Louis Doignon (Grand Maître de la GLDF)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Haut fonctionnaire des assurances sociales, militant socialiste et maire de Chef-Boutonne, Louis Doignon fut à quatre reprises grand maître de la Grande Loge de France entre 1933 et 1963. Président de l’Association maçonnique internationale avant la guerre, partisan d’un rapprochement avec la maçonnerie anglo-saxonne, il quitta l’obédience en 1965 pour la Grande Loge nationale française.

Un bâtisseur de la protection sociale

Louis Eugène Pierre Doignon commence sa carrière comme agent des Postes, télégraphes et téléphones. Installé à Paris en 1919, il entre au cabinet de Gaston Vidal, puis au ministère de la Marine marchande auprès d’Alphonse Rio et au cabinet de Joseph Paul-Boncour. Directeur adjoint, puis directeur de l’Office régional de la main-d’œuvre de Paris, il participe en 1930 à la mise en place de l’administration des assurances sociales, ancêtres de l’assurance maladie, et devient directeur au ministère du Travail en 1935.

Révoqué par le régime de Vichy en octobre 1940 alors qu’il dirige les assurances sociales, il se cache en Dordogne pendant la guerre et regagne Paris à la Libération.

Un militant socialiste en Deux-Sèvres

Candidat malheureux en 1925 dans le quartier parisien de Plaisance, Louis Doignon s’enracine après la guerre dans les Deux-Sèvres. Maire de Chef-Boutonne à partir de 1947, réélu en 1953 et 1959, il préside l’association des maires du département de 1951 à 1956. Élu conseiller général SFIO en 1951, il ne retrouve pas son siège en 1958 et échoue aux législatives de 1951 et 1956. Délégué aux congrès nationaux de la SFIO en 1949 et 1950, il meurt à Chef-Boutonne.

Quatre grandes maîtrises

Initié en 1906 dans la loge « Les Amis de l’Ordre » de la Grande Loge de France, Louis Doignon entre au Conseil fédéral et accède une première fois à la grande maîtrise en 1933, puis de 1935 à 1938, en alternance avec Michel Dumesnil de Gramont. Avant la guerre, il préside l’Association maçonnique internationale et signe une lettre au président Roosevelt proposant une action commune pour la préservation de la paix ; il garde en revanche ses distances avec le soutien maçonnique aux républicains espagnols.

Rappelé à la grande maîtrise de 1952 à 1955 puis de 1961 à 1963, il plaide pour un rapprochement avec la maçonnerie anglo-saxonne et pour la référence déiste, et cherche sans succès une union avec la Grande Loge nationale française.

Le départ de 1965

Lorsque la Grande Loge de France s’engage en 1965 dans un rapprochement avec le Grand Orient de France, Louis Doignon quitte l’obédience qu’il a dirigée à quatre reprises. Il rejoint la Grande Loge nationale française avec environ un millier de frères, sans y exercer de fonction majeure. Cet épisode éclaire durablement le débat sur la régularité et sur l’identité de la maçonnerie écossaise française.

Repères

  • Décès : Chef-Boutonne (Deux-Sèvres)
  • Profession : Haut fonctionnaire (assurances sociales, ministère du Travail)
  • Mandats politiques : Maire de Chef-Boutonne (élu en 1947, réélu en 1953 et 1959) ; conseiller général SFIO (1951-1958)
  • Obédience : Grande Loge de France, puis Grande Loge nationale française (1965)
  • Fonction : Grand maître de la Grande Loge de France
  • Mandat(s) : 1933-1934 ; 1935-1938 ; 1952-1955 ; 1961-1963
  • Loge(s) : Les Amis de l’Ordre (initiation, 1906)

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Grande Loge, Régularité, Vichy et héritages antijudéo-maçonniques.

Pour aller plus loin sur 450.fm

Tous les articles de 450.fm sur la Grande Loge de France : 450.fm/tag/gldf/

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES