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Café maçonnique à Clermont Ferrand

L’association Georges Troispoints organise son prochain Café Maçonnique le 3 novembre prochain de 18h30 à 20h00. Rendez-vous au café L’oie et le grill situé au 1 Tour de la monnaie à Clermont Ferrand. Dans le climat actuel, avec les phénomènes de colère et de violence auxquels nous assistons ces derniers mois, il semble important de rappeler que les valeurs d’humanisme, de fraternité et de solidarité sont les fondements du travail et de l’engagement des Francs-Maçons.

Le partage et l’échange sont au cœur de la démarche initiatique des Francs-Maçons et plaçant l’Homme au cœur des préoccupations. C’est la raison pour laquelle, il ne peut y avoir de repli sur soi pour un franc-maçon.

L’actualité pourrait laisser imaginer qu’un travail initiatique, entendu comme profond et personnel écarte de fait le Franc-Maçon des préoccupations sociales. Et bien c’est probablement toute la spécificité de la démarche maçonnique : tournée vers soi-même et en même temps orientée vers le monde. Le Franc-Maçon doit s’engager dans la société pour travailler à la construction d’une société plus fraternelle, plus juste et plus équitable.

Rendez-vous au café L’oie et le grill situé au 1 Tour de la monnaie à Clermont Ferrand !

Cette particularité est difficile à appréhender et pourtant elle mérite qu’on s’y attarde. Plus que jamais, le vivre ensemble est devenu compliqué, risqué. Notre démarche est une occasion de trouver un temps à soi dédié aux autres. Et contrairement aux idées reçues largement partagées par les médias, ce n’est pas une voie réservée à une élite.

Les Cafés Maçonniques, c’est quoi ?

Les cafés Maçonniques sont une manière de présenter cette réflexion car ils visent à initier un échange avec les profanes intéressés lors d’un moment convivial. Permettant à la fois de présenter la Franc-Maçonnerie, de débattre autour d’un thème prédéfini (en lien avec les valeurs maçonniques) et de répondre aux questions de l’assemblée, ils sont aussi une occasion de reprendre les très anciennes habitudes maçonniques qui consistaient à se réunir dans les arrière-salles des cafés, alliant ainsi réflexion et convivialité.

L’objectif reste bien entendu, de présenter, dans les grandes lignes, la Franc-Maçonnerie et le Droit Humain, à travers une présentation générale et de répondre aux questions les plus fréquemment posées et un échange avec les personnes présentes.

Mais qui est Georges Troispoints ?

Créée en 2016, c’est une association loi de 1901 dont les membres actifs sont des Francs-Maçons du Droit Humain. Elle se décline en associations locales notamment à Metz, Créteil, Tours, Nice et la Réunion. L’antenne Georges TROISPOINTS Clermont Ferrand- AUVERGNE existe depuis mars 2018. Depuis, nous avons organisé une vingtaine de Cafés Maçonniques et d’interventions à Clermont-Ferrand, Vichy, Châteauroux ou encore Tulle. L’objectif de Georges Troispoints est de faire connaître « au dehors », dans le monde « profane », qui sont vraiment les Francs-maçons et surtout qui ils ne sont pas. Pour cela, Georges informe, écoute, débat, échange et organise des évènements sur la franc-maçonnerie et les grandes questions philosophiques et sociétales.

Dans le climat actuel, avec les phénomènes de colère et de violence auxquels nous assistons ces derniers mois, il semble important de rappeler que les valeurs d’humanisme, de fraternité et de solidarité sont les fondements du travail et de l’engagement des Francs-Maçons.

Le partage et l’échange sont au cœur de la démarche initiatique des Francs-Maçons et plaçant l’Homme au cœur des préoccupations. C’est la raison pour laquelle, il ne peut y avoir de repli sur soi pour un franc-maçon. L’association Georges Troispoints organise son prochain Café Maçonnique le 3 novembre prochain de 18h30 à 20h00. Rendez-vous au café L’oie et le grill situé au 1 Tour de la monnaie à Clermont Ferrand.

Dans le climat actuel, avec les phénomènes de colère et de violence auxquels nous assistons ces derniers mois, il semble important de rappeler que les valeurs d’humanisme, de fraternité et de solidarité sont les fondements du travail et de l’engagement des Francs-Maçons. Le partage et l’échange sont au cœur de la démarche initiatique des Francs-Maçons et plaçant l’Homme au cœur des préoccupations. C’est la raison pour laquelle, il ne peut y avoir de repli sur soi pour un franc-maçon.

L’actualité pourrait laisser imaginer qu’un travail initiatique, entendu comme profond et personnel écarte de fait le Franc-Maçon des préoccupations sociales. Et bien c’est probablement toute la spécificité de la démarche maçonnique : tournée vers soi-même et en même temps orientée vers le monde. Le Franc-Maçon doit s’engager dans la société pour travailler à la construction d’une société plus fraternelle, plus juste et plus équitable.

Cette particularité est difficile à appréhender et pourtant elle mérite qu’on s’y attarde. Plus que jamais, le vivre ensemble est devenu compliqué, risqué. Notre démarche est une occasion de trouver un temps à soi dédié aux autres. Et contrairement aux idées reçues largement partagées par les médias, ce n’est pas une voie réservée à une élite.

Café maçonnique à Clermont Ferrand

Les Cafés Maçonniques 

Les cafés Maçonniques sont une manière de présenter cette réflexion car ils visent à initier un échange avec les profanes intéressés lors d’un moment convivial. Permettant à la fois de présenter la Franc-Maçonnerie, de débattre autour d’un thème prédéfini (en lien avec les valeurs maçonniques) et de répondre aux questions de l’assemblée, ils sont aussi une occasion de reprendre les très anciennes habitudes maçonniques qui consistaient à se réunir dans les arrière-salles des cafés, alliant ainsi réflexion et convivialité.

L’objectif reste bien entendu, de présenter, dans les grandes lignes, la Franc-Maçonnerie et le Droit Humain, à travers une présentation générale et de répondre aux questions les plus fréquemment posées et un échange avec les personnes présentes.

Mais qui est Georges Troispoints ?

Créée en 2016, c’est une association loi de 1901 dont les membres actifs sont des Francs-Maçons du Droit Humain. Elle se décline en associations locales notamment à Metz, Créteil, Tours, Nice et la Réunion. L’antenne Georges TROISPOINTS Clermont Ferrand- AUVERGNE existe depuis mars 2018. Depuis, nous avons organisé une vingtaine de Cafés Maçonniques et d’interventions à Clermont-Ferrand, Vichy, Châteauroux ou encore Tulle.

L’objectif de Georges Troispoints est de faire connaître « au dehors », dans le monde « profane », qui sont vraiment les Francs-maçons et surtout qui ils ne sont pas. Pour cela, Georges informe, écoute, débat, échange et organise des évènements sur la franc-maçonnerie et les grandes questions philosophiques et sociétales. Plus d’infos sur https://www.georges-troispoints.fr/

À lire aussi sur 450.fm

L’interdiction de la Franc-maçonnerie aux Provinces Unies et à Genève au XVIIIe siècle

Secret, souveraineté et contrôle des sociabilités

Introduction

La franc-maçonnerie spéculative, organisée à Londres autour de la Grande Loge de Londres et de Westminster et des Constitutions de James Anderson publiées en 1723, se diffuse rapidement sur le continent européen. Dans les années 1730, des loges apparaissent notamment à La Haye, Amsterdam et Genève. Cette expansion ne constitue pas seulement la diffusion d’un rituel ou d’un idéal de fraternité : elle introduit une forme nouvelle de sociabilité fondée sur l’adhésion volontaire, le règlement interne, le serment, l’élection d’officiers et l’existence de réseaux dépassant les frontières politiques.

Frontispice et page de titre des Constitutions d’Anderson, 1723
Frontispice et page de titre des Constitutions d’Anderson (Londres, 1723) (domaine public, Wikimedia Commons)

Les réactions des autorités sont précoces. Dans les Provinces-Unies, les États de Hollande et de Frise-Occidentale interdisent les réunions maçonniques le 30 novembre 1735. À Genève, le gouvernement entreprend de contrôler la première loge dès 1736 et interdit formellement les assemblées en 1744. Cette chronologie est importante : l’intervention des pouvoirs protestants précède ou accompagne la condamnation pontificale de 1738 et interdit de réduire l’antimaçonnisme à une réaction de l’Église catholique.

La question est donc moins de savoir pourquoi les autorités auraient condamné une prétendue doctrine maçonnique que de comprendre pourquoi une forme particulière d’association privée fut jugée suffisamment problématique pour être interdite.

L’hypothèse retenue ici est que les cas hollandais et genevois révèlent une même difficulté : celle du contrôle d’une sociabilité volontaire, organisée autour du secret et du serment, mais également insérée dans des réseaux internationaux.

Les Provinces-Unies : de la visibilité à l’interdiction

La première implantation durable de la franc-maçonnerie dans les Provinces-Unies est attestée à La Haye en 1734. Une loge y est constituée le 19 novembre sous le nom de Loge du Grand-Maître des Provinces-Unies et du ressort de la Généralité. En 1735, de nouvelles loges apparaissent à La Haye et Amsterdam. La capitale politique des Provinces-Unies devient ainsi un point important de diffusion de la sociabilité maçonnique.

Guillaume IV, prince d’Orange-Nassau, par Philip van Dijk
Guillaume IV, prince d’Orange-Nassau, par Philip van Dijk, vers 1720-1725 (domaine public, Wikimedia Commons)

La réaction des autorités intervient précisément lorsque cette présence devient plus visible. En novembre 1735, la presse annonce la constitution d’une nouvelle loge à La Haye et signale notamment la participation de Cornelis Radermacher, trésorier général du prince d’Orange. Les autorités constituent alors une commission d’enquête et interrogent plusieurs francs-maçons ; elles prennent également connaissance des Constitutions d’Anderson.

Le 30 novembre, les États de Hollande et de Frise-Occidentale interdisent les réunions maçonniques et l’utilisation de locaux destinés à les accueillir. Amsterdam, La Haye et Rotterdam adoptent rapidement des mesures analogues. Le Hof van Holland publie à son tour, le 12 décembre, une ordonnance contre les « Vrijwillige Metzelaars ».

La brièveté de cette séquence, à peine une année entre l’implantation de la première loge et son interdiction, montre que la question est immédiatement appréhendée sous l’angle de l’ordre public.

Genève : du contrôle à l’interdiction

À Genève, la création de la première loge est généralement située en 1736. La Société des maçons libres du parfait contentement, associée à George Hamilton, dépend alors de la Grande Loge de Londres. Le contexte genevois est particulièrement intéressant : la cité est une république protestante indépendante, où l’autorité politique et les institutions religieuses exercent un contrôle étroit sur les formes de sociabilité.

Vue de Genève et de ses fortifications au XVIIIe siècle
Genève et ses fortifications, gravure d’Aveline, XVIIIe siècle (Bibliothèque nationale suisse, domaine public)

La réaction gouvernementale est d’abord plus graduelle qu’aux Provinces-Unies. En 1736, le syndic Bonnet demande à Hamilton de ne pas admettre de citoyens, bourgeois ou habitants de Genève sans l’autorisation du gouvernement. Il s’agit moins de supprimer la loge que de contrôler son recrutement. Les autorités cherchent ainsi à empêcher qu’une association relevant d’une obédience étrangère ne constitue une structure autonome au sein de la cité.

Cette politique ne suffit pas. Les réunions se poursuivent et plusieurs loges apparaissent. En 1744, six loges sont déjà attestées à Genève malgré les restrictions.

La situation se tend lorsque les francs-maçons deviennent plus visibles dans l’espace public. En juin 1744, une manifestation de maçons portant leurs insignes et se déplaçant sur le lac attire particulièrement l’attention des autorités. Quelques mois plus tard, le gouvernement interdit explicitement les réunions maçonniques. Le règlement de 1744 défend aux citoyens, bourgeois, habitants et sujets « de tenir aucune loge, soit assemblée de Francs-Maçons », et leur interdit également d’y assister.

Le vocabulaire juridique est significatif : c’est l’assemblée qui est interdite. Le problème relève donc directement de la régulation de la sociabilité collective.

Secret, serment et autonomie associative

La convergence entre les deux cas apparaît surtout dans la nature des objections adressées aux loges.

La franc-maçonnerie se distingue des formes traditionnelles de sociabilité par la combinaison de plusieurs éléments : réunions régulières, règles internes, hiérarchie propre, cérémonies confidentielles, serment de discrétion et reconnaissance de membres appartenant à d’autres loges. Elle constitue ainsi une association volontaire dont une partie des normes échappe au regard des autorités.

Le secret est central. Pour les membres, il protège les cérémonies et les signes de reconnaissance. Pour les autorités, il crée une zone d’incertitude. Le problème n’est donc pas nécessairement le contenu réel des réunions, mais l’impossibilité d’en contrôler pleinement le contenu.

Le serment renforce cette difficulté. Il crée entre les membres une obligation spécifique qui peut être perçue comme une forme de loyauté parallèle. Rien ne permet cependant d’affirmer que les loges hollandaises ou genevoises poursuivaient effectivement des objectifs politiques clandestins. Il faut distinguer les pratiques documentées des craintes qu’elles suscitent.

Cette distinction est particulièrement importante dans le cas hollandais. L’historiographie a souvent souligné les relations entre les premiers francs-maçons et les milieux orangistes. Ces liens existent, notamment autour de Cornelis Radermacher, mais les recherches consacrées à l’interdiction de 1735 montrent qu’il serait réducteur de l’expliquer uniquement par la crainte d’une mobilisation orangiste. Les sources mettent également en évidence des inquiétudes relatives au secret, aux réunions et à la possibilité de constitution de « factions ».

La loge apparaît ainsi moins comme un parti politique clandestin que comme une association autonome susceptible de devenir un lieu de formation de solidarités indépendantes du pouvoir.

Une sociabilité transnationale dans des États territoriaux

Le pape Clément XII par Agostino Masucci
Le pape Clément XII, par Agostino Masucci (domaine public, Wikimedia Commons)

La dimension internationale de la franc-maçonnerie renforce cette difficulté. Les premières loges continentales sont étroitement liées à la Grande Loge de Londres. La première loge genevoise relève directement de cette institution, tandis que les premières loges néerlandaises s’insèrent elles aussi dans les réseaux britanniques.

Le membre d’une loge est donc simultanément un habitant ou citoyen d’une communauté politique déterminée, un membre d’une association locale, un participant à un réseau maçonnique international. Cette pluralité d’appartenances est nouvelle.

La loge possède une localisation précise, mais son système de reconnaissance ne s’arrête pas à la frontière. Un frère peut être reçu dans une autre loge, être recommandé par des membres étrangers et appartenir à un réseau qui ne relève d’aucune autorité territoriale unique.

Il ne faut pas pour autant parler prématurément de « société civile transnationale » au sens contemporain. Mais la franc-maçonnerie constitue incontestablement une forme précoce de sociabilité transfrontalière organisée.

C’est cette caractéristique qui permet de rapprocher les cas de Genève et des Provinces-Unies : dans les deux territoires, une association locale possède une autorité et des réseaux qui excèdent le cadre politique local.

Les interdictions dans le contexte européen

La bulle In eminenti apostolatus specula de 1738
La bulle In eminenti apostolatus specula, 28 avril 1738 (domaine public, Wikimedia Commons)

Les décisions de La Haye et de Genève prennent une signification plus large lorsqu’elles sont replacées dans la chronologie européenne.

Les premières mesures civiles apparaissent avant la condamnation pontificale de 1738. La bulle In eminenti apostolatus specula de Clément XII condamne alors la franc-maçonnerie en insistant notamment sur le secret des réunions et sur le serment prêté par les membres. Mais plusieurs autorités politiques avaient déjà pris des mesures restrictives.

Ce parallélisme est historiquement important. Les pouvoirs catholiques et protestants peuvent parvenir à des conclusions semblables à partir de préoccupations différentes.

Du côté catholique, la question est largement liée à la religion, à l’orthodoxie et au secret.

Du côté des républiques protestantes étudiées ici, la question se pose également en termes de contrôle politique des associations et des réunions.

L’antimaçonnisme du XVIIIe siècle possède donc plusieurs dimensions qui ne doivent pas être confondues.

L’échec relatif de la prohibition

L’élément le plus paradoxal de cette histoire est que l’interdiction ne provoque pas la disparition de la franc-maçonnerie.

Aux Provinces-Unies, la loge de La Haye reprend ses travaux en 1744. Au cours des années suivantes, de nouvelles loges apparaissent dans plusieurs villes. En 1756, la Grande Loge des Sept Provinces-Unies est créée, donnant à la maçonnerie néerlandaise une structure nationale.

À Genève, le phénomène est comparable. L’interdiction de 1744 n’empêche pas les loges de continuer à fonctionner de manière plus discrète. La maçonnerie genevoise demeure active jusqu’à la création, en 1769, de la Grande Loge nationale de Genève.

La prohibition transforme donc davantage la visibilité de la franc-maçonnerie qu’elle n’en détruit les réseaux. Elle contribue même indirectement à accentuer l’un des traits qui avaient suscité la méfiance initiale : la discrétion.

De la loge étrangère à l’institution nationale

L’évolution entre les années 1730 et 1760 est finalement celle d’une progressive nationalisation de la franc-maçonnerie.

Au départ, les loges de Genève et des Provinces-Unies dépendent largement d’une structure britannique. Leur légitimité vient en partie de Londres. Progressivement, elles construisent leurs propres institutions.

Aux Provinces-Unies, la Grande Loge des Sept Provinces-Unies est fondée en 1756. À Genève, neuf loges s’unissent en 1769 pour créer la Grande Loge nationale de Genève.

Cette évolution peut être interprétée comme une réponse aux tensions initiales. Une association étrangère implantée localement pose un problème de juridiction. Une organisation nationale intégrée dans le paysage institutionnel du pays pose un problème différent : celui de sa reconnaissance et de sa régulation.

La prohibition n’a donc pas empêché l’institutionnalisation ; elle a accompagné une transformation de la franc-maçonnerie, qui passe progressivement d’un réseau d’importation britannique à des structures territoriales autonomes.

Interdire la loge : un problème de souveraineté

Les cas hollandais et genevois permettent finalement de replacer la question maçonnique dans l’histoire plus générale des associations au XVIIIe siècle.

La loge constitue une institution intermédiaire entre l’individu et l’État. Elle n’est ni une corporation traditionnelle, ni une Église, ni une administration. Elle repose sur une appartenance volontaire et fonctionne selon des règles élaborées par ses membres. Cette caractéristique constitue sa principale nouveauté.

La question posée aux autorités n’est donc pas seulement : que font les francs-maçons ? Elle est également : qui a le droit d’autoriser une association à se réunir et à établir ses propres règles ? C’est en ce sens que les interdictions de 1735 et 1744 peuvent être rapprochées des transformations plus générales de la société européenne.

La franc-maçonnerie n’est pas encore une organisation politique moderne et il serait anachronique de la présenter comme telle. Elle participe cependant à l’apparition d’une nouvelle culture associative fondée sur le volontariat, la réglementation interne, la discussion et la constitution de réseaux au-delà des communautés traditionnelles.

Les travaux de Margaret Jacob ont précisément montré l’importance des loges dans cette transformation de la sociabilité européenne et dans la formation de pratiques associatives caractéristiques des Lumières.

Conclusion

Les interdictions de la franc-maçonnerie dans les Provinces-Unies en 1735 et à Genève en 1744 constituent deux épisodes précoces de la confrontation entre les pouvoirs politiques et les nouvelles formes de sociabilité apparues au XVIIIe siècle.

Dans les deux cas, les autorités sont confrontées à une association volontaire qui combine secret, serment, autonomie organisationnelle et relations internationales. Ces caractéristiques ne prouvent pas l’existence d’une activité subversive ; elles suffisent néanmoins à rendre les loges difficiles à intégrer dans les mécanismes traditionnels de surveillance et de contrôle.

Le cas hollandais montre l’importance de la visibilité croissante des loges et des liens qu’elles entretiennent avec les milieux politiques et britanniques. Le cas genevois révèle plus nettement encore le conflit entre une organisation dépendant initialement d’une obédience étrangère et une république soucieuse de contrôler les appartenances et les réunions de ses citoyens.

L’analyse comparée conduit ainsi à relativiser une interprétation exclusivement religieuse de l’antimaçonnisme. Les premières interdictions civiles précèdent la condamnation pontificale de 1738 et concernent aussi des territoires protestants. Le problème est en partie celui de l’autonomie associative.

La prohibition se révèle toutefois limitée. La maçonnerie néerlandaise se reconstitue et s’institutionnalise en 1756 ; la maçonnerie genevoise poursuit son développement jusqu’à la création d’une Grande Loge nationale en 1769. L’interdiction modifie donc les conditions de visibilité et d’organisation des loges sans parvenir à supprimer leurs réseaux.

L’intérêt historique de ces deux expériences dépasse ainsi l’histoire de la franc-maçonnerie. Elles éclairent une transformation plus générale de l’Europe du XVIIIe siècle : l’émergence d’espaces associatifs autonomes situés entre l’individu et les institutions politiques et religieuses. La méfiance des autorités à leur égard témoigne de la difficulté qu’éprouve l’État d’Ancien Régime à définir les limites de la sociabilité privée au moment même où celle-ci devient un élément essentiel de la modernité européenne.

S. Morin

Bibliographie sélective

Anderson, James. The Constitutions of the Free-Masons. Londres, 1723.

Bernheim, Alain. Les débuts de la franc-maçonnerie à Genève et en Suisse. Avec un essai de répertoire et de généalogie des Loges de Genève (1736-1994). Genève : Slatkine, 1994.

Ferrer Benimeli, José Antonio. « Franc-maçonnerie et Église catholique. Motivations politiques des premières condamnations papales ». Dix-Huitième Siècle, no 19, 1987, p. 7-19.

Frese, Albertus, et Christiaan Schaaf. De uitvaert van het vryje metzelaersgilde: Een anti-maçonnieke klucht uit 1735. Amsterdam, 1993.

Jacob, Margaret C. Living the Enlightenment: Freemasonry and Politics in Eighteenth-Century Europe. New York/Oxford : Oxford University Press, 1991.

Ruchon, François. Histoire de la franc-maçonnerie à Genève de 1736 à 1900. Genève, 1935.

Tunbridge, John. « The Climate of European Freemasonry 1750-1810 ». Ars Quatuor Coronatorum, vol. 83, 1970.

Dictionnaire historique de la Suisse. « Franc-maçonnerie ».

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« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Une formule rituelle peut survivre à ceux qui l’ont forgée, changer de sens en traversant les siècles et finir par paraître si familière que nul ne songe plus à l’interroger. « D’où venez-vous ? » – « D’une loge de Saint-Jean. » À partir de cet échange connu de générations de Francs-Maçons, Louis Arnolphe entreprend une enquête qui touche à la mémoire même de l’institution. Des manuscrits anglais aux élaborations françaises, des légendes croisées aux usages américains, il suit les déplacements d’une expression dont l’évidence apparente masque une histoire dense. Avant de commenter le symbole, encore faut-il savoir comment il s’est constitué et quelles reconstructions tardives ont fini par passer pour des origines.

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Une phrase rituelle contient plusieurs siècles de mémoire

Le mérite premier de D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean tient à la modestie savante de sa question. Louis Arnolphe ne part pas d’une doctrine qu’il chercherait ensuite à confirmer. Il suit les mots, compare les manuscrits, observe les variantes, rapproche les catéchismes, les divulgations, les discours et les rituels. Cette méthode importe dans un domaine où l’attrait des généalogies prestigieuses et la tentation de faire remonter chaque symbole à une antiquité idéale brouillent facilement la chronologie. La « Loge de Saint-Jean » devient alors un objet historique dont les siècles ont déplacé la signification.

Les premières attestations anglaises et anglo-écossaises montrent que la référence à saint Jean appartient à un fonds plus ancien que certaines explications françaises du XVIIIe siècle. Les Old Charges et les anciens catéchismes associent déjà la Loge, saint Jean, l’orientation d’Est en Ouest et une géographie sacrée. Un manuscrit tardif peut conserver un matériau antérieur, et chaque document prend sens dans une famille de variantes.

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Cette patience philologique conduit à une rupture avec les récits commodes. La formule johannite ne naît pas tout armée dans un seul texte, sous la plume d’un seul auteur, à une date aisément mémorisable. Elle se forme par sédimentation. Le symbole gagne en profondeur lorsqu’il cesse d’être présenté comme une relique tombée du ciel et redevient le résultat d’une transmission.

Ramsay n’invente pas saint Jean, mais il déplace l’horizon

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique
Portrait imaginaire de Ramsay

Lorsque l’enquête gagne la France du XVIIIe siècle, le paysage change. Andrew Michael Ramsay occupe une place décisive en inscrivant la Franc-Maçonnerie dans un imaginaire chevaleresque et chrétien où les Croisades, la Terre sainte et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem relient l’ancienne construction à la sociabilité maçonnique moderne. Louis Arnolphe montre pourtant que Ramsay n’invente pas la « Loge de Saint-Jean ». Les témoignages anglais antérieurs l’interdisent.

Le déplacement demeure néanmoins considérable. À une formule issue de matériaux rituels anciens vient se superposer une lecture fondée sur les ordres religieux et militaires. Dès lors, « saint Jean » peut désigner une personne, un patron céleste, une tradition évangélique, un ordre chevaleresque ou une mémoire reconstruite de la Terre sainte. Il n’existe pas un saint Jean maçonnique dont toutes les occurrences seraient les répétitions dociles. Il existe des usages successifs, parfois concurrents, que la tradition a fini par rapprocher.

La question féconde consiste alors moins à trancher la vérité des récits templiers ou hospitaliers qu’à rechercher quand une communauté commence à raconter son passé de cette manière et ce que ce récit transforme. L’historien n’a pas à humilier le mythe, mais à comprendre pourquoi il devient transmissible.

Du Baptiste à l’Évangéliste, la tradition apprend à vivre avec un double visage

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique
Jean le Baptiste

Le cœur symbolique du livre se trouve dans l’hésitation entre Jean le Baptiste et Jean l’Évangéliste. Le Baptiste s’impose par le Jourdain, le baptême, la fonction de précurseur et la proximité de sa fête avec le solstice d’été. L’Évangéliste ouvre un autre horizon, celui du Verbe, de la Lumière et du Prologue. Entre les deux, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem introduit une troisième strate qui n’est ni réductible à l’un des saints ni entièrement séparable de leur prestige.

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Cette multiplicité explique pourquoi la formule a pu survivre sans conserver partout le même contenu. Les rites n’ont pas seulement transmis des mots. Ils les ont réinterprétés selon leurs propres architectures symboliques. Le Rite Écossais Ancien et Accepté, le Rite Français, les usages anglo-saxons et les formes américaines n’ordonnent pas toujours les mêmes références de manière identique. Louis Arnolphe a raison de maintenir ces différences au lieu de rechercher une concordance artificielle. Une tradition vivante peut porter plusieurs mémoires sans que chacune possède le même âge ni le même statut.

Une vigilance éditoriale aurait cependant été bienvenue là où les désignations de l’Apôtre et du Précurseur semblent inversées entre Jean le Baptiste et Jean l’Évangéliste. La démonstration n’en souffre pas, mais ce terrain exige une exactitude presque rituelle.

Le point dans le cercle transforme l’histoire en discipline intérieure

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

La couverture résume avec intelligence l’un des aboutissements de l’enquête. Jean le Baptiste et Jean l’Évangéliste encadrent un cercle marqué par deux lignes parallèles, tandis que le Livre ouvert domine la composition. Cette iconographie, particulièrement développée dans la tradition du Rite d’York, donne une forme visuelle à ce que les textes ont progressivement associé. Le point représente le Maçon considéré dans son individualité, le cercle marque la limite qu’il ne devrait pas franchir sous l’effet de ses passions, de ses préjugés ou de ses intérêts, les deux parallèles renvoient aux deux saints Jean et les Saintes Écritures établissent l’horizon de la conduite.

L’image montre comment la Maçonnerie sait convertir une généalogie complexe en pédagogie morale. Même si l’association systématique des deux saints, des parallèles et du point dans le cercle appartient à une élaboration historique identifiable, la leçon initiatique demeure intelligible. Le cercle ne protège pas le Maçon du monde. Il lui rappelle la mesure qu’il doit apprendre à imposer à lui-même. La limite devient règle intérieure et les deux lignes qui l’accompagnent figurent une exigence de rectitude.

Le livre évite ainsi deux erreurs, croire qu’un symbole perd sa valeur dès qu’une origine tardive est démontrée ou croire que son efficacité initiatique dispense de l’histoire. Louis Arnolphe montre qu’une tradition peut être historiquement construite et spirituellement opérante. Le savoir n’abolit pas le symbole, il le délivre de fausses certitudes.

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Les schémas et tableaux comparatifs servent la même exigence. Le dessin américain du point dans le cercle rend visible une construction doctrinale complexe, tandis que les rapprochements d’extraits bibliques utilisés à l’ouverture de Loges de rites différents replacent le johannisme dans ses choix de lectures. La clarté documentaire devient ici une forme de transmission.

L’histoire ne détruit pas le mythe, elle lui rend sa juste place

La grande qualité de Louis Arnolphe réside dans son refus des généalogies trop parfaites. Son enquête ne cherche pas une origine unique qui viendrait résoudre toutes les contradictions. Elle montre comment l’identité johannite de la Franc-Maçonnerie s’est constituée par couches successives. L’Angleterre ancienne, les catéchismes, les récits français, Ramsay, les traditions chevaleresques, les usages américains et les lectures ésotériques n’appartiennent ni au même moment. Les réunir dans une continuité absolue serait historiquement fragile. Les séparer au point de nier toute transmission serait tout aussi trompeur.

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique
1re page du Ms Discours de Ramsay

Cette position possède une portée philosophique qui dépasse le sujet. Les institutions initiatiques vivent entre histoire et mémoire. L’histoire demande des documents et des filiations vérifiables, la mémoire ordonne et donne sens, le rite transforme cette mémoire en expérience vécue. Un récit chevaleresque peut porter une fonction spirituelle sans constituer une preuve documentaire, et une image tardive devenir un symbole fécond sans acquérir rétroactivement plusieurs siècles d’ancienneté.

La Franc-Maçonnerie repose sur la transmission, mais transmettre ne signifie pas recopier sans examen. Recevoir oblige à distinguer, comparer, éprouver et parfois rectifier. Savoir d’où vient une parole, c’est déjà commencer à discerner ce qu’elle fait de nous. Dans cette perspective, la philologie rejoint l’éthique. Chercher l’origine d’un mot, d’un geste ou d’un symbole revient à exercer cette attention qui permet aussi au Maçon de surveiller ses propres représentations.

Quelques lecteurs auraient peut-être souhaité que certaines conséquences spirituelles soient davantage développées. L’auteur privilégie le dossier documentaire, et cette retenue constitue aussi la discipline de son travail. Elle laisse toutefois ouverte une question directement maçonnique. Si la tradition johannite est faite de superpositions, que signifie aujourd’hui se dire membre d’une Loge de Saint-Jean ? La réponse ne peut plus se réduire à la répétition d’une formule héritée. Elle suppose de savoir quelle mémoire nous assumons, quelle figure de Jean nous parle et quel rapport au Verbe, à la Lumière, au témoignage ou à la mesure nous voulons rendre vivant.

D’où venons-nous lorsque nous répondons que nous venons d’une Loge de Saint-Jean ?

La question posée par le titre finit par changer de nature. Elle commence comme une enquête de provenance et devient une épreuve de conscience. Venir d’une Loge de Saint-Jean ne signifie peut-être pas revendiquer une filiation homogène remontant sans rupture à un commencement idéal. Cela peut signifier recevoir une tradition complexe, connaître ses strates, reconnaître ses réélaborations et décider pourtant d’en faire une discipline de vie. Entre le Baptiste qui prépare le chemin et l’Évangéliste qui place le Verbe au commencement, entre le Jourdain et la Lumière, entre la mémoire chevaleresque et le cercle de la mesure, le Maçon découvre moins une réponse définitive qu’une responsabilité.

Louis Arnolphe, historien et Franc-Maçon

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

Le Frère Louis Arnolphe est universitaire et Franc-Maçon. Initié il y a une dizaine d’années au sein de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), il a poursuivi son parcours initiatique dans les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté, au sein du Suprême Conseil National de France (SCNDF).

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique
Blason du Keble College

Historien de formation, il est diplômé de l’Université d’Oxford, où il a étudié au Keble College, et titulaire notamment d’un doctorat en histoire. Cette double appartenance, au monde de la recherche universitaire et à celui de l’initiation maçonnique, nourrit naturellement son approche, à la croisée de l’exigence historique, de la connaissance des rites et de l’expérience vécue de la Franc-Maçonnerie. L’auteur vit et travaille à Paris.

Car la véritable origine initiatique ne se mesure pas seulement à l’ancienneté d’une formule. Elle se vérifie dans ce que cette formule oblige celui qui la prononce à devenir. Si les mots « Loge de Saint-Jean » ont traversé tant de siècles, de rites et d’interprétations, leur fécondité tient à leur capacité de nous demander encore d’où nous venons, ce que nous transmettons et vers quelle Lumière nous consentons à orienter notre travail.

D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean

Louis Arnolphe – Les Éditions de la Tarente, coll. Fragments maçonniques, 2026, 108 pages, 19 €

Découvrir le blog de Louis Arnolphe / Découvrir et commander l’ouvrage sur le site de l’éditeur

« D’où venez-vous ? D’une loge de Saint-Jean », Louis Arnolphe remonte à la source d’une parole maçonnique

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Le mot du lundi du Vénérable Maître : « Une Loge entièrement LFI » à la GLRI

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Mes Très Chers Frères, Mes Très Chères Soeurs,
Ce soir, je vous annonce une nouvelle historique, un événement dont les conséquences dépasseront probablement les limites de notre Orient et dont les historiens de la Franc-maçonnerie parleront encore lorsque nos successeurs auront terminé de débattre de la couleur des cordons. Après des mois de débats houleux, plusieurs motions de censure, d’innombrables amendements et trois interruptions de tenue pour cause de « levée en masse des consciences », notre Loge a officiellement changé de nom. Il aura fallu du courage, beaucoup de patience et quelques litres de café pour parvenir à cette décision, adoptée à une majorité relative, contestée par une minorité agissante et finalement validée après le départ précipité de ceux qui n’étaient pas d’accord.

Nous ne sommes donc plus une simple Loge. Nous sommes désormais une Loge entièrement LFI :
« La Fraternité Irrévérencieuse »

Grande Loge Ritualiste Irrévérencieuse – Orient de Nulle Part

Le mot du lundi du Vénérable Maître : « Une Loge entièrement LFI » à la GLRI

Cette nouvelle appellation marque une rupture historique avec les pratiques du passé, même si personne n’est encore tout à fait certain de savoir lesquelles. Notre ambition est immense : réinventer la Franc-maçonnerie, abolir les privilèges, déconstruire les symboles et instaurer une démocratie participative permanente, dans laquelle chaque Frère, chaque Soeur, pourra exprimer son désaccord, y compris avec une décision qu’il ou elle aura lui-même ou elle-même proposée la veille. Nous avons d’ailleurs décidé que toute décision définitive serait désormais provisoire jusqu’à nouvel ordre.

Dans notre Temple, les choses ont déjà commencé à changer. Nous ne travaillons plus sous le regard du Grand Architecte de l’Univers, mais sous celui du Grand Architecte… à condition, bien entendu, qu’il soit anticapitaliste, anti-atlantiste et qu’il ait lu au moins deux fois le programme en 47 points, dont 12 sont encore en cours de rédaction. Une commission spéciale a été chargée de vérifier sa conformité idéologique avant toute invocation. Certains Frères ont suggéré que le Grand Architecte devrait également justifier ses choix budgétaires et publier ses comptes. La proposition a été renvoyée à une sous-commission, laquelle réclame à son tour la création d’un groupe de travail indépendant.

Le décor rituel a naturellement subi les premières transformations. Le pavé mosaïque a été remplacé par un damier rouge et noir, afin de mieux représenter les contradictions de la société contemporaine. Le Delta lumineux a été retourné, « pour mieux refléter la colère du peuple », tandis que les colonnes J et B font désormais l’objet d’un débat sur leur éventuel caractère discriminatoire. Quant au silence rituel, il a été purement et simplement aboli. Désormais, chaque Frère dispose d’un droit imprescriptible d’interrompre le Vénérable Maître pour lui lire un tract de quatorze pages, déposer une motion d’urgence ou rappeler que la parole est libre, surtout lorsqu’il est le seul à la prendre.

Mais le plus beau reste à venir. Une frange particulièrement éclairée de nos membres — généralement ceux qui arrivent en retard parce qu’ils étaient retenus par une « assemblée générale spontanée dans le métro » — exige aujourd’hui la sixième refonte complète de nos rituels. Oui, mes Frères, la sixième ! Les cinq précédentes n’auraient été, selon leurs auteurs, que des « aménagements cosmétiques dictés par l’oligarchie maçonnique ». Il paraît même que certains passages auraient été rédigés par des Frères qui n’avaient jamais participé à une véritable lutte sociale, ce qui constitue évidemment une circonstance aggravante. Une nouvelle commission constituante a donc été installée. Elle devra rendre ses conclusions avant la prochaine tenue, sous réserve que celle-ci ne soit pas suspendue pour cause de désaccord sur l’ordre du jour.

Le programme de transformation est à la hauteur de l’enjeu. Le serment serait supprimé, car jugé trop vertical et insuffisamment inclusif. Le maillet du Vénérable Maître serait remplacé par un mégaphone, outil plus adapté à l’expression de la colère collective. Un « droit de retrait révolutionnaire » permettrait à chaque Frère de quitter la tenue dès que le rituel lui semblerait trop long, trop traditionnel ou simplement contraire à son humeur du jour. Enfin, la légende d’Hiram ferait l’objet d’une réécriture complète : dans la nouvelle version, Hiram ne meurt plus. Il démissionne pour protester contre les conditions de travail sur le chantier du Temple, dénonce l’absence de concertation et fonde une coopérative autogérée. Les trois mauvais compagnons, quant à eux, seraient réintégrés après une médiation et la signature d’un protocole de sortie de crise.

Certains Frères parlent déjà d’une « Révolution maçonnique qui fera date ». Ils envisagent de rebaptiser les grades, de remplacer les décors par des badges autocollants et d’organiser les élections à main levée, à condition que le résultat corresponde aux attentes de l’assemblée. D’autres, plus modestes, souhaitent simplement renverser le plateau du Premier Surveillant et proclamer la République des Colonnes. Une minorité propose même de tirer au sort le prochain Vénérable Maître, mais la proposition a été rejetée au motif qu’un tirage au sort pourrait porter au plateau un Frère qui ne partage pas les bonnes idées. La démocratie, mes Très Chers Frères, Mes très Chères Soeurs, est une chose admirable, surtout lorsqu’elle produit le résultat que nous espérions.

Pour ma part, votre Vénérable Maître, j’observe cette effervescence avec la sérénité de celui qui a déjà traversé trois scissions, deux refondations et une tentative d’allumer un feu de joie au milieu du Temple « pour symboliser la fin de l’ancien monde ». J’ai appris, au fil des années, que les révolutions maçonniques commencent souvent par la volonté de changer le monde et se terminent par une bataille sur la rédaction du procès-verbal. J’ai également compris que les Frères les plus déterminés à abolir les privilèges sont parfois ceux qui réclament avec le plus d’insistance de conserver leur place au plateau. Mais je me garderai bien de tirer des conclusions hâtives : une commission d’enquête a été créée pour étudier ces coïncidences troublantes.

Alors, mes Frères, Mes Soeurs, que cette semaine soit placée sous le signe de la Fraternité Irrévérencieuse. Continuons à défendre la liberté de conscience, à pratiquer l’écoute mutuelle et à cultiver le doute, même lorsque celui-ci menace les certitudes de ceux qui prétendent nous libérer de toutes les certitudes. Souvenons-nous que la fraternité ne consiste pas nécessairement à penser tous la même chose, mais qu’elle devient singulièrement difficile lorsque chacun est convaincu d’incarner à lui seul la conscience universelle.

Que le Grand Architecte de l’Univers — s’il accepte encore de nous parler sans passer par une assemblée générale — nous garde de nos excès, de nos certitudes et de nos réformes permanentes. Et si, par malheur, il décidait de nous adresser une parole de sagesse, souhaitons qu’il puisse aller jusqu’au bout de sa phrase sans être interrompu par une motion de procédure.

J’ai dit.

Le Vénérable Maître
(en sursis jusqu’à la prochaine assemblée générale extraordinaire)

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La Rédaction

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Il existe des phrases qui devraient être gravées au-dessus de la porte de toutes les institutions, juste après le règlement intérieur et avant le plan d’évacuation. Celle de Chateaubriand en fait partie :

« Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus. »

Elle décrit avec une précision redoutable le cycle de presque toute organisation humaine. Une institution naît pour rendre service. Puis elle découvre qu’elle est utile. Enfin, elle comprend qu’elle peut se faire respecter, financer, obéir — et parfois craindre. À partir de là, le service devient un privilège, puis le privilège devient un abus.

Et la franc-maçonnerie n’échappe pas à cette loi. Loin de là.

Quand la Loge rend encore service

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Au début, il y a le service. Une Loge est créée parce que des Frères veulent travailler ensemble, transmettre, accueillir, réfléchir, se soutenir et construire quelque chose qui les dépasse. L’obédience existe pour protéger les ateliers, éditer des rituels, former les officiers, défendre la liberté de conscience et offrir un cadre commun.

À ce stade, tout va bien. On parle de fraternité, de lumière, de travail et de transmission. On organise des tenues, des agapes, des conférences et des planches. Le Vénérable sert. Le Secrétaire sert. Le Trésorier sert. Même le Frère chargé du buffet rend un service essentiel à la civilisation.

C’est l’âge d’or, celui où l’on croit encore que l’institution existe pour les membres.

Puis arrivent les privilèges

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Puis l’institution prend de l’âge. Elle accumule des bâtiments, des archives, des charges, des titres, des commissions, des instances, des protocoles et des habitudes. Le service devient une fonction. La fonction devient une position. Et la position commence à avoir ses avantages. On ne parle plus seulement de servir la Loge. On parle de représenter l’obédience, de défendre l’institution, de préserver l’équilibre, de respecter la Tradition et de ne pas bouleverser les équilibres établis. Traduction : certains ont trouvé leur place, et ils aimeraient bien y rester.

Le privilège maçonnique ne consiste pas toujours à rouler en voiture de fonction ou à dîner dans un restaurant étoilé. Il consiste souvent à être invité partout, à parler au nom des autres, à décider de qui montera, de qui restera sur les colonnes et de qui devra attendre encore cinq ans sa chance. Il consiste aussi à confondre sa fonction avec sa personne, et son opinion avec la Volonté du GADLU.

Enfin, les abus

Puis vient la troisième période : celle des abus.

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Ce n’est pas forcément la corruption financière, les valises de billets ou les châteaux acquis mystérieusement. Dans la maçonnerie, l’abus est souvent plus subtil. C’est l’abus de l’autorité symbolique. C’est l’abus du rituel. C’est l’abus du silence. C’est l’abus de la fraternité elle-même.

  • On vous demande de voter, mais on ne vous explique pas vraiment pourquoi.
  • On vous parle d’unité, mais on vous interdit de discuter.
  • On vous promet la fraternité, mais on vous rappelle votre place.
  • On vous invite à la liberté, mais seulement dans les limites autorisées.
  • On vous parle du GADLU, mais avec l’assurance d’un homme qui aurait reçu ses instructions directement, sans passer par la poste.

L’abus maçonnique, c’est lorsqu’une institution cesse de servir ses membres et commence à exiger qu’ils la servent. Lorsque la Loge n’est plus un lieu de travail, mais une propriété. Lorsque l’obédience n’est plus un outil, mais une fin. Lorsque le maillet ne sert plus à ouvrir les travaux, mais à fermer les bouches.

Les petites obédiences : le cycle recommence

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Les grandes obédiences ont souvent atteint le stade des abus depuis longtemps. Elles ont des palais, des conseils, des commissions, des procédures disciplinaires, des porte-parole, des historiens officiels et des ennemis intérieurs parfaitement répertoriés.

Mais les petites obédiences ne sont pas épargnées. Elles commencent parfois avec beaucoup de sincérité, peu de moyens et beaucoup de fraternité. Elles disent vouloir échapper aux appareils, aux apparences et aux ambitions. Elles promettent un retour à l’essentiel, au travail, à la simplicité et à la vraie initiation. Puis, quelques années plus tard, elles ont un siège, un Grand Maître, un Conseil, des hauts dignitaires, des protocoles, des distinctions, des voyages, des dîners de gala et une liste de Frères à surveiller. Le service est devenu privilège. Le privilège commence à ressembler à un abus.

Le cycle est implacable. Il ne demande même pas que les dirigeants soient mauvais. Il suffit qu’ils soient humains, flatteurs, flatés, entourés et convaincus d’avoir raison.

La survie de la franc-maçonnerie

La question n’est donc pas seulement de savoir si la franc-maçonnerie survivra. Elle survivra, probablement, comme elle a survécu aux guerres, aux interdictions, aux scissions, aux procès, aux crises de gouvernance et aux discours interminables sur la Lumière. La vraie question est de savoir sous quelle forme elle survivra.

Survivra-t-elle comme un espace de travail initiatique, ou comme une collection d’institutions qui se protègent elles-mêmes ? Survivra-t-elle comme une fraternité vivante, ou comme un empire de privilèges administratifs ? Survivra-t-elle comme une école de liberté, ou comme un système où l’on récite la liberté en tenant les membres sous surveillance ?

Les petites Loges et les petites obédiences ont peut-être une chance : celle de rester proches du service. Tant qu’elles restent modestes, utiles, accessibles et tournées vers leurs membres, elles échappent au piège. Mais dès qu’elles commencent à se prendre pour des institutions indispensables, elles entrent dans la deuxième période. Et la troisième n’est jamais très loin.

Le thermomètre de Chateaubriand

Proverbes et sentences : « Les institutions passent par trois périodes : celle des services, celle des privilèges, celle des abus »

Avant de défendre une institution, une obédience, une Loge ou une charge, on pourrait se poser trois questions simples :

  • Est-ce que cette structure rend encore service à ses membres ?
  • Est-ce qu’elle a commencé à distribuer des privilèges à ceux qui la dirigent ?
  • Est-ce qu’elle punit, exclut ou réduit au silence ceux qui la questionnent ?

Si la réponse est « service », tant mieux.
Si c’est « privilège », il est temps de s’inquiéter.
Si c’est « abus », alors il est peut-être temps de se souvenir que l’institution n’est pas la maçonnerie.

Car la maçonnerie n’est pas un siège, un Conseil, un rite, une obédience ou un titre. La maçonnerie, c’est le travail que l’on fait ensemble, dans le respect de la liberté et de la dignité de chacun.

Le mot de la fin

Une institution saine se reconnaît à ceci : elle sert sans exiger la servitude.

  • Une Loge saine se reconnaît à ceci : ses charges sont des services, pas des trônes.
  • Une obédience saine se reconnaît à ceci : elle protège la liberté de ses ateliers au lieu de la réglementer jusqu’à l’asphyxie.
  • Un Vénérable sain se reconnaît à ceci : il sait que le maillet ne lui appartient pas.

Car une institution qui demande à être servie a déjà commencé à abuser. Et une institution qui confond la critique avec la trahison a probablement déjà franchi la troisième période. Chateaubriand avait raison.

Les institutions passent par le service, le privilège et l’abus. La seule question est de savoir à quel stade se trouve la vôtre.

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« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Le miroir semble offrir l’évidence d’une surface. Robert Régor Mougeot choisit d’y reconnaître une profondeur. Dans cette troisième édition revue et corrigée d’un livre paru une première fois en octobre 2011, il fait du miroir un opérateur de pensée qui conduit de l’image à l’illusion, du double à l’ego, de la lumière visible à une Lumière antérieure à la séparation des ténèbres, puis de la réflexion à la Connaissance. Le miroir reflète tout, ne retient rien, et oblige précisément pour cette raison à se demander ce qui, derrière l’image, demeure.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Le miroir contient tout et ne garde rien

Le point de départ possède une force paradoxale. Le miroir reçoit toutes les figures sans en conserver aucune. Un paysage s’y inscrit, une flamme y tremble, un visage vieillit devant lui, puis tout disparaît sans laisser de trace. Guy Michaud, dans Message poétique du symbolisme, voyait déjà en lui le symbole même du symbolisme. Robert Régor Mougeot pousse cette intuition jusqu’à faire du miroir un laboratoire métaphysique où la manifestation se donne tout en révélant son instabilité.

La peinture, la poésie, les contes, les légendes, la théologie, la philosophie et les superstitions l’ont chargé de doubles, de fantômes, de désirs et d’effroi. Il porte Narcisse et la coquetterie, la mort et la divination, la beauté comme l’expérience du vieillissement. Pourquoi cette surface froide donne-t-elle si aisément accès à l’idée d’un autre monde. L’au-delà du miroir devient royaume de féerie, royaume de la mort, enfer, ciel ou seuil du Non-Manifesté.

Toute la création pourrait-elle être miroir de Dieu, et ce miroir devenir lui-même un « miroir aux alouettes » offert aux âmes séduites par les apparences. Le livre devient alors une méditation sur la condition humaine. L’image montre et retire dans le même mouvement. Elle donne à voir ce qui n’est déjà plus tout à fait là. Le miroir devient la figure d’un monde qui manifeste le réel sans jamais l’épuiser.

Lorsque la langue elle-même devient miroir

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Emmanuel-Yves Monin

La singularité de l’auteur apparaît lorsqu’il fait de la Langue des Oiseaux l’une des clefs de son interprétation. Il tient le français pour une langue sacrée qui aurait conservé dans sa graphie, sa prononciation et sa grammaire des structures universelles de la Manifestation. Le lecteur rencontre ainsi Emmanuel-Yves Monin, les alchimistes, les trouvères et ces « Connaissants » auxquels l’auteur attribue la transmission d’un savoir caché dans les mots.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

La méthode produit des rapprochements séduisants autant que discutables. Robert Régor Mougeot lit la « décadence » comme une perte de cadence, déploie la lettre E selon trois plans de l’être et cherche derrière la structure sonore d’un mot un enseignement plus ancien que son usage ordinaire. Une telle pratique ne relève pas de l’étymologie historique. Elle gagne à être reçue comme une herméneutique symbolique. Celui qui accepte de considérer les mots comme des surfaces réfléchissantes trouvera matière à méditation, sans être dispensé de discernement.

La Langue des Oiseaux peut ouvrir des passages inattendus, mais aussi confirmer trop aisément ce qu’elle cherche. L’auteur admet d’ailleurs que ses décryptages ne sont ni exclusifs ni limitatifs. Son écriture demeure celle d’un conteur plus que celle d’un philologue. Ancien instituteur puis professeur de mathématiques, de physique-chimie et de dessin, passionné par la Vouivre et la métaphysique, il travaille là où la forme et l’imaginaire se rencontrent.

René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)
René Guénon, photographie de 1925 (à 38 ans)

Connaître commence peut-être par reconnaître l’impuissance à connaître

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Abû Bakr

L’une des lignes de force du livre tient à l’humilité qu’il oppose au savoir possessif. Abû Bakr est convoqué pour rappeler que saisir son impuissance à connaître la Connaissance constitue déjà une connaissance. Rûmî raille les savants montés sur un âne boiteux tandis que Dieu chevauche les vents. René Guénon sert de point d’appui à une critique de la science profane lorsqu’elle s’enferme dans le détail des phénomènes et oublie la question des principes.

Robert Régor Mougeot ne nie pas les avancées de la science, mais conteste qu’elles suffisent à épuiser la réalité. La science étudie ce qui apparaît dans la glace, la métaphysique demande d’où vient la lumière qui rend l’apparition possible. La distinction peut être discutée, mais elle possède sa cohérence.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Rûmi

La phrase attribuée à Platon selon laquelle chercher et apprendre ne seraient qu’une manière de se ressouvenir rejoint alors une conception familière au lecteur maçon. Le rite ne remplit pas un esprit vide. Il ordonne des signes, provoque une expérience, puis laisse chacun découvrir ce qui, en lui, peut répondre au symbole. La transmission véritable ne donne peut-être rien que nous ne portions déjà, mais elle nous apprend à voir ce qui demeurait sans nom.

La Lumière avant les ténèbres dérange nos habitudes symboliques

Sans lumière, aucun reflet n’existe. L’auteur cherche cependant une Lumière du Principe, antérieure à la séparation de la lumière et des ténèbres. Les enseignements toltèques rapportés par Carlos Castaneda lui permettent d’évoquer une immense noirceur traversée d’un éclair et d’interroger le paradoxe d’une Lumière noire, associée à la Vierge noire, à Isis ou au Serpent primordial.

Pour une sensibilité maçonnique, le déplacement est fécond. L’initiation met traditionnellement en scène un passage des ténèbres à la Lumière. Et si la Lumière du Principe ne s’opposait pas encore aux ténèbres. Et si nos dualités n’étaient que les formes secondes d’une unité antérieure. Recevoir la Lumière signifierait alors moins quitter l’obscurité que remonter vers ce qui rend possible lumière et ténèbres.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Carlos Castaneda

L’appui sur Castaneda demeure délicat, son autorité ethnographique ayant été largement contestée. Cette fragilité n’annule pas la question posée, mais invite à distinguer la puissance symbolique d’un récit de sa valeur documentaire.

Du miroir du Principe au miroir brisé, puis du polissage à l’Être

L’architecture du livre possède une cohérence remarquable. Le miroir du Principe devient reflet du Principe, puis illusion d’optique. Viennent l’aveugle-né, le miroir du divin troublé par celui de l’ego, le Grand Séducteur, le Double, Narcisse, le vieillissement, la mort, les fantasmes, le labyrinthe des glaces et le miroir brisé. Tout se passe comme si la manifestation descendait progressivement dans la multiplicité et la confusion.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Le mouvement s’inverse ensuite avec le polissage du miroir, les miroirs ardents, la Connaissance solaire, le miroir sans tain et l’Être-Miroir. La structure rappelle les grands schémas de chute et de réintégration qui traversent plusieurs traditions initiatiques. Le lecteur y reconnaît le rythme d’une sortie de l’unité, d’une épreuve de la multiplicité, puis d’un retour vers un centre devenu conscient.

La progression en dix temps renforce cette dimension opérative. Il faut connaître les miroirs, les rechercher, les utiliser, les fabriquer, les rencontrer, comprendre leur tain, les incarner, puis atteindre l’état d’Être-Miroir. Le symbole cesse d’être un objet contemplé. Il devient une discipline de transformation.

Le Cabinet de réflexion n’est jamais très loin

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

La proximité maçonnique se concentre dans un mot. Robert Régor Mougeot écrit « réflection » là où la langue courante écrit « réflexion », comme s’il voulait réunir la lumière renvoyée et la pensée qui revient sur elle-même. Le Cabinet de réflexion se trouve aussitôt en arrière-plan. Avant l’entrée dans le Temple, le postulant se confronte à sa finitude, au temps, à la mort, à l’écriture et à sa propre image intérieure. Le miroir de Robert Régor Mougeot appartient à cette même famille d’expériences. Il retire progressivement à celui qui regarde l’assurance de savoir qui regarde qui.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Robert Régor Mougeot

Le polissage du miroir appelle le rapprochement avec la pierre brute. La pierre est taillée afin de trouver sa place dans l’édifice, tandis que le miroir est poli jusqu’à tendre vers la transparence. Dans le premier cas, la forme se précise. Dans le second, elle risque de s’effacer. Le miroir ajoute ainsi au travail sur soi une exigence particulière, celle de ne pas confondre perfectionnement du moi et dépassement du moi.

Si nous sommes miroirs les uns pour les autres, la présence d’autrui devient également une épreuve de vérité. Le Frère ne confirme pas seulement ce que nous croyons être. Il renvoie un angle que nous ne pouvons voir seuls. La Chaîne d’union prend alors une autre profondeur, puisque chacun y tient la main d’un autre qui lui renvoie une part de lui-même.

Un symbole à lire avec liberté et discernement

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Sabine Melchior-Bonnet a donné avec Histoire du miroir une étude de référence sur l’objet et ses imaginaires. Jean Dumonteil, dans La Symbolique du miroir – Lumière, symbole et sagesse dans la voie maçonnique, concentre son regard sur la voie maçonnique. Sylvain Fuchs, dans ses essais consacrés à la mimésis, à l’intersubjectivité et à la relation sociale, éclaire autrement la fonction spéculaire par laquelle le sujet se constitue aussi dans le regard d’autrui.

L’auteur emprunte une autre route. Il fait du miroir un carrefour des traditions et un instrument de métaphysique vécue. C’est aussi ce qui fait sa limite. À force d’embrasser des sources nombreuses, l’ouvrage les rapproche parfois sans toujours mesurer les écarts de contexte ou de méthode. Platon, Rûmî, l’Évangile, Guénon, Castaneda et la Langue des Oiseaux ne parlent pas depuis le même lieu. Leur voisinage peut éclairer, mais il peut aussi produire une concordance trop rapide.

Il faut donc accepter la liberté du livre tout en gardant l’équerre du discernement. Un symbole qui ne ferait que confirmer nos croyances ne serait plus un miroir. Il ne serait qu’une image complaisante de nous-mêmes.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Lorsque l’image devient aléatoire, que reste-t-il à regarder

Après avoir connu, fabriqué, rencontré, utilisé et poli les miroirs, le chercheur atteint un point où l’image elle-même devient aléatoire. L’aboutissement n’est donc pas une figure parfaite de soi. Ce n’est pas Narcisse enfin satisfait de son reflet. Le miroir accomplit peut-être sa fonction lorsqu’il cesse de garantir l’identité de celui qui s’y regarde.

Le travail sur soi commence souvent par la connaissance de soi, mais il ne peut s’achever dans l’adoration de soi. Le miroir du divin devient miroir de l’ego dès que le chercheur prend son propre reflet pour la source de la Lumière. Toute la difficulté consiste alors à polir sans idolâtrer, à connaître sans posséder, à recevoir une image sans la confondre avec l’Être.

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance

Le Miroir – Symbole des symboles laisse finalement le lecteur devant une question plus exigeante qu’une définition. Il nous donne un visage et nous rappelle que ce visage passe. Il nous donne le monde et nous rappelle que l’image n’est pas le monde. Il nous donne autrui comme reflet et nous interdit de réduire autrui à nous-mêmes. Lorsque le miroir est enfin assez poli pour ne plus flatter celui qui le regarde, commence peut-être la véritable connaissance. Reste à savoir si, dans cette glace devenue presque transparente, nous cherchons encore notre visage, ou si nous sommes enfin prêts à laisser passer la Lumière.

Le Miroir – Symbole des symboles
Robert Régor Mougeot – Éditions du Cosmogone, 2026, 3e édition revue et corrigée, 1re édition en 2011, 214 pages, 25,79 €

L’éditeur, le SITE

« Le Miroir, symbole des symboles » de Robert Régor Mougeot – Quand le reflet devient voie de connaissance
Editions-du-Cosmogone

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Les Black Blocks de la Loge : alerte au maçon masqué

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Depuis quelques semaines, l’actualité pointe ses projecteurs vers les Black Blocks, ces groupes masqués qui font trembler la France. Fort heureusement, ils ne s’intéressent pas au pillage de nos Loges. Ils ne collectionnent ni les maillets, ni les sautoirs, ni les fils à plomb. Pour eux, un compas reste un outil de bricolage et le pavé mosaïque, un problème de voirie. La rédaction de 450.fm a donc envoyé son plus fin limier vérifier si une variante locale ne s’était pas infiltrée dans les Loges. Grande fut sa surprise : oui, ils existent.

Ils ne viennent pas de la rue

Les Black Blocks maçonniques ne débarquent pas cagoulés, munis de cocktails Molotov et de revendications mal orthographiées. Ce serait beaucoup trop visible. Les leurs sont plus sournois : ils se déguisent à l’intérieur. Ils portent le tablier, connaissent les mots de passe, savent où se pose l’équerre et prononcent « Ainsi soit-il » avec la gravité d’un homme qui vient de sauver l’humanité.

Certains ont même passé quinze ans sur les colonnes, à côté de vous, sans jamais laisser paraître le moindre symptôme.

Puis un jour, le pouvoir arrive. Et là, transformation. Comme un Gremlin arrosé après minuit, l’agent dormant se réveille. Sauf que pour lui, l’eau n’est pas de l’eau : c’est le maillet, la Grande Maîtrise, la présidence d’une commission ou un siège au Conseil de l’Ordre. Pour les plus ambitieux, c’est même l’accès au parking réservé du siège de l’obédience, ce qui constitue, dans certains milieux, une preuve indiscutable d’élection divine.

Le Frère qui découvre sa mission

Les Black Blocks de la Loge : alerte au maçon masqué

Le premier signe ne trompe jamais. Le Frère (ou la Soeur) tranquille, discret, toujours prêt à ranger les chaises et à aider au buffet, devient soudain porteur d’une mission historique. Il ne parle plus de fraternité, mais de « refondation », de « ligne droite », de « trahison des élites » et de « réveil des ateliers ». Il découvre que la Loge est malade, que l’obédience est infiltrée et que lui seul, enfin, comprend. C’est toujours le même scénario : le Frère (ou la soeur) qui n’a jamais eu d’ennemi découvre qu’il est entouré d’ennemis, et celui qui n’a jamais dirigé quoi que ce soit possède soudain un plan pour sauver la franc-maçonnerie universelle.

Ils ne cassent rien, ils récupèrent tout

Leur méthode est simple : ils ne cassent rien, ils récupèrent tout. Ils récupèrent les listes, les réseaux, les rancunes, les frustrations et les vieilles blessures. Ils récupèrent les Frères déçus, les Sœurs écartées, les anciens Vénérables qui se croient injustement oubliés et les Apprentis qui trouvent que la Loge « ne va pas assez vite ». Ils ne pillent pas les coffres ; ils pillent les cerveaux. Ils vous expliquent que le Vénérable est un tyran, que le Secrétaire cache des documents, que l’Orateur prépare un coup d’État et que vous, pauvre Frère honnête, êtes la dernière digue avant la catastrophe. Puis ils vous demandent de signer une motion. C’est là que vous comprenez que la révolution a commencé.

La sauterelle maçonnique

Le Black Block de Loge fonctionne comme une sauterelle dans un champ de blé. Il arrive en disant qu’il vient nourrir la fraternité, et il repart en ayant tout dévoré. Quand il a fini, la Loge est morte, les membres sont éparpillés et les groupes de discussion se transforment en tribunaux secrets. Les anciens amis ne se parlent plus. Les Frères se croisent au supermarché et regardent leurs chaussures avec une intensité métaphysique. Et le pire, c’est que vous ne pouvez même pas appeler l’assurance : techniquement, rien n’a été cassé. Pas de vitrine brisée, pas de feu, pas de dégât des eaux. Juste une Loge vidée de sa confiance et une Soeur qui explique, le sourire aux lèvres, qu’elle « n’a fait que révéler la vérité ».

Le maillet, arme de conquête

Les Black Blocks de la Loge : alerte au maçon masqué

Chez le Black Block maçonnique, le maillet n’est pas un symbole : c’est une arme de conquête. Il ne sert pas à ouvrir les travaux, mais à ouvrir les hostilités. Dès qu’il passe dans une autre main, on ne parle plus de travail, de lumière ou de fraternité. On parle de purge, de loyauté, de ligne politique et de « ceux qui ont trahi ». Le nouveau maître des lieux découvre alors que la Loge n’est ni une entreprise, ni une armée, ni une secte, ni même un club politique. C’est un endroit où les gens viennent chercher autre chose que le pouvoir. C’est précisément là que le Black Block échoue : on peut prendre un maillet, mais on ne peut pas prendre le cœur d’une Loge.

Comment les reconnaître ?

Comment les reconnaître, alors ? Le Frère ou la soeur qui parle sans arrêt d’unité tout en divisant tout le monde. Celui ou celle qui dénonce les complots tout en préparant le sien. Celui ou celle qui veut « sauver la Loge » alors que personne ne savait qu’elle était en danger. Celle ou celui qui considère tout désaccord comme une trahison, qui a toujours un ennemi désigné mais jamais de projet concret, et qui parle de transparence tout en réunissant ses amis dans un groupe privé. Si vous croisez ce profil, méfiance. Ce n’est pas forcément un Black Block ; c’est peut-être simplement un Frère ou une Soeur qui a trop regardé de documentaires politiques. Mais s’il commence à parler de « reconquête », fuyez.

Le remède : rire et travailler

La meilleure défense n’est ni la surveillance, ni la délation, ni la création d’une commission d’enquête. C’est le rire. Rire lorsque quelqu’un annonce qu’il va « refonder » une Loge qui fonctionne déjà. Rire lorsque la grande révolution maçonnique consiste à changer l’ordre des interventions. Rire lorsque le sauveur de l’obédience n’a jamais réussi à tenir un calendrier de tenues. Puis travailler : faire des planches, accueillir les nouveaux, organiser des agapes et faire en sorte que la Loge reste un lieu où l’on vient chercher de la lumière, et non un poste de commandement. Car un Black Block FM déteste l’ennui fraternel. Il ne supporte pas les Loges où l’on discute calmement, où l’on rit et où personne ne cherche à prendre le pouvoir.

La morale de l’histoire

Les vrais destructeurs ne viennent pas toujours de la rue, le visage masqué et le bras armé. Parfois, ils viennent de l’intérieur, le visage découvert, le tablier bien noué et le sourire fraternel parfaitement réglé. Ils ne brûlent pas les temples : ils les vident. Ils ne volent pas les décors : ils volent la confiance. Ils ne détruisent pas les Loges avec des pavés, mais avec des motions, des rumeurs et des ambitions mal placées. Alors, chers Frères, chères Sœurs, si un jour quelqu’un vous dit qu’il vient sauver votre Loge, posez-lui une seule question :

« Et qu’est-ce que tu comptes construire ? » S’il ou elle répond « la vérité », « la pureté » ou « la reconquête », méfiez-vous. S’il ou elle répond « une meilleure agape » ou « une Loge où l’on a envie de revenir », alors là, peut-être, vous avez affaire à un vrai maçon.

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Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Au cœur des forêts de l’Afrique centrale, le peuple Nyanga a transmis de génération en génération l’histoire extraordinaire d’un enfant né contre la volonté de son père, poursuivi par la mort et destiné à devenir un chef puissant. Son nom est Mwindo. Entre mondes souterrains, puissances célestes, créatures surnaturelles et épreuves redoutables, cette grande épopée orale de l’actuelle République démocratique du Congo raconte bien davantage que les exploits d’un héros merveilleux.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Elle interroge la vengeance, la légitimité du pouvoir, la responsabilité et cette conquête intérieure qui permet à l’homme de dépasser sa propre violence.

Dans la forêt où les récits sont vivants

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Avant que les livres ne fixent les récits sur le papier, les peuples ont confié leurs mémoires aux voix des anciens, aux gestes des conteurs et aux chants qui accompagnent les grandes circonstances de la vie collective. Dans de nombreuses sociétés africaines, la littérature orale ne constitue pas une survivance imparfaite de l’écriture, mais un art à part entière, dont les formes associent récit, poésie, musique, mouvement et participation de ceux qui écoutent.

L’épopée de Mwindo appartient à ce patrimoine vivant.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner
Daniel Biebuyck

Transmise chez les Nyanga, dans l’est de l’actuelle République démocratique du Congo, elle a notamment été recueillie, étudiée et publiée en 1969 par Daniel Biebuyck et Kahombo C. Mateene, permettant à un lectorat international de découvrir une composition d’une richesse narrative exceptionnelle.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Le récit fait intervenir des personnages humains, des êtres surnaturels, des divinités et des forces naturelles dont les relations témoignent d’une conception du monde très éloignée des catégories habituelles de la pensée occidentale. Il serait donc erroné de considérer cette histoire comme une simple variation africaine des contes européens. Elle possède ses propres structures, ses valeurs et ses horizons culturels.

Pourtant, comme les grandes épopées qui traversent les siècles, elle aborde des questions auxquelles aucune civilisation ne demeure étrangère : comment se construire lorsqu’on a été rejeté, comment exercer la puissance sans devenir injuste et comment rompre l’enchaînement de la violence ?

L’enfant que son père voulait faire disparaître

L’histoire commence dans le village de Tubondo, gouverné par un chef nommé Shemwindo.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner
Drapeau de la RDC
Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner
Armoiries de la RDC

Ce dernier possède plusieurs épouses et décide qu’aucune ne doit lui donner de fils. Il souhaite que naissent uniquement des filles, dont les mariages pourront accroître ses richesses, et ordonne que tout garçon soit mis à mort.

Cette décision initiale installe le récit dans un univers où le pouvoir se confond avec la possession et où le désir personnel du chef prétend gouverner jusqu’à la naissance des enfants.

Mais les forces de la vie ne se soumettent pas toujours aux volontés des puissants.

L’une de ses épouses, Nyamwindo, met au monde un garçon à la suite d’une grossesse et d’une naissance prodigieuses. L’enfant reçoit le nom de Mwindo et manifeste dès ses premiers instants des capacités extraordinaires.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Le père refuse pourtant de reconnaître en lui un fils. Shemwindo tente à plusieurs reprises de provoquer sa mort, mais les armes et les stratagèmes employés contre le nouveau-né demeurent impuissants. Finalement, le chef enferme l’enfant dans un tambour et le fait jeter dans une rivière, imaginant que les eaux accompliront ce que ses propres efforts n’ont pas réussi à obtenir.

Cette scène possède une puissance narrative remarquable.

Le tambour, instrument associé dans de nombreuses cultures à la communication, à la célébration et au rassemblement, devient ici une prison flottante. Mais l’objet destiné à ensevelir l’enfant au milieu des eaux participe paradoxalement à sa survie. La condamnation se transforme en voyage.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

L’enfant rejeté par son père entre alors dans une succession d’épreuves qui le conduiront bien au-delà du monde ordinaire.

Le chemin des profondeurs

Mwindo trouve refuge auprès de sa tante Iyangura, qui joue un rôle important dans son parcours. Autour de lui se déploie bientôt un univers où les solidarités familiales, les alliances et les puissances surnaturelles interviennent dans une série d’affrontements et d’épreuves.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Le héros possède notamment un sceptre magique, généralement décrit comme un chasse-mouches doté de pouvoirs extraordinaires. Cet objet accompagne ses actions, lui permettant de triompher d’adversaires redoutables et parfois de rendre la vie à ceux qui l’ont perdue. L’opposition entre Mwindo et son père conduit finalement le récit vers les régions souterraines, lorsque Shemwindo cherche à se soustraire à celui qu’il avait voulu supprimer.

Le jeune héros descend alors dans le monde d’en bas.

Dans cette géographie mythique, les profondeurs ne constituent pas seulement un espace hostile. Elles abritent des êtres avec lesquels il faut négocier, des puissances dont il faut respecter les règles et des épreuves qui obligent le visiteur à dépasser ses habitudes.

Mwindo y rencontre notamment Muisa, associé au domaine des morts, ainsi que Kahindo, dont l’intervention contribue à son cheminement. Le héros doit accomplir des tâches extraordinaires et se confronter à une réalité où sa seule force ne suffit plus à lui garantir la victoire. Cette descente possède une résonance universelle sans qu’il soit nécessaire de nier ses particularités nyanga. De nombreux grands récits du monde ont imaginé qu’un personnage devait traverser les régions souterraines pour y découvrir quelque chose d’essentiel. Orphée, Gilgamesh, Énée ou Dante ont chacun donné à cette expérience des significations différentes. Chez Mwindo, la descente s’inscrit dans une épopée où le monde des vivants demeure étroitement lié aux puissances invisibles. L’itinéraire du héros ne saurait se réduire à une succession d’obstacles matériels : il met progressivement à l’épreuve sa manière de comprendre l’autorité, la vie et la mort.

Du monde souterrain au domaine céleste

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Le voyage de Mwindo ne s’arrête pas dans les profondeurs. Lorsque son père échappe encore à sa poursuite, le héros doit atteindre les régions célestes, où de nouvelles rencontres lui imposent d’autres règles.

L’épopée associe ainsi la descente et l’ascension, les ténèbres et la lumière, les puissances souterraines et celles du ciel. Cette géographie possède une cohérence propre à la cosmologie représentée dans le récit. Cependant, le lecteur contemporain peut également y reconnaître une image puissante de la condition humaine, comme si la connaissance exigeait d’affronter simultanément ce qui nous entraîne vers les profondeurs et ce qui nous attire vers les hauteurs.

L’homme ne devient pas sage par le seul mouvement de l’élévation.

Il doit aussi reconnaître ses fragilités, ses contradictions et les régions obscures de sa propre volonté. Mwindo, malgré ses pouvoirs extraordinaires, demeure exposé à cette nécessité. Sa force peut vaincre des adversaires, mais elle ne lui donne pas automatiquement raison. Voilà peut-être l’une des intuitions les plus précieuses de cette tradition narrative : l’accès à une puissance exceptionnelle ne dispense jamais d’apprendre à la gouverner.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

La victoire qui n’est pas une vengeance

Lorsque Mwindo retrouve finalement son père, l’épopée ne se réduit pas à l’exécution d’une vengeance annoncée depuis sa naissance. Le héros peut imposer sa supériorité et reprendre la place que la violence paternelle voulait lui interdire, mais la résolution du conflit ouvre également une question plus profonde : que signifie devenir chef lorsqu’on a personnellement subi l’injustice du pouvoir ?

Shemwindo demeure responsable de ses actes. Le pardon, la réconciliation ou la décision de ne pas reproduire la violence ne doivent donc pas être confondus avec l’effacement des fautes. La grandeur du héros réside dans la possibilité d’inaugurer un ordre différent de celui qu’il a combattu. Cette dimension constitue une leçon politique autant que morale. Il ne suffit pas de renverser un tyran pour faire disparaître les mécanismes de la tyrannie. Celui qui succède à un pouvoir injuste doit apprendre à ne pas reconduire, sous d’autres apparences, les violences qu’il condamnait. e récit de Mwindo nous invite ainsi à distinguer la victoire sur un adversaire de la victoire sur les passions qui risquent de nous rendre semblables à lui. Cette distinction rejoint l’une des interrogations les plus anciennes de la philosophie morale : la véritable maîtrise consiste-t-elle à soumettre les autres ou à devenir capable de se gouverner soi-même ?

Quand les puissances célestes enseignent l’humilité

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

L’épopée ne s’achève pas avec la seule reconquête du pouvoir paternel. Un épisode ultérieur, lié notamment à la rencontre avec le dragon Kirimu et aux conséquences de sa mort, conduit Mwindo à recevoir un enseignement des puissances célestes. Celui qui semblait pouvoir triompher de tous ses adversaires découvre alors que ses actes possèdent des conséquences dont il ne peut s’exonérer sous prétexte de puissance ou d’héroïsme.

La protection de la vie et la retenue deviennent des exigences essentielles. Cette dimension empêche de réduire Mwindo à un modèle simpliste de héros victorieux. Sa formation se poursuit au-delà de ses exploits, et sa force doit être soumise à des obligations morales dont la portée dépasse ses intérêts personnels. La sagesse ne lui est donc pas donnée avec ses pouvoirs extraordinaires. Elle doit être acquise.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

C’est peut-être là que réside la plus grande modernité de ce récit : il refuse d’identifier la grandeur d’un chef à son invincibilité, et rappelle que l’autorité ne trouve sa légitimité que lorsqu’elle accepte de répondre de ses actes.

Le regard initiatique : vaincre sans humilier

L’épopée de Mwindo n’est pas un récit maçonnique, pas davantage qu’elle ne constituerait la transcription imagée de rites occidentaux. Une telle assimilation serait historiquement infondée et culturellement réductrice. Mais une lecture comparée des traditions peut faire apparaître des interrogations communes, à condition de respecter les différences entre leurs systèmes symboliques. Dans la démarche maçonnique, la progression initiatique invite à travailler sur soi, à développer le discernement et à reconnaître que l’homme ne saurait prétendre détenir définitivement la vérité. Le pouvoir, la connaissance et la responsabilité ne peuvent être séparés sans compromettre l’édifice moral que chacun tente de construire.

Mwindo, dans son univers culturel propre, pose une question voisine. Comment celui qui a connu l’injustice peut-il résister à la tentation de la reproduire ? Comment celui qui possède une force exceptionnelle peut-il apprendre à la mettre au service de la communauté ? Et comment l’autorité peut-elle devenir légitime si elle refuse de reconnaître les limites de sa puissance ?

Ces interrogations rejoignent directement la réflexion sur la fraternité.

Car la fraternité authentique ne consiste pas seulement à éprouver de la bienveillance envers ceux qui nous ressemblent ou nous approuvent. Elle demande parfois d’accepter la présence de celui avec lequel nous avons été en conflit, sans renoncer pour autant à la justice ni à la responsabilité. Le pardon ne saurait être imposé à une victime comme une obligation morale universelle. Il peut cependant, lorsqu’il est librement choisi, ouvrir un chemin que la vengeance maintenait fermé. Cette liberté constitue sa véritable valeur.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

La sagesse venue des profondeurs

À travers Mwindo, nous découvrons une conception exigeante de l’héroïsme. Le héros n’est pas uniquement celui qui possède un pouvoir extraordinaire, traverse les mondes invisibles ou triomphe des créatures redoutables. Il est celui dont les aventures rendent possible une transformation de sa manière d’habiter le monde.

La forêt, la rivière, les profondeurs souterraines et les régions célestes composent un immense théâtre où se révèle progressivement la responsabilité humaine.

Cette épopée nous rappelle également que les grandes traditions littéraires africaines possèdent une richesse philosophique et poétique qui mérite d’être découverte pour elle-même, sans être systématiquement ramenée à des modèles européens. Le voyage de Mwindo nous conduit ainsi bien au-delà de son village natal. Il nous invite à reconnaître que les peuples ont imaginé, sous des formes infiniment diverses, une même difficulté fondamentale : devenir pleinement humain malgré la violence, les passions et les contradictions qui traversent notre existence. L’enfant rejeté devient un chef. Mais cette transformation ne prend véritablement tout son sens que lorsque la puissance cesse d’être une fin en elle-même.

Car l’homme qui a parcouru les mondes souterrains et rencontré les puissances du ciel n’a pas encore achevé son voyage tant qu’il n’a pas appris à faire de sa force une responsabilité et de sa victoire une promesse de justice.

Source : Daniel Biebuyck et Kahombo C. Mateene, The Mwindo Epic from the Banyanga, University of California Press, 1969.

Légendes de France ou d’ailleurs – Mwindo, l’enfant qui descendit au royaume des ombres pour apprendre à pardonner

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Dimanche 25 octobre 2026

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères,

De la France aux horizons du monde, 450.fm propose un regard sur l’actualité maçonnique, la culture, l’histoire et les débats qui traversent nos sociétés. Entre vie des obédiences, recherches, symboles et questions contemporaines, cette édition rassemble les informations destinées à nourrir notre réflexion et à exercer le discernement auquel invite la démarche initiatique.

Période couverte : du vendredi 16 octobre 2026 à 18 h au vendredi 23 octobre 2026 à 18 h, heure de Paris.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

France

Cormontreuil : le temple de la Grande Loge de France incendié près de Reims

Nuit du 18 au 19 octobre 2026 – Grande Loge de France ; L’Union ; 450.fm

Temple de la Grande Loge de France à Cormontreuil après l’incendie
Photo Fabrice Curlier – Journal l’Union

Dans la nuit du dimanche 18 au lundi 19 octobre, vers 22 h, un bâtiment de la Grande Loge de France, dans une zone d’activités de Cormontreuil près de Reims, a été gravement touché par un incendie. Selon Le Parisien et Police & Réalités, le portail aurait été enfoncé par une voiture-bélier, puis de l’essence répandue dans l’entrée. Environ 150 des quelque 260 m² sont ravagés et une partie de la toiture s’est effondrée. Le temple aurait échappé aux flammes, mais pas à la fumée ni à l’eau. Rien n’a été volé. Treize ateliers, soit environ 350 frères et sœurs, utilisent le site.

La GLDF a déposé plainte et le parquet de Reims est saisi. Dans un courrier aux membres daté du 20 octobre, le Grand Maître Jean-Raphaël Notton annonce des locaux inutilisables « plusieurs mois au moins ». Aucune conclusion d’enquête n’est publiée. Selon Le Parisien, certains évoquent la conférence du Grand Maître à l’hôtel de ville de Reims le 22 septembre, où l’adresse du site avait été rendue publique, hypothèse non confirmée à ce jour. La presse ne relève aucun lien avec les violences du 17 octobre à Reims. Sources : L’Union, 19 octobre ; 450.fm, 20 octobre ; Le Parisien, 20 octobre ; Police & Réalités, 20 octobre ; ici (ex-France Bleu). L’Union et Le Parisien : accès possiblement réservé aux abonnés.

Le Droit Humain lance un « Appel à l’écoute et à l’apaisement »

Communiqué daté du 17 octobre 2026, publié le 19 octobre – Fédération française du Droit Humain

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Dans un communiqué daté du 17 octobre, jour de manifestations contre la vie chère devenues violentes, la Fédération française du Droit Humain pose ce constat, « Notre République souffre en ce moment. » Sans détailler les faits, le texte évoque une confrontation entre une partie de la jeunesse et les forces de sécurité et appelle à l’écoute, au respect mutuel et à l’apaisement. Il refuse la spirale de la violence et de la force et affirme que « ce dialogue avec la jeunesse est une priorité ». Retournant l’adage latin sur la préparation de la guerre, il lui oppose « Si tu veux la paix, préserve la paix. » Signé de la Fédération, sans nom de dirigeant, le texte présente cette exigence comme un devoir envers les enfants comme envers le pays.

Selon DH Net (18 octobre), le ministère de l’Intérieur a fait état de 2 397 interpellations et de 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept grièvement. Ces éléments de contexte viennent de la presse, non du communiqué. Sources : Communiqué du Droit Humain ; version PDF ; DH Net, 18 octobre (contexte)

Unité laïque alerte sur des attaques visant les édifices et les symboles de la République

Communiqué du 18 octobre 2026 – Unité laïque

Logo d’Unité laïque

Dans un communiqué du 18 octobre, Unité laïque évoque l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges et le buste de Marianne brisé à la mairie de Marseille, et y voit une attaque contre la République elle-même. L’association estime que des revendications sociales ont été « confisquées » par des groupes violents, reproche à une partie de la gauche radicale une complaisance envers l’islamisme et recourt à des comparaisons historiques très vives. Elle appelle les républicains à défendre sans faiblesse la loi commune, l’École publique et les institutions.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Il s’agit de la prise de position d’une association, sans signataire nommé dans le texte, dont les qualifications politiques n’engagent que l’association. Son registre diffère de celui de l’appel du Droit Humain, publié le même week-end. Source : Communiqué d’Unité laïque, 18 octobre

Violences du 17 octobre : la franc-maçonnerie désignée par un site complotiste

Lettre de Conspiracy Watch du 18 octobre 2026

Conspiracy Watch, observatoire du conspirationnisme

Dans sa lettre du dimanche 18 octobre, Conspiracy Watch relève que, dès le 3 octobre, le site Qactus assurait que les blocages lycéens étaient « planifiés, financés, dirigés » par le pouvoir, citant George Soros et la franc-maçonnerie comme étant à la manœuvre. Le 17 octobre, après les affrontements, le site en attribuait la responsabilité aux « Black blocs » de Soros. Conspiracy Watch note que la complosphère a depuis changé de récit au gré des violences.

Ces assertions ne reposent sur aucun élément vérifié. Elles sont rapportées comme un fait de presse, qui illustre la place faite à la franc-maçonnerie dans les récits conspirationnistes en période de crise. Sources : lettre d’information de Conspiracy Watch du 18 octobre (courriel) ; site de Conspiracy Watch

GL-AMF : Jean Dumonteil élu Grand Maître dès le premier tour

18 octobre 2026 – Grande Loge Alliance Maçonnique Française ; 450.fm ; jlturbet.net

Élection du Grand Maître de la GL-AMF, octobre 2026

Réunie en Congrès à Tours le dimanche 18 octobre, la GL-AMF a élu Jean Dumonteil Grand Maître dès le premier tour, avec 393 voix sur 766 votants, soit 51,31 %. Une dizaine de voix de moins aurait imposé un second tour. Journaliste et ancien Vénérable Maître de la Loge nationale de recherche, il succède à Pierre Lucet. Le scrutin s’est déroulé dans un climat de fortes tensions internes, avec notamment une menace de sécession de la Maison écossaise et la sanction prononcée par la Chambre de justice contre la direction du REAA, rapportée dans notre précédente édition.

L’Alliance,-le-siège-Clichy-(92)—Photo-©-Yonnel-Ghernaouti,-YG

Transparence. Jean Dumonteil est l’un des fondateurs de 450.fm et anime avec Annick Drogou la rubrique « Mot Dico ». Pierre Lucet a, pendant le Congrès, mis en cause 450.fm, qui se trouve ainsi partie prenante du différend. Cette information est donc à lire avec le recul nécessaire. Sources : 450.fm, 18 octobre ; jlturbet.net, octobre 2026

Grande Loge traditionnelle de France : 3 400 documents revendiqués par un pirate

17 octobre 2026 – FrenchBreaches ; Cyberattaque.orgUn pirate affirme avoir diffusé environ 3 400 documents provenant de la Grande Loge traditionnelle de France (GLTF), selon deux sites spécialisés dans les fuites de données (FrenchBreaches, le 17 octobre, et Cyberattaque.org). Il s’agit d’une revendication. Ni la nature exacte des fichiers, ni leur authenticité, ni leur mode d’obtention (intrusion, mauvaise configuration, documents déjà publics) ne sont établis, et nous n’avons relevé aucune réaction de l’obédience.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

L’épisode s’inscrit dans une vague de revendications qui aurait visé une vingtaine d’organisations françaises le 17 octobre. Journal du Coin souligne qu’aucune n’était confirmée et qu’un pseudonyme récurrent ne vaut pas preuve. Pour mémoire, la diffusion de documents attribués au Grand Orient de France, objet d’une plainte, avait été évoquée dans notre précédente édition. Par prudence, aucun nom ni donnée personnelle n’est reproduit. Sources : FrenchBreaches ; Cyberattaque.org ; Journal du Coin, 18 octobre ; communiqué du GODF, 15 octobre ; analyse de 450.fm, 17 octobre

Grande Loge féminine de France : une base de 987 enregistrements revendiquée

17 et 18 octobre 2026 – Cyberattaque.org ; FrenchBreaches

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le 17 octobre, un pirate a revendiqué la diffusion de deux fichiers totalisant 987 enregistrements (964 utilisateurs et 23 administrateurs). Les analyses relayées par l’Observatoire de l’antimaçonnisme ramènent le volume à 983 lignes, soit au plus 900 personnes distinctes, et indiquent qu’il s’agirait surtout d’abonnés à des listes de diffusion plutôt que d’un registre des membres. FrenchBreaches n’a vu que des échantillons, tandis que Cyberattaque.org et un autre site spécialisé disent détenir les fichiers.

La GLFF n’avait pas confirmé l’incident au soir du 17 octobre. Son ancien extranet est fermé et un nouvel espace en ligne, « EPONA », a été constaté le 18. Il s’agit d’une revendication, non d’un fait établi, et aucun nom ni donnée personnelle n’est reproduit. À l’heure de la clôture de cette revue, nous n’avons pas trouvé de communiqué de l’obédience. Sources : Cyberattaque.org ; FrenchBreaches ; Journal du Coin, 18 octobre

GLNF : le Grand Maître répond à une enquête sur la sécurité de l’obédience

23 octobre 2026 – 450.fm (information de l’éditeur de cette revue de presse) ; Intelligence Online (21 octobre, accès réservé aux abonnés)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le 23 octobre, 450.fm publie la réponse du Grand Maître de la Grande Loge nationale française (GLNF), Yves Pennes, à une enquête d’Intelligence Online parue le 21 octobre. Ce média évoque une « petite investigation » interne confiée à une société de renseignement en sources ouvertes, et affirme que la fuite de données de juillet 2024 aurait exposé l’identité de frères. Yves Pennes assure n’avoir jamais demandé d’enquête sur des frères. Il confirme une attaque par LockBit fin juillet 2024, suivie d’une plainte et d’une déclaration à la CNIL, et décrit une fuite restreinte à quelques fichiers et à quelques frères.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Transparence. L’enquête d’origine est réservée aux abonnés, et 450.fm n’a trouvé aucune source publique indépendante pour établir la fonction qu’elle attribue à la personne à l’origine de l’investigation. Plusieurs faits donc restent à éclaircir. Sources : 450.fm, 23 octobre ; Intelligence Online, 21 octobre (abonnés)

Samuel Paty et Dominique Bernard : les hommages du Grand Orient de France, à Paris et à Conflans-Sainte-Honorine

16 et 17 octobre 2026 – Grand Orient de France ; 450.fm

Hommages à Samuel Paty et à Dominique Bernard, octobre 2026

Après l’hommage du Droit Humain évoqué dans notre précédente édition, le Grand Orient de France et le Collectif laïque national ont rendu hommage, le vendredi 16 octobre à midi, square Samuel-Paty à Paris, à Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, et à Dominique Bernard, assassiné le 13 octobre 2023. Le Grand Maître Guillaume Trichard, une conseillère fédérale de la GLFF représentant sa présidente Liliane Mirville et le Grand Maître national du Droit Humain, Maurice Leduc, figuraient parmi les présents. Le lendemain à 11 h, une seconde cérémonie s’est tenue devant le collège Samuel-Paty de Conflans-Sainte-Honorine, avec le Grand Maître.

Le discours de Guillaume Trichard, publié dans la lettre d’information du GODF du 17 octobre, s’ouvre sur l’évocation d’un enseignant qui « faisait son métier ». Ce compte rendu reprend celui de 450.fm, dont la rédaction a couvert les cérémonies. Sources : 450.fm, 19 octobre ; lettre d’information du GODF du 17 octobre (courriel)

Égalité & Réconciliation : la lettre de Beauvau publiée, pas de décret à ce jour

Document publié le 17 octobre 2026, lettre du 18 octobre – Conspiracy Watch ; procédure notifiée le 9 octobre

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Conspiracy Watch a reproduit dans son intégralité le courrier de dix pages, daté du 9 octobre, par lequel le ministère de l’Intérieur informe Alain Soral qu’il envisage de dissoudre Égalité & Réconciliation (créée en 2007) et une seconde association, ERFM (2016). Son éditorial, repris dans sa lettre du 18 octobre, note que l’analyse du ministère ne porte que sur des contenus remontant au plus à 2023, alors que la jurisprudence du Conseil d’État exige des faits suffisamment récents.

À l’heure de la clôture, nous n’avons trouvé aucun décret de dissolution. La procédure contradictoire ne doit pas être présentée comme une décision prise, et les griefs du ministère (propos antisémites, haineux, apologie du nazisme) sont rapportés comme tels, non comme des faits judiciairement établis. L’antimaçonnisme ne figure pas parmi les griefs rapportés. Source : Conspiracy Watch, 17 octobre (texte intégral réservé aux abonnés Premium)

Strasbourg : la GLNF entrouvre les portes de la « Maison du maçon »

18 octobre 2026 – France 3 Grand Est (« L’Alsace insolite »)

Logo de la Grande Loge nationale française

Dans un sujet de L’Alsace insolite diffusé le 18 octobre par France 3 Grand Est, des francs-maçons de la Grande Loge nationale française font visiter la « Maison du maçon » de Strasbourg afin, disent-ils, de mettre fin aux rumeurs et aux stigmatisations. Le Grand Maître provincial y décrit le travail du franc-maçon comme un perfectionnement moral et spirituel, et le titre du reportage reprend l’assurance que l’obédience n’a « strictement rien à cacher ».

Sources : France 3 Grand Est, 18 octobre ; fiche du sujet sur Canal+. Sujet présenté d’après son titre, son accroche et son résumé public.

Compagnonnage : l’exposition « Au féminin » et les visites de fin octobre au musée de Tours

26 au 31 octobre 2026 – Musée du Compagnonnage de Tours

Le Musée du Compagnonnage, situé dans l'ancienne abbaye Saint-Julien de Tours
Le Musée du Compagnonnage
Magnet Maître Jacques, Musée du compagnonnage
Magnet Maître Jacques, Musée du compagnonnage

Le musée du Compagnonnage de Tours présente l’exposition « Au féminin », autour de la place des femmes dans le compagnonnage, jusqu’au 31 octobre selon Touraine Val de Loire. Son programme annonce, gratuitement et sans réservation, des visites flash « Regard sur un chef-d’œuvre » à 16 h 30 (lundi 26, mercredi 28 et jeudi 29 octobre), une visite thématique le vendredi 30 à 16 h et une visite de l’exposition le samedi 31 à 15 h.

Pour les familles, le programme propose « Graines d’Artisan.es » (8-11 ans, jeudi 29 à 10 h 30) et l’enquête « Le Cluedo de la peur » (8-11 ans, samedi 31 à 9 h 30 et 11 h), sur réservation (5 € par enfant). Pendant les vacances, une visite d’introduction a lieu chaque jour à 15 h, sauf le mardi. Renseignements auprès de museecompagnonnage@ville-tours.fr. Sources : programme du musée, octobre 2026 ; Touraine Val de Loire (dates de l’exposition)

Marseille : un IIe Banquet spirituel avec Hildegarde de Bingen

Samedi 28 novembre 2026 – Académie Maçonnique Provence (annonce du 20 octobre)

XIIes Rencontres Académie Maçonnique Provence

L’Académie Maçonnique Provence, que préside Alain Boccard, convie les Frères et les Sœurs de tous degrés et de toutes obédiences, ainsi que leurs proches, à son IIe Banquet spirituel, dîner-conférence organisé dans le Grand Temple du Château Saint-Antoine, à Marseille, le samedi 28 novembre à 19 h. L’historienne des religions Audrey Fella y présentera Hildegarde de Bingen, en quatre temps d’écoute au fil du repas, suivis d’un temps d’échanges. Le premier banquet avait été consacré à Etty Hillesum, présentée par Cécilia Dutter.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le repas (apéritif de bienvenue, entrée, plat, fromages, dessert et boissons) est facturé 35 € par personne. La salle, limitée à 100 places assises en configuration repas, n’en comptait plus qu’une vingtaine au 20 octobre. L’inscription se fait en ligne via HelloAsso. Sources : inscription sur HelloAsso ; annonce de l’Académie (courriel du 20 octobre)

Paris : un colloque laïque pour les 260 ans de l’exécution du chevalier de La Barre

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Samedi 28 novembre 2026, 14 h-18 h – Unité laïque et Association Le Chevalier de La Barre (annonce du 15 octobre)

Statue du chevalier de La Barre à Montmartre, Paris
Statue du chevalier de La Barre, Montmartre, Paris. Photo : Jim Linwood

Unité laïque et l’Association Le Chevalier de La Barre organisent, le samedi 28 novembre de 14 h à 18 h à la mairie du 9e arrondissement de Paris, un colloque ouvert à toutes et à tous pour les 260 ans de l’exécution du jeune homme de dix-neuf ans, supplicié à Abbeville le 1er juillet 1766 pour ne pas s’être découvert au passage d’une procession religieuse. Au programme, une ouverture de Richard Malka, des lectures de textes de Voltaire, de Salman Rushdie et de Charb par des comédiens, deux tables rondes (« L’héritage du chevalier de La Barre » avec Thomas Branthôme, Jean-Numa Ducange et Stéphanie Roza, puis « Blasphème ! » avec Émilie Frèche et Philippe Val) et la remise du Prix des Hussards Noirs de la République 2026.

L’événement est placé sous le signe de la solidarité avec les femmes iraniennes. Il a été annoncé le 15 octobre. Source : Unité laïque, présentation du colloque

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

À l’agenda des obédiences et rendez-vous publics

Grande Loge de France : Béziers, Millau et Paris, quatre rendez-vous en novembre

6 au 25 novembre 2026 – Grande Loge de France

Newsletter n°150 de la Grande Loge de France, octobre 2026 : « Osez pousser les portes ! »

Le Grand Maître Jean-Raphaël Notton donnera deux conférences publiques sur le thème « Osez pousser les portes ! », le vendredi 6 novembre à Béziers (théâtre municipal, 19 h-20 h 30) et le jeudi 12 novembre à Millau (2ISA, 32 avenue de la République, 19 h-20 h 30), en accès gratuit sur réservation. À Paris, le petit-déjeuner mensuel d’échange « Enjeux & Perspectives » accueille le mercredi 25 novembre, de 8 h 30 à 9 h 45, à l’hôtel de la GLDF (8 rue Louis-Puteaux), Elsa Da Costa, directrice générale d’Ashoka France, sur « Pour une culture de l’engagement ».

Le concert de la Sainte-Cécile est par ailleurs annoncé le dimanche 22 novembre à 19 h (public, gratuit, billetterie), d’après la newsletter de la GLDF relayée par 450.fm. Il ne figure pas encore sur la page officielle des événements.

Sources : Béziers, 6 novembre ; Millau, 12 novembre ; petit-déjeuner Ashoka, 25 novembre ; 450.fm, newsletter n° 150 de la GLDF

GLFF : deux rendez-vous le 7 novembre, à Lille et à Paris

Samedi 7 novembre 2026 – Grande Loge féminine de France

Colloques et conférences de la Grande Loge féminine de France

À Saint-André-lez-Lille, au Temple de Saint-André (62 rue de Lambersart), Marie-Thérèse Besson, ancienne Grande Maîtresse de la GLFF, donne à 14 h 30 une conférence publique, « Voyage en franc-maçonnerie féminine ». L’inscription est obligatoire (confpub59@proton.me) et un verre de l’amitié est prévu.

À Paris, au 4 cité du Couvent (11e), le colloque « Les finances, les femmes et l’argent » s’ouvre dès 13 h 15 en présence de Liliane Mirville, présidente de la GLFF, avec notamment Brigitte Plazas, Isabelle Henny, Marie Lagrue, Michèle Vianès et Laurence Rossignol. La remise du prix des droits des femmes est annoncée. L’inscription y était obligatoire avant le 22 octobre et elle est donc close. Sources : Lille, 7 novembre ; Paris, 7 novembre

Grand Orient de France : « Demain tous pauvres ? » le 25 novembre à Paris

25 novembre au 20 décembre 2026 – Grand Orient de France (lettre d’information du 17 octobre et agenda en ligne)

Logo du Grand Orient de France

La lettre d’information du GODF du 17 octobre annonce « Demain tous pauvres ? », conférence publique des Chantiers de la République le mercredi 25 novembre à 19 h 30 à Paris (16 rue Cadet), avec Henriette Steinberg (Secours populaire français), Nicolas Duvoux (CNLE) et Claire Hédon, ancienne Défenseure des droits. Le Grand Maître y sera présent (réservation sur Eventbrite).

L’exposition « Lumières dans la ville, Paris et les francs-maçons » reste par ailleurs visible jusqu’au 20 décembre au musée de la franc-maçonnerie (16 rue Cadet). Sources : « Demain tous pauvres ? » ; agenda du GODF ; lettre d’information du 17 octobre (courriel)

Grand Orient de France : cinq rendez-vous publics en novembre, de Caen à Nice

12 au 28 novembre 2026 – Grand Orient de France (lettre d’information du 23 octobre et agenda en ligne)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

La lettre d’information du GODF du 23 octobre, consacrée aux seuls événements, reprend « Demain tous pauvres ? » et annonce cinq autres rendez-vous publics. À Caen, le jeudi 12 novembre à 19 h 30, une conférence sur la défiance envers la science réunit François de Rugy, Jean-Paul Krivine et Virginie Tournay. Pierre Bertinotti, ancien Grand Maître, intervient à Ruffec le 13 novembre sur les valeurs de la République face à la radicalité, puis à Monistrol-sur-Loire le 24 sur le citoyen face au changement climatique.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le samedi 28 novembre, les Rencontres européennes de Nice (14 h 30) portent sur le patriotisme européen, en présence du Grand Maître Guillaume Trichard, et Guy Arcizet, ancien Grand Maître, débat à Avallon (17 h) de l’idéal républicain. L’agenda en ligne ajoute Chinon le 14 novembre, sur l’internement des Nomades à Montreuil-Bellay, et Saint-Malo le 28. Aucun événement n’est annoncé entre le 25 octobre et le 11 novembre. Sources : agenda du GODF ; lettre d’information du 23 octobre (courriel)

Strasbourg : Sana Dieudonné sur « Quand la performance fragilise nos sociétés »

Samedi 14 novembre 2026 – Les Colloques Humanistes Rhénans

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Sana Dieudonné, docteure en biologie, membre de l’Institut Michel Serres, conférencière et formatrice « Robustesse du vivant », ancienne chercheuse au CNRS et à l’INRAE, donnera la conférence « Quand la performance fragilise nos sociétés – Penser la robustesse avec le vivant » le samedi 14 novembre à 14 h 30 au Temple P. Lequeux, 12 rue Finkmatt, à Strasbourg, suivie d’un débat avec la salle. L’entrée est libre (participation au chapeau) dans la limite des places. L’inscription est obligatoire à inscription.chr2026@proton.me et les renseignements sont à demander à colloqueshr@proton.me.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

La rencontre est organisée par Les Colloques Humanistes Rhénans, association inscrite au tribunal d’instance de Strasbourg. L’affiche, qui porte le logo de la Fédération française du Droit Humain, précise toutefois qu’elle est « ouverte aux membres de l’association et à leurs amis ». Source : https://urlz.fr/kzNm

GLNF : Pierre-Yves Beaurepaire sur les « Illuminati » à la Maison des Maçons, le 27 novembre

Vendredi 27 novembre 2026 – Grande Loge Nationale Française (conférences publiques Villard de Honnecourt)

Pierre-Yves Beaurepaire, historien de la franc-maçonnerie

Dans le cycle des conférences publiques Villard de Honnecourt de la GLNF, Pierre-Yves Beaurepaire, professeur d’histoire moderne à l’Université Côte d’Azur et membre senior de l’Institut universitaire de France, propose « Illuminati, sociétés secrètes et autres billevesées maçonniques », le vendredi 27 novembre de 20 h à 22 h, à la Maison des Maçons (12 rue Christine-de-Pisan, Paris 17e, métro Pont Cardinet). Une rubrique d’inscription existe et, selon un courriel de l’obédience, l’entrée est libre sous réserve de places.

La page de l’événement porte par erreur « 27 octobre » dans son titre, mais le corps du texte et le jour de la semaine confirment le vendredi 27 novembre. Source : page de l’événement sur glnf.fr

Toulouse : le 9e Salon maçonnique « Faire société », les 5 et 6 décembre

5 et 6 décembre 2026 – ITEM (lettre n° 71 du 22 octobre)

9e Salon maçonnique de Toulouse « Faire société »

Gratuit selon la lettre n° 71 de l’ITEM, le salon réunit 38 intervenants et 11 obédiences aux Espaces Vanel (Arche Marengo), de 9 h à 19 h. Samedi, Natacha Polony ouvre le salon à 9 h 45, suivie notamment d’une table consacrée à la laïcité (14 h, avec Jean-Pierre Sakoun, président d’Unité laïque), du forum des Grands Maîtres (14 h 30) et d’une rencontre avec Jacques Ravenne (16 h). Dimanche, Pierre Mollier intervient à 11 h 30 et deux tables rondes se tiennent, « Intelligence artificielle, intelligence fraternelle » (9 h 45) et « Le mensonge est-il devenu une vérité ? » (13 h 45), toutes deux modérées par Yonnel Ghernaouti, directeur de la rédaction de 450.fm.

Le programme complet est publié sur le site de l’ITEM. 450.fm, qui relaie l’événement, y est associé par l’un de ses dirigeants.

Sources : programme de l’ITEM ; présentation de 450.fm, 15 octobre

Livres, revues et mémoire

Jérôme Minski, Ultime sagesse occidentale : la franc-maçonnerie a-t-elle oublié sa mission ?

Recension du 19 octobre 2026 – 450.fm ; Selena éditions

Jérôme Minski, Ultime sagesse occidentale

Publié en 2026 chez Selena éditions (342 pages, 28 €, préface de Jean-Pierre Brach), l’ouvrage de Jérôme Minski s’interroge sur la capacité de la franc-maçonnerie à transformer réellement ceux qui la pratiquent, quand les rites et les formes sont préservés alors que leur finalité spirituelle s’estompe. L’auteur soutient que l’initiation ouvre un travail intérieur que nul ne peut déléguer et que le rituel doit éduquer l’attention et le jugement plutôt que remplacer la responsabilité personnelle. Il plaide pour une fidélité qui passe par une médiation entre l’héritage et la conscience présente, non par une reconstitution archéologique.

La recension est de Yonnel Ghernaouti pour 450.fm. Source : recension de 450.fm, 19 octobre

Chaîne d’Union n° 118 : « Francs-maçons opératifs, la transmission »

Livraison annoncée les 25 et 26 octobre 2026 – Conform Edit

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le dossier du n° 118 de Chaîne d’Union (14 €) réunit Jean-Michel Mathonière (« Gloire à Vitruve »), Laurent Segalini (« Qu’est-ce qu’un freemason ? ») et Jean Viride (« Quelques principes des initiations de métier »). Au sommaire figurent aussi Philippe Foussier (« La franc-maçonnerie au XVIIIe siècle », « Fraternités extrêmes »), Pierre Mollier (« Explorer les profondeurs du symbole »), Jacques Garat (éditorial et « Une loge de province à la veille de la Révolution »), Daniel Beaune (chronique), Naudot Taskin (travaux du Chapitre national de recherche), une étude de Rodolphe Alexandre et Franck Jamet sur La Fayette abolitionniste en Guyane (1783) et des notes de lecture, dont celles de Yonnel Ghernaouti. Source : page du numéro, Conform Edit

Laïcité et droits des femmes : un ouvrage collectif et une soirée à la GLFF le 30 octobre

Recension du 21 octobre 2026 – 450.fm ; L’Harmattan ; GLFF

Laïcité et droits des femmes

Paru chez L’Harmattan (collection « Débats laïques », 2026, 262 pages, 26 € en papier, 19,99 € en numérique), Laïcité et droits des femmes. L’autonomie en question est dirigé par Laure Caille (Libres MarianneS), Annie Sugier (Ligue du droit international des femmes) et Michèle Vianès (Regards de femmes). 450.fm en rend compte sous la plume d’Aratz Irigoyen.

Les trois directrices sont les intervenantes de la soirée publique « Laïcité et droits des femmes » organisée par la GLFF le vendredi 30 octobre à 19 h 30, au 4 cité du Couvent (Paris 11e), en présence de Liliane Mirville, présidente de la GLFF. L’inscription est obligatoire (laicite-droitsdesfemmes@orange.fr) et une pièce d’identité est exigée à l’entrée.

Sources : 450.fm, 21 octobre ; GLFF, soirée du 30 octobre

450.fm ouvre en accès libre son glossaire de la franc-maçonnerie : 4 215 fiches

Article du 17 octobre 2026 – 450.fm (information de l’éditeur de cette revue de presse)

Glossaire de la franc-maçonnerie de 450.fm

Le glossaire de 450.fm rassemble 4 215 fiches en accès libre, dont 1 901 livres, 618 personnalités, 489 notions et symboles, 344 dates historiques, 300 entrées consacrées à l’antimaçonnisme, 220 auteurs, 202 temples, 78 films et séries, 38 musées et 25 rites. La section antimaçonnisme s’appuie sur l’« Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme » de Yonnel Ghernaouti. Les chiffres sont ceux de la rédaction de 450.fm, éditeur de la présente revue de presse, et sont à lire comme tels.

Source : 450.fm, 17 octobre

Ces médias maçonniques qui se sont tus : la revue de presse des disparus

22 octobre 2026 – 450.fm (chronique de C.-A. Delatour)

Ces médias maçonniques qui se sont tus : revue de presse des disparus

450.fm dresse l’état des lieux de médias maçonniques francophones silencieux. Franc-Maçonnerie Magazine a cessé de paraître faute de moyens (dernier numéro, n° 109, mars-avril 2026), RadioDelta est en pause depuis le 17 décembre 2025 (épisode 87), La Planche à Tracer a disparu et le blog La Maçonne n’a pas publié depuis le 19 août 2024. Plusieurs revues plus anciennes sont également évoquées. Ce panorama est celui de la rédaction de 450.fm, partie prenante du paysage qu’elle décrit.

Source : 450.fm, 22 octobre

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Europe

Belgique

Antimaçonnisme et antisémitisme en ligne : dix mois requis lors d’un procès en Belgique

Audience du 6 octobre 2026, information relayée le 21 octobre – Tribunal correctionnel de Charleroi ; Belga / La Libre ; L’Avenir ; La DH

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le 6 octobre, devant le tribunal correctionnel de Charleroi, le parquet a requis dix mois de prison contre un rappeur d’une quarantaine d’années, poursuivi pour harcèlement, incitation à la haine, approbation du génocide des Juifs, port d’armes (des répliques) et sexisme, à raison de chansons et de messages diffusés en ligne. Selon les préventions rapportées, ils visaient notamment les francs-maçons, la communauté juive et les personnes LGBTQIA+. Dénoncé par le collectif français « Balance ton antisémite », le prévenu a reconnu les faits et le parquet ne s’est pas opposé à un sursis probatoire assorti d’une visite des Territoires de la Mémoire. Le jugement est annoncé pour le 3 novembre.

Le prévenu n’est pas nommé et le contenu des propos n’est pas reproduit. L’audience date du 6 octobre, avant notre période, mais l’affaire a été relayée de nouveau le 21 octobre. Sources : La Libre / Belga, 6 octobre ; L’Avenir, 6 octobre ; La DH, 6 octobre

Au château de Seneffe, une exposition sur la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle jusqu’en avril 2027

Exposition du 25 avril 2026 au 25 avril 2027 – Domaine du château de Seneffe ; Fondation d’Arenberg ; La Libre (20 octobre)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le Domaine du château de Seneffe présente jusqu’au 25 avril 2027 une exposition consacrée à la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle comme espace de sociabilité. Elle rassemble plus de 300 objets provenant d’une cinquantaine d’institutions, avec des prêts de la Fondation d’Arenberg, notamment des objets du duc Louis Engelbert d’Arenberg, et une publication de 150 pages. Selon la page de la Fondation d’Arenberg, l’entrée de l’exposition est gratuite. La Libre l’a évoquée le 20 octobre dans un article consacré à une expérience immersive et théâtralisée dans le château. Sources : Fondation d’Arenberg, présentation de l’exposition ; La Libre, 20 octobre

Suède

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

La reine Silvia remet les bourses d’une fondation maçonnique pour la pédiatrie

Cérémonie du 14 octobre 2026 (selon Histoires Royales), articles du 16 octobre – Noblesse & Royautés ; Histoires Royales

Au palais Bååt, siège de l’Ordre maçonnique suédois à Stockholm, la reine Silvia a remis les bourses de recherche d’une fondation maçonnique pour les enfants à des chercheurs en pédiatrie, soit 23 prix selon Histoires Royales, qui date la cérémonie du mercredi 14 octobre. Noblesse & Royautés, qui titre sur un « prix de la franc-maçonnerie », ne précise pas la date. La reine est protectrice de la fondation et le roi protecteur de l’Ordre, mais il serait inexact d’en conclure que la reine est franc-maçonne.

Le nom suédois de la fondation, Frimurare Barnhuset, reste à confirmer auprès de l’Ordre suédois. Sources : Noblesse & Royautés, 16 octobre ; Histoires Royales, 16 octobre

Lettonie

Riga : ouverture du Musée de la franc-maçonnerie mondiale

20 octobre 2026 – Radio Svoboda (RFE/RL) ; LSM ; 450.fm

La Maison des Têtes noires et la tour de l’église Saint-Pierre, au cœur de la vieille ville de Riga
Riga, la Maison des Têtes noires et l’église Saint-Pierre.

Un musée privé consacré à la franc-maçonnerie mondiale a ouvert officiellement à Riga le 20 octobre, rue Bazņīcas n° 7, après des visites sur invitation et plusieurs années de report pour cause d’humidité. Son fondateur, Konstantin Rubakhin, poète, journaliste et militant écologiste, émigré politique russe initié dans une loge lituanienne après son départ de Russie, a constitué en une dizaine d’années une collection de plus de 1 500 objets selon le site du musée. Le parcours comprend une salle consacrée aux théories du complot et à l’antimaçonnisme, l’histoire des premières loges de Riga (1750) et de Mitau/Jelgava (1754) et le passage de Cagliostro en Courlande (1779). Son objectif affiché est de démonter les mythes.

Le titre du reportage de Radio Svoboda et les affirmations sur la Grande Loge de Russie (Andreï Bogdanov) et sur un contrôle supposé des maçons russes par l’administration présidentielle sont des déclarations de Konstantin Rubakhin, rapportées par ce média, et non des faits établis. Le musée est une initiative privée, non une obédience. Sources : Radio Svoboda (RFE/RL), 20 octobre ; LSM (Lettonie), 20 octobre ; 450.fm, 21 octobre

Russie

Les déclarations du dirigeant de la Grande Loge de Russie contestées par d’autres maçons

18 octobre 2026 – News.ru (d’après Gazeta.ru)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Andreï Bogdanov, qui dirige la Grande Loge de Russie, affirme que celle-ci compte 1 300 maîtres répartis en 56 loges et qualifie de frauduleuses les loges non régulières. Selon News.ru, qui reprend Gazeta.ru, ces propos suscitent des critiques venues d’autres maçons. Un maître maçon du Grand Orient de France, non nommé, assure que l’intéressé sait que les représentants d’au moins six obédiences présentes en Russie se chevauchent. Evgueni Chtchoukine, grand maître souverain du Rite de Memphis-Misraïm, dénonce une misogynie et un aveuglement face à l’histoire de la franc-maçonnerie, et des représentants de la loge Liberté (Svoboda) n° 6046 y voient une opération de communication.

Les chiffres avancés sont jugés exagérés, sans que l’article précise par qui, et aucune réaction de Bogdanov n’est rapportée. Il s’agit de déclarations rapportées par un média russe, sans vérification indépendante. Source : News.ru, 18 octobre

Autriche

Des ministres répondent aux questions du FPÖ sur les francs-maçons, présentés comme un État dans l’État

Réponses parlementaires des 5 et 6 octobre 2026, relayées cette semaine – Parlement autrichien ; Die Presse ; profil

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le 6 août, le député FPÖ Christian Hafenecker avait déposé des questions écrites intitulées « Freimaurer als “Staat im Staat” » à plusieurs ministres. Le ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner (réponse des 5-6 octobre), déclare ne pas être membre d’une loge, précise que l’appartenance maçonnique n’est pas demandée lors des contrôles de sécurité, qu’aucun cas n’est connu et qu’aucune mesure n’est prévue. Le ministre de l’Éducation, Christoph Wiederkehr (6 octobre), répond que l’adhésion est libre et non recensée, qu’il n’a aucun contact avec des loges et ne connaît aucun cas. La question adressée aux Finances (27 questions, n° 6772/J) figure aussi au dossier parlementaire et nous n’avons pas trouvé de réponse publiée.

Die Presse titrait le 18 octobre que les ministres devront sans doute répondre devant le Parlement à la question de savoir s’ils sont francs-maçons. Sources : réponse du ministre de l’Intérieur (6167/AB) ; réponse du ministre de l’Éducation (6159/AB) ; question aux Finances (6772/J) ; Die Presse, 18 octobre. Die Presse : accès réservé aux abonnés, seul le titre est rapporté.

Le Grand Maître Georg Semler répond aux soupçons

17-20 octobre 2026 – profil ; Der Standard ; LifeSiteNews

Georg Semler, Grand Maître de la Grande Loge d’Autriche
Georg Semler, Grand Maître de la Grande Loge d’Autriche

Dans profil (17 octobre), Georg Semler, Grand Maître de la Grande Loge d’Autriche depuis 2014, qualifie d’agitation pure les questions du FPÖ, rejette l’idée d’un État profond et rappelle que l’obédience compte 82 loges et environ 3 900 membres. Il indique qu’aucun président fédéral de la IIe République n’a été franc-maçon et qu’un seul chancelier, Fred Sinowatz (SPÖ), l’a été. Il dit aussi avoir commandé au DÖW, centre de documentation de la résistance autrichienne, une recherche à 15 000 € sur un ancien dignitaire de l’obédience au passé de Waffen-SS, avec retrait posthume du titre honorifique si une culpabilité personnelle est établie.

Der Standard l’avait interrogé sous un titre affirmant que les francs-maçons ne sont pas secrets mais discrets. Dans un entretien repris le 20 octobre par le média catholique traditionaliste LifeSiteNews, il juge que la condamnation de la franc-maçonnerie par l’Église repose sur un malentendu historique, ce que le site conteste en citant les textes pontificaux de 1738 à 1884.

Sources : profil, 17 octobre ; Der Standard ; LifeSiteNews, 20 octobre

Portugal

Le Grand Orient Lusitanien devant un tribunal civil

17 octobre 2026 – SOL (Catarina Guerreiro)

Renaissance du Grand Orient Lusitanien à Lisbonne, 1859 – date historique de la franc-maçonnerie – 450.fm
Illustration : Wikimedia Commons – William Miller – Public domain

Cinq maçons expulsés contestent leur exclusion devant la justice civile et, selon SOL, c’est la première fois que le Grand Orient Lusitanien (GOL) comparaît devant un tribunal civil. La Cour d’appel (Relação) a jugé le 7 juillet que le GOL devait être jugé, l’audience du 15 septembre a été reportée, aucun accord n’est en vue et aucune nouvelle date n’est fixée. L’obédience craint d’avoir à révéler l’identité de ses membres, et son Grand Conseil maçonnique, convoqué le 5 septembre, a débattu de la protection du secret.

Source : SOL, 17 octobre

Allemagne

Bad Pyrmont : la loge « Friedrich zu den drei Quellen » fête ses 250 ans par des dons

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

21 octobre 2026 – radio aktiv (Susanne Gerland)

La loge « Friedrich zu den drei Quellen » de Bad Pyrmont (Basse-Saxe) a célébré ses 250 ans par une journée portes ouvertes le dimanche 18 octobre, puis par des dons de 3 333,33 € chacun, soit 10 000 € au total, à trois organisations locales, les sapeurs-pompiers, le club sportif MTV Bad Pyrmont et la société de sauvetage DLRG, selon la radio locale radio aktiv. Source : radio aktiv, 21 octobre

Italie

Massoneria e fascismo de Fulvio Conti primé au prix Acqui Storia

19 octobre 2026 – RaiNews / TGR Piémont

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Parmi les lauréats du 59e prix Acqui Storia, en Piémont, figure Fulvio Conti, de l’Université de Florence, pour Massoneria e fascismo (Carocci, 2025), selon un reportage de la TGR Piémont de la RAI. Le livre étudie les rapports entre franc-maçonnerie et fascisme.

Source : RaiNews / TGR Piémont. Reportage présenté d’après son accroche et le titre du livre.

Royaume-Uni

L’IPSO écarte la plainte de la Grande Loge unie d’Angleterre contre le Daily Mirror

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Décision publiée le 22 octobre 2026 – IPSO (n° 005993-25)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

L’Independent Press Standards Organisation (IPSO) a rejeté la plainte de la Grande Loge unie d’Angleterre (UGLE) contre le Daily Mirror à propos d’un article du 25 octobre 2025 sur une affaire d’abus dans un foyer pour enfants (Shirley Oaks) et sur les personnes qui auraient protégé un auteur présumé. L’IPSO ne relève aucune violation de la clause 1 (exactitude), l’article présentant clairement des allégations, et aucune sanction n’est prononcée. La plainte a été clôturée le 25 septembre et la décision a été publiée le 22 octobre. Source : décision de l’IPSO

Écosse : la Grande Loge ouvre ses locaux aux femmes et rejoint le Conseil de la franc-maçonnerie de Grande-Bretagne

18 et 19 octobre 2026 – The Times ; The Scottish Sun ; Daily Mail

Sceau de la Grande Loge d'Écosse
Sceau de la Grande Loge d’Écosse

Selon les titres des 18 et 19 octobre de The Times, du Scottish Sun et du Daily Mail, la Grande Loge d’Écosse permettra à des femmes d’utiliser ses locaux pour la première fois en trois siècles et a rejoint le Council for Freemasonry in Great Britain dans l’espoir d’attirer de nouveaux membres. Son secrétaire général récuse l’accusation de sexisme et l’image d’un réseau fermé d’hommes. D’après ces titres, il s’agit de l’usage des locaux, non de l’admission de femmes dans l’obédience, ce qui reste à vérifier dans les articles.

L’adhésion de la Grande Loge d’Écosse à ce conseil avait été annoncée le 13 juillet par les francs-maçons du Lincolnshire. Créé en 2024, le conseil réunit l’UGLE, l’Order of Women Freemasons, l’Honourable Fraternity of Ancient Freemasons et la Grande Loge d’Écosse. Sources : The Times, 18 octobre ; The Scottish Sun, 19 octobre ; Daily Mail, 19 octobre ; Lincolnshire Freemasons, 13 juillet. Les articles sont présentés d’après leurs titres et accroches (accès réservé aux abonnés pour The Times).

Un fonds pour préserver les bâtiments maçonniques : 14 000 £ pour la façade égyptienne de Boston, appel lancé au Pays de Galles

16 et 22 octobre 2026 – Lincolnshire World ; Province de South Wales

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

À Boston (Lincolnshire), le Masonic Hall, édifice de 1863 classé Grade II* dont la façade en pierre d’Ancaster s’inspire du temple de Dendur, recevra 14 000 £ du Centenary Hall Stone Appeal pour sa première restauration de façade depuis les années 1980. Ce fonds, alimenté uniquement par des dons de francs-maçons, vise à lever 100 millions de livres sur dix ans pour les bâtiments utilisés par les francs-maçons dans le monde. Dave Wheeler, plus haut gradé des francs-maçons du Lincolnshire, annonce son lancement dans le comté en janvier 2027.

Le 22 octobre, la Province de South Wales a présenté sa version de l’appel, un « Provincial Early Bird Scheme » d’engagements d’au moins 600 £ sur dix ans, soit environ 5 £ par mois, avec un bijou du Centenaire en argent après trois versements. L’article de Boston date du 16 octobre à 17 h 40, heure de Paris, soit juste avant l’ouverture de notre période. Sources : Lincolnshire World, 16 octobre ; Province de South Wales, 22 octobre

Londres : 60 000 £ de la Masonic Charitable Foundation pour 150 enfants de Tower Hamlets

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

19 et 20 octobre 2026 – East London Advertiser ; East London Times

Les francs-maçons de Londres, par l’intermédiaire de la Masonic Charitable Foundation (MCF), ont accordé 60 000 £ à l’association St Hilda’s East, dans le quartier de Tower Hamlets, pour soutenir 150 enfants de moins de cinq ans ayant des besoins spécifiques, selon la presse locale.

Sources : East London Advertiser, 19 octobre ; East London Times, 20 octobre

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Amériques

États-Unis

La MSANA lance un appel de secours pour les francs-maçons de Floride après l’ouragan Isaias

13 au 15 octobre 2026 – Masonic Service Association of North America ; Freemasons For Dummies

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

À la demande du Grand Maître de la Grande Loge de Floride, Haskell R. Vest Jr., la Masonic Service Association of North America (MSANA) a ouvert un appel de secours, le « MSA Disaster Relief Appeal », après le passage de l’ouragan Isaias, arrivé à terre près de Destin, dans le Panhandle. Au 13 octobre, selon l’appel, recoupé avec la page officielle de la MSANA, environ 5 000 maçons étaient touchés, dans 5 districts et 39 loges, 9 loges étaient endommagées et quelque 30 000 foyers ou clients restaient sans électricité.

Les dons se font par chèque ou en ligne sur la page « current appeals » de la MSANA. L’appel, signé de Mark A. Tabbert, administrateur de l’association, ne fixe aucun objectif chiffré. L’information provient de l’article de Christopher Hodapp (Freemasons For Dummies, 15 octobre). Sources : MSANA, appels en cours ; Freemasons For Dummies, 15 octobre

Deux affaires de menaces visant des loges, en Pennsylvanie et en Virginie-Occidentale

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

20 octobre 2026 – Freemasons For Dummies (Christopher Hodapp)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

En Pennsylvanie, des objets (animaux morts, bougies, plumes, messages) ont été déposés devant deux loges, Paxton Lodge n° 16 PHA à Steelton et Millersville Lodge n° 476, entre le 15 août et le 20 septembre. Un homme de 37 ans a été interpellé pour menaces terroristes et harcèlement, puis de nouveau le 2 octobre, sa caution de 100 000 $ n’étant pas versée. Des panneaux antisémites ont aussi visé une synagogue les 19 et 20 septembre. En Virginie-Occidentale, un homme de 37 ans a été inculpé de menaces terroristes après un message Facebook antimaçonnique visant la Franklin Lodge n° 7, à Buckhannon (caution de 35 000 $).

L’auteur de l’article présente ces affaires comme sans lien apparent. Les personnes mises en cause sont présumées innocentes et ne sont pas nommées. Source : Freemasons For Dummies, 20 octobre

Napa (Californie) : les francs-maçons cherchent un nouveau souffle

22 octobre 2026 – Napa Valley Register (Howard Yune)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Le quotidien local décrit une fraternité qui tente de renouer avec la croissance après des décennies de déclin. Selon l’article, les États-Unis comptaient environ 869 430 francs-maçons en 2023, soit 30 % de moins en dix ans et moins d’un quart du pic de 1959 (environ 4,1 millions), et Napa environ 400 membres après la Seconde Guerre mondiale, contre une centaine aujourd’hui, toutes obédiences confondues. Parmi les signes de renouveau figurent la relance en 2025 des Sciots (Napa Sciots Pyramid n° 7), une nouvelle branche locale du rite écossais, Valley of the Vines, forte de 43 membres locaux après quatre mois, et la vie de la Yount Lodge n° 12, fondée en 1851. Les adhésions passent désormais plus par le bouche-à-oreille et la conviction personnelle que par la tradition familiale. Source : Napa Valley Register, 22 octobre

Maine : un « Legacy Park » éducatif près de la Grande Loge, à Holden

20 octobre 2026 – Fox Bangor (Jodi Hersey)

Jodi Hersey
Jodi Hersey

Les francs-maçons du Maine ont présenté leur projet de « Legacy Park », un parc éducatif à Holden, à l’extérieur du bureau de la Grande Loge du Maine. Il doit faire découvrir l’histoire de l’État et son lien avec la franc-maçonnerie, permettre aux francs-maçons de partager leur histoire et leurs valeurs avec le public et honorer la mémoire des membres passés et présents. George Washington, Benjamin Franklin, Joshua Lawrence Chamberlain et le gouverneur William King figurent parmi les personnalités citées. Susan Scacchi, associée à la Maine Masonic Charitable Foundation, a présenté le projet et le Grand Maître Jeffry A. Simonton est cité. Les travaux sont annoncés pour le printemps 2027, sans date d’achèvement. Source : Fox Bangor, 20 octobre

Canada

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Ontario : 15 000 $ des francs-maçons pour la bibliothèque de Teck Centennial, à Kirkland Lake

16 octobre 2026 – Northern News

La Doric Lodge n° 623 AF&AM, au nom des Freemasons of Ontario, a donné 15 000 $ à la campagne « Raise the Roof » de la Teck Centennial Library, à Kirkland Lake, selon Northern News. Source : Northern News, 16 octobre

Cuba

Quatre maçons poursuivis pour « trafic de devises » : le parquet requiert jusqu’à quatre ans de « limitation de liberté »

16 au 21 octobre 2026 – CubaHeadlines ; CiberCuba ; CubaNet (versions attribuées)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Selon des documents obtenus par CubaNet et relayés par CubaHeadlines et CiberCuba, quatre maçons, dont l’ancien grand commandeur du Suprême Conseil du 33e degré, l’actuel grand commandeur souverain (élu le 26 septembre par 19 voix contre 1) et le comptable du foyer Llansó, sont accusés de « trafic illégal de devises » pour deux changes (200 $ en septembre 2023, 100 $ en juin 2025). Le parquet requiert de deux à quatre ans de « limitation de liberté » et des amendes de 20 000 à 25 000 CUP. L’ordonnance de mise en jugement date du 24 août 2026 (tribunal populaire municipal de La Havane-Est) et aucune date d’audience n’est publiée. La défense demande l’acquittement et explique que l’argent servait à acheter du lait en poudre pour les pensionnaires du foyer.

Le contexte rapporté comprend le gel des comptes de la Grande Loge et du Suprême Conseil depuis 2024. Aucune source officielle du régime n’est citée. Certaines informations viennent de la journaliste indépendante Camila Acosta, proche de l’un des accusés selon CiberCuba et auteure d’un livre critique sur la franc-maçonnerie cubaine, Du temple au temple, ce qui est à noter pour la lecture. Les accusés sont présumés innocents et ne sont pas nommés.

Sources : CubaHeadlines, 16 octobre ; CubaHeadlines, 21 octobre ; CiberCuba, 17 octobre ; CiberCuba, 21 octobre ; CubaNet. Les termes entre guillemets sont traduits de l’espagnol.

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Afrique

Ghana

Une femme raconte comment une vidéo TikTok l’a menée vers un faux siège des francs-maçons

19 octobre 2026 – GhanaWeb

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Une femme témoigne avoir été attirée par une vidéo TikTok vers un prétendu siège des francs-maçons à Wenchi, dans la région de Bono. Il lui aurait été promis un capital de départ versé par des anciens, puis demandé d’acheter une tenue et de se rendre à des réunions tous les quatre mois, avant qu’un rituel (bougie rouge, sable, trois mouchoirs) lui soit exigé. Il s’agit d’un témoignage unique, non vérifié, et ni la police ni la Grande Loge du Ghana ne réagissent dans l’article. Rien n’y relie cette offre à une obédience identifiée. L’histoire illustre plutôt l’usage du nom de « franc-maçon » comme appât dans des arnaques.

Source : GhanaWeb, 19 octobre

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Océanie

Australie

À Melbourne, la Combermere Lodge n° 752, restée sous constitution anglaise depuis 1889

22 octobre 2026 – West Lancashire Freemasons (récit de Gordon Ivett)

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

Sur le site de la province de West Lancashire, Gordon Ivett raconte la visite d’Andrew Hall, membre de la North Meols Lodge n° 5828 (groupe de Southport), à la Combermere Lodge n° 752, à Melbourne (Victoria). Fondée en 1858 et baptisée d’après le maréchal vicomte Combermere, soldat et franc-maçon, la loge a conservé sa constitution anglaise lorsque la Grande Loge unie de Victoria s’est formée, en 1889. Son lien avec la Grande Loge unie d’Angleterre dure ainsi depuis plus de 165 ans, selon l’article. Le visiteur a assisté à une cérémonie du premier degré et rencontré des frères venus de Nouvelle-Zélande.

Il s’agit d’un récit de visite publié par la province, non d’une annonce officielle. Les éléments historiques sont ceux de l’article. Source : West Lancashire Freemasons, 22 octobre

Au fil de ces regards croisés, cette revue de presse invite à prolonger la réflexion, à confronter les points de vue et à demeurer attentifs aux mouvements de notre temps, dans un esprit de liberté, de vigilance et de fraternité.

Mes très chères Sœurs, mes très chers Frères, nous vous souhaitons une bonne lecture.

Ainsi va le Monde…

Franc-maçonnerie : le tour du monde de l’info de la semaine

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