Bien sûr, pour pouvoir le faire, vous devez avoir un état de conscience élevé, car un profane en regardant un compas ne voit qu’un instrument qui sert à tracer des cercles.

La symbolique du « compas » puise la lumière dans l’esprit profond de l’être humain afin de comprendre l’essence même du symbole. C’est l’emblème des sciences parfaites. Le compas représente le spirituel, l’absolu (début et fin), il représente la cause et l’effet créateur. L’être humain perçoit l’Univers avec ses sens. Initialement, notre être conçoit l’idée de création dans l’Union du compas (Esprit) et de l’équerre (matière). Le Créateur, quant à lui, est au centre.

Lorsque l’incarnation de l’être humain se produit, nous nous séparons du compas, de la dimension des dieux pour entrer dans l’équerre, sur le plan physique. C’est la raison pour laquelle nous percevons intérieurement que nous sommes séparés de quelque chose et cherchons en permanence comment retrouver cet état, que nous appelons l’état primordial.

Les institutions religieuses, ésotériques et initiatiques servent de moyen ou de passerelle pour chercher ce chemin qui nous ramène à cet État Primitif. Il est inconnu de notre conscience, parce qu’il est Caché à notre compréhension intellectuelle et rationnelle.

Le compas avec ses degrés d’ouverture nous montre à quel niveau de conscience, nous pouvons être sur le chemin, ce sont les degrés de la connaissance. L’objectif de la franc-maçonnerie est d’élargir cette conscience pour comprendre que nous devons dépasser l’enveloppe corporelle. Nous sommes des êtres spirituels. Le corps n’est qu’un moyen matériel qui nous permet de remplir notre mission. Il faut être comprendre que la rationalité nous empêche de voir au-delà de la matière, nous ne percevons que l’état illusoire du physique. Entre l’équerre et le compas se trouve la conscience de l’être humain initié. Tout ce travail est réalisé à grâce à l’Art Royal.

« La lumière brille dans les ténèbres. » (Jean 1-5). Le compas ouvert à 90 degrés prend la forme d’un carré, formé d’un bras horizontal (plan physique) et d’un bras vertical (plan spirituel).C’est la limite qui nous permet de connaître notre état de conscience, c’est le bon carré. A 45 degrés, il nous montre que la matière nous est totalement soumise. On se demande pourquoi rester à 90 degrés. Et si on passait de 90 degrés à 180 degrés de connaissance ? Cela pourrait arriver, rappelez-vous que nous avons évoqué précédemment que notre état de conscience est trop limité pour percevoir les grands enseignements symboliques. Pour comprendre ces vérités, nous avons besoin de plusieurs cycles de vies, de réincarnations, de travailler l’Art Royal afin de transcender le physique. Qui y est parvenu à ce niveau ? Les grands sages qui nous ont rendu visite, tels que Jésus, Bouddha et d’autres prophètes, l’ont atteint après nous avoir mis en mis en garde : il faut avoir la plus haute connaissance en atteignant 180 degrés. Si nous continuons à boucler la boucle, nous deviendrions des dieux.

Le compas est le symbole du spirituel, du pouvoir spirituel sur la matière. Le compas représente la plus haute aspiration d’un maçon. Tout Maçon qui est sur le chemin initiatique doit intérioriser les forces du compas et être le parfait architecte de son temple intérieur. L’équerre et le compas forment une étoile rayonnante, symbolisant l’être humain régénéré. Passer de l’équerre au compas, c’est passer de l’état humain matière physique à l’état surhumain. (Lire l’article d’origine)

Qu’est-ce que le bouddhisme ?

Il me paraît important de préciser ce qu’est le bouddhisme, car il y a mille façons d’en parler….

Je vais tenter  tout d’abord de définir ce qu’est le bouddhisme, il est avant tout une voie de transformation de l’esprit, pour aller de l’ignorance à la sagesse, de l’égocentrisme à l’altruisme et à la compassion. L’esprit est la source du véritable bonheur et est également la source de l’expérience de la souffrance. Le Bouddhisme propose des méthodes pour libérer l’esprit de l’illusion et des états mentaux nuisibles tels que la haine, l’obsession, la jalousie et l’orgueil. Les enseignements bouddhistes sont très vastes et comprennent aussi bien des points de vue philosophiques qu’une pratique spirituelle dont le but est de se défaire d’une vision erronée de la réalité et de déraciner les causes mêmes de la souffrance.

Le bouddhisme ne repose sur aucun dogme et sa mission est de combler le fossé entre les apparences et la réalité, c’est-à-dire la façon dont nous percevons les choses et leur nature véritable.

Cette conception, caractéristique d’une vision spirituelle de l’existence, s’ancre profondément dans une réflexion sur la condition humaine et la possibilité de s’affranchir de la souffrance.

Le Bouddhisme parle essentiellement de transformation, d’une alchimie que nous pouvons éventuellement mesurer en prenant conscience de la portée de nos actes, des conséquences de nos pensées et des attitudes que nous avons envers les autres. C’est une vie de conscience et de vigilance que prône le bouddhisme. Certaines écoles parlent plus de réincarnation que d’autres, le bouddhisme insiste plus particulièrement sur la notion de « roue karmique » et donc de « sortie » de cette roue sauf pour les êtres (boddhisatvas) qui décident consciemment de « revenir » pour aider l’humanité.

Le bouddhisme n’est pas une croyance au sens traditionnel du terme, c’est un mode de vie, une manière de se comporter vis-a-à-vis des choses, des personnes et des évènements, en actions, paroles et pensées, une hygiène mentale radicale conduisant non pas à une « adaptation » au monde ou à un refus du monde, mais à une transcendance de celui-ci. Il n’impose pas aveuglément une série de propositions dogmatiques mais invite à « voir », constater et comprendre par expérience personnelle, afin d’agir armé d’une sagesse toujours plus profonde.

Il y a également 2 autres paramètres très importants : l’impermanence et l’interdépendance.

L’impermanence est omniprésente dans notre vie, tant en nous que dans tout ce qui nous entoure : notre corps change chaque jour, nos sentiments et nos humeurs varient à chaque instant tandis qu’à l’extérieur les saisons passent, le temps change, les enfants grandissent, les adultes vieillissent, les uns naissent tandis que d’autres meurent. La vie est un foisonnement d’évènements transitoires, un bouillonnement d’impermanence. Et même ce qui nous semble le plus stable, la pierre, la montagne, la terre, le soleil, tout ce qui compose l’univers, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, tout est sujet au changement et à l’impermanence. Le changement n’est jamais douloureux.

Seule la résistance au changement est douloureuse.

L’interdépendance, quant à elle, est un principe universel. Tout est interdépendant, rien n’est autonome et autosuffisant. Il n’est pas d’être, il n’est que de l’ « inter-être ». L’enseignement du Bouddha sur l’interdépendance est une façon particulière d’exprimer l’absence d’entité ou d’ego, la vacuité d’être propre (shunyata en sanscrit), tant dans le sujet qui perçoit que dans les objets saisis.

L’interdépendance est naturellement omniprésente, que ce soit au niveau cognitif, biologique, écologique, économique et social. Nous dépendons tous les uns des autres. « Je » dépends de ce qui est « autre que moi ». Ce que nous appelons « moi » est fait d’éléments non-moi. Nous sommes la coalescence (union, fusion) d’agrégats (assemblage) transitoires comme le corps, les sensations, les perceptions, la conscience. Pour ne prendre que l’exemple du corps, ma santé dépend de l’équilibre de mes constituants organiques et chimiques, des aliments consommés, du mode de vie, et pour aller vite, de l’environnement global. Notre état intérieur est lui-même le produit de causes et de conditions spécifiques. Aujourd’hui, ce que nous sommes en tant qu’être humain, tout ce que nous utilisons et consommons, nous le devons à d’autres. Finalement, le véritable bonheur qui allie paix intérieure et paix mondiale est fondé sur ce constat. Notre bien-être dépend du bien-être d’autrui.

Le bouddhisme explique les phénomènes de l’existence qu’il décrit, c’est une vie d’étude pour en faire le tour et en avoir la pleine compréhension.

Car il parle également de la conscience, du karma (loi de cause à effets) de la composition des êtres humains, des existences conditionnées, de la nature des actes de chaque individu, de la pratique de l’éthique agnostique, de la compassion, des phénomènes de la vie jusqu’à la mort, la responsabilité universelle ainsi que la connaissance de soi par la méditation.

Il existe deux types importants de méditation : le calme mental et la méditation profonde, dénommée également vision pénétrante. L’une et l’autre se complètent et permettent de découvrir et d’appréhender ce que nous sommes de façon différente d’une thérapie ou analyse, ou ce que nous appelons « travail sur soi » en maçonnerie.

Peut-être quelques mots sur La responsabilité universelle : chemin sur lequel s’est engagé récemment le Dalaï-Lama en créant un Manifeste dont je vous livre quelques extraits :

« Je prends conscience qu’il me faut incarner une sagesse de la responsabilité universelle, basée sur la force de la vérité et de l’amour, appelée satyagraha par le mahatma Ghandi. Satyagraha est l’arme de mon combat non violent contre l’injustice. Car, dès que la vérité passe à travers moi pour s’exprimer, je suis invincible. En vivant satyagraha au quotidien, je deviens parmi d’autres avec d’autres, artisan de la paix, de justice et de vérité. Citoyenne, citoyen du monde, j’assume un nouveau lien civique de responsabilité universelle pour qu’advienne la nouvelle réalité d’une Terre Fraternelle ».

Et puis dernière chose, Le Dalaï-Lama met également et de plus en plus, l’accent sur l’altruisme et la compassion pour notre vie personnelle comme pour le bien de la société.

Voici le conseil que donnait le Dalaï-Lama à Matthieu Ricard à la veille d’une retraite : « Au début médite sur la compassion, au milieu médite sur la compassion, à la fin médite sur la compassion ».

Et puis une autre que j’apprécie beaucoup : à une personne qui demandait au Dalaï-Lama combien de temps il fallait méditer par jour, il répondit une heure pas jour est

correcte, et son interlocuteur insista en précisant que s’il n’avait pas le temps, alors le Dalaï-Lama lui dit clairement, alors il faut méditer 2 heures !!!

Ida Radogowski

S’inscrire à la newsletter LDDV – mail : lesdeuxvoies@orange.fr

SAN SALVADOR : Il y a un demi-siècle, le premier alunissage humain… et la première mission maçonnique ?

De notre confrère du San Salvador www.eltribuno.com

on affirme souvent que la mission Apollo 11 pourrait bien être qualifiée de « mission maçonnique ». En effet, les deux premiers marcheurs sur la surface de la Lune ont tous deux vécus les rituels d’initiation requis pour entrer dans la Franc-maçonnerie. Ils ont été reçus dans cet ordre initiatique ancien et traditionnel. De plus, certains membres de la fraternité affirment que les premiers pas d’Armstrong sur la Lune – ceux qui ressemblent à des petits sauts – font partie d’un rituel maçonnique.

Edwin Buzz Aldrin est connu pour avoir été initié à Clear Lake Lodge n° 1417, située dans la ville texane de Seabrook. certains affirment qu’il portait avec lui un drapeau brodé avec l’emblème du Suprême Conseil du 33e degré de la juridiction méridionale du rite écossais ancien et accepté. Le drapeau est aujourd’hui accroché dans la bibliothèque du musée maçonnique de Washington (Sixteen Street No. 1733, NW, Washington, DC). En résumé, en juillet 1969, le Maître Maçon Aldrin faisait tout simplement son travail pour la Montclair Lodge No. 144 dans le New Jersey. Il possèdait le 33e degré (le plus élevé du Rite Écossais Ancien et Accepté) et était également titulaire du grasde de Chevalier Templier, mais aussi membre de l’Ordre du Sanctuaire d’Amérique du Nord. Il était même affirmé – bien qu’il nen existe aucune preuve – qu’Aldrin était porteur d’une mission spéciale du Grand Maître J.Guy Smith lui accordant les pleins pouvoirs pour le représenter sur la Lune, cela au nom de la juridiction territoriale maçonnique et au nom de la Grande Loge du Texas des Maçons Libres et Acceptés.

On sait finalement assez peu de choses sur la vie maçonnique de Neil Armstrong. Il faut avouer qu’en règle générale, on sait assez peu de choses sur sa vie après son retour de la Lune. Cependant, il suffit d’observer qu’à l’entrée de la Grande Loge de Washington, on découvre les statues des deux premiers humains à avoir foulé le sol lunaire, laissant le doute quant à leur appartenance à la Maçonnerie Universelle.

S’il n’avait pas été un Maçon, Armstrong aurait certainement démenti à l’époque et n’aurait pas permis à un événement aussi important de laisser planer le doute. En plus de ceux déjà mentionnés et avec certaines limites (car rappelons que l’appartenance à une loge est gardée secrète jusqu’au décès du membre concerné, sauf si de son vivant il accepte de rendre l’information publique), à notre connaissance, les astronautes suivants composent l laiste des Frères Maçons qui ont voyagé dans l’espace : Colonel Leroy Gordon Cooper Jr. (USAF), Carbondale Lodge No. 82 of Colorado ; Lieutenant-colonel Don F. Eisele (USAF), Luther B. Turner Lodge n° 732, Columbus, Ohio ; Lieutenant-colonel Virgil L. Grissom, Mitchell Lodge, Indiana ; CF Kleinknecht, Fairview Lodge n° 699 Fairview, Ohio;Commandant Edgar D. Mitchell, Artesia Lodge, Artesia, Nouveau-Mexique (cela m’a été personnellement confirmé par le sixième homme à marcher sur la Lune et commandant d’Apollo XIV lors d’un entretien privé avec lui) ; Capitaine Walter M. Schirra, Jr., Cañaveral Lodge n° 339 Cocoa Beach, Floride ; le colonel Thomas P. Stafford, Western Star Lodge n° 138, Weatherford, Oklahoma ; Major Paul J. Weitz, Loge n° 708, Erie, Pennsylvanie ; James Edwin Webb, 122 Oxford Lodge, Oxford, Caroline du Nord : Paul J. Weitz, (qui fera partie de la mission Skylab 2) Lawrence Lodge, Eire, Pennsylvanie.Jr., Cañaveral Lodge n° 339 Cocoa Beach, Floride ; le colonel Thomas P. Stafford, Western Star Lodge n° 138, Weatherford, Oklahoma ; Major Paul J. Weitz, Loge n° 708, Erie, Pennsylvanie ; James Edwin Webb, 122 Oxford Lodge, Oxford, Caroline du Nord : Paul J. Weitz, (qui fera partie de la mission Skylab 2) Lawrence Lodge, Eire, Pennsylvanie.Jr., Cañaveral Lodge n° 339 Cocoa Beach, Floride ; le colonel Thomas P. Stafford, Western Star Lodge n° 138, Weatherford, Oklahoma ; Major Paul J. Weitz, Loge n° 708, Erie, Pennsylvanie ; James Edwin Webb, 122 Oxford Lodge, Oxford, Caroline du Nord : Paul J. Weitz, (qui fera partie de la mission Skylab 2) Lawrence Lodge, Eire, Pennsylvanie.

NOTE DU TRADUCTEUR : Si le sujet vous intéresse, vous êtes vivement invités à découvrir un autre article de notre confrère JL Turbet sur son blog maçonnique. Vous y trouverez des informations complémentaires.

Effet de manches et autres désastres !

Nos séries ou films sur les grands procès aiment à présenter de belles séquences filmées sur les plaidoiries de la défense ou de l’accusation au point qu’on est tenté de croire que ce sont par des trémolos dans la voix, des variations marquées dans l’expression de l’argumentation ou par les envolées lyriques que le procès se gagne, que l’avocat forge sa renommée et que le justiciable recouvre sa liberté.

De fait chacun sait ce qu’est un effet de manche, une action exagérée, factice, destinée à impressionner. Dans la pratique des prétoires, l’expression tient à ce que les vêtements des avocats et  procureurs ont des manches larges qui se mettent en mouvement lorsqu’ils s’animent pour tenter de convaincre leur auditoire. Les effets de manches (en dehors de l’habit de l’auxiliaire de justice) sont aussi présents lors des débats ou confrontations politiques où, quelquefois, les représentants s’indignent et optent pour des postures aux limites du caricatural. (« La République c’est moi » !)

Dans la société grecque attachée au sens de la mesure et de l’harmonie, l’effet facile n’était pas de mise : la rhétorique des grands orateurs mettant en avant la structuration du discours, sa cohérence interne ainsi qu’un déroulé d’argumentaires dans une hiérarchie opératoire, n’attendait pas la résolution du conflit par des artifices visuels manifestés auprès du public réuni sur le forum de la Cité. Ainsi, les grands mouvements étaient-ils bannis autant chez l’orateur que chez l’acteur. Périclès parlait la main enveloppée dans les plis de son manteau. Son objectif n’était pas de produire de l’affect, mais de communiquer une visée politique, chargée d’une fonction civique et délibérative. Sa force verbale mobilisait brillamment « le logos, l’ethos et le pathos ». Obtenir une adhésion de l’auditoire à une approche stratégique était le souci premier de cet homme d’État, sensible comme tout grec instruit et cultivé, aux valeurs d’ordre, de clarté, d’équilibre et de raison… Le tourbillon verbal qui tient plus de la ronde exubérante de Dionysos n’était pas du goût de cette époque !

Jusqu’à Cléon, les orateurs gardèrent cette même attitude de rigueur, de sobriété voire de refus de toute démagogie. Cléon fut le premier à « tenir la main dehors ». En tant que premier pédagogue, il est jugé par beaucoup comme un accident de goût dans la tradition athénienne par l’emploi d’une rhétorique de basse séduction. D’où cet avis : « … il arrivait quelquefois que le peuple, en laissant gouverner ses orateurs, et suivant en tout leurs caprices, mettait en place des sujets indignes. On peut se souvenir du crédit absolu qu’avait sur les esprits de la multitude, le fameux Cléon, qui fut chargé du commandement dans les premières années de la guerre du Péloponnèse, quoique ce fut un homme brouillon, emporté, violent, sans tête et sans mérite. » (Histoire ancienne de Rollin, 1763, t. 8, pages 720-721).

Dans l’art de la maîtrise de l’harmonie, l’éloquence se détache de la servitude des sens prisonniers du chaos primitif. Elle veut être l’incarnation d’une recherche de discipline et de spiritualité. À ce titre, elle est le premier des sept arts libéraux. Représentée par Polymnie, elle est « celle qui dit de nombreux hymnes » : la muse des chants nuptiaux comme du deuil et de la pantomime au travers de codes d’expression préétablis. Un orateur abordant la chose publique, la chose commune, se devait  de manifester une attitude vertueuse pour conduire ceux qui l’écoutaient à des confrontations fécondes, en demeurant fidèle à l’esprit citoyen et au besoin d’agir en accord avec cette vision hellénique du monde : une vision orientée au-delà de l’expérience sensible, au-delà des apparences, au-delà du vulgaire. Une telle conception des institutions, des arts, des rites religieux comme du propos philosophique ou scientifique imposait à celui qui s’exprimait, d’être un esprit pris dans la quête, sans lui défendre pour autant l’audace du style, ni la superbe d’une parole ciselée de façon subtile et exigeante. L’œil écoutait, l’oreille voyait, la pensée jaugeait…

En vertu de cet habitus pour l’ordre et l’esthétisme conjugués, l’art déclamatoire était associé naturellement à la Musique. Cela fit que le peuple hellène n’hésita pas à désigner du nom de singe le premier acteur qui s’avisa de faire des gestes expressifs à l’appui de son texte. En effet les portées de l’éloquence, l’émotion tragique ou comique ne devaient se manifester que par des nuances de débit oratoire et sur le registre d’une voix et d’un rythme normé. On rapporte qu’un chanteur en Alexandrie pour une erreur d’un quart de ton reçut à la figure des oranges pourries !

Pour nos temps modernes, que le rappel de cette tradition antique sur l’Éloquence, affaiblisse la vanité des ego, proscrive les moulinets des avant-bras dans l’air et nous mette en garde contre les esbroufes verbales accompagnant l’infusion des idées courtes, que ce soit dans « la France d’en bas ou la France d’en haut » !   Nb : Conservons en tête le conseil du grand poète -récemment décédé- Philippe Jaccottet dans La Semaison (carnets 1954-1979) [Gallimard, 1984 (réed. 2011), p. 23] : « Ne rien expliquer, mais prononcer juste ! »

TURQUIE : des anciens prophètes au Nouvel Ordre Mondial

De notre confrère turc dailysabah.com Par Mehmet Hasan Bulut

L’hermétisme, un ancien système philosophique basé sur les prétendus enseignements d’Hermès Trismégiste, remonte aux prophètes bibliques et s’étend à travers l’histoire jusqu’au Nouvel Ordre Mondial.

Le prophète Idris, le deuxième prophète mentionné dans le Coran, était le fondateur de nombreuses sciences. On pense qu’il s’appelait « Idris », qui dérive de l’arabe « dars », signifiant « étudier », pour cette raison. Il fut le premier à écrire au crayon, inventant ainsi effectivement l’écriture.

Dans les sources islamiques historiques, il est écrit qu’il vivait à Babylone avant le déluge de Noé. Face à l’hostilité du peuple, il a émigré en Égypte avec un petit nombre de croyants. Il y régna et reçut trois grandes bénédictions, à savoir celle de la prophétie, de la sagesse et de la souveraineté. C’est pourquoi il était connu sous le nom de « Müselles bin Ni’ma », ce qui signifie « celui qui a reçu trois bénédictions ».

Selon le récit des savants islamiques, le prophète Idris est monté au ciel de son vivant. Il est resté au septième ciel pendant 30 ans et est revenu sur terre. Il a partagé avec les gens ce dont il avait été témoin dans les cieux, leur enseignant la science du « nücum », ou astrologie.

Il a prédit en détail le grand déluge qui se produirait après lui, à l’époque du prophète Noé. On pense qu’il a gravé sur deux piliers de pierre certaines sciences avec des hiéroglyphes et a ainsi protégé cette connaissance du déluge. Certains prétendent qu’il a fait construire une pyramide et que sur la surface intérieure des pierres était gravée ce savoir.

Il est dit dans les sources islamiques que le prophète Idris a également enseigné les sciences du mysticisme et dévoilé Ledün (secrets divins) à ses éminents croyants.

Il prêchait que l’âme était un élément beau et lumineux, qu’elle traversait les cieux et entrait dans le corps sombre, et que si une personne se livrait aux plaisirs corporels et mondains, elle serait inférieure même aux animaux.

Cependant, s’il utilisait son esprit et contrôlait son nafs (principalement appelé « l’ego ») dans le corps, son esprit s’élèverait à nouveau au ciel et il deviendrait un être humain parfait.

Il s’est lui-même retiré à khalwa, une retraite solitaire ou ermitage. Il a ensuite été impliqué dans le dhikr (souvenir), qui sont des actes de dévotion où des phrases et des prières sont répétées, riyazet (ascétisme) et mücahede (lutte, généralement contre nafs).

On dit qu’il évoquait Allah, chaque fois qu’il enfonçait son aiguille dans du tissu pendant qu’il cousait.

Le prophète Idris a divisé les lieux habités de la terre en quatre parties. Il a quitté l’Egypte après avoir nommé un adjoint pour chacun d’eux. Le jour de l’Achoura, il fut élevé au quatrième ciel, ou royaume du soleil. Selon certains érudits, il a été élevé au ciel avant de mourir, tout comme le prophète Issa (Jésus).

Dans les sources préislamiques, il est écrit qu’en s’élevant vers le ciel, il se transforma en flamme et un coup de tonnerre se fit entendre.

Le veau d’or

Le célèbre érudit islamique Ahmad Sirhindi, largement connu sous le nom d’Imam Rabbani, écrit que les bénédictions d’Allah sont destinées à tous, bon ou mauvais, mais que les méchants ne peuvent en bénéficier. En effet, le soleil brille à la fois sur l’homme qui lave les vêtements et sur les vêtements eux-mêmes de la même manière. Cependant, il assombrit le visage de l’homme pendant qu’il blanchit les vêtements.

Donc, si une personne est aveugle, ce n’est pas la faute au soleil.

Lorsque l’héritage du prophète Idris est tombé entre les mains de personnes qui n’étaient pas compétentes en sciences ésotériques, il a été mal compris et falsifié. Ceci, tout au long de l’histoire, a donné naissance à des sectes hétérodoxes.

Après que le prophète Idris a été emmené dans le ciel, les Égyptiens l’ont appelé Thot et l’ont divinisé.

Les membres de certaines sectes situées dans une ancienne ville égyptienne connue sous le nom d’Héliopolis (Ville du Soleil) par les Grecs, ont commencé à adorer le dieu solaire, qu’ils ont nommé Ra. Au lever et au coucher du soleil, ils se tournaient vers le soleil et l’adoraient les bras croisés sur la poitrine.

Les sultans d’Egypte, les pharaons, se sont également déclarés dieux, se disant descendants de Ra.

Les sectes de la Cité du Soleil considéraient le taureau comme le représentant du soleil sur terre. Ils ont fait des prophéties selon ses actes. Ils ont commencé à adorer des statues de taureaux qui portaient un disque solaire entre leurs cornes. Ils appelaient ces idoles « Apis ».

Le prophète Mahomet a dit : « Le soleil se lève (et se couche) entre les cornes de Satan, et à ce moment-là les incroyants se prosternent devant lui », et il a interdit de prier au lever et au coucher du soleil.

Le culte égyptien du soleil s’est répandu dans le monde entier, du feu des zoroastriens en Perse à la vénération de la vache en Inde, aux vêtements couleur soleil des bouddhistes.

Les Hittites, alliés et voisins de l’Egypte, étaient également sous l’influence de cette croyance. Le soleil hittite cornu, qui était autrefois l’emblème de la ville d’Ankara, représente également Apis.

Les enfants du prophète Yaqub (Jacob), à savoir les Israélites, se sont installés en Égypte avec le prophète Yusuf (Joseph).

Les Juifs connaissaient le prophète Idris sous le nom d’Enoch, ou Akhnukh en arabe. Bien qu’il ait été rapporté que quiconque adorait le soleil serait lapidé à mort, le culte du soleil était également populaire parmi les Juifs.

Alors que le prophète Moïse, ou Musa, emmenait les Juifs d’Égypte en Palestine, un Juif nommé Samiri a fait fondre des bijoux en or et a fabriqué un Apis lorsque le prophète est monté sur le mont Sinaï. Il a fait adorer certains Juifs. Lorsque le prophète Moïse revint, il expulsa Samiri.

Alexandrie

Les Grecs appelaient le prophète Idris « Hermès », ce qui signifie érudit. Son surnom, Müselles bin Ni’ma, a été traduit par Trismégiste. Ainsi, il s’appelait Hermes Trismégiste (Hermès le trois fois plus grand).

Les sciences dévoyées qu’on lui attribuait s’appelaient Hermétisme. Des philosophes tels que Pythagore et Platon sont restés en Égypte pendant de nombreuses années et l’apprirent auprès des sectes. Ainsi est née la philosophie grecque. Les mathématiques des Pythagoriciens, l’éthique et la théologie de Platon et la compréhension d’Aristote de la physique sont toutes basées sur l’hermétisme.

Alexandrie, l’une des plus grandes villes du monde avant Rome, a été fondée par Alexandre le Grand. Après Memphis, elle devint le nouveau centre de l’Egypte. Un temple de Sérapis a été construit dans la ville. L’ordre de Sérapis était la version grecque de l’ordre d’Apis. Les épîtres sur l’hermétisme, appelées Hermetica, ont été écrites par les membres de la secte.

Parce que le prophète Jésus ne fût sur Terre que pendant une courte période et attirait quelques croyants fidèles, la religion qu’il prêchait ne pouvait pas être connue précisément. Après l’ascension du prophète Jésus, le christianisme s’est mêlé à l’hermétisme. Pour cette raison, une religion complètement différente a émergé sous le nom de christianisme.

Par exemple, chaque luminaire (les cinq planètes intérieures et le soleil et la lune) a un jour qui lui est dédié. Le jour du soleil est le dimanche, qui vient de « dies Solis », littéralement « jour » et « soleil ». Par conséquent, le dimanche était considéré comme un jour saint dans le christianisme.

La trinité dans l’hermétisme passa également au christianisme, sous la forme du père, du fils et du saint-esprit. Le 25 décembre, lorsque le jour devient plus long que la nuit, a été défini comme date de naissance du prophète Jésus.

La philosophie antique

À l’époque islamique, des philosophes comme al-Kindi, al-Farabi, Ibn Sina et Ibn Rushd, souvent latinisé en Averroès, étaient sous l’influence de l’hermétisme.

Les yézidis, qui se tiennent devant le soleil tous les jours et prient une divinité nommée Melek Taus (l’ange paon), suivent également cette croyance.

L’hermétisme a conduit à l’émergence de sectes ésotériques telles que l’isma’ilisme dans les terres islamiques. Batiniyya (ésotérique) a appelé la sagesse contenue dans l’hermétisme la sagesse éternelle, c’est-à-dire la philosophie antique. Cependant, ils ne la considéraient pas comme une sagesse divine basée sur la révélation mais comme une philosophie ancienne remontant à la préhistoire.

Ils croyaient que les prophètes fondaient leurs religions sur cette philosophie. Ainsi, la partie ésotérique des religions était essentielle et fondatrice, alors que la charia, les lois religieuses, consistaient en des règles appliquées selon les époques.

Des luttes ont eu lieu entre les ordres hermétiques et soufis sunnites qui étaient soumis à la charia du prophète Mahomet, tout comme il y en a eues entre ces ordres et l’Ordre des Assassins. Cependant, les Hermétiques ont infiltré certaines de ces sectes et loges au fil du temps et les ont déformées.

Jean le Baptiste

Le prophète Ilyas (l’un des prophètes envoyés aux Israélites) a prêché à Baalbek, aujourd’hui situé dans le Liban d’aujourd’hui. Les Grecs appelaient aussi cette ville Héliopolis parce que ses habitants adoraient l’idole d’Apis, qu’ils appelaient Ba’al.

Dans les sources préislamiques, il est écrit que le prophète Ilyas a été emmené au ciel, comme le prophète Idris, alors qu’il chevauchait un cheval de flammes.

Les hermétiques juifs et chrétiens croient que le prophète Ilyas, qu’ils appellent Élie, est le prophète Yahya (Jean), c’est-à-dire Jean-Baptiste. Selon eux, le prophète Jean était en fait le prophète Idris. Ainsi, le prophète Idris était descendu sur Terre sous la forme de Jean-Baptiste, également connu sous le nom d’Élie, et le baptême symbolisait sa renaissance.

Le prophète Jean était également considéré comme le dernier prophète par les Sabiens (ou Mandéens), un groupe ethnoreligieux suivant la religion gnostique monothéiste du mandéisme, qui vivait autour de l’Irak et de l’Iran. Selon eux, être baptisé était considéré comme la plus haute forme de culte. Ils ont honoré le soleil. Il est rapporté qu’il s’agissait de Juifs hétérodoxes qui ont fui la Palestine, c’est-à-dire les disciples de Samiri.

Les Templiers, qui se sont installés en terres islamiques avec les croisades, étaient également des hermétiques. Ils ont fondé de nombreuses églises au nom de Jean-Baptiste. Lorsque leur ordre a été interdit, leur propriété a été transmise aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

L’ordre de Saint-Jean a été fondé à Jérusalem au nom de Jean-Baptiste. Ces chevaliers, qui ont continué les croyances des Templiers et ont lutté contre l’Empire ottoman, ont d’abord fui à Chypre, puis à Rhodes et enfin à Malte.

L’ordre se poursuit encore aujourd’hui en tant que Chevaliers de Malte, ou Chevaliers Hospitaliers.

Evliya Çelebi, l’explorateur ottoman du XVIIe siècle, dit que les croisés ont emporté le corps du prophète Jean dans un village près de Naplouse et l’ont emmené à Rhodes, puis à Malte. Cependant, écrit-il, sa tête bénie reste dans un bol d’or sous la mosquée des Omeyyades à Damas.

Le lion ailé

Le soleil est représenté dans les hiéroglyphes comme un cercle avec un point en son centre, car le soleil est le pôle des sept cieux. Comme cette forme pouvait être dessinée avec un compas, le compas est devenu le symbole de l’hermétique européenne.

Le soleil est parfois représenté comme un lion dans les pyramides, car le signe du zodiaque Lion est associé au feu et régi par le soleil.

Après la reprise de Jérusalem par les musulmans, Venise devint le nouveau quartier général des Templiers. Le lion ailé a été choisi comme drapeau du pays. La tour de San Pietro, la maison de l’évêque de Venise, a également été construite en forme de phare d’Alexandrie.

Un moine venu à Florence en 1460 apporta avec lui le corpus d’Hermetica. Il fut publié à Venise en 1463, avec la traduction de Platon par Cosme de Médicis. Ainsi, la période de la Renaissance et le mouvement humaniste ont commencé en Italie.

Les obélisques dédiés au dieu soleil dans l’Egypte ancienne étaient utilisés comme symboles de l’hermétisme pendant la période de la Renaissance.

Au cours de cette période, la lutte entre l’hermétisme et l’Église catholique a commencé. L’hermétisme européen a établi des sectes telles que les Alumbrados (Illuminati) en Espagne et les Spirituali en Italie. Ils réussirent à infiltrer l’Église et même à écarter le Pape.

Au Vatican, dans l’Appartamento Borgia (les appartements Borgia) du pape Paul III, le taureau, symbole de la famille Borgia, était représenté sous le nom d’Apis et est toujours présent aujourd’hui.

L’illumination

A cette époque, il y avait une compréhension géocentrique de l’univers en Europe. Copernic, un hermétique étudiant à l’Université de Padoue à Venise, s’est opposé à ce concept. Il a affirmé que le soleil était au centre.

L’historienne de la Renaissance Frances Yates écrit à ce sujet : « La découverte de Copernic a été mise au jour avec une citation du célèbre ouvrage d’Hermès Trismégiste, où Hermès explique que les Égyptiens adoraient le Soleil dans leur religion magique.

La théorie de la gravité de Newton sur l’attractivité solaire, a également renforcé l’affirmation de Copernic. Ainsi, la « science » moderne est née.

Au 16ème siècle, les Hermétiques ont fondé une société secrète appelée « Giovanni », qui est l’équivalent italien de « Jean », dans la maison de l’aristocrate vénitien Morosini. Les origines des Jeunes Turcs, un mouvement de réforme politique au début du 20e siècle, remontent également à cette société.

Le porte-parole de la société était un prêtre athée nommé Paolo Sarpi. L’équipe comprenait le philosophe Giordano Bruno, ainsi que Galilée, qui a suivi les traces de Copernic.

Bruno est présenté comme un « martyr de la science » aujourd’hui parce qu’il a été condamné par l’église. Mais en fait, ses partisans ont été surpris en train de préparer une révolution pour établir une république en Calabre appelée la Cité du Soleil, et Bruno a été exécuté pour cette raison.

Venise, qui voulait réformer l’Église catholique de l’intérieur, a établi l’ordre jésuite hermétique d’apparence catholique, également connu sous le nom de Compagnie de Jésus. D’autre part, il a créé des sectes anti-Église « des Lumières » telles que la franc-maçonnerie.

Dans la franc-maçonnerie, qui était remplie de symboles égyptiens, Jean-Baptiste était considéré comme le saint fondateur. Les maçons s’appelaient « les hommes de Jean ». Ils ont célébré le 24 juin, qui est considéré comme la date de sa naissance, comme une fête.

Avec les révolutions qui ont renversé les monarchies, les hermétiques ont dominé le monde entier. Les obélisques trouvés à Londres et à New York ont ​​été apportés de la Cité du Soleil en Égypte. Le phare d’Alexandrie est visible partout aujourd’hui, des monuments maçonniques de Washington aux tours d’affaires de New York.

Aujourd’hui, les Hermétiques luttent pour une religion mondiale unique basée sur le Nouvel Ordre Mondial et la philosophie ancienne.

ITALIE : Les Médecins francs-maçons dans le Trieste de la fin du XIXème siècle

De notre confrère italien triesteallnews.it – Par Zénon Saracino

L’histoire de la franc-maçonnerie à Trieste a fait l’objet, au cours des dernières décennies, d’études et d’enquêtes académiques approfondies dans le dédale d’associations et de clubs qui peuplaient la ville entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle ; un travail en filigrane, très universitaire, suscitant un intérêt de la part de la franc-maçonnerie elle-même associée, comme en témoignent les nombreuses préfaces, introductions et commentaires qui ont agrémenté les travaux des chercheurs.

Dans ce contexte, l’histoire de la médecine et de la franc-maçonnerie vont de pair à Trieste dans une filiation irrédentiste commune qui transforme radicalement la secte originelle des francs-maçons. L’association des francs-maçons à la cause nationale italienne de 1848 détermine une métamorphose involontaire qui voit disparaître le libéralisme des origines au profit d’un irrédentisme de plus en plus féroce. L’origine cosmopolite, qui avait permis à la franc-maçonnerie de se répandre au XVIIIe siècle dans la cité maritime, disparut lentement au siècle suivant. Après l’affirmation définitive dans les années d’occupation napoléonienne et le passage à la clandestinité, la franc-maçonnerie de Trieste peuple les rangs du parti libéral-national, en étendant ses activités. La philosophie universaliste des origines recule cependant au profit d’un irrédentisme guerrier, au fur et à mesure qu’elle progresse vers l’année fatale » 1914. S’il s’agit, il va de soi, de généralisations ; les rangs de la franc-maçonnerie européenne étaient si étendus, si ramifiés, qu’ils comprenaient une myriade d’attitudes et d’opinions politico-sociales.
Dans ce contexte, passons à l’histoire de la médecine, la figure du médecin acquiert une valeur différente de celle de la Révolution française, devenant une composante essentielle de ce système de contrôle du corps des citoyens analysé par le philosophe de Michel Foucault .. À partir de l’État moderne né avec les Lumières et Napoléon Bonaparte, une nouvelle idée de citoyenneté apparait . L’objectif est, pour la première fois, de créer un nouveau corps pour un nouveau citoyen, avec un accent renouvelé sur l’hygiène et la santé. Dans ce contexte, le médecin a donc la tâche, avec l’enseignant et d’autres personnalités de l’État, de « forger » un homme nouveau, libéré des maladies et des superstitions du passé. Un siècle comme le XIXe siècle, teinté de profondes inégalités sociales, exacerbe ce rôle du médecin « éducateur ». Il n’est donc pas surprenant qu’une figure « du pouvoir », comme le médical, soit à Trieste affiliée à des structures qui revendiquent le pouvoir, comme la franc-maçonnerie et en général, au niveau public, les partis politiques.

L’illégalité de la franc-maçonnerie dans les territoires autrichiens après la Restauration rend difficile, mais pas impossible, de retracer quels médecins étaient également maçons ; nous en énumérons quelques-uns qui se distinguent par la double fidélité au caducée et au compas. La source, rapportée par Giuliano Cecovini pour le bimestriel des années quatre-vingt « Il Lanternino », est le « marcheur » de la loge maçonnique d’Udine , qui comptait 72 inscrits à Trieste , dont 10 médecins .
Un profil classique d’un médecin franc-maçon de Trieste était celui d’ Ernesto Spadoni(1856-1920), sous surveillance de la police autrichienne pour idées républicaines, un farouche membre de la commission municipale des récréateurs . En plus d’être franc-maçon, il a été président de l’association de la libre pensée.

Vitale Tedeschi (1854-1919), quant à lui, est une figure progressiste infatigable : après son diplôme classique à Vienne, il retourne dans sa ville natale pour y travailler comme pédiatre. En 1890, il fonda une « laiterie populaire » qui proposait du lait stérilisé pour l’alimentation maternisée. En 1899, il organisa une « polyclinique de garde médicale » au profit de malades pauvres qui sollicitaient les conseils et le travail de médecins spécialistes ». Après avoir émigré à Padoue, il y fondera la première clinique pédiatrique universitaire italienne.
Un médecin-scientifique Edoardo Menz (1862-1908) : après un diplôme dans la capitale impériale, en 1891, il reste à Vienne, à l’époque ville soignant les névroses et de médecins (Freud y enseigne), spécialisés en neuropsychiatrie. De retour à Trieste, il a été recruté à l’hôpital Public, où il a commencé à travailler pour la clinique d’électrothérapie. Ce sont les premières années de la radiologie: après la découverte des rayons X dans laquelle tant d’espoirs ont été placés, on expérimentait les premiers traitements . Dans ce cadre, Menz déménagera même à Berlin pour apprendre les nouvelles techniques. De retour dans sa ville natale, il devient ainsi directeur du service de radiologie de la Polyclinique. Mais Edoardo Menz était aussi expert de l’Institut des accidents du travail, consultant de la Société d’hygiène et vice-président de l’ordre des médecins. Une particularité entièrement triestéenne : il était également partenaire de la SGT, la Société de Gymnastique.

Une autre personnalité, Guglielmo de Pastrovich (1876-1927) est plus un psychiatre qu’un médecin ; après avoir obtenu son diplôme à Vienne en 1899, de Pastrovich a travaillé comme médecin à Nabresina (aujourd’hui Aurisina), avant d’être embauché comme assistant à l’ hôpital psychiatrique de Trieste , qui correspondait à l’époque au Frenocomio civico di Guardiella. De Pastrovich a eu une carrière rapide, devenant directeur de l’institut et, après la fin de la Première Guerre mondiale, le premier président de l’Association médicale de Trieste .

En revanche, un personnage particulier, presque un médecin « guerrier », est Gino Cosolo (1876-1961) qui, après un diplôme à Graz en 1902, choisit de sa propre initiative de lutter contre les fléaux épidémiques qui sévissaient dans les marais de l’île de Morosini, dans la province de Gorizia, avant de s’installer dans l’Istrie tout aussi atteinte. Au début de la Première Guerre mondiale, Cosolo s’enfuit en Italie, où il s’enrôle comme médecin militaire . Il fut parmi les premiers soldats italiens à entrer dans la ville le 5 novembre 1918 . Par la suite, dans le domaine médical, il se consacre à l’étude de l’anatomie pathologique, mais la mort de son frère le convainc d’abandonner les outils de chirurgien au profit de la ferme familiale.

Avec le rattachement de Trieste à l’Italie, dans le court intervalle qui a précédé le fascisme et sa lutte contre les sociétés secrètes, la franc-maçonnerie de Trieste a repris des forces, avec 400 membres, dont 40 médecins. Les liens de la franc-maçonnerie à Trieste avec l’irrédentisme et les libéraux nationaux sont indéniables, illustrés par l’affiliation de Giacomo Venezian au Grand Orient d’Italie. Si le seul but de la franc-maçonnerie de la Vénétie Julienne avait été de garantir le passage de Trieste en Italie, celle-ci se serait dissoute après 1920, comme tant d’autres associations patriotiques. Pourtant, la franc-maçonnerie a persisté, en effet elle a même été revigorée après l’intermède du conflit. Il est donc légitime d’émettre l’hypothèse que, comme l’irrédentisme lui-même, la franc-maçonnerie locale n’était pas un bloc monolithique, mais exprimait une multiplicité de positions politiques et sociales. Dans le domaine médical, l’engagement des médecins francs-maçons de Trieste au niveau des œuvres caritatives a été une action louable, surtout dans une période de grande inégalité comme les décennies entre le XIXe et le XXe siècle.