Emmanuel de Las Cases (Grand Maître adjoint du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Fils du mémorialiste de Sainte-Hélène, compagnon d’exil de Napoléon dès l’adolescence puis député du Finistère pendant toute la monarchie de Juillet, Emmanuel de Las Cases (1800-1854) a été premier Grand Maître adjoint du Grand Orient de France de 1842 à 1846. Il succède à Alexandre de Laborde à la tête effective d’une obédience toujours privée de Grand Maître en titre.

De Longwood au Palais-Bourbon

Emmanuel-Pons-Dieudonné de Las Cases naît le 8 juin 1800. En 1815, page de l’Empereur, il suit son père à Sainte-Hélène et prend sous la dictée de Napoléon des récits des campagnes de l’Empire. Au bout d’environ dix-huit mois, le gouverneur Hudson Lowe contraint les deux Las Cases à quitter Longwood ; le père en tirera le célèbre Mémorial de Sainte-Hélène.

Le fils garde de cet épisode une rancune tenace : après la mort de l’Empereur, il cravache publiquement Hudson Lowe dans une rue de Londres, avant de devoir quitter l’Angleterre en hâte. En 1840, il prend part à l’expédition du prince de Joinville qui ramène les cendres de Napoléon et en publie le récit, le Journal de la frégate la Belle-Poule (1841).

Député du Finistère sans interruption de 1830 à 1848, orléaniste fidèle au ministère Guizot, il est chargé en 1837 d’une mission diplomatique en Haïti. Rallié au prince-président, il est nommé sénateur le 31 décembre 1852 et meurt à Passy le 8 juillet 1854.

À la tête du Grand Orient (1842-1846)

Sous la monarchie de Juillet, la grande maîtrise du Grand Orient demeure vacante : l’obédience est conduite par un premier Grand Maître adjoint, choisi parmi les notables du régime. Emmanuel de Las Cases reçoit cette charge en 1842, à la mort d’Alexandre de Laborde, et l’exerce jusqu’en 1846.

Les sources consultées documentent peu son activité maçonnique propre, ni sa loge d’initiation. Sa désignation illustre toutefois la place que tient alors, au sein de l’obédience, une mémoire napoléonienne compatible avec la fidélité orléaniste : le Grand Orient de ces années reste une institution de notables, attentive à demeurer en bons termes avec le pouvoir.

Postérité

Son nom reste attaché à l’épopée de Sainte-Hélène et au retour des cendres plus qu’à la franc-maçonnerie. Il figure néanmoins dans la lignée des dirigeants du Grand Orient entre Laborde et Laurent Bertrand, dernière génération de responsables avant les secousses de 1848.

Repères

  • Naissance : 8 juin 1800
  • Décès : 8 juillet 1854, Passy (Seine)
  • Profession : Député du Finistère (1830-1848), sénateur (1852-1854)
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Premier Grand Maître adjoint
  • Mandat(s) : 1842-1846

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître Adjoint, Grand Orient, Dignitaires.

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