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Nouveauté édition : « Voyages au cœur des nombres – Du 1er au 33e degré dans le REAA »

Un nouvel ouvrage de référence !

La constance des nombres dans les rituels du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), leur diversité et leurs interprétations, ont provoqué suffisamment d’interrogations auprès de divers frères et sœurs de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN de la région Paris Île-de-France pour qu’ils constituent, sous le collectif anonyme « Les Voyageurs de la Table Ronde » un groupe de travail et tentent d’en cerner l’importance dans les Mystères maçonniques.

Ce beau livre broché de 524 pages, de format A4 richement illustré en couleurs, aborde le symbolisme des nombres dans tous les degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté au travers d’une ligne directrice stimulante, celle de « voyages » herméneutiques, qui permettent de « visiter » les nombres et leurs multiples significations successivement dans les pas et marches maçonniques, dans les âges, batteries et flambeaux, dans les heures d’ouverture et de fermeture des travaux et enfin dans les mots sacrés et mots de passe.
« Les nombres apparaissent comme impénétrables, rigoureusement muets, ils sont un sphinx » écrit l’un des auteurs. Par le présent ouvrage, les rédacteurs ont souhaité écouter leur silence, leur musique, déchiffrer une partie de leurs secrets, traduire leur langage immémorial en outils de réflexion et de cheminement spirituel.
 
ISBN : 978-2-494003-00-2 – Prix : 64€ TTC – Éditions du DROIT HUMAIN FRANCE – par « Les Voyageurs de la Table Ronde »

Se le procurer > les membres de la Fédération Française du DROIT HUMAIN peuvent se procurer cet ouvrage par l’intermédiaire habituel de leur président d’atelier ou lors du Convent International de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN qui se tient au Zénith de Paris du 19 au 22 mai 2022. Il est par ailleurs d’ores et déjà disponible sur la librairie en ligne d’Amazon (cliquer ici)

Un Homme entre les colonnes est un Franc-maçon

De notre confrère italien expartibus.it – Par Rosmunda Cristiano

La combinaison des forces opposées des deux piliers produit la colonne centrale : l’homme parfait.

Depuis la nuit des temps, l’entrée des lieux sacrés et mystérieux était précédée de deux piliers. Tant dans l’art que dans l’architecture, les deux colonnes sont en fait des symboles archétypaux, qui représentent un point d’accès important, le passage vers l’inconnu.

La colonne est un élément architectural à développement vertical à section circulaire, généralement formé par un chapiteau, dans la partie supérieure, par une base, sur laquelle il se greffe, et par le fût proprement dit.

Historiquement, il symbolise la hauteur, la force, la portance et la structure. D’une manière générale, il représente les pierres angulaires d’une construction, solidité, stabilité, perpendicularité et équilibre dans la construction d’un bâtiment, tandis qu’architecturalement, il transmet les énergies de haut en bas et équilibre la dynamique structurelle.

Dans la Grèce antique, les promontoires flanquant l’entrée du détroit de Gibraltar étaient appelés piliers d’Hercule, dont le pilier nord est le rocher de Gibraltar. Selon le récit de Platon, l’île légendaire de l’Atlantide était située sur cette frontière même, dans le royaume de l’Inconnu.

La tradition de la Renaissance raconte que les piliers portaient l’avertissement « Nec plus ultra » , « Rien de plus au-delà » , qui servait d’avertissement aux marins et aux navires de ne pas continuer plus loin.

Symboliquement, les dépasser signifiait abandonner la laideur du monde matériel, atteindre une sphère supérieure d’illumination.

La ville des élus philosophiques se détache du plus haut sommet des montagnes de la Terre, et ici les dieux des sages se tiennent ensemble dans le bonheur éternel. Au premier plan, il y a les piliers symboliques d’Hercule qui apparaissent sur le frontispice du Novum Organum de Bacon, entre eux court le chemin qui mène au dépassement des incertitudes terrestres, à cet ordre parfait de la sphère des illuminati.
La signification ésotérique des piliers jumeaux : Boaz et Jachin

Les colonnes maçonniques cachent plusieurs niveaux de sens, certains destinés au profane et d’autres répandus parmi les plus hauts degrés de la franc-maçonnerie. Ils marquent le passage vers l’Unarthly, dans le Temple maçonnique, qui n’a qu’une seule entrée, faisant ainsi allusion à la « grotte initiatique ».

Lors des initiations maçonniques elles renvoient métaphoriquement au rôle même des fondations de l’édifice intérieur, que le néophyte doit concevoir et construire au cours de sa vie. Ils sont un avertissement à ceux qui s’apprêtent à franchir un seuil entre deux mondes, qui les invite à se déraciner et à se préparer aux mystères !

La colonne de gauche du Temple, située au nord, qui a un chapiteau dorique, est surmontée d’un globe pour indiquer l’universalité de la franc-maçonnerie ; c’est la colonne des Apprentis, celle où les ouvriers diplômés de ce diplôme recevaient le salaire et l’enseignement qui leur appartient, qui prend le nom de Boaz, mot hébreu que l’on peut traduire par « Force, Fermeté, en Force ».

Celui de droite, au sud, est orné d’un chapiteau ionique, au sommet duquel se trouvent trois grenades semi-ouvertes, référence claire à la famille maçonnique, dont les membres, comme les grains du fruit, sont harmonieusement unis par l’esprit de fraternité. Ici les Compagnons reçoivent leur enseignement. La colonne s’appelle Jakin, un terme hébreu qui peut se traduire par « Stabilité, Dieu l’a arrêtée » .

Si nous combinons les deux mots des colonnes nous aurons la devise :

Dieu établira son enseignement en force et en temps.

A l’origine c’étaient des carrières, pour contenir le salaire des ouvriers, les outils propres au rang, le trésor et les joyaux de la Loggia ; ils étaient en bronze, un alliage qui résiste à tous les temps, pour indiquer que les principes de la franc-maçonnerie sont immortels et doivent être transmis immuables.

Elles sont des représentations emblématiques des principes de Force et de Beauté et sont le symbole de la vie.

Vus ensemble, ils représentent l’équilibre du dualisme en termes opposés : force et stabilité, mort et vie, destruction et création, ténèbres et lumière, vice et vertu. Tout se déroule dans un équilibre harmonieux de couples et l’évolution avance grâce aux énergies qui opèrent en combinaison et en contraste, qui, seulement en apparence, s’opposent les unes aux autres.

Esotériquement, ces piliers expliquent tous les mystères de l’antagonisme, naturel, politique ou religieux, éclairant la « bataille procréatrice » entre l’homme et la femme, puisque, selon la loi de la nature, le second doit résister au premier pour être submergé par lui. . .

Le principe actif cherche le passif, le plein veut le vide, les mâchoires du serpent attirent sa queue et l’animal, tournant circulairement, s’enfuit et se poursuit en même temps.

La femme est la création de l’homme et la création universelle, elle est l’épouse du premier principe. L’alliance permanente entre la raison et la foi ne sera pas le résultat de leur division absolue, mais de leur collaboration mutuelle, asséchant ainsi leur « principe de concurrence » fraternel.

Tel est le sens des deux piliers du portique de Salomon : ils sont distincts et séparés, ils sont même contraires en apparence, si une force aveugle tentait de les unir en les rapprochant l’un de l’autre, le toit du temple s’effondrerait.

Isolés, leur pouvoir est un, unis sont deux pouvoirs autodestructeurs. Pour la même raison le pouvoir spirituel s’affaiblit chaque fois qu’il essaie d’usurper le temporel, tandis que le pouvoir temporel devient la victime de ses abus dans le spirituel.

L’équilibre humain nécessite deux pieds, les mondes gravitent par deux forces ; les générations ont besoin de deux sexes. C’est le sens du mystère de Salomon, représenté par les deux piliers du temple, Jakin et Boaz.

On dit que l’union des deux piliers engendre un troisième pilier, le central, qui représente ésotériquement l’homme et l’humanité. Cet acte constitue la « Parole perdue ».

Il a toujours été reconnu que les francs-maçons ont un secret qu’ils gardent bien caché…
Thomas Paine – Les origines de la franc-maçonnerie, 1818

Fichez leur la paix !

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La Grande Loge de Russie « a été fondée le 24 juin 1995 par la Grande Loge nationale française, réunissant d’abord quatre loges russes travaillant à l’époque sous la juridiction de la GLNF, fondées entre 1992 et 1994 ». Elle est reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre. Cependant, une Grande Loge unie de Russie, reconnue… par la Grande Loge de France, a vu le jour, en 2008,  dans les convulsions qui ont accompagné la renaissance de la franc-maçonnerie russe, depuis la création de la Fédération de Russie dont le premier Président fut, de 1991 à 1999, Boris Eltsine – période où commencèrent, d’ailleurs, à circuler, dans la population, les termes d’oligarque et de kleptocrate…

Malgré les sévères restrictions aux libertés publiques qui se sont aggravées récemment dans le plus vaste État de la planète, la franc-maçonnerie n’y est apparemment jusqu’aujourd’hui ni réprimée ni interdite, quoique, supposément, elle n’y soit guère encouragée. Forte, si l’on peut dire, de quelques centaines de membres et sans doute convenablement surveillée, elle ne peut faire mieux que de se cantonner à quelques déclarations lénifiantes, à l’instar du Grand Maître de la Grande Loge de Russie, Andreï Vladimirovitch Bogdanov, qui s’exprime, le 8 avril dernier, à Rimini, en marge de la « Gran Loggia 2022 » du Grand Orient d’Italie (GOI), à laquelle il assiste :

« La seule chose que je peux dire (c’est nous qui soulignons), c’est que la Grande Loge de Russie a aidé les réfugiés ukrainiens fuyant vers le territoire russe et aussi ceux fuyant vers la Pologne ou la Roumanie », ajoutant  que « la franc-maçonnerie régulière est restée l’un de ces ponts de dialogue entre les civilisations de la Russie et de l’Occident ».

Ces propos suscitent immédiatement la condamnation d’un autre invité présent au même Palais des congrès, le Grand Maître de la Grande Loge d’Ukraine, Anatoliy Dymchuk, qui s’exclame :

 « En Russie, il y a un régime totalitaire, c’est pourquoi les francs-maçons libres, par définition, ne peuvent pas exister en Russie.»

Si, par extraordinaire, certains d’entre vous s’intéressaient à mon opinion, je dirais qu’il ne faut point s’étonner que, dans l’état de belligérance exacerbée où se trouvent ces deux nations, ne puisse, en toute quiétude, se manifester aucune convergence de vues. Chacun est, en quelque sorte, dans son rôle et n’y aurait-il pas quelque indécence à vouloir jouer les arbitres, à bonne distance du terrain ? À tous les sens de l’expression, du plus trivial au plus sacré, je m’en tiendrai à une injonction qui devrait résonner dans nos cœurs avec l’espoir intrépide de nos rituels : Fichez-leur la paix !


les 3 Cahiers de Vacances du Franc-maçon – François Morel en parle

LES 3 OUVRAGES

Etre sérieux sans se prendre au sérieux pourrait être la devise des 3 cahiers de vacances du Franc-Maçon.  Sur chaque ouvrage, les 90 questions-réponses à choix multiples vont non seulement vous permettre de réviser et revisiter l’essentiel de ce que les APPRENTIS, les COMPAGNONS & les MAITRES devraient savoir en matière de symbolisme et d’histoire, mais également enchanter vos vacances d’humour. Chaque question comporte, bien entendu au moins un piège et parfois plus ce qui porte régulièrement à sourire, sans oublier  les dessins teintés d’humour et de finesse.

LES AUTEURS

Luc Apante est un auteur très cultivé et sérieux qui dissimule, probablement par modestie,  sa notoriété sous un pseudo.

François Morel est un dessinateur très connu qui utilise courageusement son patronyme. Nous ne pouvons que l’en féliciter et apprendre aux lecteurs qu’il  est ingénieur spécialiste des chambres « blanches » pour l’industrie informatique et médicale, dans sa vie profane.

L’infiltration de l’extrême droite inquiète la franc-maçonnerie au Portugal

De notre confrère portugais visao.sapo.pt – Par Joao Amaral Santos

Ils étaient francs-maçons bien avant la montée de Chega, mais leur proximité avec André Ventura est maintenant comprise comme une fissure dans l’édifice maçonnique. Paulo Ralha, ancien collègue de Ventura à l’AT et son conseiller au Parlement, et le fiscaliste Tiago Caiado Guerreiro sont deux des « indésirables » au cœur de la Grande Oriente Lusitano, où il y a des jours de « tourmente », mais il y en a plus membres sous la rubrique « suspect ». Les dirigeants doivent procéder à une enquête interne. L’ancien Grand Maître Fernando Lima Valada veut expulser la menace extrémiste.

Pendant deux siècles, les portes de la Grande Oriente Lusitano (GOL), la plus ancienne obédience de la franc-maçonnerie portugaise, ont résisté à l’influence des mouvements extrémistes. Aujourd’hui, 48 ans après le 25 avril 1974, dans les couloirs et les salles du Palais maçonnique, la présence « indésirée » de « frères » (trop) proches de la droite radicale populiste, qui mettent en péril le fonctionnement « normal » et même l’existence même de l’organisation.

Suite de l’article sur le site visao.sapo.pt

Un Franc-maçon américain en France – Benjamin Franklin (1706-1790)

Plus de trois-cents ans après la naissance de Benjamin Franklin, pourrons-nous enfin trancher entre ses détracteurs qui, comme Bernard Faÿ, affirment qu’il a utilisé sans scrupules ses relations maçonniques pour faire triompher ses idées et manipuler l’opinion, ou ceux qui, comme Condorcet, membre de la Loge des Neuf-Sœurs, le parent de toutes les vertus et le citent en exemple du parfait Maçon qui fit honneur à notre « noble institution » ?

Essayons d’y voir clair :

Nul ne conteste l’humilité de ses origines : son père, immigré anglais, était marchand de chandelles, « À la Boule bleue », rue du Lait, à Boston. C’est dans cette ville qu’il naît le 17 janvier 1706. Après des études primaires où ses piètres résultats en arithmétique obligent son père à renoncer à en faire un pasteur, il entre en apprentissage dans l’imprimerie de son frère aîné James et, bien des vicissitudes plus tard et un infructueux séjour en Angleterre, il parvient à créer sa propre imprimerie à Philadelphie, capitale de la Pennsylvanie, colonie fondée en 1682 par William Penn pour la communauté des Quakers.

Il exerce sa plume et s’avère être un remarquable chroniqueur. Son imprimerie devient une maison d’édition imprimant et diffusant ses publications. D’abord un hebdomadaire qu’il rachète en 1729, rebaptise The Pennsylvania Gazette, transforme grâce à ses talents de journaliste, et qui atteindra le plus gros tirage américain. Ensuite et surtout, par la création d’un almanach que ses chroniques, sous le pseudonyme de Richard Saunders, rendront célèbre sous le nom de Poor Richard’s Almanack.

Son style visait à l’édification morale du peuple. Ses conseils pratiques qu’il reprendra dans des ouvrages comme Avis nécessaire à ceux qui veulent devenir riches, et ses maximes pleines de bon sens et d’humour, feront sa fortune. Par exemple : « Un sac vide tient difficilement debout. » ; « Pour connaître la réelle valeur de l’argent, il suffit d’essayer d’en emprunter » ; « L’humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger et ceux qui bougent. » ; ou encore « En ce monde rien n’est certain, à part la mort et les impôts. » !

Parallèlement, il s’investit dans des activités sociales et culturelles pour le mieux-être de ses concitoyens : il fonde la Junte, groupe de discussion se réunissant toutes les semaines pour débattre de sujets philosophiques (ce qui le mènera, en 1769, à être élu Président de la Société Américaine de Philosophie) ; met en place la première bibliothèque publique du pays ; crée la première compagnie de pompiers américaine ; intervient dans l’amélioration de la police locale, dans la construction d’un hôpital public et d’une université qui deviendra l’Université de Pennsylvanie et… invente un poêle améliorant le chauffage et réduisant le risque de feu à Philadelphie ! Il affirmait qu’à sa mort il préférait qu’on dise de lui « il a eu une vie utile » plutôt que « il est mort très riche ».

À côté de ces réalisations, sa curiosité naturelle l’amène à inventer le paratonnerre. Il postulait que la lumière était le produit de l’électricité et qu’elle pouvait être tirée des nuages. Pour prouver cette hypothèse, Benjamin plaça des tiges pointées vers le haut constituant un chemin facile pour le courant électrique. Elles lui donnèrent l’idée du paratonnerre qui, en canalisant l’électricité, permit de protéger l’habitation des gens.

Poursuivant ses recherches, Franklin exécuta, en 1752, sa fameuse expérience du cerf-volant avec l’aide de son fils de vingt et un ans, William. Le cerf-volant comportait des fils métalliques situés en haut, et un ruban de soie au bout duquel était suspendue une clef. Par une journée orageuse, des éclairs frappèrent le cerf-volant, et un jet d’électricité fusa en direction de la clef, apportant la preuve finale de la nature électrique de l’éclair. Il s’en fallut de peu que le père et le fils ne fussent foudroyés… C’est toutefois aux recherches sur l’électricité de Benjamin Franklin que l’on doit les termes de piles, positif/négatif ou charge électrique.

C’est la célébrité dans le monde entier : considéré comme un savant, cet autodidacte de génie est nommé membre « honoris causa » des Universités de Harvard, de Yale, et de William et Mary, tandis que la prestigieuse « Royal Society » de Londres lui attribue la médaille Copley.

C’est naturellement lui qui, en 1756, est choisi par sa Province comme négociateur pour trouver une solution au conflit entre les héritiers de Penn et les Pennsylvaniens qui demandent une réduction des taxes qui les écrasent. Mais les propriétaires anglais, plein de morgue, exhibent la patente de leurs droits et manifestent une indifférence totale vis-à-vis des problèmes des Pennsylvaniens. Quant au roi Georges III, il ne l’écoute même pas. Ainsi, en dépit de sa célébrité, sa condition de « colonisé » le fait traiter de haut et les négociations échouent. Il s’en retourne donc chez lui en 1762.

Loin de lui, pourtant, à cette époque, l’idée d’indépendance. Il essaie d’éviter une « séparation » et s’accroche à un projet de Confédération, qu’il avait rédigé en 1734 sous le titre de « Constitution », pour rassembler « le peuple de Grande-Bretagne et celui des colonies [en] une seule communauté ». Noble ambition maçonnique que de chercher à « rassembler ce qui est épars »…

Mais l’illusion d’un accord s’érodera au cours des onze années de son second séjour anglais (1764-1775). Envoyé cette fois comme ambassadeur de fait, non seulement de la Pennsylvanie, mais aussi du Massachusetts, du New Jersey et de la Géorgie, son mandat s’étend, progressivement, à la question beaucoup plus large du droit de la métropole de lever des impôts sur les sujets d’outre-mer. Mais sa volonté de conciliation se heurte à nouveau à une fin de non-recevoir.

Pire, lorsque se produit, bien malgré lui, en Nouvelle-Angleterre et en Virginie, un soulèvement armé revendiquant l’indépendance, c’est lui qui est convoqué par le Premier Ministre, Lord North, devant le Conseil privé de la Couronne, lui qui est rendu responsable de la révolte, et, debout durant une heure et demie, est couvert d’injures et de mépris devant les grands du royaume qu’il tenait pour des amis et qui l’humilièrent en invitant toutes les femmes de la cour à assister à l’hallali… Destitué quelques jours plus tard de sa charge de Directeur des Postes alors qu’il avait modernisé le système de distribution désormais efficace, il regagna, meurtri, l’Amérique insurgée et… épousa la cause de l’indépendance.

Moins d’un an après ces événements, on le retrouve en effet, avec John Adams, comme membre du Comité qui, aux côtés de Thomas Jefferson, rédige la Déclaration d’Indépendance. Le 4 juillet 1776, celle-ci est votée par le Second Congrès Continental. La guerre avec l’Angleterre ne peut plus être évitée. Il faut donc réunir des appuis et de l’argent. Benjamin Franklin est choisi pour cette tâche et envoyé à Paris, dans le pays qui était alors le plus riche et le plus puissant d’Europe.

Ce n’est pas une mission facile. Les Français avaient eu quelques ambitions territoriales sur l’Amérique du Nord, mais chassés de la vallée de l’Ohio reliant le Canada à la Louisiane, ils avaient dû se résoudre à signer le traité de Paris (en 1763) mettant un terme à leurs prétentions. Treize ans plus tard, il en restait des traces. La paix ayant été faite avec l’Angleterre, pourquoi raviver les tensions à propos d’un territoire lointain et désormais sans aucun intérêt ?

Mais d’autre part la guerre s’amplifiait et les « insurgents » peinaient à la gagner. Or sans argent, pas de victoire. Celle du 17 octobre 1777 où une armée anglaise, venant du Canada, capitule à Saratoga, non seulement galvanise les insurgés, mais leur fait prendre conscience qu’il faut aller au-delà du traité d’amitié et de commerce avec la France initialement envisagé par le Congrès. Il faut une véritable alliance.

On connaît la suite. Son arrivée à Paris en décembre 1776, à presque 70 ans, et l’habileté dont il fait preuve pour se faire accepter, puis aduler par une société sensible à l’image qu’il sut incarner, avec ses vêtements rustiques, sa canne lourde, son grand chapeau et sa coiffure sans perruque, mythe de l’innocence originelle, du « bon sauvage » que Bernardin de Saint-Pierre traduirait quelques années plus tard dans Paul et Virginie. Il est logé par un homme d’affaires, Le Ray de Chaumont, dans les communs de son hôtel du Valentinois, à Passy. Il y installera notamment une imprimerie et un laboratoire qui lui permettront de poursuivre ses expériences et de fasciner ses visiteurs.

Comment ne pas admirer, en effet, son remarquable savoir-faire et son charme qui le firent aduler par les grandes familles, les Choiseul et les Montmorency, les Broglie et les La Rochefoucauld, mais aussi par les dames, sous l’œil suspicieux des puritains et les racontars des gens de cour.

Selon Marc Fumaroli, Benjamin Franklin expliquait à ceux qui lui reprochaient son penchant trop prononcé pour les femmes : « Les Français sont la nation la plus polie du globe. Les premiers que vous rencontrerez cherchent à savoir ce que vous aimez, puis ils le disent à la ronde. S’il est entendu que vous aimez le mouton, vous pourrez dîner où vous voudrez, vous aurez du mouton. Quelqu’un apparemment a publié que j’aimais les dames ; aussitôt tous m’ont offert des dames (ou des dames se sont offertes elles-mêmes) à embrasser (c’est-à-dire le baiser sur le cou. Car embrasser la bouche ou la joue n’est pas de mode ici, le premier procédé paraît grossier, et l’autre ôte la peinture). »

Et si l’on peut jaser quelque peu sur ses amours tardives avec Madame Helvétius et Madame Brillon de Jouy, comment dénier le talent dont il fit preuve pour se faire admettre dans le salon de Madame du Deffand, l’aveugle du siècle des Lumières qui jugeait impitoyablement chacun depuis son « tonneau », dont son fauteuil avait la forme, vieille dame fort amoureuse alors (mais l’amour n’a pas d’âge !) du jeune Horace Warpole, un sémillant anglais symbolisant pourtant la nation ennemie… On apprécie son travail, y compris son travail de diplomate, on l’admire en le voyant assister assidûment aux séances de l’Académie royale des sciences dont il a été élu membre correspondant. Oui, ce diable d’homme est partout !

Louis XVI ne l’aimait pas. Il le nommait, ironiquement, « ce cher Docteur », et son aversion était telle qu’il avait offert à la Comtesse de Polignac un pot de chambre en porcelaine de Sèvres comportant, en son fond, un portrait de Benjamin Franklin ! Qu’à cela ne tienne ! Il parviendra à surmonter les préventions du Roi en s’appuyant sur le Comte de Vergennes, son Ministre des Affaires étrangères qu’il avait su gagner à sa cause et qui signa avec lui, le 8 février 1778, les deux traités d’alliance franco-américains. La France s’engageait à soutenir les États-Unis jusqu’à une complète indépendance, les deux parties se promettant de ne pas signer de paix séparée avec la Grande-Bretagne. Le 20 mars, c’est le roi en personne qui reçoit la délégation américaine conduite par Franklin. L’aide française atteindra le montant considérable de 47 500 000 livres et l’engouement est tel que la Reine Marie-Antoinette renonce à un collier de diamants pour acheter une frégate !

Mais ce que l’on passe sous silence, ou presque, c’est son appartenance maçonnique. Elle transparaît pourtant clairement dans la Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776 qui s’appuie sur les principes d’égalité et de fraternité. C’est en février 1731 que Benjamin Franklin avait été initié à la loge Saint-Jean de Philadelphie, l’une des premières loges maçonniques d’Amérique.

Les premières loges américaines apparaissent vers 1730. Il est toutefois vraisemblable qu’il y ait eu, auparavant, des maçons parmi les émigrés anglais, écossais ou irlandais ; et il faut aussi tenir compte des Loges militaires itinérantes qui jouèrent un rôle déterminant dans la propagation de la maçonnerie. Mais le premier document maçonnique qui nous soit parvenu date du 30 juillet 1733 et se trouve, précisément, dans les archives de la Grande Loge de Saint John de Philadelphie où a été initié Benjamin Franklin. Ce document fait état de la nomination par le vicomte de Montagu, Grand Maître d’Angleterre, d’un Grand Maître provincial d’Amérique du Nord qui dépendait donc de Londres. Après la déclaration d’Indépendance proclamée à Philadelphie le 4 juillet 1776, la Grande Loge du Massachusetts décida de s’émanciper en rompant avec celle d’Écosse, bientôt suivie par les autres Grandes Loges Provinciales. Il faudra attendre la réunification des Ancients et des Modernes, en 1813, pour que les Grandes Loges indépendantes américaines se rallient à l’autorité maçonnique anglaise, ce qui a, de toute évidence, modelé le visage de la franc-maçonnerie mondiale.

Un an plus tard, en mai 1732, il publiait les « Constitutions of Free Masons » d’Anderson, qui constituaient le premier livre maçonnique édité en Amérique. Le 24 juin de cette même année il devint vénérable de sa loge, puis fut nommé, de 1735 à 1738, secrétaire provincial et le 10 juin 1749 Grand Maître de la Province. L’année suivante, pris par ses autres obligations, il céda ce poste et devint grand maître adjoint. Mais son rôle fut actif dans la construction du premier temple maçonnique d’Amérique.

À Paris, il se fait affilier à la plus prestigieuse des Loges de ce temps-là, Les Neuf Sœurs, fondée en 1776 selon le vœu d’Helvétius, loge qui se référait aux Muses – les neufs sœurs du Parnasse – parce qu’elle se voulait vouée à « la culture des sciences, des lettres et des arts ». Il en deviendra, trois ans durant, jusqu’en 1790, le Vénérable, après l’astronome Lalande, et c’est appuyé sur son bras que Voltaire – à 84 ans ! – est initié, le 7 avril 1778, moins de deux mois avant sa mort (le 30 mai).

Le jeune La Fayette nourrissait pour lui la plus vive admiration et c’est lui qui inspirera la fameuse expédition française dirigée par deux francs-maçons, Rochambeau et son second, La Fayette, qui contribueront à la victoire de Yorktown, le 19 octobre 1781, conduisant à la capitulation de Cornwallis. Les traités de paix, consacrant l’indépendance des États-Unis, seront signés à Paris et à Versailles début septembre 1783, après une dizaine de mois de difficiles négociations au cours desquelles l’engagement américain de ne pas conclure de paix séparée sera mis à rude épreuve. Franklin aura été un acteur essentiel.

Mais sait-on que La Fayette se liera suffisamment à Washington pour que Madame de La Fayette brode et offre au général américain son tablier maçonnique qu’il portera plus tard lors de son intronisation comme premier Président des États-Unis ?

Quant au « sage de Passy », comme on se mit à l’appeler, il resta encore une vingtaine de mois. « Quand il quitta Passy – raconte son collègue Jefferson – ce fut comme si le village avait perdu son Patriarche. En prenant congé de la cour, ce qu’il fit par correspondance, le roi lui adressa ses compliments chaleureux et mit à sa disposition une litière tirée par ses propres mules, le seul moyen de transport que pouvait supporter son état… », car Franklin était alors sujet à des crises de goutte qui le faisaient terriblement souffrir.

Benjamin Franklin meurt à Philadelphie le 17 avril 1790, à l’âge de 84 ans en rédigeant un texte contre l’esclavage.

On prête à Turgot cette définition de Benjamin Franklin qui résonne comme une épitaphe : « Eripuit coelo fulmen, sceptrumque tyrannis », il arracha la foudre au ciel et le sceptre aux tyrans. C’est un peu ampoulé, tout de même, et assez peu conforme à l’homme.

Pour sa part, il avait écrit sa propre épitaphe, à vingt et un ans :

« Ci-gît le corps de B. Franklin, Imprimeur,

(Comme la couverture d’un vieux livre,

au contenu déchiré et dépouillé

de ses caractères et dorures)

nourriture des vers.

Mais le travail ne sera pas perdu.

Il reparaîtra dans une nouvelle édition plus élégante,

révisée et corrigée par l’auteur. » Ce sens de l’humour l’accompagna sa vie durant, et c’est ce qui rendit l’homme si attachant. Mais on reconnaîtra le franc-maçon dans cette pensée du Poor Richard’s Almanack : « Ne craignons pas la mort : plus tôt nous mourrons, plus longtemps nous serons immortels. »

Du beau, du bon, du bonheur

Il n’y a pas de recettes pour être heureux, sinon qui sait, faire un meilleur constat de notre condition humaine et agir en conséquence. Ce regard sur notre vie nous indique tout naturellement qu’il y a les choses sur lesquelles nous avons une possibilité d’action et celles qui ne sont pas de notre ressort. Nous consommons souvent beaucoup d’énergie, en pure perte, sur ces dernières !

Par ailleurs, la nature même nous conseille de vivre « ici et maintenant », chaque moment, avec ses joies et ses peines. Il n’y a pas d’action possible sur « ailleurs et autrefois », c’est à dire sur le passé, qui est un film tourné, terminé, archivé, en boîte. Quant au futur, « là-bas et demain », c’est l’inconnu. Il ne sert à rien de s’angoisser sur l’inconnu, c’est encore de l’énergie gâchée, comme chauffer un appartement, la fenêtre ouverte ! Il s’agit simplement de transformer cet inexistant, en idée puis en projet constructif. Il faut toujours avoir un rêve d’avance !

Dès lors, d’où viennent nos peurs, nos craintes rétroactives du passé (ai-je bien fait ce que j’aurais dû faire pour moi, pour untel, etc. ?) notre anxiété pour aujourd’hui (est-ce que je fais bien ce que je dois faire ?) et notre appréhension de demain (que vais-je faire et devenir ?) Ce questionnement, c’est tout simplement un « doute négatif » résultat de 2000 ans de culpabilité gréco-judéo-chrétienne, que l’on soit croyant ou athée (c’est bien souvent la même carte à jouer, mais retournée !), né de notre civilisation de la culpabilité, qui a inventé un Dieu à l’inverse des hommes…paré de toutes les qualités. C’est à dire doté d’une perfection que nous ne pourrons jamais atteindre, et qui donc, nous infériorise et conditionne en « état de faute » permanent ! La culpabilité, toujours !

Comment s’en défaire ? Il s’agit de « changer de plan » et de se mettre en situation de « doute positif »‘. Cette auto interrogation (qu’est-ce qui est à mon « niveau », au sens propre et figuré de l’outil ? qu’est-ce qui ne l’est pas ?) est à même de nous conduire à la pratique d’un « vie bonne », sans peur et sans reproche. Pourquoi y aurait-il quelque honte (un sentiment parfois culturel !) à vivre dans le confort matériel que l’on acquiert ou acquis tout au long d’une existence de travail ?! Si possible, avoir chaud dans sa maison, manger à sa faim, être bien dans une enveloppe charnelle satisfaite – et dans une tête sereine – permet sur le pas de sa porte, de mieux réfléchir, de mieux voir le monde et d’aller vers les autres avec lucidité et sans égoïsme.

Bref, occuper un corps sain et bénéficiant du « silence de ses organes » (l’une des définitions de la santé) offre le moyen de « penser mieux » pour exister, mieux que vivre. La « spiritualité physique » (culture du bien-être) a autant de valeur qu’une spiritualité religieuse (observance théologique) ou une spiritualité laïque (réflexion sans Dieu). Les trois peuvent cohabiter – selon les options de chacun – quand elles sont profitables à l’Homme.

Dépasser son ego pour rejoindre ses égaux ! Voyager léger (porter une valise avec le nécessaire, mais pas la malle universelle !), prendre le temps des choses et faire chaque chose en son temps, s’aimer et aimer l’autre comme un autre moi, à sa mesure, avec lucidité, c’est peut-être cela, le bonheur… Cette petite fleur de « bon sens » et qui donne du sens à notre vie, qu’il faut cueillir chaque jour au lever, comme au premier matin du monde…

Le Secret de l’alchimie : Documentaire Complet

L’alchimie est une discipline qui peut se définir comme « un ensemble de pratiques et de spéculations en rapport avec la transmutation des métaux ». L’un des objectifs de l’alchimie est le grand œuvre, c’est-à-dire la réalisation de la pierre philosophale permettant la transmutation des métaux, principalement des métaux « vils », comme le plomb, en métaux nobles comme l’argent ou l’or.

Cet objectif se fonde sur la théorie que les métaux sont des corps composés (souvent de soufre et de mercure). Un autre objectif classique de l’alchimie est la recherche de la panacée (médecine universelle) et la prolongation de la vie via un élixir de longue vie. La pratique de l’alchimie et les théories de la matière sur lesquelles elle se fonde, sont parfois accompagnées, notamment à partir de la Renaissance, de spéculations philosophiques, mystiques ou spirituelles.

Des pensées et des pratiques de type alchimique ont existé en Chine dès le ive siècle av. J.-C. et en Inde dès le vie siècle. L’alchimie occidentale, quant à elle, commence dans l’Égypte gréco-romaine au début de notre ère, puis dans le monde arabo-musulman, d’où elle se transmet au Moyen Âge à l’Occident latin, où elle se développe à la Renaissance et jusqu’au début de l’époque moderne. Jusqu’à la fin du xviie siècle les mots alchimie et chimie sont synonymes et utilisés indifféremment. Ce n’est qu’au cours du xviiie siècle qu’ils se distinguent et que l’alchimie connaît une phase de déclin, sans toutefois disparaître totalement, alors que la chimie moderne s’impose avec les travaux d’Antoine Lavoisier, et la découverte que les métaux sont des « substances simples ».

https://youtu.be/CnYqn-fS2CE

L’étymologie du terme alchimie est discutée (grammatici certant). Le mot « alchimie » viendrait de l’arabe الكيمياء, al-kīmiyāﺀ venant lui-même du grec ancien khumeia / khêmeia. Le terme apparaît dans le vocabulaire français au xive siècle, par le latin médiéval alchemia. Les termes alchimie et chimie (en latin alchemia et chemia, ou alchymia et chymia) sont restés strictement synonymes jusqu’au début du xviiie siècle, avec notamment l’ouvrage polémique d’Étienne-François Geoffroy, Des supercheries concernant la pierre philosophale (1722).

Différentes hypothèses ont été avancées pour l’origine du mot en arabe. Le mot arabe proviendrait du mot grec Χεμεια khemeia, désignant également la chimie dans son acception moderne, ou bien du grec χυμεία, khymeia désignant un mélange, une mixture. Le philologue Hermann Diels, dans son Antike Technik (1920) y voyait la « fusion », du grec ancien khumeia / khêmeia, signifiant « art de fondre et d’allier les métaux ».

Kimiya pourrait également venir du mot copte kēme (ou son équivalent en dialecte bohaïrique, khēme), lui-même dérivant du grec kmỉ, correspondant au moyen égyptien ḳm.t, désignant la terre noire, la terre alluvionnaire et par extension l’Égypte (Χημία)

Liens avec l’Égypte pharaonique :

Selon Zosime de Panopolis, l’alchimie telle qu’elle était pratiquée à son époque tirait son origine des cultes égyptiens. Dans un traité généralement appelé le « Compte Final », Zosime présente une courte histoire des techniques minéralurgiques et de deux types de « teintures » (βαφαί), les teintures « naturelles» (φυσικά) et les teintures « non naturelles » (ἀφυσικά). L’alchimie y est décrite comme un art ayant été jadis caché et monopolisé par les prêtres égyptiens et leurs « démons terrestres » (ϙϙ [c’est-à-dire δαίμονες] περίγειοι), que Zosime appelle aussi « gardiens des lieux » (οἱ κατὰ τόπον ἔφοροι). Il s’agit vraisemblablement des dieux égyptiens, qu’il présente comme des démons menteurs promettant le succès dans la pratique des teintures en échange de sacrifices. Zosime a manifesté un intérêt pour les pratiques des prêtres des temples égyptiens dans deux autres traités et semble les avoir considérés comme les derniers spécialistes de l’alchimie : dans Sur les appareils et les fourneaux, il mentionne avoir visité « l’antique sanctuaire de Memphis » où il a vu un fourneau tombé en pièces ; une traduction syriaque d’un traité de Zosime Sur le travail du cuivre montre aussi son intérêt pour des pratiques métallurgiques liées à la fabrication et la coloration des statues du culte égyptien. Bien que Zosime attribuât les pratiques alchimiques de son temps à celle des prêtres égyptiens, il n’attribuait pas son origine à un peuple ou à un groupe de prêtres en particulier mais plutôt à l’enseignement des anges déchus, qui aurait été consigné dans un traité perdu intitulé le « Chemeu ». Plutôt que de suivre les traditions égyptiennes, qu’il croyait avoir été corrompues par l’influence de « démons », Zosime cherchait à reconstituer l’authentique doctrine alchimique par une exégèse méticuleuse des textes, et plus particulièrement, par l’interprétation des textes attribués à Démocrite, qu’il croyait être le seul à avoir fait allusion au Chemeu.

François Daumas voit un lien entre la pensée égyptienne et l’alchimie gréco-égyptienne, à travers la notion de pierre, pierre à bâtir ou pierre philosophale. Garth Fowden, cependant, juge l’interprétation de Daumas trop optimiste : « dans le cas de l’alchimie, les anciens Égyptiens sont connus pour s’être intéressés à l’origine et à la nature des pierres précieuses et des métaux, et les textes alchimiques grecs de l’Antiquité tardive contiennent diverses allusions à l’Égypte et à ses traditions, mais nous n’y trouvons rien d’analogue à l’évolution, sans solution de continuité, de la magie pharaonique à la magie gréco-égyptienne. Le même discours vaut pour l’astrologie. ». Shannon Grimes a émis une thèse semblable à celle de Daumas, Festugière et Mertens. Selon Grimes, Zosime de Panopolis (c. 300 ap. J.-C.), un des premiers commentateurs de textes alchimiques, aurait était prêtre d’un culte égyptien et aurait adapté les traditions égyptiennes concernant la création et la consécration des statues de cultes, notamment le rite de l’ouverture de la bouche, aux traditions hébraïques et chrétiennes.

Liens avec les pratiques artisanales et la métallurgie

De nombreuses techniques artisanales sont connues dans l’Égypte hellénistique avant l’apparition de l’alchimie : fonte des métaux (seulement sept métaux sont connus de l’antiquité jusqu’à la renaissance : or, cuivre, argent, plomb, étain, fer et mercure), la fabrication d’alliage (bronze et laiton), différentes techniques de métallurgie et d’orfèvrerie, le travail du verre, la fabrication de gemmes artificielles, la fabrication de cosmétique.

Les différentes techniques de raffinage des minerais aurifères et argentifères sont particulièrement pertinentes à ce qui allait être appelé alchimie. Les premières techniques consistent à extraire les métaux précieux des minerais. Comme le mentionne Pline l’ancien à la fin du ier siècle, le mercure était utilisé pour séparer l’or du minerai. L’or et les argents se trouvant généralement mélangés l’un à l’autre ainsi qu’à d’autres métaux, la séparation de ces métaux était nécessaire à l’obtention d’or et d’argent de haut titre. Une première technique, la coupellation, permettait de séparer l’or et l’argent d’autres métaux mais non pas l’or de l’argent28. Pour ce faire, on utilisait plutôt la cémentation, une technique qui consistait à calciner l’alliage d’or et d’argent avec d’autres produits, dont le sel, dans des vases d’argile. Sous l’effet de la chaleur, l’argent du mélange réagit avec le sel et se colle aux parois du vase. Cette technique fut décrite par Agatarchide de Cnide dans un ouvrage maintenant perdu et cité par Diodore de Sicile. Des fouilles archéologiques à Sardes ont aussi démontré qu’une technique de cémentation similaire à celle décrite par Agarthacide y fut utilisée.

Un lien peut-être plus fort encore peut être fait entre l’utilisation de mercure pour la dorure (le mercure y servant à coller des feuilles d’or sur un objet), le rôle que cette technique jouait dans la coloration des statues et l’importance que le mercure revêt dans les commentaires alchimiques, notamment ceux de Zosime de Panopolis.

Les livres de recettes

Les plus anciens textes grecs qu’on peut relier à l’alchimie sont les papyrus de Leyde et de Stockholm, écrits en grec et découverts en Égypte, et qui datent du iiie siècle. Ils contiennent 250 recettes techniques qu’on peut répartir en quatre catégories qui visent à donner aux métaux l’aspect de l’or ou de l’argent et à imiter la coûteuse pourpre et les pierres précieuses (émeraudes, perles…). Ces recettes sont claires dans la mesure où on parvient à en identifier aujourd’hui les ingrédients. Les papyrus recettes contiennent des tests de la pureté des métaux précieux et communs, ce qui indique que leurs auteurs sont parfaitement conscients de la différence entre l’imitation et l’original. Une de ces recettes par exemple, porte sur l’« eau de soufre », constituée d’un mélange de chaux, de soufre et d’urine ou de vinaigre, que l’on chauffe. Elle permet de donner à l’argent l’aspect de l’or par l’action en surface de polysulfures de calcium. Les premiers papyrologues ayant travaillé sur ces deux manuscrits s’accordent pour dire qu’ils sont l’œuvre du même copiste9 (ce même copiste serait par ailleurs l’auteur de manuscrits maintenant mieux connus sous le nom de « papyrus magiques grecs »). Considérés comme une seule œuvre, les manuscrits alchimiques de Leyde et de Stockholm portent sur l’imitation de quatre types de substances (l’or, l’argent, la teinture pourpre et les pierres précieuses). Cette même division se retrouve aussi dans la tradition des Quatre livres attribués à Démocrite, la plus ancienne tradition d’alchimie grecque que l’on connaisse.

Le plus ancien texte du Corpus alchemicum graecum est le Physika kai mystika (φυσικά και μυστικά, Questions naturelles et secrètes), et que l’on peut dater du ier siècle. Faussement attribué au philosophe Démocrite d’Abdère du ive siècle avant notre ère (on parle du Pseudo-Démocrite), ce texte a souvent été considéré au xxe siècle, comme une version remaniée et interpolée d’un ouvrage plus ancien d’un auteur gréco-égyptien mal connu, Bolos de Mendès (entre − 250 et −125) ; Les études plus récentes ont conduit à rejeter cette hypothèse. Synésius l’alchimiste, au ive siècle, identifie le maître au mage Ostanès, et le temple à celui de Memphis. Le texte présente des recettes techniques très similaires à celles des papyrus, destinées à imiter l’or, l’argent, le pourpre et les pierres précieuses ; mais il présente des éléments qui deviendront caractéristiques des textes alchimiques :

La fausse attribution à des auteurs célèbres ou mythiques

l’aspect initiatique : le pseudo-Démocrite essaie sans succès d’invoquer du séjour des morts son maître mort avant de lui avoir transmis ses secrets, mais finit par découvrir dans la colonne d’un Temple une formule qui résume son art : « la nature se réjouit de la nature, la nature vainc la nature, la nature domine la nature ». Chaque recette est suivie d’une des trois propositions de la formule.
l’ambiguïté du langage : le texte joue sur le double sens de l’expression theion hudor qui peut signifier en grec « eau de soufre » ou « eau divine ». Il utilise l’expression « notre plomb », pour désigner autre chose, probablement la stibnite (minerai d’antimoine).
Pour Didier Kahn c’est le premier traité d’alchimie connu, mais pour Lawrence Principe il appartient encore à la littérature technique des recettes. Comme l’indiquait Robert Halleux : « En fait, il est extrêmement difficile de distinguer une recette technique d’une recette alchimique. La différence essentielle, la chimérique prétention de transmuter, ne joue qu’au niveau de la conscience de l’opérateur, car sous l’angle strictement technique, […] les procédés des alchimistes grecs sont des procédés de bijoutiers : alliage à bas titre, dorure ou argenture de métaux vils, vernis imitant l’or et l’argent. Il conviendra donc de replacer les recettes dans leur contexte à la fois technique et intellectuel ».

Zosime de Panopolis

Selon Lawrence Principe c’est vraisemblablement au cours du iiie siècle que l’idée, non plus d’imiter l’or et l’argent, mais de les fabriquer réellement émergea. Après le Physika kai mystika du pseudo-Démocrite, on dispose d’une série de citations ou de courts traités attribués à des personnages mythiques ou célèbres (Hermès, Isis, Moïse, Agathodémon, Jamblique, Marie la Juive, Cléopatre, Comarius, Ostanès, Pamménnès, Pibechius…, pour la plupart cités par Zosime de Panopolis (Rosinus dans les publications latines postérieures), qui, vers 300, est le premier alchimiste pour lequel on dispose d’écrits et de détails biographiques substantiels.

Ces détails restent essentiellement limités aux écrits de Zosime. La Souda, une encylopédie datant de la fin du xe siècle, l’appelle un philosophe (l’appellation ordinaire pour un auteur de textes alchimiques grecs) d’Alexandrie50. La Souda est la seule source identifiant Zosime comme un alexandrin et la plupart des chercheurs s’accordent maintenant pour dire que Zosime était originaire de Panopolis. L’encyclopédie lui attribue aussi une œuvre en 28 volumes « appelée par certains Cheirokmêta » et une Vie de Platon. Aucune Vie de Platon nous est parvenue attribuée à Zosime et aucune collection de ses livres ne correspond exactement à la description faite des Cheirokmêta.

Les commentateurs

Deux autres auteurs de cette période sont restés célèbres pour leurs commentaires ou leurs recettes : Olympiodore l’Alchimiste, qui est peut-être Olympiodore le Jeune (un recteur de l’école néoplatonicienne d’Alexandrie, en 541) et Synésius, qui est peut-être Synésios de Cyrène, ami et disciple de la philosophe néoplatonicienne Hypatie. Olympiodore le Jeune, au vie siècle, sur l’analogie planètes-métaux, donne un système de correspondances, qui sera classique en alchimie : or-Soleil, argent-Lune, plomb-Saturne, électrum-Jupiter, fer-Mars, cuivre-Vénus, étain-Mercure.

Premières techniques alchimiques

Les alchimistes alexandrins utilisaient quatre types de techniques pour « produire » de l’or, techniques consignées dans des recettes :

la fabrication d’alliages semblables à de l’or, composés de cuivre, d’étain et de zinc (comme le laiton ou le moderne « or de Mannheim », alliage de cuivre et de zinc utilisé en bijouterie ;
l’altération de l’or, en lui incorporant du cuivre et de l’argent dont les teintes rougeâtres et verdâtres des alliages avec l’or se compensent, ne modifiant pas la coloration initiale. Les alchimistes interprétaient cela comme la transformation de l’argent et du cuivre initial par l’or agissant comme une semence ;
la dorure superficielle des métaux (les recettes parlent alors de teinture plutôt que de fabrication). Cela se faisait par trois méthodes : l’utilisation d’un vernis laque teinté, le traitement par des solutions pour former une couche de sulfures, et la corrosion en surface d’or altéré, pour ne laisser à l’extérieur qu’une couche d’or pur (l’agent corrosif étant probablement une sorte d’anhydride sulfurique obtenu par calcination de sulfates de fer et de cuivre) ;
l’utilisation de substances volatiles dans des processus de distillation et de sublimation, permettant d’extraire l’« esprit » d’un corps et de l’y réintroduire.
Alchimie byzantine.

L’alchimie byzantine, très active à Alexandrie, regroupe les écrits et les pratiques métallurgiques de la dernière période gréco-égyptienne de l’alchimie. Elle recoupe une série de théories, de méthodes et de recettes concernant la coloration des métaux et la fabrication d’alliages. Bien que l’alchimie byzantine cherche entre autres à faire passer les métaux de valeur moindre pour des métaux plus riches, elle ne se limite pas exclusivement à cette fin. Elle hérite d’un ensemble de théories concernant la matière provenant des philosophies platoniciennes, aristotéliciennes, néoplatoniciennes et gnostiques, et qui proposent des buts purement spirituels et régénératifs. Elle s’inscrit aussi dans le monde militaire byzantin via des recherches liées à la production d’armes à feu que l’on reconnaît dans la fabrication et l’utilisation du feu grégeois.

24/06/22 : Départ de Marseille de la 10e croisière maçonnique et philosophique

Départ le 24 juin 2022 de Marseille, à bord du Costa Firenze.

À PARTIR DE 699€ TTC/pers. + 77 € Forfait de séjour à Bord

Le conférencier de cette 10e croisière : EDDY CAEKELBERGHS

Journaliste professionnel, secrétaire de rédaction à la Radio-Télévision
belge francophone de service public, il est diplômé en sciences politiques et relations
internationales de l’Université libre de Bruxelles (ULB)

et titulaire d’une maîtrise spéciale
en politique européenne de l’Institut d’études européennes de Bruxelles. Vice-président du Centre d’Action Laïque belge, administrateur de la Fondation Henri La Fontaine pour la Paix et de la Fondation d’Aide Morale aux Détenus, Eddy Caekelberghs est franc-maçon depuis 1989. Ancien Grand Orateur puis 1er Grand Maître national adjoint du Grand Orient de Belgique, ancien Grand Orateur du Grand Chapitre Général de Belgique, il fut parmi les refondateurs des Ordres de Sagesse du Rite des Modernes en Belgique. Outre son appartenance au Grand Orient de Belgique, il est le Vénérable Maître fondateur de la Loge mixte « L’Homme Révolté » à Lithos confédération de Loges, Passé-Maître de la Loge d’Études Émulation « The Four Roses » et membre actif de diverses instances du Rite Français et du Rite Écossais. Il collabore à plusieurs organes d’information maçonnique.

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Le Palais des congrès et centre d’expositions Palau Robert retrace l’histoire de la franc-maçonnerie avec l’exposition « Maçons ! »

De notre confrère espagnol lavanguardia.com

Barcelone, 12 mai (EFE).- Le Palais des congrès Palau Robert retrace l’histoire de la franc-maçonnerie dans l’exposition « Maçons ! », une exposition qui vise à faire découvrir au public la trajectoire de cette institution initiatique à travers les siècles à partir « d’un regard actuel ».

Promue par la Direction générale de la diffusion et organisée par le journaliste Enric Calpena, l’exposition « Maçons ! », qui peut être visitée du 13 mai au 28 août, a la collaboration de personnes liées à la franc-maçonnerie, comme et mécène de la Bibliothèque d’Arús à Barcelone, Josep Brunet.

L’institution maçonnique, comme l’a assuré Calpena, a « un rôle prépondérant dans certaines des idées et des piliers philosophiques de la démocratie qui se sont établis dans la société d’aujourd’hui, étant « les protagonistes des grands événements historiques des trois derniers siècles ».

« Il y a un lien entre les événements qui se déroulent en franc-maçonnerie et ce qui se passe dans le monde », a assuré le conservateur, qui a souligné que, si l’on pense au monde occidental, « la franc-maçonnerie est une voie qui permet d’expliquer l’évolution processus des sociétés. »

C’est pourquoi l’exposition « Maçons ! présente un parcours historique autour des événements dans lesquels la franc-maçonnerie a été impliquée et les relie directement aux événements les plus pertinents qui se sont produits dans le monde, en Espagne et en Catalogne. »

Les francs-maçons se définissent comme des « libres penseurs », c’est pourquoi ils ont été historiquement mal vus par le pouvoir et persécutés à travers l’histoire, c’est pourquoi ils ont dû conserver « une certaine discrétion quant à leurs pratiques ».

Comme l’a rappelé Brunet, « la franc-maçonnerie est née avec la période des Lumières » et des concepts tels que « Liberté, Fraternité ou Égalité » ont un sens qui vient à l’origine de l’institution maçonnique.

« Il serait difficile de comprendre le monde d’aujourd’hui sans les idéaux de liberté et de libre pensée inhérents à la franc-maçonnerie », a indiqué le patron de la Bibliothèque Arús.

L’exposition comprend également une salle qui vise à donner de la visibilité à travers différents contenus, tels que des livres ou des films, aux mythes et préjugés qui ont été liés à la franc-maçonnerie au cours des siècles.

« L’Église a été l’un des ennemis les plus puissants de l’institution maçonnique », a indiqué le commissaire, car c’est une organisation contraire à la croyance maçonnique selon laquelle il existe « un Grand Architecte de l’Univers » et qu’il ne correspond pas au Dieu chrétien.

« Le Grand Architecte de l’Univers cède la place à la libre réflexion et, d’autre part, la foi n’est pas un sujet de réflexion », a souligné Calpena qui, à son tour, a souligné que dans les temples maçonniques « il est d’usage d’exposer la Bible, mais aussi parfois le Coran » et que, du point de vue religieux, « c’est un peu hétérodoxe ».

« Macons ! expose les quatre obédiences maçonniques en fonction en Catalogne, dont la Grande Loge d’Espagne, héritière des grandes loges et la plus grande d’entre elles, le Grand Orient de Catalogne, la Grande Loge Symbolique Espagnole et la Grande Loge Féminine d’Espagne, en exclusivité composée de femmes maçonnes. »

Parmi le matériel présenté tout au long de l’exposition, il y a aussi des photographies, des références et une grande variété de contenus multimédias, comme, par exemple, une reproduction numérique de certains des rites spécifiques de la tradition maçonnique, comme « l’initiation ».