GL-AMF : 4 candidats pour la Grande Maîtrise, 10 pour les fonctions d’Assistants Grand-Maître

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Les 17 et 18 octobre prochains, la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française entrera dans une séquence électorale majeure. Le Conseil des Sages vient de déclarer recevables quatre candidatures à la Grande Maîtrise et dix candidatures aux fonctions d’Assistant Grand Maître. Deux ordonnances datées du 4 août 2026 dessinent désormais officiellement le paysage du scrutin.

La campagne peut véritablement commencer

À un peu plus de deux mois des élections prévues les 17 et 18 octobre 2026, le Conseil des Sages de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) a rendu publiques deux ordonnances qui donnent désormais leur physionomie officielle aux prochaines échéances électorales de l’Obédience.

La première, l’ordonnance n° 2026-06, porte sur l’élection du prochain Grand Maître. Après vérification de la conformité des dossiers avec les Statuts et Constitutions ainsi qu’avec le Règlement général de la GL-AMF, quatre candidatures ont été déclarées recevables.

Quatre noms, donc, pour une fonction qui demeure naturellement le centre de gravité institutionnel d’une Grande Loge. À ce stade, le Conseil des Sages ne porte évidemment aucun jugement sur les projets, les sensibilités ou les orientations des candidats : son intervention relève strictement du contrôle de recevabilité. Mais en validant officiellement ces quatre dossiers, il ouvre une nouvelle étape de la vie de l’Alliance.

Le temps administratif s’efface désormais devant celui du débat, des projets, des choix et, bientôt, des urnes.

Dix candidatures autour de la future Grande Maîtrise

La seconde ordonnance, numérotée 2026-07, concerne les candidatures aux fonctions d’Assistant Grand Maître.

Le Conseil des Sages y déclare recevables celles de dix candidatures.

Les noms sont suivis du rites pratiqués. par les Frères qui candidatent : R.E. pour le Rite Émulation, R.E.A.A. pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, R.E.R. pour le Rite Écossais Rectifié, R.F. pour le Rite Français, R.M.M. pour le Rite de Memphis-Misraïm, R.S.E. pour le Rite Standard d’Écosse et R.Y. pour le Rite York.

Cette précision n’est pas anecdotique. Elle touche au cœur même de l’organisation de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française, plus simplement appelée « l’Alliance », qui rassemble sept Maisons de Rite.

La liste des candidats aux fonctions d’Assistant Grand Maître offre ainsi, presque en raccourci, une photographie de cette pluralité rituelle. Derrière quelques initiales se dessine toute une géographie initiatique : sept traditions, sept sensibilités, sept façons d’ordonner l’espace du Temple, de transmettre les symboles et de mettre l’homme au travail sur lui-même, réunies sous une même voûte institutionnelle.

Le futur exécutif de l’Alliance n’aura donc pas seulement à administrer une Obédience. Il lui appartiendra aussi de préserver cet équilibre entre des cultures rituelles différentes qui, loin d’être accessoires, constituent l’un des traits particuliers de son identité.

Le Conseil des Sages, gardien de la procédure

Les deux ordonnances se placent explicitement sous l’autorité des Statuts et Constitutions adoptés le 22 mai 2016, notamment de l’article 29-4 du Livre 3, ainsi que du Règlement général et de ses articles 23, 26-1, 26-3 et 26-4.

Le vocabulaire est ici celui du droit interne : contrôle de conformité, délibération, recevabilité. Rien dans les deux textes ne permet encore de connaître les programmes, les éventuels rapprochements ni les orientations respectives des candidats.

Et c’est précisément à cet endroit que commence le véritable débat.

Car une élection maçonnique ne saurait se réduire à une bataille de personnes, à quelques équilibres de couloirs ou à une distribution de cordons. Elle engage nécessairement une conception de l’Obédience, de son fonctionnement, de la relation entre l’exécutif et les Loges, mais aussi de la manière dont une Grande Loge entend se projeter dans le paysage maçonnique des années à venir.

À l’Alliance, le rendez-vous des 17 et 18 octobre sera donc autant celui des hommes que celui des orientations.

Des dossiers destinés à disparaître

Un détail administratif mérite également d’être relevé. Dans chacune des deux ordonnances, le Conseil des Sages rappelle qu’en application du RGPD, les dossiers de candidature ne pourront être conservés au-delà d’un délai d’un mois suivant la proclamation des résultats ou, le cas échéant, après le règlement d’un éventuel recours.

Les deux textes ont été établis à Clichy, le 4 août 2026 et portent les noms de J∴ Lav∴, secrétaire du Conseil des Sages, et de J∴ C∴ Vas∴, son président. L’ordonnance consacrée à la Grande Maîtrise prévoit sa diffusion à l’ensemble des Frères et comporte cette mention très explicite : « À lire en Loge ».

À quelques semaines du scrutin d’octobre, l’information est ainsi appelée à descendre jusqu’au cœur des ateliers.

Une formule administrative en apparence anodine, mais qui rappelle une évidence maçonnique : avant que le vote ne tranche, encore faut-il que les Frères sachent qui se présente et que la parole puisse circuler.

La bataille des projets peut commencer

Depuis le 4 août, la GL-AMF connaît donc officiellement les quatre Frères susceptibles d’accéder à sa Grande Maîtrise ainsi que les dix candidats aux fonctions d’Assistant Grand Maître.

Les dossiers sont désormais validés. Les noms sont connus. Restent les programmes, les visions, les tempéraments et cette capacité, toujours difficile à mesurer avant l’épreuve du pouvoir, à rassembler plutôt qu’à simplement conquérir.

Le Conseil des Sages a vérifié les dossiers. Aux candidats, désormais, de convaincre. Aux Loges d’écouter. Aux électeurs de choisir.

Et comme souvent en Franc-Maçonnerie, derrière le bulletin glissé dans l’urne se joue quelque chose de plus qu’un nom : une certaine idée de l’Obédience que l’on veut construire pour les années qui viennent.

4 Commentaires

  1. Bonjour,
    Je suis un F. de la GLNF, arrivé en 2014, donc après les « événements » qui ont provoqué la scission de la GLNF et le départ des FF.
    Je n’ai donc pas été partir prenante des « affaires S. ».
    Nous avons eu des GM qui ont restauré la confiance de la maçonnerie au point d’avoir redonné la régularité. Je crois que nous continuons dans cette voie.
    Mais je crois comprendre, que certains FF. ont encore des aigreurs sur ce qui s’est déroulé. Encore une fois je n’étais pas présent. N’est ce pas le temps, des deux côtés, car comme dans toute situation, tout n’est pas blanc ni noir, comme notre pavé mosaïque, de se mettre du côté du FM et non pas du profane. Reprenons nos rituel de réception au 1er grade (hé oui je suis rectifié) :
    « Mon Frère, si vous aperceviez dans cette loge un de vos ennemis; seriez-vous prêt à lui pardonner ?
    L’Apprenti répond affirmativement »
    Montrons-nous un peu au-dessus du profane qui est reçu apprenti, sinon je crains que nous n’ayons rien compris et que notre travail sur la pierre brute ne soit que très parcellaire et que l’égo n’ait pas du tout été maitrisé !
    Je ne pense pas que la GLNF demande à ce que tous les FF de la GLAMF réintègrent leur obédience d’origine. Ces conférences sont simplement un moyen fraternel de retisser le contact entre nous.

  2. À L’Alliance, Pierre Lucet : clap de fin. Il était temps !
    Il est des fins de mandat qui appellent la reconnaissance. D’autres provoquent surtout un soupir de soulagement.
    Avec cette première édition des Ateliers de l’Universel organisée avec la GLNF, annoncée pour le mardi 13 octobre 2026 à la Maison des Maçons à Pisan, Pierre Lucet aura finalement trouvé une manière assez spectaculaire de signer sa sortie : faire passer pour une avancée ce qui ressemble furieusement à un retour en arrière.
    Car enfin, il faudrait peut-être cesser de prendre les Maçons pour des amnésiques.
    Certains d’entre nous ont quitté la GLNF.
    Pas sur un coup de tête. Pas parce que la moquette du Temple leur déplaisait. Pas davantage parce qu’ils avaient oublié le sens du mot fraternité. Ils l’ont quittée parce qu’ils ne se reconnaissaient plus dans certaines orientations, certaines pratiques et une certaine manière de concevoir l’institution maçonnique.
    Et voilà qu’aujourd’hui, sous le beau vocable d’« Universel », on nous explique qu’il faudrait applaudir des retrouvailles institutionnelles.
    Magnifique tour de passe-passe.
    En Franc-Maçonnerie comme ailleurs, il suffit parfois de changer l’étiquette du flacon pour tenter de faire oublier ce qu’il contenait.
    On parlera donc de « dialogue ».
    De « fraternité ».
    De « rassemblement ».
    De « dépassement des clivages ».
    Tous les mots nobles seront convoqués.
    Il ne manquera bientôt que « chaîne d’union » et « centre de l’union » pour transformer une opération de rapprochement institutionnel en nouvelle Pentecôte maçonnique.
    Mais les mots n’effacent pas l’histoire.
    Et surtout, la fraternité n’oblige nullement à l’amnésie.
    Un Maçon peut respecter un Frère appartenant à une autre Obédience sans avoir la moindre envie de renouer institutionnellement avec celle-ci. C’est même précisément cela, la liberté maçonnique : savoir distinguer l’homme de l’appareil, le Frère de l’institution, la chaîne d’union des petits arrangements entre obédiences.
    Pierre Lucet aura donc voulu bâtir des ponts.
    Fort bien.
    Encore faudrait-il vérifier où ils conduisent.
    Car lorsqu’un pont vous ramène exactement sur la rive que vous aviez volontairement quittée, cela ne s’appelle plus vraiment avancer. Cela ressemble davantage à un demi-tour.
    Et pour ceux qui sont partis de la GLNF en sachant exactement pourquoi ils partaient, la perspective est assez simple : nous ne sommes pas partis pour y revenir quelques années plus tard en empruntant une passerelle décorée du mot “Universel”.
    L’universalisme maçonnique mérite mieux qu’un jeu de chaises musicales entre appareils obédientiels.
    Il devrait être exigence de conscience, liberté absolue de jugement, refus des dogmatismes et capacité à rencontrer l’autre sans avoir besoin de remettre les institutions à table pour se convaincre que les Frères peuvent se parler.
    Alors oui, Pierre Lucet : clap de fin.
    Et puisqu’un Maçon est censé apprendre que tout voyage initiatique transforme celui qui l’accomplit, il restera peut-être de ce mandat cette savoureuse leçon : partir est parfois un acte de liberté ; revenir au même endroit en appelant cela “l’Universel”, c’est surtout avoir oublié pourquoi l’on était parti.

    • Hé bé… Cette longue diatribe m’interpelle. Quel en est réellement l’intérêt, et surtout, quelle crainte cherche-t-elle à exprimer ? Une crainte personnelle, peut-être, ou simplement le poids de vieilles aigreurs qui ont parfois du mal à disparaître…

      Aujourd’hui, près de 50 % des Frères de la GLNF n’étaient pas présents lors de la crise que nous avons traversée. Une crise qui a fait énormément de mal à notre Obédience, mais aussi, plus largement, à la Franc-Maçonnerie.

      Depuis 2012, notre Obédience a retrouvé, me semble-t-il, beaucoup de calme et de fraternité. Bien sûr, on pourra toujours me répondre qu’il existe encore, de temps en temps, des difficultés. Mais trouvez-moi une seule structure au monde dans laquelle la nature humaine ne finit pas par refaire surface, avec ses différences, ses sensibilités, ses difficultés… et parfois les ego de certains qui, malheureusement, ne parlent qu’en leur nom et pour leurs propres intérêts.

      Qu’il s’agisse de Frères de la GLNF ou de la GLAMF, il arrive un moment où l’intérêt personnel doit savoir être mis de côté, pour laisser place à quelque chose de plus important : la Fraternité.

      Ici, il s’agit simplement d’une conférence commune, comme nous avons l’habitude d’en organiser avec le GODF ou la GLDF. C’est un beau moment de rencontre, d’échange, de respect et, je le crois sincèrement, de fraternité.

      Si certains Frères, quels qu’ils soient, n’arrivent pas à l’imaginer, à le comprendre ou surtout à prendre suffisamment de hauteur, alors oui, cela m’inquiète.

      Cette histoire remonte maintenant à quinze ans. Beaucoup de Frères ont souffert, dans tous les « camps ». Pour ma part, je n’ai rien oublié de certaines choses qui ont été faites par des Frères de la GLNF, mais aussi par certains Frères de la GLAMF avant leur départ. Ce furent des moments difficiles, parfois même terribles, que je ne souhaite évidemment plus jamais revivre.

      Mais justement… peut-être est-il temps de savoir se parler autrement.

      Sans procès d’intention, sans imaginer à l’avance ce que l’autre pense ou ce qu’il pourrait vouloir. Simplement en Franc-Maçon, avec suffisamment de recul pour comprendre que nous avons tous vécu cette période différemment.

      Alors rencontrons-nous, parlons-nous et avançons. C’est peut-être aussi cela, la Fraternité.

      Ce sera mon seul message sur le sujet. En « spécialiste » des réseaux sociaux 😉, j’imagine déjà certaines réponses et je ne rentrerai donc pas dans un débat sans fin. Trop d’énergie à dépenser pour cela !

      En revanche, ceux qui me connaissent savent qu’ils peuvent m’écrire directement. Et là, bien évidemment, je prendrai le temps de répondre. 🙏

      • Pourquoi être venu sur un blog pour « faire la leçon » à un frère d’une autre obédience , puis déclarer avec suffisance que seuls vos affidés pourront continuer « fraternellement » de débattre avec vous ?
        La véritable fraternité c’est le respect de la différence et non votre propagande…

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Pierre d’Allergida
Pierre d’Allergida
Pierre d'Allergida, dont l'adhésion à la Franc-Maçonnerie remonte au début des années 1970, a occupé toutes les fonctions au sein de sa Respectable Loge Initialement attiré par les idéaux de fraternité, de liberté et d'égalité, il est aussi reconnu pour avoir modernisé les pratiques rituelles et encouragé le dialogue interconfessionnel. Il pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté et en a gravi tous les degrés.

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