En 2020, nous avons fait un don de 76 000 £ à Alzheimer’s Research UK pour financer le travail de leur doctorante, Aurora Veteleanu , au UK Dementia Research Institute de l’Université de Cardiff. Trois ans plus tard, elle fait des découvertes incroyables et révolutionnaires sur la maladie.
Alzheimer’s Research UK est un organisme de bienfaisance qui contribue à apporter un précieux sentiment d’espoir à près d’un million de familles britanniques touchées par la démence. Nous sommes fiers de collaborer avec eux depuis 1994 et, depuis cette date, nous avons contribué à financer des recherches qui ont révélé plus de 70 gènes à risque pour la maladie d’Alzheimer et développé des techniques qui ont influencé les scientifiques du monde entier.
Ces dernières années, les chercheurs ont fait de grands progrès dans la compréhension des principales caractéristiques de la démence ; ceci est crucial pour découvrir des traitements potentiels. Les études doctorales d’Aurora ont contribué de manière significative à l’avancement de ce domaine d’étude et, grâce à son travail acharné, l’avenir s’annonce meilleur pour les personnes vivant avec la maladie.
Pour la première fois, il est possible que des traitements puissent ralentir considérablement la progression de la maladie d’Alzheimer plutôt que de simplement traiter les symptômes. Bien que ces médicaments en soient aux tout premiers stades de développement et que leurs effets soient limités, leur création indique qu’un traitement qui changera la vie est en vue.
Avant le début de ses recherches, Aurora visait à étudier comment les variations du gène de la clusterine affectent la quantité de protéines dans le cerveau – un indicateur majeur de la maladie d’Alzheimer. Elle pensait que l’étude de la biologie de la clusterine ferait progresser considérablement la compréhension du développement de la maladie d’Alzheimer et pourrait conduire à des traitements potentiels à l’avenir.
Avance rapide jusqu’à aujourd’hui, et elle a réussi à établir une nouvelle méthode pour mesurer ces niveaux de protéines dans le sang et le liquide céphalo-rachidien. Cela n’a jamais été étudié auparavant et constitue une avancée majeure dans le domaine. Ses méthodes uniques ont été partagées au sein de la communauté médicale, permettant à davantage de scientifiques comme Aurora de faire de grands progrès dans leurs recherches.
Mais Aurora ne s’arrête pas là : elle travaille actuellement à la mise au point d’une nouvelle méthode permettant de détecter avec précision des échantillons de clusterine dans les tissus cérébraux. Le travail d’Aurora a été largement reconnu dans son domaine ; ses travaux ont été publiés dans l’Alzheimer’s & Dementia Journal en septembre 2022 et elle a voyagé pour prendre la parole lors de conférences à Aberdeen, Cardiff et en Suède.
La démence touche environ 42 000 personnes au Pays de Galles et près d’un million de personnes au Royaume-Uni. Des recherches comme celle-ci, menées par des experts en démence, sont la seule réponse à un monde libéré de la peur, des dangers et des chagrins liés à la maladie. Nous restons déterminés à financer les meilleures recherches scientifiques et Cardiff possède une solide communauté de recherche sur la démence. Financer une recherche comme celle-ci ne serait pas possible sans les dons de nos fantastiques donateurs. Aujourd’hui plus que jamais, la recherche sur la démence a besoin de notre soutien.Dr Rosa Sancho, responsable de la recherche chez Alzheimer’s Research UK
Nous sommes incroyablement fiers que notre partenariat avec Alzheimer’s Research UK ait contribué à faire progresser des découvertes vitales et ait lancé la carrière d’Aurora dans la recherche sur la démence, dont nous sommes convaincus qu’elle continuera à innover.
Jean Baptiste Clément et né à Boulogne-Billancourt le 31 mai 1836 et mort à Paris 10e le 23 février 1903. Il est mondialement connu comme chansonnier montmartrois, mais aussi journaliste, syndicaliste et communard français.
La plus grande partie de son répertoire est aujourd’hui oubliée, excepté quelques chansons et en particulier les très célèbres Le Temps des cerises et La Semaine sanglante. Dans un registre différent, il rédigea une version parodique de la célèbre ronde enfantine Dansons la capucine, contre le Second Empire. Jean Baptiste Clément était militant du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR).
L’auteur du « Temps des Cerises », en effet a été Franc-maçon les 5 dernières années de sa vie, de son initiation en 1898 à sa disparition en 1903. Le Frère Sincholle de la loge « les rénovateurs » prendra la parole :
« Le souvenir d’un tel homme ne s’effacera jamais, la distance et le temps le rendent plus cher encore à ceux qui purent apprécier toutes les qualités foncièrement bonnes de son cœur de poète. » Une délégation de la loge « l’évolution sociale » était également présente.
Né dans une famille aisée à Boulogne-sur-Seine le 31 mai 1836, fils d’un riche meunier de Montfermeil, Jean Baptiste Clément quitte très jeune le foyer familial. Dès l’âge de quatorze ans, il exerce le métier de garnisseur de cuivre, métier qu’il qualifiait lui-même de plus insignifiant de tous les métiers. Il exerce encore plusieurs autres professions, travaillant notamment chez ses grands-parents meuniers au moulin de cage, et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, notamment Le Cri du peuple de Jules Vallès. En 1867, il doit se réfugier en Belgique, où il publie la célèbre chanson Le Temps des cerises.
Revenu à Paris, il collabore à divers journaux d’opposition au Second Empire, tels que La Réforme de Charles Delescluze et Auguste-Jean-Marie Vermorel. Jean Baptiste Clément est alors condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l’empereur. Il est emprisonné à la prison Sainte-Pélagie jusqu’au soulèvement républicain du 4 septembre 1870.
Plaque commémorative rendant hommage à Jean Baptiste Clément
Devenu membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement, celui de la Butte-Montmartre, avec Auguste Blanqui (mais celui-ci est détenu en dehors de Paris), Auguste-Jean-Marie Vermorel, ou encore Théophile Ferré. Il est membre de la commission des Services publics et des Subsistances. Le 16 avril, il est nommé délégué à la fabrication des munitions, puis, le 21, à la commission de l’Enseignement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d’opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante, il écrit peu après la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.
Il réussit à fuir Paris, gagne la Belgique et se réfugie à Londres, où il poursuit son combat. Il est condamné à mort par contumace en 1874. Pendant cette période de mai 1875 à novembre 1876, il se réfugie clandestinement chez ses parents à Montfermeil. En attendant l’amnistie, prononcée en 1879, il se promène dans les bois et pêche dans les étangs de Montfermeil. Il rentre à Paris après l’amnistie générale de 1880.
Léo Campion, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d’Union, Éditions Alternative libertaire, 1996.
En 1885, il est envoyé en mission par la Fédération des travailleurs socialistes de France pour observer et soutenir une grève dans une entreprise métallurgique ardennaise, la Grosse Boutique, déclenchée par des licenciements à la suite de la création d’un syndicat. Il reste sur place un mois et demi, écoute, organise des assemblées de travailleurs et des collectes de soutien financier aux grévistes, revient sur Paris informer la Fédération de la situation, puis retourne en Ardennes en 1887. Il y diffuse l’idée de syndicalisation, fonde le cercle d’études socialiste, l’Étincelle de Charleville et la Fédération socialiste des Ardennes qui participe en 1890 à la création du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, ainsi que des coopératives. Fatigué après plusieurs années de lutte, il quitte les Ardennes en décembre 1894, où il est remplacé par Gaétan Albert-Poulain, pour revenir en région parisienne.
Léo Campion, Le Drapeau noir, l’Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d’Union, Éditions Alternative libertaire, 1996.
Le 28 octobre 1898, Jean Baptiste Clément est initié à la loge Les Rénovateurs du Grand Orient de France à Clichy. Il s’affilie, le 10 janvier 1900, à la loge L’Évolution Sociale à Paris, où il passe compagnon et maître le même jour, le 6 juillet 1901. Il sera également membre de la loge « La Raison ».
Tombeau de Jean-Baptiste Clément au Cimetière du Père Lachaise à Paris. Il est l’auteur de la chanson : « Le temps des cerises ».
Alors qu’il demeure 110, rue Lepic, il meurt à l’âge de 66 ans au 200, rue du Faubourg-Saint-Denis, Maison Dubois (devenu ensuite Hôpital Fernand-Widal) le 23 février 1903. Lorsqu’il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise le 26 février 1903, entre quatre et cinq mille personnes assistent à la cérémonie.
Selon l’un de ses amis : « Le souvenir d’un tel homme ne s’effacera jamais, la distance et le temps le rendent plus cher encore à ceux qui purent apprécier toutes les qualités foncièrement bonnes de son cœur de beau poète et de prolétaire révolté contre toutes les injustices sociales… Et pourtant, jamais propagandiste ne fut autant vilipendé que Jean Baptiste Clément. Mais rien ne l’arrêtait : ni les condamnations, ni les méchancetés capitalistes, ni l’indifférence ouvrière. Ce fut vraiment une grande figure de l’époque héroïque du socialisme. »
Toute sa vie il est surveillé par la Sûreté nationale, son dossier aux archives de la préfecture de police fait environ trente centimètres d’épaisseur. La surveillance de sa mémoire s’est continuée après sa mort, le dernier document du dossier est un programme de cabaret de 1963 organisant une soirée pour les soixante ans de sa mort.
Chansons
Jean Baptiste Clément a écrit un grand nombre de chansons, dont certaines sont passées dans le répertoire enfantin :
De notre confrère italien expartibus.it – Par Pietro Riccio
Filippo Bruno, dit Giordano Bruno, né en janvier 1548 à Nola (Royaume de Sicile) et mort le 17 février 1600 à Rome, est un frère dominicain et philosophe napolitain. Sur la base des travaux de Nicolas de Cues puis de Copernic, il développe la théorie de l’héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d’un univers infini, qui n’a ni centre ni circonférence, peuplé d’une « quantité innombrable d’astres et de mondes identiques au nôtre ».
Accusé formellement d’athéisme et d’hérésie (particulièrement pour sa théorie de la réincarnation des âmes) par l’Inquisition, d’après ses écrits jugés blasphématoires (où il proclame en outre que Jésus-Christ n’est pas Dieu mais un simple « mage habile », que le Saint-Esprit est l’âme de ce monde, que Satan sera finalement sauvé) et poursuivi pour son intérêt pour la magie, il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétractation qu’il paraissait d’abord accepter puis qu’il rejetait.
Une statue de bronze à son effigie trône depuis le xixe siècle sur les lieux de son supplice, au Campo de’ Fiori à Rome.
Si vous ne vous rendez pas semblable à Dieu, vous ne pourrez pas comprendre Dieu ; parce que aimer n’est intelligible que aimer. Élevez-vous vers une grandeur au-delà de toute mesure, d’un bond libérez-vous de votre corps . Élevez-vous au-dessus de tous les temps, devenez l’Éternité : alors vous comprendrez Dieu.
Convainquez-vous que rien ne vous est impossible, considérez-vous comme immortel et capable de tout comprendre, tous les arts, toutes les sciences, la nature de chaque être vivant. Grimper plus haut que la hauteur la plus élevée ; descendre plus bas que la profondeur la plus abyssale.
Rappelez-vous en vous toutes les sensations de ce qui est créé, du feu et de l’eau, de l’humide et du sec, en imaginant que vous êtes partout, sur terre, dans la mer, dans le ciel ; de ne pas être encore né, puis de se retrouver dans le ventre de sa mère, d’être donc un adolescent, vieux, mort, au-delà de la mort. Si vous pouvez embrasser dans vos pensées toutes choses ensemble, temps, espaces, substances, qualité, quantité, vous pourrez comprendre Dieu. Giordano Bruno – De umbris idearum
La philosophie de Giordano Bruno comporte de nombreuses facettes. De nombreux critiques portent leur attention sur la réflexion cosmologique, les contacts avec l’atomisme, la théorie pythagoricienne des nombres ou la réorganisation de l’univers naturel.
Statue en bronze de Giordano Bruno (1889) par Ettore Ferrari (1845-1929), Campo de’ Fiori, Rome.
En fait, Nolan prend une position ferme sur ces questions et sa contribution à la méthode scientifique est incontestable, au point de pousser certains chercheurs à le considérer comme un précurseur de la physique quantique ainsi que du paradigme mathématique-mécaniste, et déterminé à clarifier la dynamique de cause à effet.
De plus, il serait impossible de ne pas le considérer comme un philosophe de la science nouvelle, basée sur des fondements empiriques et une démontrabilité mathématique.
Mais à côté de cet aspect, on retrouve la matrice magique et surtout hermétique, au point de pousser certains auteurs à l’insérer, de droit, dans ce courant de pensée.
Les trois courants de l’hermétisme, de la mnémotechnique et du lullisme se confondent dans la personnalité complexe de Bruno, dans son esprit, dans sa mission. Giordano Bruno et la tradition hermétique – Frances A. Yates
Ce sont précisément ces trois courants qui constituent l’épine dorsale de la pensée magique de Bruno, comme je tenterai de l’illustrer tout au long de cet article.
Ce qui nous semble cependant étrange, c’est que ces deux âmes, épistémologique et hermétique, sont presque toujours considérées comme inconciliables, voire antithétiques, malgré les tentatives timides de les faire coexister et de les intégrer dans un seul système cohérent, thèse qui, au contraire, , nous nous efforcerons d’argumenter.
En effet, Bruno vise à ordonner et réarranger les différents courants philosophiques du XVIe siècle, la théorie de la connaissance, la métaphysique, la cosmologie, l’éthique, la mnémotechnique, la méthodologie de l’élaboration systématique des connaissances, les mathématiques et la magie.
Une précision préliminaire s’impose : aux XVe et XVIe siècles, la magie était considérée, du moins dans le domaine philosophique, comme l’un des outils utiles pour connaître et contrôler les forces de la nature, en particulier pour les phénomènes difficiles à expliquer au départ. de la vision aristotélicienne. C’est précisément cet esprit qui anime Bruno.
Un philosophe ut sumitur inter philosophos, tunc magus signifie hominem sapientem cum virtute agendi.
Tel que l’entendent les philosophes parmi les philosophes, « magicien » signifie donc un homme sage ayant une action vertueuse. Giordano Bruno – De la magie
Le Nolan va jusqu’à, notamment dans ses derniers ouvrages, donner des indications en termes de fonctionnement et d’applications pratiques de la magie.
Mais procédons dans l’ordre, en essayant tout d’abord de clarifier les fondements hermétiques du système de Bruno, en partant de l’un des textes qui ont le plus influencé sa pensée, à savoir le « Corpus Hermeticum », attribué à Hermès Trismégiste .
Bien que dans la tradition médiévale le « Corpus » soit considéré comme remontant à l’Egypte ancienne, sa véritable datation doit être placée entre le Ier et le IIIe siècle après JC. Le débat sur la question de savoir quels éléments sont authentiquement égyptiens reste ouvert, même si l’origine grecque de la plupart des auteurs semble assez claire.
Tandis que le premier traité, le « Pimander » ou « Pimander » , raconte la création du monde, les autres traités parlent de la possibilité pour l’homme de s’élever vers le divin, de se détacher de la matérialité et d’acquérir des facultés magiques et divines.
Alors que dans « Pymandre » le récit présente des points de contact partiels avec la Genèse, les autres textes s’éloignent de manière plus significative de la vision biblique. La possibilité même pour l’homme de s’élever vers le divin est emblématique de cette différenciation.
Illustration d’un des livres de Giordano Bruno sur la mnémotechnique : on y distingue les quatre éléments classiques : la terre, l’air, l’eau et le feu.
De plus, la conception philosophique qui sous-tend le « Corpus » voit la centralité du « Nous » , de l’intuition humaine, comme la possibilité de connaître le divin, d’une connaissance donc que nous pouvons définir comme de nature gnostique.
Un autre texte qui s’inscrit dans cette veine est l’« Asclépios » , également attribué à Hermès et datant de la même époque. La connotation magique est encore plus marquée, l’ « Asclépios » traite en effet de la tradition sacerdotale égyptienne et des rites magiques qui en dérivent. Les textes bruniens qui illustrent fortement une opération magique, à savoir le « De rerum Principiis » et le « De vinculis in generis » , ont plusieurs points de contact avec « l’ Asclépios ».
En Italie, plus précisément à Florence, le « Corpus » arriva vers 1460, grâce à Cosme de Médicis qui, fasciné par ce qu’il savait être son contenu, demanda à Ficin d’interrompre la traduction des textes platoniciens pour se consacrer entièrement à la travail que vient de lui apporter un moine.
La magie à laquelle Bruno fait référence n’est donc pas celle de la superstition, celle du vulgaire, mais a de fortes racines dans la tradition hermétique.
Mais qu’entendait Nolan par magie ?
Nous trouvons une première référence dans le ‘ Sigillus Sigillorum’ , dans lequel la magie est incluse dans la catégorie des rectores actuum , c’est-à-dire un moyen qui nous permet d’accéder à la connaissance, avec l’ars, la mathesis et l’amor , l’art, les mathématiques et l’amour.
La magie a également un lien étroit avec les mathématiques ; les deux disciplines sont à mi-chemin entre physique et métaphysique et permettent de saisir les lois universelles qui régissent le cosmos, la nature, tout.
Justement, la connaissance des lois de la nature nous permet de contrôler et de modifier la réalité qui nous entoure.
Dans ‘ De la cause, du principe et de l’un’ , on retrouve même un parallèle entre le magicien et le médecin ; peu importe qui guérit le patient, ce qui compte c’est le résultat.
Giordano Bruno. Engraving by Mentzel, Johann Georg (1677-1743).
Déjà à partir de ces prémisses, nous voyons que pour Bruno la magie n’est pas quelque chose lié aux croyances populaires, pratiquées par les couches les moins cultivées de la population, mais une conséquence naturelle du savoir, qui permet de rendre opérationnelles les conquêtes de la philosophie. Il est donc facile de trouver dans cette vision des points de contact forts avec des auteurs comme Paracelse ou Ficin, le premier également cité dans « De la causa » , comme créateur d’une tentative de réconciliation entre magie et médecine.
Comme beaucoup d’autres prédécesseurs qui font une classification, Bruno distingue également la magie divine, physique et mathématique dans ‘ De magic’ . A chacune de ces branches correspond un monde, archetypus , physicus et rationalis , qui sont différents les uns des autres. Le premier détermine le second, le second détermine le troisième, qui pourtant, précisément grâce à la médiation du second, reflète le premier.
D’ailleurs, les tripartitions n’étaient pas rares, comme par exemple chez Agrippa qui distinguait tour à tour trois types de magie, naturalis , coelestis et ceremonalis auxquels il correspond autant de mondes, à savoir elementalis , coelestis et intellectualis.
En revenant au discours hermétique, nous trouvons le concept des trois mondes développé dans le « Corpus Hermeticum » où il est précisé dans la distinction entre Dieu, le monde et l’homme.
L’homme est créé à l’image du monde, mais c’est dans le monde, dans la nature que Dieu se manifeste et se reflète. Il en découle donc deux corollaires : l’homme est un miroir de Dieu précisément à travers la médiation du monde et il est possible de connaître Dieu à travers la connaissance de la nature, dont l’homme lui-même fait partie. En première réflexion, il nous semble impossible de ne pas trouver des contacts avec le système Bruno, contacts qui, évidemment, ne s’arrêtent pas à ces locaux.
D’autres idées nous viennent, par exemple, de « De umbris idearum » , dans lequel nous trouvons une première allusion à une autre division tripartite, celle de la réalité ; à partir d’un parallèle, mais aussi de la distinction entre métaphysique, physique et logique, ou entre ante naturalia, naturalia et rationalia .
Si dans le « De umbris » , comme nous disions, ces thèmes ne sont qu’esquissés, le Nolan les développe de manière plus organique et plus détaillée dans la théorie des trois mondes du « Sigilillus massimo » , dans lequel on retrouve la référence à l’homme comme macrocosme, thème central du « Corpus Hermeticum » , ou de Pico et Agrippa. L’âme humaine, dans cette conception, contient en elle une similitudo magni mundi , une ressemblance avec le macrocosme.
Encore une fois l’influence du « Corpus Hermeticum » , où l’on retrouve le concept récurrent selon lequel l’âme peut atteindre la connaissance de la réalité et de ses causes à travers l’observation de la nature ; ceci comme une prémisse indispensable à tout art magique ou opération magique possible.
Le monde reflète donc un modèle idéal, dont la réalité telle que nous la percevons est l’incarnation et le point de départ de la connaissance du modèle lui-même, mais aussi de son fonctionnement, de l’action.
Bruno construit son système philosophique autour de la théorie des trois mondes, et c’est à partir de là qu’il commence à arriver à ses conclusions métaphysiques, épistémologiques et opérationnelles, même si ce n’est qu’un échafaudage autour duquel construire un système complexe, enrichi par d’autres. concepts, autres catégories. Dans la discussion qui nous intéresse, c’est-à-dire celle qui tourne autour de la pensée magique, les prochaines étapes sont le spiritus universi , l’ anima mundi et la scala naturae.
Étant donné l’existence d’un mundus supremus et d’un mundus ideatus , d’un sommet et d’une base de création, c’est le spiritus universi ou anima mundi qui agit comme médiation, comme lien entre ces deux opposés.
Le spiritus lui-même a une fonction fondamentale dans la vision de Bruno ; c’est un moment de passage entre les différents niveaux de l’être, de contact entre l’âme et le corps.
Mais qu’entend Bruno par esprit ?
Il part de l’hypothèse que les sens sont amenés à l’unité, donc à un sens unique, par l’âme, au niveau individuel, mais aussi par le même principe au niveau universel.
La première et principale forme naturelle, principe formel et nature efficace, est l’âme de l’univers : qui est le principe de vie, de végétation et de sens dans toutes les choses qui vivent, végètent et ressentent. Giordano Bruno – De la cause
C’est une conception originelle de toute chose, de même que pour l’homme il y a une âme individuelle, de même il y a une âme du monde, qui organise la matière, qui traduit le principe général en particulier, qui s’exprime dans l’intellect universel, ou plutôt la cause efficace de toutes les choses naturelles.
Mais il n’y a pas de rupture entre l’intellect et la matière, au contraire la première agit à l’intérieur de la seconde, du dedans de la forme, elle la façonne.
Revenons au concept déjà exprimé des trois mondes. Dieu, nature ou anima mundi , âme humaine.
Cette parenthèse est nécessaire pour revenir à notre discussion, l’âme même du monde rend la magie possible, l’instaure, fixe ses limites. À un moment donné , Bruno établit également, toujours dans « De magic » , une distinction entre a nima mundi et spiritus , ce qui dans d’autres œuvres ne paraissait pas aussi clair. L’esprit agit ainsi comme médiateur entre l’âme et le corps, instrument même de l’ anima mundi .
Même en ce qui concerne la notion d’esprit, nous trouvons un contact fort avec l’œuvre de Ficin. Le Nolan le définit comme corpus subtile , corps subtil, mais aussi comme vehiculum omnium virtutum , véhicule de toute vertu, indispensable à toute opération magique ou physique.
En effet, si la nature, matière en elle-même homogène, est organisée et spécifiée par un principe unique, si l’homme est capable de connaître ce même principe il peut aussi contrôler et modifier le monde qui l’entoure.
Nous arrivons donc à la notion de scala naturae ; l’homme est placé sur une échelle de facultés cognitives et magiques, qui part des animaux et arrive à Dieu. L’âme humaine s’arrête à la possibilité d’accéder aux facultés centrales. Des facultés cognitives supérieures sont possibles pour d’autres entités placées plus haut dans les hiérarchies ; Bruno fait par exemple référence aux corps célestes, aux démons mais aussi au nima mundi lui-même .
Il théorise cependant une continuité entre Dieu, la nature et l’homme.
C’est pourquoi je veux d’abord que vous remarquiez qu’il y a une seule et même échelle par laquelle la nature descend jusqu’à la production des choses, et l’intellect monte jusqu’à leur connaissance ; et que l’un et l’autre procèdent d’unité en unité, en passant par la multitude des moyens. Giordano Bruno – De la cause
Bien que chaque échelon de l’échelle soit distinct, on ne peut pas parler d’une séparation totale. Même l’élément placé à l’échelon le plus bas participe à la constitution de ceux qui se trouvent au sommet, il est intégré par eux. Les niveaux supérieurs trouvent les niveaux inférieurs et contiennent leurs opposés.
La connaissance et l’accès à la magie doivent être vus précisément dans le contexte de la scala naturae , dans une perspective d’ ascensus , d’ascension, et de descensus , de descente.
Comme nous l’avions dit, l’homme ne peut pas contrôler les entités qui se situent à un niveau supérieur, il doit se limiter aux facultés centrales, mais il peut descendre vers les inférieures, il peut influencer les niveaux corporels et sensibles, les contrôler, les modifier. .
L’une des facultés centrales du système philosophique de Bruno est l’imagination, qui a la capacité de contrôler les actions, y compris magiques, ainsi que de filtrer la réalité perçue par les sens.
Une discussion à part porterait sur la conception des sens dans le système de Bruno, mais elle dépasse les objectifs de cet article, sauf ce qui est nécessaire pour comprendre la situation par rapport à la magie.
Les sens ne peuvent pas être trompés, mais ils peuvent être induits à des hallucinations de l’extérieur, par l’influence de démons mais aussi d’autres êtres humains.
L’imagination a aussi une fonction médiatrice dans les actes magiques, mais elle n’est pas autonome, elle ne peut, à elle seule, déterminer l’action magique ; elle a besoin d’une faculté supérieure qui la dirige dans l’action elle-même, qui la détermine, qui la purifie et qui la protège de l’influence négative des entités extérieures.
Cette faculté est définie dans les « Thèses de magie » comme cogitative ou cogitatio . L’imagination peut être influencée et ne fournit donc pas les conditions préalables à une connaissance authentique.
Le cogitatif est l’origine de toute connaissance, il canalise l’imagination, la soutient dans sa partie opérationnelle, mais il est aussi la connexion entre les parties supérieures et inférieures de l’âme, il est le début et la fin de toute action magique.
Mais l’opération ne s’applique qu’au corps, à la matérialité, aux échelons inférieurs de l’échelle. Les facultés supérieures n’ont pas besoin d’agir sur le plan physique. C’est précisément pour cette raison que Bruno place la magie comme frontière entre les facultés inférieures et supérieures. Même si la magie cogitative accédait à des connaissances supérieures, elle ne pourrait toujours pas les utiliser, mais cela ne doit pas laisser penser à un rôle trop faible pour elle, qui détermine pourtant les conditions d’accès à des connaissances de plus en plus élevées.
Comme on le voit, la magie a une fonction philosophique, gnostique, scientifique et Bruno la lie fortement aux mathématiques ; tout comme la magie est un viatique pour une connaissance supérieure, les mathématiques agissent comme un ciment entre le monde physique, objet de perception, et le monde de l’intelligibilia , ou des idées.
On arrive donc au concept de magie mathématique, qui correspond à la rationalité humaine, et fait le lien entre la magie naturelle et la magie divine.
Pour le frère, les mathématiques, comme toute connaissance, peuvent aussi arriver à des conclusions erronées, c’est-à-dire qu’elles peuvent évaluer de manière incorrecte les éléments qui dérivent de la perception.
La magie et les mathématiques sont la dernière étape avant d’arriver à la connaissance la plus authentique.
En résumé, de l’observation et de l’étude de la nature nous arrivons à la connaissance des liens de cause à effet, qui peuvent ensuite être mis en œuvre par une action magique.
Et la nature étant un tout, la vision du cosmos de Bruno tend définitivement vers l’unité ; tout est dans tout.
Si dans ‘ De Magia’ et dans ‘ Thèses de magie’ on retrouve les lignes générales de la vision magique, dans ‘ De vinculis in genre’ Bruno entre dans les détails.
Déjà dans le « Sigilus massimorum », le Dominicain attribue un rôle particulier à l’amour, comme ciment entre l’âme et le corps, et c’est précisément l’amour qui est aussi un vinculum de la volonté, qu’il parvient à canaliser. Elle devient donc une catégorie essentielle et centrale de « De vinculis » et s’insère dans une théorie générale des affections humaines.
L’amour n’implique aucun niveau de connaissance, il est irrationnel, émotionnel, il doit donc être gardé sous contrôle, plus que d’autres pratiques magiques basées plutôt sur la connaissance .
La théorie de la mémoire, ou plutôt l’art de la mémoire, tel qu’il la définit également dans « De umbris idearum », mérite une discussion à part .
Cette attitude ne s’appuie sur aucune des puissances de l’âme elle-même, comme sur une branche, ni sur ce qui émerge de quelque faculté particulière : mais elle est ce qui habite le tronc même du tout, c’est-à-dire l’essence même de l’âme, toute l’âme. Giordano Bruno – De umbris idearum
Encore une fois la notion d’ensemble, centrale, essentielle. Chez Bruno, rien n’est pleinement compris sauf comme partie d’un tout cosmique. L’utilisation de techniques mnémotechniques a des origines anciennes et chez divers auteurs elle s’est appuyée sur l’ordre cosmique, qu’il s’agisse des signes du zodiaque pour Métrodore de Scepsis ou de l’ordre cosmique chez les néoplatoniciens. Ficin lui-même fait référence à des couleurs planétaires, reproduites au plafond d’une pièce, qui pourraient servir à organiser tous les phénomènes de la vie quotidienne.
Le lien avec la magie est illustré par Frances A. Yates dans ‘Giordano Bruno and the Hermetic Tradition’ :
Utilisant aussi bien des images magiques ou talismaniques que des images mnémoniques, le magicien espérait acquérir des connaissances et des pouvoirs universels en obtenant, grâce à l’organisation magique de l’imagination, une personnalité dotée de pouvoirs magiques, en harmonie, pour ainsi dire, avec ceux du cosmos.
Dans « De umbris idearum », il est illustré par une roue divisée en 30 secteurs, chacun d’eux étant identifié par une lettre. Au centre de cette roue Bruno place le soleil.
Dans le reste du livre, nous trouvons une attention considérable aux images qui constituent le système magique de la mémoire, divisées en 30 groupes de 5, pour un total de 150 images, réparties comme suit :
les images des trente-six décans ;
quarante-neuf images planétaires, sept pour chaque planète ;
vingt-huit images pour les positions lunaires et une des draco lunae ;
trente-six images relatives aux douze parties dans lesquelles un horoscope est divisé.
Les références à Agrippa et Ficin sont nombreuses.
L’autre texte central de la théorie de la mémoire, le « Cantus Circaeus » , contient cependant plusieurs références à la magie, démontrant encore davantage à quel point ces aspects sont étroitement liés.
Le même début nous introduit à cette connexion, décrivant une incantation solaire de Circé, dans laquelle sont rappelés tous les noms, attributs, animaux, métaux liés au soleil.
Même les rites ultérieurs, dédiés à la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure, suivent la même logique et reposent sur des combinaisons d’objets et d’écrits qui rappellent l’art de la mémoire.
La mémoire des figures célestes est une prémisse nécessaire à la mémoire des images magiques.
Le cercle se ferme, tous les éléments que nous avons définis au début sont là.
La conciliation des deux âmes identifiées au départ apparaît évidente. Chez Bruno, la discussion sur la connaissance est centrale, sur l’explication des liens de causalité même pour ces phénomènes apparemment incroyables et inexpliqués.
La réflexion sur les arts magiques n’est donc pas antithétique à la rigueur scientifique, mais elle s’inscrit surtout dans un système épistémologique cohérent.
Même la magie opérationnelle n’échappe pas à ces dynamiques.
L’observation de la nature amène à connaître ses lois, même les plus cachées, la connaissance des lois permet d’agir sur la nature. Mais la tension gnostique de Bruno ne s’arrête pas là. La magie naturelle, la magie mathématique, ne se limitent pas à la connaissance et au contrôle de la réalité sensible, mais deviennent le point de départ de connaissances supérieures, celles réservées aux facultés supérieures.
Les éléments de l’échelle, disions-nous, ne sont pas distincts, mais doivent être rattachés à l’ensemble qui inclut tout, chacun des trois mondes. La notion de tout est si forte qu’elle amène même certains auteurs à parler de rupture de Bruno avec la métaphysique ou l’anti-métaphysique.
La métaphysique présuppose un dualisme, que ce soit entre contingent et transcendant, entre humain et divin, entre nature et ce qui est préfiguré comme ante naturalia .
Le brunien exclut tous ces contrastes, il ne pose aucun de ces dualismes, les hiérarchies d’échelle sont ininterrompues, elles n’appartiennent pas à deux niveaux différents.
Mais en allant plus loin, il convient de noter comment la philosophie de Nolan conduit à une coïncidence substantielle d’opposés.
La magie profonde consiste à dessiner le contraire après avoir trouvé le point d’union. Giordano Bruno – Sur la cause, le principe et l’un
La dialectique est préfigurée, la résolution de la thèse et de l’antithèse à un niveau supérieur dans la synthèse, mais ici aussi il est impossible de ne pas trouver le contact avec l’hermétisme, où la multiplicité, les dualismes, la pluralité des manifestations se résolvent dans l’unité.
[NDLR : Si tel est votre désir et pour aller plus loin, vous pouvez lire utilement de Guy Chabas – que vous retrouverez aux Rencontres culturelles maçonniques de Lyon les 7 et 8 octobre prochains – son Giordano Bruno, franc-maçon sans tablier ? (ECE-D, 2021).
Guy Chabas, après une carrière dans l’informatique, a entrepris des études de philosophie et s’est spécialisé dans l’analyse des liens existant entre pythagorisme et kabbale chrétienne. Il est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Pythagore, kabbale et symbolisme maçonnique » publié aux Éditions Maison de Vie en 2020. Avec ce nouvel ouvrage sur Giordano Bruno aux Editions ECE-D, il approfondit avec maîtrise un aspect méconnu de ce philosophe et opère des rapprochements symboliques qui interpellent.]
Notre confrère Ouest France Nantes dévoile une affaire insolite concernant Yvon Garnier, qui, à 86 printemps se bat depuis dix ans pour que le diplôme de Compagnon du Tour de France soit reconnu par la République.
C’est sans nul doute le plus vieux diplôme de France. D’ailleurs, on en retrouve la trace au Moyen-Âge. L’Unesco, il y a bientôt dix ans, a consacré au patrimoine immatériel de l’humanité le Compagnonnage, mais a omis bien involontairement d’homologuer le diplôme qui va avec. Un simple décret suffirait pour réparer cet oubli.
Yvon Garnier, appelé « Nantais le décidé » chez les Compagnons des Devoirs Unis, pensait que ce serait chose facile, d’autant plus que ses interlocuteurs, du moins ceux qui lui ont répondu, lui disaient, quasiment tous : « Votre demande est juste, monsieur Garnier, c’est une question de bon sens, de reconnaissance du travail effectué… »
Qu’il soit reconnu à la hauteur d’un BTS
D’autant plus que cette reconnaissance permettrait au diplôme de Compagnon, décerné après cinq à sept années de cours, d’être reconnu à la hauteur d’un BTS et du même coup d’ouvrir auxdits Compagnons la possibilité d’enseigner.
Yvon Garnier voudrait, avant de partir pour l’orient éternel – en espérant que ce soit le plus tard possible –, que le diplôme de Compagnon soit enfin reconnu. Pour cela il a fait le tour du monde politique. Bien évidemment, il a commencé par Jean-Marc Ayrault : « Monsieur Garnier, ce ne serait que justice… » C’était hier, peut-être même avant-hier : « Moi, commeun imbécile, j’ai cru qu’il allait faire le nécessaire en deux coups de cuillère à pots. » Pas plus de chance du côté de l’opposition nantaise avec la sénatrice Laurence Garnier. Pire, quand il a interpellé le président du Sénat, la première ministre, on a oublié de lui répondre, tout comme du côté de l’Élysée et de bien d’autres lieux encore.
C’est pourquoi aujourd’hui, à 86 printemps, il repart au combat : « Je ne demande pas l’impossible, seulement de rectifier un oubli… » Bonne chance et bon courage.
Un ouvrage qui nous emmène dans le dédale de nos vies antérieures grâce aux récits et consultations de l’auteure. Les annales akashiques ont été, au fil de l’histoire, connues et explorées par de nombreuses civilisations dont l’Inde entre 800 et 500 av JC ( Upanishads)
On les retrouve en Egypte (Référentiel de Thot), au Tibet (Archives éthériques) dans la Bible (Livre de vie), en Occident… On peut se demander si des génies comme Nostradamus, Leonard de Vinci ou Einstein n’auraient pas eu accès à ce « savoir issu d’une bibliothèque universelle ».
L’auteure
Emily Nicolle communique avec le monde subtil depuis l’enfance. Des manifestations extraordinaires faisant partie de son quotidien, elle s’est passionnée pour cette formidable bibliothèque spirituelle et est devenue une « transmetteuse« désireuse d’aider ceux ou celles souffrant de problématiques actuelles, à mieux comprendre pourquoi la connaissance de leurs vies antérieures peut les aider à surmonter les difficultés de leur vie présente. Une thérapie qui remonte – au-delà de l’enfance et de sa psychanalyse, à un espace-temps antérieur.
Au brésil, la franc-maçonnerie est partout où vous regardez, si vous savez quoi chercher.
Une fois que vous commencez à voir les signes de l’engouement du Brésil pour la franc-maçonnerie, vous ne pouvez pas arrêter de les voir. Il y a les plus évidents, bien sûr. Il existe des autocollants pour pare-chocs, des chevalières et des bannières de loges maçonniques qui sont communs à presque toutes les régions du pays. Mais en regardant un peu plus profondément la franc-maçonnerie brésilienne, vous serez submergé par des allusions subtiles à un phénomène culturel qui non seulement a survécu au siège du pouvoir sud-américain, mais qui a prospéré.
À Paraty, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et destination touristique côtière de l’État de Rio de Janeiro, les indices sont encore plus répandus. Construite par des francs-maçons portugais il y a 250 ans, la ville est comme un sanctuaire de la maçonnerie . Les lampadaires et les colonnes des bâtiments sont gravés de chiffres géométriques et peints en bleu et blanc. Le tracé même de la ville est un clin d’œil à la géométrie maçonnique, construite sur une grille de 33 blocs.
Et au-dessus de la ville flotte son drapeau distinctif d’inspiration maçonnique, composé de trois étoiles disposées en triangle.
De nos jours, le Brésil porte de plus en plus les marques d’un pays où la franc-maçonnerie est en ascension. Alors que le nombre de membres de la fraternité dans le monde entier est généralement en déclin, il a explosé au Brésil. Il existe aujourd’hui plus de 6 000 loges maçonniques au Brésil. Dans le seul État de São Paulo, il existe plus de 800 loges affiliées au Grand Orient du Brésil, la plus grande des plusieurs instances dirigeantes maçonniques du pays. (São Paulo et la Californie ont des populations de taille similaire ; en comparaison, la Grande Loge de Californie compte un peu plus de 330 loges.) Ces chiffres continuent également de croître. Et avec eux, les manifestations extérieures de l’influence de la franc-maçonnerie au Brésil aussi.
Ce n’est pas seulement dans les villes. Promenez-vous dans une petite ville à la campagne et vous tomberez forcément sur une salle de loge maçonnique dont la simple présence semble soulever la question : comment cela est-il arrivé ici ? Pourquoi la franc-maçonnerie s’est-elle répandue comme une traînée de poudre au Brésil mais pas, par exemple, en Équateur ? Comme c’est souvent le cas dans ce pays, la réponse réside dans un mélange complexe de forces culturelles et historiques.
LA FRANC-MAÇONNERIE AU BRÉSIL : UNE HISTOIRE FIÈRE
La franc-maçonnerie a joué un rôle clé dans l’histoire du Brésil. Le premier empereur de la république, Dom Pedro I, était un maçon engagé qui, après avoir déclaré son indépendance du Portugal en 1822, nomma son conseiller et confrère maçon, José Bonifácio, premier grand maître du Grand Oriente do Brasil.
Ce lien était fondamental pour le Brésil du XIXe siècle, explique Monica Dantas, professeure agrégée à l’Université de São Paulo et experte du fraternalisme en Amérique du Sud. Les loges maçonniques étaient un « espace privilégié », dit-elle, où les pères fondateurs du Brésil pouvaient « formuler une stratégie d’indépendance sans être sous les yeux du public ». En l’absence de partis politiques ou d’un système universitaire solide, les loges constituaient un véhicule important pour diffuser une nouvelle pensée politique, y compris l’abolition de l’esclavage.
Cette histoire est toujours présente au Brésil, qui célébrera cette année le 200e anniversaire du Grand Orient . Et contrairement à de nombreux autres pays, la discrétion n’a pas nécessairement fait partie de l’équation. Les membres affichent fièrement leur affiliation à une loge et s’efforcent souvent de se reconnaître en public. En d’autres termes, la maçonnerie au Brésil est difficile à manquer. En fait, l’actuel vice-président, Hamilton Mourão, est récemment apparu sur la plus grande chaîne de télévision du pays pour parler de maçonnerie . (Un clip le montrait dans sa loge ; lorsqu’il apparaissait en studio, le groupe maison l’accueillait avec un hymne maçonnique.)
LA MAÇONNERIE BRÉSILIENNE EN TEMPS DE BOOM
La croissance a été une tendance majeure dans la maçonnerie brésilienne, en particulier au 21ème siècle. Les années de boom économique du début des années 2000 ont été cruciales pour cette expansion.
Selon la Banque mondiale, la taille de la classe moyenne brésilienne a plus que doublé en l’espace d’une décennie. Dans le même temps, l’intérêt pour la franc-maçonnerie s’est accru. De 2003 à 2009, la Grande Oriente do Brasil (GOB) a ajouté près de 500 loges et 14 000 membres. En 2013, entre les grandes loges nationales et d’État, il y avait plus de 213 000 maçons au Brésil répartis dans 6 500 loges, ce qui en fait l’une des plus grandes populations maçonniques au monde. Les célébrations du bicentenaire organisées dans chaque État ont attiré encore plus d’attention sur la fraternité. Selon Gerald Koppe Jr., grand chancelier adjoint des relations maçonniques étrangères du GOB, cette croissance du nombre de membres a considérablement réduit l’âge moyen des maçons du Brésil. Aujourd’hui, dit-il, l’âge médian des nouveaux membres est de 28 ans. « Nous initions beaucoup de jeunes de 20 et 21 ans et nous recevons beaucoup d’étudiants grâce à un travail de proximité avec les universités », dit-il. De plus, la maçonnerie est populaire parmi les membres des forces armées brésiliennes, ce qui fait baisser encore davantage l’âge de ses membres.
Cependant, les tendances démographiques ne peuvent pas expliquer entièrement la croissance de la franc-maçonnerie au Brésil. Pour beaucoup, la réponse réside dans la capacité de ses membres à marier la fraternité maçonnique avec la soif de vie sociale des Brésiliens. Ceci, dit un membre, explique le nombre croissant de loges dans les petites villes, où la maçonnerie peut favoriser des réseaux et des structures communautaires qui feraient autrement défaut. « Les gens sont fiers d’être connus comme maçons », propose-t-il. « C’est un véritable insigne d’honneur. »
Lezéro est la fonction numérique définissant mathématiquement le néant qui est utilisé, non pas comme échappatoire, mais comme aperception de la réalité.
Le zéro est un nombre terrible engagé dans une lutte étrange pour engloutir tous les nombres, à moins que ce ne soit pour tout générer.
Avant d’être un nombre il fut un chiffre et avant il n’existait même pas parmi les autres chiffres dans la conscience humaine.
L’usage des chiffres semble si évident que nous le considérons comme une aptitude innée de l’être humain. On appelle «nombre» les valeurs qui mesurent une grandeur et on appelle «chiffres» les caractères, les marques, les signes calligraphiques servant à écrire les nombres.
Il y a donc une histoire universelle des chiffres, car toutes les sociétés, de la préhistoire à l’ère des ordinateurs, ont essayé de représenter les quantités et les ordres, autrement dit les nombres. Cette histoire, hésitante et discontinue, est celle d’un événement aussi révolutionnaire que la maîtrise du feu, l’invention de la roue, l’imprimerie, la machine à vapeur ou la découverte de l’électronique.
Le premier chiffre fut sans doute une taille, un bâton qui, répété, indiquait le nombre d’éléments à dénombrer. Puis, par commodité de perception de grandeurs importantes, les sociétés primitives en firent des paquets. À partir de ce principe, les hommes ont pu concevoir des assemblages-modèles auxquels ils pouvaient se référer. Ainsi, un os sur lequel on avait pratiqué vingt entailles pouvait servir à dénombrer vingt hommes, vingt chèvres ou vingt fourrures. À cette fin, les hommes, sous divers cieux, ont usé de coquillages, de perles, de fruits durs, d’ossements, de noix de coco, de bâtonnets, de boulettes d’argiles, de graines de cacao et même de bouses séchées. L’impôt, autrefois, prélevé par les seigneurs et rois français, fut appelé taille car leurs collecteurs avaient l’habitude de marquer ainsi sur une planche de bois ce que donnait chaque contribuable. Le même système servait encore au début du XIXe siècle en Angleterre pour certifier le paiement des impôts ou pour comptabiliser les rentrées et sorties d’argent. Curieusement, ce système survécut, jusqu’en 2013, dans l’article 1333 du code civil français.
Pour compter plus vite, les premières sociétés eurent l’idée du regroupement par paquet. Il y a 5000 ans les égyptiens utilisaient un bâton vertical pour l’unité, un os de talon pour 10, une lanière ondulante pour 100. Le regroupement fut de 5 pour l’homme des cavernes, ou par 10 (le scribe égyptien), voire par 60 (le babylonien). Dans chacun de ces systèmes des signes différents sont utilisés pour exprimer les valeurs de chacun des groupes, souvent des lettres de l’alphabet comme chez les Hébreux, les grecs, les romains. Ainsi 1, 5, 10, 50, 100 et 1000 chez les romains furent représentés par I, V, X D, C, M. Et par combinaison des symboles et de leur place les uns par rapport aux autres, on obtient un nombre. On comprend dès lors la difficulté mathématique d’additionner de grands nombres en chiffres romains. L’écriture des chiffres la plus extravagante fut celle des Mayas qui utilisaient 20 glyphes différents, têtes grotesques dessinées représentant 20 valeurs différentes.
Et pourtant au commencement, le zéro n’existait pas. Il s’agissait de compter, d’énumérer, d’évaluer des choses du réel, et l’on n’a pas besoin du zéro pour dire qu’il n’y a pas de cette chose. Le zéro n’existait donc pas. Le zéro n’est jamais utilisé dans la Bible. En Égypte, aucun hiéroglyphe ne lui correspond. Tout d’abord, les égyptiens surent se passer du zéro parce que l’utilité de leurs mesures était essentiellement tournée vers le comptage des jours et vers le bornage des terres. Chaque année, le Nil, en inondant le delta, dépose une couche d’alluvions qui efface les limites des propriétés, empêchant de reconnaître les parcelles des fermiers. Or, en Égypte, s’approprier le sol d’un voisin était un crime aussi grave que se parjurer, tuer quelqu’un ou se masturber devant le temple. Des contrôleurs étaient chargés par Pharaon de rétablir le bornage, les mathématiques ne visaient donc qu’à délimiter les surfaces de terrain, à des fins cadastrales. Cela se faisait à l’aide de cordes nouées pour marquer les angles droits, divisant les parcelles en triangles et rectangles ; ainsi naquit la géométrie qui marqua profondément la civilisation du bassin méditerranéen. Les Grecs s’en inspirèrent ; on sait que Pythagore et Thalès étudièrent en Égypte. Et dans ces mathématiques pratiques, point besoin du zéro, qui en tant que rien est un pur concept.
Le zéro fut découvert par les Chinois. Les inscriptions sur os et écailles nous apprennent que, dès les 14ème – 11ème siècles avant J.-C., les Chinois utilisaient une numération décimale de type «hybride», combinant dix signes fixes pour les unités de 1 à 9, avec des marqueurs de position particuliers pour les dizaines, centaines, milliers et myriades.
La première apparition du zéro, à Babylone, semble remonter au IIIe siècle av. J.-C. mais il n’était pas utilisé dans les calculs et ne servait que comme marquage d’une position vide dans le système de numérotation. Les babyloniens avaient commencé à utiliser une marque (deux coins inclinés) pour indiquer une colonne vide sur leurs tables d’abaque. Ce marque-place permettait de donner aux autres chiffres leur place exacte et par là de définir la valeur du nombre représenté. De même, il sera utilisé par les Mayas durant le 1er millénaire, uniquement comme chiffre, dans leur système de numération de position et non comme nombre.
Son usage moderne, à la fois comme chiffre et comme nombre, est hérité de l’invention indienne des chiffres nagari. Vers le Ve siècle, le mot indien désignant le zéro était śūnya, qui signifie «vide», «espace» ou «vacant». Ce mot, traduit en arabe par «sifr» qui signifie également «vide» et «grain», est la racine du mot chiffre, et zéro vient de ce que Fibonacci a traduit l’arabe Sifr par l’italien zephirus, à partir duquel il a formé zevero qui est devenu zéro.
Curieux paradoxe ! Nommer le rien, c’est pourtant lui donner une existence, une valeur. Parvenir à concevoir que le vide puisse et doive être remplacé par un graphisme ayant précisément pour signifiant le vide, telle est l’ultime abstraction qui a nécessité beaucoup de temps, beaucoup d’imagination et, certainement, une grande maturité d’esprit. Certes, au début, ce concept ne fut que le synonyme de la place vide ainsi comblée. Mais on s’aperçut peu à peu, par la force de l’abstraction, que «vide «et «rien», conçus d’abord comme des notions distinctes, étaient en réalité deux aspects d’une seule et même chose. C’est ainsi que le signe du zéro a fini par symboliser la valeur du nombre «nul».
La graphie du zéro c’est d’abord un cercle ; elle est inspirée de la représentation de la voûte céleste. En effet, le zéro se vit attribuer toute une panoplie de synonymes qui désignaient littéralement le ciel, l’espace, l’atmosphère, le firmament ou la voûte céleste. En sanskrit, infini, voyage sur l’eau, pied de Visnu, plénitude, infinité, achèvement, sont aussi des termes qui évoquent le zéro dans la poétique indienne de cette époque. Il en est de même pour le mot «akasha», qui évoque l’éther, le dernier et le plus subtil des cinq éléments de la philosophie hindoue, l’essence de tout ce qui est supposé incréé et éternel, l’élément qui pénètre l’immensité de l’espace, voire l’espace lui-même. L’identification de l’éther au vide ne posa pas de problème du fait qu’il était considéré comme la condition de toute expansion corporelle et le réceptacle de toute matière se manifestant sous la forme des 4 éléments (terre, eau, feu, air). Autrement dit, une fois que le zéro eut été expérimenté, on s’aperçut que le «akasha» remplissait dans l’existence un rôle majeur comparable à celui tenu par le zéro dans la numération de position, dans le calcul, pour les mathématiques, pour les sciences et pour les techniques.
Les mots symboles du zéro, évoquant principalement les idées de ciel, d’espace, le cercle furent naturellement la première représentation graphique du zéro, sunya chakra. Le point en fut aussi une représentation, parce que c’est un objet sans dimension, sunya bindu. Au-delà de son aspect géométrique, le bindu était pour les hindous le symbole de l’univers dans sa forme non manifesté, et donc une représentation de l’univers avant sa transformation en monde des apparences. Selon les philosophies indiennes, cet univers incréé est doté d’une énergie créatrice capable de tout engendrer : le point causal.
Il est même qualifié de saint « graal numérique » par un archéologue plein d’humour.
Le mathématicien et astronome indien Brahmagupta est le premier à définir le zéro en tant que nombre. En 628, dans un traité d’astronomie appelé le Brahma Sphuta Siddhanta, Brahma gupta (598-660) définira le zéro comme la soustraction d’un nombre par lui-même (N – N = 0). Brahmagupta donnera dans son ouvrage les règles des opérations effectuées avec le zéro, appelant «biens» les nombres positifs, «dettes» les nombres négatifs et le « zéro » pour le nombre nul.
– Zéro soustrait d’une dette est une dette. – Zéro soustrait d’un bien est un bien. – Zéro soustrait de zéro est zéro. – Une dette soustraite de zéro est un bien. – Un bien soustrait de zéro est une dette. – Le produit de zéro multiplié par une dette ou un bien est zéro. – Le produit de zéro multiplié par zéro est zéro. – Le produit ou le quotient de deux biens est un bien. – Le produit ou le quotient de deux dettes est un bien. – Le produit ou le quotient d’une dette et d’un bien est une dette.
En occident, l’introduction du zéro est consécutive à la traduction des travaux des mathématiciens musulmans, vers le VIIIe siècle, notamment ceux d’al-Khwārizmī (L’algèbre ou science des équations vient du titre de son livre Al-Jabr). Les chiffres arabes sont importés d’Espagne en Europe chrétienne aux environs de l’an mil par Gerbert d’Aurillac, devenu le pape Sylvestre II. Le zéro ne se généralise pas pour autant dans la vie courante, les chiffres dits arabes servant surtout… à marquer les jetons d’abaque de 1 à 9 ! Certains calculateurs préférèrent utiliser des jetons avec des chiffres romains ou des lettres grecques plutôt que d’utiliser les «signes diaboliques» de ces «suppôts de Satan» qu’étaient alors les Arabes. Gerbert lui-même n’échappa pas à cet esprit d’arrière-garde : on en vint à murmurer qu’il fut alchimiste et sorcier et, qu’en allant goûter à la science des «infidèles Sarrazins», il avait sûrement dû vendre son âme au Diable. Grave accusation qui poursuivra le savant plusieurs siècles à tel point qu’en 1648 l’autorité pontificale jugera nécessaire de faire ouvrir le tombeau de Sylvestre II pour vérifier si les diables de l’Enfer ne l’habitaient pas encore…!
Et oui, le zéro provoqua des conflits meurtriers. Le zéro était le symbole de nouvelles théories, du rejet d’Aristote et de l’acceptation du vide et de l’infini. Les camps philosophiques punissaient leurs traîtres par le bûcher chez les chrétiens, tandis qu’en Orient, au 11ème siècle, persister dans la doctrine d’Aristote entraînait la peine de mort pour les penseurs musulmans.
La chrétienté rejetait le zéro mais le commerce le réclamait.
Et ce fut Léonard de Pise, dit Fibonacci, qui eut une influence déterminante. Il reste plusieurs années en Afrique du Nord et étudie auprès d’un professeur local. Il voyage également en Grèce, Égypte, Proche-Orient et confirme l’avis de Sylvestre II sur les avantages de la numération de position. En 1202, il publie le Liber Abaci, recueil qui rassemble pratiquement toutes les connaissances mathématiques de l’époque, et malgré son nom, apprend à calculer sans abaque. Et c’est ainsi qu’avec le retour du commerce intensif, consécutif aux Croisades, que les Européens généralisent, au XIIe siècle, l’usage du zéro. Le zéro arrive, enfin, en occident. Mais comme pour les autres chiffres, le zéro fait une entrée laborieuse dans le langage mathématique. Il souffre des vestiges de la pensée de l’Antiquité, mais aussi de la méfiance de l’Église.
Cela nous paraît si évident aujourd’hui, qu’il est plus facile d’imaginer Sisyphe heureux qu’un monde où le caractère zéro n’existerait pas. Alors essayons de comprendre pourquoi les égyptiens, les Grecs et les Romains détestaient le zéro.
Les peuples de l’Antiquité avaient peur du zéro ! Peur du nombre zéro et donc de sa représentation en chiffre. Dans les Traditions les plus anciennes, le tohu-bohu, vide et désordre, était la constitution primordiale du cosmos. Symbole du Néant, du Vide Absolu, du non manifesté, du Chaos originel, le zéro inspirait l’effroi d’un monde qui pourrait retourner à son état naturel primitif. La crainte du zéro allait plus loin encore que ce malaise face au vide. Pour les anciens, les propriétés du zéro étaient inexplicables car le zéro ne se comporte pas comme les autres nombres : au royaume des nombres, des lois s’imposent à tous, sauf à zéro. Additionnez un nombre avec lui-même, il change : 1 + 1 = 2 ; mais 0 + 0 = 0. Non seulement le zéro refuse de grandir mais il empêche les autres nombres de grandir : 1 + 0 = 1. Zéro nie les jeux de l’addition et de la soustraction (1 – 0 = 1).
Et surtout, ce nombre sans substance réussit à saper les plus simples calculs, comme ceux de la multiplication et de la division. Zéro, multiplié par n’importe quoi, donnera toujours zéro. Ce nombre infernal télescope la ligne des nombres en un seul point. Il anéantit les nombres en les retirant à l’existence, pour en faire du rien, du vide. Multiplier une valeur par zéro revient à retirer cette valeur d’elle-même : 0 x N = N – N = 0
Des choses encore plus étranges apparaissent dans la division par zéro : Elle est un non-sens. Si l’on s’obstine à diviser par zéro, on détruit toutes les fondations de la logique et des mathématiques.
Plus que vous soumettre à une épreuve de mathématique, voici pour amuser la démonstration suivante :
Prenons a et b tel que a = b = 1. Nous pouvons écrire que : a2 = a2. Nous pouvons aussi écrire que b2 = ab. En soustrayant les deux équations cela donne a2 – b2 = a2 – ab. Une mise en facteur nous donne (a + b) (a – b) = a (a – b). Maintenant divisons chaque côté par (a – b, qui est égal ne l’oublions pas à zéro), on obtient (a + b) = a. En ôtant a de chaque côté, l’équation devient b = 0 et donc avec b = 1 Þ 1 = 0 !! Quelle que soit la valeur de b, nous pouvons ainsi montrer que 1 ou 20 ou 2020 sont égaux à zéro, que celui qui a 2 bras et 2 jambes n’a pas de bras !!! Diviser par zéro détruit la charpente des mathématiques. Souvenons-nous de ce que l’on appelle le domaine de définition ou l’existence d’une courbe : un monde dans lequel on exclut la division par zéro. Un des premiers ordinateurs, grilla toutes ses ampoules, s’extermina en somme, parce qu’on lui demanda d’effectuer un calcul dans lequel lui fut soumis une division par zéro.
Ainsi le zéro est puissant parce qu’il triomphe des autres chiffres, rend folles les divisions. Il est le frère jumeau de l’infini.
C’est en tant que représentation du vide que le zéro fut rejeté par la pensée grecque. Pour Aristote, il n’y a rien qui soit rien, rien ne naît de rien, il n’y a pas de vide. Le cosmos est «prisonnier» dans des sphères de différentes tailles qui émettent de la musique, l’harmonie des sphères. Ce n’est pas l’ignorance qui conduisit les Grecs à rejeter le zéro mais leur philosophie. Le zéro était en conflit avec leur croyance fondamentale. Au cœur de leur philosophie, le point le plus important tenait dans cette révélation : tout est nombre. Et c’est en géométrie et en termes de relations des nombres que se posaient les grands problèmes de l’époque. Dans les ratios, le zéro est un nombre qui n’a aucun sens. Le zéro creusait un gouffre dans l’ordonnancement de l’univers pythagoricien ; il ne fut donc pas toléré.
L’univers grec créé, notamment par Pythagore et Aristote survécut dans la pensée occidentale médiévale. Pour eux, tout l’univers était réglé par des proportions et des figures géométriques. Le cosmos était fini et entièrement rempli de matière. Il n’y avait pas d’infinité, il n’y avait pas de zéro. Cette manière de penser avait une autre conséquence, ce qui explique pourquoi la philosophie d’Aristote perdura si longtemps, son système prouvait l’existence de Dieu. Dans leur quête de sagesse, les érudits médiévaux ne se tournaient pas vers leurs pairs, mais vers les Anciens, vers les néoplatoniciens et surtout vers Aristote. Ce que l’on peut retenir de l’œuvre d’Aristote, c’est une espèce d’encyclopédie présentant ses observations dans des domaines du ciel et de la terre, l’astronomie, la physique, la biologie, qui pose en toute chose le questionnement du «pourquoi cela existe» et qui conclut à chaque fois par l’éternité en soi des choses subordonnée à une énergie initiale créatrice, Dieu. Il affirmait de plus que la terre était unique et au centre de l’univers. Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin christianisa cette théologie, dans Les commentaires philosophiques sur Aristote. L’enseignement du «Docteur Angélique» sera retenu comme la plus solide, la plus sûre et la plus sobre des doctrines catholiques.
Les penseurs chrétiens considéraient le vide comme … le diable, et le diable comme le vide ! Pour cette raison, l’Occident ne put accepter le zéro jusqu’au XVIe siècle. Les conséquences en furent un ralentissement des progrès en mathématiques et un étouffement des innovations scientifiques. Le point de fuite dans la peinture de Brunelleschi, cette singularité qui ramasse l’univers dans un espace minuscule et donne la perspective, le système cartésien, les expériences de Pascal sur le vide, le calcul différentiel de Newton, les mesures quantiques de Planck participèrent, depuis, au triomphe du zéro.
Alors, aujourd’hui, la question essentielle du zéro peut se ramener à ceci : comment du zéro, du rien est sorti quelque chose.
Si on vous demande qu’est-ce qui vous intrigue dans la cosmologie, vous pourriez répondre : «la réponse est dissimulée dans la question : l’intrigue» !
À quel genre d’intrigue doit-on alors s’attendre en étudiant la cosmologie ? Un numéro du Scientific American en propose une excellente : comment peut-on comprendre la succession des phénomènes survenus pendant l’âge sombre de l’Univers, avant son passage de l’opacité du néant à la transparence de la création? Comme nous ne disposons pas de données observationnelles pour cette période, comment peut-on aussi rétablir cette chronologie ? Et bien c’est grâce au zéro ! L’Univers est-il éternel ? Existe-t-il depuis toujours ou, au contraire, a-t-il eu un commencement ? Et dans ce cas, y avait-il «quelque chose» avant sa naissance ? Ces questions, les physiciens les connaissent depuis longtemps, mais les redoutent : ils savent combien il est difficile, voire impossible, d’y répondre.
L’ère de Planck désigne la période d’Univers qui s’étendrait jusqu’à 10-43 secondes à compter de l’hypothétique instant zéro[1].
À partir de là démarre le Big Bang et la fantastique expansion qui a dispersé la matière, marquant l’origine physique de l’Univers. Or, pour la première fois, grâce à des instruments mathématiques très puissants que l’on appelle les «groupes quantiques», il devient possible de lever un coin du voile «avant» le Big Bang, sur le mystère originel de l’Univers. Dans l’abîme vertigineux qui commence derrière le mur de Planck, au cœur des ténèbres, les calculs montrent qu’à cette époque, où rien de ce qui nous est familier n’existait encore, une sorte de «tempête» primordiale faisait ployer la gravitation, mélangeait l’espace et le temps eux-mêmes en d’effroyables tourbillons. Cette immense tempête se déchaînait à l’aube des temps, entre l’instant zéro et l’ère de Planck ; elle déferlait sur tout le «paysage» primitif de ce qui n’était pas encore le monde. Si nous avions pu assister à ce qui se passait à cette lointaine époque, nous aurions «vu» une sorte d’océan immense rouge et bleu sombre, creusé de vagues violettes, d’écumes et de tourbillons. Dans ce monde-là, nous n’aurions fait aucune différence entre le futur et le passé, et nous aurions été incapables d’évaluer la moindre distance dans l’espace. Par exemple, il deviendrait impossible de donner rendez-vous à un ami : en imaginant qu’il soit juste devant vous, l’instant suivant il se trouverait à 1000 kilomètres ; et au lieu d’être «stable dans le temps», il surgirait soudain dans le passé ou dans l’avenir, de façon totalement imprévisible.
Pourquoi ces incroyables phénomènes ? Parce que «là-bas», ce qu’on appelle notre «métrique», c’est-à-dire ce qui nous permet de mesurer les choses et de distinguer naturellement le temps de l’espace, n’est plus valide. À l’échelle de Planck et en deçà, le temps et l’espace «fluctuent», se déforment, se trouvent superposés, pour finalement former un mélange complexe impossible à concevoir. Les photos, prises par la sonde W.m.a.p. (Wilkinson Microwave Anisotropy Probe est un observatoire spatial américain de la NASA), qui ont permis de réaliser la première carte complète du fond diffus cosmologique, sont les premières confirmations de ces fluctuations primordiales de l’espace-temps.
Le fond diffus cosmologique est un rayonnement électromagnétique provenant de l’Univers, et qui frappe la Terre de façon quasi uniforme dans toutes les directions. Il est considéré comme étant un reliquat de l’époque dense et chaude qu’a connue l’Univers il y a environ 13 milliards d’années, conformément aux prédictions des modèles de Big Bang, une carte de la sphère céleste montrant les fluctuations (ou anisotropie) du fond diffus cosmologique observées par le satellite WMAP (juin 2003). Ce faible rayonnement est aussi connu sous le nom de rayonnement fossile ou rayonnement à 3K (en référence à sa température). À noter qu’aucun de ces noms ne correspond exactement à sa traduction anglaise de Cosmic Microwave Background Radiation
Mais y a-t-il encore un autre monde «en-dessous» du monde quantique ?
Un univers plus petit que tout et qui aurait une taille nulle ? Ce monde-là, ce troisième monde, existe bel et bien au-delà de la tempête quantique, tout au fond du cône de lumière. Là-bas, la matière, l’énergie, toutes les forces qui nous sont familières ont disparu. C’est le point zéro de l’Univers. Ce point mystérieux qui, au début du XXe siècle, avait hanté Einstein et le mathématicien russe Alexandre Friedmann, l’inventeur du Big Bang. Depuis les années 1970, l’existence de ce qu’on appelle aujourd’hui la «singularité initiale» a été prouvée par Stephen Hawking, de l’université de Cambridge, et Roger Penrose, de l’université d’Oxford. Sans dimension, hors du temps, la singularité à l’origine de notre Univers représente un état d’information pure. Invariant, immuable, reflet de l’ordre le plus élevé que puisse concevoir l’esprit humain, ce point fantastique ne peut être décrit que par ce que les mathématiciens appellent un «invariant topologique». En imaginant, encore une fois, que nous puissions nous rendre sur ce point zéro, ce que nous verrions alors serait très surprenant. Nous serions d’abord sidérés par le silence absolu. Ce monde très étrange nous paraîtrait totalement figé, immobile comme pour l’éternité.
En fait, au point zéro, il n’y a plus de forces, plus d’énergie, plus de matière, et même plus d’espace ni de temps. Il ne reste qu’une seule et ultime chose : une information. Cette même information dont Stephen Hawking reconnaissait l’existence au fond des trous noirs. Contrairement à ce qui se passe chez nous, le temps à l’origine ne s’écoule plus : il est «figé». Plus exactement, comme l’indiquent les équations d’Einstein, sous l’action de la gravitation alors immense, le temps qui nous est familier n’est plus réel (comme chez nous, avec un avant et un après), mais purement imaginaire (au sens que les mathématiciens donnent à ce mot : au point zéro, en raison de la courbure infinie, la droite du temps réel a pivoté de 90 degrés dans le plan complexe et est désormais imaginaire). Ce temps étrange, sans avant ni après, ne peut donc plus se comprendre comme marquant une évolution des événements en mouvement, mais comme portant une information étendue sur une réalité globale et immuable. C’est dans ce sens que ce monde-là n’est pas encore un monde d’énergie : c’est une essence mathématique.
Tout ceci est tellement éloigné de notre expérience et même de nos intuitions les plus folles qu’il nous semble difficile d’y croire. Et pourtant, la réalité de cet univers commence aujourd’hui à être décelée à la faveur de deux théories toutes récentes : la théorie des groupes quantiques et la théorie topologique des champs. Grâce à ces deux approches, il nous devient progressivement possible de mieux comprendre la nature profonde de ce qui peut exister au temps de Planck. Les groupes quantiques, ces algèbres «déformées» comparables à une sorte de loupe qui viendrait agrandir la surface d’une page écrite pour mieux en distinguer les détails, nous ont permis de plonger au cœur du Big Bang et de traverser la barrière d’énergie qui surgit au mur de Planck. Et derrière ce mur, la théorie topologique des champs, qui ne mesure plus l’évolution d’un système en temps réel mais en temps imaginaire pur, nous a permis de «voir» la réalité ultime de la fantastique information qui précède notre univers physique.
Finalement, l’idée d’une information mathématique à l’origine des choses nous est proche, étrangement familière : la graine minuscule ne contient-elle pas toute l’information nécessaire au développement d’un arbre gigantesque ? Un être humain n’exprime-t-il pas, dans toute sa complexité, une information génétique seulement visible au microscope ? De même qu’il existe un code génétique à l’origine des êtres vivants, nous pourrions imaginer un code mathématique à l’origine de l’Univers tout entier. Et si le cosmos qui nous entoure a bien un sens, alors c’est que – peut-être – il contient en lui, dès l’origine, une information incroyablement complexe, une essence non physique qui le travaille, l’oriente, le réalise. Et c’est peut-être ce qui a fait dire au physicien Neil Turok, l’un des plus proches collaborateurs de Stephen Hawking, «l’Univers tout entier a jailli, de manière splendide, d’une seule et unique formule, d’un code mathématique engendrant la Création».
De même, la kabbale place la notion de zéro dans le « point » caché dont tout procède. Il est placé aux confins de la séphira Kéther et de l’Aïn, le rien, le mystère de l’éther pur et insaisissable.
Alors le zéro, ce rien ne peut-il pas tout ? Parce que si un tel code mathématique existe, forcément il est enfoui dans le zéro.
[1] Période de l’histoire de l’Univers au cours de laquelle les quatre interactions fondamentales (électromagnétisme, interaction faible, interaction forte et gravitation) étaient unifiées, c’est-à-dire qu’elles s’appliquaient en même temps, ce qui empêche de la décrire à l’aide de la relativité générale ou de la physique quantique, puisque ces théories sont incomplètes et ne sont valables que quand la gravitation et les effets quantiques peuvent être étudiés séparément
Le Temple du roi Salomon, également connu sous le nom de Premier Temple, revêt une grande importance dans les contextes religieux et historiques du judaïsme, du christianisme et de l’islam.
Le temple a été construit sous le règne du roi Salomon, le troisième roi d’Israël, au 10ème siècle avant notre ère. Il était considéré comme le centre spirituel de l’ancien Israël, servant de lieu de culte et abritant l’Arche d’Alliance.
Dans cet article, nous approfondissons l’histoire de la construction et de la destruction éventuelle du Temple de Salomon, ainsi que son débat scientifique en cours et son impact culturel.
Le roi Salomon et la connexion du Temple
Le roi Salomon, fils du roi David et de Bethsabée, dirigeait le royaume-uni d’Israël au 10e siècle avant notre ère. Selon la Bible hébraïque, Salomon était un dirigeant sage et prospère. L’une de ses réalisations les plus connues a été la construction du temple de Jérusalem, destiné à servir de lieu de culte et de lieu de stockage des objets religieux d’Israël, tels que l’Arche d’Alliance.
La Bible hébraïque, en particulier les livres des Premiers Rois et des Secondes Chroniques, raconte la construction du Temple de Salomon. Ce récit prétend que Salomon a construit le temple pour honorer Dieu et solidifier le culte de Yahweh par Israël. Le temple a été conçu pour être non seulement une représentation physique de la présence divine, mais également un axis mundi reliant le ciel et la terre.
La datation de la construction du temple et l’identité de son constructeur ont fait l’objet de débats parmi les érudits. L’opinion généralement acceptée est que le Temple de Salomon a été construit vers le milieu du Xe siècle avant notre ère. Cependant, d’autres érudits proposent des dates alternatives pour la construction du temple, allant du XIIe au VIIIe siècle avant notre ère. Certains prétendent que le temple n’a pas été construit par Salomon mais par d’autres dirigeants, comme Omri ou Achaz.
Construction et Architecture
La Bible hébraïque décrit la construction du temple. Le temple mesurait environ 90 pieds de long, 30 pieds de large et 45 pieds de haut. Il a été conçu avec trois sections principales : le porche, le Lieu Saint et le Saint des Saints.
Les caractéristiques architecturales du Temple de Salomon ont été fortement influencées par d’autres temples anciens du Proche-Orient. Le temple a été construit avec de la pierre, du bois de cèdre et de l’or. Des blocs de pierre constituaient les fondations et les murs, tandis que le bois de cèdre était utilisé pour les poutres, le toit et le plancher. L’or ornait plusieurs parties du temple, notamment ses murs, son mobilier et ses objets sacrés.
Le temple contenait plusieurs éléments uniques dans sa conception. Par exemple, il comportait deux piliers massifs et autoportants connus sous le nom de Jachin et Boaz. De plus, les murs du Temple de Salomon étaient ornés de sculptures complexes de chérubins, de palmiers et de fleurs épanouies.
L’authenticité du récit biblique de la construction du Temple de Salomon fait l’objet de débats parmi les érudits. Alors que certains pensent que le temple décrit dans la Bible était une réalité historique, d’autres soutiennent qu’il s’agit d’une construction littéraire et théologique qui amalgamait divers concepts religieux et événements historiques.
Le Saint des Saints
Le Saint des Saints, également connu sous le nom de sanctuaire intérieur, était la chambre la plus sacrée du temple. Seul le Grand Prêtre était autorisé à entrer dans le Saint des Saints, et même alors, ce n’était qu’une fois par an, le Jour des Expiations. Le but de cette restriction était de maintenir le caractère sacré de l’espace et de le protéger de la contamination humaine.
L’Arche d’Alliance était un coffre orné contenant les Dix Commandements inscrits sur deux tablettes de pierre. Cet artefact sacré résidait dans le Saint des Saints, symbolisant la présence de Dieu parmi les Israélites. L’Arche renforçait le caractère sacré du temple et sa fonction unique dans la vie religieuse de l’ancien Israël.
Fonction et culte
Le Temple de Salomon fonctionnait principalement comme une maison d’assemblée et de culte pour les Israélites. C’était le centre des pratiques religieuses qui comprenaient des sacrifices, des prières et des rituels. Le temple jouait également un rôle central dans la célébration de fêtes et de cérémonies religieuses, telles que la Pâque et le pèlerinage annuel connu sous le nom de Fête des Tabernacles.
Les pratiques religieuses menées dans le Temple étaient diverses et centrales dans la culture israélite. Les sacrifices, tels que les holocaustes et les offrandes de paix, étaient organisés comme moyen de communication avec Dieu. Le temple était également le lieu des rituels lévitiques, des rites de purification et de la pratique de la dîme. Ces pratiques constituaient l’épine dorsale de la vie religieuse des Hébreux et de leur cohésion sociale.
Destruction et conséquences
En 587 avant notre ère, le roi Nabuchodonosor II de Babylone envahit Jérusalem, entraînant finalement la destruction du Temple. Cet événement, connu sous le nom d’exil babylonien, a eu un impact profond sur les croyances religieuses et l’identité du peuple juif.
La destruction du Temple de Salomon a marqué le début d’une période de transformation religieuse au sein de la population. La perte du temple physique a forcé une reconsidération des pratiques religieuses, conduisant finalement au développement du monothéisme. Cette transition impliquait une nouvelle concentration sur l’étude et l’interprétation de la Torah, plutôt que sur les rituels et les sacrifices autrefois menés au temple.
Preuves archéologiques et débat
Bien qu’aucune preuve archéologique définitive n’ait été découverte permettant d’identifier de manière concluante les vestiges du Temple de Salomon, plusieurs découvertes dans et autour de Jérusalem suggèrent l’existence possible d’un temple dans la région. Les fouilles sur le Mont du Temple ont révélé des structures et des artefacts de la période du Premier Temple, tels que l’inscription d’Ophel et des tessons de poterie.
Les preuves archéologiques du Temple de Salomon ont suscité un débat important parmi les chercheurs. Certains soutiennent que le temple existait effectivement tel que décrit dans la Bible hébraïque, tandis que d’autres soutiennent que le temple, s’il existait, était probablement une structure moins grandiose que celle décrite dans le récit biblique. À mesure que les méthodes et technologies archéologiques continuent de progresser, la quête pour comprendre la réalité historique du Temple de Salomon persiste.
Conclusion
Le Temple de Salomon reste un symbole durable d’importance religieuse, historique et culturelle. Son histoire met en lumière la complexité des anciennes croyances religieuses israélites et le débat autour de l’authenticité des récits bibliques. La destruction du temple et son influence durable sur le monothéisme révèlent la résilience et l’adaptabilité des traditions religieuses face à l’adversité. Alors que les érudits continuent de rechercher des preuves définitives, l’héritage énigmatique du temple perdure comme un témoignage du pouvoir de la foi et de l’imagination humaine.
ARTICLE RÉDIGÉ PAR : Maarten Moss
Maarten Moss écrit régulièrement en tant qu’auteur invité
La Respectable Loge d’Études et de Recherche République Universelle, les Respectables Loges Sub Rosa et Léonard de Vinci vous convient à la conférence publique sur « L’idéal républicain de 1792 à nos jours ».
Christophe Devillers, rédacteur en chef de la revue Humanisme, animera cette belle soirée. Comme un hommage à ce jour de septembre 1792, le 21 très exactement, jour où les députés de la Convention, réunis pour la première fois, décident à l’unanimité l’abolition de la monarchie constitutionnelle en France.
Philippe Foussier, Grand Maître du Grand Orient de France de 2017 à 2018, introduira cette conférence publique.
Plaque située à l’emplacement de la Salle du Manège où siégèrent les diverses assemblées nationales pendant la Révolution et où fut abolie la Royauté le 21/9/1792. Rue de Rivoli contre la grille du jardin, Paris 1er arr.
Une soirée qui verra les interventions d’Olivier Bétourné*, éditeur et auteur, notamment, de L’esprit de la Révolution française (Seuil, 2022), Jean-Numa Ducange, Professeur des universités et auteur de
La Révolution française et l’histoire du monde (Armand Colin, 2014),et d’Anne de Mathan, Professeur des universités et auteur, entre autres, de Girondins jusqu’au tombeau-Une Révolte bordelaisedans la Révolution (Éd. Sud Ouest, 2004),
Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France.
En présence de Guillaume Trichard, Grand Maître du Grand Orient de France, qui tiendra des propos de conclusion.
*Olivier Bétourné est historien et éditeur. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, élève d’Albert Soboul (1914-1982) alors titulaire de la chaire d’histoire de la Révolution française à la Sorbonne, il est notamment l’auteur (avec Aglaia I. Hartig) de Penser l’histoire de la Révolution–Deux siècles de passion française (La Découverte, 1989). Il est, par ailleurs, cofondateur et président de l’Institut Histoire et Lumières de la pensée.
Temple Groussier – Crédit photo GODF
Infos pratiques :
Conférence publique, ouverte à tous et gratuite
Mercredi 20 septembre 2023 à 19h–Accueil du public à partir de 18h
Grand Orient de France 16, rue Cadet – 75009 Paris/Temple Arthur Groussier
Pour des raisons de sécurité et d’accueil, l’insciption est obligatoire sur
Signes secrets des maçons à Saint-Pétersbourg : comment les regarder et où se déroulaient les réunions des loges maçonniques
La société secrète des francs-maçons a toujours attiré les non-initiés avec ses mystères. C’est à Saint-Pétersbourg qu’apparurent les premières loges maçonniques de Russie, et les signes des maçons se retrouvent sur les dominantes architecturales. La vérité sur les secrets maçonniques de Saint-Pétersbourg se trouve dans le programme « Un autre Pétersbourg » et dans notre matériel.
Pierre Ier était-il franc-maçon ?
La franc-maçonnerie est l’un des phénomènes culturels les plus mythifiés, mystérieux et intéressants pour les amateurs de mysticisme. C’est à la fois une philosophie et une sorte de religion, mais l’essentiel est une immense fraternité avec un réseau de loges ramifiées. Depuis plus de trois siècles, la franc-maçonnerie existe en Russie.
Les maçons sont entrés dans notre pays à une époque par la « fenêtre sur l’Europe » ouverte par Pierre Ier. C’est ainsi que doit son nom le docteur en sciences historiques, professeur au Département d’histoire de l’Université pédagogique d’État de Russie. A. I. Herzen Yuri Kondakov :
– À partir de Pierre Ier, la Russie s’est ouverte aux influences étrangères, et l’un des conducteurs et des voies de cette influence a été la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie en tant que phénomène est entrée sur la scène politique en Angleterre en 1721, lorsque la première Grande Loge au monde a été créée. Mais les loges maçonniques existaient avant cela.
L’un des sujets les plus passionnants de l’histoire de la franc-maçonnerie de Saint-Pétersbourg est la question : Pierre Ier lui-même était-il franc-maçon ? Notre expert estime qu’il ne s’agit là que d’une légende persistante. Bien qu’il soit considérablement alimenté par le monument à Pierre Ier, situé sur la digue du palais, le même où le souverain est personnellement engagé dans la construction du bateau.
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Ce monument contient une boussole et une équerre – les emblèmes maçonniques centraux. Et ils reposent sur une pierre non taillée – et les membres de la confrérie, comme vous le savez, se considèrent comme des « maçons ».
« Mais, d’un autre côté, il s’agit peut-être d’une interprétation généralement maçonnique des activités de Pierre, qui a coupé le bloc intact de la Russie et l’a placé dans les rangs des pays européens les plus développés et avancés », estime l’historien. – Il est très peu probable que Pierre ait été l’un des premiers frères maçonniques en Russie. En Europe, personne n’en a jamais parlé ni évoqué. Bien que la légende maçonnique raconte que la loge de Neptune a été la première à être créée en Russie, qui comprenait Lefort, Gordon et Peter.
Mais l’un des véritables maçons de Saint-Pétersbourg les plus célèbres était Ivan Elagin, dont on peut voir le palais dans le parc du même nom. C’est lui qui fonda la grande loge provinciale, qui contrôlait 14 autres loges russes.
Quant à la franc-maçonnerie des empereurs, beaucoup pensent que Paul et Alexandre Ier étaient membres de la confrérie, mais, comme l’a noté l’historien, il n’y a aucune preuve de cela.
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Véritables objets maçonniques au musée de Saint-Pétersbourg
De véritables artefacts associés aux francs-maçons et appartenant aux membres des loges maçonniques de Saint-Pétersbourg peuvent être vus de vos propres yeux au Musée national de l’histoire de la religion, situé dans la rue Pochtamtskaya. Comme l’a déclaré à « 78 » Marina Ptichenko, chef du département de conception scientifique des expositions et des expositions du musée, l’intérêt pour l’histoire de la franc-maçonnerie à Saint-Pétersbourg est très élevé :
– C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser un fonds de stockage ouvert, où nous pourrions exposer certains de ces objets maçonniques qui nous permettent de parler de l’histoire et du symbolisme de la franc-maçonnerie. Malheureusement, ces objets ne sont pas très nombreux, mais ils sont étonnants.
Marina Ptichenko nous a montré deux pendentifs en or et a raconté leur histoire :
– Le premier signe est l’enseigne de la Loge « Palestine », qui exerçait son activité à Saint-Pétersbourg, ce signe a la forme d’une épée, et on l’appelait souvent ainsi – la Loge de l’Épée. Ce pendentif était porté sur un ruban. Ici, l’inscription du nom de la loge « Loge Palestine » est gravée (horizontalement), et verticalement elle indique où elle effectuait son travail : à l’est de Saint-Pétersbourg. Mais au verso se trouve la devise de la loge : « Pour Dieu, Empereur et Frères ».
Le deuxième signe est un signe du degré de dévouement. Il s’agit d’un degré 7-8 selon le système suédois. Puisqu’ils retraçaient leur histoire depuis les Templiers, le thème chevaleresque était très clairement présent dans leur charte. D’un côté du triangle, on voit l’inscription : « qui ouvre le fermé », on parle de connaissance, c’est la clé qui ouvre le savoir fermé.
Et au dos se trouve l’inscription « qui ferme celui ouvert ». Car ce qui vous a été révélé doit rester secret. C’est le symbolisme. Et tous ceux qui, à Saint-Pétersbourg, étaient liés à la franc-maçonnerie suédoise pouvaient très bien porter une telle clé.
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Pouchkine et ses amis dans les loges maçonniques
Il y a une autre exposition maçonnique curieuse dans le musée – un document de la loge « Chosen Michael ». Cette Loge comprenait des amis proches d’Alexandre Sergueïevitch Pouchkine – Delvig et Kuchelbecker, et le Vénérable de la Loge était Fiodor Tolstoï, artiste, sculpteur, vice-président de l’Académie des arts.
A noter que Pouchkine lui-même faisait partie des rangs des francs-maçons. Certes, à un moment donné, il n’a pas été accepté dans la loge « Chosen Michael ». J’ai dû me contenter des autres. Comme nous l’a dit le franc-maçon de Saint-Pétersbourg Viatcheslav, le poète a été initié à la confrérie après son exil à Chisinau.
– Dans la confrérie d’Alexandre Sergueïevitch, ils écrivent ce qui suit : « Dans la Loge, il n’a pas rempli ses fonctions avec diligence. » Cela signifie que l’arnaque était notre bien-aimé Alexandre Sergueïevitch.
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Symboles maçonniques dans l’architecture de Saint-Pétersbourg
Un œil qui voit tout au cœur de la ville
Les signes maçonniques à Saint-Pétersbourg peuvent être trouvés dans un grand nombre d’endroits – parfois les plus inattendus. Il existe un tel panneau au cœur même de notre ville, sur la place du Palais. À savoir, juste sur la colonne Alexandre. Sur le côté est du piédestal, nous pouvons voir une médaille entourée de feuilles de chêne, qui représente un delta rayonnant – un triangle avec un œil représenté à l’intérieur et des rayons s’en divergeant dans toutes les directions.
Le Delta Radiant, ou l’Œil qui voit tout, est l’un des principaux symboles maçonniques. Il désigne le Grand Architecte de l’Univers, supervisant le travail des francs-maçons – frères des loges maçonniques. Il est intéressant de noter que le signe de l’Œil qui voit tout lors des rituels maçonniques est toujours situé à l’est de la pièce. C’est du côté est du socle de la colonne qu’on le retrouve.
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La colonne Alexandre a été conçue par l’architecte Auguste Montferrand, également considéré comme l’un des célèbres francs-maçons de son époque. A noter que Montferrand a également conçu la cathédrale Saint-Isaac, sur la façade de laquelle on peut voir l’un des deltas radiants les plus grands et les plus visibles de la ville – il est situé en triangle au-dessus du portique.
Sans aucun doute, ces symboles étaient bien connus de l’empereur, et l’architecte n’aurait pas pu placer ces images sur des monuments aussi importants et dominants de la ville à l’insu du souverain, souligne Youri Kondakov. Selon l’historien, Nicolas Ier partageait dans une certaine mesure ces vues et approuvait donc ce type de colonne et de temple.
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Légendes et mythes sur les « signes maçonniques » sur le plan de la ville
Le bâtiment de l’état-major, situé sur la place du Palais, est également directement lié aux francs-maçons de Saint-Pétersbourg : c’est là, note l’historien, que se réunissait la loge des élus Michel, qui faisait partie de l’Union d’Astrée. Mais ce n’est qu’une goutte dans l’océan des traces maçonniques à Saint-Pétersbourg, réelles et mythiques.
« Comme la plupart des villes européennes, Saint-Pétersbourg est tout simplement imprégnée de mythes maçonniques », a déclaré Youri Kondakov. – Il existe un grand nombre de légendes. Par exemple, à propos de la « boussole » sur le plan de la ville, qui a l’Amirauté comme sommet et s’en écarte dans différentes directions. Ce sont les colonnes rostrales, le globe sur le bâtiment de la Kunstkamera et le pélican sur le bâtiment de l’Université pédagogique. Beaucoup de symboles à différents endroits.
Mais il existe des traits légendaires et des traits réels. En effet, les maçons ont apporté une grande contribution à la vie de notre ville, mais ils l’ont fait non pas parce qu’ils étaient maçons, mais parce que les maçons étaient des architectes, des artistes, des compositeurs. En règle générale, c’était encore la bohème culturelle de la société.
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Qu’en est-il des pratiques occultes ? N’est-ce pas ce que les maçons ont fait en premier lieu ?
– Qu’y avait-il dans les pratiques occultes ? Alchimie, théurgie et cabalisme. Mais cela a été fait par des frères des plus hauts degrés qui, dans toute l’histoire de la Russie, s’il y a 300 personnes, alors c’est très bien, – a expliqué l’historien. – Le gros de la masse maçonnique : poètes, artistes, architectes, intellectuels, bourgeois et commerçants, ils en étaient très loin. Ils ont finalement utilisé la franc-maçonnerie comme un club privé pour hommes.
Temple maçonnique sur la flèche de l’île Vassilievski
Les symboles maçonniques à Saint-Pétersbourg se trouvent dans des endroits complètement inattendus. Ce n’est pas toujours l’œil qui voit tout. L’un de ces symboles pas si évidents nous a été montré par le franc-maçon de Saint-Pétersbourg Viatcheslav sur la flèche de l’île Vassilievski.
– Sous le coude gauche d’un des personnages assis au pied de la colonne rostrale, est dessinée une boussole. Mais la boussole est étrange : elle pointe vers l’est. Une boussole ordinaire pointe vers le nord. Quelle est la raison de cette étrangeté ? C’est simple : la lumière vient de l’Est, c’est pourquoi cette boussole est maçonnique », a raconté Viatcheslav.
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De plus, toute l’architecture de la flèche de l’île Vassilievski s’avère être un temple maçonnique, un maçon moderne en est sûr :
– Premièrement, il y a un temple – la Bourse, il y a deux colonnes rostrales, si vous et moi nous tenons devant les colonnes, cela signifie que nous nous tenons devant l’entrée du temple. Mais cela vaut la peine de faire une action simple, presque magique – se retourner – et il s’avère que les colonnes sont déjà derrière nous. Cela signifie que nous sommes dans le temple. Et si nous sommes dans un temple maçonnique, alors il devrait y avoir un autel devant nous. Dans la forteresse Pierre et Paul se trouve un autel de la cathédrale Pierre et Paul, dans la nef gauche de laquelle est enterré le premier vénérable maître de Russie, Pierre Alekseevich Romanov.
Il est difficile de dire maintenant si cela est vrai ou s’il s’agit d’une des légendes urbaines sur les francs-maçons.
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Secrets du manoir Bezborodko et rite d’initiation aux maçons
À la fin du XVIIe et au début du XIXe siècle, il existait de nombreuses loges maçonniques en Russie, mais toutes n’ont pas laissé une marque visible (ou du moins en partie) sur le plan de la ville. Mais l’une des demeures de Saint-Pétersbourg est entourée d’une « aura maçonnique » particulière – nous parlons du manoir Bezborodko, où, selon les historiens, deux salles ont été conservées dans lesquelles les membres des loges maçonniques se réunissaient et menaient leurs rites.
Il est intéressant de noter qu’Alexandre Bezborodko lui-même, prince et diplomate du XVIIIe siècle, n’était pas franc-maçon. On ne sait toujours pas pourquoi exactement la confrérie s’est réunie dans sa maison.
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Dans l’une des salles, nous voyons un sol en mosaïque classique, que l’on retrouve certainement dans toutes les loges maçonniques, sur le modèle du Temple de Salomon, a déclaré Youri Kondakov. De plus, lorsqu’elle entre dans une loge maçonnique, une personne est toujours accueillie par deux colonnes – elles sont également présentes ici.
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Dans une autre pièce, il y a un balcon pour les musiciens – selon l’historien, les musiciens étaient aussi souvent membres de loges maçonniques et se produisaient lors de réunions de restauration – les agoras. Apparemment, cette salle était précisément destinée à de telles réunions.
« Le principal rite maçonnique est un rite de passage », a noté l’expert. – C’est difficile et en plusieurs étapes. Tout d’abord, une personne est placée dans une chambre secrète, on lui apporte un crâne et elle s’assoit là, réfléchissant. Ensuite, on lui bande les yeux et on l’emmène dans une autre pièce, où se déroule la cérémonie. Très souvent, ils prenaient la coupe, frappaient un coup symbolique avec un compas (sur la main), une goutte de sang coulait dans la coupe, du vin y était versé, et tous les autres frères se joignaient à elle.
Ensuite, le bandage lui a été retiré, il a prêté serment et est devenu membre à part entière de la confrérie. Après cela, un repas était généralement organisé, ce qui rassemblait les frères. Et aussi bien les non-initiés que les femmes pourraient être invités à ce repas, ou réunion gastronomique.
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L’historien a attiré l’attention sur les fresques de la salle : elles représentent le culte des animaux par les gens.
– Ce veau est un des symboles de la franc-maçonnerie de cette époque. Il y avait alors différentes directions, mais la plus durable, qui a existé jusqu’à l’interdiction en 1917, était le rosicrucianisme. Les Rose-Croix étaient des cabalistes, des alchimistes et le Taureau apparaît à plusieurs reprises dans leurs écrits.
Mais vous pouvez essayer de rechercher des symboles secrets sur les colonnes de la salle – selon l’historien, les maçons utilisaient une écriture secrète, et des signes correspondants peuvent être trouvés sur les murs et les colonnes des salles maçonniques. Il est vrai que seul un initié peut les lire.