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« Enjeux & Perspectives » : Conférence publique sur la Laïcité à la Grande Loge de France

« La laïcité, un principe de liberté »

La Grande Loge de France poursuit sa commémoration des 120 ans de la loi de séparation entre les Églises et l’État, une loi de liberté et d’équilibre visant à protéger à la fois la liberté de pensée et de culte de chacun et la sécurité de la société, qui doit être préservée du fanatisme et de l’obscurantisme.

Dans ce cadre, elle organise une conférence publique exceptionnelle au sein de son cycle « Enjeux & Perspectives ».

La Grande Loge de France a le plaisir d’accueillir Madame Valentine Zuber, historienne et directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE). Spécialiste de la liberté religieuse et de la laïcité en France et dans le monde, elle a publié de nombreux ouvrages de référence, dont « La Laïcité en débat – Au-delà des idées reçues » (Le Cavalier bleu, 2017, 3e édition revue et corrigée, 2023). Vice-présidente de la Vigie de la laïcité, elle intervient régulièrement dans le débat public sur les relations entre religion et société.

Elle sera accompagnée du Très Respectable Frère Moscovici, Délégué du Grand Maître à la Laïcité.

Dominique Losay

L’ouverture de cette soirée sera assurée par Dominique Losay, 1er Grand Maître adjoint de la Grande Loge de France, et la conclusion sera prononcée par Thierry Zaveroni, Grand Maître de la GLDF.

Thierry Zaveroni – Grand Maître -GLDF

Un événement ouvert à tous !

Cette conférence ne se limite pas au monde maçonnique. Elle s’adresse à toutes celles et ceux qui s’intéressent aux enjeux fondamentaux de la laïcité dans notre société contemporaine.

Ne manquez pas cet événement incontournable sur un sujet plus que jamais d’actualité !

Informations pratiques

Date : Mercredi 2 avril 2025
Horaire : 19h30
Lieu : Hôtel de la Grande Loge de France – Grand Temple Pierre Brossolette
8, rue Louis Puteaux, 75017 Paris (Métro Rome)

Inscription obligatoire : https://my.weezevent.com/conference-enjeux-et-perspectives-avec-mme-valentine-zuber

05/04/25 : L’Universalité de Joséphine Baker

8ème COLLOQUE DE LA FMLS

Evénement uniquement réservé aux Soeurs et aux Frères

Franc-Maçonnerie Libérale Suisse
COLLOQUE FMLS 2025
5 avril 2025 de 08:30 à 17:00
UOG Université Ouvrière de Genève,
3 Rue des Grottes,
1201, GenèveSuisse

Le Grand Orient de Suisse, la Grande Loge Féminine de Suisse et la Fédération Suisse du Droit Humain ont le plaisir de vous inviter au 8ème Colloque de la FMLS.

Joséphine Baker 

Joséphine Baker est une artiste d’origine afro-américaine et amérindienne naturalisée française (1906-1975). Elle est arrivée en France en 1925. Au-delà de son image iconique des années folles mais image aussi réductrice et stéréotypée de danseuse et meneuse de revue (notamment avec la « Revue Nègre »), Laurent Kupferman nous propose de découvrir la femme, la Franc-maçonne (initiée à la GLFF, dans la Loge La Nouvelle Jérusalem, en 1960), 5ème femme à entrer au Panthéon et 1ère femme métisse à y être honorée, résistante durant la seconde guerre mondiale (décorée de la Médaille de la Résistance française, de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre), engagée pour la défense des libertés, dans la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des Noirs, militante contre l’apartheid et contre l’antisémitisme. Dans un rêve de fraternité universelle, elle avait acheté le château des Milandes en Dordogne où elle accueillit douze enfants de toutes origines, qu’elle a adoptés (sa « tribu arc-en-ciel »).

Joséphine-Baker
Joséphine-Baker

Femme à la vie hors du commun, au destin atypique, exceptionnel, femme hors normes, sans frontières, femme libre, Joséphine Baker est une figure exemplaire par son courage, ses convictions, ses engagements, ses combats, son idéal universaliste, qui sont bien au cœur de nos propres engagements, de nos valeurs et de nos principes maçonniques.

D’où 4 thèmes de réflexion inspirés de la figure emblématique de Joséphine Baker pour 4 ateliers :

1.Atelier 1 : S’engager

Un Franc-maçon – une Franc-maçonne, doit-il – doit-elle s’engager ? S’engager où, comment, pour quoi ? Quelle est la particularité d’un engagement maçonnique ?

2.Atelier 2 : Discriminations

Les discriminations sont-elles une fatalité ? En tant que Franc-maçons-maçonnes, de quels moyens, quelles ressources disposons-nous pour lutter contre les discriminations ? La Franc-Maçonnerie  est-elle discriminatoire ?

3.Atelier 3 : La place de la femme

Quelle doit être la place de la femme, de la Franc-maçonne dans la société ? Comment les Franc-maçons-maçonnes contribuent-ils à faire reconnaitre l’égalité des droits de la femme ?

4.Atelier 4 : Résister

Résister ? Quelle signification aujourd’hui ? Être Franc-maçon-maçonne est-il une forme de résistance ? De quels moyens de résistance disposons-nous dans le monde profane aujourd’hui ?

Laurent Kupferman

*Laurent Kupferman: Suivant un triple cursus, de Droit, Faculté de Paris II-Assas, où il obtient une licence en droit privé général, de Théâtre et de Chant, Laurent Kupferman débute sa carrière dans l’administration culturelle, au cours de laquelle il est notamment un des fondateurs de l’Orchestre Symphonique d’Europe, puis conseiller au Cabinet du Ministre de la Culture, et Consultant à l’UNESCO, où il a assuré la production et la diffusion d’un film destiné à la lutte contre le VIH au Nigéria deuxième pays le plus touché dans le monde. Conférencier, Laurent Kupferman est aussi essayiste et auteur de : « Rassembler » Éditions DERVY septembre 2021 « Les Aventuriers de la République » (Éditions Fayard 2015) « Trois Minutes pour comprendre la République Française » (Éditions Courrier du Livre, août 2017) Avec Jean-Louis Debré « Trois Minutes pour comprendre la Franc-Maçonnerie » (Éditions Courrier du Livre, avril 2016) Préface de Jacques Ravenne. Postface de Pierre Mollier. En plus de ses contributions à la presse écrite, Laurent Kupferman a tenu la rubrique littérature durant 3 saisons dans le talk-show animé par Alexandra Kazan sur SNCF La Radio, au cours duquel il reçoit plus de 300 invités et anime aussi le « Living Books » pour le site de Youboox. Laurent Kupferman a écrit une série de « Chroniques de la République » diffusée chaque samedi de l’été 2016 sur France Culture, et est régulièrement invité sur les plateaux de chaines de radio et de télévision, France Info, LCI, Europe 1, France Inter, TF1, France 2, France 3, France 24, TV5 Monde. Laurent Kupferman a pris une part active à l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker en lançant la pétition « Osez Joséphine » sur le site Change.org. Il est également l’auteur du documentaire « Joséphine Baker, un destin français » réalisé par Dominique Eloudy-Lenys et diffusé sur la Chaine Histoire. Directeur artistique du Festival Joséphine Bale-LICRA, Laurent Kupferman est Lauréat National du Prix Laïcité 2022, mention Droits Humains Laurent Kupferman est Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres depuis 2021.

Inscription : https://my.weezevent.com/colloque-fmls-2025

Complotisme : « Le pape François est-il secrètement un Franc-maçon ? »

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De notre confrère radiofrance.fr

Le pape dans le viseur des complotistes

Le pape François est-il secrètement un franc-maçon, un agent du nouvel ordre mondial, ou même un pédocriminel ? Depuis son élection, le souverain pontife argentin, dont l’état de santé inquiète les fidèles du monde entier, est devenu une cible de choix pour les complotistes de tous bords.

Le pape François, hospitalisé depuis trois semaines pour une double pneumonie, cristallise toutes les inquiétudes, et est au centre des pires rumeurs et théories. Depuis son élection, le pape François est devenu une cible privilégiée des complotistes, des accusations de franc-maçonnerie aux allégations de pédocriminalité, en passant par son rôle supposé dans un nouvel ordre mondial.

Les positions progressistes du pape François sur des sujets tels que la désinformation et l’immigration lui valent l’hostilité des complotistes. Rudy Reichstadt souligne que le pape a « tout pour déplaire aux manipulateurs de l’info », notamment en raison de sa dénonciation de la désinformation et de son soutien au fact-checking. Son ouverture envers les pauvres et les étrangers, symbolisée par son choix du nom de François en hommage à Saint-François d’Assise, est également mal perçue par les tenants du catholicisme identitaire.

Le fait que le pape François soit le premier pape jésuite de l’histoire réactive de vieilles légendes noires. Tristan Mendès France explique que la compagnie de Jésus est « poursuivie depuis des siècles par une légende noire qui leur attribue une soif insatiable de pouvoir ». Cette méfiance envers les jésuites, alimentée par leur engagement intellectuel et social jugé trop progressiste par certains, se retrouve même au sein de l’Église catholique.

Les papes précédents également ciblés

Le pape François n’est pas la seule figure papale à avoir suscité des théories du complot. La mort soudaine de Jean-Paul Ier, surnommé le « pape au sourire », mort dans la nuit du 28 septembre 1978 d’un infarctus à l’âge de 65 ans, après seulement 33 jours de pontificat, a donné lieu à des rumeurs d’assassinat. De même, la tentative d’assassinat de Jean-Paul II en 1981 a engendré une multitude de versions contradictoires et de fantasmes complotistes.

Enfin, l’épisode souligne l’influence de la culture américaine protestante et de son anticatholicisme sur l’imaginaire complotiste. Rudy Reichstadt mentionne le succès de librairies comme Da Vinci Code et rappelle l’influence d’Hollywood. Il cite également l’ouvrage de Maria Monk, Awful Disclosures, qui a rencontré un écho puissant au 19e siècle en jouant sur la fibre antipapiste.

Numéro 9 – Francs-maçons dans la Résistance : Une Plume et une Épée pour la Liberté

Éditorial par Christian Eyschen – 8 mars 2025

La Plume et la Pensée, revue maçonnique numérique gratuite de la Libre Pensée

Nous consacrons ce Numéro 9 de La Plume et la Pensée, revue maçonnique numérique gratuite de la Libre Pensée, à une exploration approfondie de la question des Francs-Maçons dans la Résistance durant la Deuxième Guerre mondiale. J’utilise délibérément le terme « Deuxième » plutôt que « Seconde », comme je le faisais autrefois. En ces temps incertains, alors que les tambours d’une possible Troisième guerre mondiale résonnent à l’horizon – une guerre qui, cette fois, pourrait bien être la « Der-des-Der » en ne laissant rien de notre monde –, ce choix lexical n’est pas anodin.

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Le bilan de 1939-1945 est gravé dans nos mémoires : 85 millions de victimes, dont 50 millions de civils. Depuis lors, une tendance implacable se dessine dans tous les conflits : le nombre de civils tués dépasse systématiquement celui des militaires, conséquence de la sophistication des armements et du calcul cynique selon lequel la « populace » est plus nombreuse et moins coûteuse à sacrifier qu’un soldat formé. Cette logique rappelle, sur un autre registre, la formule bien connue du libéralisme économique : « Pourquoi faire payer les riches, quand les pauvres sont si nombreux ? »

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Face à cette marche inexorable vers la guerre et les massacres, il y a toujours eu des femmes et des hommes pour dire « Non ». Ces résistants, par leur courage et leur refus de plier, ont tenté d’enrayer la barbarie. L’Humanité leur doit une dette sacrée, et c’est dans cet esprit que nous avons choisi de leur rendre hommage à travers ce Numéro 9 et ses trois suppléments. Le numéro principal, que nous appelons le « Numéro Mère », met en lumière les Francs-Maçons en tant qu’individus ayant résisté. Le premier supplément explore leurs actions collectives dans la Résistance ; le deuxième s’inscrit dans notre série sur les Rites maçonniques en analysant les Rites dits « Anglo-Saxons » ; enfin, le troisième supplément offre une introduction au Rite Écossais Ancien et Accepté à travers son 18e grade, celui de Chevalier Rose-Croix.

Si ce sujet vous passionne, je vous invite chaleureusement à vous procurer notre ouvrage collectif La Libre Pensée dans la Résistance, récemment présenté au Salon du Livre Résistant. Ce livre dresse un panorama général de la Résistance et recense, entre autres, les fiches biographiques de près de 200 Libres Penseurs engagés, du simple maquisard aux figures du Conseil National de la Résistance (CNR), de l’Assemblée provisoire d’Alger ou du Manifeste des 12 Syndicalistes contre la Charte d’Amiens. Beaucoup d’entre eux étaient également Francs-Maçons, ces « Enfants de la Veuve », à l’image de Gustave Eychene, qui fonda le seul réseau maçonnique de Résistance, « Patriam Recuperare ».

Vichy et la chasse aux « sociétés secrètes »

Dès la débâcle de 1940 et la capitulation de la France, le régime de Vichy, sous la férule du maréchal Pétain, s’est empressé d’éradiquer toute trace de démocratie. Le 13 août 1940 – alors que, sans doute, aucune autre urgence ne pressait davantage – une loi fut promulguée pour interdire les « sociétés secrètes », visant en premier lieu les obédiences maçonniques. Cette attaque n’était pas fortuite : la Franc-Maçonnerie, par ses valeurs de Liberté, d’Égalité et de Fraternité, incarnait tout ce que Vichy et ses alliés nazis abhorraient. Dès lors, de nombreux Francs-Maçons prirent les armes, « une Truelle dans une main et une Épée dans l’autre », pour reprendre l’expression imagée qui traduit leur double vocation : construire et défendre.

Georges Sand, dans la préface de son roman Le Compagnon du Tour de France, écrivait avec une prescience remarquable : « On peut dire qu’il ne se commet pas, dans les sociétés humaines, une seule injustice, une seule violation du principe de l’Égalité, qu’à l’instant même il n’y ait un germe de société secrète implanté dans le monde pour réparer cette violation de l’Égalité. » À cette Égalité, nous pouvons sans peine ajouter la Liberté et la Fraternité, ces piliers consubstantiels d’une démocratie véritable, que les Francs-Maçons ont défendus avec acharnement.

Des figures illustres et méconnues

Dans ce numéro, nous présentons des Francs-Maçons résistants, certains célèbres, d’autres tombés dans l’oubli, mais tous dignes d’un hommage égal. Car, contrairement à la légende complaisante forgée par Henri Amouroux – celle de 40 millions de pétainistes en 1940 devenus miraculeusement 40 millions de gaullistes en 1944 –, la réalité historique est bien plus nuancée. Deux minorités se sont affrontées : les collaborateurs d’un côté, les résistants de l’autre, avec, entre elles, une vaste majorité cherchant simplement à survivre. Les véritables fascistes, eux, étaient peu nombreux : 30 000 membres au Parti Populaire Français de Jacques Doriot, 20 000 au Rassemblement National Populaire de Marcel Déat, 12 000 à la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (devenue le 638e Régiment d’Infanterie de la Wehrmacht), et 30 000 à la Milice de Joseph Darnand. Face à eux, une poignée de Francs-Maçons fit le choix de la Résistance, incarnant les mots de Shakespeare dans Henry V : « En temps de paix, rien ne convient à l’homme que le calme humble et modeste. Mais quand retentissent à nos oreilles les rafales de la guerre, alors imitez les mouvements du tigre. »

Ces résistants maçonniques puisèrent leur force dans leur formation en loge, guidés par la devise « Apprendre pour comprendre, comprendre pour agir », qui unit le spéculatif et l’opératif dans une chaîne d’union indéfectible. Cette quête de connaissance, comme le soulignait Elena Cornaro Piscopia – première femme docteure en philosophie en 1678 –, est « le chemin qui mène à la Liberté ». Ainsi, la Franc-Maçonnerie offre tous les ingrédients d’une résistance éclairée : réflexion, action et solidarité.

Pierre Dac : l’humour comme arme

Parmi les figures évoquées, nous publions un article de Dominique Goussot sur notre frère Pierre Dac, dont l’aventure à Radio-Londres est retracée dans le film La Guerre des Ondes. Ce long-métrage, malheureusement indisponible en DVD à ce jour, est une œuvre bouleversante où Jean-Yves Lafesse incarne avec brio l’humoriste résistant. Pierre Dac, par ses traits d’esprit diffusés depuis Londres, a su ridiculiser l’occupant et galvaniser les esprits, prouvant que le rire peut être une arme aussi tranchante que l’épée.

Combattre le révisionnisme

Parler des Francs-Maçons dans la Résistance, c’est aussi s’opposer au révisionnisme historique qui, depuis 1945, tente de réhabiliter le régime de Vichy, ce « passé qui ne passe pas », pour reprendre l’expression consacrée. L’Église catholique, qui salua en juillet 1940 la « divine surprise » de Pétain, porte une lourde responsabilité dans ce soutien institutionnel. Encore récemment, dans le numéro de janvier-avril 2024 de la revue Communio (p. 190), on lit une tentative de dissociation : « Collaboration au Gouvernement du Maréchal ≠ Collaboration à l’Ordre Nouveau ≠ Collaboration au triomphe des principes nazis. » Pourtant, à la page suivante, citant saint Augustin et Sénèque, la revue admet qu’un gouvernement soumis à une autorité étrangère est soit un « féal » (s’il se soumet librement), soit un « esclave » (s’il le fait sous contrainte). Vichy, incontestablement féal de Berlin, termina sa course à Sigmaringen, dans une fuite pitoyable.

Un héritage vivant

Pour conclure, je citerai Oswald Wirth, figure éminente de la Franc-Maçonnerie : « Celui qui laisse une œuvre a le sentiment qu’il ne meurt pas entier. » Les Francs-Maçons résistants nous ont légué une œuvre immense : celle de la Liberté. Leur combat, loin d’être une simple page d’histoire, résonne comme un appel à la vigilance. Car, comme l’écrivait John Milton, « seuls les gens de bien peuvent aimer la liberté de tout leur cœur ; les autres n’aiment que la licence ». En ces temps troublés de mars 2025, où la guerre menace à nouveau, honorons-les en restant fidèles à leurs idéaux.


Notes :

  • Elena Cornaro Piscopia (1646-1684), première femme docteure en philosophie (Padoue, 1678), incarne l’universalité de la quête de liberté par la connaissance.
  • Les citations de poètes anglais (Shakespeare, Milton) rendent hommage à la Résistance française, souvent soutenue depuis Londres, et font écho au supplément sur les Rites Anglo-Saxons.
  • Toute ressemblance avec un autre « Rassemblement national » n’est pas nécessairement fortuite.

Nous sommes tous des imposteurs

(par Henry Arnaudy)

Plus ou moins, certes, mais de façon générale nous montrons au public un personnage, une personnalité fabriquée et construite qui n’est pas ce que nous sommes véritablement.

Être soi : une quête simple, une aventure infinie.

Qui oserait répondre « oui » sans hésiter à la question de savoir qui il est vraiment ? Un esprit audacieux, peut-être, ou plus probablement un ignorant – car ce sont souvent ceux-là qui débordent d’assurance, et c’est d’ailleurs à cela qu’on les repère. Moi, je préfère rester prudent. Après une vie déjà bien remplie, j’ai certes avancé, mais beaucoup demeure au stade des idées. Avoir des théories, c’est un trésor ; comprendre qu’elles ne sont qu’un seuil à franchir, et non une arrivée, c’est encore plus précieux. C’est pourquoi j’écris, pour partager ce que j’ai reçu, sans prétendre avoir atteint les sommets que je décris comme des rêves éveillés.

Oscar Wilde

Oscar Wilde a dit : « Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières. » J’aime cette phrase, mais je remplacerais « punir » par « mettre à l’épreuve ». Je ne crois pas – à tort ou à raison – à un divin comptable de récompenses et de châtiments. Si nos prières traduisent nos désirs, et que ces désirs nous enchaînent à des états étroits, leur réalisation devient un miroir, une chance de voir ce qu’ils ont voilé. En Orient, le Bouddha, l’« Éveillé », est celui qui s’est libéré des désirs. La sérénité naît de leur absence – et avec elle, celle des prières qui les portent.

Vouloir être ou sembler ceci ou cela ? Voilà une faute lourde. On pourrait se sentir comblé – le mot est maladroit – quand plus rien ne manque : ni vide, ni creux, ni désir. C’est une façon pudique de nommer un bien-être simple, une paix qui se suffit à elle-même, sans rien réclamer de plus ou de moins. Imaginez une insouciance douce, une béatitude qui ne calcule rien, ne compare rien, ne projette rien. Un état qui accueille le monde tel qu’il est, sans l’éplucher ni chercher à le redessiner. Rare, certes, cet état nous est familier : il flotte dans les souvenirs flous de notre petite enfance, là où repose notre vrai visage, unique et originel.

Chacun de nous porte des singularités, des élans personnels qui ne demandent qu’à s’épanouir, à danser avec les hasards de la vie, à leur manière. Mais si nous imitons autrui, si nous empruntons un costume qui n’est pas taillé pour nous, nous devenons des acteurs, des voleurs d’identité. Et quand ce rôle s’étale en parade sociale, avec ses artifices flatteurs, il trahit la misère d’une imposture banale.

Imposteurs ? Nous le sommes tous, à des degrés divers. Pourtant, une vérité éclate : « Je suis qui je suis, point final. » Si je m’arrête là, mon unicité, aussi modeste soit-elle, vaut celle des plus grands esprits ou des plus humbles cœurs. En laissant jaillir ce que je suis, sans fard, je pourrais effleurer la sérénité, l’amour sincère, la beauté pure, le bonheur vrai – car le vrai appelle le vrai. Mais si je me cache sous un masque de clown, tant pis pour moi : le faux engendre le faux. Je me perds alors dans un théâtre grotesque, peuplé de mirages et de grimaces, confondant ce décor pour la seule réalité. Prisonnier de ses règles, je cours après un statut, une façade brillante qui protège une intimité fragile en tenant les autres à distance.

Prenez cette ouvrière modèle, irréprochable et serviable, que tous trouvent adorable. Et si ce n’était qu’une armure ? Sa nature profonde pourrait être tout autre : une âme vive, curieuse, avide d’explorer l’invisible. En étouffant cela, elle s’enferme dans une routine résignée. Ou cet homme en vue, élégant et titré, drapé de distinctions ronflantes. Derrière ce vernis, un enfant timide se terre, jouant les durs pour fuir les orages. J’en ai croisé tant, comme ce client qui, entre un « bonjour » et un « asseyez-vous », glissait qu’il fut major de Polytechnique il y a quarante ans – que craignait-il, ce petit, avec son diplôme brandi comme un bouclier ? Ou cet autre, clamant à tout vent qu’il vivait dans un château, photos à l’appui, comme si des pierres pouvaient le grandir. Quelle tristesse !

Masque Blanc genre carnaval de Venise
Masque Blanc genre carnaval de Venise

Mais plutôt que de multiplier les portraits, mieux vaut regarder en soi. Qui vit librement, sans effort pour paraître, avec humilité et bienveillance, sans juger ni calculer ? Qui ose être, tout simplement, avec ses couleurs uniques, celles qu’il porte depuis toujours, peut-être même avant ? Cet abandon naturel, on le trouve souvent chez ceux qu’on dit « simples d’esprit » – non des idiots, mais des âmes limpides, libérées par leur candeur. « Heureux les simples d’esprit, le royaume des cieux leur appartient », disait Jésus. Ils touchent la vérité, un écho d’un Éden perdu, un état originel. Bien sûr, c’est une proximité, pas une perfection, mais en spiritualité, le naturel l’emporte sur l’artifice. Brutal parfois, il échappe à l’hypocrisie. Car seul le naturel vit ; un rôle fabriqué enterre – provisoirement, espérons-le – ce qui est vrai. Le bien ne naît jamais du faux.

Avis à ceux qui raillent les « simples » : l’arroseur pourrait bien être arrosé. Comme le disait Courteline : « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet. »

Comment s’en sortir ? Deux remèdes s’offrent à nous.

  1. Connais-toi toi-même !
    Pour ne plus jouer la comédie, il faut rencontrer cette part précieuse et inimitable que nous sommes. Ce « Moi » vivant est une toile où notre personnalité peut s’épanouir, libre, au fil de ses élans naturels. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Socrate, héritier d’une sagesse antique, parlait d’une voix intérieure qui sait tout – un réveil, comme chez les bouddhistes, ou une mémoire enfouie, comme chez Platon.
  2. Quel enjeu ?
    Comment avancer sans deviner ce que la vie attend de nous ? L’enjeu reste flou, mais supposer qu’il dépasse les apparences écarte déjà bien des illusions sur la « réussite ». Et si elle n’était que le bonheur ? Peut-être ma raison d’être vient-elle d’un Bien absolu, m’orientant vers la lumière, même à travers les épreuves. C’est dur à avaler parfois, mais cette idée s’affine avec le temps.

La vie oscille entre unité et diversité, comme des facettes d’un même éclat, séparées pour un dessein mystérieux. La raison excelle dans le concret, mais l’intuition, ce compas secret, voit plus loin. Attention, elle peut tromper : soulager une vengeance ou un élan altruiste n’est pas la même chose. L’intelligence discerne le bien du mal ; la bêtise les ignore. Retrouver notre essence ne se force pas : cela se révèle dans une confiance totale. La peur, surtout celle de la mort, obscurcit tout. La connaissance peut nous en libérer.

Il y a ceux qui croient, ceux qui savent, ceux qui connaissent. Les croyances, fragiles repères, guident nos débuts. Le savoir, nourri d’expérience, éclaire plus loin. Mais la Connaissance – du latin cum nascere, « naître avec » – est vivante. C’est un jaillissement, une foi douce qui s’impose comme une évidence.

Et maintenant ? Ces lueurs esquissent un chemin vers le « qui suis-je », un reflet de notre vérité. Rien n’est figé ; c’est un lent rapprochement vers l’unité. « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les dieux », promet l’adage. L’imposture est inévitable avant l’éveil, mais à tâtons, on peut tendre vers notre nature. Là se niche une Présence – sérénité, Paix du Seigneur, Shékhina, Al-Sakina –, un souffle divin qui s’exprime à travers nous.

La Fontaine, avec sa grenouille gonflée d’orgueil, raillait l’imposture. Souvenons-nous-en, et osons être.

À bientôt…

La musique et la Franc-maçonnerie

Musica sum late doctrix artis variate.

(Je suis la musique et j’enseigne mon art à l’aide de divers instruments)

Les Anciens considéraient la musique comme la force qui sous-tend l’univers, musique de la vibration des sphères et des rapports entre elles qui régit le cours des astres. le son et la matière sont des manifestations de vibrations. Le son est créé par la vibration des molécules d’air, tandis que la matière est constituée d’atomes qui vibrent aussi. En ce sens, on pourrait soutenir que l’essence du son et de la matière est la même.

Si les mots sont le langage de l’esprit, la musique est le langage de l’âme.

«Il faut, en maçonnerie, rendre la vertu aimable par l’attrait des plaisirs innocents, d’une musique agréable, d’une joie pure, et d’une gaieté raisonnable» (Ramsay).

La musique est l’art de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille. Les éléments essentiels de la musique sont la mélodie et le rythme, auxquels il faut joindre le timbre et l’accentuation, enfin l’harmonie qui fixe la simultanéité des sons.

Aristote consacre une bonne partie du dernier livre conservé de sa Politique (VIII, 5-7) à l’éducation musicale. La musique, selon lui, peut avoir une influence sur le comportement, sur le développement du caractère, sur les dispositions morales, ce que les Grecs appellent l’êthos, de même qu’elle peut avoir une action sur l’âme, la psyché (à partir de la p. 106, Exercices de mythologie par Philippe Borgeaud, éd. Labor Et fides, 2004). Cette idée fut reprise par Marcile Ficin à la Renaissance : «pour combattre l’épuisement de la vie sédentaire, la musique est un bon moyen. Le son musical, par le mouvement de l’air purifié excite le spiritus aérien, qui constitue le lien entre le corps et l’âme, au moyen de l’émotion il agit sur les sens et en même temps sur l’âme» (De sanitate studiosorum tuenda).

Pythagore, Platon donnaient au mot musique une acception beaucoup plus étendue que celle que nous lui donnons aujourd’hui. Ils distinguaient une musique théorique ou contemplative et une musique active ou pratique. À la première ils rapportaient l’astronomie (l’harmonie du monde),  l’arithmétique (l’harmonie des nombres), l’harmonique (traitant des sons, des intervalles, des systèmes), la rythmique (traitant des mouvements), et la métrique (la prosodie). La deuxième comprenait la mélopée (art de créer des mélodies), la rythmopée (art de la mesure et de la poésie). La musique est un exercice arithmétique secret et toute personne qui s’y adonne ne réalise pas qu’il manipule des nombres (Leibniz, 1712).

Musikê était à la fois l’approche scientifique, physique et mathématique, des sons et l’art issu des Muses. Rappelons que la première demande que fit Pythagore au Sénat de Crotone, était de bâtir un Temple aux Muses, comme symboles de l’harmonie qui devait présider à tout groupe social.

Les Hébreux cultivèrent de bonne heure la musique et le chant, témoins les cantiques de Moïse, les trompettes de Jéricho, la harpe de David, etc. La musique était intimement liée à toutes leurs cérémonies religieuses.

Les Romains ne commencèrent à s’occuper de la composition musicale que sous le règne d’Auguste.

Les premiers Chrétiens imitèrent les Juifs sous ce rapport ; de là l’origine du plain-chant créé au IVe siècle par Saint Ambroise et qui est comme un reflet de la musique des Anciens. Jusqu’au XIe siècle il n’y eut guère d’autre musique écrite que les chants d’église. À cette époque, l’invention de la gamme, ou échelle musicale, due au bénédictin Gui d’Arezzo, et celle du contrepoint donnèrent naissance à la musique moderne. C’est avec la connaissance de la musique, c’est-à-dire l’harmonie des sons et la beauté des rythmes que le compagnon règle sa conduite afin de tendre vers la véritable sagesse. «S’il y a une portée, elle doit bien porter quelque chose et s’il y a des clefs, elles doivent bien ouvrir des portes.»

Parler de gamme chromatique c’est associer la musique aux couleurs comme en alchimie : Les couleurs sont une clef et la musique une serrure. Avec son sang, les couleurs du paon donnent la gamme chromatique. Salomon Trismosin, dans Splendor Solis, son traité alchimique, associe le paon à un concert sur une de ses gravures. (Patrick Burensteinas, Le voyage alchimique, Étape 1-La Grand’Place de Bruxelles)

Dans son ouvrage Atalante fugitive ou nouveaux emblèmes chymiques des secrets de la nature, Michel Maïer (qui inspira Monteverdi) explique le Grand Œuvre alchimique par un ensemble de fugues musicales, de gravures et de poèmes, bref un essai d’art total comme l’opéra dont la traduction est justement le mot œuvre.

Le triton ou quarte augmentée (par exemple do, fa dièse), intervalle dissonant de 3 tons entiers entre deux notes, a été considéré comme maléfique, le diabolus in musica, au Moyen Âge.

On a découvert que certains atomes exposés à des températures proches du zéro absolu commençaient à se comporter comme s’ils étaient un seul et unique atome, alors qu’ils sont des milliards livrés à une ronde synchronisée. Le comité du Nobel, qui décerna le prix Nobel de physique en 2001 à Cornell et Wieman, Ketterle pour cette découverte, a dit que les atomes chantaient à l’unisson (découvrant ainsi un nouvel état de la matière appelé condensat de Bose-Einstein) au rythme de la musique cosmique, qui n’est pas sans rappeler le rythme de la danse créatrice de Shiva.

Les vibrations des musiques sacrées ont des correspondances géométriques qui permettent de les représenter et de les rendre visibles

À l’instar de la musique liturgique et du chant sacré de l’église, la musique maçonnique a joué un rôle et des fonctions toujours plus importants dans les travaux et tenues de la loge. D’emblée, la communauté maçonnique a reconnu les effets exhausteurs exercés par la pratique musicale sur l’ambiance de la loge et les sentiments animant les frères (et sœurs).

Dans certaines Loges en Écosse, le rituel est chanté quasi intégralement quasi intégralement depuis des siècles.

La pratique de la musique et du chant en loge contribue essentiellement, jusqu’à ce jour, au maintien de la communion des esprits lors des travaux rituels, mais aussi, dans la mesure où elle est en adéquation avec le texte et la gestuelle, à marquer plus intensément la perception du déroulement du rituel. Dans son ensemble, la musique maçonnique peut se subdiviser en trois catégories :

1 – Chants et pièces instrumentales composés en vue des travaux rituels, loges de table, fêtes de St Jean et autres manifestations analogues, une musique de circonstance.

2- Compositions qui ne furent pas écrites expressément à des fins maçonniques, mais qui par leur caractère et leur contenu se prêtent parfaitement aux travaux en loge.

3- Œuvres originales d’inspiration maçonnique, telle, par exemple, la Maurerische Trauermusik  (Musique funèbre maçonnique) de Mozart.

La troisième partie des Constitutions d’Anderson est consacrée à 4 chants maçonniques (le Chant du Maître ou l’Histoire de la Maçonnerie ; le Chant du Surveillant ou une autre Histoire de la Maçonnerie ; le Chant des Compagnons ; le Chant de l’Apprenti). L’édition suivante, en 1738, reprend (pour certains, dans une version abrégée) les quatre chants de l’édition de 1723, mais y ajoute sept chants supplémentaires : Chant du Député Grand Maître ; Chant du Grand Surveillant ; Chant du Trésorier ; Chant du Secrétaire ; Chant du Porte-épée ; Ode aux Francs-maçons ; Ode à la Maçonnerie. Les éditions suivantes des Constitutions, celles de 1746, 1756, 1767 et 1784 continueront à ajouter et à soustraire des chansons.

Dans les Constitutions de Dermott, Ahiman Rezon, on trouve (1-4) les quatre chansons originales des Constitutions d’Anderson de 1723 (on notera que le Chant du Maître, déjà ramené de 244 à 52 vers en 1738, n’en contient cette fois plus que 12) ; (5-8) les quatre premières des sept ajoutées dans l’édition de 1738 ; (9-68) 60 autres chansons ; divers prologues et épilogues ; l’oratorio Solomon’s Temple.

Pour une histoire musicale de la Franc-maçonnerie et l’écoute de musiques de loge

Albert G. Mackey rapporte que le  frère W. Clegg, membre de la Loge d’Harmonie, n° 279, Boston, Lincolnshire, est l’auteur des hymnes Hail Eternal et Now the Evening Shadows Falling, qui sont fréquemment utilisés à l’ouverture et la fermeture de nombreuses Loges.

N’hésitez pas à lire le texte de Christian Tourn, La musique maçonnique : <taosophie.free.fr/recueil/la_musique_maconnique.pdf>.

La colonne d’harmonie est un terme qui désigne à la fois l’officier et l’office chargé de la musique accompagnant les cérémonies maçonniques rituelles. Elle est dite vivante lorsque des groupes de musiciens y participent. La «colonne d’harmonie» désigne à son origine un ensemble d’instruments à vent qui, lors de la tenue, ponctue le rituel et les agapes, mais n’apparaît qu’au XIXe siècle. Le responsable de la musique dans les rituels anglo-saxons est généralement appelé organiste, même s’il n’a ni orgue ni harmonium à jouer. Dans les loges en Écosse, la musique a une telle importance que, non seulement l’ensemble des frères chante une grande partie du rituel, mais on recourt souvent à un barde (pour les chants a capella et pour donner le ton), à un organiste qui tient réellement un orgue ou un harmonium, parfois à un «pompiste» pour faire l’air à l’instrument s’il est vieux, et à un ou plusieurs cornemuseurs et tambours.

Les loges RSE/RÉÉ essaient parfois d’étoffer la musique plus que dans d’autres rites. La musique n’existe pas, en principe, en loge RER, car les fondateurs du rite prônaient l’écoute du silence intérieur.

L’harmonie musicale est un prestige dans nombre de grandes loges dans le monde, curieusement très peu en France. Il n’est pas rare de voir des frères organistes professionnels, chevronnés et virtuoses, accompagner les tenues aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou en Suède. Jan Sibelius, le célèbre compositeur de la Valse Triste, fut pendant des décennies le grand organiste de la Grande Loge de Finlande.

La musique comme la danse conduit à une philosophie de l’évanescent, la note entendue, les gestes disparaissent après leurs exécutions dans leur précarité. 

Les notes de musique

Les noms des notes, Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, Do sont issus d’une poésie religieuse chantée, l’Hymne à Saint Jean-Baptiste, écrite vers 770 après J.C. par le bénédictin lombard Paul Diacre.

C’est le musicien italien Guido d’Arezzo, qui en constatant que l’hymne s’élevait à chaque vers fit ressortir les premières syllabes et celles qui suivent l’hémistiche (moitié du vers) et leur attribua leurs noms et un son de plus en plus haut. Le texte en latin : Ut queant laxis/ Resonare fibris/ Mira gestorum/ Famuli tuorum/ Solve polluti/ Labii reatum/  Sancte Iohannes donne en français : Pour que tes serviteurs fassent résonner  les prodiges de tes hauts faits par leurs cordes vocales bien souples, efface le péché de leur lèvre souillée Saint Jean. Afin de mieux établir les variations d’un chant, il créa une modulation pour la note B à laquelle il ajouta le «B molle» et le «B quadratum». De là se généralisa à toutes les notes l’appellation «bémol» et «bécarre».

La note Ut est la seule commençant par une voyelle. Par commodité du chant, qui se faisait sur la tonalité de ces syllabes, le «ut» fut remplacé par «do» au XVIème siècle par les religieux italiens. Une autre version affirme qu’en 1673, le UT a été renommé Do, plus doux à l’oreille, par le compositeur Giovanni Maria Bononcini.

Do étant la première syllabe de Domine (Seigneur en latin). La note Si est obtenue par les initiales de Sancte Iohannes à qui était destiné le poème. Les notes Ré, Sol, Ut constituent le mot «résolution» ; la note Sol rayonne au milieu du mot résolution. Il s’agit du soleil. Le suffixe io se trouve dans Iohannes.

Les notes Fa et La peuvent se lire en verticale et forment ainsi une croix latine. La note Mi représente la plus grande et la plus petite valeur numérologique : mille et unum. Elle décline ainsi l’idée de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Pour une compréhension du cryptogramme carolingien du christ-soleil dans ce texte lire l’article de Jacques Viret : Un cryptogramme carolingien du Christ–Soleil.

La notation anglophone, appelée batave, héritée de la Grèce antique, utilise des lettres de l’alphabet.

Dans cet ordre d’interprétation, l’échelle universelle, également appelée rayon de la création apparaît dans le nom des sept notes ; chaque niveau hiérarchique du rayon de la création correspond à un ciel. Dieu réside dans le septième ciel, par conséquent ce ciel le plus élevé est le paradis de du Créateur, le Dominion, abrégé en Do. Le sixième ciel est le cosmos ; le mot latin Siderus orbi, signifiant toutes les étoiles de l’univers, est abrégé en Si. Le cinquième ciel est la voie lactée ; l’expression latine Lacteus orbis est abrégé en La. Le quatrième ciel est le système solaire ; Hélios y est au centre ; il est le soleil, Sol en latin. Le troisième ciel est peuplé des planètes du système solaire ; l’astrologie montre comment les mouvements de ces planètes créent notre destin, Fatum en latin, abrégé en Fa. Le deuxième ciel correspond à notre planète ; c’est le microcosme à l’intérieur du macrocosme de l’univers entier, en latin il s’agit du Microcosmus, ou du mixtus orbis (lieu où se mêlent le bien et le mal, la terre), abrégé en Mi. Le premier et le plus bas des Cieux, sous le microcosme, est le monde souterrain ; la lune en est la régente (ou la reine) ; le mot latin Regina astris est abrégé en Ré.

Ce qui correspond aussi au Tikoun de la Tradition Hébraïque de l’arbre de vie, la remontée du Zaïn ou la réparation.

Newton, qui n’était pas qu’un scientifique, mais aussi un alchimiste, fit une étude complète sur les correspondances des sons et des lumières en rapport avec les 7 planètes de l’astrologie traditionnelle, qui correspondent aux 7 métaux alchimiques. La Tradition Hermétique nous donne ceci : Do = Lune, RE = Mercure, MI = Vénus, FA = Soleil, SOL = Mars, LA = Jupiter, SI = Saturne.

D’autres attribuent Do à Lune, Ré à Saturne, Mi à Jupiter, Fa à Mars, Sol à soleil, La à Vénus, Si à Mercure. (cf. La musique des sphères André Manoukian)

Dans le livre Le jeu des perles de verres, (1943), Hermann Hesse établit un lien entre les sept notes de la gamme musicale et les sept couleurs incluant le blanc auxquelles sont associées sept qualités précises : do, blanc, amour ; ré, jaune, joie ; mi, orange, humilité ; fa, rouge, maîtrise de soi ; sol, violet, honnêteté ; la, bleu, bonté ; si, vert, vérité ; non sans rappeler le poème Correspondances de Charles Baudelaire.

Qu’adviendrait-il si, un jour, la science, le sens du beau et celui du bien se fondaient en un concert harmonieux ? Qu’arriverait-il si cette synthèse devenait un merveilleux instrument de travail, une nouvelle algèbre, une chimie spirituelle qui permettrait de combiner, par exemple, des lois astronomiques avec une phrase de Bach et un verset de la Bible, pour en déduire de nouvelles notions qui serviraient à leur tour de tremplin à d’autres opérations de l’esprit ? »

Illustration de Michael Cheval

Nos questions (un peu provoc’) à un Franc-maçon palois

De notre confrère larepubliquedespyrenees.fr

Ils sont environ 400 à Pau, un millier en Béarn. Trois siècles après la création des loges en France, héritières de leurs grandes sœurs anglaises, les francs-maçons suscitent toujours la curiosité, la suspicion, l’intérêt ou le dénigrement. Nous sommes allés à la rencontre d’un membre palois du Grand Orient de France, José Moreira, l’un des Grands Maîtres adjoints de cette obédience, dans le temple de la rue Lapouble à Pau. L’homme de 66 ans est franc-maçon depuis 1994. Il répond à nos questions (un peu provocantes).

3/05/25 : 2e Rencontres Égyptiennes de Paris de la GL-AMF

La Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) et sa Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm organisent les deuxièmes rencontres Egyptiennes en présence du Grand Maître de la GL-AMF, Pierre Lucet.

Le Cercle Georges Bogé de Lagrèze

La création du Cercle Georges Bogé de Lagrèze au sein de la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm de la GL-AMF, répond à une demande croissante des Frères, celle de mieux appréhender l’histoire de leur rite, de leurs racines traditionnelles et de valoriser leur patrimoine initiatique et historique.

Compte tenu de la nature et des objectifs de ses travaux, le Cercle Georges Bogé de Lagrèze, reste ouvert, il pourra ainsi travailler avec des Frères et des Sœurs extérieurs ou des profanes reconnus pour la qualité de leurs travaux.

Programme des Rencontres Égyptiennes

Pour cette deuxième année les thèmes seront ceux des sciences traditionnelles, au travers du Tarot et de l’hermétisme. Nous aurons le plaisir d’aller à la rencontre de cet homme qui marquera l’occultisme et la Franc-maçonnerie égyptienne du XXe siècle : Robert Ambelain.

L’accueil de cette journée se fera entre 8h30 et 9h30 autour d’un café de bienvenue, puis :

9h30 – 10h00 : allocution du Grand Maître de l’Alliance, Pierre Lucet.

TAROT ET FRANC-MAÇONNERIE

10H30 – 12H00 :

Table ronde avec Pierre Treuil (astrologue, tarologue, écrivain et conférencier) et Francis Lemenier (imprimeur, éditeur, spécialiste des tarots de Papus, Wirth, et Falconnier).
Modérateur : Marc Jaillon (Député Assistant Grand-Maître de la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (GL-AMF).

12h00 – 13h00 : déjeuner libre.

ROBERT AMBELAIN

14H00 – 15H30 :

Serge Caillet, historien des sociétés initiatiques, fondateur de l’Institut Eleazar, auteur de nombreux ouvrages sur la Franc-maçonnerie égyptienne dont une très complète biographie de Robert Ambelain parue aux éditions de la Tarente.

HERMETISME ET FRANC-MAÇONNERIE

15H30 – 17H00 :

Axel Karol, Grand Maître de l’Ordre Maçonnique Traditionnel de Memphis-Misraïm et auteur de deux ouvrages sur la Franc-maçonnerie égyptienne au travers des Arcana Arcanorum et du Rite Féminin de Chevillon-Fructus.

La conclusion clôture de cette riche journée sera donnée par Jacques Galhardo, Assistant Grand Maître de la Maison du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF)

ATTENTION : 80 places maximum

Septième degré du REAA Prévôt et Juge ou Maître Irlandais (Suite 2/3)

Septième degré du REAA Prévôt et Juge ou Maître Irlandais

Lire la partie 1/3 de cet article

De l’Apocalypse aux chrétiens de l’Église de Rome

Ce Tau, signe des justes dans l’Apocalypse, sera, chez les chrétiens, tracé sur leur front avec de la cendre à partir du XI°/ XII° siècle.
Ainsi sur cette figure gravée sur une des faces d’un pied de croix du XII° siècle, provenant de l’abbaye de Saint Bertin (aujourd’hui au musée de Saint Omer), on voit un prophète traçant le signe T sur le front d’un juste. On trouve la même chose sur un vitrail de Saint Denis.

Cette coutume demeure aujourd’hui encore dans quelques pays à majorité catholique, comme au Costa Rica et surtout aux Philippines, où l’on peint avec de la cendre noire épaisse une sorte de croix comme un +.
Et on la traçait encore sur ou avec de la cendre grise sur le front de certains chrétiens au Liban dans les années quatre-vingt-dix.

Le Tau grec serait-il le « To » de Tito ?

Le T grec, signe des Justes dans l’Apocalypse serait-il le « To » de Tito ?
Naturellement on sait qu’il est la transposition du T hébraïque, le Tav qui marque le front des Justes dans l’Ancien Testament, l’autre T de TiTo . ?

Le T hébraïque, Le Tav un X

Dans Ézéchiel IX, 4 cet épisode dramatique de l’Ancien Testament, alors qu’une partie des fils d’Israël se trouve en exil pour n’avoir pas suivi les directives de Yahvé, Ézéchiel est emporté par le char de ce dernier à Jérusalem et assiste là à la colère de son dieu, qui décide de punir tous ceux qui sont restés et ont cessé de suivre ses lois.
Seuls les Justes seront sauvés, c’est pourquoi il faudra qu’on puisse les reconnaître :
« Tu dessineras un Tav sur le front des hommes (ceux qui sont Justes) ».

Or le Tav qui est un T est aussi un mot qui signifie « signe », signe d’écriture et pour les kabbalistes. Il est « la marque » « le sceau divin ». Il est le nombre 400.
Il s’écrivait alors sous la forme d’un « X » (et encore à l’époque du Christ et donc ainsi du temps de Salomon et d’Hiram).

De nombreux chrétiens le confondront d’ailleurs allègrement avec le Tau grec puisqu’ils prononçaient le Tav : Tau !

Le T hébraïque le Tav serait-il le Ti de Tito ?

Quand nous français, parlons de la lettre T en grec, nous prononçons Té, les anglais Ti.
Pour les anglosaxons, qui nous transmirent les rituels, le Ti grec de valeur 300 pourrait bien être le Ti de Tito.
Le « To » de Tito serait alors le Tav hébraïque, que les maçons prononçaient – et même encore certains aujourd’hui- To comme Toto, l’écrivant TAU ayant confondu le V majuscule latin avec un U !

On pourrait évidemment imaginer l’inverse : Le Tau grec serait le To de Tito
En fait on devrait dire non le Ti et le To mais le Tau et le Taw…
Quoi qu’il en soit :

TiTo symbolise les deux T qui sont les signes du Juste dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

On remarquera au passage que la clef du nom Tito était déjà perdue à l’époque de Vuillaume (Première parution de son Tuileur 1830) puisqu’il met en note :
« Il y a tout lieu de croire que Tito est une corruption d’Achitob (hébreu ahhitob) frater bonitatis « Bon Frère » ! explication recopiée par tout le monde…
Regardons maintenant les anciens tableaux de loge pour voir les lettres qui y sont inscrites et voyons à quelles langues elles font références. Du chinois ? Même si, comme l’écrit Irène Mainguy, ce degré est un casse-tête chinois ?

Et gardons en mémoire que de nombreux rituels nous sont parvenus en anglais tels tous les degrés du Rite de Perfection par Franken.
En anglais, les consonnes suivantes se prononcent avec le son i : à partir du B : Bi, Ci, Di, Gi, Pi, Ti, Vi et Zi.

Donc ces huit sons écrits ne sont pas forcément des syllabes mais plutôt des consonnes initiales…Tout comme le Ti de Tito…
Tournons-nous donc vers les tableaux de loge parvenus jusqu’à nous pour voir quels caractères y sont inscrits et en quelle langue.

Les lettres sur les Tableaux de loge

Si sur tous les tableaux de loges parvenus jusqu’à nous, on retrouve les mêmes images concernant les objets symboliques du rituel :

La Cassette, la Clef d’or, la Balance, le Delta avec le G et le A entrelacés du Grand Architecte, l’Urne flamboyante avec le Cœur d’Hiram et les Sept Marches.
Il n’en est pas de même des lettres qui y sont inscrites. Elles varient selon les tableaux. On remarquera même que sur le premier tableau présenté en tête de l’article, il n’y a pas les deux T de Tito.

Et c’est là que continue le casse-tête chinois commencé avec les deux T de Tito.
Mais on a besoin de ces lettres pour éclairer les paroles du rituel.

Sur ce deuxième tableau de loge appelé Tableau de Maître Irlandais daté de 1711

C’est l’un des plus anciens parvenus jusqu’à nous, l’un des plus simples, l’un des plus faciles à interpréter. Nous remarquons :

À l’Orient : Deux lettres en caractères latins « L » à gauche et « K » à droite : du grec.

Là c’est du grec facile à trouver : Le « L » au-dessus de la clef est l’initiale de « Prévot » en grec Leitourgos.

Le « K » au-dessus de la balance est l’initiale du mot « Juge » en grec Kritès.
Le liturge est une sorte d’intendant, préposé à la direction des ouvriers ou de l’administration d’une armée ou d’un lieu. Il est donc normal qu’il possède la clef de l’endroit où se trouvent les plans d’un bâtiment important, ici le temple de Salomon.
Sous le L de Prévôt se trouve donc logiquement la clef d’or de la cassette où sont les plans tout comme la balance se trouve sous le K de Juge.

À l’Occident : du grec et de l’hébreu Un T à gauche et un X à droite.

Ils marquent la distinction entre le T grec et le T hébraïque :
À gauche la lettre T, Té pour nous, prononcée par les anglais Ti : Soit le Tau grec majuscule «  » qui se trace comme un T latin. Soit le Ti de Tito.
À droite le « X », le Tav dans son ancien graphisme soit le Tav prononcé Tau par les maçons. Soit le To de Tito.
Ainsi les deux T placés face à face à l’Occident, représentent les signes des justes : celui de gauche dans l’Apocalypse, celui de droite dans Ézéchiel.
Quant à l’alliance des deux T : 400 + 300, elle nous donne celle du quatre et du trois, du nombre de la matière et de celui du spirituel et donnant le sept.

Au centre du Tableau sous la cassette un IHS : de l’hébreu et du latin issu du grec

Les branches d’acacia, surmontant cet IHS, évoque le lieu où fut trouvé le corps d’Hiram. Quant au IHS il signifie, dit le rituel, Jéhova, Hiram et Stolkin. Soit le Yod de Jéhovah, le ‘Heith de Khiram et le S de Stolkin, mot qui est censé être de l’hébreu et être le nom de celui qui le premier retrouva le corps d’Hiram.

La réunion de ces trois noms fait très artificiel et ne trompe personne¸ d’autant que Khiram ne commence pas par un H latin ! Elle ne sert qu’à montrer que derrière Hiram se trouve le Christ ou que derrière le Christ se trouve Hiram.

Au Moyen Age, Hiram était vu comme le Christ à venir. Bède le Vénérable (VII° siècle en Northumbrie) et Walafried Strabo (en Allemagne IX° siècle) voyaient dans Hiram une préfiguration du Christ.

Hiram devenait alors Homo Jésus Rex Altissimus Mundi
On voit qu’on peut faire des allers et retours entre Hiram et Iésous.
Le monogramme trilitère hiramique est une transformation du monogramme bien connu qui est d’abord christique :

Il s’agit du JHS christique où l’on a remplacé la croix sur la barre du H par deux branches d’acacia afin de faire d’Hiram l’équivalent du Christ. L’acacia, symbole solaire de renaissance et d’immortalité, remplace la croix et nous pensons que les deux interprétations se superposent. Il ne s’agissait pas de déchristianiser les rituels, mais de montrer les correspondances entre Hiram et le Christ, au niveau symbolique.

Tout comme les deux T de Tito mettent en rapport l’Ancien et le Nouveau Testament.
Aussi il nous parait important de rappeler le sens du premier monogramme trilitère, celui d’origine. Sinon le grade de Rose Croix n’aurait plus raison d’être. Or les degrés se suivent tout en s’approfondissant. Revenons donc à l’origine.

Ce monogramme en latin IHS pouvait aussi s’écrire JHS ou YHS. -Ce dernier figurait ainsi sur l’étendard des templiers : la barre verticale du h s’élève au-dessus du Y et du S et est barré pour signifier une croix.

À l’origine il s’agissait uniquement des trois premières lettres du nom de Jésus en grec IHSOUS soit en majuscules et transposées maladroitement en latin, IHS mais il s’interprète aussi :
– Comme Jésus Sauveur :
Jésus Hominum Salvator « Jésus Sauveur des hommes » « Sauveur du monde »(Jean 4,42)

Comme Jésus Vainqueur :

In Hoc Signum « Par ce signe (la croix) » sous-entendu : Vinces « tu vaincras » comme on le trouvera plus tard sur différentes médailles comme celle représentée ci-dessous, où l’on voit l’inscription Vinces en toutes lettres. Datée de 1838 il s’agit de la médaille d’une Ligue de tempérance.

On la trouve aussi dans un ouvrage anonyme paru en 1876 à Londres décrivant les cérémonies de plusieurs Ordres maçonniques chevaleresques ; Il y est écrit que la devise en latin « In hoc signo vinces » fut adoptée par les croisés.
Jésus est ainsi Juge «“ le Fils de l’Homme ” apparaîtra sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire, pour juger les vivants et les morts.» (Mt 24, 30), Sauveur et Vainqueur, tout comme les Juges, Sauveurs et vainqueurs du Livre des Juges.

Sur ce troisième tableau (Collection Chevalier de la Barre)
En partant de l’Orient :

Sous le dais et de chaque côté de la cassette :
Un C à gauche face à un K à droite
On retrouve à droite le K de Kritès Juge. C’est donc du grec.
Le C à gauche doit donc être aussi du grec. Sachant que les juges du Livre des juges étaient également appelés « Sauveurs » on peut donc y voir le nom de Sauveur en grec soit Sôter.

Le S de Sôter en oncial est un « C » l’initiale donc de Sauveur.
Soit le C pour « Sauveur » à gauche et le K pour « Juge » à droite.

En dessous au centre :

Les deux T de Tito symbolisant le Tau grec et le Tav hébraïque cette fois les deux T sont en caractères latins. Ils encadrent : Le IHS avec un petit rameau d’acacia presque invisible.

À l’Occident

Du grec à nouveau :
À gauche un X, le Khi grec de (Initiale de Christos en majuscules)
À droite un C, le Sigma, le S grec, (Finale de Christos en onciale).
Remarquons que pour le moment nous ne voyons pas l’utilité de faire appel à du chinois…Nous pouvons alors passer aux mots du rituels et tenter de les décrypter.

Les mots du rituel

Lors de la réception à ce grade, le premier surveillant fait s’agenouiller le candidat, lui fait dire CIVI tout en posant son épée nue sur son épaule gauche. Il reste ainsi jusqu’à ce que le Trois fois illustre dise KI. Après quoi on lui fait faire sept voyages.
Et plus loin, à la fin de l’Instruction, on lit :
« Dans cette place sacrée, le candidat fut saisi d’admiration et, tombant sur les genoux, il prononça CIVI » Ce qui n’est pas tout à fait la même chose : Là il s’agenouille de lui-même et cela sans doute parce qu’il a vu -on peut le penser- le cœur d’Hiram qui dans une urne flamboyante apparaît comme dans une gloire de flammes ou de rayons.
Salomon le voyant prosterné lui répondit KI et lui donna une balance.

CIVI et KI

On en a fait des syllabes de langue chinoise !
Civi serait alors un mot en langue chinoise signifiant « je m’incline » ou « je m’agenouille » et Ki un mot signifiant «Levez-vous ».
Pourquoi pas ? et cela même si les mots au REAA du premier au trente-troisième degré sont en grec, en latin et en hébreu.
Mais on pourrait quand même, d’une part faire remarquer qu’aucune de ces syllabes n’apparaît sur les différents tableaux de loge et, d’autre part, rappeler que l’autre nom de ce degré est Maître Irlandais et non Maître chinois !

A suivre pour la dernière partie…

Le Dessin de Jissey : « L’Amour de soi »

2

Notre Frère Jissey s’en prend non seulement à la vanité de certains (sans donner les noms des coupables), mais aussi probablement au manque d’humour dans la Franc-maçonnerire. Vous avouerez que la Loge n’est pas le premier endroit auquel on pense pour venir passer une soirée de détente et de rire. C’est à croire que l’humour est incompatible avec le travail sérieux. Remarquez, c’est un peu la même chose avec le cinéma. Avez-vous déjà vu un humoriste récompensé aux Césars ou aux Oscars ? Il faut être ennuyeux et sérieux pour avoir du crédit.

L’humour est mal considéré en Franc-maçonnerie, probablement car il risque de diluer la solennité des rituels et de fragiliser la crédibilité d’une institution historique face à ses détracteurs. L’austérité, associée à la sagesse et à l’autorité, devient un gage de légitimité. Pourtant, des signes d’ouverture émergent, suggérant qu’un humour mesuré pourrait revitaliser les loges, à condition de respecter leur essence.