Accueil Blog Page 489

MARIH et l’aludel : un conte alchimique au 3ème degré maçonnique.

Si la femme blanche est donnée en mariage à l’époux rouge tous deux bientôt s’embrassent et s’accouplent.

Ils se dissolvent eux-mêmes et s’accomplissent aussi eux-mêmes.Elle était là, maintenant, sous le drap noir. Dans cette obscurité qui l’habillait complètement, sa pensée demeurait comme une lueur. Ici nulle propension pour la suavité d’un étrange nihilisme romantique, mais l’attente, le recueillement devant ce dés-arrangement d’avec les forces de la vie. Non pas simple délétion, mais comme l’obligation d’aller à la rencontre de ce qui tient toute la vie en l’état. Murmures intérieurs vers l’évènement le plus silencieux. C’est la rencontre pour l’être humain de ces instants intimes, comme une fluidité qui fait retour sans égard pour la durée, l’implosion dans un temps vrai, la mort comme grande affirmatrice de la vie.

Tu es le dernier Maître exalté, ma Sœur, alors tu feras le mort. Le très Respectable Maître l’avait désignée ainsi pour être cet acteur du psychodrame prévu à cette tenue d’élévation de son bien-aimé Frère Christophe, son compagnon d’enfance qui l’avait rejointe en Franc-maçonnerie quelques mois après sa propre naissance initiatique.

Elle avait été installée, couchée à terre, la tête vers l’occident, elle avait machinalement replié sa jambe droite comme il convenait. Elle savait qu’au-delà de la ligne noire qui l’enveloppait il y avait une mise en scène. Un bijou à ses pieds, un linge souillé de sang par-dessus le suaire crépusculaire.

– C’est plus grand qu’un bandeau, ironisa-t-elle en elle-même. Le voile, sur elle, ne l’empêchait pas de voir cette fois-ci, car elle savait. Elle n’était pas séparée des autres, mais bien avec eux, participant, depuis sa place, du même rituel, de la même dramaturgie, seulement dans un rôle différent. Ni sur les colonnes, ni à l’Orient, ni entre les colonnes, ni sur le parvis. L’évidence de son expression corporelle la mettait hors du mouvement de la vie, elle était là, sans personnalité à montrer, sans qu’on tienne compte de son absence. Elle était au centre, mais elle avait disparu et tout continuait sans elle, sans attente d’elle sinon qu’elle soit morte. MARIH était avec la mort, pas seulement celle de son ego, elle était l’assassiné.

Jésus dit : « Qu’on me montre cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C’est la pierre d’angle ! » (Logion70)

– Tiens, je ressemble à un pendu tiré d’une carte de tarot. Je suis pendue par un pied, sans être vraiment attachée, suppliciée comme un chrétien primitif.

Un frisson d’empathie lui déchira les entrailles à la pensée de toutes les tortures infligées depuis le commencement de l’histoire humaine.

– Je suis le-pendu, murmura-t-elle, comme en s’adressant à l’obscurité et en écho elle entendit pendu-le et elle sourit à son attitude, son inversion spatiale lui permettait de mieux faire circuler les énergies, un monde à l’envers, où ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et alors elle se vit, non plus dansant au bout d’une corde, mais dansant sur un pied, entre deux arbres bourgeonnants. Le gibet était devenu J.B., ses chères colonnes, celles qui ouvrent  le passage, les pas-sages qui mènent à la lumière du Delta.

L’idée de son renversement par rapport à la loge lui rappela l’exergue, gravé sur bois, en image circulaire, qui accompagne le traité de Basile Valentin où elle avait retrouvé l’origine du mot vitriol du cabinet de réflexion. Basile Valentin écrivait ainsi : «Fais que ce qui est dessus soit dessous, que le visible soit invisible, le corporel incorporel, et fait derechef que ce qui est dessous soit dessus, l’invisible rendu visible, et l’incorporel corporel, et de cela dépend entièrement toute la perfection de l’art, où néanmoins habitent la mort et la vie, la génération et la corruption». En haut de la figure paradigmatique à laquelle elle pensait, il y a le signe alchimique de l’accomplissement du Grand Œuvre, renversement de l’idéogramme du soufre, comme un pendu, placé sous le Graal qui reçoit, ensemble, les fluides du soleil et de la lune. Le soleil et la lune ont pris comme couche hiérogamique le calice du Graal ce qui lui fit penser comme Carl Gustav Jung : Le Rouge et le Blanc sont, alors, Roi et Reine et peuvent célébrer leurs noces chimiques.

Sa pensée vagabonde l’avait retirée de la cérémonie qui se poursuivait sans elle.

– J. rouge, B. blanc, moi noire ! «Moi, noire, harmonieuse, fille de Iéroushalaïm comme une tente de Qédar, comme une tenture de Shelomon. Ne me voyez pas, moi la noirâtre : oui, le soleil en moi s’est miré». Ainsi s’exprime la sulamite du Cantique des Cantiques. Je suis donc cette terre noire, terre fertile dont je dois extraire la fécondité cachée et l’esprit qui s’y trouve inclus. Je suis l’Al-Kemiya, la terre d’Égypte. Le cabinet chtonien des réflexions, l’épreuve du bandeau, la cérémonie d’initiation, cet accouchement  issu des ténèbres lui avaient déjà dit tout cela. L’œuvre au noir avait ainsi commencé. Je suis la vierge noire des commencements. La Vierge Noire est  «la Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres», le monde de «la substance universelle ténébreuse». Cette Ténèbre, c’est celle que nos mystiques désignent comme Nuit de lumière, Noir lumineux, Lumière noire. Elle est «la Lumière du non-manifesté». «J’étais avant qu’il formât aucune créature. J’étais de toute éternité avant que la terre ne fut créée» et encore «J’étais avec lui et je réglais toutes choses». Dans ce texte il s’agit bien de l’essence des choses. Eh bien, ce texte est une épître qui est lue à la messe de l’Immaculée Conception. Ce que l’on peut dire avec Fulcanelli, c’est que les litanies nous apprennent que la Vierge est le vase qui contient l’esprit des choses, le «Vas Spirituale». Marie, Vierge et Mère, représente donc la forme, elle est Binah de l’arbre des séphiroth. Elle est indiscutablement la matrice primitive, elle est la materia prima, elle est au commencement du Grand Œuvre.

Et l’on sait que c’est en retournant dans le sein maternel qui les avait jadis formés que les métaux vulgaires se changent en métaux philosophiques, on dit qu’ils sont réincrudés, c’est-à-dire remis dans un état voisin de leur état de perfection originelle ; ils sont devenus vivants ou philosophiques. N’est-ce pas là aussi un sens de notre passage par le cabinet de réflexion où, à l’issue d’un plongeon cosmogénétique, l’impétrant renaîtra fils de la Vierge, vivant et transmué ? On pourrait dire adoubé.

Pour les Celtes, la terre est la mère nourricière, féminine donc et enfantant les humains. Ils rendent dans leur culte hommage à la femme, en la déesse Bélisama, qui dans le panthéon celte, était la sœur de Belen, le grand dieu des Gaules et la personnification du Soleil, ce que la religion du crucifié récupéra avec la vierge Marie.

À Chartres, bien longtemps avant la naissance du Christ, les Celtes honoraient «une vierge qui doit enfanter», qui deviendra une vierge noire avec les chrétiens. Le cube de Matière Noire est alors destiné à représenter symboliquement notre Mater noire, Mère Vierge en parthénogenèse, puisque pleine de potentiel de vie, phalliquement dressée, et organisant l’incubation humaine afin qu’il se fasse dieu. Autrefois, les Vierges noires étaient souvent représentées accompagnées de symboles phalliques. Les premières auraient d’ailleurs dérivé des … menhirs, qui eux aussi sont de la pierre, c’est-à-dire de la terre qui insémine la Terre.

La condition primordiale essentielle de tout travail de génération est l’absence de lumière solaire. Fécondation et génération ne s’opèrent que dans une obscurité complète. La vie commence dans les profondeurs du noir pour tous les règnes vivants, même pour les gemmes qui deviendront éclat de lumière. C’est à partir du noir que se font les commencements. La première marche sur laquelle le compagnon monte lors de son augmentation de salaire au rite de Salomon est, évidemment, noire. Pour atteindre la lumière sur la cinquième marche blanche il faut passer depuis la terre noire par l’air bleu, l’eau verte et le feu rouge et, sur chaque marche à gravir, un vase contenant les 5 aspects de la transmutation du grain de blé en germe, en tige, en épi et à nouveau en grain, attestent le cycle de l’initiation : mort et résurrection.Que les corps soient mis en putréfaction et deviennent terre noire, et quand vous verrez cette matière devenue noire, réjouissez-vous car c’est le commencement des opérations. Et la putréfaction est nécessaire.

Le temple à couvert, bien fermé, c’est l’aludel luté où peut commencer l’œuvre au noir, dispersion et dissolution de l’être dans la renaissance initiatique. Comme une invite à l’alchimie, le rouge et le blanc des deux colonnes forment un système duel et attestent qu’une tenue c’est l’opération au cours de laquelle, du creuset-loge doit naître l’or pur réalisé par l’union du soufre et du mercure. Et le franc-maçon parvient à l’œuvre au blanc quand scintille la surface verdâtre de la materia prima en fusion, quand l’étoile flamboie dans la pâte originelle, quand il passe de la pierre brute à la lumière, de la vierge à l’étoile.

Quelle idée me donnerez-vous de la nature ? demande-t-on dans les instructions pour le grade d’Adepte ou apprenti Philosophe sublime et inconnu. Il est fait réponse : elle n’est point visible, quoiqu’elle agisse visiblement, car ce n’est qu’un esprit volatil qui fait son office dans les corps et qui est animé par l’esprit universel. Nous le connaissons en Maçonnerie vulgaire, sous le respectable emblème de l’Étoile flamboyante.

Comme le Dragon, qui naît dans la noirceur, est nourri de son Mercure, se tue lui-même et est enseveli, de même, l’eau devient blanche. Voici l’eau entièrement nettoyée de sa noirceur et ayant la couleur du lait, et plusieurs couleurs apparaissent durant la noirceur.

Le noir, le blanc et le rouge sont les trois couleurs cardinales de l’œuvre. Il y en a d’autres, et notamment la couleur jaune-orangée qui annonce symboliquement l’aurore. Les trois couleurs n’existent probablement pas «physiquement». Selon Tollius et Fulcanelli, c’est par l’esprit qu’il faut et les percevoir et les comprendre.

Sous le voile-tertre, MARIH se souvint de ce frémissement qu’elle avait eu en lisant Fulcanelli et ce ne fut pas une hémérèse, l’action d’un jour. Bien que l’enseignement de la loge soit acroamatique (c’est-à-dire une méthode qui procède  par questions), elle avait eu besoin des livres, de l’étude solitaire de textes qui l’avaient traversée. Elle avait fait corps avec les paroles trouvées sur son chemin, imprimées comme des cailloux blancs, dans les textes que le hasard, ou la nécessité, avait bien voulu offrir à son esprit, comme des semences. Avec eux elle avait eu ainsi d’autres Maîtres que ceux de son atelier et qui lui avaient, en plus, ouvert d’autres voies de son être.

«Voici que devant ta face, j’envoie un ange qui préparera ta voie devant toi.»

Ce furent des danses pour l’esprit, des plaisirs de se comprendre au monde, à l’Existence, de trouver un passage à travers les mots de ses Maîtres qui lui firent reculer l’inconnu et jetèrent une lumière sur elle. La clef des nombres, tout particulièrement, celle qu’elle trouva dans la «quête de la parole perdue» de José Bonifacio lui avait révélé sa propre compréhension de l’Unité dans sa manifestation et elle avait pu l’approcher avec le langage mystique des mathématiques et de la géométrie. Elle était entrée dans l’univers de Pythagore en comprenant les rapports du temps et de l’espace, des noms de Dieu et de leur manifestation dans les nombres Π et Φ, les lettres et les formes contenues dans l’unité du cercle qui se déduisent du 1 et du 2, l’équivalence des énergies vibratoires des sons et des couleurs. Elle y avait trouvé un sens au mot transcendance, mais c’est dans le silence qu’elle s’était rapprochée du mot suprême. Il suffit parfois d’une explication pour que s’éclaire tout ce qui avait été enfoui au préalable en attente de cette parole lumineuse révélatrice. La pensée est un fluide qui se répand, forme et transforme.

Que disaient-ils déjà ces adeptes qui savaient ? Tu pourras te rendre invisible, évoquer les morts et franchir instantanément toutes les distances, promesse d’une anagogie, de l’élévation de l’âme jusqu’aux choses célestes ! Mais son corps se rappela à elle. Elle avait soif, car l’air était devenu chaud sous le drap. Mais elle avait surtout une soif spirituelle. Si la quête est une démarche, c’est aussi mendier. Ne lui avait-on pas dit demande et l’on te donnera !

Jésus dit : « celui qui boira à ma bouche sera comme moi, quant à moi je deviendrai ce qu’il est et ce qui est caché sera révélé. » (Logion 112).

C’est en leur faisant boire un philtre d’amour que, comme les deux grands luminaires, les astres hermétiques qui sont frère et sœur s’uniront de manière charnelle. Que de légendes ont raconté cela sous l’allégorie des amours destinales des amants ayant partagé la coupe qui contenait le breuvage fatal. Ce filtre c’est le très précieux sel, tenu en solution dans les eaux supérieures. Ce médiateur, il est possible de l’extraire de la rosée que les philosophes désignent comme étant l’eau salée de leur mer et qui fut tant chantée : «On l’appelle la Rosée du ciel/ De laquelle la fleur des champs est arrosée/ Connue des sages par l’Amour / Et délicieuse de possession». Ou encore : «Le ciel est immense et revêt les campagnes de lumière pourprée où l’on a reconnu ses astres et son soleil».

Voilà bien ici, soulignée toute l’importance des célestes vertus de la Rose de Mai pensa Marih. La collecte de l’inestimable rosée a lieu traditionnellement en lune croissante de printemps, au moment où le soleil traverse les signes zodiacaux du bélier, du taureau et des gémeaux, tel que l’indique clairement le Mutus Liber (le livre sans parole, dans lequel est toutefois présenté en figures hiéroglyphiques la totalité de la philosophie hermétique). Le Bélier est l’Hermès criophore (qui porte un bélier), qui est le même que Jupiter ou Ammon. Le Taureau, dont les cornes dessinent le croissant, attribut de Diane et d’Isis, s’identifiant avec la vache, l’amante de Jupiter, est la Lune des philosophes. Ces deux animaux personnifient les deux natures de la Pierre. Sous les symboles du Bélier et du Taureau sont donc voilées les deux matières premières de l’œuvre. La lumière que la lune nous envoie n’est qu’un emprunt de celle du soleil à laquelle vient se mêler la lumière des autres astres. La lune est ainsi le réceptacle et la source de l’eau vive des philosophes. Et comme Virgile dans les Bucoliques, Marih pensa  à «La lune verseuse de rosée» ou encore à «l’exsudation des astres», selon le mot de Paracelse ; principalement de la lune et pour qui la rosée devint tout naturellement l’eau de la lune. Les sages savent que le sang minéral dont ils ont besoin pour animer le corps fixe et inerte de l’or, la rosée, ces menstrues ignées, n’est qu’une condensation de l’esprit universel, âme de toute chose et que cette condensation humide ne s’accomplit que la nuit à la faveur des ténèbres, du ciel pur et de l’air calme.

Un ciel noir était au-dessus d’elle. La paix était en elle. Et la voici soudain dans un autre aspect de son propre monde. La lumière vient progressivement, lentement puis, à force de progresser, elle monte de l’être qui reçoit la paix pour les épreuves infligées par sa vie limitée comme un inestimable salaire. La terra alchimique, chaotique, inerte et stérile ne contient-elle pas, néanmoins, le ciel philosophique ? La pierre cubique ne contient-elle pas la pierre cubique à pointe et son diamant ?[1] La pierre d’agate taillée en forme quadrangulaire ne contient-elle pas les mots secrets de l’Art Royal ? C’est dans le 7 que se proclamera leurs noces alchimiques, étoile illuminante que l’on retrouve en permanence, dans les allégories alchimiques, tracée dans l’heptagone qui éclaire d’harmonie le macrocosme. Et c’est à l’aide du feu secret que se séparent, dans le petit monde, les parties cristallines, lumineuses, ténébreuses et grossières.

Jésus dit : « J’ai jeté un feu sur l’univers et voici : je veille sur lui jusqu’à ce qu’il embrase » (Logion 10).

La cérémonie était avancée. Elle le comprit quand le Grand Expert enjamba son corps pour montrer la voie au futur Maître son ami d’enfance, alors elle revint en pensée vers Christophe, qui, à son tour, en suivant, devra traverser le 3, le 5 et le 7, les dimensions du sarcophage. Marih sentait sa présence juste au-dessus de sa tête.

Jésus dit : « Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. » (Logion 86)

Christophe, faisait face, symboliquement, maintenant, à la coupe transversale d’un cercueil, figure de pentagone où loge l’étoile. Jusqu’au XVIIe siècle, à travers toute l’Europe, parmi toutes les ordalies (jugements de Dieu), on était persuadé que si l’on mettait le cadavre d’un homme assassiné près de son meurtrier supposé, le cadavre saignait si le suspect était véritablement coupable ; c’était «la voix du sang», l’accusation par la victime. Elle était sans crainte pour Christophe. Outre le fait qu’elle n’était que morte symboliquement, ce n’était que le moment où la troisième dimension allait lui être donnée, la chute et l’élévation pour lui permettre le relèvement.

Comme elle l’aimait ce Frère, de cette tendresse nourrie depuis la jeunesse, de ce qu’ils avaient partagé : leur vie. Il lui avait offert de merveilleuses épreuves en lui permettant de souvent sacrifier son ego à leur amitié. Les assassins sont parfois si beaux qu’ils font pâlir le jour. Elle savait que l’initié sacrifie pour rendre sacré. Que le sacrifice n’engendre pas forcément la souffrance, mais modifie un comportement, un sentiment ou une idée pour passer à un état de conscience conforme au sens de la vie. Maintenant, elle se sentait agrandie de ce à quoi elle avait renoncé, comme une terre agrandie par la lune, en s’étant séparée d’elle. Devenue Maître elle s’était sentie accompagnée d’une présence, un quelque chose qui l’obligeait à accepter les épreuves avec une énergie de paix et d’espérance. Ses ténèbres, ses orages, ses tourments, que la vie ne lui avait pas épargnés, étaient devenus des sources incessantes de deuils fertilisés sur les tombeaux de ses expériences.

«L’unité et l’infini sont les deux noms d’une seule et unique chose et la voie de l’absolu n’est pas une progression véritable mais une ascèse» (12ème méditation de Grillot de Givry).

Christophe était un autre lui-même, un autre «je», le Frère d’une nature différente de la sienne avec son humanité plus ou moins grande qui avait cheminé sur la même route qu’elle.

– Je le sens égal bien que différent, je sais que lui aussi ressent la même chose quand il m’embrasse par trois fois et me sourit. Lui, Christophe, mais aussi tous les Frères et Sœurs, comme je les aime. Comme j’ai aimé toutes ces musiques de la vie qui nous ont enveloppés de temps inexprimables se dit-elle. Comme j’aime ces chaînes d’union, où les mains qui reçoivent reversent par la main qui donne le fluide qui nous parcourt, où chacun devient lune et garde sur sa peau l’accumulation des traces d’amour laissées, tenue après tenue, comme une couche de sel vivifiant.

Dans l’attente qu’on la délivre, une pensée préoccupa MARIH. – Il faudra que je dise à Christophe une parole fondatrice quand je le féliciterai tout à l’heure, mais que la dire soit un verbe et non un bruit. Comment mettre un cerne sémantique en quelques mots pour dire la reconnaissance qui ne soit ni un bravo ni un merci. Il faut bien se résoudre ; bon je lui dirai : je t’aime pour ce que tu es, pas pour ce que je voudrais que tu sois. Je t’aime, non pour le manque que tu combles en moi, mais pour la lumière que tu me donnes en toi.

Jésus dit : « Si une lumière existe à l’intérieur d’une créature lumineuse, alors elle illumine l’univers tout entier ! Et si elle n’illumine point, elle n’est qu’une ténèbre. » (Logion 28).

– Voilà c’est cela je lui dirai simplement au-devant de tous : Tu nous illumines ! Jésus dit souvent : Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

Au moment où Christophe enjamba le cadavre, elle se laissa glisser doucement et il lui sembla entrer dans une fontaine, senti sur elle une eau qui ne mouille pas et retrouva sur ses lèvres le goût du lait maternel. Elle eut une vision, celle de cette peinture d’une petite église du Tyrol où elle avait lu une inscription latine et dont elle se souvenait de la traduction : «Tandis que le sang s’écoule de la blessure bénie du Christ et que la Vierge sainte presse son sein virginal, le lait et le sang jaillissent, se mélangent et deviennent la fontaine de Vie et la source du Bien». épanadiplose du Rouge et du Blanc !

MARIH se rappela les paroles d’Alain Pozarnik : «Il faut disparaître entièrement au moment où la vérité nous illumine et être recréé à l’heure même de cette illumination.» Dans l’acceptation qu’elle avait de vivre l’inéluctable réalité, son âme rencontra l’amour et la sagesse, à moins que la sagesse ne soit que le résultat de l’amour. Il lui avait fallu beaucoup d’humilité pour renoncer à la force de son insubordination. Sous le drap-athanor, elle sentit quelque chose de plus intime, une lumière bienveillante en elle qui complétait sa nature zoologique. Depuis qu’elle avait vu l’étoile, elle connaissait l’axe androgynique de sa matérialité et de sa spiritualité.

Jésus dit : « Voici, moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des  cieux. » (Logion 118).

Les saveurs des premières tenues qui avaient enflammé son âme étaient-elles seulement les marques de la découverte d’horizons mentaux nouveaux, l’excitation intellectuelle de limites repoussées ? Elle savait aujourd’hui que ce ne fut pas que cela. Il y eut des ouvertures, des clartés incommunicables, des méditations germinantes. Les curiosités intellectuelles devinrent un penchant naturel, une nécessité impérieuse de sentir l’axe de son être intérieur et sur cet axe, tout son être aspirait à être juste, c’est-à-dire à servir la conscience qu’elle avait du Bien.

Une main souleva alors le drap noir, elle entendit une note lumineuse qui lui sembla contenir toutes les vibrations de l’univers, un «concerto pour 4 consonnes sans voyelles». Pendant que Christophe s’approchait du maillet létal, le Maître des Cérémonies souleva le voile sombre pour qu’elle  laissât sa place à celui qui allait devenir Hiram.

Stupéfaction ! à l’endroit où MARIH avait été le gisant, il n’y avait plus qu’une petite flaque, une ombre humide, verdâtre mais scintillante, quelques lambeaux d’une étoffe qui avait été blanche, un pétale de mandragore, une plume de Simorgh et, là où avait été son cou, restait un collier d’adrézarach, chapelet de graines comme celui que l’on trouva sur les ossements d’Esméralda dans les caves de Montfaucon.

Au  moment où le Maître Christophe reçut le coup fatal, la douleur lui fit couler une larme de rosée qui glissa sur sa joue comme une perle de lumière.


[1] Voir l’article Les métamorphoses de la pierre du franc-maçon

Un esprit sain dans un corps sain

0

(Les « éditos » de Christian Roblin paraissent le 1er et le 15 de chaque mois.)

J’adore le 1er août, délice de cœur d’été. Il me souvient que naguère encore on enseignait qu’amour, délice et orgue changeaient de genre avec le nombre – en brandissant une sacro-sainte et lourde bible belge, Le bon usage de Maurice Grevisse, ce gigantesque tableau de la langue française fourmillant de citations et de réponses nuancées : amours, délices et orgues se féminisaient au pluriel.

Du reste, ces exceptions ont immémorialement enchanté cette saison splendide et permissive où, sous les effets combinés de la température et de l’oisiveté, l’on se promène volontiers à moitié nu, Amours ardentes aux flammes passagères, délices raffinées mêlées de chauds parfums, grandes orgues de la Nature déchaînant les c(h)œurs…  C’est ainsi que je me plais à espérer qu’une telle curiosité transgenre connaisse un regain de faveur, bref, revienne à la mode, au milieu des refrains de l’époque, diversement inspirés.

Bon, d’accord, je dois secouer cette délicieuse torpeur, chasser l’indolence brutale des laisser-aller irréfléchis… et, cependant, garder quelque chose de cette confusion du corps et de l’esprit qui, dans son abandon et son dessaisissement, peut annoncer une clarté, celle d’une unité retrouvée. Il vaut de s’interroger sur une maçonnerie trop cérébrale, disséquant à l’infini dans une non moindre prétention à réunir. L’initiation voudrait être une voie de réalisation. Elle bégaie souvent, sur le chemin. Sa respiration gagnerait à passer davantage par le corps, à écouter l’être profond qui est une âme-matière vivante, le point unifié de son origine, cette chair habitée par l’émotion et la pensée, qui appartient au monde.

On en discerne l’orientation, ne serait-ce que par la pratique des pas, la position d’ordre requise pour la prise de parole en loge et, plus largement, la posture physique en position assise, qui prédispose à l’écoute et à la méditation, c’est-à-dire à l’accueil de l’instant présent, sans volonté de tout contrôler par la raison. Il me semble que la gymnastique du corps et celle de l’esprit se conjuguent alors, dans une forme de repos et de recentrement. La parole puise ainsi sa source dans cette énergie consciente et adapte son flux à cette économie. Une toute récente étude du directeur de publication de ce site propose une approche méthodique des réalités en cause, à la fois sur le plan symbolique et dans une perspective concrète, à la confluence de la tradition maçonnique, d’origine occidentale, et de spiritualités extrême-orientales, explorées jusque dans l’alimentation et les arts martiaux[1].

Si l’on voulait, en conclusion, résumer l’objectif des différentes disciplines qui nous occupent, on pourrait sans doute, d’une façon plus délibérée donc plus active, s’en rapporter à Juvénal qui, dans sa dixième Satire, se déprenant des vaines implorations constamment adressées aux Dieux, ne retenait qu’une prière reposant sur l’antique croyance du lien mystérieux et surnaturel régissant la santé physique et mentale – qu’il exprima dans une formule lapidaire demeurée célèbre : Mens sana in corpore sano. En effet, le poète satirique, démuni face au sort que réservaient les puissances célestes à chaque individu au plan sanitaire, en était réduit à murmurer des orémus, tandis que nos contemporains savent que leur santé dépend aussi largement d’une hygiène de vie appropriée, de sorte que ce qui jadis n’était qu’espoir devient largement effort aujourd’hui. Pour nous, à la lumière de l’évolution de nos connaissances, grâce aussi bien à des exercices physiques et spirituels qu’à des principes d‘action et à des règles de vie, l’invocation se double, désormais, d’une injonction autrement efficace : « Un esprit sain dans un corps sain ».


[1] Franck Fouqueray, Les clés d’une nouvelle franc-maçonnerie par le corps : ‟Entrez dans les mystères d’une pratique peu connue″, Montesson : éditions Numérilivre, mai 2023, 202 p., 22 €.

Addendum en date du 27 septembre 2023 :

On complétera utilement la précédente recommandation de lecture, de la référence suivante concernant les quatre éléments (Terre, Air, Eau, Feu) :

Franck Fouqueray, Comment gérer les 4 nourritures maçonniques ?, Paris : éditions Dervy (coll. : Les outils maçonniques du XXIe siècle), septembre 2023, 100 p., 9,90 €, ouvrage qui fait rigoureusement suite au précédent, quoique paraissant chez un autre éditeur mais seulement quelque quatre mois plus tard, et dont celui-ci termine ainsi la présentation :
 » Et si l’avenir passait par l’évolution des rituels et de la pratique en intégrant des éléments manquants (méditation et respect du corps : équilibre de l’alimentation, de l’hydratation et de la respiration) ?
La franc-maçonnerie saura-t-elle négocier ce nouveau virage qui lui permettra de conserver sa légitimité ? C’est justement ce que cet ouvrage propose. »

Les aveugles et la franc-maçonnerie dans l’histoire

De notre confrère espagnol nuevatribuna.es – Par Édouardo Montagut

Historiquement, les aveugles ont-ils pu entrer en franc-maçonnerie ? Une question similaire (« Les aveugles sont-ils admis à la franc-maçonnerie? ») a été posée dans la soi-disant  consultation maçonnique  du  magazine Latomia  dans son premier numéro de 1932, qui, sans aucun doute, a été l’une des meilleures publications en langue maçonnique espagnole. Histoire pour sa qualité.

Eh bien,  la réponse a été négative  car on a fait valoir que les principes de la franc-maçonnerie s’opposaient à cette entrée en raison de l’impossibilité pour le laïc aveugle (les francs-maçons sont initiés, et le reste de la population est composé de laïcs) d’interpréter les symboles qu’il ne pouvait pas voir. Nous pensons que la réponse reposerait sur l’interprétation d’Anderson des  Constitutions, document fondamental de la franc-maçonnerie. À cet égard, il faut rappeler que dans le même chapitre consacré aux enseignants, inspecteurs, collègues et apprentis, il était dit qu’aucun enseignant ne pouvait accepter un apprenti, entre autres, qui avait une « difformité physique » ou un  » défaut ». qui le rendait incapable de s’instruire lui-même dans son art (il faut tenir compte du vocabulaire de l’époque).

La franc-maçonnerie actuelle ne discrimine personne SURTOUT PAS LES aveugleS

Constitutions d’Anderson, 1723

Mais il était également vrai, selon le magazine  Latomia , qu’il y eut de nombreuses occasions où cette disposition n’avait pas été respectée. Apparemment, dans le Grand Orient de France, au plus fort de 1784, les laïcs aveugles ont été rejetés, mais  en 1803, la situation a changé  lorsque l’initiation a été autorisée à un grand groupe d’officiers et de soldats du Corps expéditionnaire égyptien qui, à cause de la souffrance du trachome , ils étaient devenus aveugles. Apparemment, l’expédition de Napoléon provoqua chez elle et dans l’armée anglaise une véritable épidémie de trachome qui se répandit dans toute l’Europe au début du XIXe siècle. 

Il a également été fait allusion au  musicien Francisco Conradi  , qui a été initié en Allemagne avec un rituel spécial. En 1856, le roi de Hanovre,  George V , était initié et était aveugle. C’est vrai, le prince a perdu la vue d’un œil dans son enfance, puis en 1833 de l’autre à la suite d’un accident. George V était le dernier roi de Hanovre. Il y avait aussi eu des initiations de laïcs aveugles en Amérique. D’autre part, il a été rapporté qu’une loge appelée « Lux in Tenebris » fonctionnait à Londres, composée de francs-maçons dédiés aux soins des aveugles.

En plus de la source citée, nous avons consulté  les Constitutions d’Anderson  sur la page de la Grande Loge d’Espagne. Nous avons également travaillé sur le trachome en ligne, avec le  Honduran Journal of Medicine . Il est évident que la franc-maçonnerie actuelle ne discrimine personne pour être aveugle.

Qu’est-ce qui se cache derrière les théories du complot sur les francs-maçons

De notre confrère allemand sonntagsblatt.de

De nombreuses rumeurs et histoires de complot entourent les francs-maçons. Le commissaire de la secte de l’Église d’État, Matthias Pöhlmann, explique ce qu’est vraiment la communauté des hommes secrets.

l y a 50 ans, en 1973, les pourparlers de Tutzing entre la franc-maçonnerie et l’Église évangélique ont eu lieu. De plus, des représentants des Grandes Loges Unies d’Allemagne et de l’EKD se sont rencontrés au lac de Starnberg. L’une des conclusions était, entre autres, que la franc-maçonnerie ne se considère pas comme une communauté religieuse qui veut concurrencer les confessions chrétiennes ou d’autres religions. 

Et aujourd’hui? Nous avons parlé au commissaire de la secte de l’église d’État, Matthias Pöhlmann, de la relation entre les loges et l’église aujourd’hui, de ce qui se cache derrière les rumeurs de conspirations présumées et de la réalité de la communauté des hommes secrets.

« La symbolique et les rituels viennent de ce monde de confréries de tailleurs de pierre. »

Beaucoup connaissent les francs-maçons principalement à partir d’histoires de complot. Où est la véritable origine ?

Matthias Pöhlmann : La franc-maçonnerie organisée a commencé en 1717 lorsque plusieurs loges individuelles à Londres ont fusionné pour former une grande loge anglaise. Cette année est souvent citée comme l’année légendaire de fondation de la franc-maçonnerie. Cependant, il existe également d’autres datations dans la recherche qui prétendent que l’émergence aurait pu avoir lieu un peu plus tôt ou un peu plus tard. Malheureusement, les documents pour cela manquent.

Cependant, on peut voir qu’au moins les confréries médiévales dites tailleuses de pierre ont inspiré les francs-maçons. La symbolique et les rituels viennent de ce monde de confréries de tailleurs de pierre. C’étaient des maîtres d’œuvre extrêmement compétents qui n’étaient pas soumis aux droits de guilde locaux, mais travaillaient dans tout le pays et avaient des connaissances spéciales en construction pour la construction de cathédrales. Ils s’appliquaient ensuite également aux cabanes de construction appropriées et devaient identifier leurs connaissances en construction avec un mot de passe et des poignées spéciales pour la protection. Ils se distinguaient des maçons traditionnels qui travaillaient la pierre à gros grains, car leur travail spécifique consistait à travailler la pierre reconstituée pour les cathédrales. Pour cela, ils avaient besoin de connaissances et de compétences particulières pour protéger ces secrets professionnels.

Quels symboles viennent de ces confréries ?

Par exemple, quand il est dit qu’un Frère maçon fait un dessin, cela signifie qu’il doit donner une conférence dans la Loge ou se voit confier une tâche par le Maître de la Chaire, qui est le Président d’une Loge. Dans les loges se trouvent divers offices et aussi des symboles de cette époque des confréries de tailleurs de pierre, comme l’angle droit, le compas ou le fil à plomb.

Comment s’est passée la transition ?

Au fil du temps, les maçons « opératifs » se sont développés en une forme « spéculative » et symbolique de la franc-maçonnerie. La terminologie, les rituels et le symbolisme ont été adoptés dans les loges dites « lodge », le mot anglais pour Bauhütte. De plus en plus de maçons non opératifs, c’est-à-dire de francs-maçons symboliques, étaient représentés. Cette forme d’organisation a été utilisée pour échanger et discuter de nouvelles idées sous la protection de ces loges. Cependant, la transition exacte est encore une sorte de « boîte noire » et n’est pas entièrement explorée.

« Il est frappant que ce soit la forme classique d’une communauté masculine. »

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la franc-maçonnerie peut être considérée comme une forme classique de société masculine éthique. Ils se sont donné pour tâche de travailler sur leur propre personnalité et de devenir de meilleurs hommes. Il est frappant que ce soit la forme classique d’une communauté d’hommes. Dans le même temps, il existe également des femmes francs-maçons en Allemagne, bien qu’en nombre beaucoup plus restreint, estimé entre 600 et 700 par rapport aux quelque 15 000 hommes francs-maçons.

Les loges de femmes sont probablement arrivées plus tard, n’est-ce pas ?

Alors c’est comme ça, et là nous avons fondamentalement trois représentations. Nous avons la franc-maçonnerie masculine et les loges féminines. La troisième forme est la franc-maçonnerie mixte, venue très fortement de France. La franc-maçonnerie allemande est basée sur les dispositions de la Grande Loge anglaise. Elle jouit d’une dignité particulière et détermine en fin de compte quelle Grande Loge est régulière et laquelle ne l’est pas. Pour obtenir un brevet, certains critères doivent être remplis : Il doit être légal. Les loges allemandes sont basées sur la Grande Loge anglaise.

Matthias Pöhlmann Commissaire du culte Église d'État de Bavière

ELKB Matthias Pöhlmann est le commissaire de secte de l’église d’État de Bavière

À quoi ressemble la franc-maçonnerie en Allemagne ?

En Allemagne, il existe différents enseignements de la franc-maçonnerie, qui sont regroupés sous l’organisation faîtière des Grandes Loges Unies d’Allemagne. La plus grande grande loge de ce pays est celle des «maçons anciens, libres et acceptés d’Allemagne», qui a un objectif humanitaire.

Une autre grande loge est l’Ordre maçonnique, qui utilise un système suédois et est similaire à un ordre religieux de chevaliers. Les autres grandes loges sont la loge mère nationale « To the Three Globes», ainsi que la grande loge américano-canadienne et britannique.

Ces différentes Grandes Loges ont choisi les types d’apprentissage de base d’Apprenti, de Compagnon et de Maître, certaines Loges offrant des niveaux de connaissances supplémentaires. Une forme spéciale est la franc-maçonnerie de haut degré, par exemple dans le «  Rite écossais ancien et accepté d’Allemagne  », qui comprend un total de 33 degrés et est considérée comme un approfondissement ou une continuation des degrés d’apprenti, de compagnon et de maître.

« L’idée d’humanité joue un rôle important dans la franc-maçonnerie. »

Qu’est-ce qui relie les francs-maçons, quelles valeurs sont importantes pour eux ?

L’idée d’humanité joue un rôle important dans la franc-maçonnerie. Tolérance, égalité et fraternité sont donc les vertus correspondantes de la franc-maçonnerie.

Cela ressemble aux Lumières et à la Révolution française.

Oui, l’émergence de la franc-maçonnerie était certainement une réaction à l’absolutisme et a également été influencée par les expériences des guerres de religion. L’objectif était de créer un espace dans lequel les guerres n’éclateraient plus en raison des différences religieuses. La loge doit être un lieu de fraternité et de compréhension. Il ne devrait pas parler de politique ou de religion. Plus précisément, il s’agit de politique partisane et de conflits confessionnels, afin de ne pas introduire de conflits dans les loges. C’était l’idée de base qui continue à ce jour.

Au début, de nombreux aristocrates, y compris des rois et des empereurs, étaient étroitement associés à la franc-maçonnerie. Surtout en Prusse, les empereurs étaient aussi les patrons de la franc-maçonnerie. Frédéric le Grand, par exemple, est entré en contact avec la franc-maçonnerie par l’intermédiaire d’amis et s’est montré intéressé par de nouvelles idées. Bien que la franc-maçonnerie soit éclairée, tolérante et ouverte aux nouvelles idées, elle était entièrement dominée par les hommes. Les loges étaient dominées par les hommes, avec des costumes et des rôles correspondants. Cette contradiction a accompagné les francs-maçons dès le début : d’une part l’idée d’égalité des droits, d’autre part des hiérarchies diverses au sein des loges avec offices et assimilés.

« L’élite intellectuelle ne se rassemble plus exclusivement dans les loges maçonniques. »

Pouvez-vous dire que la franc-maçonnerie était une tendance à l’époque ?

L’émergence de la franc-maçonnerie est également marquée par l’esprit des Lumières et une nouvelle mode dans laquelle se crée un réseau d’amitiés et de contacts. Ce réseau et la rencontre avec des hommes que l’on n’aurait peut-être jamais rencontrés autrement sont l’une des forces annoncées de la franc-maçonnerie à ce jour.

Cependant, beaucoup de choses ont changé au fil du temps. L’élite intellectuelle ne se rassemble plus exclusivement dans les loges maçonniques, car on se demande souvent s’il existe aujourd’hui des maçons éminents ou connus. La liste de ces personnes est maintenant assez mince et les noms les plus connus incluaient Goethe et d’autres. L’une des dernières grandes connaissances, que presque personne ne connaît plus, était Karlheinz Böhm, fondateur de la fondation « People for People », et Holger Börner, l’ancien Premier ministre de Hesse. Il y a aussi un acteur qui a joué dans Good Times Bad Times…

…Wolfgang Bahro alias Jo Gerner ?

Exactement.

Quel est l’impact public des francs-maçons ?

Dans la franc-maçonnerie, vous pouvez bien sûr sentir le changement dans l’environnement social, en particulier en ce qui concerne la situation concurrentielle avec les Lions et les Rotary Clubs, les soi-disant Clubs de service. Les francs-maçons sont également engagés socialement et travaillent pour de bonnes causes, mais ils sont plus engagés dans l’aide silencieuse. En revanche, les clubs service préconisent de faire le bien et d’en parler le plus possible. Cette différence signifie que beaucoup de gens ne savent pas que les francs-maçons soutiennent également des projets sociaux.

Alors que les francs-maçons ont été persécutés et interdits dans le passé, en particulier à l’époque nazie, ils ont évolué. Aujourd’hui, ils sont tolérés dans la société et sont impliqués dans des projets sociaux. Cependant, ils gardent un secret et soulignent que la franc-maçonnerie est une expérience personnelle.

La franc-maçonnerie a évolué au fil du temps et montre aujourd’hui un intérêt pour le dialogue et l’échange avec le public. Les francs-maçons sont attachés à des objectifs intéressants et sont prêts à parler. À titre d’exemple, j’ai observé dans une loge de Francfort qu’ils possédaient des biens immobiliers dans la Kaiserstrasse et les louaient. Bien qu’ils ne soient pas autorisés à faire de profit, ils mettent les bénéfices à la disposition de la musique d’église. Ceci est bien sûr extrêmement positif et montre que les francs-maçons apportent également une contribution précieuse à l’engagement social.

« L’Église évangélique a eu une relation plus détendue avec la franc-maçonnerie dès le début, puisque beaucoup des premiers francs-maçons étaient protestants. »

En parlant de cela : quelle est la relation entre les francs-maçons et les églises ?

Il existe des différences claires concernant la relation entre la franc-maçonnerie et les diverses dénominations. L’Église catholique a eu des difficultés avec les francs-maçons dès le début. En 1917, un catholique franc-maçon est excommunié. Cette interdiction stricte a été assouplie en vertu de nouvelles réglementations, mais l’Église maintient toujours l’incompatibilité. Les raisons en sont dans l’universalité et le relativisme que diffuse la franc-maçonnerie, ainsi que dans la question des actes sacramentels.

Dès le début, l’Église évangélique a eu une relation plus détendue avec la franc-maçonnerie, puisque bon nombre des premiers francs-maçons étaient protestants. Bien qu’il y ait eu des pourparlers entre l’Église évangélique et les Grandes Loges Unies d’Allemagne dans les années 1970 pour parvenir à un accord, certaines questions sont restées sans réponse.

En ce qui concerne la religion, il existe différentes visions au sein de la franc-maçonnerie, certains se considèrent comme religieux, d’autres ont une religiosité implicite, et il y a aussi des athées.

Pourquoi les francs-maçons gardent-ils le secret sur leurs réunions et leurs rituels ?

En franc-maçonnerie, la tradition du secret est un moyen d’instaurer la confiance au sein de la loge. Un franc-maçon ne doit pas trahir son frère, et les discussions internes doivent rester au sein de la loge. Ce secret sert d’exercice éthique et crée un espace sûr d’échange, d’amitié et de confiance.

Il est fascinant qu’il n’y ait pas de titres ou de différences professionnelles dans la Loge – tous sont frères sur un pied d’égalité. Certains francs-maçons ont déjà rencontré des personnes intéressantes à travers cette communauté. Par exemple, un maître boulanger qui faisait une conférence aux frères m’a dit qu’il y avait des professeurs et que c’était un gros défi pour lui. Il n’y a pas de hiérarchie dans la Loge.

Je me suis aussi demandé pourquoi le secret et l’isolement sont nécessaires. Mais cela semble aussi être un jeu pour souligner la valeur ajoutée. Dans ma publication, j’ai décrit les rituels, et certains francs-maçons en ont pris note avec un cœur lourd. Un maître maçon a recommandé le livret aux jeunes frères, mais il a rendu inaccessibles les rituels de degré supérieur afin de ne pas interférer avec l’expérience personnelle. L’expérience joue un rôle important dans la franc-maçonnerie.

« Il n’est pas rare que des organisations perçues comme opaques ou mystérieuses fassent l’objet de théories du complot. »

Venons-en à la question qui mérite d’être posée : d’où vient toute cette fiction complotiste sur les francs-maçons ? Est-ce uniquement à cause de leur secret ?

Cela remonte aux premiers jours des premières loges et une grande partie de cela a été jouée par quelqu’un du nom de Leo Taxil. C’était un journaliste et un esprit libre qui était initialement dans la loge mais a ensuite été expulsé. Après cela, il a diffusé des rapports aventureux sur de prétendues machinations sataniques de la franc-maçonnerie. Il a affirmé que les maçons tenaient le culte du diable et autres. Taxil a ensuite été embauché à l’Église catholique pour éduquer sur ces activités supposées dangereuses des francs-maçons. Lors d’une grande convention, il a présenté ses « révélations » aux membres du clergé, répandant ainsi l’image des machinations sataniques dans la franc-maçonnerie jusqu’à admettre publiquement qu’il avait diffusé de « fausses nouvelles ».

Des gens comme Alfred Rosenberg, l’idéologue en chef du NSDAP, ont également alimenté le sentiment anti-franc-maçonnerie.Des allégations et des rumeurs ont circulé allant de pactes avec le diable à des maisons soi-disant dangereuses construites par des francs-maçons. De telles idées témoignent d’un véritable ennemi de la franc-maçonnerie, qui repose sur l’ignorance et les insinuations.

Il n’est pas rare que des organisations perçues comme opaques ou mystérieuses fassent l’objet de théories du complot. Cela s’applique non seulement à la franc-maçonnerie mais aussi à d’autres institutions telles que le Vatican. En raison de leur internationalité, les francs-maçons étaient également supposés avoir de l’influence et beaucoup d’argent, ce qui, cependant, ne correspond pas aux faits. De telles idées fausses et suspicions sont souvent basées sur un mélange d’ignorance et de besoin d’explications simples pour des phénomènes complexes.

« Les dialogues avec les francs-maçons sont intéressants et enrichissants pour les deux parties. »

Comment pensez-vous que la franc-maçonnerie va continuer ?

Il est difficile de donner une prévision précise. Le développement de ces dernières années montre cependant que la franc-maçonnerie gagne à nouveau en popularité. Dans le cadre d’un pluralisme idéologico-religieux, les intéressés semblent opter pour cette forme de spiritualité non ecclésiastique. La franc-maçonnerie peut être considérée comme un type de spiritualité masculine, dans laquelle le transcendant joue un rôle. Il est important d’éduquer et de contrer les fausses hypothèses. Il existe de nombreuses formes au sein de la franc-maçonnerie, des francs-maçons chrétiens à ceux qui ont des problèmes avec l’Église.

On m’a moi-même demandé si je voulais devenir franc-maçon, mais ma réponse a été non. J’aime trop les discussions sur la politique et la religion. J’aime cependant donner des conférences dans les loges maçonniques, où je discute des questions de foi. Il y a différents points de vue au sein de la franc-maçonnerie, certains aimeraient plus de relations publiques et aimeraient présenter davantage le profil maçonnique au monde extérieur.

La franc-maçonnerie peut rester lourde car elle contrepointe et met l’accent sur l’engagement dans le processus d’individualisation tout en discutant de valeurs qui peuvent être interprétées différemment. Cependant, les dialogues avec les francs-maçons sont intéressants et enrichissants pour les deux parties. Je vois ma tâche dans la transmission de l’héritage de la foi chrétienne aux francs-maçons également et les encourager à jeter un regard sur l’image de l’homme du christianisme, que je considère comme plus réaliste que les idées parfois trop idéalistes et optimistes de la franc-maçonnerie. Il y a un joli bon mot du côté maçonnique : la franc-maçonnerie serait une bonne chose s’il n’y avait pas les frères.

couverture de livre

Maison d’édition Herder

Les francs-maçons. mythe et histoire

Matthias Poehlmann

Les francs-maçons sont-ils les cerveaux secrets des affaires mondiales et font-ils partie d’un réseau impénétrable de conspirations ? Cherchent-ils le pouvoir politique et l’influence économique ? Gestes, rites et symboles mystérieux – qu’y a-t-il derrière eux ? L’expert confirmé Matthias Pöhlmann offre dans ce livre sous une forme concise et très claire ce qui est difficile à trouver ailleurs : des informations fiables sur un sujet où les mythes couvrent souvent les faits.

11/09/23 : GODF, LE spectacle théâtral sur l’ultime combat du franc-maçon Salvador Allende

À l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Salvador Allende, les Loges du Grand Orient de France (GODF) Salvador ALLENDE, Aurore Sociale, Les Compagnons de l’Utopie-Progrès et Fraternité et les Loges du Gran Oriente Latino Americano (GOLA) Lautaro n° 1, et Union Universal n° 4, avec le soutien du Congrès Régional de Paris IV et des Loges d’Europe de l’Est vous invitent à une représentation théâtrale publique.

Une pièce écrite par le frère Oscar CASTRO*, mise en scène par notre Frère Adel HAKIM et jouée par la Compagnie du Théâtre ALEPH (Direction Sylvie MIQUEU**).

Retour sur la vie et le passage à l’Orient Éternel d’un président…

Salvador Guillermo Allende Gossens, né le 26 juin 1908 et mort le 11 septembre 1973, est un homme d’État chilien. Il est président de la république du Chili du 3 novembre 1970 à sa mort.

Salvador Allende Gossens en 1972, dont l’engagement politique et moral reste exemplaire.

Candidat socialiste à l’élection présidentielle de 1970, il l’emporte avec 36,6 % des suffrages exprimés, devançant de justesse l’ancien président de droite Jorge Alessandri Rodríguez (35,3 %), ainsi que le démocrate-chrétien Radomiro Tomić (28,1 %).

Signature du président Allende.

Le gouvernement de Salvador Allende, soutenu par la coalition de partis de gauche Unité populaire, tente de mettre en place un État socialiste de façon non violente et légale, la « voie chilienne vers le socialisme », par des projets tels que la nationalisation des secteurs clés de l’économie et la réforme agraire.

Il fait face à la polarisation politique internationale de la guerre froide et à une grave crise politique, économique et financière dans le pays.

Chaîne d’Union avec Salvador Allende.

Le coup d’État du 11 septembre 1973 mené par le frère Augusto Pinochet – le très mauvais compagnon ! –, et soutenu par les États-Unis – forte pression exercée par

la Central Intelligence Agency (CIA, « agence centrale de renseignement ») sur les forces armées –, renverse par la force le gouvernement et instaure une dictature militaire. Salvador Allende se suicide dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes.

Testament philosophique du frère Allende.

En savoir plus sur la façon de maçonner du frère Allende

Nous partageons bien volontiers la 4e de couverture du célèbre ouvrage Allende : Franc-maçon de Juan-Gonzalo Rocha (Éditions du Félin, 2003), à lire et relire : « Salvador Allende est âgé de 27 ans lorsqu’il devient franc-maçon, suivant une tradition familiale qui remonte à son grand-père paternel. Tout comme lui, il décide de lutter et de risquer sa vie pour son pays.

Frère Allende, le livre !

L’ouvrage de Juan Gonzalo Rocha nous relate le destin extraordinaire de ce médecin, officier de cavalerie, fondateur du parti socialiste chilien et homme d’État. Il nous livre en exclusivité le texte prémonitoire que le futur président prononce devant ses frères de la Grande Loge du Chili.

Fort de quatre ans d’enquête, l’auteur tente de découvrir le rôle de la franc-maçonnerie dans la vie politique du président. A-t-il cherché le soutien des francs-maçons lorsqu’il gouvernait le pays ? Était-il maçon avant tout ? Était-il socialiste avant tout ? Ce livre renouvelle la vision de l’homme, du maçon, de ses engagements tant philosophiques que politiques, et rappelle les principes pour lesquels il était prêt à mourir : Liberté, Égalité, Fraternité. »

Pour mémoire, reprenant les écrits de Ramon Canifru (cf. Sources), nous portons à votre connaissance les éléments suivants concernant Salvador Allende : « La Grand Loge du Chili a été fondée le 24 mai 1862 à Valparaiso. Elle est l’émanation de la loge L’Étoile du Pacifique, fondée dans cette ville par des Français, sous les auspices de Grand Orient de France, d’où sa devise « Liberté, Egalité, Fraternité » et une orientation de progrès social dans son action dans la cité. Elle passe ensuite sous le giron de la Grande Loge Unie d’Angleterre.

Objectif de la pièce : remettre en mémoire la dimension humaine de cette figure emblématique du peuple chilien qui a donné sa vie pour défendre les principes républicains (justice, loyauté, constance).

Salvador Allende avait une grande admiration pour son grand-père Ramon Allende Padin (1845-1884), médecin des pauvres, défenseur de la veuve et de l’orphelin, philanthrope, député puis sénateur, mais aussi septième Sérénissime Grand Maître de la Grande Loge du Chili.

Le Grand Maître Luis Riveros parle ainsi du frère qui accéda aux plus hautes fonctions:  « Allende fut un maçon qui est mort comme maçon et il a été membre de l’Ordre toute sa vie. » Salvador Allende, après une longue réflexion, présente sa lettre de candidature à la Sociedad Masonica (Société maçonnique) le 18 juillet 1935.

Il considère que l’institution est en accord avec ses idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité et de tolérance, auxquels on doit ajouter une action permanente pour le progrès social et moral de l’humanité. Il est initié dans la loge Progreso n°4 de la Grande Loge du Chili, ville de Valparaiso, le 16 novembre 1935. En 1937, il est élu député dans la circonscription de Quillota et Valparaiso ce qui empêche son passage au deuxième degré, celui de compagnon. […] Valparaiso c’est bien fini pour lui, sa charge est à Santiago. Comme bon maçon il prend ses dispositions et le 8 novembre 1940 il s’affilie a la loge Hiram n° 65 à Santiago où il passera là son grade de maître maçon et continuera son parcours maçonnique jusqu’à la présidence de cette même loge. »

*Oscar Castro (1947-2020) : Directeur artistique, Dramaturge, Metteur en scène, Directeur du Latin’ Actor : Né à Santiago du Chili en 1947, il y fonde le Théâtre ALEPH en 1968 avec des amis étudiants. Autodidactes et provocateurs, ils écrivent des pièces de théâtre musical. L’Aleph devient un mythe et une référence dans le monde du théâtre latino- américain. Après avoir censuré leur travail puis arrêté des membres de la troupe, le gouvernement militaire exile Oscar Castro. Depuis 1977, Oscar vit en France à Paris, où il réalise ses créations et dirige sa nouvelle Compagnie, dans son lieu, le Théâtre Aleph à Ivry-sur-Seine.

Chevalier des arts et des lettres en 1991, Oscar Castro avait été nommé au grade de chevalier de la Légion d’honneur en 2018, plus haute distinction honorifique française, en récompense de son travail et de son œuvre prolifique. Une œuvre guidée par le désir de vouloir changer le monde. Pour aller plus loin.

**Sylvie Miqueu : Chorégraphe, Actrice, Professeur du Latin’ Actor, Recherche de subventions, financements et projets de théâtre social.

DANSE : Après une formation en danse classique et moderne, elle travaille comme danseuse avec Sylvie Tarraube, Katja Cavagnac, Georges Tugdal, Pina Bausch et Carolyn Carlson. Un détour par le cirque, au sein du Cirque Pirate et de la compagnie TransExpress Circus, et par le music-hall aux Folies Bergères, enrichit son univers créatif.

Blason du Chili, dont la devise est « Par la raison ou la force ».

THÉÂTRE : Une rencontre en 1987 avec Oscar Castro, directeur du Théâtre Aleph, détermine son parcours de chorégraphe et comédienne : la danse s’allie à la comédie.
Depuis 1990 à nos jours, elle est comédienne dans tous les spectacles du Théâtre Aleph, qu’elle chorégraphie également. Sept femmes, une gare, un train est sa deuxième création en 2001, pièce de théâtre chorégraphique pour 7 femmes, après Si on rêvait au temps présent en 1991, pièce de théâtre chorégraphique pour 4 femmes.

CINÉMA : Il y a des jours et des lunes de Claude Lelouch (1991), Chili con carne de Thomas Gilou (1998), Fleur de cannelle de Frédéric Laffont (2000).

Infos pratiques : Lundi 11 septembre 2023 / 20h00-23h00 /Hôtel du Grand Orient de France ; Temple 1 – Arthur GROUSSIER – 16 rue Cadet – 75009 PARIS

Pour des raisons de sécurité et d’accueil (230 places), l’inscription est obligatoire sur theatreallende73@gmail.com en mentionnant prénom, nom et loge d’appartenance s’il y a lieu.

Sources : GODF, Wikipédia, Wikimedia Commons, https://www.ivry94.fr/, Théâtre Aleph, Ramon Canifru « Allende et Pinochet francs-maçons : cherchez l’erreur ? », in Humanisme 2013/4 (N° 301)

Palais de la Moneda, septembre 1973.

Le Dessin de… Jissey « Sursaut & Buzz n°41 »

0

Comme le remarque la rédaction 450 au 27 juillet les Francs-Maçons du Grand Orient De France de Nantes s’inquiètent pour la République. Du coup Ouest France en fait son Buzz. Les révolutionnaires de 1789 seraient-ils dépassés par les séditieux de 2023 qui caillassent leurs belles devises ?

Encore une attaque antimaçonnique : incendie criminel au El Paso Scottish Rite – (Photo – Vidéo)

De notre confrère freemasonsfordummies – Par Christopher Hodapp

Le temple du rite écossais à  El Paso, au Texas,  est la dernière victime de ce qui semble être une autre attaque anti-maçonnique. Juste après minuit lundi matin, un incendiaire a fait irruption dans le bâtiment et a été enregistré sur des caméras de sécurité portant deux bidons d’essence. Selon une publication Facebook du frère Larry Kane du Rite ce matin, l’attaquant a considérablement du carburant dans le hall et l’a incendié avant de briser une autre porte et de s’échapper.

Les pompiers ont été dépêchés immédiatement par le système d’alarme incendie – 10 unités et 27 pompiers ont répondu. Le pire de l’incendie semble avoir été contenu au rez-de-chaussée et il a été éteint rapidement. Mais il y a eu d’importants dégâts de fumée et d’eau dans le hall et la bibliothèque.

Heureusement, il n’y a pas eu de blessé.

Les membres ont été autorisés à entrer dans le bâtiment à 5 heures du matin, mais ils subissent toujours des dommages. Pendant ce temps, le bureau du prévôt des incendies enquête et recherche l’incendiaire. Aucun détail n’a été communiqué sur un potentiel suspect pour le moment. Pour tout renseignement sur l’incendie, la communauté est priée de communiquer avec le Bureau du commissaire des incendies au 915-212-5699.

Les attaques contre les maçons se multiplient

Au cours des deux dernières années, il semble y avoir eu une augmentation alarmante du nombre d’attaques contre les bâtiments maçonniques et les francs-maçons eux-mêmes. Il y’a à peine deux semaines, un maçon de McAllen, au Texas, a été tué par balle à l’extérieur de la loge locale par un homme qui croyait que les maçons avaient « jeté une malédiction sur lui« . De récents incendies criminels et d’autres vandalismes graves ont endommagé ou détruit des salles maçonniques en Floride, en Pennsylvanie, en Illinois, au Connecticut, à  New York,  en Oklahoma,  au Tennessee, à Vancouver en Colombie-Britannique et ailleurs. 

L’incendiaire de Vancouver a mis le feu à trois salles maçonniques de cette ville en une seule matinée, causant des dommages de 2,5 millions de dollars canadiens, et a été condamné à 40 mois de prison . Son avocat a affirmé qu’il « luttait contre des problèmes de santé mentale et voulait juste attirer l’attention sur ce qu’il a décrit comme des âmes sombres et des dispositifs de suivi du SCRS ».

Outre-mer, des salles maçonniques en Irlande  et en Grèce ont également été récemment attaquées par des anti-maçons. En outre, il semble y avoir eu une augmentation importante des publications et des vidéos anti-maçonniques sur les réseaux sociaux (les commentaires ont été fermés sur l’histoire Facebook d’El Paso Scottish Rite tôt dans la journée après qu’un nombre préoccupant de publications ont été publiées à l’appui de l’attaque). À la suite de ces rapports croissants d’incidents, le Grand Maître de Washington (État) a publié la semaine dernière une lettre avertissant les membres de sa juridiction au sujet d’un homme qui a émis de nombreuses menaces anti-maçonniques haineuses à propos de la fraternité.

Photos : Temple du rite écossais d’El Paso par Larry Kane

Une femme reçoit une lentille télescopique dans les yeux chez les francs-maçons d’Epworth

De notre confrère australien miragenews.com

Une femme de 81 ans, avec une mauvaise vision due à une dégénérescence maculaire avancée, a été équipée d’un petit télescope implantable dans son œil, dans l’espoir qu’il puisse améliorer sa qualité de vie. Pendant une décennie, la qualité de vie de Theresa Cowell avait souffert en raison de la dégénérescence maculaire.

Près de deux millions d’Australiens présentent des signes de maladie maculaire, tandis qu’une personne sur sept âgée de plus de 50 ans présente des signes de dégénérescence maculaire liée à l’âge, selon la Macular Disease Foundation Australia.

Réalisée par le Dr Elvis Ojaimi , la chirurgie révolutionnaire chez les francs-maçons d’Epworth était la première fois que ce type de télescope intraoculaire était utilisé sur un patient en Australie.

Le Dr Ojaimi a déclaré que la vie de Mme Cowell avait été gravement affectée par la dégénérescence maculaire avancée.

« Mme Cowell avait une maladie avancée des deux yeux et elle a une mauvaise vision depuis environ dix ans », a déclaré le Dr Ojaimi.

« Les personnes atteintes de dégénérescence maculaire en phase terminale ont une perte de vision centrale, ce qui affecte leur capacité à lire, à conduire et à reconnaître les visages. Cela limite considérablement leurs activités quotidiennes. »

Mme Cowell devait répondre à des critères stricts pour être éligible à l’opération visant à installer un télescope galiléen dans l’un de ses yeux. La lentille télescopique dans l’œil fournit un grossissement de 2,7, similaire aux lunettes que vous utiliseriez à l’opéra.

Le Dr Ojaimi a déclaré que l’opération avait été effectuée à l’aide du microscope Zeiss avancé chez les francs-maçons d’Epworth.

« La haute qualité de l’imagerie au microscope a aidé à cette opération difficile. La grande taille du télescope inséré dans l’œil signifie que la chirurgie était techniquement difficile et que les fonctions du microscope étaient essentielles pour positionner correctement l’appareil ».

Des mois de rééducation ont suivi pour entraîner Mme Cowell à utiliser le télescope dans son œil, nécessitant beaucoup de pratique. Bien qu’il ne restaure pas la vision, le télescope lui a donné plus de liberté.

« La lentille télescopique dans l’œil ne restaure pas la vision, mais après une longue rééducation et une formation à l’utilisation de la lentille, le grossissement a aidé le patient à reconnaître les visages et à lire les mots imprimés en gros caractères. Mme Cowell a également repris la conduite de son scooter de mobilité , ce qui signifie qu’elle peut retrouver ses amis et socialiser ».

« Les patients plus jeunes peuvent avoir de meilleurs résultats, car il y a beaucoup de travail acharné après la chirurgie dans le processus de réadaptation, ce qui nécessite beaucoup de persévérance de la part du patient. »

La pierre & l’épée

0

Un ouvrage préfacé par Pierre Noël, dont voici un extrait : « … Comment aborder et comprendre, pour celui qui se sent appelé sur le chemin de l’initiation, ce puissant rameau de la Tradition maçonnique que constitue le Régime Écossais Rectifié ?

Ce livre de Jean-François Robert donne en abondance les moyens d’accéder au Rite au travers d’informations aussi précises que précieuses, concernant à la fois « la théorie » et « la pratique » et qui portent sur son origine, sa doctrine, ses méthodes, ses outils et ses rituels. L’auteur montre l’enracinement du Rite dans le christianisme primitif mais donne aussi à voir comment les sciences humaines contemporaines viennent confirmer la pertinence de son enseignement et de sa pédagogie, dans le cadre d’un parcours permettant un authentique perfectionnement spirituel et moral qui donne sens à l’aventure humaine.

Ainsi, le débutant (voire plus) pourra trouver ici de nécessaires clarifications sur les éléments qu’il rencontrera en chemin de même que des précisions d’ordre pratique fort utiles pour l’adaptation de sa conduite en Loge… »

L’auteur : Ancien cadre dirigeant au sein d’un important groupe national d’assurances et de prévoyance, Jean-François Robert y a effectué une carrière éclectique. Son parcours maçonnique étoffé l’a conduit à pratiquer plusieurs rites. Le regard qu’il porte sur le Régime Écossais Rectifié est celui d’un homme de désir et de perfection. Il vit aujourd’hui à Cannes.

Sur le Rite Écossais Rectifié,  pratiqué en France par 7 à 8000 Sœurs et Frères, nous vous invitons à visionner notre interview express de 14 min de Jean-François Robert qui en dit plus sur cette démarche.

Valeurs de l’olympisme, valeurs maçonniques ?

100 ans plus tard, le 26 juillet 2024, Paris accueillera officiellement les Jeux Olympiques.

Logo JO d’été Paris 2024.

Les Jeux olympiques d’été de 2024, officiellement appelés les Jeux de la XXXIIIe olympiade. Oui, vous avez bien lu… 33e olympiade ! Un signe ?

À moins d’un an de l’ouverture des JO, revenons sur l’Olympisme qui dépasse largement le cadre des Jeux. Avec des valeurs qui ne sont pas étrangères aux valeurs et pratiques maçonniques.

Manuscrit du projet de jeux olympiques modernes de Pierre de Coubertin (discours du 25 novembre 1892).

La Charte olympique en résume le propos dans son préambule : « L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels. »

Médaille des Jeux olympiques d’hiver de 1948 à Saint-Moritz.

Les trois valeurs fondamentales

Aujourd’hui, l’Olympisme s’articule autour de trois valeurs fondamentales : l’excellence, l’amitié et le respect.

L’excellence consiste à donner le meilleur de soi, sur le terrain ou dans la vie. Il ne s’agit pas seulement de gagner, mais surtout de participer, progresser par rapport à des objectifs que l’on s’est fixés, s’efforcer de se dépasser au quotidien.

L’amitié doit conduire à bâtir un monde meilleur et plus paisible grâce au sport, à la solidarité, à l’esprit d’équipe, à la joie et à l’optimisme. Considérer le sport comme instrument visant une meilleure compréhension mutuelle entre les individus et les peuples du monde entier, malgré les différences.

Devise olympique au musée olympique de Lausanne, Suisse.

Enfin, derrière la valeur de respect se distingue la volonté de se respecter, respecter son corps, respecter les autres et les règles ainsi que l’environnement. Dans le cadre du sport, le respect va de pair avec le fair-play et la lutte contre le dopage ou tout autre comportement contraire à l’éthique.

Chacune de ces trois valeurs trouve son expression dans l’un ou l’autre des symboles de l’Olympisme et du mouvement olympique. La devise des Jeux, « Citius, Altius, Fortius », exprime l’excellence. Elle encourage les athlètes à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Cette devise olympique, depuis 2021, est composée des quatre mots latins « Citius, Altius, Fortius – Communiter », dont la traduction officielle est « Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble ».

Les JO, les symboles décryptés

Drapeau olympique.

Ces symboles véhiculent les valeurs de l’Olympisme. Ils confèrent une identité aux Jeux et au Mouvement olympiques.

Le drapeau

Les cinq anneaux représentent les cinq continents. Ils sont entrelacés pour indiquer l’universalité de l’Olympisme et la rencontre des athlètes du monde entier au moment des Jeux Olympiques. Sur le drapeau olympique, les anneaux apparaissent sur un fond blanc. Combinées de cette façon, les six couleurs (bleu, jaune, noir, vert, rouge et blanc) représentent toutes les nations. Il est donc faux de croire que chacune des couleurs est associée à un continent précis !

Torches olympiques exposées au Musée olympique à Lausanne en Suisse.

La flamme

Une flamme brûle dans le stade pendant toute la durée des Jeux Olympiques. Elle incarne un idéal de paix et d’amitié entre les peuples. Cette flamme fait référence aux Jeux de l’Antiquité : des messagers parcouraient le monde grec pour annoncer les dates des compétitions. Ils demandaient l’arrêt des combats afin que les athlètes et les spectateurs puissent se rendre à Olympie. C’était la trêve sacrée !

Les valeurs en quelques exemples

La Solidarité Olympique

CIO

Soutenu et piloté par le Comité International Olympique (CIO), organisation créée par Pierre de Coubertin le 23 juin 1894 pour réinstaurer les Jeux olympiques antiques puis organiser cet événement sportif tous les quatre ans, ce vaste fond d’aide aux Comités Nationaux Olympiques permet, entre autres, de financer des programmes d’entraînement d’athlètes et de formation des entraîneurs. Pour l’olympiade 2013-2016, il se monte à 438 millions de dollars. Dans les pays les plus pauvres de la planète, la Solidarité Olympique constitue souvent la seule ressource du Comité National Olympique.

1988, Seoul, Olympic torch.

Le CIO, une organisation au cœur du sport mondial

Fondé le 23 juin 1894 – veille de Saint-Jean, ou Nativité de saint Jean Baptiste,  de son nom de naissance Yohanan, personnage majeur du christianisme et un prophète de l’islam, était une fête chômée en France, avant le Concordat de 1801, donnant l’occasion de célébrer, avec quelques jours de retard, le solstice d’été –, le Comité International Olympique est une organisation internationale indépendante à but non lucratif. Basé à Lausanne, en Suisse, la capitale olympique, il est entièrement financé par des fonds privés et redistribue 90 % de ses revenus au mouvement sportif au sens large pour le développement du sport et des athlètes à tous les niveaux.

Siége du CIO, Lausanne.

Le CIO est au cœur même du sport mondial : il soutient toutes les parties prenantes du Mouvement olympique, assure la promotion de l’Olympisme dans le monde entier et supervise la célébration régulière des Jeux Olympiques. Le CIO s’attache en outre à promouvoir le sport dans la société, à renforcer l’intégrité du sport et à soutenir les athlètes intègres et d’autres organisations sportives.

La Journée olympique

Une fois par an, le 23 juin, date de naissance des Jeux modernes, le monde entier se met au diapason de l’esprit olympique en célébrant ses valeurs et les bienfaits de l’activité sportive. Une journée marquée par l’organisation de multiples manifestations et activités à l’échelle locale ou nationale.

JO Paris 2024 : la torche qui portera la flamme olympique.

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ)

À l’initiative de Jacques Rogge, son ancien président, le CIO a créé à la fin des années 2000 un nouvel événement au label olympique, les JOJ. Destinés aux athlètes âgés de 15 à 18 ans, ils associent compétitions sportives et activités d’échanges. Leur première édition, pour l’été, a été organisée à Singapour en 2010. La version hivernale a vu le jour deux ans plus tard à Innsbruck.

CIO, règlements.

L’éducation par le sport.

Associé à l’UNESCO, le CIO multiplie les initiatives sur l’ensemble de la planète pour encourager les jeunes à renoncer à leurs habitudes sédentaires et améliorer la qualité de l’éducation physique à l’école.

Les comités d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (COJO)

Autres bénéficiaires : les comités d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (COJO). Avant même le choix de la ville hôte, le CIO assure aux futurs organisateurs une part des revenus issus des droits de télévision et du programme marketing. Pour les Jeux d’été en 2024, cette manne financière s’élèvera à 1,7 milliards de dollars. La garantie pour la ville organisatrice de couvrir ainsi une grande partie de son budget d’organisation.

De fait, les Jeux Olympiques modernes véhiculent de réelles valeurs humanistes. De plus, le CIO prétend dans sa charte contribuer à « un monde meilleur ». Mettre en exergue des valeurs de tolérance, de fraternité, de générosité, de respect mutuel, l’hospitalité offerte par les villes d’accueils n’est-ce pas là un beau chemin à suivre ?

L’Olympisme n’est point un système, c’est un état d’esprit

Le baron Pierre de Coubertin, un maçon sans tablier ?

Les adeptes du complot dénoncent l’appartenance maçonnique du baron Pierre de Coubertin, déclarant notamment : « … À la suite des efforts persévérants d’un français, Pierre de Coubertin, ces Jeux furent rétablis en 1896. Pour ce franc-maçon ancien élève des jésuites… » ou encore « …Pierre de Coubertin nous a légué son adage ‘l’important c’est de participer’, conseil de franc-maçon qu’il était… »

Pierre de Coubertin, en 1921.

Et pourtant, le baron Pierre de Coubertin, né le 1er janvier 1863 à Paris et mort le 2 septembre 1937 à Genève, en Suisse, historien et pédagogue français n’a jamais été franc-maçon.

Fortement influencé par la culture anglo-saxonne, il a particulièrement milité pour l’introduction du sport dans les établissements scolaires français. Dans ce cadre, il prend part à l’éclosion et au développement du sport en France dès la fin du XIXe siècle, au rapprochement des écoles laïques et religieuses grâce au sport, avant d’être le rénovateur des Jeux olympiques de l’ère moderne en 1894 et de fonder le Comité international olympique (CIO), dont il a été le président de 1896 à 1925.

Signature de Pierre de Coubertin.

Pour mémoire, c’est le 6 avril 1896 que s’ouvre les premiers Jeux Olympiques modernes qui eurent lieu à Athènes en mémoire de la tradition antique. Quatorze pays y sont représentés pour un total de 285 athlètes. C’est un berger grec, Spiridon Louis, qui remporte l’épreuve la plus populaire du pays, le marathon.

Carton rouge.

Notre carton rouge à Coubertin

Si Coubertin parle des jeux comme instrument de paix, il n’est pas insensible, avant 1914, aux efforts de revanche, et, tout en accordant une grande place à l’honneur patriotique et au nationalisme, il présente aussi le sport comme un moyen de rendre les pratiquants plus aptes à la guerre.

Enfin, le baron apporte un soutien implicite au régime nazi à l’occasion des campagnes publicitaires en faveur des Jeux de 1936, à Berlin.

Bien que retiré du CIO où il reste à titre purement honorifique et absent physiquement des Jeux, il le soutient implicitement par le discours suivant : « Que le peuple allemand et son chef soient remerciés pour ce qu’ils viennent d’accomplir ». Interrogé sur ce soutien, Coubertin répond : « Comment voudriez-vous que je répudie la célébration de la XIe Olympiade ? Puisque aussi bien cette glorification du régime nazi a été le choc émotionnel qui a permis le développement qu’ils ont connu ». Pour le journaliste et critique littéraire Daniel Bermond (1951-2014), collaborateur de la revue l’Histoire, aucun doute n’est possible : Coubertin admire intensément Hitler.

Sources : Paris 2024 ; Wikimedia Commons ; Wikipédia ; La Charte olympique

JO, Paris 2024.