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Le Palais des congrès et centre d’expositions Palau Robert retrace l’histoire de la franc-maçonnerie avec l’exposition « Maçons ! »

De notre confrère espagnol lavanguardia.com

Barcelone, 12 mai (EFE).- Le Palais des congrès Palau Robert retrace l’histoire de la franc-maçonnerie dans l’exposition « Maçons ! », une exposition qui vise à faire découvrir au public la trajectoire de cette institution initiatique à travers les siècles à partir « d’un regard actuel ».

Promue par la Direction générale de la diffusion et organisée par le journaliste Enric Calpena, l’exposition « Maçons ! », qui peut être visitée du 13 mai au 28 août, a la collaboration de personnes liées à la franc-maçonnerie, comme et mécène de la Bibliothèque d’Arús à Barcelone, Josep Brunet.

L’institution maçonnique, comme l’a assuré Calpena, a « un rôle prépondérant dans certaines des idées et des piliers philosophiques de la démocratie qui se sont établis dans la société d’aujourd’hui, étant « les protagonistes des grands événements historiques des trois derniers siècles ».

« Il y a un lien entre les événements qui se déroulent en franc-maçonnerie et ce qui se passe dans le monde », a assuré le conservateur, qui a souligné que, si l’on pense au monde occidental, « la franc-maçonnerie est une voie qui permet d’expliquer l’évolution processus des sociétés. »

C’est pourquoi l’exposition « Maçons ! présente un parcours historique autour des événements dans lesquels la franc-maçonnerie a été impliquée et les relie directement aux événements les plus pertinents qui se sont produits dans le monde, en Espagne et en Catalogne. »

Les francs-maçons se définissent comme des « libres penseurs », c’est pourquoi ils ont été historiquement mal vus par le pouvoir et persécutés à travers l’histoire, c’est pourquoi ils ont dû conserver « une certaine discrétion quant à leurs pratiques ».

Comme l’a rappelé Brunet, « la franc-maçonnerie est née avec la période des Lumières » et des concepts tels que « Liberté, Fraternité ou Égalité » ont un sens qui vient à l’origine de l’institution maçonnique.

« Il serait difficile de comprendre le monde d’aujourd’hui sans les idéaux de liberté et de libre pensée inhérents à la franc-maçonnerie », a indiqué le patron de la Bibliothèque Arús.

L’exposition comprend également une salle qui vise à donner de la visibilité à travers différents contenus, tels que des livres ou des films, aux mythes et préjugés qui ont été liés à la franc-maçonnerie au cours des siècles.

« L’Église a été l’un des ennemis les plus puissants de l’institution maçonnique », a indiqué le commissaire, car c’est une organisation contraire à la croyance maçonnique selon laquelle il existe « un Grand Architecte de l’Univers » et qu’il ne correspond pas au Dieu chrétien.

« Le Grand Architecte de l’Univers cède la place à la libre réflexion et, d’autre part, la foi n’est pas un sujet de réflexion », a souligné Calpena qui, à son tour, a souligné que dans les temples maçonniques « il est d’usage d’exposer la Bible, mais aussi parfois le Coran » et que, du point de vue religieux, « c’est un peu hétérodoxe ».

« Macons ! expose les quatre obédiences maçonniques en fonction en Catalogne, dont la Grande Loge d’Espagne, héritière des grandes loges et la plus grande d’entre elles, le Grand Orient de Catalogne, la Grande Loge Symbolique Espagnole et la Grande Loge Féminine d’Espagne, en exclusivité composée de femmes maçonnes. »

Parmi le matériel présenté tout au long de l’exposition, il y a aussi des photographies, des références et une grande variété de contenus multimédias, comme, par exemple, une reproduction numérique de certains des rites spécifiques de la tradition maçonnique, comme « l’initiation ».

14/05/22 : Saint-Pierre d’Oléron – Conférence Publique de Georges Sérignac, GM du GODF

Dans le cadre de son parcours dans toute la France, Georges Sérignac, Grand Maître du Grand Orient de France, tiendra une conférence publique à Saint-Pierre d’Oléron le samedi 14 mai 2022 à 14h30.

LA Franc-maçonnerie au xxiè siècle

Organisée par La Loge « L’Étoile d’Oléron », à l’Orient de Saint-Pierre d’Oléron, à l’occasion de son Cinquantenaire.

Que peut apporter la franc-maçonnerie aujourd’hui ?

Être franc-maçon correspond-il encore à quelque chose dans une société 2.0 ?

Plein de questions seront évoquées.



« Durant la Deuxième Guerre mondiale, la Franc-Maçonnerie paya le prix fort avec de nombreux « Frères » déportés ou tombés au champ d’honneur. Contrainte et forcée, la Loge maçonnique de l’île fut mise en sommeil (Le Progrès social). Il fallut attendre presque 65 ans pour que la Franc-Maçonnerie reprenne officiellement pied sur l’île et que le 31 Mars 1972, 22 FM réunis à La Brée décident de la création de la Loge « L’Étoile d’Oléron ».
Durant un peu plus de 20 ans, le Frères se réunirent dans différents locaux et depuis 1995 leurs travaux se tiennent à Saint-Pierre. Actuellement la Loge atteint un effectif de 40 Frères et Sœurs et se réunie deux fois par mois. Bien que modeste et volontairement discrète, la Loge « L’Étoile d’Oléron » apporte chaque année sa contribution à des œuvres caritatives de l’île en plus des actions personnelles de chacun de ses membres au sein de la société civile. Le GODF, principale Obédience maçonnique française laïque et Républicaine, compte 53 000 membres. »

30/06/22 : Conférence à Brest sur Louis GOAZIOU, le destin américain d’un franc-maçon breton du Poher

Conférence publique à Brest (Ateliers des Capucins) le jeudi 30 juin à 20h sur Louis GOAZIOU (1864-1937) « Mineur – journaliste – syndicaliste – franc-maçon : le destin américain d’un Breton du Poher ».

Parti aux USA à l’âge de 16 ans de son village natal de Scrignac dans le Finistère, Louis GOAZIOU compte parmi les Bretons ayant eu un destin américain exceptionnel au service des droits des travailleurs, de la justice sociale et de l’égalité hommes-femmes. Mineur de fond pendant une vingtaine d’années dès son arrivée en 1880 en Pennsylvanie, Louis GOAZIOU devient rapidement un militant révolutionnaire d’envergure nationale au sein du mouvement ouvrier américain. Homme-orchestre, il entreprend en même temps une carrière de journaliste et d’imprimeur pour la diffusion d’une presse syndicale d’expression française.

A l’âge de 39 ans, il est initié en franc-maçonnerie à l’occasion de la création de la première loge mixte d’Amérique du DROIT HUMAIN. Sous son impulsion, en 5 années à peine, une cinquantaine de loges sont créées sur le territoire américain, principalement dans les zones minières du pays. Il préside alors aux USA la toute première fédération nationale créée au sein de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.

Résumé de son parcours via ce lien.

Cette conférence organisée par l’association bretonne « Les amis de Louis GOAZIOU » sera animée par Jean-Luc LE BRAS. Professeur agrégé d’histoire-géographie, conseiller culturel puis chef de missions en coopération dans divers pays d’Afrique, il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles liés à la franc-maçonnerie.

Également intervenante de cette conférence : Amande PICHEGRU,  en sa qualité de Grand Maître National de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN

Tout est prêt pour que La Grande Loge du Chili fête ses 160 ans

De notre confrère chilien chilien

 « Nous avons voulu particulièrement mettre l’accent sur ce que représente notre histoire, sur la consolidation institutionnelle et sur l’importance que la franc-maçonnerie a dans la réalité de notre République. En janvier, nous célébrons le 160e anniversaire de la Loge Ordre et Liberté n° 3, fondatrice de la Grande Loge du Chili. La dernière semaine d’avril marquait le 160e anniversaire de la Loge n°4, également fondatrice de la Grande Loge du Chili. Au cours de ce mois de mai, nous célébrerons également le 160e anniversaire de la Fraternité n ° 2 Loge de Concepción, également fondatrice de notre Ordre  » annonce le Grand Maître Sebastián Jans Pérez.

Au début de 1862, à l’initiative de l’Union Fraternelle Loge, fondée neuf ans plus tôt, un mouvement maçonnique prend naissance à Valparaíso, Concepción et Copiapó, dont le but était de rendre la franc-maçonnerie nationale indépendante du Grand Orient de France.

            Cette initiative a été menée par le jeune avocat Juan de Dios Arlegui Gorbea (1827-1908), qui avait acquis un solide prestige à Valparaíso, tant pour ses performances professionnelles que pour son travail dans la municipalité de la ville et en tant que secrétaire du maire Santiago Aldunate. Elle avait aussi l’auréole des révolutionnaires qui avaient été victimes de la répression en 1859, lors des révolutions qui cherchèrent à renverser Manuel Montt. Au mois d’août 1862, le président de la république, José Joaquín Pérez, le nomme lieutenant-colonel du bataillon civil de Valparaíso.

            La Franc-maçonnerie à laquelle appartenait Arlegui était celle fondée en 1850, par un groupe de français établis dans le premier port du Chili, dans la loge desquels il reçut la lumière. Trois ans plus tard, ils fondèrent une loge qui promouvait l’initiation des ressortissants : la loge de l’union fraternelle.

            Ce groupe a été rejoint par des intellectuels notables, tels que José Victorino Lastarria, Domingo Faustino Sarmiento, Guillermo Blest Gana et Arlegui lui-même, qui ont puisé dans les principes maçonniques pour enrichir leur pensée libérale et leur vocation d’être au service des autres, inspirée par la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

            Après un échange de correspondance et la nomination de délégués, issus de l’Union Fraternelle elle-même, les Loges de Valparaíso, Concepción et Copiapó, ont convenu de fonder une institution qu’elles ont appelée la Grande Loge du Chili, la déclarant installée le 24 mai 1862.

            Cette même année fut promulguée une Constitution de l’Ordre maçonnique qui déclarait que ses objectifs seraient la bienfaisance, l’étude de la morale universelle et la pratique de toutes les vertus.

            Dans ce texte, il a été établi que la Franc-maçonnerie ne s’occupe pas des diverses religions existantes dans le monde, ni des Constitutions civiles des États, puisqu’elle respecte à la fois la foi religieuse et les sympathies politiques de ses membres. Pour cette raison, au sein des Loges qui la composaient, tout type de discussion religieuse ou politique était interdit.

            Il a également rappelé que la franc-maçonnerie avait pour devise Liberté, Egalité et Fraternité, mais il a rappelé que, travaillant dans le domaine des idées, les francs-maçons avaient comme l’un de leurs premiers devoirs le respect et l’observation des lois du pays dans lequel ils vivaient. Cependant, a-t-il ajouté, « dans le domaine du discours philosophique, ils seront autorisés à rechercher la réforme de ce qui ne seraient pas conformes à la justice et à la raison ».

            Avec ces objectifs en tête, les francs-maçons des loges dépendant de la Grande Loge du Chili ont promu diverses œuvres de bien, axées sur la charité et la diffusion de l’éducation au profit des secteurs les moins favorisés de la société.

            Des écoles libres sont fondées, à commencer par les « Blas Cuevas », à Valparaíso; et chaque franc-maçon contribuait de son obole et de son travail à toutes les associations qui contribuaient à accroître les savoirs des couches populaires.

            Dans leur quête de réforme des lois « qui n’étaient pas conformes à la justice et à la raison », les francs-maçons se joignirent aux initiatives qui demandaient la fin des discriminations dans les cimetières, l’égalité des droits dans l’exercice des divers cultes religieux, la déclaration comme seuls d valables seuls les mariages célébrés devant l’autorité civile et établir l’état civil.

            La beauté des principes maçonniques a captivé les artistes, les intellectuels, les professeurs, les scientifiques, les professionnels, les hommes d’affaires, les politiciens, les militaires et policiers, qui ont trouvé dans les Loges des espaces de paix et de tolérance pour débattre sur différentes idées et pour mettre en pratique leurs préoccupations d’hommes bons, motivés par leur penchant naturel vers la justice.  

            A l’heure de fêter ce nouvel anniversaire, l’Ordre compte 246 Loges sous son obédience, réparties sur l’ensemble du territoire national.

            Son actuel Grand Maître, Sebastián Jans Pérez, est le trente-troisième maçon à occuper ce poste élevé.

PROGRAMME DE LA CÉLÉBRATION ANNIVERSAIRE

Le lundi 23 mai à 10h00 un pèlerinage aura lieu au cimetière général . Le tombeau des Grands Maîtres sera visité.
Mardi 24 mai à  12h00 Cérémonie républicaine pour le 160e anniversaire de la Grande Loge du Chili , dans le Grand Temple. Avec le concours des hautes autorités de la République.
Mardi 24 mai à 18h00 Inauguration de l’exposition maçonnique au Musée historique national. 
Mercredi 26 mai  à  8h30 Colloque « L’Asie-Pacifique : intégration et développement humain » Sheraton Santiago Hotel, Salle San Cristóbal  Adresse : Av. Santa María 1742, Providencia, Santiago
Mercredi 26 mai ,  10h30 Panneau. Domaines thématiques   – Favoriser la coopération et promouvoir la reprise économique entre l’Amérique latine et l’Asie. – Faire face aux crises auxquelles le monde est confronté. – Bénéfices mutuels de l’intégration pour le développement humain.
Vendredi 27 mai , 9 h30 Cérémonie de dépôt de gerbes Monuments à O’Higgins et Carrera, Plaza de la Constitución, Santiago.

LONDRES au fil des origines de la Franc-maçonnerie

Éric Simon – Les éditions du Zeugma, 2018, 128 pages, 16 €

Vous pensez cœur politique, économique, culturel et intellectuel de Grande-Bretagne ? Vous pensez nécessairement Londres. Londres, célèbre pour ses palais royaux et ses musées. Londres, riche d’une histoire qui s’étend sur des milliers d’années et dont les vestiges du passé fascinent toujours autant. De la Tour de Londres à l’église du Temple, des majestueux palais de Buckingham Palace, de Kensington Palace à l’Abbaye de Westminster, de Big Ben ou encore de la Cathédrale Saint Paul, qui domine la City, à Tower Bridge, de Picadilly Circus à Trafalgar Square. Mais ce Londres là, vous le connaissez !

Ce que vous propose Éric Simon, écrivain, conférencier, historien, conteur, chroniqueur de radio et de télévision, bien connu de la communauté française de Londres, c’est tout autre chose. Ce « Fureteur de Londres », spécialiste du Londres d’Harry Potter et de Blake et Mortimer nous guide, cette fois-ci, à la découverte du Londres qui a vu la naissance, il y a plus de 300 ans, de la Franc-Maçonnerie moderne.

L’auteur plante tout d’abord le décor avec le Freemason’s Hall en plein cœur de ville, dans ce très maçonnique quartier qu’est Covent Garden. Puis Éric Simon nous plonge, avec un bref rappel historique, dans ce Londres qui a vu César tenter de remonter, sans succès, la Tamise vers 55 av. J.-C., mais aussi l’édification de l’église du Temple, cachée dans un labyrinthe des venelles, construite par les moines soldats, sur le modèle du Saint-Sépulcre à Jérusalem, en passant par le grand incendie de septembre 1666. Sans manquer de nous éclairer sur la vie de personnalités telles que Jean-Théophile Desaguliers (1683-1739) et la Royal Society, Isaac Newton, Christopher Wren et tant d’autres figures célèbres auxquelles la Franc-Maçonnerie doit tant. Mais le lecteur y découvrira, avec profit et plaisir, des noms moins connus, mais tout aussi importants pour notre Fraternité tels que l’élève de Christopher Wren, l’architecte Nicholas Hawksmoor (c. 1661-1736) qui conçut les tours de la façade de l’abbaye de Westminster et réalisa aussi six autres églises à Londres, ou encore le peintre, graveur et philanthrope William Hogarth (1697-1764).

Du XVIIIe siècle, nous retiendrons les tavernes, comme L’Oie et le Grill, le déroulement de la journée du 24 juin 1717 et des multiples anecdotes évoquées par l’auteur, comme tant de petites histoires qui font la grande.

Plus près de nous, Éric Simon esquisse une histoire fort intéressante des Maçons français à Londres, surtout au XIXe siècle, que cela soit les prisonniers des guerres napoléoniennes ou des français exilés sous Napoléon III ou encore la Commune. Se faisant aussi l’écho des Philalèthes – ami ou chercheur de la vérité – d’Annie Besant et du Droit Humain International, Éric Simon ne peut passer sous silence les vies et lieux de résidence de nos illustres Frères Rudyard Kipling et Sir Arthur Conan Doyle. Ou, plus simplement, de dessiner un juste tableau de Frères français maçonnant au sein des Loges « Hiram » du GODF, « The White Swan » de la GLDF et « Réunion Fraternelle et Tradition » de la GLTSO.

L’ouvrage est illustré par de nombreuses photos couleur de l’auteur. Alors guide touristique, de voyage ou simple carnet de route ? En tout cas, un format poche (11×17 cm) fort pratique qui vous accompagnera partout sur le chemin…londonien.

Le mot du mois : « Nuance »

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C’est peu dire que nous vivons une époque sans nuances, empreinte de brutalité et de vindicte. Mots non pas échangés, mais jetés à la face dans la crudité d’une grossièreté banalisée. Gestes peu retenus, au mieux ébauchés dans l’immédiateté de leur irréflexion, souvent violents par leur spontanéité sans prévention. Et l’ensemble contribue à une superficialité des relations et une virulence sociale qui n’en mesurent pas l’effet désastreux. A tout propos et hors de propos, l’insulte fuse, la bourrade sans contrôle déséquilibre jusqu’à la chute.

Il est loin le temps des « noms d’oiseaux » dont on gratifiait l’adversaire du moment. Certes, pour les oreilles et les épées susceptibles, le seuil de tolérance à l’injure s’avérait très bas et l’on se souffletait à l’envi et criait au duel à la moindre oeillade jugée déplacée, au « mot de travers ». Encore fallait-il détenir l’épée vengeresse et la compétence d’en user.

Dans un monde sans nuanciation, où tout ne peut être que blanc ou noir, bien ou mal, beau ou laid, etc., on se prend à rêver de clair-obscur, de politesse et de diplomatie, de vocabulaire choisi à bon escient et de lenteur voulue dans la réfutation.

L’étymon de la nuance, *nebh, désigne tout ce qui « couvre ». La nébuleuse et le cumulonimbus, la nuée et le temps nuageux. Et même la nielle, une maladie céréalière ainsi nommée parce que le brouillard est nuisible au blé, entre autres.

On redoute toutes les formes de brouillard, visuel ou mental, parce que le sens de la vue y perd son hypertrophie rassurante et le rationnel sombre sans prévention. Et quand s’annonce le brouillard de la barbarie, s’instaurent alors les temps opaques de Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard de l’humanité. De quoi s’obnubiler sans réponse sur les remèdes à lui apporter.

Il y a aussi ceux qui toujours « tombent des nues » dans une apparente naïveté désarmante, tel le Professeur Nimbus, de désopilante mémoire. Son point d’interrogation capillaire fit la joie de nombre de générations. Et son nom est devenu une métaphore courante.

Le verbe nuer permet d’assortir les couleurs dans toutes les variations des nuages. De là vient la nuance. Aussi nécessaire que le nuage pour voiler la crudité aveuglante d’un soleil ou d’une franchise propre à blesser.

« Autrefois tu me disais tout », ainsi se plaint le Comte à Figaro, qui lui répond : « Et maintenant je ne vous cache rien. » (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, III, 5). Ah, la subtilité du renversement par la négation ! Les Jésuites s’étaient fait une spécialité de cette forme de péché par omission… Le mensonge « en creux » désarme infailliblement la virulence de l’attaque.

Et Voltaire, taraudé de jalousie, disait de Marivaux, son rival en théâtre : »Il pèse des oeufs de mouche dans une balance en toile d’araignée. »

Dans la société contemporaine et ses affrontements de mots et de gestes si abrupts et assassins, on se prend à rêver de restaurer plus généralement une courtoisie de bon aloi nimbée de nuances.

Annick DROGOU

As-tu jamais ouvert un nuancier ? C’est ce jeu de cartes qui, à partir des trois couleurs primaires, présente une gamme, une infinie palette de couleurs qui nous ouvrent à la richesse, à la fécondité du réel qu’on a oublié de voir et contempler. Intensité ou légèreté, luminosité ou obscurité, chaleur ou froideur des couleurs qui varient par degrés infinitésimaux, le nuancier n’est jamais dualiste. Et quand il faut rompre le silence, la parole s’apprivoise et s’élève dans l’art de la nuance.

Beauté. Avec la nuance, ce n’est pas le diable qui est dans le détail mais le beau. La nuance est l’art des transitions. Il y a de la douceur dans la nuance, souvent un geste de paix, d’ouverture, mais rien d’émollient, de lâche. Bien au contraire, la nuance est exigeante, elle nous mobilise dans la recherche de la précision. La nuance avance avec esprit de finesse. Mécanique de l’affleurement de l’adverbe et de la pointe de l’épithète choisi avec justesse pour teinter les mots.

Force. Pourquoi la nuance ? On pourrait se contenter de grosses évidences, toujours choisir son camp. Pas de nuances sur un panneau indicateur : le rouge est mis, c’est interdit. Non, l’art de la nuance est plus fort que tous les jugements à l’emporte-pièce tonitruants. La nuance n’est pas pour autant un relativisme paresseux. La nuance sait viser juste. Derrière son apparente faiblesse, la nuance est une force. Celle qui préférera toujours le chemin de crête de recherche de la vérité, de l’exactitude, à l’autoroute des conformismes.

Sagesse. La nuance est la politesse des mots, la civilisation du verbe. « Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde », écrivait Albert Camus dans un article en hommage au philosophe Brice Parrain. Humilité aussi de la nuance que sert si bien l’humour. Entendre et sous-entendre. La nuance comme une salutaire gymnastique d’intelligence du réel. La vie en couleurs.

Jean DUMONTEIL

Y avait-il des francs-maçons dans le gouvernement du Mexique ?

De notre confrère mexicain uniradioinforma.com

Andrés Manuel López Obrador (AMLO), président du Mexique, a eu un débat improvisé avec l’un des participants de sa conférence de presse du matin du 9 mai 2022. Lorsqu’a été évoqué la franc-maçonnerie et, son influence sur les gouvernements mexicains, car le chercheur Wenceslao Vargas Márquez a assuré que Francisco I Madero et Victoriano Huerta étaient francs-maçons. 

Vargas Márquez est l’auteur du livre en deux volumes la Franc-Maçonnerie à la présidence du Mexique, publié en 2020. Le chercheur a fait son intervention, après qu’AMLO ait passé en revue l’histoire de la politique mexicaine, lors de sa visite à Cuba, le président Díaz-Canel lui a remis un pistolet. Il s’agit d’une arme que Francisco I Madero avait fait fabriquer pour la donner à Francisco Villa. 

Ainsi, lors de son allocution, le chercheur a souligné que « j’informe et rappelle que tous deux étaient des maçons. Madero au 33ième degré et le général Huerta au 30ième , tous deux du rite écossais ancien et accepté ». De son coté, AMLO a répondu que « l’ancien président Madero était un spirite, je ne suis pas sûr qu’il était franc-maçon, le président Juárez lui, l’était. Pour clarifier, Juárez était anticlérical, pas antireligieux, ce qui est deux choses différentes ». 

En réponse, Vargas a souligné que Madero était dans des loges à Mexico (CDMX) et à Coahuila. Il a également reçu les 31e, 32e et 33e degrés en 1911, juste au moment où il remportait le second tour de la réélection présidentielle. AMLO a assuré qu’il était intéressé par le sujet, et il examinera les informations susmentionnées.

Le JDD tire le portrait de l’ancien GM du GODF Alain Bauer

De notre confrère lejdd.fr Par Catherine Nay

Franc-maçon et conseiller des puissants… Alain Bauer, le Grand Maître de la coulisse. Homme de réseaux et d’influence, il conseille les puissants mais conserve sa part de mystère.

Alain Bauer ? Vous l’avez forcément remarqué dans les débats télévisés avec sa façon unique de se tenir : buste droit, menton relevé, un regard qui toise ou s’absente et cet air de contentement de soi qui ne va pas jusqu’à la prétention. Crâne rond et chauve, petite moustache. On voit un homme à l’aise, qui parle haut et que l’on ne contredit pas. On l’invite parce qu’il impressionne. « Mon métier c’est la sécurité, la défense, le renseignement », dit-il.

Des sujets hautement sensibles en ces temps troublés. Parce qu’il intéresse, on l’attend. Pour chaque question, il a toujours une réponse étayée par une avalanche de faits, de chiffres. Il dissèque, tranche, assène, « convainc ». Son analyse est toujours originale. Un pédagogue et vulgarisateur hors du commun qui ferait croire qu’il est expert en tout et omniscient.

On perçoit derrière chaque intervention une longue accumulation de travail, de lectures, de renseignements puisés à des sources multiples et internationales. « Je ne dîne jamais en ville. Je me couche tôt, vers 22 heures, je dors peu. Réveil à 3 heures, à 3h45 je suis au bureau », dit-il. Puisque c’est son choix !

À 38 ans, il devient Grand Maître de la franc-maçonnerie

Longtemps Alain Bauer a préféré jouer les hommes de l’ombre pour acquérir de l’influence. Laquelle s’est bâtie grâce à des réseaux plus ou moins occultes. Il a été Grand Maître de la franc-maçonnerie, il en a démissionné deux ans plus tard, ce qui a renforcé son mystère. Et éveillé des fantasmes. On l’a dit agent de la CIA. On le craint car il a la dent dure. Sympathique, antipathique. Les avis demeurent partagés pour le raconter. Aujourd’hui, on le voit beaucoup à la télévision, il s’offre des bains de lumière. On le sent réconcilié avec lui-même, peut-être son besoin de reconnaissance est-il enfin étanché.

Je ne dîne jamais en ville. Je me couche tôt, vers 22 heures, je dors peu. Réveil à 3 heures, à 3h45 je suis au bureau

Alain Bauer. Il faudrait tout un roman en plusieurs volumes. Qui commence dès la naissance. La venue au monde de ce fils unique dans une famille juive dont les grands-parents avaient fui les pogroms, un 8 mai ! Ce jour où l’on commémore la victoire sur l’Allemagne nazie. Comment ne pas y voir un symbole de revanche, celui de la vie sur la mort. Chaque 8 mai, au moment de souffler les bougies sur le gâteau, le vent de l’histoire s’invitait à la fête.

L’enfant précoce et doué a compris d’instinct qu’il lui faudrait des relations pour réussir. À 15 ans, adolescent joufflu, il s’inscrit au Parti socialiste alors sis place du Palais-Bourbon. Ça n’est pas Mitterrand qui l’attire, mais Rocard. Trois ans plus tard, il entre au Grand Orient. Un investissement lourd. Il en est le plus jeune membre. À 38 ans, il sera son Grand Maître. Quel parcours.

« J’étais vieux quand j’étais jeune », reconnaît Alain Bauer

« Je l’ai connu en 1980 à la fac de Tolbiac, raconte Manuel Valls. Il tranchait sur tout le monde par sa taille, sa corpulence. Il portait toujours un costume, une cravate, était déjà chauve et moustachu quand tous les camarades étaient en jean et portaient des cheveux longs. » On l’appelait le « gros bobo ».

« J’étais vieux quand j’étais jeune », reconnaît l’intéressé. Il est vrai que lorsqu’on regarde des photos de l’époque, c’est fou ce qu’il a rajeuni depuis qu’il a minci, ce qui implique qu’il a dû faire de sacrés efforts. La gastronomie, héritée d’un père gourmand et gourmet, est son autre passion. Il a été critique du guide Champérard (un concurrent du Gault et Millau) dont il est devenu quelques années plus tard propriétaire.

« Ce qui le distinguait encore plus des autres, poursuit Manuel Valls, c’est qu’il avait une pensée originale, une analyse du monde. Son langage n’a pas varié. C’était aussi un caractère joyeux. » À Tolbiac s’est noué un lien d’amitié indestructible entre Manuel Valls, Stéphane Fouks et lui. Tous les trois rocardiens. Du temps de leur idole à Matignon, on les appelait la « troïka ».

« Chacun savait ce qu’il voudrait faire plus tard, raconte Alain Bauer. Manuel voulait faire de la politique, Stéphane de la communication. Moi, je ne voulais pas être devant la scène. Conseiller, directeur de cabinet de ministre, cela m’aurait bien plu. » (Suite…)

Lire l’intégralité de l’interview sur le JDD

12/05/22 : Charleville-Mézières – Conférence « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui » par Jean-François Blondel

Jean-François Blondel

La Respectable Loge Provinciale de Recherche « La Voie des Trois Vertus » N° 1773 de Province GLNF Champagne Ardenne vous invite à la conférence de l’historien Jean-François Blondel sur « Des corporations d’antan à la Franc-Maçonnerie d’aujourd’hui ».

La biographie de Jean-François Blondel

Né en 1942, Jean-François Blondel a fait l’essentiel de sa carrière dans la banque. Il s’est engagé depuis longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et se passionne pour l’histoire des métiers, de leur organisation (corporations, confréries) et des sociétés initiatiques. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont, entre autres, l’Encyclopédie du compagnonnage histoire, symboles et légendes (Éditions du Rocher, 2000), La Mystique des Tailleurs de Pierre (Éditions du Rocher, 2004), Le Moyen Âge des Cathédrales (Éditions Trajectoire, 2007), Franc-Maçonnerie et compagnonnage (Éditions Trajectoire 2016), La vigne et le vin, sacrés symboles (Oxus, 2020), Les Cathédrales et alchimie – La quête d’une parole perdue (Éditions Trajectoire, 2021) et Le diable dans les cathédrales – Le démon y aurait-il sa place ? (Dervy, 2021).

Jean-François Blondel a aussi collaboré au livre du Tricentenaire de la GLNF,le « Livre 300 » (Dervy, 2017), prix littéraire de l’IMF 2017 Prix spécial Tricentenaire ainsi qu’aux revues les Cahiers Villard de Honnecourt, où il a été notamment le coordinateur du numéro 115, « L’esprit d’un rite : le Rite Écossais Ancien et Accepté » ainsi qu’aux revues Compagnons et Maîtres d’œuvre et Liber Mirabili, du Centre européen des mythes et légendes, à Carcassonne.

Des ouvrages que l’auteur aura le plaisir de dédicacer après la conférence. Un pot de la fraternité clôturera cette soirée.

Hôtel de ville de Mézières

Infos pratiques :

Jeudi 12 mai 2002, à 19h. Entrée libre et gratuite

Hôtel de ville de Mézières

Salle des fêtes – 2 bis, place de l’Hôtel de ville 08000 CHARLEVILLE-MÉZIÈRES

Hôtel de ville Mézières, détail