Ah, mes chers frères et sœurs, quel début de semaine ! J’espérais vous livrer une réflexion sereine sur la fraternité éternelle, mais voilà que mon week-end a été gâché par un casse-tête maçonnique. Figurez-vous qu’un énergumène de notre loge va bientôt prendre la porte – pour des raisons que je vous épargne, histoire de ne pas ruiner votre café du matin. Mais la question qui me taraude : une fois viré de chez nous, restera-t-il dans l’obédience ? Et surtout, sera-t-il toujours Franc-maçon ? Parce que, soyons honnêtes, on ne le « désinitie » pas comme on efface un tatouage raté. La question : Initiation éternelle ou adhésion temporaire ?

Réfléchissons un instant, avec ce brin de cynisme qui nous caractérise. Quand on initie quelqu’un, c’est pour la vie, non ? Voire au-delà, jusqu’à l’Orient éternel, où l’on se retrouve tous à tailler la bavette avec les anciens bâtisseurs.
Mais si le lascar démissionne de sa loge et de l’obédience, il n’est plus membre d’aucune structure ; pourtant, il garde son tablier imaginaire au fond du placard. Franc-maçon à vie, comme un abonnement Netflix qu’on ne peut pas résilier ?
J’en perds mon rituel, avec tout ça. Peut-être qu’il nous faudrait inventer une petite cérémonie de « rupture de serment » – un rituel inversé, avec des symboles à l’envers et un maillet en mousse pour ne pas faire mal. Histoire de libérer les repentis qui préfèrent se consacrer à des hobbies plus terre-à-terre, comme le jardinage ou la politique.
La migraine maçonnique
Tout cela me donne la migraine, franchement. À force de cogiter sur ces histoires d’appartenance éternelle, j’en viens à me demander si je ne devrais pas démissionner moi-même – juste pour tester la théorie !
Imaginez : le vénérable maître qui claque la porte, et qui reste Franc-maçon dans l’âme, errant comme un fantôme symbolique. Allez, rions-en un peu ; après tout, la Franc-maçonnerie, c’est aussi savoir tailler la pierre avec humour.
À la semaine prochaine, si je n’ai pas filé à l’anglaise.
