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Arcane XIII : L’Arcane sans Nom – L’art de changer de peau

Le Rappel de l’Aventure

Arcane XIII : L’Arcane sans Nom – Vous étiez suspendus avec le Pendu (XII). Puis vous avez pris le temps d’observer le monde à l’envers. Vous avez compris, dans votre chair et votre esprit, que l’ancienne voie était une impasse et qu’il fallait désormais transmettre. Vous avez grandi, vous avez évolué. Ce n’est pas que votre ancienne vie est devenue inconfortable, c’est que votre nature même a changé. Tel un serpent qui réalise sa mue, vous devez abandonner votre ancienne enveloppe, non pas pour fuir, mais pour renaître. Votre quête n’est plus la même : ce qui était une recherche personnelle est devenu une mission divine. Vous ne pouvez pas emporter vos vieilles peaux dans ce nouveau monde sacré. Il faut laisser l’ancien monde derrière soi pour que le nouveau puisse exister. Vous incarnez L’Arcane sans Nom.

Arcane sans nom XIII - Tarot Oswald Wirth - Paris 1889
Arcane sans nom XIII – Tarot Oswald Wirth – Paris 1889

Le Billet d’Humeur : mort et naissance d’un père

On tremble souvent devant cette carte, car on la confond avec le néant. Les images qui représentent ce qui pourrait s’apparenter à la mort dérangent ! Mais l’Arcane XIII n’est pas la mort, c’est la Transmutation. C’est l’instant solennel où l’on change de peau parce que l’on passe d’un état inférieur à un état supérieur.

J’ai incarné cette « mue » de la manière la plus fulgurante qui soit, en l’espace de quelques semaines. J’ai d’abord vécu la perte prématurée de mon père, une « petite mort » qui vous laisse orphelin et nu face à l’existence. Mais quelques semaines plus tard, la roue a tourné de manière vertigineuse : mon premier enfant, ma fille, est né. En 24 heures, j’ai littéralement changé de peau. L’habit de « fils » a glissé pour laisser apparaître celui de « père« . Ce n’était pas un simple changement de rôle social. C’était une révélation spirituelle : ma quête personnelle s’est effacée pour devenir une mission. Au moment où cette nouvelle vie est apparue, j’ai senti tomber sur mes épaules ce que j’appelle une « charge d’âme« . Une responsabilité divine, faite d’amour et de gravité, qui ne s’est jamais tarie, même 24 ans plus tard. La vie ne s’arrête pas, elle s’élève.

L’Arcane XIII, c’est cela : accepter que l’on ne vive plus pour soi, mais pour quelque chose de plus grand qui nous traverse.

Arcane XIII : L'Arcane sans Nom – L’art de changer de peau

Le squelette et le champ brûlé

Pourquoi un squelette ? Ne voyez pas ici un cadavre, mais une structure. Dans un monde qui évolue en permanence, où rien n’est jamais acquis, le squelette est ce qui reste quand tout le superflu a disparu : c’est notre part indestructible, le « noyau divin » de notre être. Cette carte nous enseigne la technique agricole du brûlis : il faut parfois mettre le feu aux herbes sèches d’un champ (nos vieilles habitudes, nos croyances périmées, nos attachements passés) pour enrichir la terre, car la cendre du passé devient l’engrais du futur ; ainsi l’Arcane sans Nom est l’agent du nettoyage qui permet à l’homme d’accepter de mourir à ses anciens rôles pour naître à sa mission.

Focus Maçonnique : La Carte de l’Initiation (Le Miroir de la Mortalité)

Pour le Franc-Maçon, cet arcane est la définition même de l’Initiation. Il ne s’agit pas seulement d’un symbole de fin, mais de l’instant précis du passage : la mort du profane pour permettre la naissance de l’initié. Cette lame incarne physiquement l’épreuve de la terre vécue dans le silence du Cabinet de Réflexion. Le crâne posé sur la table, aux côtés du sel, du mercure et du soufre, n’est pas là pour effrayer. Il est un miroir silencieux qui rappelle au futur initié sa condition humaine de mortel. Avant de construire, il faut accepter sa propre finitude.

Mais ce crâne porte un deuxième message, plus émouvant encore : il signifie que d’autres, disparus aujourd’hui, sont passés avant vous dans ce lieu exigu pour vivre cette même mort symbolique. Vous n’êtes pas le premier, et vous ne serez pas le dernier. Ce squelette est la preuve tangible de la filiation. Il vous inscrit d’emblée dans une chaîne ininterrompue d’hommes et de femmes qui ont accepté de « mourir » à leurs préjugés pour renaître à la Lumière.

Arcane XIII : L'Arcane sans Nom – L’art de changer de peau

L’Analyse Mystérieuse (Ce que le miroir reflète sans tout dévoiler)

Dans Le Tarot miroir des symboles, nous regardons les correspondances secrètes de l’Arbre de Vie.

Le Sentier de la Transformation : De Yesod à Netzach

L’Arcane XIII incarne le sentier qui relie la séphira Yesod (Le Fondement) à la séphira Netzach (La Victoire). C’est une clé fondamentale pour comprendre que cette carte n’est pas une fin, mais une libération d’énergie.

Yesod représente notre base personnelle, notre ego, notre « personnalité automatique« , le réservoir de nos habitudes et de nos images mentales. C’est la coquille.

Netzach représente la Victoire, la force de la Nature, les émotions brutes, l’énergie vitale de Vénus qui ne demande qu’à croître. Le travail de l’Arcane sans Nom est de briser la coquille de Yesod (l’ego figé) pour libérer la puissance de Netzach (la vie triomphante). Tant que nous restons accrochés à notre « Fondement » (nos vieilles habitudes), nous ne pouvons pas atteindre la « Victoire« . Il faut que la forme meure pour que la force se libère.

L’Archétype de Propp : La Transformation

Dans la morphologie du conte, cet arcane n’est pas le « Méchant« . C’est la Fonction de Transformation. C’est le moment critique où le Héros change d’apparence ou de statut (parfois magiquement) pour pouvoir entrer dans le « monde autre« . Sans cette transformation physique ou spirituelle, il ne serait pas reconnu par les gardiens du trésor final.

Bougies allumées pour divination
Bougies allumées pour divination

En Aparté : Pourquoi le squelette regarde-t-il vers la gauche ? (Le Secret de Wirth)

C’est ici que le Tarot d’Oswald Wirth se distingue radicalement du Tarot de Marseille traditionnel.

Si vous observez un Tarot classique, le squelette marche souvent vers la droite (l’avenir). Mais chez Wirth, il regarde et fauche vers la gauche (le passé). Pourquoi cette inversion majeure ?

Le Secret de la Lettre Mem (מ) : Oswald Wirth a redessiné la carte pour que la courbe de la colonne vertébrale du squelette et la lame de sa faux épousent la forme de la lettre hébraïque Mem.

Le Sens Philosophique : Cette direction change tout le sens de la carte. L’Arcane XIII ne court pas vers le futur pour tuer. Il se retourne vers le passé pour le « nettoyer« . Le travail initiatique ne consiste pas en une fuite en avant, mais en une rectification. Le squelette fauche ce qui est derrière nous (les regrets, les remords, les conditionnements obsolètes) pour libérer le chemin devant. On ne peut pas avancer vers la lumière si l’on traîne les cadavres de son passé.

Alchimiste qui tient une fiole dans sa main
Alchimiste qui tient une fiole dans sa main

Conclusion : La Fin de l’Inversion, Le Début de la Transmutation

Le passage est accompli, mais il faut comprendre où nous nous situons sur la grande carte du voyage. Le Tarot fonctionne par cycles (4-5-7), dont l’un d’eux par « quaternaires » (groupes de quatre étapes).

Avec Le Pendu (XII), nous avons définitivement clôturé le troisième quaternaire, celui de l’Inversion. C’était le cycle du repli, de l’Hermite à la suspension, où tout se passait « en dedans« .

Arcane XIII : L'Arcane sans Nom – L’art de changer de peau

Avec L’Arcane sans Nom (XIII), nous inaugurons violemment le quatrième quaternaire, celui de la Transmutation. « L’os est désormais à nu. Il appelle maintenant l’eau guérisseuse de Tempérance, avant que ne jaillisse le feu du Diable et que ne s’écroulent les murs de la Maison Dieu. Le grand œuvre au noir a commencé. »

Ainsi nous quittons le monde statique de l’attente pour entrer dans le monde dynamique de la métamorphose. Le Pendu a renversé la vision ; l’Arcane XIII retourne la terre. C’est le premier pas d’une reconstruction alchimique qui nous mènera vers Tempérance, Le Diable et La Maison Dieu. Vous avez laissé derrière vous vos vieilles peaux. Le sol est nettoyé. Tout est désormais prêt pour que l’Ange de Tempérance vienne guérir les blessures de cette naissance.

L’Arcane sans Nom a dit : « Je suis la part immortelle qui demeure quand tout le superflu a disparu »

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Arcane XIII : L'Arcane sans Nom – L’art de changer de peau

Autres articles de la série

La Lumière ne se vend pas

Pour une gratuité maçonnique des conférences et salons, ou l’exigence de justice dans un temps de vies chères

À l’heure où l’inflation a peut-être ralenti, mais où les prix, eux, demeurent hauts, où les salaires rattrapent mal les années de tension, et où les cotisations obédientielles augmentent plus vite que la confiance, une question devient initiatique avant d’être comptable. Une conférence maçonnique, un salon maçonnique, une rencontre de transmission devraient-ils être payants. Le droit l’autorise. La conscience, elle, peut s’y refuser. Car si la Franc-Maçonnerie prétend parler au monde, elle ne peut le faire en dressant un guichet devant la porte du Temple, surtout quand ce guichet se cache en bas de l’affiche.

Le commentaire publié sur 450.fm par Damien Albertini – 4/02/26 conférence en Loire Atlantique de la GLNF : « L’histoire de l’univers, racontée par la lumière » publié le 28 janvier dernier par la rédaction – touche juste, non pas parce qu’il conteste la légalité d’une entrée payante, mais parce qu’il pointe une faute plus profonde : une faute de tenue. On peut appeler “publique” une conférence payante, oui. Mais quand le mot public est écrit en plein soleil, et le prix relégué en poussière typographique, ce n’est plus une information, c’est une stratégie. Et la stratégie, ici, n’est pas neutre : elle fabrique une scène où l’on attire d’abord, puis l’on conditionne ensuite. Bref, on ne propose pas, on capture.

Or la Franc-Maçonnerie, si elle veut demeurer autre chose qu’une marque, un réseau, une vitrine ou une boutique d’idées, ne peut pas se permettre d’adopter les réflexes d’un marketing profane. Elle ne gagne rien à cette ruse, sauf une chose : la perte de confiance.

Et cette perte de confiance, aujourd’hui, est un luxe que le monde maçonnique ne peut plus s’offrir.

1) Le droit dit possible, la probité dit à visage découvert

Commençons net : oui, une conférence peut être publique et payante. Le mot publique décrit l’ouverture (accessible à tous), pas la gratuité.

Mais le droit exige la clarté du prix. L’information du public sur le prix est obligatoire et doit être lisible et compréhensible.
Et si l’on parle de communication commerciale au sens large, l’omission (ou la dissimulation) d’une information substantielle, comme le prix TTC, peut être qualifiée de trompeuse dans certaines circonstances.

Donc le sujet n’est pas seulement “payer ou ne pas payer”. Le sujet est : comment annoncer.
Et derrière le comment annoncer, il y a un comment respecter.

Car une institution initiatique n’a pas pour vocation de jouer avec la marge, l’astérisque et le pied-de-mouche. Elle a vocation à se tenir dans l’axe.

2) Le contexte social : inflation ralentie, vies toujours chères, rattrapages inégaux

On entend parfois : « L’inflation baisse, donc la tension diminue. » C’est une demi-vérité.
L’INSEE indique qu’en moyenne annuelle, l’inflation harmonisée (IPCH) a nettement ralenti en 2025 (+0,9 % après +2,3 % en 2024).
Mais ralentir ne signifie pas effacer : les prix restent à un niveau élevé, et beaucoup de dépenses contraintes (logement, transports, assurances, énergie, services) continuent d’éroder le reste à vivre.

Les trajectoires de pouvoir d’achat, elles, sont heurtées. En 2024, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages a augmenté (donnée macro), mais à l’échelle des individus, l’expérience est inégale. Et même en 2025, on observe des trimestres où le pouvoir d’achat recule.
La Banque de France elle-même projette une progression plus modérée du pouvoir d’achat en 2025 (+0,7 %), après un mouvement plus marqué en 2024, et souligne un ralentissement ensuite.

Côté salaires, il y a rattrapage partiel mais prudent : l’INSEE note qu’en 2024, la baisse de l’inflation permet un redressement du pouvoir d’achat du salaire net moyen (+0,8 % en euros constants).
Mais cette moyenne ne dit pas la fragilité réelle : carrières hachées, retraités, indépendants, familles monoparentales, territoires, charges fixes. L’existence concrète se paie au mois, pas à la moyenne.

Résultat : l’acte d’acheter un billet n’est plus un geste neutre. C’est un arbitrage.
Et c’est précisément là qu’une éthique maçonnique devrait entrer en scène.

3) Cotisations en hausse, coûts en cascade : quand la Fraternité devient une facture

Beaucoup le vivent. Les francs-maçons subissent, comme tout le monde, l’érosion du pouvoir d’achat. Mais ils subissent aussi une seconde pression : l’augmentation des coûts internes, directs ou indirects, qui se répercute sur les loges, les événements, les locations, les déplacements, la vie administrative.

On a vu, par exemple, des tensions sur les coûts immobiliers et de mise à disposition de locaux, avec des hausses dénoncées par des obédiences, sur fond de charges et de TVA, ce qui illustre bien la mécanique en cascade qui finit toujours par arriver au frère ou à la sœur, à la capitation, puis au billet d’entrée.

Et plus ces pressions montent, plus une question devient brûlante : où va l’argent !
Non pas par suspicion systématique, mais parce que l’époque exige des preuves de bonne gestion, et parce que la confiance, comme tu le sais, est une pierre fine : elle se taille lentement, elle se fissure vite.

4) Transparence : ce que la loi impose parfois, et ce que la morale maçonnique devrait imposer toujours

Logo-GLNF-Officiel

La plupart des obédiences et structures connexes relèvent d’un monde associatif. Notons que la GLNF (Grande Loge nationale française – 785 426 016) s’est déclarée en « Activités des organisations religieuses ». Or, en droit français, toutes les associations n’ont pas les mêmes obligations comptables : elles varient selon la taille, l’activité, les subventions, etc.
Mais il existe des seuils clairs : une association qui reçoit plus de 153 000 € de subventions annuelles doit établir des comptes annuels, et certaines obligations de publicité et de certification peuvent s’appliquer.
Le Journal officiel met d’ailleurs à disposition le dispositif de dépôt/publication des comptes pour les associations et fondations concernées.

Et même quand la loi n’oblige pas, la probité oblige.
Une obédience qui augmente les cotisations, ou qui multiplie les événements payants, devrait, si elle veut rester fidèle à une exigence initiatique, produire, pour ses membres :

  • un budget lisible ;
  • un compte de résultat compréhensible ;
  • une annexe pédagogique expliquant les postes (immobilier, fonctionnement, solidarité, communication, investissements) ;
  • et, idéalement, un contrôle renforcé (commissaire aux comptes lorsque requis, ou audit volontaire quand ce n’est pas requis).

La transparence, ici, n’est pas une option moderne. C’est une vertu ancienne : rendre compte.
Dans les traditions de métiers, dans les confréries, dans les ordres, la caisse n’est jamais seulement une caisse : c’est un serment collectif matérialisé. On ne « prend » pas. On « garde pour servir ».

5) Pourquoi la gratuité devrait être la règle : une position initiatique (et politique au sens noble)

Toutes les conférences et salons maçonniques devraient être gratuits. Je l’assume comme principe, et je l’argumente.

a) Parce que la transmission n’est pas un produit

Une conférence maçonnique, lorsqu’elle s’adresse au public, n’est pas une prestation au sens spirituel du terme. Elle est un acte de rayonnement.
Faire payer l’accès, c’est envoyer, même involontairement, un message : « La parole a un prix. »
Or la parole maçonnique, quand elle est offerte au monde, ne devrait pas être tarifée, mais donnée, comme on donne une lampe dans un couloir.

b) Parce que le public n’est pas un segment, c’est un visage

Le public n’est pas une cible. Le public, ce sont des vies.
Des gens curieux, parfois isolés, parfois précaires, parfois méfiants, souvent en recherche.
Si tu veux que la Franc-Maçonnerie cesse d’être un mythe social réservé à ceux qui ont déjà les codes, tu ne peux pas lui mettre un péage.

c) Parce que l’époque demande de la cohérence

On ne peut pas, d’un côté, parler d’humanisme, de dignité, de fraternité, d’universalité, et de l’autre, limiter l’accès par l’argent, ou pire, par l’argent dissimulé en bas de page.

d) Parce que la gratuité est un symbole opératif

La gratuité n’est pas une naïveté économique. C’est une discipline.
Elle force à poser les vraies questions :
Que finançons-nous, pourquoi, comment, avec quelle mesure.
Elle oblige à préférer le nécessaire au décoratif.
Elle met l’organisateur au défi : servir, plutôt que monétiser.

6) « Mais ça coûte. » Oui. Alors finançons autrement, sans fermer la porte

Il serait malhonnête de nier les coûts : salle, sécurité, assurance, déplacements, matériel, accueil.
Mais la conclusion n’est pas donc billetterie. La conclusion peut être :

  • gratuité + participation libre (à la sortie, sans pression, sans contrôle moral) ;
  • tarification solidaire (0 € possible, sans justificatif, et personne ne demande pourquoi) ;
  • mécénat clair (partenaires identifiés, pas d’influence sur le contenu) ;
  • budgets dédiés votés en amont, et compte-rendu financier public après l’événement ;
  • mutualisation inter-loges / inter-structures, au lieu de refaire chacun sa petite machine payante ;
  • et surtout, une règle simple : si c’est payant, on l’annonce en pleine lumière, pas en bas de page.

Ce dernier point, même strictement profane, rejoint la logique de l’information loyale sur le prix telle que rappelée par les autorités publiques.

7) Le cœur de l’affaire : la confiance, ou l’art de ne pas rapetisser la parole

Le commentaire de Damien Albertini a cette phrase essentielle : « À force de rapetisser l’information, on rapetisse la confiance. »
Tout est là.

ANTIFM-3-0-source-GADLU

On ne perd pas la confiance parce qu’on fait payer 15 euros (conférence GLNF) ou encore 30 euros (MASONICA LILLE – ANTIFM 3.0), non précisé sur l’affiche.
On la perd parce que l’on cache.

Parce que l’on emballe.
Parce que l’on met la vérité dans la marge.

La Franc-Maçonnerie aime dire qu’elle travaille à l’amélioration de l’humanité

Très bien. Alors qu’elle commence par un geste simple, lisible, fraternel, immédiatement vérifiable ! Ouvrir sans faire payer l’entrée, ou, si elle doit financer, ne jamais confondre financement et filtrage. La Lumière n’est pas une marchandise, et la quête n’est pas une billetterie. Quand une obédience, une loge, un salon, une conférence parlent au monde, ils ne devraient pas tendre la main comme un guichet, mais l’ouvrir comme une paume. Car il n’y a pas de rayonnement durable sans cohérence. Et il n’y a pas de cohérence quand le Temple affiche « public » en grand, mais murmure le prix en petit.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

Malraux, Gisors, Templiers : quand le trésor n’est pas sous la terre mais dans le regard

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
André Malraux en 1974, photo Pic

La Revue des Deux Mondes frappe juste en choisissant André Malraux comme figure-anniversaire. La couverture tranche comme une devise et comme un couteau, « La liberté n’a pas toujours les mains propres, mais il faut choisir la liberté. » Et le numéro installe d’emblée un Malraux mobile, insaisissable, presque chimique, un être de passage, un « vif-argent » pour reprendre le titre de l’éditorial d’Aurélie Julia. Ministre et aventurier, écrivain et stratège, homme d’art et homme d’action, il refuse la case unique, il défait les étiquettes, il échappe.

Rappelons-le, 2026 marque bien le cinquantenaire de la disparition de l’écrivain, aventurier, résistant, homme politique – Ministre des Affaires culturelles du 22 juillet 1959 au 20 juin 1969, soit 9 ans, 10 mois et 29 jours – et intellectuel André Malraux (1901-1976). Le numéro le revendique explicitement.

Ce que le dossier raconte, et ce qu’un Franc-maçon y entend

L’éditorial d’Aurélie Julia donne le ton en attaquant par une question qui ressemble à un interrogatoire initiatique. « Qui êtes-vous, André Malraux. Un ministre. Un résistant. Un orateur. Un romancier. » Puis elle pousse l’homme dans ses contradictions, et le portrait devient une leçon sur les masques, sur l’invention de soi, sur cette tentation de se faire personnage. L’éditorial ose même une formule qui, pour nous, est un avertissement d’atelier. Malraux, écrit-elle en substance, ressemble parfois à ces « papillons de nuit attirés par la lumière », qui, éblouis, peuvent « perdre leur discernement ». Voilà un mot clé. Le discernement. La lumière n’est pas un projecteur, elle est une épreuve.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

Le cœur du dossier, pour notre lecture, tient surtout dans l’article de Sophie Doudet, « Ce devrait être autrement »

L’auteure ne cherche pas à « sauver » Malraux à tout prix. Elle rappelle au contraire combien l’homme irrite, divise, agace, et comment cette gêne fait partie du personnage. Elle commence même par le dire frontalement. Lire, commenter, enseigner Malraux expose à une forme d’étonnement, voire de désapprobation, tant la litanie des reproches revient, interminable, comme une antienne.

Mais Sophie Doudet propose une clef qui, pour nous, maçons, résonne immédiatement. La métamorphose. Elle la formule dans un intertitre splendide, comme un programme de travail. « La métamorphose du “réel” en œuvre d’art ». Ce point est décisif. Chez André Malraux, l’art n’est pas un décor du monde. Il est ce qui transfigure le réel, ce qui le convertit en forme, en sens, en survivance. Et dans cette conversion, l’initié reconnaît sans effort une parenté. La pierre brute n’est pas niée, elle est travaillée. Elle n’est pas recouverte d’un vernis moral, elle est soumise à une discipline intérieure, une ascèse de la forme, qui transforme sans falsifier.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Signature André Malraux

Sophie Doudet ajoute une nuance précieuse, très utile en temps de soupçon généralisé. Elle ne nie pas les zones troubles, elle refuse simplement la manie de gratter la fresque jusqu’à la honte en oubliant la fresque elle-même. L’image est forte. Elle dit exactement l’époque, et elle dit aussi un risque bien connu en franc-maçonnerie quand on confond exigence et démolition.

Autre point qu’elle met en avant, et qui nous parle

Chez André Malraux, le refus n’est pas caprice, c’est énergie. Le refus devient moteur, et ce moteur s’arrime à la révolte, à la dignité, à la liberté tenue comme devoir. On peut lire cela comme une éthique initiatique. La liberté n’est pas une posture. C’est une charge. Elle oblige. Elle coûte. Elle compromet parfois. Et c’est précisément là que la phrase de couverture prend son poids tragique. On ne choisit pas la liberté comme on choisit une opinion. On la choisit comme on entre en engagement.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
André Malraux, au moment du prix Goncourt en 1933.

Le « Musée imaginaire », ou l’idée du Temple sans murs

Pour une lecture maçonnique, l’une des plus belles passerelles est peut-être celle-ci. Le « musée imaginaire » de Malraux n’est pas seulement une théorie de l’art. C’est une architecture intérieure, une manière de bâtir un Temple sans géographie fixe, une nef de correspondances qui traverse les siècles, les cultures, les styles.

Sophie Doudet le rappelle d’une phrase malrucienne admirable, « Nous ne sentons que par comparaison », et tout est là. Comparer, rapprocher, faire dialoguer, établir des convergences. Non pour fabriquer une doctrine, mais pour approcher ce qui demeure quand tout passe.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Plaqyue au 44 rue du Bac, paris 7e

Cette idée devient d’autant plus actuelle que l’article relie Malraux aux problèmes de notre temps. Intelligence artificielle, dématérialisation des œuvres, culture mainstream uniformisée. Là encore, la question est initiatique avant d’être culturelle. Qu’est-ce qui survit. Qu’est-ce qui résiste. Qu’est-ce qui demeure humain quand tout se copie.

Et c’est là une leçon précieuse pour nos lecteurs. André Malraux montre que le sens ne se reçoit pas. Il se construit. Il ne tombe pas du ciel. Il s’extrait du chaos par un geste humain, fragile, incomplet, mais volontaire. Un geste d’atelier.

Gisors, Templiers, trésor : l’autre André Malraux, celui des rumeurs

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Chateau-de-Gisors

Mais il fallait ouvrir aussi sur l’« affaire » de Gisors, parce qu’elle révèle un autre versant du Malraux public. Le ministre pris dans une légende. Le château de Gisors est un véritable laboratoire de mythes modernes. Crypte, chapelle souterraine, coffres, sarcophages. Et surtout ce motif tenace, l’un des plus efficaces de l’imaginaire occidental. Un « trésor des Templiers » qui nourrit depuis des décennies la fascination collective.

Les sources convergent au moins sur un point. Dans les années 1960, l’emballement né des déclarations du gardien Roger Lhomoy, amplifié par la médiatisation de Gérard de Sède, conduit à des fouilles ordonnées sous l’autorité du ministre André Malraux, lesquelles resteront vaines.

Et Ouest-France le rappelle très clairement. À Gisors, ce trésor fait partie du décor mental, de la carte postale des « trésors introuvables », mais on ne l’a jamais trouvé.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

Le site « Le Village des Templiers » est intéressant, justement parce qu’il montre la mécanique contemporaine. On assume la légende. On la raconte. Puis on la dégonfle partiellement en expliquant que le « vrai trésor » est patrimonial, architectural, historique, et non pas métallique. Cette oscillation entre rêve et démenti est typique des mythes qui refusent de mourir.

Gardons aussi en mémoire la caisse de résonance que fut l’article de notre chroniqueur littéraire Yonnel Ghernaouti, « Plongez dans le mystère : Les secrets cachés des Templiers révélés », qui montre comment l’affaire s’est structurée en récit, puis en « preuve » supposée, puis en soupçon durable.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Gisors-et-le-tresor-des-templiers

Quant à l’article de Jean-Michel Cosson, il illustre un phénomène désormais classique. Quand les fouilles ne donnent rien, l’imaginaire complotiste prend le relais et invente une confiscation, une dissimulation, un bétonnage du secret.
Et c’est là qu’une vigilance maçonnique s’impose. Templiers, trésors, souterrains sont des motifs puissants, mais aussi des aimants à fantasmes. L’INA résume bien l’enjeu. Le « trésor des Templiers » relève surtout du mythe, que l’on peut étudier comme fait culturel sans le prendre pour un fait historique.
Même la page « Opération Gisors » de L’Œil du Sphinx, qui revient sur l’épisode des dégagements et des recherches, s’inscrit dans cet arrière-plan où l’événement, réel, se trouve vite recouvert par l’interprétation. (oeildusphinx.com)

La vraie cache n’est pas sous la motte

Le franc-maçon n’a pas à mépriser les légendes. Elles sont des rêves collectifs, des symboles en liberté, des miroirs de nos manques. Mais il n’a pas non plus à les servir comme des vérités. Gisors devient alors une parabole. Le trésor qu’on ne trouve jamais finit par révéler autre chose que l’or. Il révèle notre besoin d’initiation sans travail, de secret sans silence, de preuve sans méthode.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Gravure_ruines_du_Château_Gisors

Et si André Malraux nous intéresse tant, y compris dans cette histoire de Templiers, c’est peut-être parce qu’il nous apprend ceci. Le trésor n’est pas ce qui est enterré. Le trésor est ce qui transforme. L’art, la mémoire, la parole, la résistance, tout ce qui fait passer l’humain de la fascination à la conscience. Le reste est folklore, parfois charmant, parfois dangereux. À nous de tenir la lampe du discernement, sans éteindre la part de nuit qui fait aussi la beauté des récits.

À Gisors, le trésor des Templiers est peut-être l’objet le plus fidèle de la légende

On le cherche, il se dérobe, et ce manque travaille les imaginations plus sûrement que l’or. André Malraux, lui, nous apprend à déplacer la quête. Le secret véritable n’est pas une cache scellée sous une motte, ni une crypte qui prouverait enfin ce que nous voulons croire. Le secret, au sens initiatique, n’est pas un butin. C’est une conversion du regard. Entre la fascination et la méthode, entre le récit qui flatte et le symbole qui oblige, il nous revient de choisir la lumière du discernement. Car le vrai trésor ne s’exhume pas. Il se taille, patiemment, en soi, jusqu’à devenir présence.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

Pour aller plus loin dans le dossier « Mystérieux Malraux »

Dans ce dossier, la Revue des Deux Mondes compose un portrait en mosaïque, où l’homme apparaît moins comme une statue que comme une énigme en mouvement.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

Sophie Doudet ouvre le bal avec l’idée centrale d’une vie tendue vers la métamorphose, et d’un art qui transfigure le réel plutôt qu’il ne l’illustre. Robert Kopp en éclaire le versant « farfelu », ce mélange de panache, d’improvisation et d’inattendu qui fait aussi la force d’un destin, et parfois son trouble. L’entretien avec Alain Malraux, conduit par Charles Ficat, ramène le personnage à l’intime, à la paternité, aux fidélités et aux angles morts d’un père « généreux », donc complexe. Julien Donadille restitue l’« intellectuel en actes », celui qui ne sépare pas la pensée de l’engagement, quitte à en payer le prix. Alexandre Duval-Stalla explore un Malraux « anti-éditeur », indocile aux cadres, aux institutions, aux normes littéraires, comme si l’œuvre devait demeurer un risque. Jean-Michel Djian ressaisit la relation au Général, avec ses hauteurs, ses étrangetés, cette proximité qui tient autant à la politique qu’à une dramaturgie de l’Histoire. Hervé Gaymard nuance ensuite la séquence Pompidou, amitié réelle mais « délitée », révélatrice des tensions de pouvoir et des fractures de génération.

Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose
Bruno Fuligni en 2015

Bruno Fuligni, avec le florilège « dans l’Hémicycle », fait entendre le Malraux orateur, celui qui taille la langue comme une pierre, et qui cherche l’élévation dans la phrase publique. Jean-Claude Perrier suit la fascination paradoxale pour l’Inde, entre attirance spirituelle et résistance à l’exotisme facile. Philippe Delaroche aborde la relation à la Chine de Mao, miroir des illusions du siècle et des ambiguïtés de l’action. Sébastien Lapaque revient à Angkor, à la théorie, au temple, à la ruine habitée, là où l’art et le sacré se frôlent. Stéphane Guégan met en lumière la correspondance Picon-Malraux, « d’une cordée à l’autre », fraternité d’intelligence et discipline du regard. Catherine Van Offelen pose enfin une question décisive, presque initiatique, en opposant culture et art, comme si la première pouvait parfois étouffer le second. Pierre Sellal conclut sur l’héritage, avec la Fondation de France, et rappelle qu’André Malraux, au-delà du mythe, laisse des structures, des impulsions, des prolongements. Au total, le dossier ne résout pas l’énigme : il l’organise, il la rend lisible, et il montre que le « mystérieux Malraux » est peut-être d’abord l’homme que ses contradictions empêchent de se fermer.

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Malraux, le « vif-argent » et l’épreuve de la métamorphose

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20/02/26 conférence à la GLDF : « L’Iran et le cinéma : une invitation à la pensée »

conférence publique à la Grande Loge de France

La Respectable Loge Condorcet – Droits de l’Homme n°1198, à l’Orient de Paris, organise une conférence publique exceptionnelle consacrée à un thème aussi sensible que fécond : l’Iran et le cinéma, envisagé comme un espace de réflexion, de résistance et de pensée critique.

Cette rencontre aura lieu le vendredi 20 février 2026 à 19h30, au Temple Franklin Roosevelt, situé à l’Hôtel de la Grande Loge de France, 8 rue Louis Puteaux, 75017 Paris. L’inscription est obligatoire et s’effectue via le QR code figurant sur le flyer officiel.

20/02/26 conférence à la GLDF : « L’Iran et le cinéma : une invitation à la pensée »

Le cinéma iranien : bien plus qu’un art, un langage de pensée

Depuis plus de quarante ans, le cinéma iranien occupe une place singulière dans le paysage culturel mondial. Souvent salué dans les plus grands festivals internationaux, il intrigue autant qu’il questionne. Derrière des récits en apparence simples se déploient des œuvres d’une grande profondeur symbolique, capables d’interroger la condition humaine, la liberté, l’enfance, la justice, la violence ou encore le rapport au pouvoir.

Dans un contexte politique et social marqué par de fortes contraintes, le cinéma iranien s’est imposé comme un lieu de contournement, de métaphore et de créativité, où l’image devient un outil de réflexion et parfois de contestation. C’est précisément cette dimension que propose d’explorer la conférence : comment le cinéma peut devenir une invitation à la pensée, là où la parole est parfois entravée.

Une intervenante de référence : Agnès Devictor

La conférence sera présentée par Agnès Devictor, maîtresse de conférences HDR à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et spécialiste reconnue du cinéma iranien.

Titulaire d’un doctorat en sciences politiques, consacré à l’étude des politiques publiques de la culture en Iran entre 1979 et 1997, Agnès Devictor est l’autrice de nombreux travaux de recherche portant notamment sur :

  • le cinéma iranien,
  • les images de guerre au Moyen-Orient,
  • les rapports entre culture, pouvoir et société.

Elle prépare actuellement un ouvrage consacré à l’histoire du cinéma en Afghanistan, prolongeant ainsi une réflexion de long terme sur les images, les récits et les sociétés du monde iranien et moyen-oriental.

Son approche croise analyse politique, culturelle et esthétique, permettant d’éclairer le cinéma non seulement comme un art, mais comme un fait social et intellectuel majeur.

Une conférence ouverte au public, dans l’esprit des Lumières

En organisant cette conférence publique, la Loge Condorcet – Droits de l’Homme s’inscrit pleinement dans une tradition humaniste et éclairée : celle du dialogue, de la transmission du savoir et de la réflexion critique sur le monde contemporain.

Le choix du thème n’est pas anodin. À travers le cinéma iranien, c’est une invitation à penser l’altérité, à dépasser les représentations simplistes et à comprendre comment une société s’exprime, se questionne et se raconte malgré les contraintes.

Cette soirée s’adresse aussi bien aux amateurs de cinéma qu’aux personnes intéressées par la géopolitique, la culture, la philosophie ou les enjeux contemporains du Moyen-Orient.

Informations pratiques

  • Conférence publique
  • Thème : L’Iran et le cinéma : une invitation à la pensée
  • Intervenante : Agnès Devictor
  • Date : Vendredi 20 février 2026
  • Heure : 19h30
  • Lieu : Temple Franklin Roosevelt – Hôtel de la Grande Loge de France
    8, rue Louis Puteaux – 75017 Paris
  • Inscription obligatoire (via QR code)

Deux célèbres Francs-maçons s’entretuent à Québec

En 1759, au cœur de la Guerre de Sept Ans qui opposait la France et la Grande-Bretagne pour le contrôle des colonies nord-américaines, deux généraux emblématiques, James Wolfe et Louis-Joseph de Montcalm, se sont affrontés lors de la bataille des Plaines d’Abraham, près de Québec. Cette confrontation décisive, marquée par le destin tragique de ses deux protagonistes, est souvent évoquée dans les cercles de la Franc-maçonnerie comme un épisode où deux Frères se seraient reconnus et salués en tant que tels, malgré leur allégeance à des camps ennemis.

Bien que cette reconnaissance mutuelle relève davantage d’une tradition ou d’une légende maçonnique non étayée par des preuves historiques irréfutables, elle ajoute une couche symbolique à cette page sanglante de l’histoire.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
James Wolfe

Wolfe, commandant britannique, et Montcalm, chef des forces françaises, ont tous deux péri à quelques heures d’intervalle, scellant ainsi le sort de la Nouvelle-France. La Guerre de Sept Ans (1756-1763), souvent considérée comme la première guerre mondiale en raison de son étendue géographique – de l’Europe à l’Amérique, en passant par l’Inde et l’Afrique –, opposait principalement la coalition franco-autrichienne à l’alliance anglo-prussienne. En Amérique du Nord, ce conflit, connu sous le nom de Guerre de la Conquête ou French and Indian War, visait le contrôle des vastes territoires coloniaux. La France, affaiblie par des défaites antérieures comme celle de Fort Duquesne en 1758, défendait ses possessions canadiennes face à une offensive britannique déterminée.

Québec, enjeu de la Nouvelle-France, et James Wolfe

Québec, capitale de la Nouvelle-France, représentait un enjeu stratégique majeur : sa chute ouvrirait la voie à la domination britannique sur le continent. James Wolfe, né le 2 janvier 1727 à Westerham en Angleterre, était un officier brillant et ambitieux. Fils d’un général, il entra dans l’armée à l’âge de 14 ans et gravit rapidement les échelons grâce à ses talents tactiques. Participant à la répression de la rébellion jacobite en Écosse (1745-1746), il se distingua lors de la bataille de Culloden en 1746. Promu major-général en 1759, Wolfe fut chargé de conquérir Québec. Malade et affaibli par la tuberculose, il mena néanmoins une campagne audacieuse : après un siège de trois mois, il opta pour une attaque surprise en escaladant les falaises escarpées dominant le fleuve Saint-Laurent.

Selon certaines sources maçonniques, Wolfe aurait été initié à la Franc-maçonnerie au sein de la Minden Military Lodge, une loge militaire attachée à son régiment.

Cette allégeance est revendiquée par des historiens de la Franc-maçonnerie, bien que les preuves directes soient limitées à des traditions orales et des affiliations posthumes.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Portrait de Louis-Joseph de Montcalm-Gozon

Montcalm, aristocrate et militaire chevronné

De l’autre côté, Louis-Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran, né le 28 février 1712 au château de Candiac en France, était un aristocrate et un militaire chevronné. Engagé dès l’âge de 9 ans, il combattit dans plusieurs guerres européennes, dont la Guerre de Succession de Pologne (1733-1735) et la Guerre de Succession d’Autriche (1740-1748). Envoyé en Nouvelle-France en 1756 comme commandant en chef, Montcalm remporta des victoires notables, comme la prise de Fort William Henry en 1757 et la défense de Fort Carillon (Ticonderoga) en 1758. Cependant, les ressources limitées de la France et les dissensions avec le gouverneur Vaudreuil l’affaiblirent. Les allégations selon lesquelles Montcalm aurait été Franc-maçon sont plus ténues et considérées comme non substantiées par de nombreux chercheurs ; elles reposent sur des rumeurs persistantes dans les milieux maçonniques, sans documents probants.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Wolfe agonisant pendant la Bataille sur les Plaines d’Abraham en 1759

La bataille des Plaines d’Abraham, 13 septembre 1759

Le 13 septembre 1759, sur les Plaines d’Abraham – un plateau herbeux nommé d’après Abraham Martin, un fermier du 17e siècle –, les deux armées se firent face. Wolfe, avec environ 4 400 hommes, avait débarqué discrètement la nuit précédente et positionné ses troupes en ligne de bataille. Montcalm, surpris mais résolu, rassembla près de 4 000 soldats français et miliciens canadiens, sans attendre les renforts.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Montcalm blessé à la bataille des plaines d’Abraham, ramené à Québec

La bataille, d’une durée d’à peine 15 à 30 minutes, fut intense : les Britanniques, disciplinés et bien entraînés, repoussèrent les charges françaises désorganisées. Wolfe fut touché à trois reprises – au poignet, à l’abdomen et à la poitrine – et expira sur le champ, entouré de ses officiers. Selon la légende peinte par Benjamin West dans son célèbre tableau The Death of General Wolfe (1770), il apprit la victoire britannique juste avant de mourir, murmurant « Now, God be praised, I will die in peace ». (Maintenant, Dieu soit loué, je mourrai en paix)

Montcalm, blessé à la cuisse et à l’abdomen par un tir de mousquet, fut transporté agonisant dans Québec. Il succomba le lendemain matin, le 14 septembre, à l’âge de 47 ans. Ses dernières paroles, rapportées par des témoins, exprimaient du soulagement pour les civils : « Tant mieux ! Je ne verrai pas les Anglais à Québec ». Les deux généraux, ennemis jurés, partagèrent ainsi un destin funeste, à quelques heures d’intervalle, symbolisant l’ironie de la guerre.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Plaque Commemorative pour James Wolfe

Une légende maçonnique non vérifiée

Dans les traditions de la Franc-maçonnerie, une légende persistante – bien que non vérifiée par des archives historiques – veut que Wolfe et Montcalm, en tant que Frères, se soient reconnus mutuellement sur le champ de bataille. Selon ce récit apocryphe, ils auraient échangé un salut maçonnique discret, un geste de fraternité transcendant les allégeances nationales, avant que le devoir ne les force à s’entretuer.

Cette anecdote, souvent citée dans des ouvrages maçonniques comme un exemple de l’universalité de la Franc-maçonnerie, souligne les principes d’humanisme et de tolérance prônés par l’ordre. Cependant, les historiens soulignent l’absence de preuves contemporaines : ni les rapports militaires, ni les journaux des officiers ne mentionnent un tel épisode. Il pourrait s’agir d’une embellissement postérieur, influencé par le rôle de la Franc-maçonnerie dans les armées britanniques de l’époque, où plusieurs loges militaires étaient actives.

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Monument en ll’honneur de Wolfe qui a été érigé à l’endroit présumé de sa mort

Les conséquences de la bataille furent immenses : Québec capitula le 18 septembre 1759, et Montréal suivit en 1760. Par le Traité de Paris en 1763, la France céda le Canada à la Grande-Bretagne, marquant la fin de la Nouvelle-France et le début d’une ère britannique en Amérique du Nord. Cette défaite alimenta plus tard le nationalisme québécois, et la bataille reste un symbole controversé, commémorée annuellement mais parfois contestée pour son récit anglocentrique.

Le monument de 1827 et les honneurs maçonniques

En hommage à leur bravoure commune, un monument fut érigé à Québec en 1827, sur les Plaines d’Abraham. Sa pierre angulaire fut posée avec les honneurs maçonniques par le Grand Maître Provincial Claude Dénéchau, en présence du gouverneur Lord Dalhousie. L’inscription latine proclame : « La prouesse militaire leur donna une mort commune, l’histoire une renommée commune et la postérité un monument commun ».

Deux célèbres Francs-maçons s'entretuent à Québec
Mausolée de Montcalm à Québec

Parmi les participants, James Thompson, un sergent survivant de la bataille et Franc-maçon de longue date, frappa symboliquement la pierre de trois coups mystiques. Ce geste maçonnique illustre comment la Franc-maçonnerie, introduite à Québec par les loges militaires britanniques dès novembre 1759, s’est entrelacée avec l’histoire locale.

Aujourd’hui, les Plaines d’Abraham sont un parc national historique, visité par des millions de touristes. L’histoire de Wolfe et Montcalm, enrichie de cette aura maçonnique légendaire, rappelle que même dans la fureur des combats, des liens invisibles peuvent unir les hommes. Pourtant, au-delà des mythes, leur tragédie souligne l’absurdité de la guerre : deux chefs talentueux, peut-être Frères dans l’esprit, emportés par le devoir et la fatalité.

La parole du Véné du lundi : « Je suis propriétaire de mon maillet… taisez-vous »

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Ah, mes chers Frères et Sœurs, en cette semaine où le froid de début févrer 2026 nous rappelle que rien n’est éternel – sauf peut-être certains titres maçonniques –, parlons un peu de ces Vénérables et autres dignitaires qui confondent leur maillet avec un sceptre royal et leur sautoir avec une couronne impériale. Vous savez, ces illustres figures qui, une fois installées sur leur chaise orientale, s’imaginent propriétaires à vie de leur petit royaume logé. Comme si la Franc-maçonnerie était un bien immobilier, avec acte notarié et hypothèque sur l’équerre et le compas !

susceptibilités, mais disons qu’elle est si petite qu’elle tiendrait dans un tablier d’apprenti – vient d’attribuer à son Grand Maître, déjà en poste depuis sept longues années, le titre ronflant de Grand Maître Honoris Causa. Et attention, pas n’importe lequel : un « honoris causa » qui sent bon l’« ad vitam aeternam » ! Traduction pour les profanes : « pour la vie éternelle », ou en termes maçonniques, « jusqu’à ce que mort s’ensuive, et encore ». On marche sur la tête, non ? Ou plutôt, on trébuche sur les marches du temple, le maillet à la main, en se prenant pour un pharaon des temps modernes.

Remarquez, si l’on relit les livres d’histoire – ceux qui ne dorment pas sur les étagères des bibliothèques maçonniques, couverts de poussière symbolique –, les premières loges étaient souvent créées par des Maîtres qui en devenaient propriétaires absolus. Une sorte de franchise médiévale : « Ouvrez votre loge, et gardez-la pour vous ! » Alors, pourquoi ne pas perpétuer cette noble tradition ? Tant qu’on y est, rappelons que jadis, le droit de cuissage était coutumier chez les seigneurs. Pourquoi ne pas l’appliquer aux apprentis ? Après tout, un petit rituel supplémentaire pour initier les nouveaux venus, ça pimenterait les tenues. Non, je plaisante, bien sûr – quoique, avec certains, on se demande…

Bon, je ne donnerai pas de noms, mais j’en connais qui cumulent les tares maçonniques en la matière : accumuler les titres comme des badges scouts, s’accrocher à leur sautoir comme à un doudou, et transformer l’humilité maçonnique en ego surdimensionné. Nous ne dévoilerons pas leur identité, par pure charité fraternelle – et parce que la discrétion est notre seconde nature. Mais avouez-le : la Franc-maçonnerie, c’est le meilleur comme le pire, et ce n’est pas forcément dans le pire qu’elle excelle le plus.

Au fond, chers amis, rappelons-nous que le maillet n’est qu’un outil, pas un trône. Le sautoir, un symbole, pas une médaille olympique. Et le titre de Vénérable ? Un mandat temporaire, pas une rente viagère. Sinon, à ce rythme, on finira par avoir des Grands Maîtres héréditaires, avec succession dynastique. Imaginez : « Mon fils, je te lègue mon maillet, et que la force soit avec toi ! » Non, vraiment, revenons à l’essentiel : la Franc-maçonnerie est une quête collective, pas une propriété privée. Sinon, autant ouvrir un club VIP avec carte gold et parking réservé.

Sur ce, mes Soeurs et mes Frères, à lundi prochain pour une nouvelle dose de cynisme bien tempéré. Et rappelez-vous : le vrai pouvoir, c’est de savoir passer le maillet sans regret.

Fraternellement vôtre,
Le Véné du lundi

Le GFEQA à Douala : penser l’Afrique, agir fraternellement

Activités et engagements du Groupe Fraternel d’Étude des Questions Africaines dans le cadre des REHFRAM

Une présence fidèle aux REHFRAM

Fondé en 1975, le Groupe Fraternel d’Étude des Questions Africaines (GFEQA) est une association régie par la loi de 1901, dont la vocation est de penser l’Afrique par l’étude, le dialogue et l’action fraternelle, en lien étroit avec les réalités du continent et de ses diasporas.

Depuis 1997, le GFEQA participe sans interruption aux Rencontres Humanitaires et Fraternelles d’Afrique et de Madagascar (REHFRAM), contribuant chaque année à la réflexion collective à travers des analyses, des conférences et des propositions concrètes. Cette fidélité s’inscrit dans une conviction forte : l’émancipation de l’Afrique passe par la réflexion partagée, la transmission et l’engagement citoyen.

Le GFEQA à Douala : penser l’Afrique, agir fraternellement

Douala : un temps fort du dialogue Afrique–Europe

Dans cette dynamique, la conférence organisée à Douala constitue un moment majeur des activités du GFEQA en Afrique centrale. Elle s’est tenue au Temple TKN de la Grande Loge Unie du Cameroun (GLUC), à Deïdo, dans un cadre propice à l’échange et à la fraternité.

Placée sous le thème :

« Regards croisés entre le GFEQA et l’Afrique »

cette rencontre visait à croiser les expériences, les analyses et les perspectives entre acteurs africains et européens engagés dans la réflexion maçonnique et citoyenne sur l’avenir du continent GFEQA- Conférence de Douala 202….

Des intervenants engagés et ancrés dans le réel

La conférence a été animée par deux figures particulièrement qualifiées :

  • Le Frère Gérémie Sollé, ancien président de la CPMAM, résidant au Cameroun, dont l’expérience de terrain nourrit une réflexion pragmatique sur les enjeux africains contemporains ;
  • La Sœur Marie Nang, ancienne Présidente du GFEQA, vivant en France, engagée de longue date dans les questions africaines et la transmission des valeurs humanistes.

Leurs interventions ont permis de dégager une vision à la fois lucide et constructive de l’Afrique, mettant en lumière les défis, mais aussi les ressources internes du continent GFEQA- Conférence de Douala 202….

Les axes majeurs de réflexion portés par le GFEQA

À Douala comme lors des REHFRAM, le GFEQA structure son action autour de plusieurs axes fondamentaux, régulièrement approfondis lors de conférences, ateliers et publications :

🔹 Gouvernance et responsabilité politique

Analyse des fragilités institutionnelles, de la gouvernance publique et des conditions nécessaires à un développement durable et endogène.

🔹 Environnement et changement climatique

Engagement fort sur les enjeux environnementaux, avec notamment :

  • la promotion de la reforestation (Forêt de la Fraternité),
  • la sensibilisation des populations,
  • l’implication citoyenne des francs-maçons face au défi climatique.

🔹 Culture, éducation et transmission

Conviction que l’Afrique dispose dans sa propre culture des ressorts de son avenir, et que l’éducation est un levier essentiel de transformation sociale GFEQA-249-2025-03- VFinale.

🔹 Rôle éthique du franc-maçon dans la Cité

Réaffirmer la responsabilité morale et sociale du franc-maçon face aux crises contemporaines, qu’elles soient politiques, environnementales ou humanitaires.

Une méthode fondée sur le dialogue et l’action

Les travaux du GFEQA se distinguent par une méthode rigoureuse et ouverte :

  • conférences-débats avec des experts africains et internationaux,
  • ateliers de réflexion collective lors des REHFRAM,
  • publications régulières, notamment le bulletin Fraternité Europe Afrique,
  • propositions concrètes adressées aux acteurs institutionnels et associatifs.

Cette approche vise à transformer la réflexion en action, sans dogmatisme, mais avec exigence intellectuelle et fraternité vécue.

Douala : un symbole de continuité et d’avenir

La tenue de cette conférence à Douala illustre la volonté du GFEQA de penser l’Afrique depuis l’Afrique, en dialogue permanent avec les réalités locales. Les agapes fraternelles qui ont suivi la conférence ont prolongé ce temps d’échange dans un esprit de convivialité et de fraternité active, fidèle à l’ADN du Groupe GFEQA- Conférence de Douala 202….

Conclusion – Le GFEQA, un pont fraternel entre les continents

Par ses activités à Douala, comme par sa participation constante aux REHFRAM, le GFEQA confirme sa vocation :
👉 être un pont intellectuel, culturel et fraternel entre l’Afrique et l’Europe,
👉 contribuer à l’émergence d’une pensée africaine libre, responsable et tournée vers l’avenir.

Dans un monde traversé par des crises multiples, le GFEQA rappelle que le dialogue, la connaissance et la fraternité demeurent des outils puissants de transformation.

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Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Présenté par la Fraternelle des Ecrivains et Editeurs, Journalistes et Réalisateurs Humanistes – Janvier 2026 : Une question soulevée lors du déjeuner-débat mensuel de la « Fraternelle des Écrivains et Éditeurs, Journalistes et Réalisateurs Humanistes », le 8 janvier 2026 à Neuilly-sur-Seine

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Joseph de Bologne, dit Le chevalier de Saint-George, né le 25 décembre 1745 à Baillif, en Guadeloupe, et mort le 9 juin 1799 à Paris, reste une figure fascinante, parfois méconnue, de la France des Lumières. Compositeur, violoniste virtuose, chef d’orchestre, escrimeur légendaire, officier républicain et franc-maçon, il symbolise à lui seul l’union paradoxale entre excellence dans les arts de la musique et de l’escrime et le combat pour le respect de la dignité humaine.

Origines et ascension dans la société d’Ancien Régime

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Fils d’un riche planteur et d’une esclave métisse d’origine africaine, Nanon, Saint-George fut très tôt remarqué pour sa prestance et son intelligence dans le cercle aristocratique de l’époque du XVIIIe siècle. Arrivé en France à l’âge de 10 ans, il y continua l’éducation voulue par son père dès sa naissance : études de lettres, mathématiques, escrime et musique. Très vite, sa maîtrise du fleuret en fit une légende vivante : ses matches contre les maîtres d’armes les plus réputés, lui valurent une réputation comparable à celle d’un héros de roman.

Sa virtuosité musicale l’imposa rapidement dans les cercles de la Cour de Louis XV puis de Louis XVI. Élève de Gossec, ami de Leclair et de Gluck, il devint un compositeur reconnu, dirigeant le Concert des Amateurs, l’un des orchestres les plus prestigieux d’Europe à l’époque.

Œuvre musicale et influences

Le chevalier de Saint-George a laissé un catalogue riche et varié.

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine
Le jeune Saint-Georges initié au violon par le plus grand maître du 18ème • © Réal. : J. Bakonga – Prod. : Zorn Production/France Télévisions

On y dénombre des concertos pour violon, quatuors à cordes, des symphonies et rondeaux et plusieurs opéras-comiques comme Ernestine, L’Amant anonyme ou La Partie de chasse. Sa musique, d’un style galant proche de celui de Haydn et de Mozart, témoigne selon les avis des connaisseurs de la maîtrise des formes classiques tout en révélant un tempérament vif, élégant et sensible.

Certaines correspondances de l’époque suggèrent même que Mozart, lors de son séjour à Paris en 1778, aurait pu être influencé par Saint-George. Saint George dirigeait alors un orchestre au sommet de la vie musicale française. Malgré son succès, il dut renoncer à la direction de l’Opéra royal en raison du refus raciste de certaines chanteuses de se produire sous l’autorité d’un homme de couleur — un épisode emblématique du paradoxe social d’une époque prônant les Lumières mais résistante à les appliquer à tous.

Le Franc-maçon engagé et le révolutionnaire

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Initié à la Franc-maçonnerie française, Saint-George fut proche du duc d’Orléans, dit Philippe Égalité, acteur des mouvements réformateurs.

Humaniste avant l’heure, il crut profondément aux idéaux de liberté, de fraternité et d’égalité. Pendant la Révolution française, il mit son épée au service de la République. À la tête de la Légion franche des Américains et du Midi, composée principalement d’hommes de couleur de Saint-Domingue, des colonies et d’Afrique, il combattit bravement contre les forces autrichiennes, prussiennes et brittanniques.

Mais la suspicion politique de la Terreur l’atteignit : arrêté pour son lien avec le général Dumouriez, il fut emprisonné près d’un an. Libéré après le 9 Thermidor, il reprit une vie plus discrète, marquée par le souvenir d’un monde en métamorphose.

La postérité et la mémoire d’un homme effacé

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine
Claude Ribbe 

À sa mort en 1799, il tomba progressivement dans l’oubli. Les bouleversements politiques et la hiérarchisation culturelle du XIXᵉ siècle, peu favorable à la reconnaissance d’un musicien d’origine africaine dans le panthéon français, contribuèrent à effacer son souvenir.
Il faudra attendre la fin du XXᵉ siècle et des écrivains comme Claude Ribbe pour que son héritage soit réhabilité.

En effet Claude Ribbe, dans ses ouvrages et conférences publiques, souligne combien Saint-George incarne la lutte pour la reconnaissance, à la croisée des enjeux artistiques, politiques et mémoriels. Aujourd’hui, ses œuvres resurgissent au répertoire, de l’Orchestre national de France aux ensembles baroques spécialisés. Des films (Chevalier, 2023), livres et documentaires lui redonnent la place qu’il mérite dans l’histoire culturelle occidentale.

Le débat du 8 janvier 2026 : redonner un visage à l’histoire, réfléchir sur le sens de l’oubli 

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Lors du déjeuner-débat de la Fraternelle, préparé par deux de ses journalistes adhérents, les participants ont pu interroger Claude Ribbe, écrivain, historien et philosophe sur les multiples facettes du chevalier de Saint George.  Essentiellement fallait-il le considérer ce dernier comme un « oublié de l’histoire » pour une musique datée ou comme un symbole persistant du dépassement des différences ? 

Selon notre invité du jour, écrivain et biographe, la mémoire du chevalier de Saint-George n’est pas seulement une question de reconnaissance historique, mais aussi de justice symbolique : celle d’un homme qui, malgré les préjugés, sut incarner les idéaux de mérite, de talent et d’universalité humaine. Dans cette perspective, la carrière artistique et son engagement sociétal, deviennent des actes de résistance intellectuelle face aux préjugés et déterminismes intemporels.

Le sens contemporain d’une mémoire à réhabiliter

Le chevalier de Saint George : un oublié de l’histoire contemporaine

Que retenir de ce débat ? Que la figure de Saint-George ne doit plus rester marginale. Le rétablir dans la mémoire collective, c’est aussi rendre hommage à tous ceux que l’histoire a effacés pour des raisons de couleur, d’origine ou de condition.

Le chevalier de Saint-George doit être regardé comme un des précurseurs de l’universalisme humaniste, un modèle pour les artistes et les citoyens d’aujourd’hui.

Nous invitons les lecteurs à découvrir la vidéo de France Musique, où Claude Ribbe commente la vie de ce personnage exceptionnel : l’histoire du chevalier de Saint-George.

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Vient de paraître : « Idéal Maçonnique » avec une interview de María Elena Neira Segundo, Franc-maçonne et peintre

C’est une revue de 23 pages qui nous est proposée avec plusieurs articles de réflexions :

Vient de paraître : "Idéal Maçonnique"  avec une interview de María Elena Neira Segundo, Franc-maçonne et peintre

Ne peut-on pas faire un lien entre Les violences faites aux femmes et les croyances liées à « l’érotisme sacré » ?

Les échanges avec María Elena Neira Segundo, franc-maçonne et peintre, engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Réfléchir sur ce que pourrait être le renouveau maçonnique

Comment et pourquoi intégrer la méditation de pleine conscience, dans la démarche maçonnique

Quand Jean Ferrat faisait vivre la fraternité à Eentraigues

Notre frère Yonnel nous rappelle l’actualité de la journée mondiale pour la fraternité humaine du 4 février.

Et pour conclure, vous saurez tout sur le corbeau, un article de Gérard Baudou-Platon.

Vient de paraître : "Idéal Maçonnique"  avec une interview de María Elena Neira Segundo, Franc-maçonne et peintre

Vient de paraître : "Idéal Maçonnique"  avec une interview de María Elena Neira Segundo, Franc-maçonne et peintre

Une des oeuvres de notre soeur Maria Elena

A noter, une version hispanophone  » Ideal Maconnico »

Vous pouvez télécharger gratuitement ces revues numériques en cliquant sur ce lien.

A noter que le hasard veut que ce thème des violences faires aux felles est également l’objet d’une publication du GODF.

Vient de paraître : "Idéal Maçonnique"  avec une interview de María Elena Neira Segundo, Franc-maçonne et peintre

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Dessin et Texte du Frère Rémi

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Notre Frère Rémi de Guyane nous offre pour débuter ce deuxième mois de l’année ce dessin du dimanche et un texte. Nous saluons ainsi la création de ce frère, ainsi que toutes les Soeurs et tous les Frères des territoires et départements d’Outre-mer.

Dans la moiteur Guyanaise,
L’apprenti teste ses outils.
Concentré sur la terre glaise,
En miroir il se construit.

Si le rhum souvent l’emporte,
L’imagination fertile
Encore plus loin le transporte,
Créant nature plus subtile.

C’est pourtant en rectifiant
Qu’il trouvera au fond de soi
La beauté de son vivant,
Sans oublier que ses doigts

Auront toujours de la force
D’ouvrir en délicatesse,
Distillée de cette écorce,
La fameuse Belle Cabresse.