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Négociant et notable parisien, Laurent Bertrand a été premier Grand Maître adjoint du Grand Orient de France de 1847 à 1849. C’est lui qui conduit l’obédience lors de la révolution de février 1848 : il mène le 6 mars la délégation maçonnique reçue à l’Hôtel de Ville par le Gouvernement provisoire, épisode resté emblématique des relations entre maçonnerie et République.
Un notable du commerce
Les sources maçonniques contemporaines le présentent comme président de la chambre de commerce et commandeur de la Légion d’honneur au moment où il prend la tête du Grand Orient. Elles le rangent, avec l’avocat Marie-Auguste Desanlis, parmi les figures dirigeantes de l’obédience au tournant de 1848.
Premier Grand Maître adjoint (1847-1849)
Installé en 1847 comme premier Grand Maître adjoint, Laurent Bertrand hérite d’une obédience d’environ 355 loges, inquiète de l’irruption des passions politiques dans ses ateliers : la même année, le Grand Orient envisage une commission permanente pour s’en préserver et relève ses droits d’initiation.
La révolution de février 1848 bouleverse ce climat. Le 4 mars, Bertrand réunit une assemblée extraordinaire à la mémoire des maçons tombés lors des journées de février ; une souscription est ouverte en faveur des blessés. Le 6 mars, il conduit à l’Hôtel de Ville une délégation en décors, qui assure le Gouvernement provisoire du soutien des maçons tout en rappelant que l’Ordre ne professe aucune doctrine politique. Adolphe Crémieux, lui-même franc-maçon, répond aux « citoyens et frères du Grand Orient de France ».
Après les journées de juin 1848, l’obédience appelle ses membres au calme. La loi de juillet 1848 sur les clubs et sociétés secrètes épargne finalement la franc-maçonnerie, mais la période est déjà celle d’un raidissement conservateur qui marquera les années suivantes.
Une transition
Laurent Bertrand quitte sa charge en 1849. La direction passe alors à Marie-Auguste Desanlis, sous la présidence duquel l’obédience adopte la constitution du 10 août 1849. Son mandat reste attaché au moment fugace où le Grand Orient salua l’avènement de la Deuxième République.
Repères
- Profession : Négociant, président de la chambre de commerce (selon la presse maçonnique de 1848)
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Premier Grand Maître adjoint
- Mandat(s) : 1847-1849
- Distinctions : Commandeur de la Légion d’honneur
Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître Adjoint, Grand Orient, Maçonnerie et République.
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