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L’énigme des Maîtres -3- Newton par ci, par là

(Lire le précédent épisode ici)

Newton par ci, par là

Par de savants détours, pour éviter les célèbres embouteillages de Londres, le chauffeur parvint rapidement à la destination.

– Je vous attendrai ici après votre visite, dit Lord Archibald.

Impatient de se trouver devant ce fameux tableau de Newton, Alexander ne remarqua pas que ce message lui était adressé.

Sur le perron de la National Portrait Gallery, le Conservateur qui les attendait les reçut avec le protocole de sa fonction qui, pour être strict, n’en était pas moins chaleureux. Il les invita à le suivre dans la salle où se trouvait l’œuvre qui donnait des inquiétudes sécuritaires.

– Nous y voilà ! se dit Alexander.

Quelle ne fut sa surprise de ne pas se trouver devant l’œuvre de James Thornhill qu’il avait identifiée mais devant celle du peintre allemand Godfrey Kneller. Newton y apparaît blondinet à 47 ans, une coupe de cheveux à la mode des sixties lui donnant cet air des jeunes de la contre-culture de ces années-là.

– Newton fait hippie et en plus il a un petit air féminin, se moqua-t-il, un peu déçu dans son attente.

Pendant que le conservateur et Guido s’affairaient à faire le point sur les systèmes de détection rapprochés, Alexander prit le soin d’analyser la pâte du célèbre portraitiste allemand. En s’approchant suffisamment il s’attarda sur la forme, la technique et les couleurs. Puis il prit un peu de recul pour saisir la composition et la mise en lumière de la scène. Et puis, il les vit, bien en évidence avec la main claire, au premier plan, posée en contraste sur l’habit noir drapé : le majeur et l’annulaire bizarrement accolés.

Alors qu’il veut immédiatement mentionner cette coïncidence particulière à Guido, celui-ci, comprenant son appel à sa main levée, lui fait un infime signe de tête lui intimant le silence d’un air inhabituellement sérieux.

Retranché dans ce silence, Alexander se souvint alors du portrait, également peint par Kneller, de l’amiral Georges Churchill en manteau de velours rouge prune foncé aux boutons et boutonnières brodés d’or, portant une perruque marron foncé. Sa main droite repose sur un bâton et sa gauche, sur sa hanche, a la pose du signe.

– Est-ce Newton ou le peintre qui avait choisi la pose ? pensa Alexander, les sourcils froncés. Faut-il voir la production de l’œuvre dans un double sens : ce qui s’élabore (ou se crée) d’une part et, d’autre part, ce qui se manifeste et prend sens à travers cette création par celui qui la regarde.

– Il faut absolument que je voie l’autre toile de Newton pour en avoir le cœur net, pensa-t-il et, se tournant vers l’aimable conservateur, il osa demander cette fois-ci, n’acceptant pas d’être venu ici sans trouver le tableau de la photo :

– La National Gallery ne possède-t-elle pas un autre portrait de Newton, celui peint par James Thornhill ?

– Cher Monsieur, cette œuvre plus tardive est au Trinity College, à Cambridge. Peut-être pourriez-vous vous y rendre pendant que je m’entretiens de sécurité confidentielle avec Monsieur Lhermitt ?

Guido, se rapproche d’Alexander et lui murmure que Lord Winston l’attendait justement pour l’y conduire.

–  On se retrouve ce soir Alex, nous avons plusieurs sujets à aborder ici.

Ne s’étonnant de rien, Alexander rejoignit le comte qui savait déjà, sans une parole échangée, où il devait l’amener.

Le silence de Lord Winston revêtait une forme de noble dignité, il n’était ni pesant, ni désobligeant. Alexander choisit de ne pas abîmer ce moment d’élégance par des bavardages mondains en se recueillant sur les nuages qui se délitaient comme des fibres de coton, laissant percer quelques délicieux rais de lumière. Le contraste de ces lignes dorées sur ce camaïeu de gris chaud, épousant les collines anglaises, était remarquable.

Chapelle du Trinity College

Archibald emmena Alexander jusque devant la porte de la chapelle du Trinity College.

– C’est là que vous trouverez ce que vous cherchez. Prenez votre temps, Je vous attends ici.

 Prêtant peu d’attention aux contreforts et aux flèches caractéristiques du style gothique de l’édifice, l’homme pressé y entre d’un pas vif. La lumière filtre à travers les magnifiques vitraux, créant un jeu de couleurs qui danse sur les murs en pierre. Là, il prend un moment pour apprécier l’ensemble, sachant que quelque part ici se trouve le portrait recherché.

Il ne s’attarde guère devant les tombeaux et les monuments commémoratifs, tout en demandant discrètement à d’autres visiteurs s’ils connaissent l’emplacement du portrait de Newton.

Finalement, Alexander remarque une petite plaque près d’une porte latérale qui indique une section spéciale dédiée aux œuvres d’art. Animé par l’excitation, il emprunte le passage indiqué, descendant quelques marches jusqu’à une salle adjacente à la chapelle. Cette salle, un espace plus intime, abrite une collection d’œuvres d’art.

Au pied de l’escalier, la première chose qu’il vit fut un portrait en pied de Newton mais peint par Thomas Murray. À l’évidence, sa main droite avec le signe, s’appuyant sur la hanche, attirait le regard par la clarté de la peinture tout autant que son visage qui se détachaient sur les tons sombres de son habit.

– Quoi, 75 ans et une allure aussi jeune ! Inutile d’avoir ce regard narquois Sir Newton. Je te cherche et te trouverai tel que Thornill t’a vu, sans ta perruque, à 67 ans, quoi qu’apparaissant plus âgé.

Alexander se détourna, boudant comme un gamin qui n’aurait pas reçu le cadeau qu’il attendait. Avant de remonter les escaliers trop déçu qu’il était de cette ironie, il jeta un regard alentour.

Il était là le portrait, un peu plus loin. L’artiste avait souligné d’une même lumière le front de Sir Isaac et sa main gauche aux médius et l’annulaire serrés, posée sur sa poitrine, ce qui en faisait une accroche indéniable du regard. Cette main aux doigts fins était le centre du tableau, son point focal.

– Nous voici donc avec un triangle mystérieux, trois peintres différents et un même sujet, et la même main. Et maintenant ?

Alexander attendait un signe de l’œuvre pour comprendre et s’adressa à lui.

– Allez Isaac, parle-moi.

Le commentaire d’une étiquette sur le côté du cadre attira son attention : James Thornill FRS, peintre de la Cour et membre de la Royal Society. Auteur de la fresque du dôme de la cathédrale Saint-Paul de Londres pour l’architecte Sir Christopher Wren FRS. Don de Richard Bentley.

Il semblait bien que les liens qui unissaient Isaac Newton, Christopher Wren, Godfrey Kneller et James Thornill ne se cantonnaient pas qu’à la Royal Society.

Newton, connu pour ses lois de la physique, dissimulait une toute autre dimension de sa pensée. Ses équations secrètes n’étaient pas simplement des formules mathématiques, mais des représentations codées de la nature fondamentale de la réalité.

Alexander pensa que Newton utilisait les doigts joints comme une métaphore pour l’unité des forces opposées de l’univers. Les équations transcendaient les lois de la physique classique pour décrire une réalité plus profonde, une interconnexion mystique entre la matière et l’énergie. Chaque équation était une pièce d’un puzzle métaphysique, reliant les principes de la nature à une compréhension supérieure.

– Il faut que je rejoigne Guido ! Lâcha-t-il à haute voix en s’adressant à Newton. Il y a peut-être plus d’un tableau mais une liste des cibles potentielles…

Sans plus s’attarder, il quitta la chapelle et retrouva Lord Winston à l’extérieur.

– Merci de m’avoir attendu. Nous devons absolument rejoindre Guido au plus vite.

Après quelques minutes, alors que la voiture avançait tranquillement dans le flot du trafic, Lord Archibald choisit de rompre le silence.

–  Guido m’avait informé de votre sagacité. Et je devine par votre enthousiasme et votre empressement que vous l’avez vu…

– C’est-à-dire ? Puis comprenant rapidement l’allusion, il reprend.

– Voulez-vous dire que vous le saviez déjà ? Vous saviez pour les doigts joints ?

–  Oui ce signe m’est connu. Comme vous avez la confiance de Guido, et sur son insistance dans la conversation que j’ai eue avec lui pendant votre voyage, je dois maintenant vous expliquer votre présence ici. Nous avons des projets pour vous.

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Napoléon, initié en Franc-maçonnerie ?

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Plongée dans l’Ésotérisme avec « Napoléon : Gloire et Chute de l’Empire » par Eric et Arnaud Delestoile.

Le monde littéraire se voit enrichi d’une nouvelle œuvre captivante avec la sortie du roman ésotérique « Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire » par Eric et Arnaud Delestoile. Ce roman, publié récemment, propose une relecture fascinante de la vie de Napoléon Bonaparte, combinant histoire et ésotérisme pour offrir une perspective unique sur l’ascension et la chute de l’un des figures les plus emblématiques de l’histoire européenne.

Une Collaboration Fraternelle

Éric et Arnaud Delestoile, frères dans la vie et co-auteurs de ce projet ambitieux, ont chacun une solide expérience dans l’écriture. Arnaud, notamment, est connu pour ses contributions au genre ésotérique, comme le démontre son travail sur « Napoléon Gloire et Chute de l’Empire » avec Éric, qui lui aussi explore les mystères de l’histoire à travers ses écrits. Leur collaboration sur cet ouvrage est une fusion de leurs talents respectifs, offrant une narration riche et complexe.

Résumé de l’Oeuvre

« Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire » n’est pas un simple récit historique. Il s’agit d’une plongée dans les coulisses de l’histoire secrète, où la vie de Napoléon sert de toile de fond à une lutte ésotérique entre deux figures emblématiques : le Comte de Saint-Germain, un mage Rose+Croix, et Adolf von Knigge, Grand-Maître de l’ordre des Illuminati. Ce duel occulte est le véritable moteur de l’intrigue, suggérant que les événements politiques et militaires de l’époque napoléonienne étaient influencés, voire orchestrés, par ces forces mystérieuses.

Thèmes et Symbolisme

Le roman explore des thèmes tels que le pouvoir, la destinée, et la quête de la connaissance secrète. Il emprunte à la tradition ésotérique pour tisser une toile de symboles et de rituels qui enrichissent la narration historique. La franc-maçonnerie, les sociétés secrètes, et les mystères de l’ésotérisme occidental sont au cœur de l’intrigue, offrant aux lecteurs une perspective sur comment ces éléments pourraient avoir influencé le cours de l’histoire.

Réception et Critiques

La sortie de ce roman a suscité un intérêt considérable parmi les amateurs de littérature ésotérique et historique. Sur les plateformes en ligne comme Babelio, où des milliers de livres ésotériques sont répertoriés, ce roman trouve sa place parmi les œuvres notables du genre, attirant des lecteurs avides de découvrir des interprétations alternatives de l’histoire. Sur Amazon.fr, le livre est décrit comme une « exceptionnelle plongée dans les coulisses de l’Histoire secrète », soulignant l’originalité de l’approche des auteurs et la richesse de leur recherche.

Conclusion

Avec « Napoléon: Gloire et Chute de l’Empire », Éric et Arnaud Delestoile nous offrent non seulement une histoire captivante mais aussi une réflexion sur les forces invisibles qui pourraient guider le destin des nations. Ce roman s’inscrit dans une tradition de récits ésotériques qui cherchent à révéler les mystères derrière les événements historiques connus, invitant les lecteurs à repenser leur compréhension de l’histoire à travers le prisme de l’ésotérisme. Pour ceux qui s’intéressent à l’intersection entre la réalité historique et les dimensions cachées de l’existence, ce livre est une lecture incontournable.

Auteurs

Eric de l’Estoile est un écrivain membre de la Société des Gens De Lettres, auteur de Thrillers, de romans policiers et historiques.

Arnaud de l’Estoile est un historien, spécialisé dans l’étude de l’ésotérisme et des sciences occultes, secrétaire de la Société des Gens De Lettres, auteur d’une dizaine d’ouvrages dont plusieurs publiés aux éditions j’ai lu

La sagesse du Roi et le Franc-maçon

Dans le Talmud de Babylone, parmi les dix questions faites par Alexandre le Grand aux anciens du Néguev, il en est une qui nous intéresse tout particulièrement, la quatrième question : « Quelle est la définition d’un sage demande Alexandre ? »

Les Anciens lui ont répondu : « le sage est celui qui prévoit ce qui advient ». La sagesse apparaît ici comme déductive, le sage d’un maintenant lit l’après, par une perception rationnelle ou révélée. Cependant, dans le Pirkhé Avoth (le traité des principes), l’homme sage n’est pas défini ainsi, comme sachant prévoir. Il y est appelé celui qui, en autrui, en tout homme, trouve à s’instruire.

Dans la première définition, le sage s’expose à un système de contingences historiques, celui de la deuxième sagesse résiste aux expériences du savoir pour se renouveler, ouvert à chaque rencontre. Le franc-maçon navigue sur ces sagesses, de l’une à l’autre.

Un roi décida un jour de construire une ville et fit le choix d’un site. Les astrologues approuvèrent l’endroit à condition qu’un enfant soit emmuré vivant et présenté volontairement par sa mère. Au bout de 3 ans, une vieille femme présenta un enfant d’environ 10 ans. Au moment d’être emmuré, l’enfant déclara au roi : « Laisse-moi poser 3 questions aux astrologues ; si leur réponse est correcte alors ils auront bien lu les signes, sinon, dans le cas contraire, ils t’auront leurré ». – Qu’est-ce qu’il y a de plus léger ? Qu’est-ce qu’il y a de plus doux ? Qu’est-ce qu’il y a de plus dur au monde ? Au bout de 3 jours, les astrologues donnèrent leur réponse : » Le plus léger c’est la plume, le plus lourd c’est la pierre et le plus doux c’est le miel ». 

L’enfant éclate de rire et ajoute : « Le plus léger c’est l’enfant parce que, dans les bras de sa mère, jamais il ne pèse, ce qu’il y a de plus doux, c’est le lait de sa mère et le plus dur c’est pour la mère d’apporter elle-même son enfant pour être enterré vivant ». Les astrologues furent confondus et durent reconnaître leur erreur. Ils avaient mal lu les étoiles. Aussi l’enfant fut-il épargné.

Cette histoire inspira sans doute l’historien persan Ibn Jarīr Tabari qui parle dans sa chronique d’un concours de 10 questions pour connaître celui qui, parmi les héritiers, serait habilité à s’asseoir sur le trône comme successeur du roi David ; à savoir : « Ce qui existe de plus petit ? Ce qui est le plus grand ? Le plus amer ? Le plus doux ? Le plus honteux ? Le meilleur ? Le plus proche ? Le plus éloigné ? Ce qui est cause de grand chagrin ? Et le plus agréable. La réponse était : « Ce qui est de plus petit dans le corps humain est l’âme, ce qui est le plus grand, c’est le doute ; ce qui est le plus amer c’est la pauvreté ; ce qui est le plus doux ce sont les richesses ; ce qui est le plus honteux parmi les enfants d’Adam c’est l’incrédulité ; ce qui est le plus mauvais parmi les enfants d’Adam c’est une femme méchante ; ce qui est le plus proche pour les enfants d’Adam c’est l’autre monde, et le plus éloigné c’est ce monde parce qu’il passe ; ce qui cause le plus grand chagrin aux enfants d’Adam c’est l’âme qui se sépare du corps, et ce qui est le plus agréable pour eux c’est l’âme qui est dans le corps.»

Au VIIIe siècle av. l’ère vulgaire, lorsqu’il fut installé sur le trône d’Israël, le roi Salomon, Shlomo Hamelech, se rendit à Guib’on où se trouvait le Mishbea’h Hagadol (l’Autel), avant la construction du Temple. Il y fit un rêve dans lequel le Tout Puissant s’adressa à lui : « Demande Moi ce que tu désires et Je te l’accorderai ». Salomon ne demanda ni la richesse qu’ont les autres rois, ni un long règne. Il décida : je vais demander une chose qui inclut tous les vœux possibles et en regard de laquelle rien d’autre n’a de valeur. Il demanda la sagesse et le pouvoir de distinguer le Bien du Mal pour permettre de juger avec équité. Ceci plut à El Shaddaï car par cette demande Salomon aspirait à ce que son cœur s’ouvrît à la compréhension du cœur de chaque homme. La sagesse lui fut accordée et son cortège de bienfaits.

À son réveil, Salomon s’aperçut qu’il comprenait le langage des oiseaux et qu’il pouvait leur parler. Ainsi couvert par la sagesse, il y a un accès à un sens qui se trouvait déjà là, sous la couche sédimentée de la différence des espèces. La sagesse permet de dévoiler de nouvelles tonalités qui échappent aux significations stéréotypées et affaiblies du quotidien (comprendre la langue des oiseaux signifie être initié).

L’enseignement talmudique de la sagesse de Salomon est évoquée par d’autres histoires racontées sous formes de contes didactiques et moralisants : les 2 femmes et l’enfant, mais aussi le serpent et le pot de lait, Salomon et le roi de Perse, l’histoire des 3 frères, celle des 3 hommes, celle du fils du riche et le serviteur, d’autres encore[1]. Il s’agit le plus souvent de la mise en scénario de la découverte de coupables, montrant que la sagesse ne s’exprime pas une fois pour toutes, mais par des actes de décision toujours renouvelés.

La Bible retient 3 livres qui auraient été écrits par Salomon : Misleî (les proverbes), Qohelet (l’ecclésiaste) et le Shir Hashirim (le Cantiques des cantiques).

1. Misleî, les proverbes, enseigne quelles sont les qualités qu’il faut développer, en particulier, l’amour de la sagesse et la recherche en toute circonstance du juste milieu. Le terme Misleî, traduit par proverbes, a un sens premier de « manière d’être », fait précis qui sert à confirmer. Mieux que proverbes, « exemples » bons ou mauvais, semblerait une meilleure traduction nous dit Chouraqui. Ce qui est essentiel sous la forme qui l’exprime (proverbe, dicton, discours inspiré, parabole, poème, sentence), ce qui est essentiel c’est l’exemple à imiter ou à fuir, le fait objectif que décrit le proverbe. S’adressant à son fils, Salomon prononce un plaidoyer pour démontrer la supériorité de la sagesse sur la démence. L’opposition est constante entre ces deux voies, celle des criminels et celle des justes.

Ces écrits ont un but pédagogique. Pour la pensée judaïque le monde est cassé en deux, et il n’est pas sans conséquence de se situer dans la lumière ou dans les ténèbres… Dans ce livre des proverbes, le discernement et la discipline sont des mots au centre du discours de Salomon. Pour Salomon, la discipline, être disciple, apprendre sont : l’écoute de la parole du père et le frémissement devant Adonaï. La sagesse est, pour lui, dans la proximité d’Adonaï, dans ce que l’on pourrait appeler la stricte observance de la loi. Ainsi peut-on lire : « Au cœur qui discerne repose la sagesse » ; « En tête de sagesse, acquiers la sagesse ; avec ton acquis, le discernement » ; « Adonaï fonde la terre sur la sagesse» ; « La face de qui discerne est sagesse» ; « En marche, l’humain qui trouve la sagesse, l’humain qui diffuse le discernement. Oui sa valeur est meilleure que valeur d’argent, que l’or fin de sa récolte. » ; « La sagesse est un arbre de vie pour ceux qui l’étreignent, ceux qui s’y appuient sont en marche».

2. Qohelet qui signifie « assembler » a été traduit en grec, puis en latin par ecclésiaste, mot qui dérive lui-même d’ecclesia, l’assemblée. Qohelet est rassembleur de sentences et prédicateur. Le ton et la signification profonde de l’ouvrage sont donnés par le deuxième verset qui sert de leitmotiv au livre tout entier. ! « Habel ha balim, hakol habel », dit Qohelet, vanité des vanités, tout n’est que vanité. La traduction de Habel par vanité implique un jugement de valeur (est vain ce qui est dépourvu de valeur). Or le mot Habel est essentiellement concret, il dresse un constat : tout est fumée, le bonheur, le travail, la sagesse, la vie, l’humanité, la famille, l’argent, le rire, l’avenir, la jeunesse, les jours de l’homme ; oui tout est fumée. La pensée de Salomon est davantage métaphysique que moralisante.

Il tente de décrire la condition humaine sous l’angle de ce qui se passe, sur l’état de fait indéniable, sur ce qui porte à conséquence pour la pensée et la conduite de l’homme. Le sage est celui qui règle ses désirs sur ce qui ne dépend que de lui, pourrait dire le stoïcien. Fumée des fumées dit Qohelet, fumée des fumées, tout n’est que fumées. Il termine le livre en disant : « Et, après avoir tout entendu, frémis d’Élohim, garde ses ordres, oui voilà tout l’humain.» On retrouve ainsi à la fin de l’ecclésiaste cette parole du père au fils qui recommande la stricte observance dans le frémissement du Mystère.

3 – Shir Ashirim, le Cantique des cantiques est rapporté à Salomon sans que l’on puisse savoir si le relatif du premier verset désigne le roi comme auteur ou comme destinataire du texte : Cantique des cantiques à Salomon.

La lecture des 117 versets qui composent ce poème révèle au moins deux plans de significations ; un plan humain où l’auteur met en scène un homme et une femme unis par l’Amour, et un plan cosmique relatif à la création toute entière. Il faut y voir aussi l’exaltation des rapports privilégiés entre l’assemblée d’Israël et d’Eter-El. Les quatre motifs qui forment la trame du poème se retrouvent en profondeur dans toute la Bible : la création, la chute, l’exil et la rédemption. Ce livre est considéré comme un chef-d’œuvre littéraire. Rabbi Aquiba en dira : « Le monde n’avait ni valeur, ni sens avant que le poème des poèmes ne fut donné à Israël». C’est au 109ème verset qu’il est écrit : « Oui, l’Amour est inexorable comme la mort», dans la traduction de Chouraqui ; « fort comme la mort» dans la traduction TOB ; « l’Amour est plus fort que la mort» disent les initiés.

La sagesse de Salomon est un sujet repris par le livre pseudépigraphe du 1er s. av. J.-C., introduit dans la Bible avec le titre La sagesse de Salomon. L’auteur, probablement un juif alexandrin, sage et fin lettré, se fonde sur l’héritage intellectuel de Platon, d’Aristote et des Stoïciens pour donner une consistance rationnelle à la pensée de Salomon. Il reprend ses thèmes pour exhorter le lecteur à vivre en sagesse. « Aimez la Justice, vous qui jugez la terre ! » ; « Pensez à Adonaï en Bien, cherchez Le dans l’intégrité du cœur » ; « Oui, la Justice est non-mort » ; « Élohim n’aime la parole que si elle est unie à la sagesse ».

Ainsi l’homme sage est celui qui discerne le Bien du Mal et qui consent à la Loi [sacrée].

Cette sagesse est-elle une sagesse pour tous ?

Salomon fut exaucé en demandant la sagesse. Elle lui fut donnée, donc ses jugements étaient inspirés. Il avait à savoir ce qu’était le Bien, le Mal. D’aucun pourrait penser que même sa demande, de sagesse et de distinguer le bien du mal, ferait partie d’un Plan divin.

Mais nous, hommes et femmes du quotidien, ne recevons pas l’illumination d’en haut ; nous recherchons la sagesse à travers des quêtes différentes et variées. Nous essayons d’aller vers plus de lumière, et nous ne pouvons que douter.

Pour comprendre l’autre, les sens sont illusions. L’intuition, le cœur nous permettent de nous approcher, de pénétrer une vérité multidimensionnelle, mais nous demeurons ancrés dans la nécessité de la réalité, la nôtre, qui sera toujours un obstacle à la compréhension objective du vrai de l’autre.

Discerner le Bien du Mal, être inspiré par un manichéisme où se condensent et s’alternent les contraires, où s’ouvre le passage d’une vision duale, ne risque-t-il pas de dévoiler une vérité virginale dure et froide ? Et pourtant c’est à son mariage avec l’âme de la révéler chaude et tendre. C’est-à-dire de faire de la justice une équité, de sous-tendre la rigueur par la miséricorde. « Il n’y a ni droite, ni gauche parce que ce n’est pas la main qui agit mais le cœur et il est Un », dit l’ange à Gita dans le livre Dialogue avec l’Ange de Gita Mallasz.

 Dans l’arbre de Vie Hesed, la miséricorde, est le vis-à-vis de Géburah, la rigueur.

La méthode d’enseignement par l’exemple, comme celle de Salomon, est-elle conforme à une démarche d’homme libre ?

Imiter ou fuir un modèle, répéter, singer, copier, être homothétique ou reflet inversé n’est pas, à mon sens, une démarche d’homme libre. Nous ne sommes pas des clones psychiques; chaque histoire est unique. L’homme libéré n’a pas de modèle préexistant, parce qu’il n’existe que par une actualisation sans cesse renouvelée de son devenir sans laquelle il n’y a pas de rédemption possible. Ni modèle ni guide « Ne demande pas ton chemin, tu risquerais de ne pouvoir te perdre» dit le kabbaliste. Celui qui, cherche sait qu’il doit parfois s’écarter de la voie mais pour n’explorer que ce qui est à sa mesure. C’est son identité qui fonde son parcours. Les épreuves de la vie enseignent à tout âge.

Toutes les recherches de sagesse initiatiques indiquent une direction d’évolution, à partir du moi vers le Soi. Il s’agit de trouver l’homme dans son être véridique en mouvement vers le meilleur de lui-même, pour atteindre un ordre éthique, qui instaurera, dans l’existence des hommes, dans leur vie privée et collective, une harmonie leur permettant de s’assembler pour partager la réalité. Non seulement parler aux oiseaux, mais accepter de vivre auprès d’eux et eux auprès de nous. Chaque être ne ressemble qu’à lui-même, et pour cela surtout pour cela, la Jérusalem céleste doit pouvoir s’ériger sur des consciences éveillées aux autres.

C’est dans ses épreuves du rapport à autrui que l’homme s’éprouve et se fait. Quelque chose me pousse à reconnaître l’autre comme mon frère. Autrui est le seul Bien qui puisse limiter mon égoïsme et ma persévérance dans le Mal. L’autre est celui qui limite en chacun de nous le « chacun-pour-soi ». Le véritable Amour n’est ni dans la contrainte, fut-elle morale, ni dans la direction d’autrui, mais dans la liberté qu’on lui reconnaît et j’appellerai cela le principe d’humilité et pour cela il n’est pas besoin d’une définition a priori du Bien. Je ne suis pas bon parce que je posséderais la vérité mais parce que je rencontre l’autre dans sa singularité. « Ne le fais pas avec la tête, ne le fais pas avec le cœur, fais-le avec humilité», dit l’ange à Lili.

Dans la perspective judaïque, comme dans une philosophie de la tolérance, l’humilité apparaît comme la condition même de la conscience morale. L’humilité est l’expérience de la gratuité, du don de soi. Pratiquer l’humilité, c’est concevoir la capacité de se mettre en retrait devant autrui, de suspendre l’expansion naturelle et égocentrique de son propre être, de se taire et d’attendre, afin de donner à l’autre la possibilité de se faire, et de se dire. L’humilité est l’expérience du silence et du suspens… L’humble n’est pas un éclopé de la réussite car cela suppose d’aller jusqu’au bout de ses forces pour reconnaître l’autre, non comme négation victimaire de soi, mais comme condition héroïque où l’homme comme Dieu fait place à l’homme ? Ecce Homo ! Ma liberté ne s’arrête pas là où commence celle de l’autre, elle commence et s’accomplit là où commence et s’accomplit celle d’autrui. Ainsi le Bien ne serait que dans la relation, dans la reconnaissance de l’altérité, dans son acceptation comme irréductible. Dans cette formulation excluant l’asservissement, ou l’extase annihilant, se montre la possibilité d’une obéissance qui n’aliène pas celui qui écoute… Et alors l’enseignement de Salomon peut devenir aussi une sagesse pour un être en marche. Elle n’est plus une maïeutique, mais une herméneutique. L’autre n’a pas pour rôle de me mettre en valeur comme dans le dialogue platonicien et socratique. Le dialogue socratique n’est pas un véritable dialogue, en ce sens qu’il s’inscrit tout entier dans le postulat de l’unité de la raison comme lieu de la vérité ; même si ce lieu est à découvrir, il préexiste, il est. Le dialogue n’est qu’une ruse du logos, une forme ornementée d’une dialectique immanente. Tout se passe à l’intérieur d’une conscience ayant l’air de s’interroger et de se répondre, mais où, finalement, tout se renoue. La pensée est monochromatique d’une vérité immanente : c’est une maïeutique.

Le fait même que l’autre soit une vérité et comme le formule Nietzsche « Il existe toutes sortes d’yeux, aussi il y a en conséquence toutes sortes de vérités et en conséquence il n’y a aucune vérité», ce fait ouvre la pensée sur l’interprétation, sur le questionnement, qui est aussi une remise en question. L’herméneutique, c’est-à-dire l’art d’interpréter et non pas l’art de répéter, implique la suspension du jugement. L’ouverture réside dans le caractère non fixé de la réponse. Dans l’Arbre des Séphiroth, la sagesse « Hochma » contient le ma, le «quoi ?», le questionnement. Adam, en hébreu composé de aleph, daleth, mem, a une valeur énergétique de 45 ; qui s’écrit mem, hé, et peut se lire ma c’est-à-dire le questionnement. L’homme est un questionnement. La sagesse est un questionnement. La langue hébraïque, en l’absence de voyelle, peut prétendre être une herméneutique.

Mais de manière générale l’homme souhaite un monde où le Bien et le Mal soient nettement discernables, car il y a en lui le désir inné et indomptable de juger avant de comprendre. Sur ce désir sont fondées les religions et les idéologies. Elles exigent que quelqu’un ait raison. À l’inverse, il existe un rapport au monde dans le respect; ce rapport nous l’appelons avec Emmanuel Lévinas la caresse et nous la proposons comme sagesse.

La caresse n’exige rien en matière de vérité ; car elle est fondée sur la capacité de supporter la relativité essentielle des choses humaines. La caresse incarne la sagesse de l’incertitude. La caresse est un anti-concept qu’Emmanuel Lévinas introduit en philosophie dès 1947 dans le Temps et l’Autre. Écoutons-le : « La caresse est un mode d’être du sujet », écrit-il, « où le sujet dans le contact d’un autre va au-delà de ce contact. Le contact en tant que sensation fait partie du monde de la lumière… La caresse ne sait ce qu’elle cherche. Ce ne-pas-savoir, ce désordonné fondamental en est l’essentiel. Elle est comme un jeu absolument sans plan, non pas avec ce qui peut devenir notre et nous, mais avec quelque chose d’autre, toujours autre, toujours inaccessible, toujours à venir. La caresse est l’attente de cet avenir. Elle est faite de cet accroissement de faim, de promesses toujours plus riches, ouvrant des perspectives nouvelles sur l’insaisissable». L’homme n’est pas, mais il devient, il existe dans son altération incessante.

La caresse n’est donc pas un savoir mais une expérience, une rencontre. La caresse découvre une intention, une modalité d’être qui ne se pense pas dans son rapport au monde comme saisir, posséder ou connaître. La caresse s’oppose à l’emprise de la griffe, du main-tenant, elle est abolition du temps. La caresse n’est pas la prise de l’être mais son respect. La vérité comme respect de l’être, voilà le sens de la vérité métaphysique écrit encore Lévinas.

Le nous qui n’est pas formé de je distincts est l’équivalent d’un déluge noyant l’être dans une parole indifférenciée. L’arc-en-ciel, qui apparaît à la fin du déluge comme signe d’alliance retrouvée, peut-être considéré de ce point de vue comme un paradigme (un exemple représentatif et explicatif) de cette essentielle différenciation. Les 7 couleurs de l’arc-en-ciel avec toute l’infinité de leurs nuances font obstacle à la seule lumière blanche des idéologies totalitaires. Et cette alliance nous propose une philosophie de l’éthique comme primordiale par rapport à la métaphysique.

Écoutons une fois encore Lévinas qui écrit dans Totalité et Infini : « Il faut faire œuvre de justice. La droiture du face-à-face, pour que se produise la trouée qui mène à Dieu, et la vision coïncident ici avec cette œuvre de justice». Dès lors, la métaphysique se joue là où se joue la relation sociale, dans nos rapports avec les hommes. Il ne peut y avoir, séparée de la relation avec les hommes, aucune connaissance de Dieu. Autrui est le lieu même de la vérité, métaphysique et il est indispensable à mon rapport à Dieu. Je pense donc tu es.

Dans un mouvement de tolérance, nous dirions d’humilité caressante, qui excède le malheur, entre le Droit qui existe comme Bien a priori, mais qui ne suffit pas et l’Amour qui suffirait, mais n’existe qu’à peine, le tsadik, l’Homme Juste, tente de construire un monde universel dans lequel l’humanité parviendrait à vivre par-delà le Bien et le Mal. L’aube de cette sagesse, que nous pouvons tenter de vivre, est la promesse d’un temps où voici que la lumière a épousé la nuit.

Au fait, qu’a pu devenir l’enfant de l’histoire babylonienne ?

Illustration de l’article : Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin, 1649


[1] La Légende de Soliman et testament de Salomon d’après les chroniques de Tabari Ibn Djarir, Sabine Baring-Gould, Ahimaaz bin Tsadok, Louis Ginzberg, John D. Seymour :

Spinoza et Franc-maçonnerie

En un peu plus de 40 ans, j’ai eu la chance de découvrir progressivement les 33 degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Mais vingt ans avant d’être reçu Franc-Maçon, j’ai eu la chance d’avoir un professeur de philosophie qui m’a permis de découvrir Spinoza, dont il était un admirateur et un connaisseur remarquable. Je n’ai cessé de le lire et de le relire depuis.

C’est Spinoza, philosophe, penseur, que je vais évoquer ici, en m’efforçant de montrer à quel point sa pensée est en ligne avec les fondamentaux spirituels de l’Ordre maçonnique, avec le Rite Ecossais Ancien et Accepté, et à quel point sa conception est en phase avec ce qu’est pour nous, et en tous cas pour moi, le Grand Architecte de l’Univers.

Baruch Spinoza est né à Amsterdam, en 1632.  Sa famille portugaise, avait fui l’Inquisition ibérique pour vivre dans les Unies, jadis possession espagnole devenues indépendantes, et plus tolérantes. Son père, Miguel, est un marchand réputé dans l’import-export de fruits secs et d’huile d’olive, et un membre actif de la communauté juive, tandis que sa mère est morte alors qu’il n’a pas six ans.

Les Juifs portugais ou d’origine portugaise parlent néerlandais avec leurs concitoyens, utilisent le portugais comme langue quotidienne au sein de la communauté, et écrivent en espagnol.
En ce qui concerne la réflexion philosophique, c’est en latin appris auprès, d’un ancien jésuite, que Spinoza écrit, comme la quasi-totalité de ses collègues européens.

Baruch Spinoza lira aussi l’allemand, le français, l’italien ou le grec ancien, mais ses parents voulant en faire un rabbin, il accède à une connaissance approfondie de la loi écrite et accède aussi aux commentaires médiévaux de la Torah, ainsi qu’à la philosophie juive.

Le 27 juillet 1656, Spinoza a 23 ans et est frappé d’excommunication, pour cause d’hérésie, alors qu’aucun document ne fait état de sa pensée à ce moment précis puisqu’il a à peine  23 ans et n’a encore rien publié.

Mais on sait cependant qu’à cette époque, il fréquente l’école d’un philosophe républicain, où il découvre l’Antiquité, notamment Terence, et les grands penseurs des XVIe et XVII siècles comme Hobbes, Bacon, Machiavel, ou encore Descartes, dont la philosophie exerce sur lui une influence assez profonde.

Il professe, dès cette époque, qu’il n’y a de Dieu que « philosophiquement compris », que la loi juive n’est pas d’origine divine, et qu’il n’est pas interdit d’en chercher une meilleure…

Après son exclusion de la communauté juive portugaise en 1656, Spinoza étudie la philosophie « et gagne sa vie en taillant des optiques pour lunettes et microscopes et fait preuve de générosité malgré sa grande modestie.

Vers 1660, il reçoit la visite de Henry Oldenburg, secrétaire de la Royal Society, avec lequel il établit ensuite une longue et riche correspondance. Il n’est pas inutile de rappeler que Newton, membre puis président de la Royal Society, avait pour plus proche collaborateur Jean-Théophile Désaguliers, premier Grand -Maître de la première Grande Loge, créée à Londres en 1717.

S’écartant de plus en plus des conceptions des religions qu’il juge étroites, Spinoza est de plus en plus fréquemment attaqué comme athée. Dans ce contexte de tensions, il interrompt l’écriture de l’Éthique pour rédiger le Traité théologico-politique, dans lequel il défend « la liberté de philosopher » et conteste l’accusation d’athéisme. Sa pensée audacieuse lui vaut la visite d’admirateurs ou de personnalités comme Leibniz.

A la demande de ses amis, il entreprend la rédaction d’un Précis de grammaire de la langue hébraïque. Mais il est de santé fragile et malgré une vie frugale, il meurt à 44 ans le 21 février 1677 à La Haye. Ses derniers mots auraient été : « J’ai servi Dieu selon les lumières qu’il m’a données. Je l’aurais servi autrement s’il m’en avait donné d’autres.

Voilà ce que fût la vie de cet homme du 17ème siècle, dont la pensée demeure aujourd’hui source d’inspiration voire d’adhésion pour beaucoup.

Attardons-nous donc plus précisément sur cette pensée et le rapport que j’y vois avec ce que j’ai retenu de quatre décennies de franc-maçonnerie.

Dans le Traité de la réforme de l’entendement, Spinoza distingue plusieurs espèces de perception :

I. Il y a une connaissance par ouï-dire, c’est-à-dire : librement identifiée et qualifiée par chacun.

II. Il y a une perception dite « empirique », par laquelle, éprouvant une sensation ou un sentiment communément partagés par d’autres individus, nous le fixons comme « acquis ». Cette perception n’est pas élaborée par notre entendement, mais elle est néanmoins validée dans la mesure où aucun fait contradictoire ne lui paraît opposable.

Ces deux premiers modes de perception ont en commun d’être « irrationnels », quoiqu’ils soient utiles pour la conduite des affaires quotidiennes de la vie. Citons maintenant les deux autres espèces de perception :

III. Il y a une perception dite « déductive », qui consiste à conclure de manière cohérente et rationnelle qu’un fait observé s’est produit. Le raisonnement nous mène alors à clarifier un principe, mais pas l’origine de ce dernier.

IV. Enfin il y a une perception dite « essentielle » ou « élémentaire », en vertu de laquelle nous saisissons l’essence même de la chose perçue. Percevoir cette chose revient donc, ici, à en percevoir l’essence ou « principe premier. »

On voit que le troisième mode de perception est donc une façon de conserver et de transmettre la vérité d’un point de départ (principe), mais pas de la produire. Et le quatrième mode est celui de la connaissance intuitive.

Et à ceux qui ont condamné Spinoza pour athéisme, il faut répondre en citant Spinoza lui-même, qui écrit dans le Traité de la Réforme de l’Entendement « nous avons une idée vraie « . Cette idée vraie est celle de Dieu, qui est « ce qui est en soi ».

Spinoza va appuyer sa conception de la vérité par un recours aux mathématiques, science dans laquelle la vérité n’est pas subordonnée à l’existence de l’objet. La vérité n’est donc pas définie par rapport à l’objet, mais par rapport à l’entendement producteur de la connaissance.                                                                                 

Je n’ai pas besoin, naturellement, de rappeler ici à quel point nous Francs-Maçons recherchons inlassablement la vérité. « La vraie lumière, c‘est celle de la Raison, de la Vérité, de la « vraie philosophie » voire de la « saine Physique ». La Vérité existe, en soi et pour soi, intemporelle et absolue, et c’est en son nom que parle le philosophe.

Dans le livre premier de l’Éthique, intitulé « De Dieu », Spinoza va montrer iqu’il n’existe dans la nature qu’une seule substance et que c’est Dieu.

Et c’est là que Spinoza marque à jamais la pensée de l’homme en écrivant qu’il n’existe qu’une substance unique, absolument infinie et constituée d’une infinité d’attributs : Dieu c’est-à-dire la Nature, ce que Spinoza écrit sous la forme Deus sive natura.

Dieu est donc la Nature, la Substance unique et infinie. L’individu suprême est la Nature entière, qui ne change pas : son rapport de mouvement et de repos est donné par les lois de la physique, et ces lois ne changent jamais.

Le poète, théologien et philosophe allemand Herder, disciple de Kant, ami et mentor de Goethe, a écrit : « Que Spinoza ne soit pas un athée, cela se voit à chaque page ; l’idée de Dieu est pour lui la première de toutes et la dernière, on pourrait dire l’idée unique à laquelle il rattache la connaissance du monde et de la nature, la conscience de lui-même et de toute chose autour de lui. »

Hegel aussi réfutera la qualification du spinozisme comme athéisme, considérant que loin de nier l’existence de Dieu, car ce serait l’existence du monde que Spinoza nierait, Spinoza reconnait l’Absolu infini , y compris non manifesté, comme unique réalité, idée défendue par Parménide, mais  aussi par Kant,  Hegel et Schopenhauer.

Pour Spinoza donc, Dieu n’est pas extérieur au monde, mais immanent à la Nature, il n’est donc rien d’autre que la Nature.

Un point vaut d’être souligné : Spinoza refuse explicitement toute conception anthropomorphique de Dieu, c’est-à-dire qui le concevrait à l’image d’une « personne » humaine.  Il écrit « C’est improprement que Dieu est dit haïr ou aimer certaines choses. »

Spinoza s’interroge  sur l’homme et ses passions.et développe la notion de conatus, c’est-à-dire de l’effort, qui permet de caractériser l’homme par le désir qui devient volonté et source de joie quand, par la connaissance adéquate de ce qui nous détermine, il augmente notre puissance d’être.

Chez l’homme, le conatus s’exprime dans l’âme, mais tout aussi bien dans le corps. Le corps cherche spontanément l’utile et l’agréable ; l’âme, quant à elle, recherche spontanément la connaissance.

C’et aussi l’effort pour éprouver de la joie, augmenter la puissance d’agir, imaginer et trouver ce qui est cause de joie, ce qui entretient et favorise cette cause.

Spinoza écrit que c’est aussi l’effort pour écarter la tristesse, imaginer et trouver ce qui détruit la cause de tristesse, le conatus étant ainsi l’effort pour augmenter la puissance d’agir ou éprouver des passions joyeuses.

Quant à la gratification des efforts entrepris , Spinoza a écrit « La satisfaction intérieure est en vérité ce que nous pouvons espérer de plus grand. »  Quel la Joie soit dans les cœurs !

Pour Spinoza seul Dieu a des idées, et l’homme accède en fonction de ses limites consubstantielles à sa qualité d’humain à ses idées concernant les idées de Dieu.

En Franc-Maçonnerie, nous accédons degré après degré à une connaissance plus fine de nos propres potentialités, de nos propres limites, en même temps que de l’étendue, sans limite ni dans le temps ni dans l’espace, de l’œuvre, en perpétuelle évolution, du Grand Architecte de l’Univers.

Il n’est pas nécessaire de rappeler ici que dans sa quête de la vérité et de la justice, un Franc-maçon n’accepte aucune entrave et ne s’assigne aucune limite. Et comme ma propre vie est limitée, dans mes capacités à tout savoir et à tout comprendre, donc à accéder à la Vérité, et à toujours agir avec justice et équité si ce n’est avec justesse, j’espère que ceux qui viendront après moi complèteront l’œuvre avant d’être eux-mêmes remplacés et relayés.

Surtout, nous pensons qu’accéder à la vérité, c’est comprendre la cause de nos malheurs individuels et collectifs, donc progresser vers le bonheur et l’harmonie.

Le travail en loge, degré après degré, permet à l’initié de réfléchir aux grands archétypes de la psyché humaine : le devoir, la vengeance, la justice, l’amour, l’équité, le pouvoir, mais aussi le fait religieux.

Degré après degré, le maçon écossais devient le véritable sujet de sa vie. Cette confrontation au réel, répétée et étalée dans le temps, s’accompagne d’un objectif intellectuel et moral clairement délimité.

Dans son Traité théologico-politique, Spinoza précise que « La justice est une disposition constante de l’âme à attribuer à chacun ce qui lui revient »

Chacun de vous le sait bien, les Francs-Maçons refusent les préjugés, comme cela s’impose à quiconque entend inlassablement chercher la vérité, puisqu’il est évident que la quête de vérité est un périple au cœur de la Franc-maçonnerie, un chemin vers la sagesse et la vertu, invitant chaque chercheur à une introspection profonde, lui permettant de transcender sa quête personnelle.

Spinoza nous apparaît plus de trois siècles après sa mort comme une source d’inspiration encore très actuelle pour sa pensée radicale et son esprit critique envers les normes sociales et religieuses établies à son époque.

Il prônait l’idée que la raison devrait être notre guide principal dans la recherche de la vérité plutôt que les croyances aveugles imposées par les institutions.

Cette approche est profondément en accord avec les principes fondateurs de la franc-maçonnerie, qui encourage chacun de ses membres à chercher la connaissance par lui-même au lieu d’accepter simplement ce qui est dit sans véritable justification.

La franc-maçonnerie considère la liberté de pensée comme un droit fondamental de chaque individu. À travers ses rituels et symboles, notre démarche cherche à éveiller l’esprit critique de celles et ceux qui s’y engagent afin qu’ils puissent remettre en question les limites imposées par leur environnement social et culturel.

Il faut avoir le courage de remettre en question les lois injustes et à s’engager activement pour les droits de l’homme, la justice sociale et l’équité. Finalement, lorsque Spinoza nous dit « Réfléchir, c’est oser désobéir », il exprime l’essence de la franc-maçonnerie, qui nous encourage à remettre en question les dogmes établis, à cultiver notre esprit critique et à faire évoluer la société vers plus de justice, plus d’équité.
Chacune et chacun est encouragé à réfléchir par lui-même. Ce à quoi Spinoza nous invitait Il y a plus de trois siècles.

« Est-ce qu’on peut rire des corses ? Oui ! Mais faut pas le faire ! » (Eric Fraticelli)

Et, est-ce qu’on peut rire des Francs-maçons corses, alors ?

En Corse, au village et partout, les âmes sont aussi fières que les montagnes de l’île et les cœurs aussi clairs que la Méditerranée qui la ceinture. La fraternité est un art de vivre mais… A lingua corsa et les codes peuvent rester un mystère pour certains pinzuti, même en Loge…

La rigueur est la méthode… U rigore hè u metudu, cum’ è pè fa un bon brocciu ! Et a fratellanza, e storie cum’ è stori di figatelli, tutti finiscinu attornu a listessa tavola ! La fraternité, c’est comme la Filetta… Ça se partage, ça se savoure, ça ne s’oublie jamais sinon, in bocca al lupu ! Crépi !

A francmasoneria hè seria, ci vole perseveranza, impegnu, è soprattuttu travagliu duru… jusqu’à minuit … Surtout si on a des mèches lentes ! Donc, pas de peine à imaginer l’injonction du vénérable maître à l’ouverture des travaux :

Les travaux reprennent avec force et vigueur ! Et que ça saute ! 

Cunfidenza è pace !

Nb : Dans mon monde animalier, clin d’œil à mon ami le 🐗 du Cap qui a vérifié ma syntaxe… 🦞

La Cour européenne des droits de l’homme protège le secret maçonnique

Par un jugement du 19 décembre 2024, “Grande Oriente d’Italia contre Italie”, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que la Commission d’enquête parlementaire italienne sur le phénomène des mafias et autres organisations criminelles avait violé le droit à la vie privée en effectuant une perquisition pour obtenir la liste des membres d’une loge maçonnique.

Le Centre européen pour la loi et la justice (ECLJ) rapporte que la CEDH a estimé que la Commission manquait de garde-fous suffisants et a privilégié la protection de la vie privée des francs-maçons plutôt que la lutte contre les infiltrations mafieuses dans les cercles de pouvoir.

Grégor Puppinck, directeur de l’ECLJ, dans un entretien, a détaillé cette décision et l’approche générale de la CEDH vis-à-vis des questions impliquant la Franc-Maçonnerie. Il met en lumière les liens historiques complexes entre mafia et sociétés secrètes en Italie, où ces organisations partagent des structures similaires basées sur le secret, la hiérarchie et le serment.

Les liens historiques entre mafia et sociétés secrètes :

  • En Italie, les sociétés secrètes et la mafia partagent une longue histoire, notamment à travers la loge P2, qui avait des objectifs criminels et politiques.
  • L’article 18 de la Constitution italienne interdit les activités politiques des sociétés secrètes, mais après l’affaire de la loge P2, les mafias ont cherché à infiltrer les loges maçonniques.
  • Le Grand Orient d’Italie (GO), particulièrement visé par les perquisitions, n’a pas de statut légal clair.

Infiltration mafieuse :

  • Les mafias calabraise (‘Ndrangheta) et sicilienne (Cosa Nostra) ont infiltré le GO, notamment dans les années 90, permettant ainsi aux mafieux de s’intégrer parmi les notables.

La création de la Commission parlementaire :

  • En 2013, une Commission parlementaire est créée pour examiner les liens entre mafia et maçonnerie, cherchant spécifiquement les noms des maçons en Calabre et en Sicile pour faire des recoupements avec les mafieux connus.
  • Face à la résistance justifiée par le secret maçonnique, la Commission a mené des perquisitions qui ont abouti à la saisie de plus de 6000 noms. La CEDH a cependant jugé cette action comme une violation de la vie privée.

Une série d’affaires en Italie :

  • Depuis les années 80, l’Italie a mis en place des mesures pour purger son administration des réseaux maçonniques, notamment en exigeant des déclarations d’appartenance maçonnique de la part des magistrats et chefs de police. Les applications de ces lois ont varié selon les régions.

Les jugements de la CEDH :

  • La CEDH a souvent tranché en faveur du secret maçonnique, estimant les demandes italiennes excessives ou non justifiées, ce qui complique la lutte contre la mafia.

Réflexions sur le jugement :

  • Grégor Puppinck critique la méthodologie de la CEDH, qui selon lui, construit souvent ses arguments a posteriori pour justifier ses décisions.
  • Il souligne que cette décision de la CEDH entrave les efforts italiens pour nettoyer ses institutions des influences mafieuses et maçonniques.

Conclusion :

  • L’interview se termine avec une question humoristique mais significative sur la présence de francs-maçons à la CEDH, indiquant une infiltration potentielle des loges dans les sphères de pouvoir.

Annexe : La loge P2 (Propaganda Due) :

  • Une loge maçonnique clandestine qui a marqué l’histoire italienne par ses implications dans des scandales financiers, des assassinats et des affaires de corruption, symbolisant un « État dans l’État ».

Sources : ECJL, Wikipédia, FSSPX.Actualités

08/02/25 à 10h45 – GLDF : Concert des Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski

 « Autour de Bizet »

La Grande Loge de France est heureuse de vous proposer d’assister à un concert exceptionnel, à l’initiative de la Loge « Les Trinitaires » n° 3 (créée en 1823).

Marc Minkowski

Fondés en 1982 par Marc Minkowski, Les Musiciens du Louvre font revivre les répertoires baroque, classique et romantique sur instruments d’époque. Leur réputation dépasse largement les frontières hexagonales et même européennes.

Depuis bientôt quarante ans, l’orchestre s’est fait remarquer pour sa relecture des œuvres de Handel, Purcell et Rameau, mais aussi de Haydn et de Mozart ou plus récemment, de Bach et de Schubert. Il est également reconnu pour son interprétation de la musique française du XIXe siècle : Berlioz, Bizet, Massenet, Offenbach…

Le samedi 8 février, dans le cadre d’une « cérémonie blanche ouverte » de la Loge « Les Trinitaires », vous aurez l’occasion d’entendre différents extraits d’oeuvres de Georges  Bizet, avec, porté par les musiciens, un choeur de 18 voix, 6 féminines et 12 masculines, ces dernières étant interprétées par des choristes de l’ensemble vocal Vox Hominis le choeur de la Grande Loge de France.

1er Grand Maître adjoint Dominique Losay

NB : Une « cérémonie blanche ouverte » est une cérémonie totalement ouverte au public mais avec un rituel (léger) maçonnique où les frères et sœurs (seulement s’ils/elles le souhaitent) peuvent porter leur cordon ou sautoir, à l’exclusion de tout autre décor maçonnique.

Compte-tenu de ce contexte, les organisateurs souhaitent que l’assistance soit en tenue de ville.
Ce concert exceptionnel est donc ouvert à toutes et à tous.  Il est cependant impératif de s’inscrire en suivant le lien ci-dessous.

S’inscrire :

Les frères de la Loge les Trinitaires, le pôle « vie culturelle » de la GLDF et son animateur, le 1er Grand Maître adjoint Dominique Losay sont impatients de vous y accueillir.

Johnny Royal : Le Franc-maçon méconnu de Saragosse et ses projets cinématographiques

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Dans le monde du cinéma et de la musique, certains talents restent dans l’ombre malgré leur contribution significative. L’un de ces talents est Johnny Royal, de son vrai nom John Michael Herrera, né à Saragosse le 12 juin 1976. Guitariste et compositeur musical de renom, Johnny Royal est aussi un fervent franc-maçon, une facette de sa vie qui influence profondément son travail artistique. Cet article explore les projets cinématographiques de cet artiste méconnu, en se basant sur l’article publié par Heraldo de Aragón le 21 janvier 2025.

Un parcours atypique

Johnny Royal, fils de travailleurs de la base américaine de Saragosse, a grandi avec un mélange culturel unique qui a nourri sa créativité. Membre du groupe de rock Black Lodge, sa musique a trouvé sa place dans des séries télévisées cultes, démontrant son talent pour créer des ambiances sonores captivantes. Cependant, c’est dans le domaine du cinéma que Royal souhaite maintenant laisser son empreinte.

Le Documentaire sur la Franc-Maçonnerie

En 2017, Royal a réalisé un documentaire intitulé « 33 & Beyond: The Royal Art of Freemasonry », qui est devenu le film le plus visionné sur le sujet de la franc-maçonnerie. Ce projet a non seulement mis en lumière son intérêt pour cette fraternité mais a également révélé sa capacité à explorer des thèmes profonds et ésotériques à travers le média cinématographique. Ce documentaire a été un point de départ pour Royal, lui permettant de combiner sa passion pour la musique et le cinéma avec ses convictions philosophiques et spirituelles.

Les Prochains Projets Cinématographiques

Johnny Royal ne s’arrête pas là. Il a exprimé son désir de réaliser un film dans sa ville natale, Saragosse. Bien que les détails sur ce projet soient encore peu nombreux, l’article de Heraldo de Aragón suggère que Royal est en train de développer de nouvelles idées qui pourraient bien révolutionner le paysage cinématographique local. Sa vision est de créer des œuvres qui reflètent non seulement la beauté de sa ville mais aussi les valeurs universelles de la franc-maçonnerie, comme l’unité, la connaissance et la fraternité.

Influence de la Franc-Maçonnerie

La franc-maçonnerie, avec ses symboles et ses enseignements, imprègne le travail de Royal. Il utilise souvent des motifs maçonniques dans ses compositions musicales et dans la mise en scène de ses projets cinématographiques, offrant une dimension symbolique riche à ses créations. Cette approche unique pourrait attirer un public fasciné par les mystères et les philosophies de la franc-maçonnerie, tout en apportant une fraîcheur narrative au cinéma contemporain.

Johnny Royal est un exemple fascinant d’un artiste qui utilise ses multiples talents pour explorer et partager ses passions les plus profondes. Bien que son nom ne soit pas encore largement reconnu, ses projets cinématographiques promettent de le placer sous les projecteurs. Avec Saragosse comme toile de fond et la franc-maçonnerie comme thème central, Royal est en train de tisser une œuvre qui pourrait bien transcender les frontières de l’art traditionnel. Nous attendons avec impatience de voir comment ses prochains films vont enrichir le dialogue culturel et artistique, non seulement à Saragosse mais dans le monde entier.

L’Esotérisme : lumière sur « Le Livre de la Connaissance » (de Serge-Reiver Nazare)

Dans cet article, nous plongeons au cœur de « Le Livre de la Connaissance – L’Esotérisme », une œuvre qui explore les mystères de l’existence humaine et les savoirs cachés transmis à travers les siècles. Ce texte foisonnant, riche en références historiques et philosophiques, invite à décrypter les concepts-clés de l’ésotérisme tout en réfléchissant à ses liens avec d’autres traditions initiatiques, comme la franc-maçonnerie. Voici une analyse approfondie et journalistique de cette œuvre unique.

Chapitre 1 : Qu’est-ce que l’ésotérisme ?

Le terme « ésotérisme » provient du grec « esôterikos », signifiant « intérieur ». Ce concept désigne un savoir caché, réservé à des initiés, et se distingue de l’exotérisme, qui désigne les enseignements accessibles à tous. Dans ce livre, l’ésotérisme est présenté comme une quête de vérité ultime, transcendante, accessible par une introspection profonde et une exploration des réalités cachées. Il s’agit d’une méthode de connaissance qui dépasse la science rationnelle et les dogmes religieux traditionnels.

Les ésotéristes se tournent vers des pratiques variées, allant de la méditation à l’alchimie, en passant par la divination et l’étude des symboles. Ils cherchent réponses à des questions existentielles : « Qui sommes-nous ? », « D’où venons-nous ? », et « Où allons-nous ? ». Ce champ de pensée s’inscrit dans une longue tradition, influencée par des cultures aussi diverses que l’Egypte ancienne, la Grèce antique et l’Inde védique.

Chapitre 2 : Histoire et évolution de l’ésotérisme

« Le Livre de la Connaissance » retrace les grandes étapes de l’ésotérisme en Occident. Depuis les mystères grecs d’Eleusis jusqu’aux pratiques occultes de la Renaissance, en passant par l’alchimie médiévale, chaque époque a vu naître des courants ésotériques adaptés à son contexte social et culturel.

Au Moyen-Âge, l’alchimie et l’astrologie se sont imposées comme des disciplines majeures, tandis que la Renaissance a révélé des figures telles que Paracelse et Marsile Ficin, qui ont mélangé science et mystique. Le XVIIIe siècle, marqué par l’essor de la franc-maçonnerie, voit l’émergence de systèmes ésotériques hiérarchisés, inspirés des idées des Lumières.

Chapitre 3 : Les pratiques et disciplines ésotériques

L’ésotérisme englobe un large éventail de pratiques, chacune étant conçue comme un moyen d’élever l’âme et d’accéder à des réalités supérieures. Parmi ces disciplines figurent :

  • L’alchimie : Plus qu’une simple tentative de transformer le plomb en or, l’alchimie est une métaphore de la transformation spirituelle.
  • L’astrologie : Elle explore les liens entre les mouvements des astres et le destin humain, dans une perspective à la fois scientifique et symbolique.
  • La divination : Utilisant le tarot, les runes ou d’autres méthodes, elle vise à révéler des vérités cachées.
  • La magie : Une pratique structurée en magie naturelle et rituelle, destinée à influer sur les énergies subtiles.

Chapitre 4 : Les grandes figures de l’ésotérisme

Des personnalités marquantes traversent l’histoire de l’ésotérisme, chacune ayant contribué à façonner ses enseignements :

  • Pythagore : Philosophe et mathématicien, il a initié une communauté secrète fondée sur des principes numérologiques.
  • Hermès Trismégiste : Figure mythique à l’origine de l’hermétisme, il incarne la sagesse universelle.
  • Giordano Bruno : Martyr de l’ésotérisme, il a défendu une vision cosmique infinie.
  • Eliphas Lévi : Père de l’occultisme moderne, il a redéfini les symboles magiques pour les adapter au monde contemporain.

Chapitre 5 : Les rapports entre l’ésotérisme et la franc-maçonnerie

L’ésotérisme et la franc-maçonnerie partagent des points communs fondamentaux, notamment dans leur utilisation de symboles et de rituels initiatiques. Les loges maçonniques, influencées par des traditions telles que la Rose-Croix et l’hermétisme, sont souvent considérées comme des gardiennes du savoir ésotérique.

Symbolisme partagé

Les outils du maçon, comme l’équerre et le compas, sont également présents dans l’iconographie ésotérique. Ces symboles incarnent une quête de perfection spirituelle et un travail sur soi.

Différences fondamentales

Cependant, la franc-maçonnerie met davantage l’accent sur la réflexion philosophique et l’amélioration sociétale, tandis que l’ésotérisme se concentre sur l’expérience mystique individuelle.

Chapitre 6 : Actualité et pertinence de l’ésotérisme

Dans un monde dominé par la technologie, l’ésotérisme trouve un regain d’intérêt. Les quêtes spirituelles personnelles et les pratiques comme la méditation ou l’astrologie connaissent une popularité croissante, révélant une soif d’authenticité et de transcendance.

« Le Livre de la Connaissance – L’Esotérisme » est une invitation à découvrir un univers où raison et mystère coexistent. Ce voyage au cœur des traditions secrètes rappelle que la quête de sens transcende les âges, reliant les êtres humains dans leur aspiration à comprendre l’invisible.

Téléchargez GRATUITEMENT « L’ESOTERISME » par Serge-Reiver Nazare – Edition Octobre 2000 (cliquez ici)

La Franc-maçonnerie : Une science ennoblissante

De notre confrère universalfreemasonry.org – Le magazine de l’artisan maçonnique

La Franc-Maçonnerie, nécessairement entourée de mystère et de secret, a toujours suscité la colère de ceux qui ne la comprennent pas. Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie et que signifie être franc-maçon ?

La Franc-Maçonnerie a ses ennemis acharnés et ses détracteurs sceptiques. Certains pensent qu’elle a été créée pour remplacer la religion, alors qu’elle n’est que la servante de ses bonnes grâces. D’autres pensent que les travaux des francs-maçons sont des mystères futiles, absurdes ou des gamineries profanes, alors qu’il n’existe aucun sujet à la portée de l’intelligence humaine dans lequel la science de la Franc-Maçonnerie ne s’étende à la poursuite de la sagesse et de la connaissance.

Certains ridiculisent les secrets des francs-maçons, les déclarant nuisibles à la société ou mauvais en eux-mêmes, alors que ces secrets sont les liens de leur fidélité mutuelle par lesquels ils s’engagent à la sagesse et à la vertu. Il fut un temps où les membres de la Confrérie étaient dénoncés comme dangereux, et où tout homme éminent connu pour être franc-maçon était appelé à renoncer à ses liens avec d’autres activités sociales. Mais face à toute opposition, la fraternité est restée calme, et le soleil de la Maçonnerie a dissipé les nuages ​​qui ont si longtemps obscurci son ciel. 

Sans possessions territoriales, sans aucun autre pouvoir coercitif que celui de la morale et de la vertu, la Franc-Maçonnerie a survécu à la ruine de puissants empires et résisté à la main destructrice du temps. Aucune autre institution ne peut lui être comparée.

Toute autre société sombre dans l’insignifiance lorsqu’elle est placée à côté de la Franc-Maçonnerie (Le christianisme seul excepté).

Comme le paysan vertueux de Gray, la Franc-Maçonnerie garde le ton silencieux de sa voie et se réjouit du bonheur sans tache de faire le bien. Quand la Franc-Maçonnerie a-t-elle commencé à exister et pourquoi l’institution a-t-elle été ainsi préservée ? Le travail des Francs-Maçons a commencé avec la création. Comprendre les mesures du poids, de la lumière et du son, démêler, saisir et comprendre ces lois immuables par lesquelles la terre, le soleil, la lune, les planètes sont soutenus dans l’espace, suivre les changements des saisons, et à chaque étape de l’investigation, alors que l’intellect s’élève de vérités élevées à des vérités encore plus élevées, s’arrêter dans une profonde admiration, sentir le Créateur proche de la créature et adorer, tel était le premier but de la maçonnerie, telle était sa tâche, toujours nouvelle, jamais terminée, une science regorgeant de nouveaux résultats et ajoutant motivation après motivation à louer et glorifier le GADLU. 

La Franc-Maçonnerie a été préservée parce qu’elle enseigne à ses membres à adorer leur Créateur Tout-Puissant, à honorer et à obéir au souverain du pays, à être pacifiques dans leurs fonctions, diligents dans leurs vocations, honnêtes dans leurs relations, respectueux envers leurs supérieurs, doux et condescendants envers leurs inférieurs, miséricordieux envers leurs ennemis, bienveillants et obligeants dans tous les devoirs de leur vie commune. Telle est l’institution qui a été préservée dans le monde, illimitée dans son nombre et dispersée dans tous les pays et royaumes.

Le travail de la fraternité aujourd’hui est d’être fidèle au caractère originel de l’ordre, de continuer à suivre le Dieu de la nature à travers toute la merveilleuse variété de ses œuvres, et de garder le silence et d’observer les règles sacrées imposées à la Confrérie. Certains moqueurs pourraient dire que si la Franc-Maçonnerie est une science si pure et si ennoblissante, tous les Francs-Maçons ne devraient-ils pas être sages, bons, tempérés, abnégatifs, pleins de piété et de bonnes paroles ? La réponse est que la validité d’un système ne doit pas être jugée et condamnée à cause de l’indignité de certains.

Si un homme a été conduit par une curiosité impatiente, sans motif supérieur, à poser des pieds profane sur le pavé en mosaïque, si quelqu’un a transformé les buts sacrés de la franc-maçonnerie en simples réunions conviviales, si quelqu’un s’est contenté d’acquérir une connaissance superficielle de l’Art, que le système lui-même ne soit pas accusé de ses perversions, de ses péchés ou de sa folie :

un frère indigne aurait peut-être été un homme pire s’il n’avait pas été franc-maçon.