En 2022, il avait surpris le monde catholique en inaugurant une loge maçonnique à Terni (région Ombrie en Italie). Quatre ans plus tard, Mgr Francesco Antonio Soddu est promu archevêque de Sassari, en Sardaigne, par le pape Léon XIV. Une nomination hautement symbolique qui interroge le rapport entre l’Église et la franc-maçonnerie.

Du geste controversé à la reconnaissance pontificale
La nouvelle est tombée le 21 février 2026 : selon le Bulletin du Saint-Siège, Mgr Francesco Antonio Soddu, jusqu’alors évêque du diocèse de Terni-Narni-Amelia, a été nommé archevêque métropolitain de Sassari, en Sardaigne.
Cet homme d’Église n’est pas un inconnu : le 27 septembre 2022, il avait participé à l’inauguration du nouvel immeuble du Grand Orient d’Italie à Terni, aux côtés du Grand Maître le Très Respectable Frère Stephano Bisi, du maire et de plusieurs responsables locaux.

Son geste, alors salué par les uns comme un signe de fraternité civique et condamné par d’autres comme une entorse à la discipline ecclésiale, avait déclenché une vive polémique dans les milieux ultraconservateurs catholiques, en Italie comme en France.
Un évêque du dialogue et de la charité
Face aux critiques, Mgr Soddu avait rappelé qu’il s’agissait avant tout d’honorer un esprit de dialogue et de lutte contre les préjugés.
Ancien directeur national de Caritas Italiana, il a toujours incarné une pastorale sociale de proximité, davantage tournée vers la rencontre que vers la condamnation.

Originaire de Sassari, il revient aujourd’hui dans son diocèse natal avec le titre d’archevêque métropolitain, soutenu par le pape Léon XIV, qui prolonge la ligne d’ouverture amorcée depuis le pontificat de François.
Une nomination à double lecture
Les observateurs s’accordent à reconnaître dans cette promotion un double message.
D’un côté, une continuité logique : celle d’un prélat fidèle à l’esprit évangélique d’écoute et de fraternité universelle.
De l’autre, un possible signal adressé à la société civile, y compris à des milieux historiquement distants de Rome : une invitation à repenser les frontières du dialogue interconvictionnel, où la franc-maçonnerie occupe une place singulière.

Le site Infovaticana, proche des milieux conservateurs, a relevé que cette décision traduit « une volonté assumée du pape Léon XIV de dépasser des débats jugés anachroniques ».
Un pas discret sur le chemin de la réconciliation symbolique ?

En nommant un prélat dont la trajectoire incarne l’ouverture et la fraternité active, Léon XIV semble donner corps à une vision apaisée des relations entre l’Église et le monde maçonnique.
Sans renier la doctrine, Rome paraît désormais privilégier le dialogue des consciences sur la bataille des condamnations.
À Terni, le geste de 2022 semblait isolé ; à Sassari, il devient peut-être le jalon d’une révolution silencieuse.

Quand l’Église discute avec la Franc-maçonnerie régulière et de tradition : le dossier enfin révélé
