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Les Francs-maçons célèbrent la Journée des enfants

De notre confrère du Paraguay abc.com.py

Une grande et particulière célébration pour la Journée des enfants a eu lieu hier avec 500 enfants, organisée par la Grande Loge des Maçons Libres et Acceptés de la République du Paraguay. Elle a eu lieu dans les jardins de l’ancien hôtel Itá Enramada.

Quelques 500 enfants ont assisté à une célébration en leur honneur, qui s’est déroulée hier dans les jardins de l’ancien hôtel Itá Enramada. 

« Nos activités généralement sont souvent mal vues, c’est pourquoi aujourd’hui , nous le faisons ouvertement, nous nous ouvrons petit à petit », a déclaré Alberto González Cabral, Grand Maître de la Grande Loge des Maçons Libres et Acceptés de la République du Paraguay, l’un des les organisateurs de l’événement.

Le Grand Maître a indiqué que les objectifs de la franc-maçonnerie sont très nobles, mais comme ils sont toujours très fermés, les gens ont tendance à ne pas comprendre.

La célébration s’est déroulée en présence de 500 enfants.

La journée ensoleillée a contribué à une large participation de mineurs qui ont apprécié des jeux, des spectacles de clowns, des ballons fous, ainsi que des cadeaux et un déjeuner de courtoisie. La plupart de ceux qui ont assisté sont des fils de frères ou de parents maçonniques, cependant, la célébration était ouverte au grand public.

Drapeau national du Paraguay

L’activité a commencé à 11 h 00 et s’est terminée à 16 h 00. Différentes loges offraient des stands de nourriture, avec des adhésions vendues aux parents. González Cabral a déclaré qu’ils avaient choisi de tenir la célébration un dimanche afin que tous les enfants accompagnés de leurs parents puissent y assister, sans coïncider avec d’autres célébrations qui sont sûrement prévues dans les écoles le mardi, date du souvenir de la Journée des enfants.

Société secrète : The Golden Dawn ou l’ordre hermétique de l’Aube dorée

The Hermetic Order of the Golden Dawn in the Outer (littéralement L’Ordre hermétique de l’Aube dorée à l’extérieur) est une ancienne société secrète britannique fondée à Londres en 1888 par William Wynn Westcott. Elle se disloque, de 1900 à 1905, à la suite de conflits internes. S’inscrivant dans une mouvance occultiste, la « Golden Dawn » (ainsi communément désignée) se présentait comme une école consacrée à l’étude des sciences occultes, à leur systématisation, leur organisation et à leur enseignement.

Origines de l’Aube dorée

On trouve trois hommes à l’origine de la Golden Dawn, qui sont aussi membres d’un ordre maçonnique : la Societas Rosicruciana in Anglia . La loge pratique un rituel d’initiation s’inspirant de la Rose Croix et dont le contenu est essentiellement Chrétien.

  • Le docteur William Wynn Westcott
  • William Robert Woodman
  • Samuel Liddell MacGregor Mathers

De la création de l’Ordre

L’anecdote entourant la fondation de la Golden Dawn est une histoire contestée. Tout aurait commencé en 1884, lorsque le Dr William Wynn Westcott, soumit à ses « confrères » William Robert Woodman et Samuel Liddell MacGregor Mathers des manuscrits codés.

À croire à la légende , c’est le révérend Woodford, pasteur anglican, qui après avoir trouvé ces textes obscurs dans les rayons poussiéreux d’une petite librairie de Farrington Street à Londres, lui aurait confié le soin de les déchiffrer.

William Wynn Wescott décode alors lesdits manuscrits et y découvre notamment les coordonnées d’une certaine Anna Sprengel, domiciliée en Allemagne. Elle serait membre d’une mystérieuse société secrète rosicrucienne. Westcott se serait alors résolu à engager, une correspondance avec cette dernière.

L’arbre Kabbalistique de la vie

Après cinq mois de prétendue liaison épistolaire, Westcott aurait reçu, par l’intermédiaire de Sprengel, une charte officielle de la dite société, ayant pour nom Temple Licht, Liebe und Leben traduit par : Lumière, Amour et Vie.

Woodman et Mathers reçurent la permission de fonder en Grande-Bretagne une fraternité rattachée à celle d’Allemagne. Elle devait avoir pour nom « Aube dorée de l’extérieur » (Golden Dawn in the Outer).

Westcott demande alors l’aide de son compère Samuel Liddel Mathers afin de mettre en forme les ébauches des Rituels d’initiation de l’Ordre, ce qu’ils firent remarquablement. Dès lors, Mathers s’occupera des enseignements Magique de l’Ordre, Westcott de la Kabbale et du système Rosicrucien et le Révérend Ayton de la branche Alchimique.

Fondation et ramifications

En mars 1888, à Londres, fut inaugurée la Loge « Isis-Urania », première loge « officielle » de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée. L’événement fut publiquement annoncé dans une revue théosophique en 1889.

L’« Isis-Urania » était également dénommée « Temple n°3 » du fait de la pseudo-existence de deux premières loges allemandes.

De 1889 à 1905, la Golden Dawn implanta des loges secondaires à Bristol (la loge « Hermès » n°4), à Bradford (« Horus » n°5), à Édimbourg (« Amon-Râ » n°6), à Paris (« Ahathöor » n°7), et enfin à Weston-super-Mare (« Osiris » n°8).

Au sein de la Golden Dawn

Hiérarchie

Le parcours initiatique au sein de la Golden Dawn, dénommé « Cursus studiorum magicorum », était subdivisé en treize niveaux :

  • Premier Ordre : l’Ordre de l’Aube Dorée ou « Ordre extérieur ». Ce premier ordre, dont le nom sert aussi à désigner la fraternité dans son ensemble, visait à la formation théorique des initiés :
    • un grade d’introduction, Néophyte 0=0
    • Zelator 1=10
    • Theoricus 2=9
    • Practicus 3=8
    • Philosophus 4=7
  • Seigneur du Portail : second grade d’introduction au second ordre.
  • Second Ordre : l’Ordre de la Rose Rouge et de la Croix d’Or (Ordo Rosae Rubeae et Aureae Crucis) ou « Ordre intérieur » : Ce deuxième ordre octroyait le statut d’« Adepte » et enseignait les techniques et rituels magiques pratiques jusqu’alors uniquement étudiés en théorie dans le premier Ordre. Ce troisième et dernier ordre comprenait les grades :
    • Adeptus Minor 5=6.
    • Théoricus Adeptus Minor (T.A.M.), Practicus Adeptus Minor (P.A.M.)
    • Adeptus Major 6=5
    • Adeptus Exemptus 7=4
  • Troisième Ordre : l’Ordre de l’étoile argentée (Ordo Astrum Argentum ou Argenteum Astrum) :
    • Magister Templi 8=3
    • Magus 9=2
    • Ipsissimus 10=1

Cette structure est inspirée de l’Arbre des Sephiroth (élément majeur de la Kabbale).

Membres

Parmi les membres de l’Aube dorée, on retrouvait :

Arthur Edward Waite, le poète William Butler Yeats, l’artiste Pamela Colman-Smith, l’actrice Florence Farr, le peintre Isabelle de Steiger, Algernon Blackwood, Allan Bennet, Aleister Crowley, John Brodie-Innes, Annie Horniman (fondatrice avec Yeats de la Société Théâtrale Nationale d’Irlande, puis de l’Abbey Theatre), les écrivains Arthur Machen dans la branche de A.E. Waite, et Enoch Soames, Henry Rider Haggard, Sax Rohmer, William Sharp, John Todhunter, l’auteure et journaliste Constance LLoyd Wilde, etc. Il est possible, mais non prouvé, que l’écrivain irlandais Bram Stoker ait fait partie de l’ordre.

Grands Maîtres de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée

de 1888 à 1891 William W. Westcott, Samuel L. McGregor Mathers, William R. Woodman
de 1891 à 1900 William W. Westcott, Samuel L. McGregor Mathers
de 1900 à 1901William W. Westcott
de 1901 à 1903William B. Yeats
de 1903 à 1905 Arthur E. Waite (éminence grise : William A. Ayton)

Enseignements

L’enseignement de la Golden Dawn reposait principalement sur l’étude de la Kabbale, et des arts Divinatoires :

L’étude de la Kabbale, commençait dans l‘« Ordre Extérieur » et était approfondie dans l’« Ordre Intérieur » ; l’énochien, quant à lui, était uniquement enseigné aux « Adeptes » (membres de l’« Ordre Intérieur »). En dehors de ces deux fondements, les initiés s’adonnaient également à des disciplines occultes « secondaires » telles que la tarologie, la géomancie et l’alchimie.

La fin de la Golden Dawn

Ordres issus de la Golden Dawn

Douze années après sa fondation, la Golden Dawn éclatât. Cet éclatement est l’aboutissement d’un vaste écheveau d’évènements qui, somme toute, découlerait fondamentalement de la lutte de pouvoir entre Mathers – basé à « Ahathöor » depuis 1890 et Westcott basé à « Isis-Urania » qui durent se partager l’administration de la Golden Dawn à la suite du décès de Woodman en 1891.

La fissure

Les deux hommes entrèrent en conflit au sujet des Rites de l’Ordre qu’ils devaient ensemble mettre au point. Mathers prétendit alors être en relation avec les « chefs secrets » censés diriger la Golden Dawn en coulisses, et s’en servit comme prétexte pour témoigner de penchants despotiques progressivement croissants, qui ne furent d’ailleurs pas au goût de tous les Adeptes… Les tensions occasionnées parmi les membres, en cette dernière décennie du  siècle, débouchèrent sur le « schisme de 1900 », différents ordres dérivés apparurent, créé par les différents membre de L’aube dorée encore présent.

Les plus connus des « ordres dérivés » de l’Ordre Hermétique de l’Aube dorée, faisant suite au schisme de 1900, sont :

Les ordres dérivés
  • La Stella Matutina (« branche Yeats »); groupe traditionaliste scissioniste qui, fonda cet ordre pour faire perdurer la Golden Dawn originelle.
  • L’Ordre Rosicrucien Alpha & Omega (« branche Mathers ») arrêté en 1939.
  • L’Astrum Argentum (« branche Crowley »).
  • L’Ordre Solaire (« branche Brodie-Innes »).
  • L’Ordre de la Lumière (« branche Pattinson »).
  • Builders Of The Adytum (« branche Paul Foster Case »).

Ordres dont les fondateurs ont été responsables dans différents organismes de Builders Of The Adytum – BOTA :

  • BOTA Europe (« branche Daniel Wagner »). Branche dissoute en 1996
  • BOTA Europe BE (« branche Daniel Wagner »). Branche dissoute à la suite d’accords juridiques entre BOTA et Daniel Wagner
  • Artisan of Light (« branche Jacob Fuss »)
  • Fraternitas Lvx Occulta (« branche Paul Clark»)
  • (« branche Robert Word »)
  • AOR (Branche issue de Fraternitas Lvx Occulta créée en 2004 et non pas 1989 comme le prétend son fondateur Hamid Mirzaie alias Elias Rubenstein » qui fut responsable FLO pour les pays de langue germanique).

→ Le lien vers un podcast : https://podcast.ausha.co/arcana/la-golden-dawn-l-ordre-hermetique-de-l-aube-doree-et-la-haute-magie

Un franc-maçon a bien failli empêcher les petits bergers de voir la Vierge de Fátima ?

De notre confrère mexicain mipuntodevista.com

Le 13 août 1917, il y a 105 ans, les petits bergers Lucía dos Santos, et les cousins ​​​​San Francisco et Santa Jacinto Marto n’ont pas pu voir la Vierge de Fatima car ils étaient détenus par un maire maçon.

Artur de Oliveira Santos

Arturo de Oliveira Santos, maire d’Ourem, était aussi un catholique qui avait apostasié sa foi et qui voulait que les petits bergers lui disent le secret que la Vierge de Fatima leur avait confié. Pour cela, il a conçu un plan qui lui permettrait de les retenir et de les empêcher de voir la Mère de Dieu.

Le franc-maçon leur a offert une voiture afin qu’ils puissent se déplacer en toute sécurité dans la foule qui les accompagnait à chaque apparition.

De Oliveira Santos a dit aux enfants que le curé de Cova de Iría voulait les voir et les a emmenés à la maison paroissiale. Là, il leur a révélé sa tromperie et les a menacés de mort pour les forcer à parler.

Statue de la Vierge Marie à Fatima

Il les a ensuite enfermés dans une cellule avec des criminels pour qu’ils lui disent le secret, mais rien n’a fait parler les captifs. Ils n’ont jamais cédé, malgré le fait que le maire les ait menacé de les tuer dans un chaudron d’huile bouillante.

Comme cela s’était produit les autres mois, une foule attendait les enfants sur le lieu des apparitions, mais ils n’arrivèrent jamais, car le maire les en empêcha, qui finit par les laisser partir le 15 août, jour de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie.

Comme les petits bergers n’ont pas pu voir la Vierge de Fatima le 13 août, la rencontre a eu lieu le 19 au lieu-dit Valinhos.

« Reviens à Cova da Iria le 13 du mois prochain, ma fille, et continue à prier le chapelet tous les jours. Le dernier jour, je ferai un miracle pour que tout le monde croie », leur a dit ce jour-là la Vierge de Fatima.

Revenons un instant à Arturo de Oliveira Santos

Né le 22 janvier 1884 et décédé le 27 juin 1955. Il était journaliste et homme politique local portugais, surtout connu pour être l’ administrateur municipal d’Ourém , dans lequel se trouve la localité de Fátima , à l’époque des apparitions de Notre-Dame de Fátima à trois jeunes bergers en 1917.

Carrière

Bien qu’il ait eu peu d’éducation formelle, Artur Santos a été nommé rédacteur en chef du journal local Ouriense , dans lequel il a affiché ses opinions anti-monarchiques et anti-religieuses. Dans la vingtaine, il fut élu à la loge maçonnique de Leiria, puis fonda une loge séparée à Vila Nova de Ourém, sa ville natale. Peu de temps après, il a été nommé administrateur municipal d’Ourém. Ce poste était essentiellement un maire nommé, un délégué du gouvernement central qui était chargé, entre autres, de maintenir l’ordre public. Il portait avec lui les titres supplémentaires de président de la chambre municipale (la mairie), et juge suppléant de Comarca. Investi de l’autorité de tous ces titres, Santos était, au moment des apparitions, l’homme le plus influent de sa région du Portugal. 

Rôle dans les apparitions de Fátima

Artur Santos était connu pour son hostilité envers la religion organisée en général et le catholicisme en particulier. Il était particulièrement hostile aux apparitions et a envoyé à plusieurs reprises des responsables de l’application des lois pour chercher à empêcher l’accès du public au site. Il est allé jusqu’à kidnapper les trois enfants et les mettre en prison, afin de les empêcher de proclamer une autre apparition. Des années plus tard, Lucia se rappellerait comment les trois avaient été emprisonnés, et que Santos avait menacé les enfants de les faire bouillir dans de l’huile à moins qu’ils ne lui révèlent le secret qu’ils avaient rapporté avoir reçu de la Dame.

Dans ses dernières années, Artur Santos a déclaré être chrétien, mais a nié aller à la messe ou à la confession. Il a envoyé une lettre à un journal donnant sa version de l’histoire sur la question de l’arrestation des enfants. Bien que dépouillé de ses fonctions politiques dans ses dernières années, il était fier de la renommée qu’il avait autrefois et affirme qu’il était connu dans le monde entier « et en Russie aussi« .

Les autres apparitions de la Vierge de Fatima

La première apparition eut lieu le 13 mai 1917. Ce jour-là, la Mère de Dieu leur dit qu’elle reviendrait tous les 13 des mois suivants, toujours à la même heure.

Lors de sa deuxième apparition, le 13 juin, la Vierge de Fatima leur a dit que Francisco et Jacinta mourraient bientôt et que Lucia vivrait pour témoigner des apparitions. Sœur Lucía Dos Santos est décédée le 13 février 2005.

Le 13 juillet, lors de la troisième apparition, le secret de Fatima fut révélé à la petite Lucie.

Après les événements d’août, les petits bergers ont revu la Vierge Marie le 13 septembre à Cova de Iría.

La sixième et dernière apparition de la Vierge de Fatima a eu lieu le 13 octobre 1917. Ce jour-là, le soi-disant « Miracle du Soleil » s’est produit, devant des milliers de personnes présentes.

Après une pluie intense, les nuages ​​se sont dissipés et on a pu voir le soleil qui ressemblait à un disque d’argent. Ses rayons ont pris différentes couleurs et on l’a vu dans une sorte de « danse ».

Il a également semblé tomber sur les milliers de personnes, qui sont tombées à genoux.

ARTE présente : « Les Francs-Maçons et la musique »

Quel est le point commun entre Jean Sibelius, Franz Liszt, Wolfgang Amadeus Mozart, Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton ou Louis Armstrong ? Tous ont été francs-maçons ! Voilà qui explique pourquoi les idéaux qui animaient les loges ont inspiré les oeuvres les plus variées – chansons populaires, opéras, cantates, morceaux de jazz… Au XVIIIe siècle, les loges passent directement commande auprès des compositeurs.

Tous ont été francs-maçons ! Voilà qui explique pourquoi les idéaux qui animaient les loges ont inspiré les oeuvres les plus variées – chansons populaires, opéras, cantates, morceaux de jazz…

Au XVIIIe siècle, les loges passent directement commande auprès des compositeurs. Il s’agit parfois de musiques de cérémonie, mais aussi de compositions destinées à être exécutées devant un large auditoire profane.

La flûte enchantée de Mozart, par exemple, comporte de nombreuses références maçonniques.

Synopsis de « Les francs-maçons et la musique »

Focus sur les relations entre la franc-maçonnerie et la musique. En Europe, les plus grands musiciens et compositeurs se sont succédés au cœur des loges maçonniques à l’instar de Jean Sibelius, Franz Liszt ou Wolfgang Amadeus Mozart. Leur engagement s’est d’ailleurs traduit dans leurs œuvres. Ainsi, « La Flûte enchantée » de Mozart comporte de nombreuses références et de valeurs à la franc-maçonnerie, tout comme « Fantasia quasi Sonata » de Franz Liszt. Cette relation s’est aussi développée au début du XXe siècle aux Etats-Unis avec la présence de Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton ou Louis Armstrong dans des loges afro-américaines.

Pour poursuivre la découverte, nous vous invitons à découvrir la série d’articles de notre chroniqueur spécialiste du Jazz, Yves Migdal :

Témoignage : « Je suis un sorcier »… à 19 ans

De notre confrère actu.fr Par Amandine Mehl

Ses fêtes préférées sont Yule, fête païenne qui célèbre le solstice d’hiver, et Samhain, plus largement appelée Halloween. Chaque jour, en véritable dévot, il prie la déesse Hécate, associée à la sorcellerie, la magie, la nouvelle lune ou encore aux créatures de la nuit dans la mythologie grecque.

Âgé de 19 ans, Cyril, qui réside dans une commune en Meurthe-et-Moselle, proche de Nancy, se définit comme sorcier.

Mais ne lui parlez pas de poupées vaudous, de sacrifices, de nez crochu ou encore de grosses verrues, car vous risquez de l’agacer. Depuis trois ans maintenant, le jeune homme tente en effet de combattre tous ces clichés.

« Malheureusement, le cinéma a véhiculé beaucoup de clichés, souvent négatifs, sur les sorcières. Les gens pensent par exemple que l’on passe notre temps à faire du mal aux autres, notamment avec des poupées vaudous. Mais aussi, que l’on se réunit nus, à minuit, sous la pleine lune, avec un chaudron au milieu. Or, c’est faux. » 

Une sorcière, à l’origine, c’est une sorte de médecin de campagne qui se sert des plantes ou encore des cristaux, par exemple, pour aider, apporter quelque chose de bénéfique à autrui.

Un véritable bouleversement

Table de voyante avec 2 cartes de Tarot
Table de voyante avec 2 cartes de Tarot

Pour Cyril, tout a commencé lorsqu’il avait neuf ans, après une soirée passée avec une amie. « Ce soir-là, j’ai découvert le pendule, ainsi que les cartes. Ça a été une véritable révélation. J’ai compris qu’il existe un tas de choses que l’on ne voit pas, mais qui sont juste fantastiques », confie-t-il à Lorraine Actu.

S’il n’aime pas le terme « don« , il prétend toutefois avoir des « facilités » depuis qu’il est enfant. 

Je ressens certaines choses. Je peux, par exemple, savoir qu’un événement va prochainement se produire. Je sens quand les gens ne vont pas bien, même si je ne les connais pas. C’est d’ailleurs certainement de famille car, mon arrière-grand-père tirait les cartes et, du côté de ma mère, on a tous des petites facultés du même genre.

Pour autant, selon lui, si les gens s’intéressent à cet autre monde, « ils peuvent développer des facultés. Et, apprendre, comme moi, grâce aux livres ».

Peu de temps après sa plongée dans le monde de l’ésotérisme, Cyril acquiert son propre pendule, reçoit son premier livre de sorcellerie et se plonge dans les écrits pour accroître ses connaissances. En 2019, il se lance dans une pratique courante, voire quotidienne. 

Désormais, ses journées sont rythmées autour de la sorcellerie « Lorsque je me lève, je brûle de l’encens et je me connecte avec les énergies du jour. Pour appréhender la journée, je me tourne vers les cartes et procède à un tirage. »

Étant dévot à Hécate, les journées de Cyril sont également ponctuées de prières. Il lit aussi beaucoup d’ouvrages. « Enfin, et c’est très important pour moi, je répands énormément de joie de vivre. Communiquer sur le sujet, être bienveillant, c’est primordial. »

« Côtoyer un autre monde, c’est fantastique »

Un grand tournant pour le jeune homme, qui a vu sa vie bouleversée. Cette entrée dans le monde de la sorcellerie lui a en effet procuré « beaucoup de bien-être », comme il en témoigne. 

Quand quelqu’un me demande de l’aide, et que je peux le faire, c’est très valorisant. Se dire que le commun des mortels ne peut pas agir sur certains éléments, mais que moi, je le peux, c’est fantastique. Mon objectif premier est vraiment d’aider autrui. Puis, il y a aussi le fait de côtoyer un autre monde. C’est juste fantastique.

Dernièrement, c’est l’une des chiennes de Cyril qui a pu profiter de son savoir. « En raison de la chaleur, elle souffrait d’irritations. Le vétérinaire a prescrit une crème mais ça ne fonctionnait pas. Alors, j’ai concocté une sorte d’eau florale, avec différentes plantes et une intention particulière et précise de guérison. Depuis qu’on lui applique, elle va bien mieux », affirme-t-il.

Si pour le moment le jeune homme concocte des potions et des remèdes à base de plantes pour ses proches uniquement, il aimerait, dans un avenir proche, créer sa propre entreprise pour « aider un maximum de gens ». Que ce soit grâce aux cartes, à des rituels ou encore à la réalisation de potions.

Intégration au sein d’un coven

Depuis quelque temps, Cyril ne pratique plus seul. Il a intégré un coven. Autrement dit : un cercle où les sorcières échangent entre elles, se réunissent et partagent des idées communes. « Ce n’est pas une secte », précise d’emblée le jeune homme.

Intégrer un coven permet d’échanger avec des sorcières des quatre coins de la France. Du fait de l’éloignement, on se retrouve en visio. C’est très bienveillant. Lorsque quelqu’un va mal, par exemple, on va tout faire pour l’aider. On se donne également des conseils, on aide les plus novices à se former…

Quand c’est possible, les membres du coven se réunissent. Notamment lors des huit sabbats, afin de célébrer des étapes importantes de l’année, à l’instar de Yule ou encore Samhain.

Toujours le nez plongé dans les livres et bénéficiant d’une expérience grâce à un passage en tant que vendeur dans une boutique ésotérique, Cyril a pu toucher à différents courants de la sorcellerie.

Pas une religion

Bougies allumées pour divination
Bougies allumées pour divination

Si la divinité principale vers laquelle il se tourne est Hécate, il arrive à Cyril de prier d’autres divinités : égyptiennes, celtes… Pour autant, il ne s’agit pas pour lui d’une religion.

Typiquement, je n’ai aucun interdit, si ce n’est de ne pas faire subir à autrui ce que je n’aimerais pas que l’on me fasse, car cela me reviendra par trois fois. Étant éclectique, je m’intéresse à tout. Donc, il n’y a pas cet aspect religieux que l’on peut retrouver chez les catholiques, les musulmans ou encore les juifs.

Si le jeune homme est un touche-à-tout, son cœur balance tout de même pour une branche de la sorcellerie intitulée « Hoodoo« , qui a trouvé sa source en Afrique et qui s’est développée dans les régions américaines peuplées par des esclaves.

Attention toutefois à ne pas confondre avec le vaudou, précise Cyril. « Le Hoodoo, c’est faire de la magie avec ce qu’on a dans sa cuisine, sa maison. On peut dire que c’est de la magie de bricolage. Dans la majorité des rituels, on va utiliser la bible et de l’eau bénite » .

« Des intentions claires et pures »

Alchimiste qui tient une fiole dans sa main
Alchimiste qui tient une fiole dans sa main

Si les clichés ont la peau dure, Cyril constate, depuis quelque temps, un engouement particulier autour de la sorcellerie. Que ce soit dans les librairies ou encore les supermarchés, les rayons portant sur le domaine sont plus fournis. Ce qui n’est pas sans conséquence, comme l’explique le jeune homme. 

Le fait que des librairies spécialisées vendent des livres de sorcellerie ne me dérange pas. En revanche, quand je vois certaines œuvres dans les rayons des supermarchés, cela m’agace énormément. Ayant travaillé dans une boutique ésotérique, je peux affirmer que ce n’est pas aux grandes surfaces de vendre de tels livres. Ils ne sont pas capables de conseiller ou de renseigner les acheteurs. Ils surfent juste sur la vague pour faire du chiffre. Ce qui peut être extrêmement dangereux. Car on ne met pas un grimoire entre les mains de n’importe qui.

Loin d’affirmer qu’il détient « la grande vérité », Cyril a à cœur de transmettre ses connaissances à ceux qui le souhaitent. Que ce soit dans le domaine de la sorcellerie ou de la voyance

Celui qui se fait affectueusement surnommer « madame Irma aux cheveux bleus » ne passe pas une seule journée sans se référer aux cartes ou au pendule. Mais, toujours avec le même mantra : des intentions claires et pures.

GLDF : Conférence du Grand Maître Thierry ZAVERONI

TENUES D’ÉTÉ 2022

Les conférences publiques

Comme chaque année, les Loges parisiennes « Esperanto » N° 454, « Jean Scot Erigène » N° 1000 et « L’Étoile » N° 1001 organisent les Tenues d’été tous les mardis à 20 heures en l’Hôtel de la Grande Loge de France à Paris.

Venez assister à la clôture de cette édition :

Mardi 30 août 2022 à 20 heures

Thierry ZAVERONI, Grand Maître de la Grande Loge de France

« Actualité de la Tradition »

À cette occasion, le public souvent interrogatif au sujet de la Franc-maçonnerie trouvera une opportunité rare de mieux connaître les actions et les enjeux de cette Obédience dont le cœur de projet est l’Humain dans le déploiement de toutes ses facultés.

Pour s’inscrire en présentiel ou en distanciel :

Parole et paroles

Un jeune homme alla trouver son Maître et lui dit : «Puis-je te parler ?». Le Maître lui répondit : «Reviens demain, nous parlerons». Le lendemain, se présentant à nouveau à lui, le jeune homme lui dit : «Puis-je te parler ?». Tout comme la veille, le Maître lui répondit : «Reviens demain, nous parlerons». «Hier, je suis venu», répondit le jeune homme déçu, «et je t’ai posé la même question. Refuses-tu de me parler ?». «Depuis hier nous dialoguons» répondit en souriant le Maître, «Est-ce notre faute si nous avons tous deux de mauvaises oreilles ?».  

Il faut faire la différence entre dire et parler. On mesure la portée de leur sens avec les mots hébreux אמֶר (dire), utilisé pour exprimer la parole créatrice de D.ieu en Gén., 1,3  (qui serait le logos) et דַבֵּר (parole prononcée) en Exode, 20,1. La parole est une voie d’expression compréhensible de l’homme. En utilisant le mot « verbe » pour désigner la parole parlée on entretient donc une ambiguïté. La parole se situe à l’intérieur de la relation interpersonnelle tandis que le verbe se situe à l’extérieur de cette relation.

Dans un article de Libération intitulé «La communication sans paroles» Valère Novarina écrit : « La parole n’échange aucun sens mais ouvre un passage. De l’un à l’autre elle est notre passage à l’intérieur des mots, notre ouverture à l’intérieur des mots ; notre voyage est la façon que nous avons de passer avec eux. Toute parole que nous échangeons transmet avec elle le secret de la parole. Il y aurait donc un passage secret entre nous dans l’échange parlé. La parole ne se communique pas comme une matière marchande, comme une denrée, comme de l’argent ; elle se transforme, elle passe et elle se donne. Vivante de l’un à l’autre, la parole passe entre nous et se transforme de nous avoir traversés. C’est le don de parler qui se transmet : le don de parler que nous avons reçu et qui doit être donné… Parler est l’aventure de nous dire aux uns les autres ce qui peut être dit. Très précisément chaque mot désigne l’inconnu. Le silence le plus profond est une parole, de même que l’immobilité vraie est un mouvement. Le vrai mystère n’est ni ténébreux, ni voilé mais une lumière extrême jetée sur soi, toute notre vue est parlée. C’est un autre monde que nous verrions si nous avions d’autres mots. Tout le visible est un renouvellement perpétuel de paroles« . 

L’initié sait que même la pensée est un fluide qui se répand, forme et transforme. « C’est pourquoi, ici surtout, il faut purifier tes intentions et ton cœur. Que le bien seul oriente ta volition » exhortait Grillot de Givry.

Le symbole se contemple, la signification se dit. Le premier est de l’ordre du visible, la seconde de l’ordre de l’audible. L’homme, en réfléchissant, construit le pont entre le visible et l’audible, son langage traduit et opère les passages. Rechercher la parole, c’est tenter de découvrir la clé qui nous ouvre les portes du monde extérieur, d’une part, et tenter de communiquer à autrui ce qui est au plus profond de notre monde intérieur d’autre part (Jean Mourgues, Lettres fraternelles du travail maçonnique en Loge de Perfection, p.38) . La parole est une structure vivante, qui devient partie intégrante de la durée du vécu de tous. De même, au cours de son élaboration en tant que texte, elle est partie intégrante de la durée de l’auteur. Si l’un de frères ou sœurs  lisait des planches d’accueil d’orateur, il se pourrait que le résultat fût différent, et même que l’interprétation que l’on en donnerait ne correspondît pas à celle de l’auteur. La parole d’un intervenant est créée de son souffle et cette création, pour lui, est en même temps son accomplissement et sa limite, puisqu’il ne peut se substituer à nous dans son interprétation, ni ne peut nous imposer la sienne. En créant ainsi, se fait l’expérience directe, physique de l’unité du corps et de l’esprit, de leur continuelle interaction symbolique.

Les francs-maçons sont des bâtisseurs de sens ; nous verrions un autre monde si nous avions d’autres mots. Tout le visible se donne dans un renouvellement perpétuel de paroles.

À chaque instant d’une planche, la planche est toute entière contenue dans cet instant et la portée finale n’est pour ainsi dire que l’étalement, le repos ou l’extension d’une énergie qui ne fait que progresser à travers l’acte de dire jusqu’au moment où le «J’ai dit» l’apaise. En écoutant les planches d’orateur, on a, parfois, une impression physique d’euphorie, de dilatation correspondante à la genèse, à la montée du sens que l’on essaye de vivre soi-même et de faire sentir à travers les mots. C’est vouloir tendre vers un accord, vers l’égrégore avec les récipiendaires, les FF\ et les SS\ présents ; un accord difficile d’autant plus que les êtres se situent à plusieurs niveaux d’expérience. C’est déjà à plusieurs niveaux d’expérience que l’on recherche l’accord avec soi-même, et à ces niveaux s’en ajoutent d’autres, avec vous, avec le monde. Chacun de nous est un vivant dans sa durée propre, une forme en train de se développer, de s’accomplir; et c’est dans une métamorphose continuelle en nous, autour de nous, qui fait pression sur nous et nous oblige à rechercher sans cesse la proportion juste

Les temps de la parole qui est accordée sont des participations à l’édification d’un corps de pensée comme une cathédrale d’esprit. «Nommer, c’est en un sens éterniser, c’est tirer la chose exprimée hors du chaos où tout se confond et du temps où tout se succède».

La parole, celle de l’orateur, a une force physique incontestable. Elle est essentiellement le physique de l’âme de la loge, indissociable de celle-ci. Ceux qui sont sensibles, et comment ne pas l’être dans cette caisse de résonance cosmique qu’est le temple à couvert, non pas seulement au verbe mais à son caractère incarné, reconnaissent cette incarnation dans le rythme énergétique des mots. Le vocable constitué par la voyelle et la consonne, par de la chair et de l’os, par de la dureté et de la tendresse, et par les subtiles proportions qu’elles produisent entre les sons, le vocable saisit le monde pour en prendre du sens et se prendre avec lui. Certaines formes du dire sont à la fois les plus objectives possibles et les plus profondément symboliques. L’orateur propose un système énergétique et progressif, le mouvement initiant en tant qu’ouverture d’acheminement.  C’est vouloir au devant des autres francs-maçons amorcer une montée dans une spirale de plus en plus large, de plus en plus fraternelle, dans un élément de plus en plus transparent de vérité, pour viser le delta, là où toutes les espérances sont possibles, là où règne la conscience de la lumière. La parole fraternelle ne domine pas, ne manipule pas, ne méprise pas ; l’autre n’est pas enfermé dans un concept déterminant a priori.

Un élément essentiel de la parole, en tant que matière, est le silence qui se fait en elle et autour d’elle. En la parole est aussi le silence, le rythme n’existerait pas sans le silence.

La triangulation de la parole en loge dépasse largement le cadre de la dramaturgie. Procédé de médiation, elle a pour objectif d’évacuer toute communication interpersonnelle, forme la plus usuelle dans nos sociétés, et de tisser un lien collectif en dépassant les échanges d’individu à individu. Ce que nous donnons en loge c’est de l’énergie spirituelle, ce qui est diffèrent de l’énergie intellectuelle.

Étymologiquement, le terme «communication» (de com-municare) signifie, mettre en commun et implique les notions de partage que le rituel maçonnique met en œuvre dans toute communication en tenue. Dans un texte fondateur de 1735, faisant office de Constitution pour la maçonnerie française, il est stipulé, au 6e devoir, «qu’aucun frère n’aura des entretiens secrets et particuliers avec un autre sans une permission expresse du maître de la loge, ni rien dire d’indécent ou d’injurieux sous quelque prétexte que ce soit, ni interrompre les maîtres ou surveillants, ni aucun frère parlant au maître, ni se comporter avec immodestie ou risée

La triangulation de la parole est aussi signifiante à un autre niveau, puisque tout échange doit passer par l’Orient, pour y être imprégné de la lumière qui en émane et pour y être dirigé vers l’égrégore de la loge. Le Vénérable, qui en a la charge, la renvoie à travers l’ouverture du compas toujours dirigée vers la loge.

Cette parole initiatique a un autre rôle. La parole qui circule transmet, doit transmettre, la tradition. C’est ce travail de transmission, ou plutôt de réception, d’élaboration intérieure puis de don au bon moment, qui fait que la tradition est vivante. «Le maître qui marche à l’ombre du temple, parmi ses disciples, ne donne pas de sa sagesse mais plutôt de sa foi et de son amour. S’il est vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la maison de sa sagesse, mais vous conduit plutôt au seuil de votre propre esprit… car aucun homme ne peut rien vous révéler, sinon ce qui repose déjà endormi dans l’aube de votre connaissance.» (Khalil Gibran).

La parole met en mouvement des énergies cosmiques ; elle est le canal par lequel la lumière agit dans les mondes, elle est portée par le souffle de l´homme et le souffle est esprit dans son corps. Que cesse le souffle et l´homme meurt. La génération du Deux par l’Un est identique à la parole qui crée simultanément le son et le souffle.

Le Sefer Yetsirah, le Livre de la création, ou de la formation postule le principe de la création de l’être par la combinaison des lettres du nom divin. En mêlant et transformant les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque, de diverses manières, Dieu créa l’âme de tout ce qui est à créer ou le sera. Ce traité de cosmogonie aura une importance considérable sur la pensée des auteurs médiévaux et modernes de la kabbale intéressés par la question de la création du Golem. Leur démarche consiste à interpréter, en vue d’une action pratique, les modalités de la création de l’être figurées dans cette représentation de l’émergence du monde à partir de la combinaison des lettres du nom divin. Pour Papus, ces vingt-deux lettres sont sculptées dans la voix, gravées dans l’air, placées dans la prononciation en cinq endroits dans le gosier, dans le palais, dans la langue, dans les dents et dans les lèvres.

Au cours du rituel, la parole des officiers est celle d’une fonction, ils n’ont donc pas besoin de se lever parce qu’ils ne sont pas les auteurs de ce qu’ils disent. La parole rituelle qu’ils proclament les oblige à un renoncement du moi, à plus d’humilité que les autres frères ou sœurs présents.

La parole du Vénérable, toute particulière, a une puissance créatrice, elle est édictive. C’est lui qui «crée, constitue et reçoit» l’impétrant, le faisant passer d’un état à un autre : de profane à apprenti, d’apprenti à compagnon, de compagnon à maître, d’un degré à un autre. Par la parole symbolique, il y a transmission de l’initiation. C’est le don du mot sacré, par le souffle du Très Respectable, qui fait revivre le maître dans le compagnon, qui le fonde maître à son tour par sa parole édictive. Ce n’est pas une parole qui explique, ni qui décrit. Cette parole touche le mystère de la vie et devient geste de l’esprit. Faire revivre la Parole, c’est reconstituer le corps d’un maître ; c’est ouvrir le sens d’une quête sans fin. Dans le processus de résurrection, le «nourrissement» de l’être de lumière est assuré par le verbe qui donne puissance et réalité aux formes qu’il prononce.

Dans le controversé Manuscrit de Leland (commenté par Albert Mackey ), il est dit que les francs-maçons «cachent la faculté d’Abrac», c’est-à-dire qu’ils cachent le pouvoir de devenir bon et parfait sans l’aide de la peur et de l’espoir, et sans l’aide du langage universel.

Le don du vocabulaire et le pouvoir de nos mots sont singulièrement la force la plus puissante donnée et disponible pour nous. Nous pouvons choisir d’utiliser cette force puissante de manière constructive avec des mots d’encouragement, ou de manière destructrice, en utilisant des mots de douleur, de haine et de désespoir. Nous savons tous que nous avons la capacité de faire toutes ces choses, d’enseigner, d’aider, ou de guérir, d’entraver, de blesser, de faire du mal, d’humilier. Nos paroles se manifestent dans la matière. Comme nous savons que chaque mot a des conséquences, et chaque silence aussi, nous savons que les mots peuvent nous affecter et d’autres autour de nous, ils détiennent un pouvoir profond avec la force et l’énergie.

« Pensez à ce que vous dites, essayez de ne dire que des choses que vous pensez et qui ont du sens. Défiez-vous farouchement de toutes les mécaniques de langage dans lesquelles c’est la langue qui pense à votre place, donc d’autres que vous qui pensent à votre place. Si vous faites ce travail sur vous-même, ça ne changera pas la société du jour au lendemain mais c’est une condition pour la démocratie et pour une société humaine » (Jean-Jacques Rosat, La novlangue de George Orwell, un instrument de domination)

La parole nous a été donnée non pour parler mais pour entendre. La parole ne nous a été donnée que pour entendre ce qui est l’autre.

Voir l’article <450.fm/2021/04/27/la-parole-substituee/>

16/08/1831 : Naissance de Morley, l’un des rédacteurs, en 1862, des 13 règles du football au Freemasons’ Tavern

Ebenezer Cobb Morley (16 août 1831 – 20 novembre 1924) était un sportif anglais et est considéré comme le père de la fédération de football et du football moderne.

Rare photo d’Ebenezer Morley en 1913

Morley est né à Kingston upon Hull – littéralement « La ville du roi sur le Hull –  communément dénommée Hull, et y a vécu jusqu’à l’âge de 22 ans. En 1858, il déménage à Barnes, localité britannique située dans le borough londonien de Richmond upon Thames, dans une courbe de la Tamise, sur sa rive droite et forme, en 1862, le Barnes club, membre fondateur du FA (Coupe d’Angleterre de football, officiellement Football Association Challenge Cup).

En 1863, en tant que capitaine du club basé à Mortlake, dans le sud-ouest de Londres, il écrivit au journal Bell’s Life pour proposer un organe directeur du sport. Cela a conduit à la première réunion à la Freemasons’ Tavern, qui a créé la FA.

Il fut le premier secrétaire de la FA (1863-1866) et son deuxième président (1867-1874) et rédigea les premières lois du jeu à son domicile de Barnes. Cette maison, n° 26 The Terrace, qui avait porté une plaque bleue à Morley, s’est effondrée « comme un château de cartes » en novembre 2015 lors de travaux de construction.

En tant que joueur, il a joué le premier match contre Richmond en 1863 et a marqué lors du premier match de représentation entre les clubs de Londres et de Sheffield le 31 mars 1866.

Avocat de profession, Morley était aussi un avironneur, fondateur de Barnes et Mortlake régate pour laquelle il a également été secrétaire (1862-1880). Il a siégé au conseil du comté de Surrey pour Barnes (1903-1919) et était juge de paix. Morley est enterré au cimetière Barnes, un cimetière abandonné à Barnes Common, à Barnes. Il n’avait pas d’enfants.

Morley fait l’objet d’un Google Doodle le 16 août 2018, date du 187e anniversaire de sa naissance.

Aquarelle de la taverne des francs-maçons par John Nixon vers 1800

Freemasons’ Tavern

La Taverne des francs-maçons a été créée en 1775 au 61-65 Great Queen Street, dans le West End de Londres. Il a servi de lieu de rencontre à diverses organisations notables du XVIIIe siècle jusqu’à sa démolition pour faire place à l’hôtel Connaught en 1909.

En 1769, la Première Grande Loge d’Angleterre décida de construire son « siège social ». Un bâtiment a été acheté dans Great Queen Street en 1775 et Thomas Sandby a été chargé de construire un temple. La maison d’origine est devenue la taverne avec une deuxième maison offrant un espace de bureau pour les francs-maçons.

De Freemasons’Tavern au Freemasons’Hall de Londres

La Taverne des Francs-Maçons a été créée en 1775 au 61-65 Great Queen Street dans le West End de Londres. Il a servi de lieu de rencontre pour une variété d’organisations notables du XVIIIe siècle jusqu’à ce qu’il soit démoli en 1909 pour faire place aux Connaught Rooms.

Réunion dans le Hall of the Freemason’s Tavern, publiée dans l’ Illustrated London News, 23 janvier 1875

Le lieu n’était pas seulement utilisé à des fins maçonniques, mais est également devenue un endroit important à Londres pour une variété de réunions et de concerts. Les organisations utilisant la salle comprenaient des clubs d’économie politique, l’« Institution Africaine », le « British and Foreign Anti-Slavery Society », la Convention mondiale contre l’esclavage en 1840, la Société Biblique britannique et étrangère, la Société d’émigration des Highlands et des îles et la « Football Association » (FA) a tenu sa première réunion ici le 26 octobre 1863.

La vraie durée de construction des cathédrales

pourquoi les chantiers de construction sont lents ? (ce n’est pas qu’une question de moyens techniques) – Comment connaît-on la durée d’un chantier malgré la rareté des sources historiques ? – Quel est le temps moyen de construction ? Un siècle, deux siècles ?

Des abbayes aux cathédrales

Ce que les abbayes font durant le xie siècle, les évêques n’en ont ni les ressources, ni le pouvoir.

Jusqu’à la fin du xiie siècle, les cathédrales n’ont pas les dimensions que nous leur connaissons aujourd’hui : nombre d’églises abbatiales sont des constructions beaucoup plus grandes (cf. Cluny dont la longueur est supérieure à celle de la basilique actuelle de Saint-Pierre de Rome). Jusque-là, le morcellement féodal constitue un obstacle à la constitution civile des populations ; l’influence des évêques est limitée par ces grands établissements religieux du xie siècle. Les abbayes menées par des abbés à forte personnalité, constituent par contre des centres d’attraction où se combinent richesse et pouvoir, intelligence et activité. Les abbayes sont des propriétaires puissants, protégés par les papes et jouissent de privilèges étendus qui les assimilent quasiment à des seigneurs féodaux. Leur influence est considérable du fait de leur participation très active à l’éducation de la jeunesse et à toutes les décisions politiques.

Lorsque les populations urbaines, instruites, enrichies, laissent paraître les premiers symptômes d’émancipation et s’érigent en communes, se produit une réaction contre la féodalité monastique et séculière. Les évêques, appuyés par la monarchie, vont profiter de ce mouvement : l’instant est propice pour reconquérir le pouvoir et l’influence qui leur revient normalement au sein de l’Église, alors qu’ils s’étaient concentrés dans les établissements religieux.

Parfois, les collégiales sont titrées cathédrales sans reconstruction notable. C’est le cas de la Cathédrale Saint-Dié de Saint-Dié-des-Vosges, vaste édifice roman dont seule la façade fut reconstruite au xviiie siècle, avant que de devenir siège d’un évêché en 1777.

Le Moyen Âge, âge d’or des cathédrales

La majorité des cathédrales a été érigée entre 800 et 1600. Ainsi la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris a débuté en 1163, celle de la cathédrale Notre-Dame de Reims en 1211.

En dehors de cette période, quelques cathédrales furent construites ou reconstruites comme par exemple :

  • xviiie, cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d’Arras, cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation de Nancy, cathédrale Saint-Pierre de Rennes, cathédrale Saint-Louis de La Rochelle.
  • xixe, cathédrale Saint-Jean de Belley, cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Arnoux de Gap, cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille, à Lille, cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille (La Major).
  • xxe, cathédrale Notre-Dame de Créteil, cathédrale de la Résurrection d’Évry, cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre.

Liste de cathédrales avec mention de la date présumée de début des travaux

De la lumière à la lucidité (2/2)

Mais notre imaginaire n’a pas vraiment de réponse à la trilogie questionnant : Qui suis-je ? D’où viens-je ? Où vais-je ? Alors il convient qu’il invente des contes merveilleux qui se terminent bien pour nous enchanter ! Où à l’inverse, que ce même imaginaire dramatise la condition humaine en mettant la mort en scène. Ainsi a été inventé le mythe, qui contrairement au roman, comporte une fin ouverte. Ce qui permet aux légendes de devenir mythes et aux rites maçonniques de se déployer en une suite cohérente d’aventures et d’évènements emboîtés. Telles des poupées-gigognes !

Le mythe, la légende, le conte, la fable, bref le récit, répondent à une nécessité. Nous sommes des êtres de désirs et de répétitions. Dès lors, le besoin de croire ou plutôt le désir de croire au surnaturel et au merveilleux, entraîne en nous celui d’entendre et de réentendre, au vrai de savourer, comme autant de bonbons de l’esprit – des histoires, en l’occurrence, fondatrices. Rappelons-nous notre enfance et notre propension à nous faire répéter sans fin des contes de fée, avant de nous endormir, tels le Petit Chaperon rouge ou le Petit Poucet. Ces récits, tranches de vie insolites mises en mots, ont permis à chacun de nous, en devenant inconsciemment un héros de fiction, de se créer une mythologie personnelle. « Dis-moi quel est ton conte de fée préféré, et je te dirai qui tu es ! » affirme le psychologue Bruno Bettelheim.

Lorsque l’imagerie nous ramène à Adam, au hasard d’un tableau ou des illustrations d’un catéchisme d’enfance, que remarque-t-on en regardant bien ? L’homme premier n’a pas de nombril : il ne s’est pas créé lui-même ! De la sorte, depuis la Genèse, les successions humaines, par définition, se reproduisent…mais ne cessent de s’interroger sur leur créateur initial ! Pour dépasser ce mystère, elles ont d’abord inventé des divinités génitrices, puis du polythéisme, sont venues au monothéisme avec les religions du Livre. Autant de symboles « compensateurs » pour apaiser leur tourmente existentielle. L’homme moderne continue de la subir et il éprouve toujours la même obsession lancinante : celle d’un début à connaître, d’un point de départ, d’un « comment » et partant d’un « pourquoi » de sa propre histoire. Le « pourquoi », précisément – son besoin de sens – c’est la caractéristique même de l’homme, toujours interrogatif sur sa condition et en quête de réponses. Parce que dans la cité et sur la planète, à l’époque de l’avion supersonique, du TGV, de l’ordinateur et du téléphone portable, certes on communique de plus en plus…mais, paradoxalement, on se parle de moins en moins !

Les anthropologues le constatent : ces prothèses électroniques, en mettant le monde au bout de nos doigts, auraient tendance à nous isoler socialement et à nuire à notre mémoire ! Alors que, liés les uns aux autres par le langage, nous sommes des « parlêtres », résultat et prolongement de ceux qui nous ont précédés. Nous sommes bel et bien les autres ! Ne s’agit-il dès lors, de nous ressaisir, et de repasser ainsi de la lumière de nos écrans…à la lucidité ? Partant en loge, c’est raison gardée en respectant le rite mais sans être « ritolâtre ». Je veux dire, aller plus loin que les mots du rituel, pour trouver de nouvelles métaphores transposables. Pour sortir ainsi de la routine et d’une certaine paresse intellectuelle. Etre lucide, c’est, dans la cité, faire preuve de clairvoyance. C’est être content du bonheur de l’autre ! C’est marcher vers un but accessible ! Sans me dévaloriser, c’est être conscient de mes moyens, moi poussière d’étoile ! C’est, en prenant un peu de hauteur, cultiver le bien reçu et oublier le mal qui a pu m’être fait ! C’est enfin conserver un ego protecteur mais ne pas le « surgonfler » pour obtenir des regards admiratifs ! Le ver n’est luisant que dans les ténèbres !

Dans notre monde du vivant, nous sommes précisément animés par un puissant « vouloir-vivre ». Cet état fait de nous des êtres en demande permanente de relation, de possession, d’action, de découvertes. Puisque, comme dit Pascal, nous ne savons pas rester dans notre chambre, nous nous affairons fébrilement au dehors. Qui, fuit ainsi la solitude, qui, cherche à se mesurer, qui court après le pouvoir ! Pour trouver du sens, dans une vie qui n’en a pas et oublier notre condition d’hommes provisoires, donc de mortels. Cette vie s’appuie sur le « croire » au ciel, à l’homme, donc au progrès, à la science, à la médecine, à la justice, à l’amour, etc. Le relationnel ne fonctionne qu’à coup de croire et décroire. Parce que croire en quelque chose ou quelqu’un ce n’est pas être dupe : faire confiance, c’est faire crédit, prendre un risque. Il faut savoir que l’on croit et ne pas croire que l’on sait ! Qui dit lucidité dit humilité.

Le désir est manque mais il est aussi création. Etre lucide n’exclut ni l’imagination, ni la sensibilité. Ainsi la lucidité devient pure clarté quand, par exemple, elle conduit vers l’art et les émotions esthétiques. Pour ce qui nous concerne, la lumière initiatique reçue lors de notre première initiation, puis lors des suivantes, nous a mis et continue de nous mettre en présence d’une beauté spécifique. Avec, dans nos loges, l’harmonie des décors et des couleurs, les représentations symboliques et graphiques, les modulations vocales et musicales, les rythmes gestuels et rituéliques. Cette synchronie si particulière, je dirais, « d’éléments en sympathie », régulièrement revécue, fait tomber nos défenses en entretenant joie du cœur et paix de l’âme. Tel est en tout cas mon ressenti. De la sorte, ne constitue-t-elle pas en soi une incitation permanente, une véritable ouverture, le parvis franchi, à toute la gamme d’expressions artistiques dans la cité, qu’elle soit musicale, romanesque, picturale ou encore théâtrale, entre autres ? Aussi bien comme auditeur ou lecteur, acteur ou spectateur. Participer à la création, s’initier à un art, comme à la franc-maçonnerie qui en est un aussi, c’est naître de soi-même.

Nous savons lucidement, que nous ne posséderons jamais la vérité, mais, entre autres, à travers toutes les formes d’art, nous pouvons en percevoir les accents. La représentation enseigne et produit souvent les métaphores du réel. Pratiquer un art ou en être amateur, dans le prolongement maçonnique même, c’est poursuivre dans l’enthousiasme notre auto-construction, notre enrichissement. Tout comme, à partir de l’incitation du rituel, nous intéresser aux sciences sociales, telles que la linguistique, la psychologie ou la sociologie, c’est, je le répète, élargir, augmenter notre pensée, et entretenir une « soif d’apprendre ».

De la perfection, la sagesse

Il fut un temps très lointain où la nature était le garde-manger ouvert des humains. La cueillette offrait l’abondance à chacun. C’est la raréfaction progressive qui a imposé l’agriculture, la propriété, la défiance, la compétition et la jalousie meurtrières. Accepter que l’autre, cet autre moi, existe et mange, fut et demeure la première forme de tolérance ! Et en même temps le constat que l’homme, par sa volonté, est perfectible, améliorable en termes relationnels. Si la perfection (du latin perfectio, achèvement, complétude) semble exister dans l’univers, elle n’est évidemment pas atteignable par l’homme, être inachevé par destination. Car, s’il était « fini », sans avoir à se parfaire, le fils d’Adam se morfondrait dans la béatitude émolliente du jardin d’Eden ! Pour faire image encore, en ce siècle de mal au dos, les colonnes du temple peuvent inspirer au franc-maçon de redresser si besoin sa colonne mentale – support de son ciel intérieur – exactement comme il redresse sa colonne vertébrale physique en se levant. L’homme vivant et confiant est un homme debout qui avance, comme le funambule, le buste droit, à coup de déséquilibres rectifiés, sur le fil de la vie.

Notre cerveau a besoin de la comparaison, pour évoluer dans son environnement. Précisément, perfection et sagesse (du latin sapience, science, savoir) sont souvent comparées et rapprochées en maçonnerie. Qu’est-ce au juste que la sagesse, sinon le savoir-vivre même ? Elle oppose la raison à la passion, la mesure à l’excès, le contrôle de soi à la colère. C’est le médiateur, le juste milieu. Comment vais-je opérer en tant que franc-maçon – qui se sait perfectible – pour appliquer cette sagesse au quotidien ? Certes, vivre, c’est affronter et il est même affirmé par l’anthropologie précitée que nous avons besoin d’adversaires ! Le premier d’entre eux étant nous-mêmes, ne pouvons-nous tenter néanmoins de contenir nos passions dans une main fermée et tendre l’autre ouverte vers autrui ? Le bras désarmé devient alors « outil de rapprochement ». La fratrie est le lien par le sang, la fraternité est le lien par le sens. Nous le savons par l’histoire : cette fraternité est une guerre mais que l’on peut décider de ne pas se faire. Grâce à notre volonté même !

A l’époque des Lumières, les philosophes étaient persuadés que le progrès éducationnel, culturel et scientifique serait synonyme de progrès de la civilisation. Trois siècles après, les génocides arméniens, juifs et rwandais, entre autres abominations humaines, ont prouvé l’évidente insuffisance de la culture. Contrairement à l’animal que l’on dit bête, qui tue par instinct, l’animal humain peut exercer le mal pour le mal, par cruauté, par plaisir même. La haine nous est spécifique. Nous pouvons remarquer que c’est en Allemagne, pays de longue culture s’il en est, que la barbarie a surgi de la folie nazie, pendant la dernière guerre. Aujourd’hui, les barbares existent toujours. Au nom de leur Dieu, ils mitraillent, égorgent, décapitent sauvagement des êtres innocents. C’est évident, au 21ème siècle, éducation et culture, savoir et connaissance ne sont pas encore, loin de là, synonymes de sagesse et de bonté ! Il faut donc rester sur nos gardes, et conserver notre capacité d’indignation.

Autant d’éclairements signifiants pour le maçon que l’accès progressif aux degrés du rite ne doit pas enivrer, mais plus que jamais, faire réfléchir. La montagne a deux sens. A l’effort vertueux de la montée, correspond toujours la descente. Celle qu’impose à ma raison, le sentiment d’humilité. C’est en même temps une descente en moi-même, dans cette sombre caverne d’où il convient que je déloge les démons qui y sont encore blottis. Des préjugés à la vanité. Se perfectionner ne signifie pas perfectionnisme. Nous venons de constater les limites du progrès. Elles existent aussi en soi, ces limites, comme nous le rappelle Socrate avec son injonction « Connais-toi toi-même ». La véritable deuxième partie attestée de la maxime est « Sache que tu n’es pas un dieu ! ». Autrement dit, « Contente-toi de ton état d’homme ». Et lui fait écho l’antique avertissement herculéen « Nec Plus Ultra » : Ne va pas au-delà. Devenir meilleur, oui. Jouer au surhomme, non ! Accepter la réalité, c’est allier ici la modestie à la lucidité.

Lorsque le franc-maçon, homme d’action et passeur de valeurs, s’interroge sur sa mission dans la cité, de la symbolique de l’Art Royal peut lui venir une ou des réponses. A condition toutefois, qu’il ne la comprenne pas comme une économie de la pensée ! Qu’il croie au ciel ou non, la saine interprétation de l’équerre et du compas – telle la boussole et le sextant pour le marin – lui indique une direction, un sens, celui du sacré, qui est à installer ou à restaurer dans la cité. Sans le sacré, règnent le désordre et la violence sociale. Avec le sacré, naît ou renaît en l’homme, le respect sous toutes ses formes. Et aussi ce sentiment de transcendance, porteur du « pourquoi originel », évoqué plus haut, à même de lui suggérer, précisément, de se mettre ou remettre en question, en réflexion. Définition même de cette spiritualité, au sens premier si souvent détourné aujourd’hui. Il suffit pourtant de remonter à sa source latine « spiritus » pour y retrouver le souffle dans le mot même, et avec lui, la respiration, l’inspiration, l’aspiration. Autant de vocables, synonymes de vie physique et psychique, qui au-delà de la verticalité, du céleste, indiquent aussi l’horizontalité, le terrestre. Lequel désigne l’authentique rencontre de soi-même et de l’autre, cet autre Moi. Parce qu’on ne peut devenir vraiment meilleur qu’en s’accordant, je dirais même qu’en respirant avec lui, précisément, à l’unisson. Pour penser et questionner le monde ! Pour continuer de nous étonner et de nous élever. Ensemble !

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