Vassili Kandinsky (1866-1944), pionnier de l’art abstrait et figure emblématique du XXe siècle, a révolutionné la peinture en y insufflant une dimension spirituelle profondément enracinée dans sa perception synesthésique du monde. Ses œuvres, où les couleurs vibrent comme des notes musicales et où le plein et le vide dialoguent dans une chorégraphie cosmique, transcendent la simple représentation pour explorer des vérités intérieures.
Wassily Kandinsky
Bien que l’on n’ait aucune preuve de son appartenance à la Franc-Maçonnerie, une analyse de ses écrits – notamment Du spirituel dans l’art (1911) – et de ses compositions révèle des parallèles saisissants avec les principes initiatiques maçonniques :
quête de l’harmonie universelle, usage symbolique des couleurs et des formes, et méditation sur l’équilibre entre matière et esprit.
Cet article explore ces connexions implicites, tissant un fil entre la quête spirituelle de Kandinsky et les arcanes de la Fraternité, comme si l’artiste, à son insu, avait dansé sur les mêmes rythmes que les ateliers maçonniques.
La synesthésie comme pont spirituel : couleurs et musique
Kandinsky, né à Moscou dans une famille aisée, développe dès l’enfance une sensibilité rare : il perçoit les sons comme des couleurs et les couleurs comme des vibrations sonores. Cette synesthésie, qu’il décrit dans Du spirituel dans l’art, devient le fondement de son art abstrait. Pour lui, chaque teinte porte une résonance émotionnelle et spirituelle : le jaune, éclatant et spirituel, évoque une trompette ; le bleu, profond et contemplatif, rappelle la flûte ou l’orgue ; le rouge, vibrant, s’apparente à un tambour. Cette correspondance n’est pas fortuite : elle reflète une croyance en une harmonie universelle, où l’art imite les lois cosmiques.
Wassily Kandinsky, le fondateur de l’art abstrait | Documentaire
Cette approche trouve un écho dans sa fascination pour la musique, particulièrement Wagner – dont il admire Lohengrin – et Schoenberg, dont les expérimentations atonales influencent ses compositions. Dans Improvisation n°30 (1913), les taches de couleur et les lignes fuyantes imitent une partition musicale, où chaque coup de pinceau équivaut à une note. Kandinsky voit la peinture comme une « symphonie visuelle », un moyen de transcender le matériel pour toucher l’âme, un concept qu’il lie à une « nécessité intérieure » – une impulsion spirituelle guidant l’artiste vers l’absolu.
Le plein et le vide : une danse cosmique
Sur blanc II – en allemand Auf Weiss II – est un tableau réalisé par le peintre d’origine russe Vassily Kandinsky entre février et avril 1923 à Weimar, en Allemagne. D’un format presque carré, cette huile sur toile est une abstraction colorée sur fond blanc. Donation de Nina Kandinsky.
Un autre pilier de son œuvre est l’interaction entre le plein et le vide, un thème récurrent dans ses toiles et ses écrits théoriques. Dans Composition VIII (1923), des formes géométriques – cercles, triangles, carrés – flottent sur des fonds immaculés, créant un équilibre dynamique entre présence et absence. Pour Kandinsky, le vide n’est pas un néant, mais un espace sacré, un silence qui permet à l’esprit de respirer et aux formes de résonner. Le plein, quant à lui, représente l’expression active de l’âme, une manifestation de l’énergie spirituelle.
293 (1913)
Cette dialectique reflète une quête d’harmonie, où le vide devient un miroir de l’infini et le plein une célébration de la création. Dans Point et ligne sur plan (1926), il théorise cette tension comme une « loi intérieure », un principe organisateur qui guide l’artiste vers une vérité supérieure. Cette vision, bien que formulée dans un cadre artistique, évoque les méditations maçonniques sur l’ordre cosmique, où le compas (limitation) et l’équerre (stabilité) structurent l’univers, tandis que le pavé mosaïque symbolise l’union des contraires.
Parallèles avec la Franc-maçonnerie : une quête initiatique inconsciente ?
Bien que Kandinsky n’ait jamais été initié en Franc-Maçonnerie – ses biographies (comme celle de Hahl-Koch) n’en font aucune mention, et son exil en Allemagne puis en France sous les nazis aurait compliqué une telle affiliation –, ses idées résonnent avec les principes fondamentaux de la Fraternité. Examinons ces convergences.
1. La Quête Spirituelle et l’Harmonie Universelle
Helena Blavatsky
Kandinsky, influencé par la théosophie de Madame Blavatsky et les écrits de Rudolf Steiner (fondateur de l’anthroposophie), cherche à révéler une réalité spirituelle cachée derrière le monde matériel. Dans Du spirituel dans l’art, il écrit : « L’artiste doit être un prophète, un messager de l’invisible. » Cette mission rappelle le rôle du Franc-Maçon, initié pour découvrir les « mystères » de l’univers et les transmettre à travers des symboles. La Grande Loge Unie d’Angleterre, par exemple, définit la Maçonnerie comme une « quête de lumière », un objectif que Kandinsky partage à travers ses toiles abstraites, où la couleur devient une langue sacrée.
2. Les Couleurs comme Outils Symboliques
Gelb-Rot-Blau, ou encore Jaune-rouge-bleu, est un tableau réalisé par Vassily Kandinsky en 1925. Cette huile sur toile est conservée au musée pompidou, à Paris.
Les Maçons utilisent des symboles – l’équerre, le compas, la pierre brute – pour guider l’initié vers une compréhension intérieure. Kandinsky, lui, emploie les couleurs comme des symboles vivants. Le jaune, associé au soleil et à l’énergie divine, correspondrait au « Grand Architecte de l’Univers » (GADLU) maçonnique ; le bleu, reflet de la méditation, évoque les travaux introspectifs des Apprentis ; le noir, vide primordial, rappelle le « Cabinet de réflexion » où l’initié confronte ses ombres. Dans Jaune-Rouge-Bleu (1925), cette trinité chromatique suggère une progression initiatique : de l’éveil (jaune) à la contemplation (bleu) en passant par l’action (rouge), un parcours parallèle aux trois degrés maçonniques.
3. Le Plein et le Vide : Une Métaphore Maçonnique
Cercles encerclés (1923)
La tension entre plein et vide chez Kandinsky trouve un écho dans la symbolique du Temple maçonnique. Le vide – l’espace sacré entre les colonnes Jachin et Boaz – représente l’ouverture à l’infini, tandis que le plein – les outils, la pierre cubique – symbolise le travail actif de l’initié. Dans Composition X (1939), les formes flottantes sur un fond vide évoquent un atelier en construction, où chaque trait est un coup de maillet taillant la pierre brute de l’âme. Cette analogie, bien que non intentionnelle, reflète l’idée maçonnique d’un équilibre entre action et contemplation, matière et esprit.
4. Influence Théosophique et Contexte Maçonnique
Annie Besant
Kandinsky s’inspire de la théosophie, un mouvement spirituel interconnecté avec la Maçonnerie au tournant du XXe siècle. Annie Besant, présidente de la Société Théosophique, était également Maçonne (initiée en 1902 à la loge Human Duty n°6). Les cercles théosophiques de Munich, où Kandinsky enseignait au Bauhaus, abritaient des Maçons influents comme Rudolf Steiner, qui fonda la Société Anthroposophique après une rupture avec la théosophie en 1913. Bien que Kandinsky reste extérieur à ces cercles initiatiques, ses lectures – notamment La Doctrine Secrète de Blavatsky – intègrent des concepts maçonniques : l’évolution spirituelle par des « plans supérieurs », l’harmonie des sphères, l’unité de l’humanité. Cette osmose intellectuelle suggère une influence indirecte, comme un écho résonnant à travers les loges.
Une synthèse : Kandinsky, artiste et initié virtuel
Zigzag blanc (1922), Ca’ Pesaro Venise
Kandinsky n’a jamais franchi les portes d’une loge, mais son art et ses écrits dessinent une trajectoire initiatique parallèle. Sa vie – de la Russie orthodoxe à l’Allemagne expressionniste, puis à la France en exil – reflète un pèlerinage spirituel, ponctué de morts symboliques (l’abandon de sa carrière juridique en 1896) et de renaissances (l’abstraction en 1910). Ses toiles, comme Composition VII (1913), avec leurs tourbillons de couleurs et leurs silences méditatifs, pourraient être lues comme des tableaux de loge : des espaces où l’Apprenti (les formes naissantes) évolue vers le Compagnon (l’harmonie des couleurs) et le Maître (l’unité cosmique).
Avec l’arc noir (1912), Musée national d’Art Moderne, Centre Georges-Pompidou (Paris)
Cette connexion implicite invite à une réflexion : la Franc-Maçonnerie, avec ses rituels codifiés, et Kandinsky, avec sa liberté créatrice, partagent une quête commune – celle de l’âme universelle. Si les Maçons taillent leur pierre brute dans le silence d’un atelier, Kandinsky le fait sur la toile, avec des pinceaux et des pigments. Son œuvre, refusée par les nazis comme « dégénérée » et préservée par sa veuve Nina jusqu’en 1980, porte en elle une lumière initiatique, un testament spirituel qui transcende les frontières de l’art et de la Fraternité.
Une harmonie inachevée
Alors que les couleurs d’automne résonnent comme une symphonie kandinskienne, l’héritage de l’artiste continue de vibrer. Sans tablier ni maillet, il a pourtant esquissé un chemin maçonnique par l’abstrait, reliant musique, peinture et spiritualité dans une quête de l’invisible. La Franc-Maçonnerie, avec ses symboles et ses degrés, trouve en lui un écho involontaire – un frère d’esprit, sinon de loge. Peut-être, dans un au-delà cosmique, Kandinsky peint-il encore, sous le regard bienveillant d’un GADLU qu’il n’a jamais nommé, mais qu’il a si magnifiquement célébré.
Cimetière nouveau de Neuilly-sur-Seine, Division 16 rang 35, il y repose avec Nina.
Kandinsky – Voir la musique, réinventer la peinture | Documentaire |
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L’imaginaire permet toutes les uchronies. En voici une pièce de théâtre pour le moins farfelue mais pas tant que cela à bien la découvrir.
Décor : Une loge maçonnique dans un mélange absurde de temple grec, cathédrale gothique et salle de physique quantique. Colonnes ioniques côtoient des hologrammes de fractales. Le sol est en damier noir et blanc, mais avec des cases qui bougent comme un Rubik’s Cube vivant. Au centre, un autel avec compas, équerre, et un volume de la loi sacrée ouvert sur… la Divine Comédie ? L’éclairage est dramatique, avec des spots LED clignotants. Dans cette réalité alternative, Socrate en est le premier Vénérable, Platon et Aristote ses surveillants éternels. Dante, ressuscité par une faille temporelle causée par un trou noir, est initié en 1321… ou 2025 ? .
Personnages: Dante Alighieri : Le récipiendaire, poète, vêtu d’une cape médiévale et d’un tablier blanc de franc-maçon, Il représente le voyageur pélerin Socrate : Vénérable Maître, vêtu d’une toge antique sous un tablier maçonnique orné de compas et équerre. Il joue le rôle du guide philosophique Aristote : Premier Surveillant, portant un sautoir avec les vertus cardinales gravées. Platon : Deuxième Surveillant avec un cordon orné d’idées platoniciennes. Hiram : Orateur, architecte mythique, tenant un plan du Temple de Salomon Tubalcaïn : Expert, forgeron avec un marteau qui claque à chaque intervention René Girard : Invité surprise, anthropologue moderne, en costume anachronique Nassim Haramein : Autre invité, physicien contemporain Des francs-maçons : Quelques frères anonymes, en tabliers blancs, qui interviennent en chœur.
Acte I – La Préparation du Récipiendaire – Le Vestiaire des Âmes Perdues et Égarées
(La scène s’ouvre sur l’antichambre, un mélange de vestiaire de gym antique et de salle d’attente chez un dentiste divin. Dante entre en titubant, sa cape médiévale froissée comme un vieux parchemin, le tablier blanc pendouillant comme un drapeau de reddition. Il a un bandeau sur les yeux, mais il le soulève constamment pour jeter des coups d’œil furtifs. Une jambe de pantalon roulée jusqu’au genou, un bras nu, il ressemble à un pirate qui aurait raté son audition pour un rôle de philosophe. Les Frères Anonymes l’entourent, chantant en chœur avec des voix qui passent du grave solennel au nasillard comique, comme un chœur d’opéra.)
Frères Anonymes (en chœur, avec un rythme syncopé) : Ô profane égaré, dans les ténèbres tu patauges, Pantalon retroussé, comme un clown qui barbote dans la vase ! Cherche la lumière divine, mais avance à pas prudents, Ou tu vas trébucher sur ton ego gonflé comme un ballon d’hélium ! Tablier blanc immaculé, symbole de pureté naïve, Mais attention, Dante, ne le tache pas de ton encre poétique ! L’initiation commence, prépare-toi à rire ou à pleurer, Car ici, les secrets sont gardés… sauf quand on les oublie par inadvertance !
(Les frères rient en cascade, un écho comique qui rebondit sur les murs. Dante, agacé, ajuste maladroitement son bandeau.)
Dante : Par les neuf cercles de l’Enfer et les sept terrasses du Purgatoire ! Où diable suis-je tombé ? J’étais tranquillement en train de polir les rimes de ma Divine Comédie, rêvant de Béatrice et de paradis étoilés, et voilà que je me retrouve dans ce… ce carnaval philosophique déguisé en loge secrète ! Béatrice m’avait pourtant averti dans une vision : « Évite les rassemblements de barbus en tabliers, Dante, ils transforment les poètes en apprentis maçons ! » Et ce tablier blanc ? On dirait un bavoir pour un géant affamé de symboles ésotériques. Est-ce une initiation ou une farce florentine orchestrée par mes ennemis guelfes ?
(Entre Tubalcaïn d’un pas lourd, son marteau géant à la main, torse nu sous un tablier de cuir usé, muscles saillants comme s’il sortait d’une pub pour un gym biblique. Il frappe le sol avec un bruit retentissant, faisant sursauter Dante qui manque de trébucher sur sa cape.)
Tubalcaïn : Halte-là, voyageur du temps perdu ! Je suis Tubalcaïn, l’Expert forgeron des âges antiques, descendant de Caïn lui-même, maître des métaux et des mystères ! Ton alliage est-il pur, ô poète égaré, ou n’es-tu qu’un mélange frelaté de rimes et de regrets ? Réponds vite, ou je te refonds en statue commémorative pour le jardin de la loge !
Dante : Forgeron ? Mais je suis un poète, pas un lingot d’or en fusion ! Dans mon Enfer, les forgerons comme toi sont relégués au septième cercle, avec les violents, les sodomites et les usuriers – attends, non, ce sont les tyrans et les blasphémateurs qui bouillent là-bas. Peu importe, l’idée est la même : pourquoi suis-je à moitié nu comme un gladiateur ? Une jambe exposée au vent, un bras à l’air libre – est-ce une initiation maçonnique ou une audition pour un rôle dans une comédie burlesque ? Si c’est pour tester ma modestie, sachez que j’ai déjà affronté les démons de l’Enfer sans sourciller !
Tubalcaïn : Ha ! C’est le rituel ancestral, apprenti maladroit ! Une jambe nue pour toucher la terre mère, un bras dénudé pour caresser l’air des idées, et le bandeau pour symboliser ton ignorance crasse – comme si tu sortais d’une grotte plus sombre que celle de Platon ! Mais avec ta cape médiévale rouge sang, on dirait un touriste temporel qui a raté son portail vers la Renaissance. Allez, redresse-toi, ou je te forge un dos droit avec mon marteau magique !
(Entre Platon, l’air distrait, les yeux rivés au plafond comme s’il y voyait défiler des formes idéales en parade. Son cordon orné de symboles platoniciennes – une grotte miniature, un triangle parfait – balance comme un pendule hypnotique.)
Platon : Ah, le récipiendaire arrive enfin ! Dans le monde des Idées éternelles, tu es déjà initié depuis l’aube des temps, Dante. Cette préparation n’est qu’une ombre pâle projetée sur le mur de la réalité sensible. Imagine donc : le Tablier Idéal, blanc comme la neige immaculée d’un paradis platonicien, sans une seule tache de vin toscan ou de sauce bolognaise. Ton bandeau ? C’est le voile des illusions sensorielles, mon cher. Enlève-le dans ton esprit, et vois la Forme Parfaite de l’Initiation !
Dante : Platon ? Le grand Platon en personne ? Mais vous êtes mort depuis des siècles, englouti par le temps comme un vieux rouleau de papyrus ! Et ces Idées dont vous parlez ? Dans mon Paradis, les Idées suprêmes sont chez Dieu Lui-même, pas accrochées à un cordon maçonnique comme des breloques de marché aux puces. Si c’est une uchronie, au moins offrez-moi un verre de chianti pour lubrifier mon esprit – ou est-ce que dans votre monde idéal, le vin est abstrait et sans alcool ?
Platon : Le temps ? Une illusion, un fleuve héraclitéen que l’on traverse sans se mouiller, mon poète. Ta Divine Comédie n’est-elle pas une allégorie géante de ma grotte ? Sortir des ombres infernales pour atteindre la Lumière du Bien Suprême ? Mais prudence : ne fixe pas directement le Soleil des Idées, ou tu auras une migraine cosmique qui fera passer tes cercles d’Enfer pour un mal de tête ordinaire. Et ce chianti ? Dans l’Idée du Vin, il est parfait, sans gueule de bois !
(Aristote entre à son tour, roulant des yeux avec une exagération théâtrale, son sautoir gravé des vertus cardinales – Prudence, Tempérance, Force, Justice – cliquetant comme des médailles olympiques. Il tient un rouleau de papyrus rempli de syllogismes impeccables, l’air logique mais un brin pédant.)
Aristote : Pff, toujours avec tes Idées flottantes et éthérées, maître Platon ! Ici, dans le monde réel, pas dans tes nuages philosophiques, le récipiendaire doit être préparé avec méthode et observation empirique. Syllogisme simple : Tous les apprentis maçonniques sont nus d’un côté pour symboliser l’humilité ; Dante est un apprenti ; donc Dante doit être nu d’un côté, point final. Pas d’Idées abstraites qui dansent comme des ballerines invisibles – juste des faits concrets, mesurables, comme la longueur du bandeau même s »il est mal ajusté !
Dante : Aristote ? Vous ici, avec Platon ? Dans ma Comédie, je vous aurais tous deux placés au Limbo, ce cercle des vertueux païens où l’on soupire éternellement sans tourments. Mais voilà que vous portez des tabliers comme des artisans de bas étage ! C’est comme si Virgile, mon guide infernal, organisait un barbecue au milieu des flammes éternelles. Expliquez-moi : est-ce une loge ou un symposium déguisé en chantier de construction ?
Aristote : Le Limbo ? Surfait et illogique – pourquoi soupirer quand on peut construire ? La Franc-Maçonnerie incarne les vraies vertus cardinales : Prudence pour ne pas révéler les secrets par inadvertance, Tempérance pour ne pas abuser du vin pendant les agapes post-rituel, Force pour endurer les discours interminables de Platon, et Justice pour équilibrer le damier noir et blanc du sol, évitant ainsi les faux pas littéraux et métaphoriques. Observe, Dante : ton tablier est blanc, symbole de pureté, mais si tu le salis, c’est un vice catégorisé!
(Soudain, entrée fracassante de René Girard, en costume trois-pièces des années 1970, cravate psychédélique nouée comme un nœud gordien de désirs mimétiques. Il ajuste ses lunettes avec un air d’analyste surpris.)
René Girard : Ah, l’initiation en pleine préparation ! Classique cas de mimétisme désirant, mes amis. Dante, tu désires ce que ces Maçons possèdent : la Lumière secrète, le savoir ésotérique. Mais attention, cela engendre la rivalité, le conflit, et inévitablement, un bouc émissaire pour apaiser les tensions ! Regardez Hiram, l’architecte mythique – tué par des compagnons jaloux qui mimaient son génie. Moi, René Girard, anthropologue du XXe siècle catapulté ici, je décrypte tout : vos rituels ne sont que des chaînes de désirs copiés les uns sur les autres.
Dante : Qui diantre êtes-vous ? Un voyageur du futur ou un clown en costume de disco ? Votre accoutrement… on dirait un paon en pleine parade nuptiale, avec des motifs qui tourbillonnent comme mes cercles infernaux !
Girard : Anthropologue, poète ! Dans cette uchronie délirante, je suis l’invité surprise pour analyser les rouages humains. Toi, avec ta Béatrice idéalisée, c’est du mimétisme triangulaire pur : tu désires Béatrice parce qu’elle mime le divin, et Dieu est le modèle ultime. Rivalité amoureuse camouflée en poésie – brillant, mais dangereux !
Dante : Blasphème absolu ! Béatrice est la pureté incarnée, pas un vulgaire triangle de désirs ! Si vous analysez tout comme ça, même mon petit-déjeuner devient une rivalité avec le pain !
(Nassim Haramein fait irruption, vêtu d’une tenue futuriste avec des hologrammes factices – en réalité, des LED collées sur du tissu – projetant des fractales qui clignotent comme un sapin de Noël défectueux. Il gesticule avec enthousiasme.)
Haramein : Attendez, tout est connecté dans l’univers unifié ! Cette préparation n’est pas un simple rituel – c’est une activation géométrique sacrée. Le tablier ? Un tétraèdre en deux dimensions. Le bandeau ? Un voile sur le vide quantique qui relie tout. Dante, ton voyage initiatique est une spirale fractale menant au point singulier, au Big Bang maçonnique où protons et électrons dansent en harmonie holographique !
Dante : Physique ? Quantique ? Fractales ? Dans mon époque, on avait l’alchimie et les éléments d’Aristote – terre, eau, air, feu – pas ces protons qui font la fête comme des démons en discothèque ! Est-ce une loge maçonnique ou un laboratoire d’un savant fou échappé d’un roman futuriste ?
Haramein : Exactement ! L’univers est un hologramme géant, et ton initiation active ton ADN en mode fractal. Sentez les vibrations : les atomes de ton tablier vibrent en synchro avec les étoiles !
Frères Anonymes (chœur, avec un crescendo hilarant) : Fractales ou pas, bandeau sur les yeux bien serré ! Prépare-toi, Dante, aux épreuves bleues et azurées ! Avec Girard qui mime et Haramein qui fractalise, Cette initiation va te faire tourner la tête comme une girouette sur un toit !
(Les frères remettent le bandeau à Dante, qui trébuche comiquement sur son propre pied, provoquant un éclat de rire général. Tubalcaïn frappe un dernier CLANG pour clore la scène. Fin de l’Acte I. Les lumières tamisées des vitraux s’allument, filtrant des couleurs alchimiques : rouge pour le feu, bleu pour la sagesse, vert pour l’espoir. Le chœur chante un « Vivat, Vivat, semper vivat » .)
Acte II– Le portail des questionséternelles
(La loge principale s’illumine : un mélange de temple grec avec colonnes ioniques tordues, cathédrale gothique aux vitraux fractals, et salle de physique quantique avec des écrans LED affichant des équations farfelues. Socrate trône au centre sur un siège élevé, son marteau philosophique en main – un outil qui « frappe » des idées plutôt que du bois. Les officiers sont en place, tabliers impeccables. Dante est conduit, yeux bandés, par Tubalcaïn, qui le guide comme un chien d’aveugle.)
Socrate : Frères, ouvrons la loge avec sagesse ! À l’ordre, mes chers compagnons de quête éternelle ! Il frappe trois fois doucement, comme s’il tapotait une idée fragile. Qui ose frapper à la porte du Temple des Mystères, ce sanctuaire où le savoir se cache comme un chat sous un lit ?
Tubalcaïn : C’est un profane, Vénérable Maître ! Il cherche la Lumière avec l’ardeur d’un poète en mal d’inspiration, mais il est encore dans le Moyen Âge et ne sait pas que ses rimes sont poussiéreuses. Laissez-le entrer, ou il va composer un sonnet sur notre porte close !
Socrate : Ah, la Lumière… Mais qu’est-ce que la Lumière, frère Expert ? Est-ce une idée platonicienne flottante, une vertu aristotélicienne mesurable, ou simplement une ampoule LED inventée par Edison dans une timeline parallèle où l’électricité mime le feu divin ? Interrogeons le récipiendaire, car je sais que je ne sais rien, mais peut-être que lui sait qu’il ne sait pas non plus.
Dante (bandé, voix étouffée mais passionnée) : La Lumière ? Dans ma Divine Comédie, c’est l’éclat de Dieu Lui-même, filtré à travers les sphères célestes ! Mais ici, avec vous tous, ça ressemble plus à un feu d’artifice philosophique qui risque d’exploser. Si c’est pour illuminer mon âme, allumez donc, mais doucement – je n’ai pas envie de finir aveuglé comme un papillon attiré par une flamme !
Socrate : Le récipiendaire parle avec fougue ! Dante, poète des Enfers et des Paradis, que sais-tu vraiment ? Rien, sans doute, comme moi. Mais procédons aux voyages. Frères, guidez-le dans l’Air, symbole de l’intellect volatile.
(Aristote s’avance, déroulant son papyrus avec un air de professeur exaspéré.)
Aristote : Premier voyage : l’Air, essence de la pensée rationnelle. Dante, définis la vertu avec précision. Syllogisme irréfutable : La vertu est le juste milieu entre excès et défaut ; ton ego poétique est un excès ; donc modère-le, ou tu finiras comme un vice catégorisé dans mon Éthique à Nicomaque !
Dante : La vertu ? J’en ai décrit des tonnes dans mes cercles : la justice divine qui punit les vices avec une logique implacable ! Mais l’air ici ? je sens le vent de maçon d’est en ouest, avec une odeur de vieux papyrus moisi et de sueur philosophique. Si c’est pour tester mon intellect, posez-moi une énigme – mais ne me faites pas respirer cet air chargé d’idées antiques !
Platon : Non, non, c’est l’Idée de l’Air, pure et éternelle ! Dans la grotte des sens, tu ne vois que des ombres venteuses, des bourrasques illusoires. Imagine l’Air Parfait, sans pollution athénienne ni flatulences de forgeron – un vent divin qui porte les Formes Idéales vers l’infini.
Dante : Platon, toujours perché dans vos nuages d’abstractions ! Dans mon Purgatoire, l’air est purgé des péchés terrestres, rafraîchi par les vents de la repentance. Mais avec ce bandeau, je me sens comme un aveugle errant dans les ruelles de Florence pendant une foire – tout est chaos et surprises !
Hiram (déroulant son plan du Temple avec un geste théâtral, accent biblique exagéré comme un prophète) : L’Orateur prend la parole ! Le Temple de Salomon respirait l’Air des cieux, avec ses colonnes Boaz et Jachin qui défiaient les vents. Mais, ici, on ajoute une colonne quantique, courtoisie de frère Haramein – un pilier de vortex énergétiques qui tourbillonne comme un derviche tourneur !
Haramein : Précisément ! Les colonnes sont des portails vers des dimensions fractales. Dante, en respirant cet Air, tes protons s’alignent en une danse holographique. Visualise : l’univers entier compressé dans ton souffle, un Big Bang personnel !
Dante : Protons ? Dans mon temps, les éléments étaient simples – pas ces particules qui font la rumba ! Si l’Air est quantique, alors mon inspiration poétique devient une équation insoluble. Haramein, tes vortex expliqueraient mes visions ? L’Enfer comme un trou noir de vices, le Purgatoire comme fractals de purification, le Paradis comme hologramme divin ?
Girard : Mimétisme pur ! Dante mime l’intellect d’Aristote, qui mime les Idées de Platon, qui mime les questions de Socrate. Une chaîne de désirs rivaux qui mène droit au conflit et au scapegoat comme ils disent en Angleterre, probablement toi, le bouc émissaire si tu rates l’épreuve !
Socrate : Silence, invité du futur ! Passons au deuxième voyage : l’Eau, symbole des passions tumultueuses. Dante, crains-tu l’eau comme dans ton Styx infernal, ou es-tu prêt à plonger dans les abysses de l’âme ?
Dante : L’eau ? J’ai traversé l’Achéron avec Charon, ce passeur grognon qui facturait en oboles ! Mais ici, est-ce une piscine maçonnique ou un baptême philosophique ? Si c’est pour laver mes péchés poétiques, versez-en des seaux !
(Tubalcaïn asperge Dante d’un seau d’eau froide, provoquant un splash comique et un cri théâtral.)
Tubalcaïn : Trempe-toi dans l’Eau purificatrice, apprenti dégoulinant ! Elle forge l’âme comme le métal trempé dans la forge – durcit le caractère, rafraîchit les ardeurs !
Dante (trempé, secouant sa cape comme un chien mouillé) : Par Lucifer gelé dans son lac infernal ! C’est froid comme le neuvième cercle, où les traîtres grelottent éternellement ! Platon, votre Idée de l’Eau est-elle au moins tiède, ou éternellement glaciale comme une douche écossaise ?
Platon : L’Idée est éternelle et immuable, ni chaude ni froide – pure essence hydrique, sans les impuretés de ce seau ridicule.
Aristote : Faux sur toute la ligne ! Observation empirique : l’eau est humide et froide par nature. Dante est mouillé ; donc il a froid. Applique la vertu de Tempérance : ne te plains pas, réchauffe-toi avec une logique solide !
Frères Anonymes (chœur, avec un rythme aquatique, comme des vagues ) : Eau, air, et bientôt le feu ardent, Dante trempe son désir impétueux ! Mais avec Girard qui mime les rivalités, Et Haramein qui fractalise les vagues, C’est la noyade assurée !
Fin du voyage de l’eau. Dante dégouline, mais rit malgré lui.
Acte III – Les Épreuves du Feu et du Serment dans les Flammes Philosophiques
(Troisième voyage : le Feu. Des flammes factices en LED clignotantes entourent Dante, créant une ambiance de barbecue infernal. La chaleur est simulée par des ventilateurs chauds)
Socrate : Et maintenant, le Feu purificateur, mes frères ! Il consume les impuretés et illumine l’âme. Dante, que crains-tu le plus : les flammes de ton propre Enfer, ou celles de nos questions incisives ?
Dante : Le feu ? J’en ai décrit des forêts entières dans mes cercles, où les suicidés se transforment en arbres brûlants ! Mais ce feu-ci semble… électrique, clignotant comme un signe de taverne futuriste. Haramein, est-ce votre physique quantique qui danse dans les flammes ?
Haramein : Absolument ! Le feu n’est que plasma énergétique, une manifestation de l’énergie unifiée. Ton aura s’active, Dante – imagine une spirale fractale en expansion, reliant tes chakras au cœur d’un trou noir maçonnique. Sentez la vibration : protons en fête, électrons en transe !
Girard : Feu mimétique par excellence ! Les humains miment le feu des dieux, comme Prométhée, bouc émissaire ultime de la rivalité divine. Dante, ta Comédie mime Homère et Virgile – une rivalité poétique enflammée qui consume les originaux !
Dante : Assez de ces analyses tordues ! Je ne mime personne – ma Comédie est une création originale, comme cette initiation absurde qui mélange époques et folies. Si le feu purifie, qu’il brûle mes doutes, mais pas ma cape, s’il vous plaît !
Hiram : Le feu fond les pierres du Temple, apprenti ! Attention aux trois mauvais compagnons : le Jaloux, l’Ignorant, le Fanatique. Ils sont tes critiques littéraires florentins, prêts à te lapider de quolibets. Mais avec mon plan du Temple, on bâtit un rempart inexpugnable !
Tubalcaïn : Forge-toi dans le feu intérieur ! Ton marteau spirituel frappera les impuretés – bang, bang !
(Dante trébuche sur une flamme LED, feignant une brûlure comique.)
Dante : Aïe ! C’est chaud comme l’amour contrarié pour Béatrice… non, plus comme la colère bouillonnante de Minos jugeant les âmes ! Platon, votre Idée du Feu est-elle inoffensive, ou brûle-t-elle les doigts des imprudents ?
Platon : L’Idée est éternelle, non consumante – un feu idéal qui illumine sans carboniser.
Aristote : Ridicule ! Le feu est chaud et sec par définition. Observation : si ça brûle, c’est réel. Applique la Force pour résister !
Socrate : Questions fondamentales : Qu’est-ce que le Bien ? Le Beau ? Le Vrai ? Réponds, Dante, ou reste dans l’ombre de l’ignorance.
Dante : Le Bien, c’est la justice divine ; le Beau, l’éclat de Béatrice ; le Vrai… cette loge folle où les philosophes se disputent comme des enfants autour d’un jouet cosmique ?
(Passage au serment. Dante à genoux, main sur le Volume de la Loi Sacrée – ici, une édition de la Divine Comédie.)
Socrate : Jure maintenant, apprenti ! Sur le compas pour mesurer tes actes, l’équerre pour redresser tes erreurs, et le maillet pour frapper les vérités dures.
Dante : Je jure solennellement… de garder les secrets, même si Girard les dissèque comme des mimétismes, et Haramein les relie à des fractales universelles. Que la Lumière m’illumine sans me griller !
Girard : Ce serment ? Mimétisme collectif – vous jurez parce que les autres jurent !
Haramein : Non, c’est une activation quantique ! Le serment aligne vos particules en une géométrie sacrée.
(On enlève le bandeau. Une lumière LED s’allume dramatiquement, mais elle grésille.)
Dante : La Lumière ! Mais… c’est juste une ampoule vacillante ? Dans mon Paradis, c’est un éclat éternel, pas ce clignotement de luciole fatiguée !
(Interruption : Girard et Haramein se disputent, gesticulant comme des marionnettes.)
Girard : Ta physique mime la religion – désir d’unification divine !
Haramein : Faux ! C’est science pure – fractales contre bouc émissaire, round one !
Socrate : Paix, ou je questionne jusqu’à l’épuisement ! L’initiation se poursuit.
Acte IV : Les Discours et Révélations – Chaos et Débats Délirants
(Les officiers livrent leurs discours, étendus en monologues humoristiques. Hiram commence, déroulant son plan comme une carte au trésor.)
Hiram : Apprenti Dante, le Temple est le symbole ultime : colonnes solides comme des vérités bibliques, voûte étoilée comme un ciel peint par un dieu artiste. Mais dans notre uchronie tordue, on ajoute une chambre quantique pour Haramein – un espace où les murs se plient comme du papier origami cosmique. Bâtis ton temple intérieur, ou il s’effondrera comme une tour de Babel en carton !
Dante : Un temple ? Mon Enfer est un temple inversé, avec des étages de tourments architecturaux ! Si le vôtre est quantique, alors mes cercles deviennent des fractales infernales – une idée qui me donne le tournis.
Platon : Tout n’est qu’Idée, mon cher. Le Temple Idéal réside dans le royaume des Formes, parfait et immutable. Ton tablier n’est qu’une ombre pâle du Tablier Parfait, blanc comme l’âme d’un philosophe abstrait. Imagine-le : sans plis, sans taches, éternel !
Aristote : Balivernes éthérées ! Observation pratique : le tablier est en cuir blanc, conçu pour protéger des éclaboussures symboliques. Applique les vertus : Prudence dans tes pas sur le damier, Tempérance dans tes questions, Force contre les tentations, Justice pour équilibrer tes rimes poétiques.
Tubalcaïn : Forge ton caractère comme du métal précieux ! Marteau pour frapper les vices, enclume pour résister, feu pour purifier – et voilà un Maçon forgé à neuf !
Socrate : Et moi ? Je suis le questionneur éternel. Qu’est-ce qu’un Maçon ? Un qui sait qu’il ne sait rien, mais qui construit quand même des ponts entre ignorance et sagesse. Pose-toi des questions, Dante, jusqu’à ce que les réponses fuient comme des ombres.
Dante : Et moi, poète initié ? Ma Comédie devient maçonnique : l’Enfer comme épreuves ardentes, le Purgatoire comme voyages purificateurs, le Paradis comme Lumière fraternelle. Mais avec vous tous, c’est une comédie divine… littéralement !
(Les invités interviennent, déclenchant un débat chaotique)
Girard : Cette loge entière ? Un mimétisme collectif géant ! Vous mimez les rites anciens pour apaiser vos désirs rivaux
Haramein : Non, c’est holographique ! Chaque Maçon est un pixel dans le grand fractal de l’univers – connecté, unifié, vibrant en harmonie.
Dante : Arrêtez ce cirque ! C’est épuisant comme une ascension au Purgatoire. Dans cette comédie, suis-je immortel maintenant, ou juste un apprenti éternel ?
Frères Anonymes : Immortel en esprit, mais n’oublie pas la cotisation annuelle!
Platon : Imagine l’Idée : un monde où Socrate n’a pas bu la ciguë, mais un expresso grec pour rester éveillé éternellement.
Aristote : Illogique au possible ! La ciguë est poison mortel ; l’expresso est excitant ; donc Socrate hyperactif, posant des questions à la vitesse de la lumière.
Socrate : Et si je n’avais rien bu du tout ? Question éternelle qui mime l’infini.
Dante : Dans mon Enfer, les sophistes comme vous sont punis par des vents tourbillonnants. Mais ici, c’est un paradis de folies – continuez, je note pour une suite à ma Comédie !
Socrate : Dante, dis-moi, qu’est-ce que l’unité, sinon le fruit de ces voyages ?
Dante : Maître, ta philosophie, Socrate, et la Franc-maçonnerie sont comme dans ma Comédie : un voyage initiatique dans trois cercles. Enfer pour les vices – orgueil, avarice –, Purgatoire pour les vertus – tempérance, force –, Paradis pour l’amour divin. Trente-trois chants, trente-trois degrés – un écho cosmique !
Girard : Oui ! Tes cercles sont des sacrifices mimétiques. Tes assassins imaginaires, comme les miens – Jubelo, Jubela, Jubelum – représentent les vices à vaincre : ignorance, fanatisme, ambition. Je suis un sacrifice intérieur pour la cohésion fraternelle. Mais la résurrection par les cinq points de la maîtrise m’a relevé! Jésus brise l’unanimité mythique, défend les opprimés. Vos rituels canalisent cette rivalité des désirs, transformant la violence fondatrice en sacré fraternel.
Platon : Et mes Idées éternelles guident tout ! Remarque comme la quadrature du cercle de la voûte et du pavé pousse vers la perfection. Et ta Béatrice, c’est la Sagesse, comme tes vertus théologales : foi, espérance, charité. Dante, sache que bien avant, pour Zarathoustra, Les Amesha Spentas, les génies bénéfiques, sous leurs différents aspects d’Ahura Mazda, ajoutaient ces vertus essentielles : bon esprit, bonne volonté, bon sens; vérité, justice, pureté; ordre, harmonie, règne divin; humilité, douceur, docilité. Elles sont les forces dans la lutte du bien et du mal, la vraie roue motrice du cours des choses.
Dante : Platon, c’est donc ainsi que parlait Zarathoustra ? Pour le moment, je vois la voûte étoilée au solstice d’été, comme Nout sur un vitrail. Les voyages : Air pour volatil, Eau pour mercure, Feu pour soufre. V.I.T.R.I.O.L., rectifiant mon âme . Et Haramein, tes vortex voudraient expliquer Béatrice : une connexion holographique avec le Tout, au-delà des vices ?
Nassim Haramein : Absolument, Dante ! L’univers est holographique – chaque partie contient le tout, comme un fractal infini. La pierre cachée de V.I.T.R.I.O.L. est un point singulier, un trou noir alchimique où temps et espace fusionnent. Tes illuminations sont des passages à travers des vortex d’énergie du vide, où la matière émerge comme des ondes quantiques. Imagine : la voûte étoilée est un hologramme vivant, où chaque étoile est un vortex reliant microcosme et macrocosme. Tes voyages purifient l’âme comme une transmutation cosmique, reliant ton intérieur à l’intelligence de l’univers – tout est énergie, tout est connecté, du vitriol alchimique aux fractals de la création. C’est l’unité primordiale : omnia ab uno, omnia ad unum !
Tubalcaïn : Et moi, je forge cette unité.
Hiram : Ton serment, Dante, est comme ma résurrection : de la violence à la fraternité.
Socrate : Oui, Dante. Connais-toi toi-même. Aristote pour vertus, Platon pour Idées, Girard pour violence purifiée, Haramein pour vue cosmique, toi pour voyages. Tu es initié. Une once de réel suffit à qui sait voir.
Acte V : La Clôture et les Surprises – Fin en Apothéose Chaotique
Socrate : Fermons la loge avec grâce, frères ! Mais d’abord, le banquet fraternel : vin tempéré, pain symbolique, et pour Haramein, des fractales comestibles en forme de biscuits.
Dante : Un banquet ? Dans le Banquet de Platon, c’était l’amour philosophique. Ici, est-ce l’amour fraternel, ou juste une excuse pour manger après tant d’épreuves ?
Platon : Idée de l’Amour ! Agapè maçonnique, ascension vers le Beau Suprême.
Haramein : Amour c’est une énergie unifiée, vibrations harmoniques reliant les cœurs en un fractal géant.
(Soudain, une faille temporelle s’ouvre. Une voix off de Béatrice résonne)
Béatrice (voix off, avec un écho) : Dante ! Reviens à Florence, mon amour ! Cette loge est un Enfer alternatif, peuplé de chimériques masculins en tabliers ! Échappe-toi avant qu’ils ne te fractalisent l’âme !
Dante : Béatrice ! Ma muse éternelle ! Mais dans cette comédie, toi aussi, tu peux devenir Maçonne ? Viens nous rejoindre pour un banquet céleste, on y mettra ton couvert !
(Les Frères Anonymes entonnent une chanson finale)
Frères Anonymes (chœur final, avec un rythme festif, mélange de grégorien et de rap médiéval) : Dante initié en herbe, avec Socrate qui questionne sans herbe, Platon qui rêve d’Idées en nuages cotonneux, Aristote qui syllogise, logique et tatillon, Hiram qui bâtit un temple en plans farfelus, Tubalcaïn qui forge avec clangs assourdissants, Girard qui mime rivalités en cravate psyché et Haramein qui fractalise tout en énergie ! Liberté, égalité, fraternité ! Vivat, vivat, semper vivat! Le poète est maçon ! Houzé, Houzé, Houzé !
Socrate : À l’ordre une dernière fois ! La Loge est close, mais les questionnements persistent.
Le rideau tombe. Dante, inspiré, fondera une loge en Italie, influençant la Renaissance. Tubalcaïn frappe un dernier CLANG, cassant une colonne factice dont les fragments forment au sol l’expression adhuc stat.
Dans le paysage maçonnique français, riche d’une grande diversité d’obédiences, la Grande Loge Mixte Nationale (GLMN) s’affirme désormais comme une force sereine et croissante. Sans prétendre rivaliser avec les plus grandes puissances maçonniques hexagonales, elle s’est néanmoins hissée, au fil des années, parmi les douze premières obédiences françaises, portée par la conviction, la rigueur et l’engagement de ses membres.
Une progression constante malgré l’adversité
Convent 2025
Alors que nombre d’institutions ont vu leurs effectifs s’éroder à la suite de la pandémie, la GLMN a su, quant à elle, renforcer sa cohésion et accroître ses effectifs d’environ 10 % par rapport à la période précédant la crise sanitaire. Cette dynamique, remarquable à plus d’un titre, témoigne du travail en profondeur des loges, du sérieux de leurs travaux, et de l’attrait croissant qu’exerce la démarche maçonnique de la GLMN sur les chercheurs de sens d’aujourd’hui.
Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur une ligne directrice claire, portée par le Conseil fédéral et inspirée de la devise fondatrice de l’Obédience :
« Unissons ce qui est épars. »
Une obédience ouverte et reconnue
Convent 2025
La reconnaissance du sérieux et de la qualité du travail maçonnique accompli par la GLMN s’illustre également dans les relations fraternelles qu’elle entretient avec plusieurs grandes obédiences françaises. Des accords d’amitié et de coopération ont ainsi été signés avec des puissances maçonniques de référence telles que la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GLAMF), ou encore la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO).
Ces rapprochements témoignent d’une volonté partagée : d’œuvrer ensemble à l’élévation morale et spirituelle de l’humanité dans le respect des traditions initiatiques.
Une pluralité de rites, une même exigence
Convent 2025
La GLMN se distingue également par sa diversité rituelle, reflet de son ouverture et de son respect de la pluralité des voies initiatiques. Les patentes de la plupart des rites qu’elle pratique ont été transmises par l’une des plus importantes puissances maçonniques françaises garantissant ainsi une filiation légitime et régulière.
Ses loges travaillent majoritairement au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), mais bon nombre travaillent au Rite Français et au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm (RAPMM), offrant à chaque initié un espace d’épanouissement adapté à sa sensibilité et à sa quête personnelle.
Une direction inspirée par la rigueur et la liberté
Philippe NICOLAS Grand Maître
À la tête de l’Obédience, le Sérénissime Grand Maître Philippe NICOLAS, cet ancien pilote de chasse, a su insuffler à la GLMN cette rigueur empreinte d’exigence et de droiture qui caractérise les grandes écoles de discipline et de courage.
Mais cette rigueur s’accompagne d’une philosophie profondément humaniste et libérale. Fidèle à sa tradition, la GLMN demeure une obédience adogmatique, elle respecte la liberté absolue de conscience, ses membres peuvent croire ou ne pas croire s’ils le préfèrent, cette liberté du maçon restant la règle d’or.
Chacun y est invité à poursuivre son propre chemin initiatique, dans le respect de celui des autres, dans l’esprit fraternel qui unit les maçons au-delà des croyances et des différences.
La Grande Loge Mixte Nationale trace aujourd’hui un sillon sûr et mesuré, à l’image de sa devise : rassembler plutôt que diviser, œuvrer plutôt que paraître.
Dans un monde où le sens se cherche et se fragmente, la GLMN incarne cette voie d’union, de travail et de lumière, fidèle à l’esprit des bâtisseurs qui, depuis des siècles, s’efforcent d’édifier le Temple de l’humanité.
Dans un monde où la réalité semble se dissoudre entre écrans et illusions, les 41e Rencontres Écossaises ont choisi de plonger au cœur du « Réel ». Cette manifestation a réuni près de 600 participants au Centre de Congrès Jean Monnier d’Angers, les 11 et 12 octobre derniers. Organisée par le Suprême Conseil pour la France du Rite Écossais Ancien et Accepté (SCPLF-REAA), cette manifestation annuelle, née en 1984, continue d’incarner un espace unique d’échanges spirituels, philosophiques et ésotériques.
Sans distinction d’obédience, de juridiction ou de genre, elle rassemble francs-maçons, chercheurs et curieux autour d’une quête commune : démêler le tangible du subtil, le mesurable de l’insaisissable.
Samedi : entre poésie, philosophie et rigueur scientifique
Photographie de Bertrand Vergely lors du congrès « soigner l’Homme sauver la Terre » à Aix-les-bains » (Crédit image : Nicolas Abraham)
La journée s’est ouverte sur un accueil courtois de Jacques Azot, président du SCPLF, qui a posé les bases d’un week-end enrichissant. Premier intervenant, le philosophe Bertrand Vergely – habitué des lieux et complice d’un public friand de ses envolées lyriques – a exploré le « Réel au Réellement Réel ». Avec verve et poésie, il a disséqué la perception humaine, refusant de voir dans le réel un adversaire « méchant ». Pour Vergely, la réalité n’est pas une prison, mais une invitation à l’émerveillement, une danse entre le visible et l’invisible qui élève l’âme sans la figer dans le dogme. Son intervention, rythmée d’anecdotes et de métaphores, a captivé l’assemblée, rappelant pourquoi il est l’un des piliers intellectuels de ces Rencontres.
Patrick Peter, physicien
Le contraste n’aurait pu être plus frappant avec Patrick Peter, physicien et ancien directeur de l’Institut d’Astrophysique de Paris, qui a succédé au philosophe. Pas d’envolées lyriques ici, mais une démonstration implacable : pour la science, depuis Galilée, le réel est objectif, forgé par l’observation, l’expérimentation et la modélisation.
« Le réel scientifique, c’est le monde tel qu’il fonctionne, non tel qu’on le ressent »
a-t-il martelé avec humour et empathie. L’expérience, reproductible et mesurable, nous rapproche du réel sans jamais l’atteindre pleinement – d’où l’importance des conditions précises et des instruments. Quant à la mécanique quantique, elle bouleverse tout : plus de « ou » binaire, mais un « et » entrelacé, où particule et onde coexistent. Patrick Peter, avec son bagage de chercheur au CNRS, a maintenu cette rigueur tout au long de la journée, répondant aux questions d’un public fasciné par les galaxies et l’univers primordial, tout en tempérant les ardeurs avec une pointe d’ironie bien dosée.
Françoise Michaud, du SCFF – partenaire fidèle des Rencontres depuis plusieurs années –, a apporté une touche introspective. Pour elle, la prise de conscience du réel passe par un regard attentif, silencieux et respectueux : un regard intérieur, profond, désintéressé.
« Une contemplation pour se fondre dans la présence du réel, toujours imprévisible »
a-t-elle décrit. Cette approche, ancrée dans la tradition écossaise, invite à une fusion entre sujet et objet, loin des certitudes rigides.
L’après-midi a marqué un temps fort avec la 4e édition du Prix littéraire des Rencontres Écossaises, fondé par le SCPLF en partenariat avec le site La Griffe. Après une sélection rigoureuse parmi des ouvrages publiés entre avril 2024 et mars 2025 – mêlant philosophie, spiritualité et ésotérisme –, deux lauréats ont été couronnés : Heinz Wismann pour Lire entre les lignes (Albin Michel), un essai sur les traces de l’esprit européen, et Robert Redeker pour Descartes – Le miroir aux fantômes (Cerf) qui s’est vu remettre le prix par Antoine Sénanque, lauréat 2024.
Ces prix soulignent l’engagement des Rencontres pour une littérature qui éclaire le réel sans le figer
Retour au thème central avec Emmanuel Kessler, qui, en trente minutes chrono, a tressé un fil rouge entre Descartes et Bergson. Le doute cartésien comme outil pour penser, l’optimisme bergsonien comme élan vital : « Vivre, c’est agir », a-t-il rappelé. Face au réel lacanien – « ce qui cogne » – ou à la définition dickienne – « ce qui demeure même quand on cesse de croire en lui » –, Kessler a plaidé pour un espoir revigorant : le réel n’est pas une vue de l’esprit. L’esprit cherche à connaitre et il s’établit alors une relation dynamique entre sujet et monde.
Pour terminer cette première journée de réflexion sur le Reel dans le cadre des Rencontres Ecossaises, les deux dernières interventions se complétaient : celle de Jean Michel Poughon sur les façons de penser le corps et le spirituel et celle d’ Annick Lucas sur notre vécu de la démarche initiatique à travers les rituels Ecossais.
René Descartes
Jean Michel Poughon, professeur émérite de droit public a présenté ce qu’il en était du réel à travers une fine analyse historique du corps comme réalité spirituelle et matérielle. Il a analysé le corps comme réalité duale : spirituelle et matérielle, mécanique – « une machine qui se meut par elle-même », dixit Descartes – mais aussi sacrée, à protéger (le code interdit les actes dégradants, tout en autorisant les dons ciblés). L’intervenant a évoqué la reliance corps-machine, les hybridations cérébrales pour réparer les failles et l’Homme augmenté comme horizon prométhéen : fascinant, paradoxal, potentiellement dangereux dans un présent tourmenté par les disruptions technologiques. Une réflexion qui interroge…
Annick Lucas, Représentante de la juridiction écossaisie féminine, avec patience et justesse, a alors appelé l’attention sur ce qu’il en était du dévoilement du réel lors de l’initiation. Celle-ci est par essence une illumination salvatrice, une naissance à une perception renouvelée. Le réel n’est pas que extérieur (les choses du monde), mais intérieur (la conscience éveillée). C’est ce « moment exquis où se rétablit une alliance d’amour », révélé par le rituel qui traverse, transforme et habite.
Dimanche : synthèse et perspectives
Francis Bardot
Francis Bardot – devenu l’historien officieux des Rencontres et gardien de leur mémoire a précisé ce qu’il en était de la réalisation spirituelle au Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA). Avec son style oratoire fluide et apprécié, il a tracé le chemin parcouru, reliant passé et présent dans une fresque inspirante.
Deux tables rondes ont suivi, animées par Stéphane Demazure et Claude Guichard. Ces échanges, capturés en direct pour l’émission radiophonique Témoignages Écossais du SCPLF, permettront aux absents de les réécouter et de prolonger la réflexion.
Les conclusions officielles, prononcées par le président, ont salué la richesse des débats et annoncé les 42e Rencontres à Grenoble en octobre 2026.
Un moment d’émotion : l’hommage à Alain Chaize
Une tristesse partagée lors de ces 41e Rencontres et un fort moment d’émotion : l’annonce de la cessation de l’activité de « Maitre des Cérémonies » de notre bien aimé Frère Alain Chaize, après 36 ans passés dans la direction et l’organisation de ces Rencontres publiques du Suprême Conseil Pour la France.
Les 41e Rencontres Écossaises, une fois de plus, ont prouvé leur vitalité : un carrefour où science, philosophie et spiritualité dialoguent pour mieux appréhender le réel, ce mystère qui nous émerveille et nous élève.
Rendez-vous à Grenoble pour la suite de cette quête infinie.
Selon René Guénon, la Franc-maçonnerie demeure la dernière voie initiatique traditionnelle valable en Occident. Comme je le répète souvent avec plaisir, sa méthode s’appuie sur la parabole de la construction du Temple pour guider chaque individu dans l’édification de sa propre spiritualité. Après le réordonnancement des états constitutifs de son être – marqué par sa mort symbolique et les trois voyages initiatiques –, l’apprenti peut enfin entamer un travail intérieur.
Aidé par ses Frères en loge, il devient l’artisan de sa propre transformation, non pas dans le vacarme d’un chantier opératif, mais dans le silence méditatif d’une introspection profonde, taillant sa pierre brute avec des outils symboliques.
Qui n’a pas en mémoire sa première rencontre avec les symboles en loge, ce moment où la Lumière lui fut donnée, suivi d’un étonnement mêlé de curiosité ? L’apparition de ces signes énigmatiques – présents dans chaque recoin de l’atelier – et les questions qu’ils suscitent lors des premières tenues restent gravées dans l’esprit de tout nouvel initié.
Le Rite Écossais Ancien et Accepté (comme d’autres rites) se distingue par sa richesse. Dès les premiers pas de l’initiation, il conduit chaque Frère ou Sœur vers des niveaux de conscience spirituelle de plus en plus élevés. Progressivement, la conscience s’éclaire et s’élargit au fil du parcours initiatique, ouvrant la réalité à une dimension spirituelle. Cette voie invite à concevoir le divin – que l’on nomme GADLU, Unité primordiale ou autrement – en travaillant sur les symboles. Elle permet de perfectionner sa vision de soi et du monde, de dompter un ego aveuglant, de se détacher de la matière pour s’élever en esprit, et ainsi mieux intervenir dans le réel et la société. N’est-ce pas là l’essence de toute quête spirituelle : développer une perception spirituelle de la réalité pour favoriser l’humanisation de l’homme ? Ainsi, le développement spirituel de l’individu, loin d’être un luxe égoïste, constitue la base de la liberté de conscience et sert l’humanité tout entière, unissant les aspirations spirituelles et humanistes.
À cet égard, les Frères et Sœurs engagés dans des chantiers sociétaux ou humanistes ont pleinement leur place parmi nous. Leur action renforce la nôtre, à condition qu’elle reste dénuée de partisanerie ou de politique. Car à quoi bon s’élever spirituellement si c’est pour perdre de vue la terre ferme et négliger le bien de l’humanité dans un esprit fraternel ? Une élévation déconnectée de cette réalité risque de conduire à de graves dérives. Ces deux approches – intérieure et sociétale – sont complémentaires et convergent inévitablement vers un même idéal.
Il ne saurait exister de Franc-Maçonnerie spéculative totalement « hors sol » !
Le symbole : clé d’accès à l’éveil
Pour moi, le symbole est la porte d’entrée vers l’éveil dans la méthode maçonnique. Mais comment le définir ? Quelle lecture permet de le saisir ? Qu’est-ce que cet éveil, but ultime de la voie initiatique ? Autant de questions fascinantes auxquelles je vais tenter d’apporter un éclairage.
1. Le symbole, une clé vivante
Crane posé sur les symboles maçonniques
Commençons par quelques définitions. Selon Wikipédia, le terme « symbole », dérivé du grec ancien sumbolon (de sumballein, « mettre ensemble » ou « comparer »), désignait à l’origine un tesson de poterie brisé en deux, partagé entre deux contractants. La réunion des morceaux, s’emboîtant parfaitement, servait de preuve d’identité ou de reconnaissance, un peu comme un mot de passe. Plus largement, un symbole est une représentation pensée, individuelle ou collective, suscitant une idée (sécurité, autorité) ou une sensation (joie, paix) à partir d’une perception sensorielle.Le Larousse le définit comme un signe figuratif – objet ou être – incarnant un concept (le drapeau comme symbole de la patrie) ou une personne exemplaire d’une idée (un symbole de générosité). Avec tant de définitions possibles, sa complexité devient évidente.
En loge, le symbole se distingue du signe profane, qui n’a qu’une signification unique, par sa polysémie : il porte des sens multiples convergeant vers un archétype commun. Tandis que le signe se décode par analogie, le symbole maçonnique se vit par anagogie, une élévation vers un sens supérieur.
Main sur la Bible lors du serment
Le symbole est une entité vivante, indépendante de l’esprit humain. Lors d’une récente initiation au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le serment du nouvel initié invoquait « les Vivants Symboles que je touche de ma main » comme aides, aux côtés du Grand Architecte des Mondes. N’est-ce pas chaque Frère ou Sœur, dès son initiation, un symbole vivant ?
En frappant trois fois le maillet sur sa pierre brute – reflet de son imperfection –, puis en épelant le mot sacré et échangeant signes et attouchements avec les Surveillants, l’initié devient à la fois signifiant et signifié, tel un sumbolon reconstitué. Cette union des parties brisées évoque l’idée de rassembler ce qui est épars pour retrouver l’unité originelle.En serrant la main du Surveillant, l’initié prouve sa qualité d’« ayant droit » au plan symbolique, accédant à des états supra-humains.
Buste de Platon. Marbre, copie romaine d’un original grec du dernier quart du IVe siècle av. J.-C.
On peut ainsi avancer que la méthode maçonnique permet « l’incorporation du symbole en soi », conférant à celui qui l’intègre la capacité d’être lui-même un symbole, ouvrant les portes des réalités supérieures. Cette puissance de l’esprit élargit notre vision du réel, un enseignement clé des grades symboliques. Comme une « réalité augmentée » à redécouvrir, le symbole stimule nos facultés cognitives, un concept que certains philosophes grecs, comme Platon et Jamblique, ont lié à une puissance divine autonome.
Platon voyait dans les idées – archétypes vivants d’où naît la matière – une réalité accessible par élévation vers le monde intelligible, le symbole agissant comme un miroir à double face reflétant une unité supérieure. Jamblique, dans Les Mystères d’Égypte II, 11, renchérit :
« Ce n’est pas notre pensée qui opère [le pouvoir des symboles] ; les signes, par eux-mêmes, réalisent leur œuvre, et l’ineffable puissance des dieux les reconnaît sans notre intervention. »
Jules Boucher
Jules Boucher, citant Jean C.M. Travers, ajoute que le symbole est un être sensible, doté d’une consistance propre, révélant une signification au-delà de lui-même. Qu’il émane du divin ou de l’esprit humain, le symbole fertilise la pensée, liant immanence chamanique et transcendance spirituelle, et inspire même la recherche scientifique.
2. La lecture par le cœur
Les travaux en loge – espace sacré comme la cavité où réside le cœur, délimitée par poumons, diaphragme, sternum et médiastin – ne s’appuient pas sur un intellect discursif. Le symbole relève d’un « sur-intelligible », d’une intuition supérieure. Dans la méthode maçonnique, le divin ou le GADLU se perçoit par une lecture des symboles avec le cœur.
Dès l’initiation, l’épée contre le cœur et le compas pointé vers celui-ci symbolisent un rayon de lumière sacrée perçant l’enveloppe corporelle, tandis que l’écartement du compas guide l’initié vers une ouverture spirituelle.
La tenue rejoue la création de l’univers, propageant la lumière dans le présent, autant à l’extérieur qu’en chacun. Comme je le dis souvent, je suis dans le Temple autant que le Temple est en moi. La compréhension d’un symbole par le cœur émerge avec le temps, variable selon chaque Frère ou Sœur, et reflète une expérience unique, non une vérité absolue.
Pourtant, toutes ces perceptions d’un même symbole convergent vers un principe archétypal commun.
Au centre de la loge, sur le pavé mosaïque, le tableau de loge concentre les symboles, accessibles selon le niveau de conscience de chacun. En passant entre les deux colonnes, du profane au sacré, le Vénérable, aidé des officiers, ordonne le chaos et fait jaillir la lumière. L’Expert lève le voile de l’ego, révélant le tableau – miroir de notre intériorité. Autour de cet axe, de midi à minuit, nous tournons, animant les symboles dans nos cœurs et tissant un égrégore fraternel, reliant chacun à l’unité primordiale.
3. L’éveil : une porte ouverte
Si le symbole est une clé, c’est pour ouvrir la porte de l’éveil. Cette méthode maçonnique, semblable à un empilement de poupées russes, superpose idées et symboles en analogie et anagogie. À chaque tenue, en franchissant la porte des initiés, le Frère ou la Sœur vit un éveil spirituel renouvelé, unique selon le rite et le degré, même dans un même lieu. Lors d’une visite à un atelier différent à Ollioules, j’ai ressenti une expérience distincte, prouvant la puissance agissante des symboles rituels.
René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)
Les trois premiers degrés, ou « petits mystères », élèvent l’âme sur le plan humain, comme le souligne Guénon : une préparation aux « grands mystères » non abordés ici. L’éveil de l’apprenti est plutôt un « réveil », une récupération de la vision totale de soi et du monde, une conscience éclairée centrée sur sa lumière intérieure – sa pierre philosophale. Le V.I.T.R.I.O.L. guide cette quête, traversant la gangue de l’ego comme Thésée dans le labyrinthe.
Selon le prologue de l’Évangile de Saint Jean, lu avec compas et équerre sur l’autel, « Le Verbe était la vraie Lumière » en chacun, oubliée par le monde. Redécouvrir cette parcelle divine, se retrouver « ni nu ni vêtu, dépourvu de tous métaux », c’est viser l’état originel de l’homme primordial, pour un retour à la Lumière lors de la chaîne d’union.
L’humanité ? Un mot noble, souvent gravé en lettres d’or… mais rarement poli comme une pierre. Avant de la proclamer, mieux vaut vérifier si elle tient dans la main, ou si elle glisse entre les doigts comme du sable rituel.
L’Humanité comme Alpha et Oméga : Le miroir de l’Autre
Dans un sens purement humain et social (le « regard de l’autre« ), l’humanité est effectivement l’alpha et l’oméga :
Alpha (Le Point de départ) : Le regard de l’autre est toujours et d’abord un regard humain. Notre conscience de nous-mêmes (notre « moi« ) se construit par le regard des autres humains (nos parents, nos pairs). L’humanité est donc la source, le point de départ de la construction de l’identité individuelle. On devient humain par et pour l’humain.
Oméga (La Finalité) : Ce que nous recherchons dans le regard de l’autre, c’est la reconnaissance de notre humanité. Nous voulons être reconnus comme des êtres dignes, membres à part entière de la communauté humaine. L’objectif final du regard de l’autre est souvent d’atteindre une forme de validation sociale et de légitimation de notre existence au sein de l’espèce.
La Limitation du Regard : Au-delà de l’Alpha et Oméga
Cependant, réduire le regard de l’autre à la seule humanité est limitant pour deux raisons majeures :
a. Le Regard Non-Humain (L’Écologie et l’Éthique)
De plus en plus, le regard philosophique s’élargit. Le « regard de l’autre » peut inclure :
Les animaux : De nombreux philosophes et écologistes plaident pour l’intégration du regard des êtres sensibles non-humains dans notre éthique. Le traitement que nous leur réservons est une réflexion sur notre propre humanité, mais le regard (ou la souffrance) de l’animal est un autre regard qui n’a pas l’humain pour alpha et oméga.
La Nature : Le « regard » d’un paysage ou la « réaction » d’un écosystème à nos actions peut être interprété comme une forme de miroir non-humain.
b. Le Regard Intérieur (La Subjectivité)
L’alpha et l’oméga ultime du regard de l’autre n’est pas l’humanité, mais l’individu.
Tableau de Bernard Bonave
Même s’il est construit socialement, le regard de l’autre est toujours filtré par ma subjectivité. C’est moi, l’individu, qui décide de la valeur et de l’impact de ce regard.
Le regard de l’autre s’arrête là où commence ma conscience de soi. Je peux rejeter ou accepter ce que l’autre me renvoie.
L’humanité est l’arène, le cadre nécessaire à l’expression du regard de l’autre. Elle est le lieu où la relation se tisse.
Mais si on considère que l’alpha et l’oméga est une fin absolue, alors le regard de l’autre doit dépasser l’humain pour englober le sens de l’existence et l’éthique globale (regard du cosmos, de la nature, de la transcendance), où l’humanité n’est plus la fin, mais une étape.
Le Symbole est Porté par les Loges Humanistes
Historiquement, les Grandes Loges de tendance libérale ou adogmatique ont souvent fait de l’Humanisme leur cheval de bataille. Elles mettent en avant l’Homme comme la valeur suprême et l’objet central de la construction.
Dans cette optique :
Alpha (Le Début) : La Loge travaille pour l’amélioration de l’Homme lui-même (travail sur soi) et le perfectionnement de la société humaine (philosophie).
Oméga (La Fin) : Le but ultime est l’avènement d’une humanité éclairée et fraternelle, où l’individu est libre et responsable. Le regard du Maçon, dirigé vers l’extérieur, se termine par la reconnaissance de l’autre comme un Frère, sans distinction de dogme ou de croyance.
La Vocation Sociale : Ce symbole justifie l’engagement maçonnique dans les débats de société, la défense des droits humains et la laïcité.
Les Loges Traditionnelles : L’Humanité comme Miroir, Non comme Absolu
Pour les Grandes Loges plus traditionnelles, ce symbole est plus nuancé et n’est pas l’absolu :
Le G.A.D.L.U. est l’Alpha et l’Oméga : La finalité de la quête n’est pas l’Humanité elle-même, mais le Grand Architecte de l’Univers (G.A.D.L.U.), qui est l’Être Suprême ou le Principe Créateur. L’humanité est alors le moyen (le chantier, le Temple à construire), mais pas la fin suprême.
L’Humanité comme Instrument : Le Maçon travaille pour se rapprocher de la Vérité Transcendante. Le regard de l’autre est un miroir qui l’aide à limer sa pierre et à réaliser le plan du G.A.D.L.U
La Limitation : L’Homme n’étant pas parfait, il ne peut être l’Alpha et l’Oméga. Le considérer comme tel serait tomber dans un anthropocentrisme qui exclut toute dimension spirituelle ou métaphysique.
Dans une obédience humaniste, ce symbole est un pilier fondamental.
Dans une obédience traditionnelle, l’humanité est considérée comme une valeur suprême et le champ d’application de la Fraternité, mais elle reste subordonnée à la quête d’un Principe Supérieur.
Dans ce contexte « l’humanité » n’est en fin compte qu’un slogan vendeur et non une réalité abstraite ?
Faut-il penser que le terme « humanité » risque d’être réduit à un slogan vendeur (un « cheval de bataille« ) s’il n’est pas soutenu par une réalité plus profonde.
Pourquoi l’Humanité peut devenir un Slogan
Représentation désuète d’un modèle de société disparu… Ou peut-être pas.
Dans le discours public ou même obédientiel, le terme « humanité » est souvent utilisé de manière vague. Il devient un slogan lorsqu’il est :
Réduit à l’engagement social : Si l’action de la loge se limite à des prises de position publiques ou à de l’activisme social, l’Humanité devient un étendard politique, perdant sa profondeur initiatique.
Dépourvu de métaphysique : Dans les obédiences qui rejettent toute référence à une transcendance (le G.A.D.L.U. ou un Principe Créateur), l’Homme devient sa propre fin. S’il n’y a rien « au-dessus » de l’Homme, le risque est de tomber dans un anthropocentrisme orgueilleux, où l’Humanité est l’objet de son propre culte, ce qui peut freiner la véritable humilité initiatique.
L’Humanité comme Réalité Abstraite et Initiatique
Le véritable sens de l’Humanité en maçonnerie est justement d’être une réalité abstraite et spirituelle, et non un simple slogan.
Le Travail sur la Pierre : Le travail du maçon est de polir sa propre « pierre brute » pour la rendre apte à entrer dans le Temple. Cette pierre, c’est l’individu. La somme de ces pierres individuelles et améliorées forme l’Humanité. La réalité abstraite n’est donc pas l’Humanité que l’on voit (la foule), mais l’Humanité que l’on construit (le Temple idéal).
La Fraternité Universelle : L’Humanité est l’abstraction de la Fraternité. Elle est l’idée que tout homme est un Frère potentiel. C’est une vision idéale et utopique qui sert de boussole éthique. C’est le devoir d’être humain qui est abstrait, non le fait de l’être.
En fin de compte, la distinction se fait sur le lieu du chantier :
Si l’Humanité est le slogan, le chantier est à l’extérieur (dans les médias, les discours).
Si l’Humanité est la réalité abstraite, le chantier est à l’intérieur (dans le cœur et la raison de chaque maçon) et se reflète ensuite, naturellement, à l’extérieur.
Le danger est toujours là : toute noble cause peut être réduite à un simple slogan si elle n’est pas vécue dans la profondeur du symbole.
L’exemple le plus frappant pour illustrer à la fois l’absurdité et l’extravagance de considérer l’humanité comme l’alpha et l’oméga du regard de l’autre est le mythe de Sisyphe, tel qu’interprété par Albert Camus.
Sisyphe qui remonte la montagne
Le Mythe de Sisyphe : L’Absurdité Humaine
Le mythe de Sisyphe frappe par l’absurdité de la condition humaine lorsqu’on la considère comme sa propre fin.
L’Absurdité : Sisyphe est condamné à monter une énorme pierre au sommet d’une colline, pour la voir rouler immédiatement. Ce cycle éternel et vain est l’image parfaite de l’absurdité. Si l’humanité est son propre alpha et oméga, son regard ne mène qu’à une reconnaissance temporaire et illusoire avant que la mort ou l’oubli ne fasse « rouler la pierre » en bas. La finalité (l’oméga) n’est jamais atteinte, car elle est constamment annulée par le recommencement (l’alpha).
La vanité : Dans un contexte social, cela reflète la vanité de l’effort : l’individu passe sa vie à chercher la reconnaissance et la gloire dans le regard de ses contemporains (le sommet de la colline), mais cette reconnaissance s’éteint avec le temps, rendant l’effort globalement dérisoire à l’échelle cosmique. L’humanité est son propre point de départ et d’arrivée, mais le voyage est une boucle stérile.
La Révolte de Sisyphe : L’Extravagance Humaine
Camus, cependant, ne s’arrête pas à la condamnation. Il y trouve l’extravagance, au sens de démesure et de défi :
L’Extravagance (La Révolte) : L’extravagance de l’humanité réside dans sa prise de conscience de cette absurdité. Au lieu de se résigner, Sisyphe se révolte par sa conscience. C’est dans l’instant où il redescend la colline, sachant la vanité de sa tâche, qu’il devient supérieur à son sort. Il est plus grand que sa roche.
Le Triomphe de la Conscience : L’humanité pose son regard sur elle-même et s’autoproclame « alpha et oméga » malgré la connaissance de sa propre finitude et de son insignifiance cosmique. Cette affirmation, ce défi lancé au vide, est l’acte d’extravagance par excellence. C’est l’Homme qui dit : « Ma valeur n’est pas dans ce que je construis, mais dans le fait que je continue de construire en sachant que cela ne sert à rien. »
Ainsi, Sisyphe incarne le dilemme : son effort est absurde (la boucle sans fin), mais sa conscience de cet effort est extravagante et magnifique.
Si Sisyphe incarne l’absurdité de l’effort humain face à l’inutilité cosmique, Atlas, lui, en révèle la limite : non plus celle du sens, mais celle du poids.
Là où Sisyphe pousse sans fin, Atlas ploie sous le Tout. Le premier se révolte par la conscience, le second par la lucidité du fardeau. Ensemble, ils dessinent les deux visages de l’extravagance humaine : l’un dans le défi, l’autre dans le refus.
Atlas : La Limite de l’Oméga Humain :
Atlas, condamné à porter la voûte céleste (parfois assimilée au monde), illustre les limites de l’ambition et de la prétention de l’Humanité à être son propre « Oméga » (la fin et l’accomplissement).
a. L’Absurdité de l’Impuissance (Le Refus)
Le Fardeau : Atlas représente l’Humanité qui s’impose ou se voit imposer le fardeau de la totalité, la misère, l’histoire, la responsabilité universelle.
Le Cri : La phrase « Je ne peux porter la misère du monde » devient le cri d’alarme de l’Humanité. Elle révèle l’absurdité de cette prétention. L’Humanité, en se déclarant Alpha et Oméga, s’attribue une tâche titanesque qu’elle est physiquement et moralement incapable de réaliser.
L’Échec du Regard : Le regard de l’autre est trop vaste, trop lourd. L’Humanité ne peut pas tout englober, tout juger, tout soutenir. L’absurdité est dans l’hybris (la démesure) de croire qu’un seul regard peut suffire à légitimer l’univers entier. Le résultat est l’épuisement et l’écrasement.
b. L’Extravagance du Moment de Délivrance (La Ruse)
pierre brute avec maillet et ciseau
L’extravagance réside dans le court instant où Atlas dépose son fardeau « grâce à la ruse ».
Le Repos Transitoire : Cet instant symbolise la capacité de l’Humanité à déroger à sa propre fatalité. L’extravagance n’est pas de porter le monde, mais de savoir quand le déposer. C’est le moment où l’Homme refuse l’écrasement total et se permet de respirer, de se décharger, de refuser l’absolu qu’il s’est imposé.
Le Paradoxe du Regard : L’Humanité, en disant « Je ne peux porter… », se révèle paradoxalement dans toute sa force : celle de la limite lucide. L’extravagance est de reconnaître sa finitude tout en continuant d’exister. C’est un acte de modération qui, dans un monde obsédé par la totalité, devient un geste radical et démesuré.
Atlas ajoute la dimension de l’éthique de la limite : pour que l’Humanité soit l’Oméga (la fin accomplie), elle doit d’abord accepter qu’elle ne peut pas être le Tout.
Conclusion :
Sisyphe poussant sa boule
L’Humanité, donc, n’est ni un slogan à imprimer sur des t-shirts de loge, ni une fin cosmique à graver sur le fronton du Temple. Elle est ce chantier intérieur, ce miroir parfois brisé, parfois grossissant, dans lequel le Maçon apprend à se reconnaître sans se prendre pour le centre du monde.
Car si Sisyphe pousse sa pierre avec panache, et qu’Atlas porte le ciel avec dignité, le Maçon, lui, apprend à poser ses outils… et parfois même à les oublier dans un coin, juste pour le plaisir de contempler le chantier en silence.
Et si l’Humanité devait vraiment être l’Alpha et l’Oméga, espérons qu’elle n’oublie pas de passer par la lettre “H”… comme Humour, Hésitation, et parfois… Hâblerie.
De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano
La nature du temps est complexe et doit être considérée sous différents angles. En physique classique, il s’agit d’un flux absolu et linéaire, inarrêtable et uniforme. Mais la théorie de la relativité d’Einstein l’a redéfinie comme une dimension relative, intimement liée à l’espace, qui se courbe sous l’effet de la vitesse et de la gravité. En physique, la « flèche du temps » est liée à l’entropie et à l’irréversibilité des processus naturels : le passé ne revient pas et le futur est ouvert.
D’un point de vue psychologique et philosophique, le temps est aussi une expérience subjective : un flux de mémoire, de perception et de conscience, qui contraste avec la conception objective de la science.
Mais alors : qu’est-ce que le temps maçonnique ?
Et quel rapport cela a-t-il avec ce temps « réel » que nous mesurons avec des horloges et des calendriers ? Combien de temps consacrons-nous à la Franc-Maçonnerie et quel poids cela pèse-t-il sur nos vies ? Est-ce qu’il y a toujours du temps ? Peut-on le récupérer ? Est-ce une perte de temps ?
Lorsqu’un homme ou une femme rejoint la Franc-Maçonnerie, il ou elle proclame un pacte avec le Temps lui-même. Chaque heure passée, chaque séance, chaque tâche symbolique devient une contrainte pour le Temps.
Ce n’est pas seulement du « temps libre » : c’est du temps consacré, distillé, mis à disposition de la Lumière et de la fraternité. C’est un investissement ésotérique, une offrande.
Dans le temps maçonnique, la minute n’est pas banale : une pause de réflexion, un silence, un regard. Elle incarne la croyance que chaque geste, si petit soit-il, peut être éternel dans le cœur de l’initié. C’est pourquoi, au Temple, on ne parle pas d’heures ordinaires : on parle d’Instants, et ceux qui y entrent le savent.
Mais le regard de l’initié connaît une dure vérité : il n’existe pas de temps réel, parfait et linéaire pour se consacrer à jamais à la Franc-Maçonnerie. Le temps « humain » est rempli de contraintes : travail, famille, engagements, distances. Il est relatif. Mais c’est aussi un terrain sur lequel semer.
Il y a un temps pour étudier, un temps pour construire, un temps pour transmettre. Et il y a un temps où l’on est « hors du temps » : quand on n’a plus cette énergie, quand les blessures de la vie se retournent contre soi, quand l’épuisement engraisse l’âme.
Mais il faut avoir le courage de le dire : être hors du temps n’est pas un péché, c’est une condition ! Ne nous culpabilisons pas, mais cherchons plutôt des moyens de nous rétablir. Un jour, en regardant en arrière, vous réalisez que vous avez laissé des espaces vides, des méditations interrompues, des silences non dits.
Et vous pensez :
J’ai perdu des heures avec des distractions inutiles.
Mais voici la vérité : un franc-maçon qui a parcouru un chemin plus long découvre que le temps n’est jamais perdu. Chaque pas, même le mauvais, a formé la pierre intérieure. Chaque doute a tempéré la volonté. Chaque absence a enseigné le manque comme une étoile directrice.
Le temps maçonnique n’est pas linéaire. Il est circulaire, cyclique et porte en lui erreurs et renaissances. Tu peux te rétablir. Tu peux revenir. Tu peux rattacher les chaînes, relever la boussole, partager le pain des présences retrouvées.
Ce n’est pas facile, car le temps ordinaire passe vite et la vie piétine vos rêves. Mais le temps maçonnique agit comme une toile de fond, c’est un souffle constant qui ne s’arrête jamais.
Les Latins disent :
Temps fugitif.
Le temps passe vite.
Pourtant, dans la Franc-Maçonnerie, il y a un « temps qui reste ».
Tempus edax rerum
Le temps qui dévore toutes choses
Le temps dévore tout.
Mais la mémoire, le symbole et le sacrifice restent des pierres inextinguibles sur notre chemin initiatique.
Michel-Ange a dit un jour :
Le temps est court, l’art est éternel.
Ainsi, le chemin que nous parcourons ne doit pas se mesurer en années, mais en intensité, en cohérence et en lumière.
Je ne veux pas vous cacher que la route est semée d’embûches. Il y a des moments où l’on se demande si l’on a bien fait de choisir ce chemin exigeant. Dans ces moments-là, le temps semble nous punir, nous tirer vers le bas.
Le monde appelle, la vie appelle. Mais ceux qui sont francs-maçons de l’intérieur le savent : ces jours où l’on écoute, plutôt que de fuir, ne sont pas perdus. Le silence n’est pas un temps perdu, car en lui, la voix de Dieu parle plus clairement.
Et quand, après de nombreuses années, un jour donné, en vous regardant dans le miroir, vous dites :
Non, ce n’était pas une perte de temps.
tu as l’impression de ne pas mentir. Car peu importe la fragilité du pas, ce qui compte c’est que vous ayez continué. Pourquoi pouvoir dire
J’ai servi, j’ai aimé, j’ai cherché la Lumière
c’est la seule mesure qui compte.
Le véritable franc-maçon sait que le voyage est sans fin, que même les périodes les plus sombres sont porteuses de germes. Ainsi, tandis que la vie s’écoule au fil des jours et des saisons, le temps maçonnique continue, tissé tel un fil invisible reliant le profane au sacré.
C’est pourquoi vous connaissez le chemin que vous avez emprunté. Non par prétention à maîtriser le temps, mais par loyauté envers le « temps qui vous a choisi ».
Et chaque moment que vous y consacrez, même tard, n’est jamais perdu.
Ah, quel bonheur de commencer la semaine avec une bonne dose de cynisme bien tassé ! Aujourd’hui, plongeons dans l’absence criante du corps dans la Franc-Maçonnerie, cette noble institution où l’on parle beaucoup… mais où l’on oublie étrangement d’inscrire son corps dans l’espace sacré. Pas de lien subtil entre les agapes et le symbolisme maçonnique, hein, ni avec les cycles saisonniers – non, non, on ne mange pas, on se goinfre ! Le vin coule à flots, la respiration pendant les tenues ressemble à un marathon de ronflements, et après, c’est la même débâcle. Franchement, on dirait une fête de village déguisée en rituel sacré.
Et que dire du Vénérable ? Il nous sert des sermons moraux à faire pâlir un curé un dimanche matin, avec des discours enflammés sur la vertu et la lumière. Mais quand on regarde la mise en pratique des principes de base appris à l’apprentissage – vous savez, ces bases que même un bleu devrait réciter dans son sommeil –, c’est le blackout total. Un petit rappel pour les distraits qui n’ont jamais croisé leur instructeur ou le Second Surveillant : le fil à plomb pour la loi de la gravité, la lune et le soleil pour l’alternance, le pavé mosaïque pour l’harmonie des contraires, le ciseau, le maillet et la pierre brute pour le principe actif et passif… Ça vous revient, là ? Alors pourquoi étudier tout ça uniquement quand la bavette est relevée, hein ?
Peut-être pour saisir les lois invisibles qui dansent dans notre monde matériel – ou juste pour impressionner les copains avec un air savant ?
Mais soyons sérieux deux secondes (c’est rare un lundi matin) : à quoi bon cultiver la fraternité du Compagnon au deuxième degré si on n’a pas décrypté le sens sacré du premier ? Cultiver son ventre, oui, mais sa sagesse, on repassera. Comme le soulignait avec malice Franck Fouqueray dans une vieille chronique qui m’a inspiré ce brûlot, le maçon ressemble au Bouddha – pas pour la forme éthérée de sa sagesse, non, mais pour la rotondité bien réelle de son abdomen après les agapes. Et franchement, en 2025, rien n’a changé : on parle, on mange, on boit, et le corps reste aux abonnés absents. Allez, à vos maillets les VM, et bonne semaine, mes Soeurs et mes Frères !
En pleine période d’anniversaire des 80 ans de la Grande Loge Féminine de France, la Grande Maîtresse Liliane Mirville, qui vient d’entamer son deuxième mandat, malgré les préparatifs des festivités, elle a accepté de nous accorder un entretien afin de répondre aux questions de notre rédaction.
450.fm – Si vous deviez résumer votre première année de Grande Maîtrise en un mot ou en une image, que choisiriez-vous ?
Réponse : Liliane Mirville
Si je devais résumer ma première année de Grande Maîtrise en un seul mot, ce serait « Élan ». Élan vers l’avenir, élan pour renforcer nos valeurs, élan pour accueillir de nouvelles sœurs et dialoguer avec la société.
Liliane Mirville Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France
Je devais l’illustrer par une image, je choisirais celle d’un arbre en pleine croissance : ses racines profondes plongeant dans notre tradition, son tronc solide grâce à l’engagement des sœurs, et ses branches s’ouvrant vers le ciel, prêtes à accueillir la lumière et à donner des fruits.
Cette année a été pour moi le temps d’ancrer et de transmettre, mais aussi d’ouvrir et de construire.
450.fm : Que signifie, pour vous, porter la charge de Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France ?
Réponse : Liliane Mirville
Cité du couvent
Porter la charge de Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, c’est avant tout :
Un honneur et une grande responsabilité. Histoire, engagement et avenir se mêlent et se rencontrent dans cette fonction :
Un honneur aussi d’incarner une obédience riche de huit décennies de travail et de transmission ;
Et Une grande responsabilité. La GLFF est la plus importante obédience féminine dans le monde, elle compte aujourd’hui 13 000 sœurs dans 459 Loges réparties dans l’hexagone, les Outre-Mer et à l’étranger Cette place unique dans le monde doit être préservée malgré les convoitises de certaines obédiences.
C’est aussi porter la voix de la GLFF dans la société, de défendre, avec force et vigueur, les valeurs universelles de la République, les droits des femme menacés aujourd’hui et de s’impliquer dans des actions de solidarité comme nous le faisons en interne auprès des Sœurs et au travers de notre fonds de dotation « femmes ensemble »
Être Grande Maîtresse, c’est plutôt servir, avec humilité, conviction et fidélité à notre idéal : permettre à chacune de trouver sa place, de grandir, et de participer au grand chantier collectif qu’est la construction d’un monde plus juste et plus fraternel
450.fm : Pouvez-vous citer un projet qui, selon vous, a profondément marqué l’obédience cette dernière année ?
Réponse : Liliane Mirville
Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent
Je crois que la mise en place des orientations stratégiques de la GLFF pour les 3 années à venir, résultante des attentes de toutes les sœurs sur l’ensemble des 13 régions a très fortement marqué l’Obédience.
C’est un véritable changement de méthode culturelle. Je pense qu’il faut savoir écouter toutes les Soeurs, prendre en compte les opinions pour construire l’avenir de la GLFF.
Ce projet illustre parfaitement ma volonté de conjuguer tradition et modernité, et de montrer que la Franc-maçonnerie féminine reste un lieu vivant de réflexion, d’engagement et de fraternité.
450.fm : Quels ont été vos plus grands défis, sur le plan interne comme externe ?
Réponse : Liliane Mirville
Sur le plan interne, après 1 et 4 mois de mandat, mes 3 plus grands défis sont
1. Le premier défi, tout d’abord, c’est la Communication interne. Elle s’est améliorée grâce à la mise en place d’un nouveau système d’information interne EPONA (Espace partage d’Outils de navigation et d’Administration), opérationnel depuis le 3 juin 2024. Cet Outil moderne a permis d’améliorer la transversalité facilitant la fluidité du partage d’informations et de communication entre les salariées, les loges et les instances dirigeantes.
En outre il renforce le sentiment d’appartenance et la transparence. 73% de taux de connexion des Soeurs constatés à ce jour. Nous en attendons davantage car la montée en charge est progressive
2. le deuxième défi est le renforcement de la cohésion d’équipe par la mise en place en mars 2025 d’une réorganisation administrative du siège social, selon le modèle organisationnel associatif : Dirigeance et Gouvernance avec de nouveaux recrutements dans la cadre d’une masse salariale maîtrisée. Le climat social serein et l’esprit de collaboration et d’entraide sont favorisés.
3. le troisième est l’engagement sociétal Nous nous efforçons de promouvoir nos valeurs humanistes et républicaines. Nous devons naviguer avec prudence dans le paysage sociétal pour éviter les polémiques tout en restant fidèles à nos principes adogmatiques et apolitiques.
Sur le plan externe
Liliane Mirville Grande Maitresse de la GLFF – Inauguration Temple Eliane Brault GLDF
1. Un Reconnaissance institutionnelle s’impose pour un meilleur rayonnement. Bien que le GLFF soit la plus grande obédience féminine dans le monde, elle doit accroître sa visibilité par rapport à d’autres Obédiences. Le développement important des manifestations (conférences publiques, colloques etc..) devrait nous permettre d’avoir davantage d’influence et de capacité à défendre les causes qui nous sont chères.
2. Le Recrutement est également vital pour notre obédience : La moyenne d’âge est de 62 ans, aussi nous devons donner envie aux jeunes profanes de venir nous rejoindre en mettant en valeur nos spécificités féminines et nos valeurs humanistes tout en maintenant la qualité des échanges et de réflexion au sein des loges. C’est un défi constant. Nous devons trouver les moyens innovants pour nous faire connaître et séduire des femmes de toutes origines et générations
450.fm : Quels objectifs considérez-vous avoir pleinement atteints ?
Réponse : Liliane Mirville
Je peux donner quelques objectifs atteints
L’Expansion internationale et le rayonnement se poursuivent avec la création d’obédiences féminines. Nous avons initié depuis 43 ans (1982) la Fondation de nombreuses loges, d’obédiences féminines dans plusieurs pays en Europe et en Afrique. Ils font partie du Centre de Liaison International de la Maçonnerie Féminine (CLIMAF) qui regroupe aujourd’hui 12 obédiences féminines dans le monde, en Europe et Afrique renforçant les liens et la coopération entre nous.
Au convent 2026, nous voterons pour la création d’un obédience féminine au Gabon.
S’agissant d’engagement humanitaire et de solidarité, nous poursuivons nos actions avec ardeur et cœur. Nous avons été nombreuses à apporter de l’aide à nos Sœurs Calédoniennes, à l’opération Octobre Rose et aux personnes sinistrées de la catastrophe d’Espagne, à Mayotte A ceci s’ajoute les secours aux sœurs en difficultés.
La solidarité dans la cité continue grâce aux subventions versées par le Fonds de dotation « Femmes ensemble » au femmes exclues, dans la rue. Enfin, l’association « Ma fraternité Ton Humanité » créée en 2022 en réponse à la guerre en Ukraine, cette association incarne l’engagement fraternel de la GLFF envers les populations en détresse
Le rayonnement culturel et intellectuel se poursuit par la participation aux journées du patrimoine, Temples ouverts offrant au public une immersion dans notre histoire et nos valeurs
Ces réalisations témoignent de l’engagement constant de la GLFF envers l’émancipation des femmes, la solidarité internationale et la diffusion de ses valeurs humanistes.
450.fm : Au moment des 80 ans de l’Obédience, quels sont vos objectifs prioritaires ?
Réponse : Liliane Mirville
Pour ses 80 ans de notre obédiences, nous entendons, fédérer, stimuler, renforcer la cohésion autour d’un projet historique commun.il doit être la traduction de la fierté d’appartenance à la GLFF, d’en partager ses spécificité, ses valeurs ses combats.
Nous laissons libre-cours aux Soeurs de leurs projets par des actions variées, tels que colloques, conférences, expositions, témoignages, festivités et toutes autres initiatives au cours de l’année à venir qui peuvent enrichir cet événement mémorable autour du thème « Inspiration, Création, Transmission en GLFF », en rappel au livre De la Beauté à la Joie élaboré par et pour nos Soeurs artistes, et qui a inauguré nos célébrations à notre dernier Convent.
450.fm : Pouvez-vous nous en dire plus sur les célébrations autour de cet anniversaire ?
Réponse : Liliane Mirville
C’est tout d’abord, à Paris, UN ÉVÉNEMENT NATIONAL. Le lancement officiel de cet anniversaire aura lieu mardi 21 octobre 2025, matin à la Cité du Couvent à Paris, en présence des invités institutionnels – Grandes Maîtresses, passées Grande Maîtresses, Grands Maîtres des Obédiences amies, maire, journalistes, etc.- et des Soeurs de la GLFF, et aussi en distanciel grâce à une diffusion vidéo en direct, disponible ensuite en replay sur Epona.
En province, UNE PLURALITÉ DE MANIFESTATIONS. Dans tous les territoires de la GLFF, dans toutes les régions, de nombreuses actions se préparent à l’initiative de loges organisatrices mobilisées pour ce chantier si exaltant.
Dominique ELOUDY-LENYS
Un film, DOCUMENTAIRE institutionnel de 60 minutes, réalisé par notre soeur Dominique Eloudy-Lenys sera présenté le 21 octobre 2025 puis mis à la disposition des loges, sur demande à l’Obédience, en tant qu’outil de communication pour toutes nos manifestions.
Un documentaire de 20 minutes destiné aux profanes sera mis sur le site Grand public.
UN RECUEIL « CÉLÉBRATION DES 80 ANS » rassemblant toutes leurs actions et travaux produits à l’occasion de cet anniversaire sera disponible lors du Convent 2026. Leurs manifestations et les documents sont labellisés par la GLFF
450.fm : Est-ce que les célébrations ne se dérouleront que les 21 et 25 octobre ?
Réponse : Liliane Mirville
Les festivités des 80 ans de notre Obédience se dérouleront pendant une année, jusqu’au 21 octobre 2026. Nous laissons tout le temps aux Loges de s’organiser pour mettre en place des actions. Le chantier sera pluriel et exaltant, à l’image de notre diversité, de notre richesse.
450.fm : Comment la GLFF va-t-elle évoluer selon vous, pendant votre mandat, en termes de vie rituelle, d’organisation et de rayonnement ?
Réponse : Liliane Mirville
En termes de Vie rituelle
Notre obédience prône la pluralité de rites ce qui est une véritable richesse
Nous maintenons et enrichissons nos rituels traditionnels sans en modifier le sens profond tout en les adaptant aux attentes contemporaines des membres en collaboration avec les garants des rites
Tablier de Maîtresse REAA
Nous développons de nouvelles approches pédagogiques et initiatiques pour renforcer la compréhension et la profondeur des pratiques rituéliques. A cet effet, nous avons organisés une visio conférence sur l’essence de chacun des 5 rites pour toutes les Sœurs de la GLFF. Sa grande qualité et son succès nous amène à reconduire l’essai en 2026
L’écoute et l’ouverture est donc une de mes priorités car le travail rituélique est la base de l‘éveil de nos sœurs, dans ce lieu privilégié que sont les loges.
S’agissant de l’Organisation.
La réforme administrative et la communication interne et externe que je viens d’évoquer, mises en place vont métamorphoser notre organisation
Sur le plan du Rayonnement
Je pense que l’évolution de nos actions sur les territoires et de notre communication externe devrait participer grandement au développement de notre rayonnement dans le monde.
L’Ouverture et le dialogue avec la société civile, les institutions et d’autres obédiences devraient être les principaux vecteurs. La promotion des valeurs fondatrices de liberté, d’égalité et de fraternité sont à traduite à travers des projets concrets et visibles.
Le développement de la visibilité et de la notoriété de la GLFF au niveau national et international sont nécessaires grâce aux outils numériques et digitaux
450.fm : Quelles avancées majeures pensez-vous mener dans le dialogue inter-obédientiel et les relations avec la société civile ?
Réponse : Liliane Mirville
Je constate quelques avancées dans le dialogue interobédientiel au travers d’organisation de rencontres régulières : conférences communes par exemple avec la GLDF le 15 juin sur le thème « Etre Franc maçon citoyens :de la réflexion en loges à l’acte citoyen » bientôt les 80 ans et des tables rondes sur l’initiatique sur le thème REAA fin Janvier à Lyon
La mise en œuvre de chantiers interobédentiels tels que l’observatoire sur l’antimaçonnisme à l’initiative de la GLDF, ou la préparation d’un colloque 2027 avec le DH sur Eliane Braut permettent aussi de renforcer le dialogue inter obédientiel et de démontrer que notre obédience maçonnique féminine est ouverte à la réflexion humaniste
Cependant, ce dialogue inter-obédientiel reste limité à quelques obédiences partageant les mêmes convictions humanistes. Je citerai la signature commune de certains communiqués de presse par un petit nombre d’obédiences. Le dernier en date du 24 Août 2024 portant sur la « Lutte contre l’antisémitisme ; un appel à la vigilance et eu respect de la liberté de conscience », n’a été signé que par 5 obédiences (GODF, DH, GLFF, GLMU, GLMF)
Au niveau européen, la création d’une nouvelle structure UMLI face à l’AME m’a surprise. Je pense que nous devons mettre en place des projets communs sur des valeurs partagées l’éducation, la solidarité permettant de créer un terrain concret de coopération
L’objectif est de dépasser les divergences traditionnelles pour renforcer la visibilité et l’impact social de la maçonnerie féminine dans son ensemble.
Il n’en demeure pas moins que le dialogue entre les obédiences et entre Les grandes Maîtresses et Grands Maitres sont bons Les échanges sont toujours constructifs et fraternels.
450.fm : Et les relations avec la société civile ?
Réponse : Liliane Mirville
Les Relation avec la société civiles s’effectue au travers d’actions menées par la GLFF.
Je pense que notre travail approfondi sur la loi sur la fin de vie a suscité, tant du côté des parlementaires que de la ministre, un intérêt certain. Si on en juge les reprises de certaines de nos propositions dans le premier projet de loi dont nous attendons un vote définitif.
450.fm : Vous rendez hommage aux pionnières mais que souhaitez-vous pour l’avenir de la GLFF ?
Réponse : Liliane Mirville
En hommage aux pionnières qui ont tracé la voie, nous voulons une GLFF vivante, audacieuse et profondément engagée, ouverte à tous les dialogues humanistes – universalistes et résolument tournée vers un avenir solidaire juste et fraternel
450.fm : Quels chantiers prioritaires devraient, selon vous, être poursuivis dans l’immédiat ?
Réponse : Liliane Mirville
Le renforcement de l’identité féminine de la Grande Loge féminine de France dans le paysage maçonnique et le rajeunissement de nos effectifs.
Notre identité féminine doit être mise encore plus en valeur dans un monde de Frères. Notre histoire d’émancipation, nos valeurs féminines, ce qui nous relie, ce qui nous unit etc. Certaines Obédience considèrent le recrutement de femmes comme variable d’ajustement de leurs effectifs, je dis non à ces considérations. En tant que femmes, nous devons être respectées, être à égalité avec les hommes en Franc maçonnerie comme dans la société.
Le rajeunissement de nos effectifs passe par la réponse à la quête de sens des jeunes femmes. Nous les séduirons par une offre de la spiritualité. Car dans un monde désorienté, débosselé, les jeunes ont un grand besoin spirituel. Ils sont à la recherche d’une école de vie fraternelle. Alors à nous Franc-maçonne de leur offrir une spiritualité ouverte ne les enfermant pas dans une vision conservatrice et communautariste.
450.fm : Comment percevez-vous l’évolution générale de la Franc-maçonnerie en France et dans le monde ?
Réponse : Liliane Mirville
Fidèle à ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, la Franc-maçonnerie doit se réinventer avec l’arrivée de l’Intelligence Artificielle, s’engager et éclairer davantage le monde d’aujourd’hui et de demain.
Je pense que les fondamentaux de notre tradition resterons le socle de notre démarche initiatique mais évolueront dans un contexte sociétal et numérique différent
En ce sens, la Franc Maçonnerie permettra de réaliser une forme d’osmose entre tradition et modernité digitale
L’intelligence artificielle devra respecter un certain nombre de valeurs au regard de la Franc-maçonnerie qui œuvre dans « le ici et maintenant » pour l’amélioration de l’humanité. Les possibilités de l’IA pourraient remettre les valeurs portées par la maçonnerie au cœur du système. L’IA serait ainsi considérée comme un allié extérieur qui ne doit pas nous déconnecter de notre allié intérieur, de notre chemin de Spiritualité, d’émerveillement et de rêve.
La tradition reposant sur la Transmission de nos valeurs et une méthode humaniste, universelle tout en étant délibérément tournée vers la modernité.
450.fm : Quels défis attendent toutes les obédiences dans les prochaines années ?
Réponse : Liliane Mirville
Le non renouvellement de leurs cadres par des jeunes générations conduira inévitablement à un déclin en termes d’effectifs.
Mais le véritable déclin est celui de l’entrée du profane dans nos loges qui n’a pas su se remettre en question, ni offrir aux profanes une spiritualité ouverte. Faute de proposer activement une dimension spirituelle, la Franc-maçonnerie apparaîtra dépassée dans un monde en pleine mutation.
À nous de réagir, de nous renouveler dans notre approche du monde.
La transmission des nouvelles générations seront des incontournables pour la prospérité de la FM. Il faut assurer la continuité des valeurs et du savoir-faire en formant les futurs membres. Mais aussi sensibiliser les nouvelles générations aux enjeux contemporains et aux responsabilités maçonniques.
Il s’agit de trouver un équilibre entre tradition et pratiques contemporaines et développer les outils numériques pour soutenir le travail maçonnique et la vie des loges.
« la tradition n’est pas le culte des cendres, mais la transmission du feu. »
Tel que l’a affirmé Gustav Mahler,
Et ce feu, nous le gardons actif, non pas en répétant mécaniquement, mais en vivant symboliquement, intérieurement et en conscience.
450.fm : Si vous pouviez adresser un message fraternel à toutes les Sœurs et tous les Frères de la FM, quel serait-il ?
Réponse : Liliane Mirville
Chères Sœurs, chers Frères, continuons à marcher ensemble dans l’esprit de fraternité, en restant fidèles à nos valeurs de liberté, d’égalité et de solidarité.
Que notre engagement, notre ouverture et notre entraide éclairent nos loges et la société tout entière, pour bâtir un avenir toujours plus juste et solidaire. »
450.fm : … et un mot à la communauté maçonnique au sens large ?
Réponse : Liliane Mirville
Chers Frères et Sœurs de toutes obédiences, continuons à bâtir des ponts entre nos traditions, à cultiver le dialogue, la tolérance et la solidarité, afin que la franc-maçonnerie reste un vecteur de lumière et d’engagement dans le monde.
Dans les brumes londoniennes d’octobre 2025, la Franc-maçonnerie, cette institution séculaire née au XVIIe siècle des guildes de tailleurs de pierre, se trouve à nouveau sous les feux croisés d’une suspicion institutionnalisée. Alors que la Metropolitan Police (Met) – plus grande force de police du Royaume-Uni avec 33 000 agents – envisage d’imposer la déclaration obligatoire des affiliations maçonniques à ses officiers, les Francs-maçons anglais font l’objet d’une stigmatisation renouvelée, mêlant scandales réels, perceptions amplifiées et un contexte sociétal tendu.
Ce n’est pas une chasse aux sorcières isolée, mais un signe des temps : dans une ère de défiance généralisée envers les institutions, de révélations post-#MeToo et de polarisation post-Brexit, la Maçonnerie incarne pour beaucoup un « club d’hommes blancs » opaque, symbole d’un establishment jugé corrompu. Pourtant, derrière les théories conspirationnistes, cette vague anti-maçonnique révèle plus sur les fractures de la société britannique que sur les loges elles-mêmes.
Un scandale déclencheur : l’affaire de l’agression sexuelle et les liens maçonniques
L’étincelle récente remonte à août 2025, lorsque cinq hauts gradés de la Met, basés dans l’ouest de Londres, ont été arrêtés pour suspicion de couverture d’une agression sexuelle. Un sergent-détective est accusé d’avoir molesté une collègue lors d’une fête de Noël ; la plainte, déposée par la victime, a été classée sans suite par une unité de déontologie locale, alimentant les soupçons de protection interne. Parmi les suspects, trois sont francs-maçons – dont l’agresseur présumé et deux complices allégués. Bien que les officiers nient toute irrégularité et que les enquêtes n’établissent pas (encore) de lien causal avec la Maçonnerie, un source policière anonyme confie à The Sun :
« Il n’y a pas de preuve que leurs liens maçonniques aient joué un rôle, mais cela crée une perception de faveurs accordées. »
Cette affaire s’inscrit dans une série de scandales à la Met, comme celui de la station de Charing Cross (2022), où des enregistrements secrets de la BBC ont révélé des propos sexistes et racistes chez des officiers, menant à neuf suspensions. Le commissaire Sir Mark Rowley, sous pression depuis son entrée en fonction en 2022, a réagi en annonçant un « durcissement des politiques sur les sociétés secrètes », visant explicitement la Franc-Maçonnerie. Fin septembre 2025, la Met lance une consultation pour ajouter la Maçonnerie à sa liste des « associations déclarables » – aux côtés des condamnations pénales ou professions comme le journalisme, susceptibles de compromettre l’impartialité. Le commandant Simon Messinger, chargé de la déontologie, justifie : « Nous recevons des rapports d’inquiétude sur l’impact potentiel sur les enquêtes, promotions et fautes disciplinaires. » Cette mesure, recommandée par le rapport Daniel Morgan de 2021 sur un meurtre non élucidé de 1987, pointe la Maçonnerie comme « source récurrente de suspicion et de méfiance dans les enquêtes ».
Une réponse maçonnique ferme : défense des droits et appel au dialogue
GLUA à Londres
La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), bastion de la Maçonnerie britannique comptant 170 000 membres en Angleterre et au Pays de Galles, n’a pas tardé à répliquer. Le 11 octobre 2025, elle publie un communiqué exprimant sa « préoccupation » face à cette « obligation générale de déclaration [qui] constitue une violation des droits fondamentaux à la vie privée et à la liberté d’association ». La GLUA rappelle que ses membres doivent déjà signaler tout conflit d’intérêts professionnel, et insiste : « Depuis trois siècles, les francs-maçons sont fidèles aux principes immuables d’intégrité, d’amitié, de respect et de service. » Elle attend un « dialogue » avec la Met, tout en évoquant des recours légaux potentiels, comme en 2009 et 2016, quand des politiques similaires ont été invalidées par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour atteinte à l’article 11 de la Convention (liberté d’association). La Met Police Federation, syndicat des agents, se joint à la fronde : son secrétaire général, Matt Cane.
Un historique de suspicions : de Knight à Starmer, 40 ans de préjugés
Cette stigmatisation n’est pas nouvelle ; elle est cyclique, alimentée par un mélange de faits avérés et de mythes conspirationnistes. Dès 1984, le livre The Brotherhood de Stephen Knight popularise l’idée d’un « réseau maçonnique secret » infiltrant police, justice et prisons pour couvrir crimes et promotions indûes – une thèse reprise dans des films comme From Hell (2001) liant les Maçons à Jack l’Éventreur. Des allégations similaires ont visé le naufrage du Titanic ou la catastrophe de Hillsborough (1989, 96 morts), sans preuves.
Les politiques anti-maçonniques officielles culminent en 1997-2009 sous le ministre Jack Straw : une déclaration obligatoire pour policiers et juges, coûtant des millions en ressources, est abrogée en 2010 après une victoire maçonnique à la CEDH. En 2016, le maire de Londres Sadiq Khan bloque un plan similaire à la Met pour « violation des droits humains ».
Pourtant, en 2025, sous le gouvernement travailliste de Keir Starmer, la boucle se referme : le rapport Daniel Morgan relance le débat, et des enquêtes comme celle de Channel 4 (janvier 2025) sur le scandale des grooming gangs de Rotherham accusent l’Independent Office for Police Conduct (IOPC) d’avoir minimisé des fautes pour protéger des officiers maçonniques présumés.
Des études parlementaires, comme celles du Home Affairs Committee (1997-1999), confirment un « problème de perception » sans preuves systémiques de corruption, mais soulignent des risques de biais dans les nominations judiciaires ou enquêtes policières. En 2017, Steve White, ex-président de la Police Federation, démissionne en accusant une « cabale maçonnique secrète » de bloquer ses réformes – une allégation vite démentie comme vengeance personnelle. Sur X, les débats s’enflamment : un post du 2 octobre 2025 lie la Met à un « contrôle maçonnique » empêchant l’avancée des femmes et minorités, tandis que d’autres, comme @Jam_RadioUK, titrent « La Loge dans la Loi : la Met confronte enfin la poigne de la Maçonnerie ». Symptôme des temps : défiance institutionnelle et quête de transparence
Pourquoi cette résurgence en 2025 ? Elle reflète les tensions d’une époque en crise : post-pandémie, la confiance dans la police britannique est au plus bas (seulement 60 % selon un sondage YouGov de septembre 2025), érodée par des scandales comme Rotherham ou les meurtres de Sarah Everard (2021) par un officier Met. Le rapport Casey (2023) sur la culture toxique à la Met dénonce des « WhatsApp groups » d' »old boys’ clubs » – une métaphore qui colle à la Maçonnerie, perçue comme un bastion blanc, masculin et élitiste (malgré ses efforts de diversification : 20 % de nouveaux membres ethniquement divers en 2024, via TikTok pour attirer les jeunes).
Le Brexit (2016) et l’ère Starmer amplifient cela : un gouvernement progressiste promettant « réformes radicales » cible les symboles d’opacité, mais risque de verser dans la discrimination. Comme l’écrit The Spectator (cité dans 450.fm), « Il y a quelque chose de vulgaire chez les francs-maçons » – une phrase qui cristallise un préjugé culturel, où la Maçonnerie oscille entre « rituels absurdes d’hommes âgés » et « société secrète manipulatrice ».
Aux États-Unis, l’anti-maçonnisme a culminé au XIXe siècle ; en Europe, il persiste, avec des lois restrictives en Italie ou Belgique. Les implications sont graves : déclaration forcée expose les Maçons à des représailles – licenciements, accusations infondées, harcèlement. La Met, avec ses taux de refus de recrutement doublés (de 5 % en 2020 à 11 % en 2024), risque une action en justice de la CEDH, comme en 2010. Des experts comme ceux de Legal Lens (2025) avertissent : sans preuves systémiques, cela mine la confiance publique plus qu’il ne la renforce, perpétuant un « cycle de suspicion ».
Vers une résolution ? Un appel à la nuance
En conclusion, la stigmatisation actuelle des francs-maçons en Angleterre n’est pas un complot, mais un miroir des anxiétés sociétales : quête de transparence dans un monde post-vérité, lutte contre les inégalités, et érosion de la confiance institutionnelle. Comme le note The Week (7 octobre 2025), la GLUA nie « tirer les ficelles » et s’ouvre via des campagnes numériques pour « démystifier » son image. Le vrai défi ? Équilibrer légitime vigilance et droits fondamentaux, sans céder aux chimères conspirationnistes. Dans cette « traque sous les lits », la Maçonnerie britannique, fidèle à ses vertus d’intégrité, pourrait bien émerger plus résiliente – à condition que le dialogue l’emporte sur la défiance.
Ilkeston Life – Article du 2 octobre 2025, cité dans l’article de 450.fm du 11 octobre, fournissant des détails sur la position initiale de la GLUA.
YouGov – Sondage de septembre 2025 sur la confiance dans la police britannique (60 % mentionné), utilisé pour contextualiser la défiance institutionnelle.
Rapport Casey (2023) – Rapport officiel sur la culture toxique à la Met, mentionné comme contexte des scandales internes.
Channel 4 (janvier 2025) – Enquête sur le scandale des grooming gangs de Rotherham, citée pour des allégations d’influence maçonnique à l’IOPC.
Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) – Statistiques sur les 170 000 membres en Angleterre et au Pays de Galles, tirées de sources officielles GLUA (via 450.fm).
Home Affairs Committee (1997-1999) – Études parlementaires britanniques sur les perceptions de corruption maçonnique dans la police et la justice.
Legal Lens (2025) – Analyse d’experts sur les implications juridiques de la déclaration forcée, citée pour son commentaire sur le « cycle de suspicion ».
The Spectator – Citation indirecte via 450.fm sur la perception culturelle des francs-maçons comme « vulgaire » ou « absurde ».
The Week (7 octobre 2025) – Article mentionnant les efforts de la GLUA pour « démystifier » son image via des campagnes numériques.
X (ex-Twitter) – Posts datés du 2 octobre 2025 et autres, reflétant les débats publics (ex. @Jam_RadioUK sur « La Loge dans la Loi »).
Rapport Daniel Morgan (2021) – Rapport officiel recommandant des mesures contre les influences maçonniques dans les enquêtes policières.
Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) – Références aux décisions de 2009 et 2010 invalidant des politiques de déclaration forcée.
Met Police Federation – Déclarations de Matt Cane, secrétaire général, sur les risques de violation des droits humains.
BBC (2022) – Enregistrements undercover sur les scandales de la station de Charing Cross, contextualisant la crise de confiance à la Met.
Stephen Knight – The Brotherhood (1984) – Livre conspirationniste popularisant les théories sur la Maçonnerie dans la police.
Sadiq Khan (2016) – Déclaration du maire de Londres abandonnant un plan similaire pour atteinte aux droits humains.