De notre confrère australien arr.news – Par Emily Gladdis, Nhill Free Press et Kaniva Times
La Loge Lowan 107 a célébré les 140 ans de la cérémonie de pose de la pierre angulaire du bureau de poste avec une marche, une reconstitution historique et un rassemblement communautaire.
Le samedi 20 septembre 2025, un événement exceptionnel a eu lieu. Pour célébrer les 140 ans de la franc-maçonnerie à Nhill, la Loge Lowan 107 a reconstitué la consécration de la première pierre du bureau de poste de Nhill. L’événement a suivi celui du 29 octobre 1887, avec une marche de tous les francs-maçons locaux vers le bureau de poste.
Le « God Save the King » a été chanté par tous les présents. Les plans du bâtiment de la Poste ont été remis à WBro Wiremu Larkins, Vénérable Maître de la Loge Lowan 107, qui a été jugé conforme. Accompagné de WBro Graeme Price et de VWro Bill Howarth, il a inspecté la pierre angulaire et a posé un fil à plomb, un niveau et une équerre. WBro Wiremu a ensuite versé du vin, de l’huile et répandu du grain sur la pierre. Trois coups de marteau ont ensuite été donnés, et le tout a été « bien et véritablement posé ». La Rule Britannia a été chantée après trois acclamations chaleureuses de la foule. WBro Rhys Webb a retracé l’histoire du bureau de poste de Nhill. Enfin, l’hymne national australien a clôturé la cérémonie. Un arbre a été planté par WBro Larkins et VWro Haby devant la Poste et une plaque commémorative a été dévoilée.
Vénérable Maître WBro Wiremu Larkins et les 107 membres de la Loge Lowan marchant vers le bureau de poste.
Les frères Price, Larkins et Howarth participent à la reconstitution de la pose de la première pierre. Photos : Nhill Free Press et Kaniva Times
Le Farmers Arms a ensuite servi de salle à manger pour un dîner. Les toasts habituels ont été portés tout au long de la soirée. Le RW Bro John McTaggart, représentant des Grands Maîtres, a félicité les membres de la loge pour cet événement historique. Des représentants du Nhill CWA, du Nhill SES, du Conseil du comté de Hindmarsh, du Nhill Lions Club, du Nhill Rotary Club, de la Loge 6 de Portland et de la Loge 70 de Wimmera étaient présents, témoignant du soutien mutuel de chaque organisation. Le RW Bro Rhys Webb a retracé l’histoire détaillée de la Franc-Maçonnerie à Nhill de 1885 à nos jours et a décrit les nombreuses réalisations de la Loge au service du district. La Franc-Maçonnerie est une organisation d’hommes de bien qui s’entraident, soutiennent leurs familles et la communauté.
ils ont chanté de nombreuses chansons politiques et existentielles de 68. Aujourd’hui, la réflexion sur ces mots prend une portée plus large, plus invisible, mais non moins réelle. Il ne s’agit plus seulement du clergé, ni seulement de l’État.
Aujourd’hui, le contrôle se cache partout, de mille manières subtiles : dans les comportements que nous intériorisons, dans les habitudes qui nous asservissent sans chaînes, dans les dépendances que nous créons jour après jour.
Il n’existe plus de pouvoir unique et visible. Il existe un écosystème de conditionnements, un réseau subtil de perspectives et de jugements, de codes et de normes moraux, de « politiquement correct » qui façonne notre conscience, souvent à notre insu. Nous sommes spectateurs et en même temps acteurs d’un Big Brother qui a cessé d’être physique pour devenir mental, collectif, généralisé.
La question reste ouverte : qui nous contrôle réellement ? L’ État profond ? Le système ? Ou est-ce nous-mêmes, dans la mesure où nous intériorisons les impositions, les peurs et les attentes des autres ?
L’esclavage moderne n’est pas fait de chaînes, mais de croyances, d’habitudes et d’une auto-surveillance intérieure constante qui nous pousse à nous conformer, à juger, à avoir peur. En tant que franc-maçon, je regarde ce panorama à travers le prisme de la tradition initiatique : la liberté n’est pas l’absence de règles, mais la conscience du réseau dans lequel nous sommes immergés. Travailler sur soi devient un acte de résistance et de régénération.
La lumière jaillit là où l’obscurité semble la plus épaisse, et c’est précisément dans le labyrinthe du conditionnement que nous pouvons trouver la clé de notre autonomie.
La vraie question n’est donc pas
Qui nous contrôle ?
mais
Comment pouvons-nous reconnaître notre contrôle intérieur et le libérer, chaque jour, étape par étape, rituel après rituel, pensée après pensée ?
C’est le travail sans fin sur la pierre brute.
Île de Gorée (Sénégal) – Monument en mémoire de l’esclavage, situé à proximité de la Maison des esclaves, 3 mars 2006
« Alchimie » voilà un terme qui sent bon le sel, le mercure et même le « soufre » pour les rationalistes positivistes radicaux dont la simple évocation transporte souvent le lecteur dans quelque sombre atelier où règne un feu « d’enfer ». Cette pratique tombée en oubli jusqu’au début du XVIII e siècle, reprit vigueur avec Carl Gustav Jung dont les symboles renouèrent avec l’évolution de la conscience humaine.
L’intemporalité de cette discipline signifie que son langage mérite régulièrement une réactualisation sans tomber dans le piège d’une altération de ses symboles : autrement dit sans réduire la portée de ce qu’elle montre sans jamais le dire (Mutus Liber). Cet ouvrage réunit les deux aspects opératif et spirituel de l’Alchimie, notamment dans ses aspects métaphysiques ouvrant ainsi les portes sur la perception d’un univers vivant et intelligent. En ce qui concerne la dimension spirituelle on comprend que c’est celle-ci qui permet à l’homme de participer à l’évolution du monde dans lequel il doit s’intégrer harmonieusement.
Philippe Deschamps a étudié pendant plus de 40 ans en tant que penseur libre, la voie spirituelle des Rose-Croix, reconnus jusqu’au 18eme siècle comme des experts en matière d’Alchimie de laboratoire.- Il anime des séminaires et des conférences sous l’égide de l’Université Rose-Croix internationale parrainée par l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix. Ses rencontres avec le célèbre alchimiste Eugène Canseliet et le philosophe allemand Jacob Boehme furent déterminantes pour décrypter les secrets de l’Alchimie. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages présentant différents aspects de la tradition occidentale, dont entre autres :
Les mystères de la mort et de la réincarnation – diffusion Rosicrucienne
L’apocalypse de Jean, lumière et clefs- diffusion Rosicrucienne
Le Graal, une quête intérieure- diffusion Rosicrucienne
Le 18 octobre 2025, Paris vibrera au rythme d’une réflexion profonde et inclusive sur les intersections entre humanisme, franc-maçonnerie et handicaps. Organisée par plusieurs loges de la Fédération française du Droit Humain, du GODF, par Mathusalem…, cette conférence publique promet d’être un moment d’échange enrichissant, ouvert à tous. Dans un contexte où les questions sociales et citoyennes sont plus que jamais au cœur des débats, cet événement s’inscrit comme une invitation à explorer comment les valeurs maçonniques peuvent éclairer les défis du handicap, en promouvant progrès et tolérance.
Un programme alliant théâtre et réflexion
L’événement débutera par un accueil à 13h, suivi du coup d’envoi de la conférence à 13h45. Il s’ouvrira sur une représentation théâtrale captivante : Louis Braille, au-delà des yeux clos, interprétée par Pierrette Dupoyet. Cette pièce met en lumière la vie et l’héritage de Louis Braille, l’inventeur du système de lecture et d’écriture en relief pour les personnes aveugles, symbolisant l’innovation au service de l’inclusion. À travers ce spectacle, le public sera plongé dans une exploration sensible des barrières du handicap et des voies de l’émancipation humaine.
La conférence proprement dite abordera les thèmes centraux de l’humanisme maçonnique face aux réalités du handicap. Parmi les axes de discussion : la citoyenneté inclusive, le rôle de la franc-maçonnerie dans la promotion du progrès social, et les questions sociétales liées au handicap. Les organisateurs, issus des loges Espérance, Tolérance et Laïcité, et Devoir, soulignent que cet événement vise à relier les principes universels de la maçonnerie – tels que la fraternité et la quête de vérité – aux enjeux contemporains de l’accessibilité et de l’égalité. Bien que les intervenants au-delà de Pierrette Dupoyet ne soient pas encore détaillés, l’accent est mis sur des échanges ouverts, favorisant un dialogue entre maçons et profanes.
Contexte : la Franc-maçonnerie au service de l’humanisme inclusif
La Fédération française du Droit Humain, obédience mixte et laïque fondée sur les idéaux de 1789, est pionnière dans l’intégration des questions sociales au sein de ses travaux. Cette conférence s’inscrit dans une tradition d’engagement citoyen, où la maçonnerie n’est pas un refuge ésotérique mais un laboratoire d’idées pour une société plus juste. En choisissant le prisme du handicap, les organisateurs rappellent que l’humanisme maçonnique – ancré dans la liberté, l’égalité et la fraternité – doit s’adapter aux vulnérabilités humaines. Comme l’illustre la figure de Louis Braille, le handicap n’est pas une fatalité mais un catalyseur d’innovation et de solidarité. Cet événement fait écho à d’autres initiatives récentes de la franc-maçonnerie française, qui multiplient les portes ouvertes pour déconstruire les préjugés et promouvoir l’inclusion.
Modalités Pratiques
La conférence se tiendra à Paris, en Île-de-France (le lieu précis sera communiqué aux inscrits). Accessible à tous, elle est néanmoins soumise à une inscription obligatoire pour garantir une organisation fluide. Pour vous pré-inscrire, envoyez un email à President-789R9@proton.me, en indiquant vos coordonnées et tout besoin d’aménagement spécifique. L’entrée est gratuite, mais les places sont limitées, reflétant l’engouement pour ces rencontres hybrides entre tradition initiatique et actualité sociétale.
Une invitation à l’action et à la réflexion
Au-delà d’une simple conférence, cet événement est un appel à l’engagement :
Comment la franc-maçonnerie, avec son héritage humaniste, peut-elle contribuer à une société où le handicap n’est plus un obstacle mais une richesse collective ?
En mêlant art théâtral et débats profonds, les loges Espérance, Tolérance et Laïcité, et Devoir offrent une occasion rare de découvrir ces valeurs de l’intérieur. Que vous soyez initié ou profane, sensible aux questions d’inclusion ou curieux de la maçonnerie engagée, cette rencontre du 18 octobre 2025 à Paris s’annonce comme un jalon dans la promotion d’un humanisme vivant et accessible.Ne tardez pas à réserver votre place – c’est l’opportunité de transformer la réflexion en action collective.
Pour plus d’informations, contactez directement les organisateurs via l’email indiqué.
Une franc-maçonnerie ouverte sur le monde, pour un monde plus ouvert : voilà l’esprit de cette belle initiative !
Découverte exclusive de la Franc-Maçonnerie au Québec
Plongez dans une exploration unique au cœur de la tradition maçonnique québécoise, révélant ses trésors intellectuels et ses conférenciers de renom. Ce rassemblement inédit sur le continent américain offre une occasion rare d’en apprendre davantage sur cette philosophie mystérieuse et riche d’histoire.
Dans cette conférence captivante, des auteurs et penseurs éminents du Québec, du Canada, de France et d’Europe partagent leurs idées, leurs découvertes, et leur passion pour la Franc-Maçonnerie. Découvrez les enjeux, les courants de pensée et la philosophie qui animent cette tradition séculaire, à travers des échanges riches et inspirants.
Ne manquez pas cette occasion d’accéder à des perspectives inédites sur la Franc-Maçonnerie en Amérique, avec des intervenants passionnés et des thématiques enrichissantes. Que vous soyez novice ou initié, cette vidéo vous apportera un éclairage précieux sur cette tradition fascinante.
Ce peut être une lapalissade que d’affirmer que le vieux monde est derrière nous et que le nouveau émerge progressivement. Aller plus loin et comprendre la nature du changement est passionnant à condition d’être prudent, c’est entendu !
Pour vous, ami(e)s lectrices et lecteurs de 450 fm, j’ai recherché des travaux qui ont pu être effectués pour évaluer la relation entre une robotisation prévisible et le besoin d’ésotérisme en 2075.
Si on admet que l’ésotérisme regroupe les hypothèses qui ont trait à la connaissance des mystères, il est clair qu’à toutes les époques de l’histoire de l’humanité la pensée ésotérique a répondu à un besoin de comprendre ce que la raison n’expliquait pas. Rappelons que la pensée maçonnique rentre dans ce cadre de l’ésotérisme.
On définit ainsi ce que l’on appelle un besoin d’ésotérisme. Ce besoin d’ésotérisme englobe le besoin de spiritualité. On aurait pu croire qu’avec les découvertes scientifiques ce besoin d’ésotérisme aurait diminué et certains évoquaient même sa disparition. L’histoire récente montre qu’il n’en est rien ! La part des mystères dans l’aventure humaine semble toujours aussi inquiétante et l’ésotérisme semble apporter des réponses.
Six critères permettent de quantifier ce besoin d’ésotérisme :
Le sens : ce qui oriente, la nécessité pour toute personne d’avoir une raison de vivre dans son existence,
La transcendance : un rapport à l’ultime, la relation existentielle,
Les valeurs : ce qui caractérise le bien et le vrai chez la personne, ensemble de choses et d’êtres qui ont de l’importance dans la vie d’une personne,
L’identité : ce que l’on comprend de soi et de la place que l’on prend dans le monde et même face à l’au-delà,
L’appartenance : ce à qui et à quoi on se rattache. Quel type de relation et comment on se sent rejoint et soutenu dans sa vie et dans sa personne,
Le rituel : ce qui aide à marquer le temps, à célébrer les moments importants de la vie et de manifester ce qui est important dans la vie.
Plus l’attachement à ces critères sera fort plus le besoin d’ésotérisme sera important.
« La spiritualité qu’une personne éprouve pourrait se définir par la cohérence particulière qu’elle donne à connaître lorsqu’elle déclare son sens à l’existence, manifeste ses valeurs, désigne sa transcendance, reconnaît vivre en relation et exprime tout cela par des actions qui structurent sa vie. Cette cohérence fonde son identité et ce, dans sa relation au croire. »
Plusieurs auteurs ont publié des travaux sur ce sujet ; Certains n’étudient pas toujours l’« ésotérisme » au sens strict, mais expliquent pourquoi des groupes initiatiques/rituels « fonctionnent » socialement. Citons entre autres :
Antoine Faivre (1934 – 2021) est un historien français de l’ésotérisme. Il a été directeur d’études émérite de l’École pratique des hautes études (EPHE).) Il a posé une définition structurale de « l’ésotérisme occidental » (correspondances, nature vivante, médiations & imagination, transmutation, concordance, transmission).
Wouter J. Hanegraaff ((né en 1961) est professeur de philosophie de l’hermétisme et des courants affiliés à l’université d’Amsterdam, aux Pays-Bas. Il est également président de European Society for the Study of Western Esotericism (Société européenne pour l’étude de l’ésotérisme occidental)[1]. Il a publié un ouvrage réputé et exhaustif sur le New Age (source wikipedia)
Kocku von Stuckrad — (né en 1966) est un spécialiste allemand des sciences religieuses . Il est spécialisé dans l’ histoire européenne des religions et l’ étude académique de l’ésotérisme occidental ; il est en particulier l’auteur de « L’âme au XXe siècle : une histoire culturelle » . Paderborn : Wilhelm Fink 2019 (source wikipedia)
Danièle Hervieu-Léger — née en 1947 elle est une sociologue des religions française, directrice d’études à l’École des hautes études en sciences sociales , auteure de nombreux ouvrages dont « Des communautés pour les temps difficiles : néo-ruraux ou nouveaux moines », avec Bertrand Hervieu, préface de Jean Séguy, Paris, Le Centurion, 1981.
Georg Simmel — (1858 – 1918) philosophe et sociologue allemand, atypique et hétérodoxe, Georg Simmel dépasse les clivages, pratiquant l’interdisciplinarité. À l’encontre de Marx pour qui le social dérive de l’économique, Georg Simmel cherche dans l’individu et sa psychologie les fondements des phénomènes sociaux, le rôle du secret dans la cohésion et le pouvoir social.
La revue Aries : Journal for the Study of Western Esotericism (Brill) et sa Aries Book Series. etESSWE & ContERN (Contemporary Esotericism Research Network) publient aussi des études sur ce sujet.
La société international pour la science et la religion (International Society for Scienes et Religion) présidée par Niels Henrik Gregersen, professeur de théologie contemporaine à l’Université de Copenhague depuis 2004.
L’évaluation spirituelle permet de distinguer :
L’indifférence spirituelle : La personne n’a pas d’intérêt à réfléchir sur ce sujet. C’est l’état de celui qui ne se sent pas concerné par aucun des six indicateurs de la sphère spirituelle. Cette personne a des aspects spirituels mais ne s’y arrête pas. Il y a une insouciance ou peu d’aspiration.
Le bien-être spirituel : La personne vit en harmonie avec une cohérence et une intégration de sa situation dans tous ses indicateurs de la sphère spirituelle. Elle est sereine, avec une paix intérieure.
La fragilité spirituelle : La personne est en bien-être spirituel apparent. Ses ressources spirituelles l’aident et la soutiennent mais la personne n’a pas su bâtir des assises spirituelles solides pour affronter certaines interrogations.
Le désir ou la soif spirituelle : La personne est en recherche d’un bien-être spirituel, mais elle a besoin d’un soutien spirituel ou religieux qu’elle n’a pas encore trouvé. Elle a besoin de rester en lien avec ses ressources spirituelles et ses rituels religieux.
Le malaise spirituel : La personne commence à mettre en doute ses croyances, son identité, ses relations. Elle vit un ébranlement. C’est un début de questionnement face aux divers indicateurs de la sphère spirituelle et au système religieux. Elle peut vivre aussi des contradictions et des inquiétudes.
La souffrance spirituelle : La personne vit des conflits ou un déséquilibre en liens avec un ou plusieurs des indicateurs de la sphère spirituelle. Elle a le sentiment d’être trahie. Il y a altération de la confiance.
La détresse spirituelle : La personne se sent anéantie au niveau d’un ou de plusieurs des indicateurs de sa sphère spirituelle. Ces forces intérieures ne peuvent plus lui apporter secours. Elle peut vivre un retrait social. La vie n’a plus de sens.
Le vide spirituel : La personne vit un temps de sécheresse où ses références spirituelles et religieuses lui semblent absentes même jusqu’à douter de l’existence de cet aspect de sa personne. État d’une personne qui vit un isolement face à ce qu’elle est et ce qu’elle vit. Il n’y a rien d’autre que la maladie qui existe.
Qu’en sera-t-il demain ?
Demain s’annonce comme l’ère de la robotisation. Dans toutes les communautés, dans toutes les activités humaines, on peut penser que les robots vont imposer leur efficience technique.
La robotisation peut avoir une relation avec la spiritualité. A titre d’exemple je vous cite ce passa ge d’un article paru en
Témoignages et études de cas : les robots dans des rôles spirituels ou religieux
Il y a déjà des exemples fascinants de l’utilisation des robots dans des rôles spirituels ou religieux. En 2017, le temple Kodaiji à Kyoto a introduit « Mindar » un robot bouddhiste conçu pour donner des sermons. Mindar prêche sur l’amour, l’altruisme, et le karma, attirant l’attention de nombreux visiteurs.
Ces initiatives montrent combien la spiritualité et la technologie peuvent se mélanger d’une manière surprenante. Le personnel du temple affirme que Mindar offre un sermon cohérent, basé sur des textes anciens, tout en restant libre de toute imperfection humaine comme le biais personnel.
Cependant, il est essentiel de noter que la majorité des fidèles voient Mindar simplement comme un outil pédagogique et non comme une entité spirituelle indépendante. Cela souligne une frontière claire entre le rôle utilitaire des robots et la profondeur de l’expérience humaine.
En utilisant ces robots, nous pouvons inspirer des réflexions et renforcer notre compréhension de la spiritualité moderne. Mais nous devons aussi rester prudents et éviter toute confusion entre l’outil et le message qu’il transmet.
L’idée que les robots puissent un jour posséder une âme semble encore très éloignée de la réalité, mais ces innovations offrent de nouvelles perspectives fascinantes sur la foi, l’éthique, et notre rapport à la technologie. La clé est de continuer à explorer ces limites en gardant à l’esprit les implications humaines et spirituelles profondes.
La question que l’on peut se poser est de savoir si cette robotisation galopante va influer sur le besoin d’ésotérisme.
Quelles perspectives pour 2075 ?
Deux grandes catégories de situations peuvent être identifiées en précisant que de nombreuses situations intermédiaires pourraient se rencontrer.
Première hypothèse : La robotisation rassure.
Son efficience offre aux communautés un sentiment de protection. La robotisation prolonge l’âge de la vie, corrige les défaillances du cerveau et l’être humain rentre dans le transhumanisme et ses bienfaits. Le besoin d’ésotérisme serait minimal et concentré sur des publics focalisés.
Deuxième hypothèse : La robotisation/IA accroît le besoin d’ésotérisme par trois canaux majeurs :
Les tensions identitaires et le sens au travail permettent d’évaluer l’existence d’une altération du sens que chacun peut donner à son existence. La perte de sens peut être un préalable au recours à la pensée ésotérique.
La désintermédiation algorithmique des rapports sociaux (gestion par algorithme, plateformes), on considère généralement que L’intermédiation est une activité essentielle au fonctionnement de toute société. Les intermédiaires mettent en relation des personnes avec les biens ou les services dont elles ont besoin ou qui pourraient leur être utiles. La désintermédiation algorithmique risque donc d’introduire une phase de dérégulation propice aux inquiétudes.
La techno‑ritualisation (VR/AR, communautés en ligne) ouvre de nouveaux accès à la quête symbolique. « L’idée de la danse techno comme pratique rituelle néo-religieuse est très largement véhiculée par les sciences sociales (Maffesoli, Gauthier, Hampartzoumian) qui fondent ce rapprochement sur la recherche commune de l’extase et le partage de certaines caractéristiques formelles (répétitions, déhanchements, torsions, balancements, frappes…). » (sources : centre national de la danse)
L’ampleur de ce besoin pourrait dépendre de la confiance sociétale : pour une faible confiance, un besoin maximal serait prévisible.
Troisième hypothèse : L’ésotérisme est pris en charge par la robotisation
Lorsqu’on se rend compte qu’aujourd’hui déjà la place que l’intelligence artificielle prend dans la vie privée (voir l’article du Monde) on peut se demander si la robotisation ne va pas devenir un élément de la dynamique ésotérique.
Il pourrait en être de même dans la démarche maçonnique avec une intégration de la robotisation dans le déroulé du rituel. Un robot intelligent pourrait remplacer un officier et pourquoi pas un ou une vénérable. Il existe aujourd’hui une application d’intelligence artificielle imprégnée de préoccupations qui rentrent dans le cadre de l’ésotérisme : l’IA Sybil
« Sibyl AI propose des modèles d’IA sophistiqués, formés à la métaphysique et au bien-être, pour guider votre développement personnel, améliorer votre clarté mentale et libérer votre potentiel caché. développement personnel, d’améliorer la clarté mentale et de libérer le potentiel caché. » (sources : sibyls.ai)
Nul doute que cela va se développer.
En conclusion :
L’objet de cet article était d’évoquer les changements en cours dans nos sociétés et en particulier les répercussions de ce changements sur le besoin d’ésotérisme.
Cette année, nous sortons des Journées européennes du patrimoine avec un sentiment mêlé. En amont, canaux officiels et réseaux sociaux – grand public : Facebook, Instagram, X (ex-Twitter), Threads ; vidéo : YouTube ; pro & réseaux d’affaires : LinkedIn – ont bruissé d’invitations, de teasers et de vidéos.
Plusieurs Obédiences, au-delà de quelques articles dans la presse quotidienne régionale, ont multiplié annonces et prises de parole, jusque sur des radios à la veille du week-end, afin d’ouvrir largement les temples et d’inviter le public au dialogue.
Facebook GODF 22 septembre 2025
Le Grand Orient de France, de son côté, publiait un programme étendu par villes et Loges. Le Droit Humain relayait ses accueils et visites. La Grande Loge Féminine de France annonçait une journée de portes ouvertes commentées. Bref, une présence soutenue et très visible, destinée à capter l’attention du plus grand nombre de profanes.
À l’heure où nous écrivons, le Grand Orient de France a, lui, publié un premier bilan : 1100 visiteurs au Musée de la Franc-maçonnerie et un grand nombre de profanes à la découverte des temples de l’Hôtel Cadet, sous les auspices de la fraternité, de la concorde et de la paix.
C’est une bonne pratique à saluer. Pour les autres obédiences, aucun retour chiffré consolidé n’a encore été rendu public. En 2022, la GLDF avait communiqué après coup, images et témoignages à l’appui ; signe qu’un « retour d’expérience » est possible quand on le veut.
Où sont les bilans 2025 ? Alors posons calmement l’équerre sur la table :
le bruit n’a jamais fait de bien.
Si la foule n’est pas venue partout comme espéré, cherchons des causes plutôt que des boucs émissaires.
GLDF, musée – « musée de France »
Des causes possibles :
Saturation de l’offre : le week-end JEP concentre une profusion d’événements concurrents (archives, musées, écoles d’art, monuments nationaux), dont la puissance d’attraction dilue mécaniquement le flux ;
Message trop “interne” : nos annonces parlent souvent notre langue maçonnique ; elles enthousiasment les initiés, intriguent moins les familles et les curieux qui cherchent d’abord une promesse culturelle claire, un récit, une expérience ;
Distance symbolique : ouvrir une porte ne suffit pas, encore faut-il donner la clef. Certains formats restent perçus comme cérémoniels ou “en surplomb”, quand le public attend du sensible, du pédagogique, de l’immersif ;
Calendrier et géographie : des Temples très attractifs existent… mais parfois hors des flux naturels de promenade patrimoniale. Sans passerelles avec les institutions voisines, on se prive d’un ruissellement de visiteurs ;
Communication “push” sans preuve sociale : beaucoup d’annonces, peu d’aperçus concrets avant/après, peu de chiffres, peu d’histoires de visiteurs – donc peu d’effet d’entraînement.
GLDF, musée – « musée de France »
Des pistes très concrètes pour 2026
Un récit grand public par site. Pour chaque Temple ouvert, une promesse simple : “ce que vous allez voir, apprendre, ressentir en 20 minutes”. Afficher dès juin un mini-parcours illustré, avec un objet-totem par ville.
Des formats “main à la pâte”. Ateliers symboles pour enfants, mini-conf’ “démonter un rituel” en langage clair, cabinet de réflexion reconstitué à explorer, storytelling d’objets.
Des coalitions locales.Coprogrammer avec un musée voisin, un office de tourisme, une médiathèque, pour s’inscrire dans les circuits JEP déjà très fréquentés.
La preuve par le vécu. Avant l’événement : vidéos courtes “1 minute dans le Temple”, prises de parole d’un guide, d’un voisin, d’un visiteur de l’an passé. Après : un bilan public en 72 heures, même modeste, avec chiffres, photos, verbatims.
Horaires et flux intelligents. Créneaux early-bird (lève-tôt) et fin de journée, file rapide “familles”, réservation gratuite time-slot (créneau horaire) – mais les agences de communication ayant tendance à légèrement abuser des termes anglais… – quand c’est possible.
Accessibilité et médiation. Panneaux bilingues FR/EN, livret de visite clair, signalétique “avant/après” dans la même rue, QR codes vers une page d’explications simples.
Un ton d’hospitalité.Moins de slogans, plus de gestes : montrer l’atelier, la bibliothèque, la mémoire des lieux. Que la Loge apparaisse comme maison ouverte et non comme musée figé.
Mesurer pour progresser. Un tronc commun d’indicateurs (visites, taux de remplissage, questions les plus posées, retombées presse/réseaux) publié par chaque obédience, consolidé ensuite par la rédaction de 450.fm.
GODF – Hall Léon Bourgeois
Ce qui a bien fonctionné… Capitalisons !
Les teasers vidéo et invitations directes du Grand Maître GLDF ont donné un visage, une voix, un cap. Les pages événements de la GLDF, du GODF, de la GLFF et du Droit Humain montrent qu’une programmation lisible. Préservons cet élan… mais joignons-y le retour d’expérience public et partagé.
Nous ne plaidons pas pour le retrait, encore moins pour la discrétion honteuse. Nous plaidons pour la justesse. Dans nos Temples, la lumière se lève sans vacarme. Faisons de même dans l’espace public : moins de tambours, plus de musique. Ouvrons grand, expliquons mieux, accueillons autrement, et surtout rendons des comptes. C’est ainsi que la curiosité profane devient rencontre, et que la rencontre devient confiance.
GODF, musée de la franc-maçonnerie – « musée de France »
De notre confrère expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano
Chaque année, au retour de l’équinoxe d’automne, des rites sont célébrés, des discours sont prononcés, des passages banals et éculés de textes classiques sont cités, des formules latines qui ont désormais perdu tout leur mordant sont répétées. C’est comme si l’équinoxe était un décor de théâtre, à monter et à démonter de manière cyclique, sans vraiment ébranler le cœur de ceux qui le vivent. Mais n’est-ce pas précisément là le danger ? Transformer le vivant en liturgie automatique, le radical en habitude ?
L’équinoxe d’automne n’est pas une carte postale saisonnière anodine. C’est une coupure nette, une fissure dans le temps qui démasque l’homme. C’est le moment où la lumière recule et où l’obscurité s’installe, nous rappelant brutalement que la vie n’est jamais un bien acquis mais une conquête fragile, continuellement remise en question.
Beaucoup parlent de l’équinoxe comme du jour de l’équilibre , un équilibre qui évoquerait une harmonie paisible. Mais c’est une illusion domptée. L’équilibre que l’équinoxe nous impose est comme un couteau sur une lame : précaire, instable, prêt à céder.
C’est un équilibre troublant, car il révèle que la stabilité est toujours temporaire, jamais définitive.
En qualité moyenne, c’est un manet rare.
La vertu se trouve au milieu, mais y reste rarement.
Le franc-maçon qui se trompe en pensant avoir atteint l’équilibre intérieur grâce à son voyage initiatique commet une erreur présomptueuse. L’équinoxe lui rappelle que la véritable recherche n’est jamais une possession mais un processus et que toute conquête est vouée à l’échec. Il est trop facile de réduire l’automne à un déclin, à une lente descente vers l’hiver, vers le sommeil, vers la mort symbolique.
En réalité, l’automne est la seule saison qui ne ment pas : elle ne prétend pas être en croissance comme le printemps, elle ne se berce pas d’illusions sur l’éternité comme l’été, elle ne se cache pas dans l’obscurité totale comme l’hiver. L’automne est le miroir qui révèle la dure réalité du cycle : chaque fruit mûr porte en lui sa fin. Chaque récolte, aussi abondante soit-elle, est déjà marquée par le temps qui la consume.
Pour le Franc-Maçon, cette prise de conscience est à la fois dévastatrice et libératrice.
Dévastateur car il démolit la rhétorique consolatrice de la mère nature, toujours bienveillante. Libérateur parce qu’il nous invite à regarder notre chemin avec lucidité : la maturité n’est pas l’antichambre du repos, mais le règlement de comptes avec nos ombres, avec les œuvres inachevées, avec les incohérences que nous avons accumulées. Il n’y a pas de juge extérieur. Il n’y a pas de divinité pour établir un équilibre.
L’équinoxe d’automne est le tribunal intérieur où nous sommes contraints d’examiner le poids de nos choix, de nos silences, de notre lâcheté. La balance n’est pas un symbole abstrait, mais l’organe sensible de notre esprit : elle mesure ce que nous avons fait et, surtout, ce que nous avons évité de faire.
Un franc-maçon participant à une célébration équinoxiale devrait en ressortir bouleversé, perturbé, incapable de reprendre sereinement ses habitudes . S’il en ressort seulement rassuré, le rite aura été un échec. L’automne est souvent associé à l’obscurité qui s’installe, presque comme une menace. Mais la véritable menace n’est pas l’ombre : c’est l’attachement aveugle à la lumière.
Les ombres ne mentent pas, mais la lumière, si. La lumière aveugle quand elle devient une habitude, quand on ne la remet plus en question. La descente des ténèbres, au contraire, est une invitation à reconsidérer nos certitudes, à mettre en lumière ce que la lumière continue d’obscurcir.
Le Maçon ne doit donc pas craindre la nuit grandissante : il doit plutôt s’inquiéter de sa propre réticence à la traverser.
L’équinoxe d’automne, pris au sérieux, n’est pas une célébration, mais un acte de rébellion contre la somnolence spirituelle. C’est un rappel qui nous empêche de nous reposer dans notre propre lumière et nous force à descendre sans cesse dans les profondeurs.
C’est pourquoi, peut-être, il ne faudrait même pas le célébrer avec des ornements excessifs : cela risquerait de distraire. Peut-être devrait-il être vécu en silence, dans la solitude, comme un défi personnel, loin des paroles déjà prononcées par d’autres.
Je ne vous demande pas de contempler poétiquement les feuilles qui tombent. Je ne vous demande pas de citer des textes canoniques. Je vous le demande : de quoi lâchez-vous prise aujourd’hui ? Quels masques, quelles illusions, quelles certitudes décidez-vous de sacrifier ?
Car l’équinoxe n’est pas extérieur, mais intérieur. Ce n’est pas le soleil qui se couche : c’est vous qui devez vous coucher. Ce n’est pas la nuit qui avance : ce sont vos défenses qui doivent s’effondrer. Si l’équinoxe de cette année ne vous met pas mal à l’aise, s’il ne vous fait pas trembler au moins un peu, alors vous ne l’avez pas vécu. Vous ne ferez que participer à un rituel vide de sens.
Le 27 septembre 2025, à 14h00, la Grande Loge Féminine de France ouvrira exceptionnellement ses portes au public à Paris, lors de l’événement Temple Ouvert. Cet événement unique offre une opportunité rare aux profanes, et notamment aux femmes, de découvrir l’univers de la franc-maçonnerie féminine et d’assister aux travaux des Francs-maçonnnes. Loin d’être une simple vitrine, cette manifestation permet d’observer des planches authentiques, présentées par leurs auteures, telles qu’elles sont réalisées en loge, suivies d’échanges avec le public.
Un programme riche et diversifié
L’événement se décline en plusieurs ateliers thématiques, chacun se tenant dans un « Temple » distinct :
Temple 2 : La Rencontre, Hasard ou Destin ? Cette session explore la notion de rencontre et d’altérité, avec une plongée musicale et historique dans l’émergence du jazz et de la franc-maçonnerie noire dans l’Amérique ségrégationniste.
Temple 3 : Engagement Initiatique et Engagement Citoyen Ce thème interroge le lien entre l’engagement personnel et la citoyenneté, soulignant une dynamique réciproque. Une réflexion sur les « Barbares » complète le propos : une figure universelle, où chacun peut être le barbare de quelqu’un d’autre.
Temple 4 : Fraternité Inspirée par Victor Hugo (« La liberté c’est le droit, l’égalité c’est le fait, la fraternité c’est le devoir »), cette session aborde la fraternité comme un devoir, enrichie par une exploration de la musique, de la science et de l’égrégore, citant Oscar Wilde : « La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe. »
Modalités pratiques
GLFF, rue du couvent
L’événement se tiendra au 4, cité du Couvent, 75011 Paris, accessible via le métro Charonne ou les bus 46, 56 et 76. L’inscription est obligatoire et doit être effectuée par email à temple.ouvert.75@gmail.com, en précisant le numéro du Temple choisi. Un contact téléphonique (06 80 92 97 25) est également disponible pour plus d’informations.
Une Occasion de Mieux se ConnaîtreTemple Ouvert n’est pas une simple exposition, mais une invitation à dialoguer et à mieux comprendre les valeurs et les réflexions portées par la Grande Loge Féminine de France. Cet événement promet d’être un moment d’ouverture et d’échange, dans un cadre à la fois solennel et accessible.
Ne manquez pas cette occasion unique de découvrir la franc-maçonnerie féminine de l’intérieur !
Nous avons d’abord voulu remercier le Groupe de Recherche Alpina (GRA) qui nous a conviés à célébrer le jubilé de ses quarante ans. La journée s’est déployée sous le signe du partage fraternel, avec un conférencier allemand, un conférencier belge, un conférencier suisse et un conférencier français.
Masonica GRA
En tant que membre de la Grande Loge de France, nous avons été très honoré de prendre la parole et d’apporter notre pierre à cet anniversaire de travail et de mémoire.
Blason GLDF
Il nous plaît de rappeler ici les liens qui unissent la Respectable Loge Jean Scot Érigène n°1000, Loge de recherche de la Grande Loge de France, et le Groupe de Recherche Alpina, avec lequel nous avons conclu une convention qui rend nos échanges plus féconds et plus réguliers.
Le matinée s’est ouverte sur une rétrospective qui retraçait quarante années d’histoire et d’activités du GRA, déjà si riches et si structurantes. Puis un panorama des travaux et des publications des organismes de recherche maçonnique d’Europe continentale a permis de mesurer l’ampleur des chantiers menés en Allemagne, en Suisse, en France et en Belgique. Nous sommes ensuite intervenu sur le thème « Presse et Franc-Maçonnerie, un dialogue conflictuel », pour questionner les malentendus récurrents, les représentations depuis trois siècles, et les voies d’un rapport plus juste entre le secret initiatique et l’espace public.
logo-GRA-Alpina
Si des ouvrages ont été publiés en France comme en Belgique pour donner à voir la beauté de nos Temples, celui que nous présentons ici, paru en 2014 en Suisse, demeure trop peu connu. Nous espérons contribuer à mieux faire connaître les demeures intérieures de nos très chers Frères suisses et l’intelligence symbolique de leurs architectures. C’est à cette porte discrète que nous frappons maintenant, pour entrer avec mesure et reconnaissance.
Derrière elle, la Suisse maçonnique se déploie comme une constellation de maisons intérieures. Nous avançons dans des espaces où chaque ligne a valeur de conduite morale, où la lumière est réglée comme une respiration, où les objets cessent d’être des objets pour devenir des compagnons. L’équerre n’est pas posée pour faire signe, elle tient la douceur d’une droiture qui n’humilie pas. Le compas n’est pas ouvert pour le décor, il protège une ouverture qui ne se disperse jamais. Ce livre nous apprend à lire un Temple comme une grammaire du cœur, à écouter le pavé mosaïque comme une musique du pas, à reconnaître dans les colonnes non des masses mais deux personnes de pierre qui veillent au devenir de l’âme.
La Suisse révèle ici sa manière propre d’habiter l’initiation. Nous percevons une rigueur qui ne glace pas, une sobriété qui n’appauvrit rien, une pudeur qui refuse l’ostentation sans jamais renoncer à la beauté. Les salles paraissent simples et pourtant s’approfondissent en systèmes très précis. L’Orient recueille l’aurore, l’Occident garde la mémoire du couchant, la voûte étoilée ramène l’Atelier sous le ciel. Les dais racontent l’autorité comme un service, les bannières condensent l’âme d’une loge en une image qui oblige. Les restaurations successives, les motifs retouchés ou conservés disent la fidélité vivante d’une tradition qui change pour rester elle-même. Nous ne visitons pas un musée, mais un organisme qui respire à la mesure des travaux.
L’Union des Cœurs
Le volume présente 24 loges maçonniques suisses parmi les plus remarquables par leur architecture et leur décor. Chaque atelier bénéficie d’un texte historique et descriptif accompagné de photographies récentes, soit 267 illustrations, qui permettent de saisir l’équilibre subtil entre la permanence du rite et l’inventivité des lieux. Certaines loges se lèvent comme des pierres d’angle. À l’Orient de Genève, L’Union de Cœurs relie l’intériorité du Temple à l’humanisme de la cité.
Blason de Neuchâtel
À celui de Neuchâtel – citée pour la première fois en 1010 –, La Bonne Harmonie manifeste jusque dans l’équilibre des volumes la rencontre de la rigueur géométrique et de l’accueil fraternel. À Lausanne – quatrième ville du pays en nombre d’habitants après Zurich, Genève et Bâle –, La Liberté proclame dans son nom même un programme, et son architecture épurée oriente vers l’avenir. À l’Orient de La Chaux-de-Fonds – commune fondée en 1656 et renommée pour son horlogerie et sa microtechnique –, L’Amitié transforme le Temple en cadran spirituel où chaque frère règle sa marche sur le temps juste de la conscience. À noter que le bâtiment daté de 1845 est classé monument historique par le canton et la Confédération.
Temple de la Loge L’Amitié
La photographie accompagne ce dévoilement avec patience et respect. Elle cadre, recule, approche, sans fétichiser. Le noir et blanc restitue la structure, la couleur souligne la densité du présent. Regarder devient exercice, presque ascèse. Les portes enseignent la pudeur d’entrer, le parvis fait taire la vanité, les marches imposent lenteur, les emblèmes bibliques pacifient la mémoire religieuse et l’ouvrent à l’universel. Nous sortons convaincus qu’un Temple bien construit soutient la liberté plus sûrement que bien des discours.
L’ouvrage rappelle une évidence que nos débats oublient parfois : la précision des lieux. Placer un siège, régler une lumière, déposer un maillet, déplier une bannière, cela relève d’une discipline intérieure. L’architecture maçonnique n’est pas une allégorie plaquée mais un équipement de la conscience, une école de l’allure, une discipline du souffle. La discrétion helvétique n’efface rien, elle protège la flamme du spectaculaire inutile.
Catherine Courtiau, historienne de l’art, et Michael Leuenberger, collaborateur scientifique de la Société d’histoire de l’art en Suisse, signent ici un volume qui conjugue rigueur documentaire et sensibilité initiatique. Catherine Courtiau a consacré ses recherches aux programmes iconographiques et aux objets du Temple, inscrivant la franc-maçonnerie dans l’histoire des arts appliqués et des espaces sacralisés. Ensemble, ils offrent un ouvrage qui ne force pas les salles mais les écoute, qui ne plaque pas un système mais révèle une grammaire commune.
Logo SSK
Il faut aussi rappeler l’histoire de l’éditeur. La Société d’histoire de l’art en Suisse (SHAS), appelée en allemand Gesellschaft für Schweizerische Kunstgeschichte (GSK), fut fondée en 1880 à Zofingue sous le nom de « Société patriotique pour la conservation des monuments historiques ». Née du désir d’endiguer les destructions causées par l’industrialisation, elle a œuvré pour préserver les monuments, rassembler les œuvres d’art, éveiller la conscience patrimoniale et soutenir les artistes. En 1934, elle prit le nom actuel de SHAS et demeure aujourd’hui une référence dans le domaine éditorial, publiant de remarquables collections comme « Pages blanches », dont ce volume constitue le quatrième tome. Héritière d’un idéal patrimonial et artistique, la SHAS conjugue sauvegarde et transmission, conservant les traces pour mieux éclairer l’avenir.
GLSA – 1 rue du Petit-Beaulieu à Lausanne (Confédération suisse)
Nous refermons le livre avec une paix active. La Suisse maçonnique qui s’y révèle n’est ni cachée ni exhibée. Elle habite ses maisons de l’esprit avec une justesse qui rend la fraternité praticable. Les voûtes étoilées nous enseignent l’humilité du regard, les colonnes nous soufflent la patience du temps, le pavé mosaïque nous réapprend l’égalité en mouvement. Lorsque nous retournerons à nos propres ateliers, nous emporterons cette méthode simple et haute : travailler avec mesure, accueillir sans se dissoudre, orienter sans contraindre. Alors la pierre devient maître, la mémoire devient avenir, la maison de l’homme respire à hauteur d’étoiles.
Drapeau de la Suisse
Loges maçonniques de Suisse, architecture et décors
Catherine Courtiau et MichaelLeuenberger
Société d’histoire de l’art en Suisse (SHAS/GSK), coll. Pages blanches, 2014, 192 pages, 267 illustrations – Édition bilingue allemand-français, CHF 80 – (CHF 65.– pour les membres de la SHAS) – ISBN 978-3-03797-132-1