Servius, un grammairien et historien qui passait à son époque (fin du IVe siècle) pour être l’homme le plus instruit de sa génération en Italie, nous rapporte un mythe grec sur l’origine de la tortue. Comme d’habitude, le secret originel est lié à une femme jeune et… récalcitrante ! Alors même qu’elle était invitée au mariage de Jupiter et Junon, comme tous les humains et les animaux, Mercure-Hermès, le messager des dieux, s’aperçut que Chéloné (c’était son nom) était restée seule dans son logis. Était-ce du mépris pour l’événement divin ou un profond désir de quiétude dans sa maison ?
Voyant cela, le zélé Mercure, tout dévoué au roi des dieux et à la déesse reine, protectrice du mariage et de la fécondité, n’hésita pas, il se saisit de Chéloné et la jeta dans un cours d’eau la transformant en tortue. Depuis lors Chéloné – en grec le mot veut toujours dire Tortue – est liée à l’élément aquatique !
L’Hymne homérique à Hermès daté du IVe siècle, nous apprend que c’est lui, enfant, qui aurait créé la première harpe (ou lyre) à partir de la carapace de l’animal qu’il avait dépecé : « Il fixa des tiges de roseaux, coupées à diverses longueurs, et il les fit passer à travers le dos de la tortue ; puis, il tendit, autour, avec adresse, une peau de bœuf ; et il adapta les deux bras et le chevalet, et il tendit ensuite sept cordes harmoniques en boyaux de brebis. Puis, ayant construit l’aimable jouet, il fit résonner chaque note à l’aide du plektre ; et la tortue, sous sa main, résonna, sonore ; et le dieu, excité par son œuvre, chanta admirablement. »
Les dieux ont toujours aimé la musique, ça leur évite de devoir traduire les paroles des fidèles afin de leur donner ou non satisfaction !
Et puis, la carapace de la tortue est impressionnante avec ses deux faces : l’une sombre et l’autre brillante comme « une grosse citrouille sous le soleil d’octobre » et, sans l’être vivant à l’intérieur, elle constitue une parfaite caisse de résonnance des sons les plus harmonieux !
Dans la lointaine Afrique la tortue incarne la justice, la paix et le bonheur. C’est un totem sacré, le fondement des institutions, un modèle de comportement, une exigence d’organisation. On la respecte et on la préserve ….
En Chine, sa symbolique est extrêmement forte car elle est l’allégorie du monde. Du point de vue géométrique le plastron de la tortue forme un carré inscrit dans le cercle que compose la dossière de la carapace, ce qui figure la conception schématisée du monde chinois. Le carré au centre du monde représente la Chine ; les parties entre la dossière et le plastron figurent le reste du monde ; le monde céleste, lui, s’étend au-delà du cercle. La tortue est donc connue en Chine comme détenant les secrets du ciel et de la terre. Elle allie le haut et le bas.
Dans le culte des ancêtres, les Chinois pratiquaient la nécromancie par le biais des tortues : c’est le principe de la scapulomancie qui est la divination par l’interprétation des os éclatés à la chaleur. Pour ce faire, ils inscrivaient sur un morceau de la carapace d’une tortue la question qu’ils désiraient poser aux ancêtres, puis jetaient ce morceau dans les flammes. Le craquellement du morceau de carapace sous l’effet de la chaleur donnait la réponse des ancêtres. Après cette épreuve du feu, on confiait le morceau brûlé à un collège divinatoire qui interprétait les craquelures.[1]
Pour les hindous, la tortue géante est aux origines de la fondation du monde. Elle porte sur son dos quatre éléphants qui soutiennent notre sphère, ce qui confère à l’ensemble la mobilité et sa lenteur intemporelle !
Aux Îles Galapagos, au nord Est de l’Océan Pacifique, la plus forte impression que dégagent ces fascinantes créatures est celle de l’âge : longévité, résistance infinie.
L’écrivain Herman Melville évoquant ces îles dites « enchantées » mais plutôt d’une horrible désolation, doutait qu’aucune autre créature puisse vivre ou respirer aussi longtemps que la tortue en ces lieux.
Et il ajoutait : « outre sa faculté bien connue de rester en vie sans absorber aucune nourriture pendant une année entière, que dire de l’armure inexpugnable de sa cotte de mailles vivante ? Quel autre corps possède une telle citadelle où résister aux assauts du temps ? »
Par contre Melville n’accordait aucun crédit à cette superstition terrifiante de certains marins qui à la vue des énormes animaux habitant ces lieux, croyaient « sincèrement que tous les méchants officiers de marine – et tout spécialement les commodores et les capitaines – sont, à leur mort (et dans certains cas avant leur mort), transformés en tortues et, partant, condamnés à rester sur ces brûlantes aridités, seuls et uniques seigneurs de l’Asphalte ». [2]
Plus philosophique demeure la conviction, à tant regarder le mouvement de ces reptiles sur leurs quatre pattes, qu’il est bon de se déplacer lentement et sûrement. « Hâte-toi lentement ! » dit-on, par traduction de la locution latine : « Festina lente ». Cet oxymore était l’expression favorite de l’empereur romain Auguste qui en avait fait une ligne de réflexion dans sa prise de décision.
Ce conseil sur le bon usage du temps a été souvent adopté par de nombreux personnages ou familles, notamment Cosme de Médicis, grand-duc Toscane (1519/1574) qui la prit pour devise et l’illustrait par l’emblème de la tortue portant une voile sur sa carapace.
Mais n’oublions pas la dimension maçonnique de « Festina lente » : cette exhortation marque les conditions de la démarche initiatique que doit suivre tout Apprenti : prendre le temps de réfléchir, de se charger du poids des symboles et d’aller de manière sereine mais sans hâte vers l’Orient… Éternel !
[1] Un exemple de cette pratique, datant de la période Shang, est notamment visible au Musée Guimet à Paris.
[2] Herman Melville, The Encantadas ou Les Îles Enchantées
Plus de 300 frères et sœurs des Pouilles se sont réunis ce week-end à Conversano pour le solstice d’été, l’un des quatre principaux rites d’obéissance maçonnique célébrés par la Grande Loge d’Italie dans le Parco dei Manieri, une ferme sur la route de Putignano. Rigoureusement cagoulés, les adeptes participaient au rite visant à apprendre les principes et les enseignements de l’organisation.
En Italie, le mouvement maçonnique compte 7 000 affiliés, 500 loges dispersées dans 156 villes, mais aussi à l’étranger. « Les Pouilles – explique le grand maître Luciano Romoli – assument un rôle de plus en plus important dans notre organisation, le deuxième au niveau national ».
Fondée en 1908, la Loggia d’Italia degli ALAM (Anciens Francs-Maçons Acceptés) a vu parmi ses membres des personnalités du calibre de Totò, Johnny Dorelli et Gino Cervi. Aujourd’hui, la franc-maçonnerie est souvent étiquetée négativement en référence à la loge P2. «Ce n’est pas comme ça – explique Romoli – Le P2 était une organisation née dans le contexte de la guerre froide avec des objectifs politiques et militaires. Dans nos temples, par contre, on ne parle pas d’affaires, de politique et de religion. Nous subissons l’hostilité de l’Église catholique avec l’excommunication de 1738, mais notre cheminement est conforme à nos valeurs ». Qui? « Dans nos temples nous réalisons un travail initiatique avec une méthode symbolique dans un contexte ésotérique dans lequel les symboles font partie de notre cheminement. Ce sont des principes que la personne applique par elle-même pour s’améliorer, sortir de la pensée unique et des conflits de notre temps. Un véritable humanisme qui, à travers les symboles, provoque la sollicitation d’une recherche intérieure».
Dans ce scénario, le secret semble être une condition préalable. « Il n’y a pas de secret, plutôt un secret pour nos abonnés. Il y a des gens qui appartiennent à tous les horizons, des professionnels, des femmes, mais surtout des jeunes. Plus de la moitié de nos listes sont composées de jeunes qui apprécient la franc-maçonnerie pour l’absence d’influences politiques, idéologiques et religieuses». La franc-maçonnerie a changé, mais elle est restée fidèle à un principe : « Depuis six mille ans – conclut Romoli – notre credo a toujours été le même, celui de valoriser l’homme. Au XVIIIe siècle, notre mission était d’affirmer la liberté physique de l’individu, au XIXe siècle la liberté de pensée, au XIXe siècle celle de voter. Aujourd’hui, cependant, nous visons à libérer l’homme des superstructures que la mondialisation et le profit sont en train de créer».
Frédéric Desmons, né le 14 octobre 1832, à Brignon, et mort le 4 janvier 1910, à Paris, est un pasteur docteur en théologie protestant, franc-maçon plusieurs fois grand maître du Grand Orient de France, et homme politique français, conseiller général en 1877 et député, sénateur du Gard en 1894. Il milite durant toute sa vie pour la liberté absolue de conscience.
Jeunesse
Frédéric Desmons est né en 1832 à Brignon, petite commune du département du Gard, entre Nîmes et Alès. Il fait ses études au collège d’Alès, puis à la pension Lavondès à Nîmes. Il suit ensuite les cours de la Faculté autonome de théologie protestante de Genève, fief du protestantisme calviniste, où il se prépare à embrasser le ministère pastoral. Il est reçu docteur en théologie en 1855.
De retour en France, Frédéric Desmons devient successivement pasteur de l’Église Réformée de 1856 à 1881, à Ners dans le Gard, puis à Vals-les-Bains en Ardèche, et enfin à Saint Géniès de Malgoirès dans le Gard, à quelques kilomètres à peine de Brignon.
Franc-maçon
Frédéric Desmons est initié le 8 mars 1861 en franc-maçonnerie au sein de la Loge L’Echo du Grand Orient. En 1867, il quitte sa loge-mère pour fonder, à Saint-Geniès-de-Malgoirès, un autre atelier, sous le nom distinctif de Le Progrès dont il devient le vénérable en 1870.
Dès 1873, il entre au conseil de l’ordre du Grand Orient de France (GODF). Il reste vigilant à tous les vœux des loges concernant la suppression des références à l’existence de Dieu et à l’immortalité de l’âme et s’oppose, à de nombreuses reprises, aux « conservateurs » de l’obédience. Lors du convent de 1877, Frédéric Desmons est nommé rapporteur du vœu n°IX émanant de la loge La Fraternité progressive de Villefranche-sur-Saône, visant la révision de l’article 1er de la constitution du Grand Orient de France. À cette occasion, devant les représentants des loges, il prononce un discours au sujet de la formule de l’article premier de la constitution de 1849, qui va passer à la postérité et emporter l’adhésion enthousiaste d’une majorité de délégués du convent :
« (…) Nous demandons la suppression de cette formule parce que, embarrassante pour les vénérables et les loges, elle ne l’est pas moins pour bien des profanes qui, animés du sincère désir de faire partie de notre grande et belle Institution qu’on leur a dépeinte, à bon droit, comme une Institution large et progressive, se voient tout à coup arrêtés par cette barrière dogmatique que leur conscience ne leur permet pas de franchir. Nous demandons la suppression de cette formule parce qu’elle nous paraît tout à fait inutile et étrangère au but de la Maçonnerie. […] Non. Laissons aux théologiens le soin de discuter des dogmes. Laissons aux Églises autoritaires le soin de formuler leur syllabus. – Mais que la Maçonnerie reste ce qu’elle doit être, c’est-à-dire une institution ouverte à tous les progrès, à toutes les idées morales et élevées, à toutes les aspirations larges et libérales (…) »
Cette proposition assortie de son discours aboutissent à la fin de l’obligation de croyance en l’existence de Dieu pour les membres du GODF. Les historiens s’accordent sur le fait que Desmons n’a jamais soutenu l’idée d’un athéisme obligatoire au sein de la maçonnerie libérale, étant lui-même resté profondément déiste1. Devenu un personnage de premier plan, Frédéric Desmons est élu président du conseil de l’ordre du GODF à cinq reprises : de 1889 à 1891, de 1896 à 1898, de 1900 à 1902, de 1905 à 1907, et en 1909 jusqu’à sa mort en 1910 en son domicile, 9 rue du Val-de-Grâce dans le 5e arrondissement de Paris.
En 2017, une loge du Grand Orient de France porte le nom de « Frédéric Desmons Laïcité ».
Carrière politique
Marqué par ses rencontres avec des exilés durant son séjour en Suisse et par sa « culture protestante », Frédéric Desmons commence une carrière politique sous les couleurs républicaines à partir de 1877, date à laquelle il est élu conseiller général du canton de Vézénobres (Gard), après le décès d’Étienne Ducamp. Cependant, cette campagne, qui oppose deux listes républicaines, est très dure. Desmons fait l’objet d’attaques venant aussi bien des conservateurs que de son propre camp politique sur l’apparente contradiction entre sa charge de pasteur et les projets de laïcisation de l’État. Conscient du problème que cela posait à long terme, il choisit de démissionner de son ministère pastoral en 1881.
Il rend sa décision publique, dans sa profession de foi de candidat à la députation, qui témoigne tout autant de la rudesse du combat politique à cette époque, y compris au sein même du camp républicain, que de l’attachement de Desmons à sa fonction de ministre du culte. Elle permet aussi de comprendre que son engagement politique est antérieur à la chute du Second Empire.[réf. souhaitée]
De 1881 à 1894, Frédéric Desmons est député du Gard.
De 1894 à 1909, il est sénateur radical du Gard. Desmons entre dans le combat républicain avec passion et détermination aux côtés de Léon Bourgeois et d’Émile Combes, notamment pour la défense de la laïcité des institutions et la séparation des Églises et de l’État, les lois sur les associations. Il est vice-président du Sénat de 1902 à 1905. En cette qualité de vice-président, il représente la France, en compagnie de Ferdinand de Lesseps à l’inauguration de la Statue de la Liberté à New York en 1886. Les francs-maçons et le Grand Orient de France ont activement participé au financement de cette statue représentant la liberté et l’idéal républicain. Opposé au cumul des mandats, il ne fut jamais maire de Brignon.
Dans L’Autre France (1906), une fable parue dans la revue L’Université catholique et ayant pour cadre la Gardonnenque, Clodomir Delfour a pastiché Desmons sous les traits de « Guillaume Satanet ».
Prix Desmons
Chaque année, le 9 décembre, journée anniversaire de la loi de 1905 portant sur la séparation des Eglises et de l’Etat, l’association Maison Frédéric Desmons (AMFD), en partenariat avec la Ligue de l’enseignement, honore une personnalité qui a œuvré pour la liberté de conscience et la laïcité. Le prix remis à cette personnalité, intitulé « le Galet de Brignon », est l’œuvre et la création du sculpteur Henri Aram Hairabedian.
Frédéric Desmons est enterré au cimetière de Saint-Geniès-de-Malgoirès, ville où un établissement public d’enseignement porte son nom.
Découvrir notre dernier article sur Frédéric Desmons :
« Bozen-Krimis », on peut s’attendre à une surprise prochainement : dans le Tyrol du Sud, le tournage a commencé pour deux autres épisodes du « Thursday Crime » avec les titres provisoires « My is the revenge » et « Secret Brotherhood ». Dans celle-ci, les deux commissaires, incarnés à nouveau par Chiara Schoras et Gabriel Raab , ont cette fois affaire à une communauté villageoise assermentée et à un cercle secret de francs-maçons. Les deux enquêteurs doivent également se demander quelles valeurs valent la peine de se battre.
Dans « My is the revenge », la fille de 15 ans du maire respecté Karl Brandl (joué par Harald Krassnitzer ) disparaît sans laisser de trace. Tout le village y participe, mais lorsque trois mois plus tard on a la triste certitude que la fille est morte, tout le monde – y compris le père – découvre bientôt qui est responsable du meurtre insidieux : Lukas Gamper (Juri Senft), un excentrique qui avec son grand-père (Hans Stadlbauer) vit dans une ferme de montagne isolée et a longtemps été une épine dans le pied des habitants. Les villageois en colère et un père vengeur compliquent les enquêtes de « Capo » Sonja Schwarz (Schoras) et de son collègue Jonas Kerschbaumer (Raab) – d’autant plus que des traces d’ADN de Lukas se trouvent en fait sur le cadavre de Lisa. Néanmoins, Sonja doute de sa culpabilité. Lorsque l’inspecteur de police Mariella Colombo (Gabriela Garcia Vargas ) surgit à l’improviste de Trévise, l’affaire prend une nouvelle tournure. Mais la haine des villageois pour les Gampers, menés par Brandl, ne peut être arrêtée…
Dans « Secret Brotherhood », le commissaire Jonas Kerschbaumer fait la connaissance de la loge maçonnique « Loyal Brothers ». Puisque l’enquêteur est actuellement en crise de sens, son meilleur ami Claudio (Paul Triller ) l’emmène dans la confrérie, qui promet des valeurs telles que l’amitié et la convivialité. Mais lorsque Claudio meurt dans un mystérieux accident d’hélicoptère, Jonas soupçonne qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu de temps après, un autre membre de la loge est retrouvé mort : le forestier Ansgar Politani (Michele Oliveri ). Les enquêtes le conduisent, lui et son collègue, à une société de parcs éoliens appartenant à l’exploitante Valentina Bastoni (Katharina Nesytowa), contre qui sa collègue Mariella Colombo de Trévise enquête déjà. Dans le même temps, Jonas tente d’élucider les machinations secrètes des francs-maçons et du « maître de la chaise » (Anian Zollner ) et se retrouve lui-même en danger de mort…
Hanspeter Müller-Drossaart, Charleen Deetz et Lisa Kreuzer peuvent être revus dans d’autres rôles .
« Der Bozen-Krimi » est une production de Merfee Film- und Fernsehenproduktion pour le compte d’ARD Degeto pour ARD. Josh Broecker réalise à partir des scénarios de Mathias Klaschka et Sven Halfar. Les dates de diffusion des deux nouveaux épisodes n’ont pas encore été annoncées.
L’ambulance aérienne du Hampshire et de l’île de Wight a reçu un chèque de 45 000 £ par les francs-maçons locaux de Royal Arch.
Il s’agit de l’un des dons les plus importants que le service de sauvetage ait reçu et il aidera à financer l’hélicoptère, ses autres véhicules et la formation du personnel.
L’organisme de bienfaisance dépense environ 8 millions de livres sterling par an et l’hélicoptère peut être déployé plus de 800 fois sur une période de 12 mois.
Les francs-maçons de Royal Arch collectent de grandes quantités pour des œuvres caritatives et l’argent a été donné par des membres du Hampshire, de Christchurch, de Bournemouth et de l’île de Wight.
En recevant le don, Jill McDonagh a remercié les membres en disant :
« Votre soutien fera toute la différence. Merci d’être à nos côtés. »
Steve Allum, qui dirige les francs-maçons de l’Arche royale de la province, a déclaré :
«Nous sommes fiers de soutenir Hampshire & Isle of Wight Air Ambulance et leur travail essentiel pour fournir des services médicaux d’urgence à notre communauté locale.
« Leurs professionnels hautement qualifiés et leur équipement de pointe garantissent que les patients reçoivent les meilleurs soins médicaux possibles, et nous sommes honorés de contribuer à leur cause. »
L’ambulance aérienne peut atteindre n’importe quel endroit du Hampshire et de l’île de Wight en 15 minutes, garantissant que les patients reçoivent les soins médicaux dont ils ont besoin le plus rapidement possible. Le chef des Francs-Maçons de l’Arche Royale choisit une association caritative sur une base annuelle, ce qui aura un impact bénéfique local.
Les hospices de la région, Macmillan Cancer Care et, plus récemment, Guide Dogs étaient tous des organismes de bienfaisance soutenus de cette manière.
Réservez la date ! À la mi-octobre se tiendra la 5e édition de la Biennale Culturelle et Maçonnique de Bordeaux (BCMB).
Artigues-près-Bordeaux, commune de la Métropole de Bordeaux, accueillera au Campus Atlantica, centre de séminaires et congrès, au cœur même d’un magnifique écrin de verdure ce bel événement maçonnique.
Cette édition se déroulera sous le thème de « L’éthique, un enjeu pour demain ».
Une programmation prévue de longue date…
Le comité programmatique de la Biennale se réunit depuis un an. Il est composé de représentants des Obédiences suivantes : GODF, GLDF, DH, GLFF, GLTSO, GLMU, OITAR, GLMF, GL-AMF, FLNF.
Pour aborder ce vaste sujet qu’est l’éthique, la BCNB propose 7 conférences et 4 tables rondes.
Samedi 14 octobre 2023
Inauguration de la Biennale à 9h00
9h15 – Conférence « Éthique, sciences et intelligence artificielle. L’intelligence artificielle, une nouvelle révolution ? », par Jean-Philippe DOMENGER, professeur à l’Université de Bordeaux/Modérateur : Célestin SEDEGBO
10h15 – Table ronde « Comment entrer en franc-maçonnerie ? »,animée par Michel DRONNE et Bruno DONNEGER
11h15 – Conférence Éthique et environnement. Reconnaitre les droits de la nature, une nouvelle éthique face au vivant », par Marine CALMET, avocate, présidente de l’association Wild Legal/Modérateur : Albert KLEIN
Pause
14h00 – Conférence « Éthique, communication et médias. Éthique et médias : est-ce une utopie ? », par Frédéric PLOQUIN, journaliste, grand reporter/modérateur : Aurélien RESSE
15h30 – Table ronde « Valeurs maçonniques dans le monde du travail, animée par Roland TEVELS et Albert KLEIN
Jean-Michel Dardour.
16h30 – Conférence « Éthique et franc-maçonnerie. Quelle éthique pour les francs-maçons aujourd’hui ? »,par Jean-Michel DARDOUR, président du Campus Maçonnique, ancien 1er Grand Maître Adjoint de la Grande Loge de France/Modérateur : Jean PETAUX
Dimanche 15 octobre 2023
9h00 – Conférence « Santé et bioéthique. Biomédecine et technosciences, à la vie, à la mort », par Christiane VIENNE, Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France, ancienne ministre de la santé du gouvernement Wallon, ancienne sénatrice et députée du Parlement fédéral de Belgique/Modérateur : Patricia LAQUEL
Marianne Blancherie.
10h15 – Table ronde « Réseaux sociaux et franc-maçonnerie », animée par Marianne BLANCHERIE et Aurélien RESSE
11h00 Conférence « Éthique et monde du travail. Valeur travail ou valeur du travail. Quelle émancipation ?», par Timothée DUVERGER, directeur de la chaire TerrESS à Sciences Po, auteur/Modérateur : Jean DUMONTEIL
Pause
14h00 – Conférence « Éthique, politique et société. Éthique et politique, l’inaccessible étoile ? »,par Jean PETAUX, politologue/Modérateur : Brigitte NABET-GIRARD
15h30 – Table ronde « Franc-maçonnerie, mode d’emploi »,animée par Xavier CHABOIS-CHOUVEL, ancien 2ème Grand Maître Adjoint du Grand Orient de France, et Catherine GUILLOU.
Infos pratiques : Entrée libre et gratuite
Campus Atlantica | Centre de séminaires et congrès proche de Bordeaux
La célébration ordonnée d’un anniversaire ou d’un passage, d’un règne à un autre, du père au fils, du célibat au mariage, d’une classe d’âge à une autre, du commencement à son actualisation, du berceau à la tombe, est une des pratiques culturelles ayant pour but d’exorciser théâtralement le désordre provoqué par tout changement. La fête ordonne ainsi le temps, cautérise les ruptures et les passages, elle sacralise la régulation du temps et apaise les inquiétudes provoquées par l’impossibilité de l’éternité, du «toujours».
La fête organise la périodicité des passages que le temps naturel et le temps social imposent. Elle rappelle, par la cérémonie, les spectacles, la participation de tous, la célébration d’un consensus, et notre consensus c’est une forme de francs-maçons libres, résistants, voir impertinents parce que profondément tolérants.
En1789, le consensus était loin d’être trouvé. La fête paraissait trop intimement liée à l’effervescence, à la violence et à l’agitation populaires. Trop ancrées dans l’exaltation de coutumes et de pratiques mythiques du peuple, les fêtes étaient trop éloignées de l’aspiration culturelle de la nouvelle classe politique de cette époque, qui, elle, était bercée par la philosophie des Lumières. Une double nécessité conduisit le législateur : abolir les anciennes cérémonies, mais, dans le même temps, organiser les nouvelles fêtes afin que celles-ci puissent ordonner les débordements populaires. Une législation abondante et précise se mit en place, alors, tout au long de la décennie révolutionnaire. Le remplacement progressif du spontané par l’ordonné fut le souci des gouvernants. Leur but était de fixer la symbolique révolutionnaire et de canoniser le plus rapidement possible l’événementiel afin qu’il devienne légitimement l’Histoire de France. Cette volonté de rupture avec l’ancien régime, cette liquidation du passé et cette routinisation rapide des fêtes révolutionnaires sont, cependant, un exemple de greffe mal prise car elles ne sont que syncrétismes volontaristes mêlant des aspirations opposées et irréductibles. La raison des Lumières, reine du monde en ce temps, ne put changer le cours, ethnographiquement constitué depuis des siècles, des activités festives d’une population encore peu urbanisée. L’essai de greffe d’une nouvelle culture rationaliste sur un fond de folklore traditionnel marque bien les limites d’une telle opération de chirurgie culturelle.
Par exemple, tous les cultes traditionnels comportent des rites de passage, qui intègrent une mort et une résurrection symboliques de dieux ou de héros, mort et résurrection répétées par des cérémonies liturgiques qui ne seraient que des rites solaires.
Ainsi, on sait qu’avant d’être celle du dieu ou du héros, la mort et la résurrection marquent le rythme végétal : la nature meurt en hiver et renaît au printemps. Comme le dit Alain, dans ce beau texte La fête de Pâques :«sous tant de nom d’Adonis, d’Osiris, de Dionysos, de Proserpine, sont désignés par la même chose que le Mai, la dame de Mai, Jacques le Vert et tant d’autres dieux agrestes et c’est pourquoi il faut, au temps des primevères, célébrer la résurrection». C’est ainsi que l’arbre de mai, issu du folklore paysan, incorporé à l’arsenal de la symbolique révolutionnaire, devint l’arbre de la liberté. Cette dénomination rassura par sa nouveauté, mais la continuité des cultes paysans résista. Songeons à Edgard Quinet, et à son texte Le christianisme et la révolution, si chagrin de devoir constater que tout le cérémonial révolutionnaire n’a pu déplacer un seul saint de village : « On a cru que dans un miracle d’enthousiasme, on pourrait inventer, en une heure, cet amas de rites et de cérémonies, que la vieille Église a mis dix-huit cents ans à composer. Le malheur est, qu’au moment où l’on pensait être le plus révolutionnaire , on retombait dans l’ombre de l’Église que l’on venait de répudier. Ces abstractions mises à la place des saints, ces saisons, ces vertus, à la place des fêtes ecclésiastiques, n’était-ce pas une imitation constante du catholicisme? » Ainsi, la fête révolutionnaire essaya d’amalgamer les traditions et les nouvelles aspirations philosophiques et politiques, elle essaya, sans réussir, de réduire la tension entre le muthos et le logos.
Longtemps, cette problématique a été résumée par la formule « du muthos au logos », où le passage de l’un à l’autre supposait quelque chose comme l’avènement de la raison mettant fin aux compréhensions mythiques du monde. Il s’agit de notre rapport primordial au monde entre la direction d’une compréhension mythique potentiellement métaphysique (muthos) et celle d’une explication objective et critique la validant dans un discours rationnel et cohérent (logos). La dualité muthos/logos est interne au langage lui-même et constitue sa double visée : visée de sens et visée de vérité.
« Avant les présocratiques, toutes les questions que se posaient les hommes étaient réglées par la religion. De la naissance du monde à la succession des saisons en passant par le cycle jour/nuit ou l’existence des petits papillons volages: tout était question de Dieux et de Déesses dont les actions influaient sur le monde des hommes. Toutes ces explications se transmettaient par tradition orale, sous forme de récits mettant en jeu ces êtres surnaturels: les mythes… Vers 600 avant Jésus-Christ, les premières voix s’élèvent en Grèce pour « casser » les mythes. Oh, il s’agit d’abord d’un lointain murmure car quiconque nierait l’existence des dieux de façon catégorique pourrait très bien se voir condamné à mort… C’est Xénophane de Colophon qui ose dire tout haut ce que certains pensent tout bas… Ainsi écrit-il vers -570 : <Les hommes ont créé les dieux à leur image: ils croient que les dieux sont nés avec un corps et des vêtements et qu’ils parlent comme nous. Les Éthiopiens disent que leurs dieux sont camus et noirs, les Thraces que les leurs ont les yeux bleus et les cheveux roux. Si les taureaux, les chevaux et les lions avaient su peindre, ils auraient représenté les dieux en bœufs, chevaux ou lions! » ( extrait d’un succulent article de Djinnzz, Les mythes et les philosophes de la nature).
Dans La République, Platon indique qu’il y a un bon et un mauvais usage des mythes : il y a des mythes édifiants, seuls éligibles pour la mission d’éducation des jeunes et il y a des mythes fâcheux, qu’il faut tenir sous le boisseau ; il s’agit des insanités qu’Hésiode raconte sur les dieux dans sa Théogonie. Et pourtant, » Hésiode se retourne contre Homère pour dire quelque chose de totalement nouveau. Selon cette interprétation, Hésiode reçoit l’ordre de chanter le vrai et non des fictions qui ont l’apparence de réalités » (Du muthos au logos Le détour par la pragmatique des discours, § 6)
Aristote voit dans le mythe l’équivalent de l’étonnement : une incitation à connaître, à chercher à élucider le mystère de notre présence au monde. Mythologies grecque et romaine confondues, cela donnera jusqu’à 30000 dieux, surhommes, héros et géants.
La rupture est consommée quand Thucydide pose les premiers jalons de l’histoire objective ; le chroniqueur méthodique de la Guerre du Péloponnèse dénonce alors «les logographes qui, en écrivant l’histoire, sont plus soucieux de plaire à leur public que d’établir la vérité. Les faits dont ils nous parlent sont incontrôlables. Ils se sont, au cours des âges, parés des prestiges de la fable (muthos), perdant ainsi tout caractère d’authenticité». Pour Thucydide, à la catégorie du mythe, celle de l’opinion fausse, du ouï-dire et du discours d’apparat composé pour l’auditoire du moment, doit être substituée l’exacte mémoire des évènements et des paroles à laquelle donne accès la pensée raisonnée, le logos, dont se réclament aussi désormais les philosophes.
Pour l’intelligentsia grecque, romaine puis chrétienne, le mythe, étranger parce qu’étrange, reste la marque même de l’ailleurs.
Descartes, quant à lui, cherche à se démarquer de la scolastique en manifestant, concrètement, tout le potentiel heuristique de la raison, la vraie voie du savoir déterminé non pas par un chemin de la pensée (muthos), mais par la conduite méthodique de la raison. Le Tractatus theologico-politicus de Spinoza est un des exemples de réaction d’hostilité à l’égard des mythes et de la pensée mythique, dénoncés comme des turpitudes de l’imagination, ou d’un logos sans principes, ayant jalonné toute l’histoire de la pensée.
Pour Paul Ricœur, c’est la confrontation de deux modes d’articulation de notre rapport au monde : le mode révélationnel ou symbolique (muthos) et le mode réflexif (logos).
La tension équilibrée entre ces deux pôles, muthos et logos, est de nous orienter et de nous aider à habiter notre monde. Au-delà du muthos et du logos, au-delà de toute conception étroitement rationaliste du savoir, ou d’une certaine religiosité, il reste à saisir l’infinie variété des manifestations du sens susceptible de fonder un ordre théorique ou pratique, une science ou une éthique, susceptible de fournir un horizon de vie, la plus convenable possible, à un être qui, selon une forte présomption, est né du langage et condamné à ne comprendre que par la médiation des signes du langage. «Je considère que l’ambition de dépasser les contraires, incluant une synthèse qui embrasse la compréhension rationnelle et l’expérience mystique de l’unité, est le mythos, la quête, exprimée ou inexprimée, de notre époque.» (Werner Heisenberg, prix Nobel de physique).
Au printemps 1989, surgit l’équivalent alphabétique, l’anagramme parfait des 15 lettres du nom de la respectable Loge L’Arbre de Liberté avec l’expression déterrer la Bible[1]! Cela démontre une fois encore que la Franc-maçonnerie est un véritable centre d’union, athanor culturel de l’œuvre à toutes les couleurs de l’humain. Et c’est cela qui fut célébré : l’anniversaire de la réconciliation du muthos et du logos une fois encore, l’affirmation d’être au cœur de l’aventure humaine, d’être tel qu’est représenté l’homme par toutes les civilisations et toutes les initiations : un arbre éternellement nourri à la fois par l’esprit et par la matière, à la frontière du visible et de l’invisible, une dualitude dirions-nous, une kratophanie dit Mircea Eliade.
Alors, derrière le sensible, qu’est-ce qui est intelligible dans cette commémoration ? La régulation de la continuité est organisée grâce à tout un ensemble de lieux, de décors, de costumes et d’activités fixant l’imaginaire et précisant les gestualités permises, définissant un rituel de circonstance en quelque sorte. De fait, on peut dire qu’une fête est un excès permis, voire ordonné, une violation solennelle d’une prohibition. Elle est désordre, renversement des interdits et des barrières sociales, fusion dans une immense fraternité, par opposition à la vie sociale commune qui classe et qui sépare. On peut donc dire qu’elle manifeste la sacralité des normes de la vie sociale courante par leur violation rituelle. Toute tenue n’est-elle pas une fête en ce sens-là ? Et de ce désordre surgit un ordo ab chao qui devient lieu de passage de la horde vers l’homme, de l’homme vers le franc-maçon.
Les cérémonies de passage sont des célébrations d’intégration de l’impétrant. Comme l’écrit Louis Trébuchet dans son article Réflexions sur les dépouillements : «Tout rite de passage fonctionne globalement de la même manière : on se soumet aux anciens du clan pour acquérir, ou pour accéder, à leur savoir ou à une partie de celui-ci, le reste étant à acquérir par ses propres moyens. Le passage par le rite permet d’atteindre le statut de plein exercice que possèdent les membres déjà présents. Accédant au statut complet (parfait), le postulant/candidat aura le droit de partager les connaissances de la tribu, essentielles pour la survie. Que le savoir soit pragmatique ou non, il est présenté comme secret, ésotérique, mystérieux, sacré, ou religieux, ce qui ne change rien aux principes.» (p.2/11).
C’est aussi des cérémonies de transmission continue, plus ou moins ritualisées d’un contenu culturel à travers l’histoire depuis un événement fondateur (réel ou mythique) ou de temps immémorial, lequel constitue un facteur d’identité, de cohésion et de légitimation d’un groupe (Voir l’article Les triptyques initiatiques).
Mircea Eliade, à travers toute son œuvre, a montré comment de tels rituels constituaient une régulation sociale essentielle en intégrant l’individu dans l’ordre d’un cosmos. On y retrouve les thèmes de la séparation, les épreuves, la solitude, les voyages, le silence absolu, le serment, la naissance, la mort, les éléments, la lumière et l’agrégation au groupe…La cérémonie peut débuter par un isolement du reste du monde et une retraite dans un lieu symbolisant l’au-delà, les ténèbres primordiales, en somme la mort. D’autres rituels symbolisent cette mort initiatique de façon plus explicite. L’impétrant reçoit ensuite son initiation, la révélation des «secrets». Cette connaissance, parfois purement symbolique, change son statut ontologique. Les premiers catéchismes offrent une variété de réponses à la question, «Êtes-vous un franc-maçon ?» Ainsi, dans Edinburgh Register House MS et dans A Mason’s Confession la réponse est «Oui» ; dans le MS. Sloane 3329 « Oui, je suis un franc-maçon »;dans A Mason’s Examination « Oui en effet, je le suis » ; dans The Mystery of Free-Masonry «je le suis» ; dans Masonry Dissected «Je suis reconnu comme tel et et accepté parmi les Frères et les Compagnons».
L’initiation se termine avec la renaissance du néophyte. Il retourne à la vie normale, portant des symboles de son nouveau statut (nouveau nom, tatouage, reconnaissance par les autres de son nouveau statut, …). Ainsi se dégage une succession d’évènements : la préparation du récipiendaire, les voyages associés aux éléments dans l’ordre air, eau, feu (avec une variante au RER : feu, eau, terre), le serment, la restauration de la Lumière, les premiers pas dans l’angle d’un carré long, l’investiture, la communication des modes de reconnaissance, la tradition des outils, la prise de possession de l’Angle nord-est, l’instruction, qui, d’un point de vue anthropologique recouvrent les trois étapes de tout rite de passage : isolation, déstabilisation, agrégation. Tout compte fait, la cérémonie d’initiation maçonnique n’est qu’un commencement permettant de sortir du Temple mais, surtout, d’y revenir pour poursuivre le chemin par réitération à chaque fois de nouveaux commencements.
Quelle est cette expérience qui nous fait avancer sans quitter un même lieu ? Qui nous fait progresser, qui nous transmute sans que nous soyons sortis du cercle de notre existence ? Quel est ce dépassement intérieur qui nous rejette en nous-mêmes, nous transforme ? Cette expérience c’est la lutte pour s’engendrer plus humain encore, et la récompense sera pour celui qui saura dompter le temps en décidant quand il est midi ou minuit pour lui. «Lorsque nous aurons atteint l’autre rive», écrit André Néher, «ce sera un autre nous-mêmes qui sera là-bas. Mais ici, nous luttons contre l’agonie (je dirai nous nous rendons dignes de l’épreuve humaine), essayant de renverser le temps, et par la mort, par la sanctification de l’instant de la mort, de donner un sens à toute notre vie».
Nous, tous les francs-maçons, travaillons de façon spéculative dans le temple pour porter à l’extérieur, dans le monde des réalités, notre capacité à la fraternité universelle. Voilà, c’est alors la naissance, c’est l’aube, c’est le ciel sur la terre, c’est le lever du soleil sur la nuit, sur tous les arbres de la Liberté.
La Fraternité, si chère aux Francs-maçons repose sur le fondement idéologique de la réciprocité entre les membres. En somme, « fais aux autres, ce que tu aimerais qu’ils te fassent ! » C’est sur ce principe que le Réseau On Va Rentrer, que vous connaissez désormais, vient de lancer un nouveau service payant pour les entreprises animées par des Sœurs et de Frères.
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Dans le sillage des célébrations, les 8 et 9 juillet au Caudan Arts Centre, des 250e ans de l’appellation Grand Orient de France (GODF), nous avons rencontré Jacques Helary, Grand Maître Adjoint (Maçonnisme et Juridictions). Avec une délégation du GODF, il a lancé, hier, le «bouquet final» de cet anniversaire avec le volet mauricien, avec, entre autres, la conférence publique d’hier et un banquet républicain, ainsi qu’une exposition de tableaux et une projection de film qui sont toujours ouvertes au public, ce dimanche. Une médaille commémorative, spéciale 250 ans, a également été conçue à cette occasion historique.
Comment est né le Grand Orient de France ?
D’abord une petite précision, nous fêtons les 250 ans de notre appellation. C’est-àdire que l’avènement du Grand Orient de France date de 1728. Déjà naissait dès ce moment-là l’idée d’une forme de démocratie au sein de ce qui n’était pas encore une association puisque ce régime, en France, n’existait pas encore ; un attachement à la République, une démocratie, ce qui était une particularité pour la franc-maçonnerie telle qu’elle naissait. Ce n’est qu’en 1773 que les choses se sont formalisées. Nous travaillons sur des lieux que nous appelons des Orients, l’Orient de Paris, de Marseille, de l’île Maurice. Quand il y avait des loges issues de la maçonnerie anglaise au tout début, l’obédience s’appelait une Grande loge. Et nous nous sommes appelés un Grand Orient. Voilà pourquoi c’est ce nom qui a été pris en 1773 pour continuer et formaliser ce qui existait depuis 1723. (…)
Comment fonctionne l’obédience ?
Administrativement le GODF c’est une association, un régime des lois de 1901 en France, et nous fonctionnons avec les obligations et les possibilités que nous donnent ce régime associatif. Dans les obligations, il y a la clarté des comptes, la clarté des fonctionnements. C’est-à-dire que nos statuts sont déposés, nos comptes sont publiés chaque année. Au passage, nos seuls revenus disons associatifs sont les cotisations de nos membres. Aucun financement public, aucun financement privé non plus. Ce ne sont que les cotisations que nous versons chacun de nous à notre loge qui alimentent pour partie la trésorerie du GODF.
C’est quoi le GODF au quotidien ?
Nous allons commencer par ce que n’est pas le GODF. Ce n’est pas un parti politique ; ce n’est pas un syndicat, et ce n’est pas un think tank. Ce n’est pas non plus la réunion d’experts sur tel ou tel sujet. Ce sont des gens comme moi, comme vous, comme les gens qui nous lisent. Des gens du quotidien qui ont décidé, je vais employer un mot qui est un peu fort, de confronter leur idées, leurs visions des choses pour tenter d’en faire sortir une nouvelle idée de ce pourrait être fait, de ce qui doit être fait. Il y a eu de grands combats au fil des décennies et des siècles. Mais en fait, ce n’est pas un groupe de pression. Voilà ce que nous ne sommes pas. Nous nous réunissons, c’est un reproche un peu injuste qui nous est fait, en secret, mais en fait, ce n’est pas en secret. On sait quand ont lieu nos réunions. C’est publié à peu près partout et tout transpire aujourd’hui. C’est une très bonne chose. Ce qui est secret c’est quelques points. C’est d’abord l’appartenance d’un autre. Je suis libre de dire que je suis franc-maçon. Si je m’exprime aujourd’hui en tant que Grand maître adjoint du GODF, en lieu et place de notre Grand maître Georges Sérignac, il est évident que je révèle mon appartenance à la franc-maçonnerie et au GODF. Mais je n’aurais pas le droit dans un lieu autre qu’au sein de la franc-maçonnerie et de nos loges de dire que tel ou tel appartient à la franc-maçonnerie.
Ce n’est pas un parti politique ; ce n’est pas un syndicat, et ce n’est pas un think tank. Ce n’est pas non plus la réunion d’experts sur tel ou tel sujet.
Pourquoi cette obligation de secret alors ?
Tout simplement parce que, dans l’histoire, la franc-maçonnerie en général, et en particulier le GODF a subi des pressions dès sa création, des oppositions par les forces conservatrices, royalistes, anti-républicaines. Ce qui définit le mieux ce qu’est le GODF, c’est certaines phrases de nos opposants dès le début. Voilà aussi sur le secret parce que c’est aussi un fantasme qui circule. Nos comptes sont publiés. Je suis libre de dire que j’appartiens à la franc-maçonnerie. Ce n’est ni honteux ni problématique. Et puis il y a autre chose, c’est le secret des débats qui est attaché à la liberté que nous nous imposons. En fait, c’est comme dans toute association, toute entreprise, voire dans les corps d’État, nous rencontrons la même chose. Ça ne s’appelle pas le secret ailleurs, au sein du conseil d’État, de l’association des actionnaires d’une grande société. Ça ne s’appelle pas le secret ; ça s’appelle de la discrétion. Nous c’est pareil. Je suis libre en loge de dire ce que je veux. On a une façon de dire les choses qui nous permet d’aller plus loin dans la discussion et dans les choses. Donc, ce secret nous oblige à la liberté, donc à aller au bout des choses. Je peux pouvoir dire ce que je veux en loge, à partir du moment où je l’exprime comme il se doit, selon nos règles de travail, mais je suis sûr que rien ne sortira à l’extérieur. Donc en fait, la discrétion sur nos travaux internes.
Ceci dit, chaque année, la plupart de nos travaux sont publiés à travers les rapports sur ce qu’on appelle les questions-études des loges. Mais la teneur elle-même de mes propos en loge ne seront pas traduits in extenso, parce que d’abord, personne ne le fait. C’est une règle de vie de structures comme la nôtre et comme beaucoup d’autres. Et cette liberté que j’ai en loge m’oblige aussi à dire les choses de façon très mesurée. Je suis très en colère, je vais dire que je ne comprends pas ce qu’a dit un de mes frères ou une de mes sœurs. Il m’arrive aussi de ne pas les comprendre. Nous avons aussi une obligation de secret parce que nous avons été chahutés, voire persécutés jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et encore après, par ce que j’appelle les forces réactionnaires et certaines forces anti-républicaines. (…)
(De g. à dr.) Yves Martin Ahanda-Assiga, Pierre Mollier, Jacques Helary et Amaresh Ramlugan.
Amaresh Ramlugan est un Mauricien qui a été élu Conseiller de l’Ordre par la Région monde, d’une des 17 régions du GODF. La Région monde comprend les loges d’Afrique, d’Amérique et d’Océanie. C’est une élection démocratique. Il est aussi Grand délégué aux loges d’Asie, du Pacifique et de l’océan Indien aux colloques et événements.
Georges Sérignac a tenu à préciser il y a peu qu’il n’est pas obligatoire pour un homme politique d’être franc-maçon. Pourquoi est-important de le préciser ?
Parce que nous sommes longtemps passés pour un groupe de pression. Il est vrai que sous notamment la IIIe République beaucoup de parlementaires étaient francs-maçons. Cette époque, aujourd’hui, est révolue. Est-ce qu’elle a été bénéfique, oui parce que le but de nos échanges en loge c’est construire, certains appellent cela une utopie, pourquoi pas, d’un monde meilleur, d’un monde plus éclairé, et cela, à chacun de nous de le ramener dans la société, individuellement. Moi, en tant qu’informaticien, et donc à avoir gérer des relations avec les personnes parce que derrière les ordinateurs, il y a d’abord les utilisateurs (…) Je sais que j’ai vécu autrement ma profession lorsque je créais des logiciels, j’avais une autre optique de la société des êtres vivants, du vivant qui était derrière son ordinateur C’est-à-dire que je me refusais à construire certains logiciels qui devaient pister, évaluer le travail de chacun. J’avais beaucoup de mal à créer certains logiciels. C’est un exemple de la mission de chacun c’est de ramener hors du temple l’enrichissement qu’il a connu en loge sur ses propres réflexions, sur sa vie, son positionnement. (…)
Revenons-en aux parlementaires francs-maçons…
On a donc, cette période très riche d’un Parlement fait de nombreux francs-maçons, pas seulement au GODF parce qu’à l’époque quasiment toutes les obédiences, et le GODF n’étaient pas forcément le plus engagée dans le sociétal à cette époque-là, les parlementaires ont ramené un certain nombre de choses. La loi des associations, la séparation des pouvoirs entre l’Église et l’État pour la France, etc. Et beaucoup plus tard encore dans le cadre de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, et encore aujourd’hui sur le développement durable. Chaque maçon a sa place dans la société. Et comme il y avait beaucoup de parlementaires francs-maçons, de toute obédience, ce travail a été possible. Mais ce n’est pas le rôle de masse d’une obédience maçonnique. Ce travail est individuel, en conscience, la conscience c’est d’abord individuel.
Donc aujourd’hui comme nous ne sommes pas un groupe de pression nous voulons aussi combattre cette image qui nous a été donnée. Je vais employer de grands mots, qui ont été beaucoup utilisés au milieu du siècle dernier, parce que nous ne faisons pas partie d’un complot anti-religieux, anti capitaliste, anti-gauche, anti-droite. Non, nous sommes une masse d’individus qui chacun réfléchit et essaye d’éclairer les choses. Donc, il est important pour nous dans le travail de communication de ce qu’est une obédience et ce qu’est le GODF de dire cela aujourd’hui. Et puis, certaines obédiences, e l l e s , c o n s i d è r e n t qu’aujourd’hui, peut-être que ça date du milieu du 20e siècle, toujours cette période de la Seconde Guerre mondiale et du régime scélérat de Pétain, qui nous a associés à un complot. Nous, judéo-maçonnique, ça ne nous pose aucun problème ; le problème, c’est le complot. Donc, cet amalgame. C’était vraiment une association caricaturale et ils l’ont bien appliquée, cette chose-là, qui leur a permis de faire taire les idées progressistes qui pouvaient déjà être nées en France à cette période et sont largement combattues. Donc, nous ne faisons pas partie d’un complot, ni antireligieux, encore moins antiétatique, surtout pas anti-républicain parce que nous sommes pour une République laïque absolue. Ça c’est un engagement ; ça fait partie de nos constitutions, ça oui, mais à titre individuel.
Nos statuts sont déposés, nos comptes sont publiés chaque année.
Pourquoi l’île Maurice a-t-elle été choisie comme ville de France pour les 250 ans du GODF ? Pourquoi pas La Réunion ?
Nous aurons des manifestations prochainement à La Réunion, moins formelles autour des 250 ans puisque nous nous associons aux 230 ans de l’appellation La Réunion qui seront fêtés prochainement. Les conclusions des travaux sur les 250 ans de l’appellation GODF, nous avons eu Lille, Lyon, Nantes, Toulouse, Nancy, Marseille, Bordeaux, Tours, entre autres, et dernièrement Paris. Nous avons voulu finir à Maurice, j’ai envie de dire, pour un bouquet final parce que d’abord, c’était pas Paris. C’est qu’un Conseil de l’Ordre, c’est des gens de toutes les régions et notamment la représentativité de l’île Maurice a toujours été défendue par notre ami Amaresh Ramlugan (voir hors-texte). Aujourd’hui, il n’est plus représentant de la seule île Maurice. Il l’a été et est fortement engagé, et là, il s’est proposé avec nos frères et sœurs de Maurice d’organiser ce bouquet final qu’on ne voulait pas parisianiste. L’idée d’arriver à ces conclusions sur un territoire où très tôt la maçonnerie et celle du GODF s’est installée dans ses nouvelles composantes de formes de travail, démocratiques et poussées sur certaines questions républicaines, au titre du symbole, c’était important de la finir ici.
Avec ces événements publics, beaucoup se demanderont : que fais-je si je veux être franc-maçon à Maurice ?
À Maurice, comme ailleurs. Je suis élu dans une des régions de Paris, la IV. Je reçois quotidiennement des candidatures qui ont été déposées sur le site. Mais si les gens de Maurice s’inscrivent sur le site et stipulent où ils vivent, parce qu’ils peuvent être Mauriciens et travailler ailleurs, ou l’inverse. En fonction de cela, c’est transmis aux représentants de la région géographique correspondante, qui est chargé d’attribuer cette candidature aux délégués du Conseil de l’Ordre de la région et lui est chargé de les transmettre aux loges. (…) Après contact est pris par le vénérable maître de la loge, c’est-à-dire le président de l’atelier locale la loge, et la se déroule une opération toute simple qui est de s’assurer de la convergence non pas de nos idées, mais de nos valeurs, parce qu’on ne fait pas rentrer que des francs-maçons en maçonnerie. Moi, quand je suis rentré, je n’étais pas franc-maçon ; j’étais profane. Donc, j’ai eu un contact avec mon vénérable maître qui s’est assuré que cela pourrait bien se passer et puis après, il y a des enquêtes, qui est un grand mot ; c’est un mot historique ou la vraiment, au début du 19e siècle, on faisait de vraies enquêtes locales, de moralité, etc. Là ce sont des échanges pour s’assurer que la loge va convenir au dit profane, au futur initié ou à la future initiée, et qu’il ou elle se sentira bien dans cet atelier-là. Ça joue aujourd’hui sur des choses évidemment réfléchies. (….) Être majeur, ne pas avoir de casier judiciaire, la partie publique. (…)