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Les Francs-maçons accordent 15 000 £ à un groupe de soutien aux transports locaux

De notre confrère anglais okehampton-today.co.uk – Par Amy Hetherington

L’ Okehampton District and Community Transport Group (ODCTG) a récemment reçu un chèque de 15 000 £ des francs-maçons pour poursuivre ses services dans la région d’Okehampton.

Nicholas Ball, chef des francs-maçons du Devonshire et son collègue Anthony Eldred ont remis à Sue Wonnacott, directrice de l’ODCTG, le chèque au nom de la Masonic Charitable Foundation (MCF) et des francs-maçons du Devonshire.

M. Ball a déclaré: « Les services communautaires locaux tels que le vôtre sont inestimables, en particulier dans les régions rurales, le besoin est probablement plus important dans le Westcountry que dans la plupart des autres régions du pays, cela me fait donc le plus grand plaisir de pouvoir soutenir l’Okehampton & District Community Transport Group avec cette subvention de 15 000 £ et souhaite vous remercier, vous et votre équipe, pour le dévouement dont vous faites preuve envers le service que vous fournissez.

Sue Wonnacott a déclaré que le don permettrait à l’organisme de bienfaisance de poursuivre son travail comme il l’a fait au cours des 33 dernières années.

Elle a ajouté: «Les gens ne réalisent pas le coût de fonctionnement des véhicules que nous utilisons, ils doivent être entretenus toutes les dix semaines et le coût de l’entretien à lui seul s’élève à plus de 26 000 £ par an. Cette subvention des francs-maçons du Devon et de la Masonic Charitable Foundation nous donnera la possibilité de poursuivre les services que nous apportons à la communauté des personnes âgées de Winkleigh dans le nord du comté jusqu’à Chagford dans le futur.

Le groupe de transport communautaire d’Okehampton & District répond aux besoins de la communauté depuis presque exactement trente-trois ans, après avoir commencé en mai 1990 avec un bus et quelques bénévoles. Ils ont maintenant deux bus de quinze places, deux bus accessibles en fauteuil roulant avec trois chauffeurs, une quarantaine de chauffeurs bénévoles avec leurs propres voitures.Ils sont une petite organisation caritative locale offrant des transports accessibles pour les soins de santé et les déplacements sociaux couvrant une zone extrêmement rurale de l’ouest du Devon de 274 milles carrés. Les bénéficiaires sont pour la plupart des personnes âgées, fragiles, handicapées et isolées en milieu rural qui n’ont pas accès aux transports en commun mais qui ont besoin d’un service porte à porte.

Venez vivre une journée au Moyen Âge : un trajet Paris-Guédelon !

Du site officiel du site guedelon.fr

Une journée au départ de Paris pour découvrir Guédelon, trajet en car grand tourisme avec notre partenaire Cresson Voyages.

Cet été, les maçons poursuivent l’élévation de l’imposante porte entre deux tours. Les tailleurs de pierre attaquent un beau programme de taille : marches d’escalier, linteaux d’archères, fenêtres à coussièges et cheminée. Dans la forêt, les tavaillonneurs fendent les 8 000 tuiles en chêne pour couvrir la tour du pigeonnier ; les menuisiers et les peintres réalisent la fenêtre en toile peinte de la chapelle. Les charpentiers vont démarrer l’équarrissage et la taille de la herse.

Au cœur de la forêt, partagez l’aventure de Guédelon

C’est une journée hors du temps que nous vous proposons de vivre avec nous, en observant les savoir-faire et en échangeant avec les forgerons, les charretiers, les vannières, les meuniers, le cordier, la teinturière, le charron, l’herboriste, les jardiniers…

Nos chroniqueurs et nos œuvriers vous accueillent tout au long de la journée pour vous expliquer notre aventure !

Un trajet Paris-Guédelon

Nous vous proposons une journée au départ de Paris-Bercy en car grand tourisme pour découvrir Guédelon : dimanche 16 juillet, dimanche 23 juillet, dimanche 6 août, dimanche 13 août, mercredi 16 août 2023.

69 € aller-retour + visite de Guédelon pour une journée au Moyen Âge !

Date : le dimanche 16 juillet 2023 – le dimanche 23 juillet 2023 – le dimanche 6 août 2023 – le dimanche 13 août 2023 – le mercredi 16 août 2023

Lieu : Paris – Gare routière de Paris-Bercy

Embarquement aux quais à côté du bureau d’accueil (entre le quai 70 et 80)

Horaires :

Heure de départ : 08h00 de Paris – arrivée à Guédelon prévue à 11h30

Heure de retour : 17h30 de Guédelon – arrivée prévue à Paris – Bercy : 21h00

Embarquement possible à partir de 07h30

Prix : trajet + billet Guédelon

Adulte : 69 €

Enfant de 5 à 17 ans : 62 €

Enfant de 3 ans à 4 ans : 21 €

Enfant de moins de 3 ans voyageant sur les genoux des parents : gratuit

Modalités de réservation :

Uniquement sur la billetterie en ligne Guédelon

Paiement CB uniquement

Réservation 24h au plus tard avant la date de visite

Billet non remboursable – non échangeable

Informations pratiques :

  • Le prix affiché comprend le billet d’entrée pour la visite de Guédelon + le trajet aller-retour en car grand tourisme Paris/Guédelon
  • Le placement est libre dans le car; pas de places numérotées réservées
  • Les animaux de compagnie ne sont pas acceptés dans le bus (sauf les chiens d’assistance)
  • Les enfants de moins de 3 ans avec un billet gratuit voyagent sur les genoux des parents. Si vous souhaitez que votre enfant de moins de 3 ans bénéficie d’un siège dédié, il faut vous acquitter d’un billet enfant de 3 à 4 ans à 45 €
  • Vous avez la possibilité d’apporter votre rehausseur pour les jeunes enfants
  • Seules les personnes majeures peuvent utiliser le bus Guédelon
  • Pour toute personne en fauteuil roulant, merci de nous prévenir 4 jours à l’avance afin de prévoir un véhicule adapté
  • Les billets comprenant le trajet Paris-Guédelon aller-retour, ne sont ni repris, ni échangés, ni remboursés
  • Les réservations pour cette journée à Guédelon se font uniquement sur la billetterie en ligne – pas de réservation par téléphone.

Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter sur guedelon@guedelon.fr ou au 03 86 45 66 66

La femme dans les mythes du patriarcat

L’identité sexuée a toujours été un objet problématique, aussi bien dans notre environnement maçonnique bipolaire que dans la réalité sociale ou que dans les discours mythiques ou encore et surtout religieux, imposant très vite la prévalence des hommes sur les femmes. Cherchons à illustrer cette domination du masculin sur le féminin en évoquant ce que nous appellerons les syndromes du mâle ;  alors observons quelques-uns de ces symptômes à mots couverts.

Dans la Bible le marquage sexuel de la différence va de soi.

On naît garçon ou fille, le destin est scellé et la position sociale est déterminée. La Bible reflète la mentalité des Hébreux de l’Antiquité, où la domination masculine implique qu’une différenciation stricte entre les sexes fasse l’objet d’un souci constant et appliqué.  C’est sur la base d’une identité sexuelle que se fondent le statut et la reconnaissance des êtres dans la communauté dont ils sont membres.

Lorsque les Hébreux voulurent se compter dans le désert, ils demandèrent que les hommes apportent un sicle d’argent (monnaie mésopotamienne, un sicle d’argent, 16,82 g, vaut le prix d’un porc ou de deux moutons) pour chaque homme et un demi -sicle pour chaque femme et chaque enfant. Les bases qui supporteront les quatre colonnes dorées délimitant le Saint des Saints du temple portatif, lors de l’exode dans le désert, furent fabriquées avec une partie de la masse du métal. C’était inscrire visiblement un rapport de moitié entre hommes et femmes, face à leur dieu.

Le corpus rabbinique élargit et aggrave la portée des règles concernant la distinction entre les sexes. Pour assurer constamment la domination masculine, les normes différenciatrices s’institutionnalisent. Ainsi  le philosophe juif Flavius Josèphe, en 37, résume la conception traditionnelle qui s’imposait aux époux dans la législation rabbinique qui remonte à l’Antiquité. « La femme, dit la Loi, est inférieure à l’homme en toutes choses, aussi doit-elle obéir, non pour s’humilier, mais pour être dirigée, car c’est à l’homme que Dieu a donné la puissance. » C’est, d’ailleurs, aux seuls hommes qu’étaient adressées les 10 paroles des tables de Loi de Moïse.

Le Talmud va jusqu’à esquisser une théorie de la présence universelle du masculin et du féminin en toutes choses, ce qui tend à les ériger en puissances cosmogoniques. Cette différence perdure dans la sexualisation hiérarchique du  ciel et la terre.

L’identité sexuelle détermine également une série de comportements, d’inclinations, d’attitudes physiques ou mentales et d’aptitudes rigoureusement répertoriées et distribuées différentiellement entre les sexes. Le destin des femmes appartient au père, puis au mari auprès duquel elle est juridiquement traitée comme sa fille, selon l’expression juridique loco filiae. C’est un schéma que l’on retrouve presque partout depuis la plus haute Antiquité jusqu’à nos jours.

Dans l’Antiquité le marquage sexuel de la différence va également de soi.

Le fait d’être une femme suppose un état d’infériorité, de dépendance, de soumission, qui revêt même parfois une signification infâmante. Dans les fragments retrouvés du Satiricon de Pétrone, on y lit : « les femmes sont des vautours ou des pots de chambre. L’amour qui dure est considéré comme un chancre, cancer en latin. »

À Athènes, par leur vote, les femmes choisissent l’olivier de la déesse Athéna plutôt que le cheval noir de guerre de Poséidon, faisant de la déesse la protectrice de la ville. Furieux, Poséidon submerge la ville et les hommes en punissent les femmes : elles n’auront plus le droit de vote, les enfants ne prendront plus le nom de leur mère et perdront le droit de citoyenneté.

Bien avant les quatre évangiles qui reprennent sa doctrine et ses enseignements, Paul, le véritable forgeron de l’église catholique, écrivait dans son épître aux Corinthiens : « Que les femmes se taisent dans les assemblées, il ne leur est pas permis de prendre la parole ».  Pas  étonnant parce qu’à cette époque, pour les romains, tout ce qui est actif, tout ce qui fait lever le fascinus, est hautement noble. Le mot phallus n’est jamais employé en latin.

Les Romains appelaient fascinus ce que les Grecs nommaient phallos. Du sexe masculin dressé, c’est-à-dire du fascinus, dérive le mot de fascination, c’est-à-dire la pétrification qui s’empare des animaux et des hommes devant une angoisse insoutenable. Les fascia désignent le bandeau qui entourait les seins des femmes. Les fascies sont les faisceaux de soldats qui précédaient les Triomphes des imperator. De là découle également le mot fascisme, qui traduit cette esthétique de la fascination.

Ainsi, à Rome, dans les rapports sexuels, tout ce qui est passif pour un homme peut être puni de mort. Le renoncement à la passivité fut la marque qui imposa sa loi au peuple dont le totem est la louve. À ce titre, l’homosexualité masculine, en tant que confusion des identités sexuelles qu’elle est censée entraîner, n’était pas condamnée à condition que le dominus, le maître, ne tienne pas le rôle de la femme sous peine de mort. Constantin II édictera  en 342: « Lorsqu’un homme se comporte au lit à la manière d’une femme, «nous ordonnons que la loi se dresse, une épée à la main, et frappe l’infâme qui s’est rendu coupable d’un tel crime, et que cet homme soit soumis à un châtiment atroce et raffiné« . Quant à laisser apparaître ses sentiments amoureux, cela peut conduire à la relégation sur une île, à partir d’Auguste (vers -18), à la mort sous l’empereur Constantin le Grand. Ainsi, Pompée, en tombant amoureux de sa femme Julia (la fille de César) devint un sujet de moqueries et cet amour déclaré fut une des raisons qui lui fit perdre le pouvoir. (Pascal Quignard, Le sexe et l’effroi, Gallimard, 1994. Faites vous une délectation intellectuelle en le lisant)

La distinction des sexes dans les différents récits du péché originel

À l’extrême horizon de l’Histoire, apparaît une île des commencements de la pensée, la Mésopotamie avec Sumer, Babylone et Ninive. C’est à cette source que l’Israël de la Bible et la Grèce antique se sont alimentées pour tenter, chacune à leur manière, d’explorer la civilisation et la conscience humaine. De là va surgir un personnage incarnant l’opprobre jetée sur la femme par ces civilisations et dont l’histoire mythique va recouvrir les aspects énoncés du féminin : Lilith. (לִּילִית). S’intéresser à l’existence oubliée de Lilith c’est tenter de comprendre le schème de la reproduction et de la distinction des sexes dans les différents récits du péché originel. Quant à ses dérivés mythologiques, dont l’origine supposée serait suméro-babylonienne, ils ne sont pas sans rapport, aussi, avec le thème de la consommation du sang ; consommation à l’origine des nombreuses prohibitions alimentaires et interdits sexuels que la chrétienté occidentale édictera durant de nombreux siècles.

Lilith : il s’agit peut-être du plus ancien mythe féminin, il a au moins quatre mille ans.

Probablement à l’origine ce fut un démon femelle sumérien (Lilitû) qui signifie «démon femelle» ou «esprit du vent». C’est une vierge inassouvie, ravisseuse nocturne, qui attaque les hommes mariés et leur foyer. Lilith apparaît  sous la forme de «Lilake» dans des tablettes sumériennes d’Ur de 2000 ans avant notre ère, dont la fameuse tablette de l’épopée de Gilgamesh. Lilith est présente, bien sûr, dans les écrits rabbiniques, dans le Talmud de Babylone (commentaires du Texte, VIe s.), dans le Zohar (exégèse cabalistique de la Bible). Dans différentes versions de la Bible (Bible TOB, Bible de Jérusalem, Bible Darby et celle d’André Chouraqui) elle est apparaît sous le terme utilisé pour désigner un «être nocturne».

L’étymologie hébraïque populaire fait dériver Lilith du mot «layil», la nuit. C’est pourquoi elle apparaît souvent sous les traits d’un monstre de la nuit. Le nom même de Lilith représenterait les ténèbres, l’obscurité ; Leila ou Lavlah c’est la nuit, en conséquence le noir, pareillement à ces nombreuses Vierges Noires, parentes de Lilith, telles Isis, Kali, Sarah la noire, Marie l’Égyptienne, dont les lieux de cultes étaient souvent établis sur l’emplacement d’anciens sites initiatiques. Nous retrouvons là le lien qui unit les anciennes déesses de vie, de mort, de fécondité aux forces telluriques, bien antérieures au christianisme.

Selon les diverses sources disponibles, Lilith serait la première femme d’Adam, précédant Ève et créée à partir de la même terre qu’Adam au sixième jour de la Création. Dans l’esprit du judaïsme, c’est Lilith qui fut d’abord donnée à Adam pour combler sa solitude. Différents recueils de Midrashim la présentent comme fabriquée d’immondices et de boue, d’autres la proposent comme tirée du limon de la terre. Ces deux visions de la création présentent invariablement la Femme comme créée indépendamment d’Adam et donc comme nullement tirée de la chair de cet homme primordial. Adam n’aurait, ainsi, nullement «enfanté «la première Ève. Mais Lilith et Adam ne s’entendirent sur les manières de faire l’amour ni même sur le partage des plaisirs liés aux pratiques sexuelles. Lilith refusa de servir Adam comme Dieu l’avait destinée à le faire. Les textes nous disent qu’Adam voulait que Lilith soit placée sous lui durant l’acte d’amour mais un jour celle-ci refusa : «pourquoi devrai-je être sous toi ?» demanda-t-elle, «j’ai été créée de la même poussière, et suis par conséquent ton égale». Adam essaya de la soumettre avec violence et Lilith, en rage, prononça le Nom magique de Dieu et s’échappa.

Lilith s’offusquait-elle de toujours devoir être «sous» et soumise à Adam lors de leurs rapports érotiques. Le fait que, suivant certaines versions, Lilith ait été tirée d’immondices et non de terre frappait d’illégitimité sa querelle concernant la préséance des sexes. Son combat était perdu ! Lilith fut expulsée du paradis vers la Géhenne, et trouva échange équitable avec Sammaël, figure de Satan. Pourtant, Dieu envoya trois anges  à sa recherche, pour lui proposer un marché : si elle refusait de revenir au jardin d’Éden et de se soumettre à Adam, chaque jour que Dieu ferait, un des «enfants-démons» né de sa liaison avec Sammaël mourrait. Lilith resta dans la Mer Rouge (réputée être le lieu des démons) et sacrifia ses nouveaux- nés. Mais par vengeance elle se voua au meurtre des enfants sitôt après leur mise au monde, si ce n’est dans le ventre de leur mère.

Je vous suggère de compléter cette approche par la lecture du texte de Spartakus Freemann Lilith au sein du-mysticisme juif

Lilith est venue des temps où la place de la femme était bien différente, où la femme était vénérée pour sa capacité à donner la vie. Mais aussi d’un temps où le pouvoir de l’homme n’avait pas encore opprimé la liberté de son égale, la femme. C’est Lilith  qui se présenterait déguisée devant le trône de Salomon au cours du fameux jugement ou encore, selon la légende, Salomon a même suspecté la Reine de Sabah d’être Lilith sur le fait qu’elle avait des jambes poilues. Comme on peut le comprendre, la Genèse n’est pas claire quant à la création de la première femme. C’est cette ambigüité qui a donné corps à la présomption de création d’une première femme antérieure à Ève. On peut supposer que l’origine provient d’une influence du culte de la déesse cananéenne Anat, culte féminin qui autorisait les femmes à avoir des rapports sexuels avant le mariage. Lilith est souvent représentée sous la forme d’une dévoreuse d’hommes. On lui prête une sulfureuse réputation, tentatrice absolue à la sexualité débridée, dévoreuse de nouveaux nés, castratrice…

Mais au fond qui est-elle ? Au travers de l’image misogyne habituelle, on découvre en fait une femme libre, indépendante, refusant l’ordre établi par les hommes et par Dieu, une révélatrice de nos pulsions les plus enfouies. Elle est celle qui ose renverser l’ordre des choses illustré par l’épisode de la dispute conjugale quant à la place à prendre durant l’amour  et le fait qu’elle prononce le nom de Dieu imprononçable, et cela est bien plus significatif qu’il n’y paraît.  Elle refuse toute morale imposée en choisissant une liberté alimentée par son caractère de femme non mère, sans responsabilité familiale. Ainsi, elle n’hésite pas à encourir le courroux de Dieu dans son refus de la soumission. Dans ce rôle de femme anti-maternelle, elle fait peur aux hommes qui la désirent toutefois secrètement. Lilith a été rejetée, niée, démonisée afin d’exorciser cette attraction-répulsion qu’éprouve l’homme à son encontre. On l’a associée à la Lune Noire, l’anti-Lune afin de lui faire remplir le rôle de la femme à exiler, à détruire et on retrouve cette négation de la féminité libre jusque dans les bûchers consumant les sorcières en Europe et aux Amériques aux XVIe et XVIIe siècle.

Le refus de Lilith de revenir aurait ainsi causé sa destitution au profit d’une Ève plus soumise et servile. Ainsi Ève, tirée de la côte d’Adam, deviendra aussi un archétype de la domination du mâle.

La version de l’épisode de la côte s’avère la plus ancienne, et cela bien qu’elle apparaisse dans beaucoup d’interprétations rabbiniques en troisième phase des récits de la création d’Ève. En effet, pour Adam, de nouveau seul, Dieu façonna sous ses yeux une femme faite d’os, de tissus et de sécrétions animales. Comble, la créature suscita chez Adam du dégoût ! La seconde tentative fut donc un échec. C’est alors que selon la tradition hébraïque l’Ève tirée de la côte d’Adam vit le jour dans un état de parfait achèvement 

La préséance d’une telle version fut, semble-t-il, favorisée par la présentation d’un Adam possédant originellement deux faces (homme et femme à la fois), un argument sur lequel les rabbins insistèrent, particulièrement soucieux de résoudre la contradiction entre le livre I au verset 27 et le livre II au verset 22 de la Genèse.

« Et Dieu créa l’homme à son image. Il l’a créé à l’image de Dieu. Il les a créés mâle et femelle. Et de la côte qu’il avait prise de l’homme, l’Éternel Dieu forma une femme, et il l’amena vers l’homme. »

Cette difficulté exégétique fut, ainsi, résolue par l’interprétation philosophique d’un Adam à deux faces, à la fois mâle et femelle puis séparé en homme et femme.

Beaucoup de sources font état d’un premier humain créé androgyne qui fut par la suite séparé selon des variantes d’interprétations dont on peut retenir.

– En Grèce, dans le Banquet, Platon au IVe siècle av. J.-C., par le discours d’Aristophane, décrit l’homme primitif comme un être fantastique réparti en trois genres, masculin, féminin et  androgyne, mais tous à forme sphérique. La forme de chacun de ces êtres était un dos tout rond et des flancs circulaires. Ils avaient quatre  mains et des jambes en nombre égal aux mains ; puis deux visages au-dessus d’un cou d’une rondeur parfaite et tout à l’avenant, d’une force et d’une vigueur prodigieuse, se déplaçant à grande vitesse. Mais ces êtres voulurent, dans leur orgueil, s’en prendre aux dieux. Zeus, pour les affaiblir, les coupa en deux, «comme on coupe les cormes», selon l’expression de Platon, pour qu’ils ne marchent que sur deux jambes, menaçant de les couper encore en deux, pour qu’ils marchassent  à cloche-pied. Ce fut Apollon qui servit de chirurgien esthétique pour donner forme humaine à ces corps mutilés. Il leur laissa le nombril comme trace de leur état antérieur.

– Autre exemple, plusieurs midrashim (compilation de documents, entre autres, légendaires) pressentaient Adam comme ayant été androgyne. Selon le Bereshit Rabba du Ve siècle, «Adam et Ève étaient faits dos à dos, attachés par les épaules : alors Dieu les sépara d’un coup de hache en les coupant en deux. D’autres sont d’un autre avis : le premier homme (Adam) était homme du côté droit et femme du côté gauche ; mais Dieu l’a fendu en deux moitiés».

– Nous trouvons, aussi, dans la Genèse Rabba l’image d’une Ève qui serait non pas tirée de la côte d’Adam mais issue d’une prétendue queue terminée par un dard qui avait à l’origine fait partie d’Adam. Dieu coupa cette «excroissance» dont nous avons encore aujourd’hui la trace (le coccyx) et en tira Ève.

– Le Traité du Talmud de Babylone, vers le VIe siècle, quant à lui,  laisse supposer qu’à l’origine, Dieu pensa créer deux êtres humains, l’un mâle et l’autre femelle, mais qu’il préféra en composer un seul avec deux visages, l’un mâle, regardant en avant et l’autre femelle regardant en arrière . Après cette nouvelle tentative, il changea de nouveau d’idée et supprima le visage femelle en faisant de lui un corps de femme.

–  Le Coran propose une version similaire. Dieu créa ensuite Ève à l’image d’Adam, en prenant à celui-ci pour la former une de ses côtes du côté gauche. Lorsque Adam ouvrit les yeux, il vit Ève sur le lit qu’il occupait; comme il est dit dans le Coran : «Nous avons dit : Ô Adam, habite le paradis, toi et ton épouse.» (Sur. II, vers. 35.). «Lorsque Adam regarda Ève, il fut étonné, et il lui dit : Qui es-tu? Elle lui répondit Je suis ton épouse; Dieu m’a créée de toi et pour toi, afin que ton cœur trouve le repos. Les anges dirent à Adam : Quelle chose est cela, quel nom a-t-elle, et pourquoi Dieu l’a-t-il créée? Adam répondit : C’est Ève».

Jetons un rapide coup d’œil sur les implications symboliques et conceptuelles de ces choix de l’histoire de la scène primitive. Il découle de ce schéma que la femme, parce qu’elle apparaît en second, est un être de la secondarité. À travers l’histoire, on a pu déduire de cette secondarité l’idée de son infériorité : seconde et donc «supplémentaire», la femme serait d’une moindre valeur. Et tout ça parce qu’une des influences qui a le plus fait de mal est celui du judaïsme helléniste, dont Philon d’Alexandrie (début de l’ère chrétienne) fut la figure la plus éminente. Il avait développé une véritable peur et aversion de la femme et de la sexualité dont probablement le christianisme héritera en partie.

Pourtant, tentons de comprendre ce qu’implique le mot «côté». «Côté» enseigne qu’il faut prendre l’extirpation de cette côte comme une limitation et délimitation du champ d’investigation humain en corps et en esprit. La femme serait ainsi frontière, limite, horizon et «aide en face de l’homme» comme il est écrit en Genèse (2,18), «Il n’est pas bon que Adam soit seul, je lui ferais une aide en face de lui»,  l’ezer kenegdo , traduit aussi par «aide face à l’homme»  qui est en fait le premier nom accordé à Ève. Cette créature tirée de l’homme est l’élément qui se présente «à lui devant comme identique» ; telle l’advenue d’un possible monde réflexif du sujet. La femme devient reflet de ce que réfléchit l’adâm mâle, elle devient son «ob-jet», ce qui donne consistance à sa forme. Avant de procéder à la création d’Ève, Dieu présente à l’homme des animaux qui s’accouplent. Au «il n’est pas bon que l’homme soit seul» succède donc ce défilé animal qui se finira par l’advenue de l’alter ego féminin.

C’est la nomination des animaux qui fournit l’occasion de la séparation des genres. L’expérience de la nomination des êtres vivants équivaut à une sorte de structuration de la spécificité de l’humanité par rapport à l’animalité… Un processus d’hominisation de l’homme y est à l’œuvre. C’est dans le cadre de cette nomination du monde, du langage donc, que l’Adam entreprend de se séparer de lui-même pour faire place à deux êtres. Et c’est dans le langage qu’Ève, la femme, se manifeste alors. En effet, au bout de la nomination, par laquelle il s’approprie le monde naturel, l’adam ne trouve pas sa femme car il ne recherche en elle que sa «femelle» (la tradition midrashique nous dit en effet qu’il avait nourri un lien sexuel avec toutes les femelles animales sans trouver son vis à vis) et il ne la trouvera pas ainsi puisqu’ il est, dès lors, à jamais sorti de l’animalité… Incomplet, «seul», au bout du langage, il manque de mots et ne peut nommer le féminin qui est autre que la « fémellité ». La femelle n’est pas un partenaire dialogal pour lui. En effet, la femme est en relation asymétrique par rapport à lui, un être au bout de la puissance du langage, de la nomination-appropriation, hors la référence au même. Il est intéressant de noter à ce propos quand Ève jouit d’un nom propre Haoua (חַוָּה c’est-à-dire : « la vivante ». Dans la Septante, elle est appelée Zoé, qui est la traduction grecque de « la vie ») et non plus la femme, Adam prend aussi un nom propre : Aadam (et non plus générique avec le vocable adam qui désignait l’être au double visage). Genèse 3, 20 et 22.

« En fait, la source scripturaire de la bible qui alimente la radicalité patriarcale est sans aucun doute la réforme et la réécriture des textes sacrés du Tanakh, à l’époque du retour de Babylone. » C’est vers 620 av. J.-C. que le roi Josias a aboli le culte de toute déesse mère (2Rois, 23,7).

Dans la plupart des langues, l’homme et la femme sont désignés par des racines différentes ; ce qui renforce la représentation des sexes comme distincts de nature. En fait l’opinion commune associe, en les confondant, le fait d’être homme ou femme et les notions de masculin et de féminin. Si l’on en croit Pierre Bourdieu, la série d’oppositions, que ces notions entraînent dans leur sillage, est universelle et les correspondances admises reprennent et corroborent la domination masculine. Ainsi on retrouvera du côté masculin Actif et du côté féminin Passif, et les opposés Dominant/ Dominé, Dur/Tendre, Puissant/Faible, Devant/Derrière, Supérieur/Inférieur, Haut/Bas. Cependant la pensée ésotérique va nuancer ces couples d’oppositions et l’on trouvera des appréciations qui fonctionnent plutôt comme des articulations fondamentales de la pensée avec au masculin Miséricorde et en opposé au féminin Jugement, Quiétude/ Activité, Épanchement/ Réceptivité, Intériorité/ Extériorité, Cause/ Effet, Déploiement/ Limitation, Forme/ Matière, Richesse/ Pauvreté, Lumière/ Obscurité, Droite/ Gauche. D’autres paires d’opposés dans la pensée grecque, comme celles qu’Aristote attribue à un philosophe pythagoricien, mettent en parallèle certaines ressemblances avec cette liste. On trouve ainsi Limité/ Illimité, Impair/ Pair, Un/ Multiple, Droite/ Gauche, Mâle/ Femelle, Repos/ Mouvement, Rectiligne/ Courbe, Lumière/ Obscurité, Bon/ Mauvais, Carré/ Oblong.

Pour trop de religieux incapables d’aller au-delà de la lettre, seul l’homme est à l’image de Dieu tandis que la femme est à la gloire de l’homme. L’homme qui donna un nom aux animaux et qui prêta alors aux choses les vertus de l’agir et du penser voudra désormais y inclure la femme. Cette faculté propre à Adam de donner un nom aux choses sera  un des fondements sur lequel se développeront le Droit, la Morale et les relations des hommes et des femmes  tout au long de l’Histoire. Ce sera la loi des hommes qui s’imposera aux femmes, pourtant ni Lilith, ni Ève, ni putes, ni soumises. « Il est évident que la sensibilité moderne aux enjeux anthropologiques de l’amour et de la sexualité, ou aux questions posées par les féministes, a récemment orienté les lectures » du Texte. Alors faut-il une relecture queer de la Bible ?

Que dire des Constitutions dites d’Anderson de 1723 interdisant en Franc-maçonnerie, la présence des femmes ainsi que celle des infâmes, auxquels elles semblaient être assimilées ? En effet,  il est prescrit dans un de ses articles que les membres «doivent être hommes de bien et loyaux, nés libres et d’âge mûr et discrets, ni serfs ni femmes ni hommes immoraux et scandaleux, mais de bonne réputation». Cela exclut le prétexte que les femmes n’avaient pas, alors, les mêmes droits civils que les hommes ! Cette réflexion ne veut pas dire que je considère qu’il faille faire de l’entrisme féministe dans toutes les Obédiences. Du moment qu’il existe des possibilités aux femmes d’être initiées en Franc-maçonnerie, les choix des Obédiences doivent être respectés. Il convient en effet de bien séparer ce qui relève de l’idéologie de la maçonnerie libérale, très progressive, et du « parcours maçonnique » en lui-même, plus intime et moins redevable des règles sociales. Force est de constater que, dans ce cadre polymorphe, beaucoup de nouveaux maçons cherchent justement une enceinte purement masculine ou purement féminine pour cette quête intérieure. De nombreuses maçonnes revendiquent d’ailleurs elles-mêmes cet entre-soi permettant dans les loges exclusivement féminines, « d’aborder l’Universel à partir de la singularité féminine » pour reprendre les mots de plusieurs d’entre elles. La mixité ne peut être inéluctable, elle ne peut être, au sein de chaque atelier, qu’un consensus unanime, clairement annoncé pour que celui qui vient vers la Franc-maçonnerie puisse avoir le choix de son engagement sans lequel le mot liberté ne serait plus qu’un leurre.

En France, rappelons que pour être en conformité avec le code civil, la répudiation des femmes juives n’a été rejetée par le grand sanhédrin qu’en 1807, sous Napoléon. Mais n’oublions pas l’article 324 du code pénal de cette époque, (1810), qui absolvait, excusait le meurtre de l’épouse (ainsi que sur le complice) par son mari dans le cas d’adultère à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale. Plus récemment et jusqu’à la loi du 11 juillet 1975, l’adultère de l’épouse était sanctionné pénalement plus sévèrement que celui du mari puisque l’épouse encourait une peine d’emprisonnement pouvant aller de 3 mois à 2 ans, selon l’article 337 de l’ancien Code pénal, alors que le mari infidèle n’encourait qu’une peine d’amende pouvant aller de 360 à 7.200 Francs et ce uniquement dans l’hypothèse où il avait entretenu sa concubine au domicile conjugal.

Et pour sourire, en Brumaire An IX (1801) il est ordonné : «Toute femme, désirant s’habiller en homme, doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation». Eh bien, cette ordonnance est demeurée en vigueur jusqu’en mars 2013 (bien qu’elle fût tombée en désuétude).

Les hommes se sont-ils mal conduits avec les femmes durant toutes les époques ?

Sommes toujours dans une société patriarcale ? Pour tenter de répondre, Alain Finkielkraut s’entretient avec Frédéric Beigbeder et Ivan Jablonka : <radiofrance.fr/franceculture/podcasts/repliques/etre-un-homme-aujourd-hui-1662774>

Sur 450.fm, vous pouvez trouver deux articles connexes Masculin/Féminin et Ladyboy ou l’androgynie

La signification des anneaux maçonniques

De notre confrère freemason.com

Les francs-maçons sont bien connus pour leurs insignes, du tablier que nous portons en entrant pour la première fois dans la loge, aux casquettes que nous gagnons dans les derniers degrés des corps annexes. Alors que les tabliers sont en effet la partie la plus importante de la tenue maçonnique, car chaque maçon en reçoit un lorsqu’il devient apprenti inscrit, les bagues sont également devenues un accessoire courant dans la fraternité. Bien que les anneaux ne soient pas donnés aux frères dans le cadre de leurs voyages dans l’artisanat, beaucoup les reçoivent de membres de la famille, comme un père ou un grand-père, après avoir atteint le degré sublime de maître maçon. 

Dans le cadre de notre série sur « Derrière le symbole », nous explorerons l’histoire ancienne des bagues, le « débat » concernant la façon dont les maçons les portent et certains des différents styles trouvés dans la fraternité.  

Les anneaux et leur symbolisme antique

Comme une grande partie du symbolisme trouvé dans la franc-maçonnerie, les bagues sont utilisées par les cultures depuis des milliers d’années. Les anciens Égyptiens croient que le trou de l’anneau représentait la porte d’entrée vers l’au-delà et l’amour immortel. Les Romains ont commencé la tradition des alliances, les hommes offrant à leurs partenaires des anneaux de fer appelés Anulus Pronubus à porter sur leur main gauche, croyant qu’ils étaient directement liés au cœur. En Irlande et dans certaines parties des États-Unis, l’anneau de Claddagh reste une tradition populaire. Ces bagues irlandaises, symbolisant l’amitié, l’amour et la loyauté, comportent deux mains tenant un cœur couronné et sont souvent transmises de génération en génération.

Bague Rite Ecossais 14ème degré
Bague du 14 e degré du rite écossais, 1920, avec l’aimable autorisation du Scottish Rite Masonic Museum & Library

Bagues maçonniques et corps annexes

Dans la franc-maçonnerie, l’anneau lui-même peut symboliser l’éternité ou son lien durable avec la fraternité. Cette pièce d’apparat a pris de l’importance dans l’artisanat au cours des 18e et 19e siècles. La maçonnerie était au sommet de sa popularité et les bagues permettaient aux frères de s’identifier en public.

Pour beaucoup aujourd’hui, la bague maçonnique représente l’engagement d’un frère envers les secrets, les leçons et les traditions de l’artisanat. Parce que la loge elle-même ne fournit pas de bague à chaque membre, elle est généralement offerte en cadeau, souvent de père en fils, ou de grand-père à petit-fils, lorsque le plus jeune membre est élevé en tant que maître maçon. En tant que tels, les anneaux maçonniques sont des emblèmes profondément personnels, et leur signification variera d’un membre à l’autre.

Ces articles de joaillerie ne sont pas réservés aux maçons de la loge bleue. Les membres du rite York, du rite écossais et des Shriners portent souvent des bagues gravées de symboles pertinents pour ces corps annexes. Par exemple, dans le Rite écossais , juridiction maçonnique du Nord, les maçons du Rite écossais du 32e degré sont autorisés à porter une bague ornée de l’aigle à deux têtes du Rite écossais. D’autres symboles communs trouvés dans les anneaux du 32e degré incluent le nombre 32, les triangles et la lettre hébraïque « yod ».  

Une autre caractéristique qui peut déterminer la signification d’une bague est les pierres ou les gravures que les francs-maçons choisissent d’y inclure. Les pierres bleues sont courantes pour les membres recevant une bague dans la loge bleue. Les pierres rouges sont régulièrement choisies pour les Frères qui ont terminé le quatrième degré en Maçonnerie de l’Arche Royale ou pour les membres du Sanctuaire. 

Emblème d'équerre et de compas sur la porte de Freemasons Hall, Angleterre
L’équerre et le compas de l’architecte sont un symbole central de la franc-maçonnerie

Les différentes significations des symboles maçonniques de l’anneau

En plus de la signification personnelle, les bagues maçonniques comportent souvent d’autres symboles de la franc-maçonnerie, tels que la lettre « G » ou l’ équerre et le compas , qui ont tous une signification unique. 

Le plus souvent, les bagues comprennent l’équerre et le compas et la lettre « G ». L’équerre et le compas sont l’un des symboles les plus célèbres et les plus identifiables de la franc-maçonnerie, signifiant les outils de l’architecte et du constructeur. Ce symbole fait référence aux anciens tailleurs de pierre à l’origine de la franc-maçonnerie et constitue une partie essentielle de notre histoire. Ce symbole fait également partie des enseignements dispensés dans la loge maçonnique. 

L’équerre et le compas sont constitués d’une équerre de constructeur : deux bras égaux en métal ou en bois à bords plats fixés qui forment un « angle droit » parfait. Cet outil est essentiel dans la maçonnerie car il permet aux artisans de dessiner et de tailler des coins carrés parfaits, ce qui est essentiel pour élever des bâtiments structurellement solides et sains. En franc-maçonnerie, ce symbole est utilisé pour enseigner des leçons de morale et qu’être « carré » dans ses actions implique d’être honnête et juste.  

Les compas sont constitués de deux branches de longueur égale qui sont fixées ensemble à leur sommet par une charnière réglable. Cet outil est utilisé en géométrie pour dessiner des cercles et des arcs parfaits, un élément crucial de la planification architecturale. Dans la loge bleue, les boussoles symbolisent la maîtrise de soi et la capacité de l’homme à régner sur ses aspirations afin de mener une vie équilibrée.

La lettre « G » se trouve le plus souvent aux États-Unis et apparaît souvent au centre de l’équerre et du compas. Certains francs-maçons pensent que le « G » fait référence à la géométrie, un concept central des leçons de morale maçonnique mettant en vedette des constructeurs et des architectes, tandis que d’autres le voient comme une référence à Dieu, ou au « Grand Architecte de l’Univers ».

Comment porter une bague maçonnique

Il n’y a pas nécessairement de bonne façon de porter l’une des bagues maçonniques, quel que soit leur symbolisme. Mais demandez à un voyageur et il y a de fortes chances qu’il ait sa propre opinion sur ce qui est juste. Certains pensent qu’une bague avec l’équerre et le compas doit être portée avec les pointes tournées vers votre cœur pour rappeler les obligations du franc-maçon. Pour un vénérable maître ou un ancien maître d’une loge, on pense qu’ils sont devenus suffisamment compétents pour tourner l’anneau vers l’extérieur et afficher les points vers le monde.

Plus fonctionnellement – bien que moins courant aujourd’hui, les maçons portaient des bagues pour sceller les lettres avec de la cire. Ces maçons portaient leurs bagues avec les pointes du compas tournées vers l’extérieur, de sorte que lorsqu’ils étaient pressés dans de la cire chaude, scellant une lettre ou un contrat, l’emblème serait orienté dans la bonne direction.

La manière dont un frère choisit de porter une bague et les symboles qui y sont apposés est un choix personnel. Par-dessus tout, les bagues maçonniques doivent être portées avec fierté et respect pour notre fraternité et ses anciennes traditions. Lorsqu’il est porté avec soin et considération, c’est un excellent moyen de montrer sa fierté d’être franc-maçon.

Vous souhaitez en savoir plus sur la symbolique maçonnique ? Lisez nos blogs sur Jacob’s Ladder & the Eye of Providence !

GODF : « La Franc-maçonnerie, voie traditionnelle et modernité »

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Table ronde organisée à l’occasion de la sortie du numéro 100 de La Chaîne d’Union jeudi 28 avril 2022, au siège du Grand Orient de France à PARIS.

Propos d’introduction : Dominique BALOUP, Grand Maître adjoint Culture, Communication, Jeunesse du GODF Présentation de La Chaîne d’Union : Jacques GARAT, Rédacteur en Chef de La Chaîne d’Union Interventions :

– François HARTOG, (EHESS)

– Benoît BEUCHER, (Université Paris-Cité)

– Roger DACHEZ, Président de l’IMF

– Philippe FOUSSIER, Ancien Grand Maître du GODF

– Dominique JARDIN, Historien

– Marc LEBIEZ, Philosophe et Pierre RABATÉ, Auteur à La Chaîne d’Union

Conclusion : Georges SERIGNAC, Grand Maître du Grand Orient de France

Majusculomania

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Lorsque quelqu’un parle, personne ne prend garde à elle, et pour cause. Pourtant, elle est bien présente dans la voix du locuteur, comme dans la forme et le fond de son propos. Que ce dernier soit écrit et, soudain, elle apparaît. Il faut dire qu’elle a de l’allure sur la page : parfois ornée et enluminée au début de la première phrase, longues jambes galbées, bras fuselés, buste avantageux, rondeurs suggestives, elle a tout pour séduire et dominer.

Je veux évidemment parler de cette superbe dame de notre alphabet, être de caractère s’il en est, dont le graphisme dépasse celui de ses consœurs d’une belle tête. Oui, c’est bien d’elle dont il est question ici : la Majuscule, avec un grand M !

En maçonnerie, nous faisons grand usage de cette majuscule pour appuyer nos dires et nos « écrire ». Sans nul doute, beaucoup trop, bien plus en tout cas que les règles linguistiques et typographiques françaises ne l’exigent. Et l’on est ainsi très tenté de percevoir parfois quelque intention prosélyte, consciente ou non du ou des rédacteurs, dans cette déférence sémiotique et calligraphique…prise au pied de la lettre.

Dessin et dessein ! Qu’il s’agisse, parmi d’autres, du Temple, de la Loge, de la Tradition, du Rituel, de la Loi, de la Vérité. Le dictionnaire nous dit que la majuscule valorise, distingue, personnifie.

Dans notre langage maçonnique, et la bouche de divers frères et sœurs, la majuscule va manifestement plus loin que cela encore: non seulement sous couvert de cette personnification, elle accapare, singularise, certifie, élève, sacre, mais sans nuance aucune, elle divinise.

La liberté, premier mot de la devise par nous adoptée, permet à chacun de respecter la croyance céleste de son choix. Cependant, nous le savons, cette liberté de l’un doit faire place à la liberté de l’autre, de croire autrement ou même de ne pas croire. Insidieusement, quand elle s’y met, la majuscule sait là se montrer perverse.

Dans l’élan de notre psychisme, ascensionnel par nature, elle viserait au sein de notre mouvement, si nous n’y prenons pas garde, à nous éloigner des vérités – mais aussi des doutes – qui caractérisent notre vie quotidienne, pour nous conduire à entendre et aduler une Vérité suspendue au-dessus de nos têtes, unique, indiscutable, figée, et partant directive. Et à l’évidence, évocatrice non plus du symbole, qu’est le Grand Architecte de l’Univers propre à certaines de nos obédiences, mais d’un Etre suprême attesté qui, seul, détiendrait cette Vérité Majuscule faisant de nous, depuis la nuit des temps, ce fragile homo sapiens à sa botte, né coupable, destiné à vivre et mourir coupable.

« Le langage est le lieu même du malentendu », dit Charles de Talleyrand. Gardons à tous nos outils symboliques, sans exception, non pas un seul sens, mais leurs multiples et précieux signifiants et signifiés, au gré de nos fantasmes créatifs, à même de nous aider à parfaire individuellement et modestement notre condition, comme à nous entr’aimer. Et gardons notre antique bon sens ! Celui qui nous amène à raisonner, mieux qu’à avoir raison. Celui qui s’attache à conserver aux majuscules de nos paroles et de nos écritures, leurs valeurs justes et …capitales.

La seule majuscule importante, liée à une réalité palpable, est celle qui initie et magnifie le mot « Homme », désignant l’animal social que nous sommes, mesure terrestre de toute chose. Tout appétit démesuré de verticalité, toute volonté d’escalade fébrile de quelque improbable échelle galactique, qui tendraient finalement à séparer l’esprit du corps, et le symbolique du réel, ne peuvent que priver cet Homme de sa distinctive majuscule. Et le rendre alors, vu d’en haut par certains, fâcheusement minuscule.

Le mot du mois : « Frontière »

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Le mot latin *frons, désigne sans surprise le front. Cette part du visage se fronce, se couvre de rides, front fuyant ou taurin que nulle coiffure ne parvient à modifier ou masquer vraiment.

Lieu géographique de l’affrontement où l’on nargue et provoque le vis-à-vis, dans une violence frontale ou une insolence effrontée. Il s’agit toujours d’un défi, verbal, intellectuel, d’une joute de mots ou d’idées, en termes implicites de victoire ou de défaite. Proclamation gravée dans la pierre des frontons républicains, qui ne souffre aucune méfiance.

La frontière, géographique entre deux États, défend jalousement l’intégrité de chacun, telle une force de dissuasion fondée sur le risque, la rivalité, l’ambition, la destruction potentielle de l’autre. Tout y présage un contact hautement inflammable.

Néanmoins, cet interstice, entre promiscuité et éloignement, est absolument vital, une nécessité physique et mentale, pour voir clair et éviter l’asphyxie, telle une distance de sûreté.

Si l’autre est trop proche, on est dans le danger de l’autodéfense et du mur à ériger, on ne respire plus sans miasmes. Or il est naturel et sain à l’individu de vouloir exercer son droit d’inhospitalité, pourrait-on dire.

Ainsi que le suggèrent l’anglais toll et l’allemand Zoll, douane et péage qui l’assortit, la frontière porte en elle-même le dol de la violence et la douleur qui sous-tendent toutes les relations humaines. Il serait surtout naïf de croire à leur innocence lénifiante. Même et surtout en Fraternité, si l’on prétend abusivement qu’elle abolit toute frontière et toute distance.

La Franc-Maçonnerie est au contraire le lieu « géographique » et rituel d’un apprentissage de la juste distance. Salutaire.

Frontière sans muraille érigée mais aussi fortement symbolique, que le sillon que la charrue traçait dans l’espace des sociétés antiques. N’oublions pas que Rome et son empire doivent leur instauration à un incident de frontière fauteur du meurtre de Rémus par son jumeau Romulus, au VIIIe siècle avant notre ère.

Carré long que dessine la déambulation du Maître des Cérémonies, avant de finalement l’effacer.

Frontière n’est pas simple limite, mais implique le risque de son effraction et le danger de sa défense, dès qu’on quitte le champ du géographique pour pénétrer dans les terres de l’éthique. Vérité en-deçà, erreur au-delà, disait Blaise Pascal.

Le pavé maçonnique, dans son impossible fixité, interdit à juste titre de prononcer des diktats d’appropriation du Bien ou du Mal, d’une Vérité ou d’une erreur unilatéralement décrétées. Parce que cet inconfortable binaire place chacun en situation de dérangement répété et d’incertitude vivifiante.

Annick DROGOU

Limités, nous sommes limités. Placés devant des frontières naturelles ou artificielles, ces réalités visibles qui séparent. Et pourtant l’homme porte en lui l’utopie du sans-frontière. L’illimité n’est pas de ce monde, mais c’est le trésor de l’homme que cet idéal de dépassement, d’infini, cette recherche toujours renouvelée d’ouverture. Alors, guerre ou paix, invasion ou rencontre, fermeture ou ouverture, la frontière comme un mur ou comme une porte ?

La frontière comme la dernière étape avant le désert des Tartares, là où l’on construit des fortins pour se protéger du Barbare, de l’étranger. La frontière comme manifestation de la peur de l’autre. Tous derrière le rempart, naturel ou artificiel, avec vue sur le no man’s land, entre deux lignes de front. Archaïsme de la guerre à front de buffle. Cornes contre cornes.

Mais aussi la frontière comme un pont, une porte ouverte sur la contrée différente, vers l’étrange étrangère. Envie de franchissement. La frontière comme espace de rencontre, zone de marché et d’échange. Les territoires transfrontaliers bousculent nos préjugés. Besoin de caravansérail. Frontière toujours faite pour être franchie, dépassée, dans notre marche vers de nouvelles frontières. Toujours traverser les fleuves, passer les cols, embarquer pour l’au-delà des mers. Toujours notre curiosité de connaître ce qu’il y a de l’autre côté de la haie.

Confins de l’impensé, hélas ! Tandis que Space X promet à l’humanité une nouvelle frontière sur la planète Mars, les terriens ne sont ni libres ni égaux devant le poste de douane. À l’heure de la mondialisation, ceux du Nord peuvent parcourir le monde de plus en plus facilement, en atteindre les recoins les plus exotiques, tandis que ceux du Sud restent interdits de visa, assignés à résidence, et viennent mourir en Méditerranée pour avoir cru que la terre était ronde. Et quand la fraternité meurt aux frontières, c’est l’humanité qui régresse dans nos frontières mentales rabougries.

Jean DUMONTEIL

Le Dessin de… Jissey « le choix des lampions »

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L’Universalisme dont parle le dernier édito de Christian Roblin requiert de grandes capacités de tolérance même dans le rappel des grandes soirées historiques. A ce titre il a semblé judicieux au dessinateur JISSEY de rappeler combien religion et politique sont des sujets aussi brûlants en maçonnerie que dans la vie profane…

Le Vénérable Frère Dominique Moreau, Ancien Grand Maître de L’Alliance, est passé à l’Orient Éternel

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Nous recevons du Vénérable Frère Pascal Delandre, Grand Secrétaire de L’Alliance, le communiqué de presse concernant le passage à l’Orient Éternel du Vénérable Frère Dominique Moreau.

« Grand Maître de L’Alliance du 15/10/2016 au 31/12/2017.

Initié en 1987, Vénérable en 1995, Député Grand Maître d’avril 2012 à octobre 2016, il était Orateur de la Loge Gutenberg depuis janvier de cette année.

Nous avons eu la tristesse d’apprendre le passage à l’Orient Éternel de notre Frère Dominique MOREAU, ancien Grand Maître de L’Alliance.

Dominique a fait partie des Frères fondateurs de notre Grande Loge en 2012.

C’était un exemple de sensibilité maçonnique et de détermination dans les épreuves.

Ces derniers mois, alors qu’il se savait condamné, il a été d’une lucidité et d’un courage exemplaires, qui sont les signes d’un parcours maçonnique accompli.

Sa mémoire et son exemple doivent restés gravés dans nos cœurs pour que nous poursuivions avec courage et détermination le parcours qu’il nous a tracé.

Nos pensées vont à Élisabeth, notre sœur et son épouse ainsi qu’à sa famille.

Nous les embrassons fraternellement.

Fred Picavet

Grand Maître

Les obsèques auront lieu lundi 17 juillet à 16h00 au funérarium 17, rue de Lisle à Strasbourg. »

En mémoire du Vénérable Frère Dominique Moreau, décédé à l’âge de 75 ans, nous souhaitons partager un extrait de son discours d‘installation en date du 26 novembre 2017 dans lequel il montrait qu’il avait une haute pensée de l’Obédience.

« … Nous voyons se dessiner au travers de ces rappels ce qui fait la spécificité de L’Alliance Maçonnique Française.

Elle intrigue les autres obédiences et déroute certaines juridictions amies parce qu’elle se place, par la diversité de ses rites, entre la Maçonnerie des Modernes et celle des Anciens et parce qu’elle a choisi une forme d’organisation très originale.

Une ouverture massivement approuvée

Nous sommes au XXIème siècle et cela nous oblige ! Beaucoup de nos contemporains ignorent qu’il existe une Maçonnerie de spiritualité initiatique susceptible de combler cet espace de quête. Le rayonnement de L’Alliance est donc une nécessité pour faire connaître ce que nous sommes et pour répondre à la mission d’amélioration de l’Homme dictée par nos textes fondateurs… »

« Gémissons, Gémissons mais Espérons. Espérons, Espérons en confiance, Espérons en confiance et en sérénité ! »

Au commencement était… le complot maçonnique (vidéo)

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Conférence « les enfants du diable : l’invention du complot maçonnique » par emmanuel KREIS

Emmanuel Kreis est historien, docteur de l’École pratique et des hautes études (section sciences religieuses). Ses travaux portent sur l’antijudéo-maçonnisme et le conspirationnisme.

Il est notamment l’auteur d’une anthologie de textes conspirationnistes : Les Puissances de l’ombre. Par ailleurs en 2018, Emmanuel Kreis est lauréat du prix littéraire de l’Institut Maçonnique de France (IMF) en catégorie Grand prix exceptionnel pour son « Quis ut Deus ? : Antijudéo-maçonnisme et occultisme en France sous la IIIe République » aux éditions des Belles Lettres.

Six éditions ont suffi pour hisser le salon du livre et de la culture maçonniques de Toulouse au premier rang des salons maçonniques de France. Il confronte dans des débats publics des Frères et des Sœurs des diverses obédiences avec des intellectuels tant profanes qu’initiés et de nombreuses animations artistiques rythment ces deux journées ouvertes sur le monde.

En novembre 2022, l’ITEM lors du 7e Salon maçonnique de Toulouse en novembre 2022, a offert à un très vaste public, maçons et non maçons, une remarquable conférence sur le complotisme…