En réponse à un internaute, Feliciano a répondu aux spéculations sur ses liens avec la franc-maçonnerie.
Ce lundi (27), le député fédéral et pasteur Marco Feliciano a participé à une émission en direct sur la chaîne Fuxico Gospel, où un internaute lui a demandé s’il faisait partie de la franc-maçonnerie. Il a nié tout lien avec la société secrète et a affirmé être chrétien, mais a admis être curieux du sujet en raison des nombreuses spéculations qui existent.
Feliciano a commenté qu’au XVIIe siècle, la Franc-maçonnerie a contribué à sauver les pasteurs persécutés par l’Église catholique pendant l’Inquisition. Il a également rappelé qu’en 2018, il avait été accusé sans preuve par l’ancien député Cabo Daciolo d’être Franc-maçon, tout comme le pasteur Silas Malafaia. L’affaire a eu des répercussions à l’époque, puisqu’elle s’est produite peu avant les élections de cette année-là.
En clôturant le dossier, le député a salué le travail philanthropique réalisé par la franc-maçonnerie dans sa ville, Hortolândia, mais a souligné qu’il n’a jamais fait partie de l’organisation et qu’il n’a pas l’intention de s’y impliquer à l’avenir.
Marco Antônio Feliciano (né le 12 octobre 1972) est un homme politique brésilien, ainsi qu’un pasteur, un écrivain, un producteur de films et un théologien. Il a passé sa carrière politique à représenter São Paulo , ayant été député fédéral depuis 2011. Figure polarisante de la politique brésilienne en raison de ses opinions conservatrices déclarées, son élection à la présidence de la commission des droits de l’homme et des minorités a suscité des controverses et des protestations en raison des commentaires de Feliciano concernant les Africains, les personnes LGBTQ, les femmes, les catholiques, entre autres.
Il y a 80 ans, le 27 janvier 1945, le camp d’Auschwitz-Birkenau était libéré. En cette journée de commémoration particulière, la Grande Loge de France souhaite rendre hommage à ces femmes, ces hommes et ces enfants, sœurs et frères en humanité, victimes de la Shoah.
Fidèle à ses valeurs humanistes et à ses engagements, la Grande Loge de France entend poursuivre ce devoir de mémoire comme elle le fait chaque année, à l’occasion d’une cérémonie publique et rappelle la nécessité d’enseigner aux générations actuelles et futures ces heures sombres de l’histoire pour qu’elles ne tombent jamais dans l’oubli.
Si les tombes de ces six millions d’âmes n’existent pas, la parole des rescapés, les images des camps de la mort et les traces historiques témoignent encore de la barbarie nazie, de son obscurantisme et de cette destruction de l’humanité. Ce souvenir est un appel à la vigilance, préservons-le, entretenons-le afin que ce drame du genre humain ne se reproduise plus.
En cette date d’un triste anniversaire, appelons à une Fraternité universelle où les hommes et les femmes quels que soient leurs religions, leurs cultures, leurs ethnies, leurs différences puissent vivre-ensemble, en paix. Portons haut cette espérance.
Thierry ZAVERONI, Grand Maître de la Grande Loge de France
« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est notre chemin. »
(Søren Kierkegaard)
Le Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA), inspiré par la Tradition Salomonienne et centré sur la construction du Temple de Jérusalem, propose une démarche initiatique structurée et exigeante, fondée sur la durée, la construction et l’élévation spirituelle.
Chaque Franc-Maçon qui s’engage sur cette voie est appelé à se construire lui-même, pierre après pierre, au cours d’un long processus marqué par la recherche de la vérité, de la justice et de la sagesse. L’édification du Temple intérieur n’est pas un simple concept : c’est une réalité initiatique qui, degré après degré, permet d’accéder à des niveaux de spiritualité toujours plus profonds. L’enseignement dispensé dans les Hauts-Grades du REAA est un guide précieux, un fil conducteur qui éclaire la progression de chacun.
Une quête progressive et structurée
« L’échelle de Jacob est dans notre cœur, elle s’élève de la terre au ciel »
(Saint Jean Climaque)
Gravir les degrés du REAA n’est ni un privilège ni une course vers un statut, mais une nécessité pour qui veut approfondir le sens de l’Œuvre. Chaque degré n’est accessible qu’après avoir pleinement assimilé les enseignements du précédent. Cette exigence de maturité et de compréhension est une spécificité du Rite : il ne s’agit pas d’une hiérarchie de pouvoir, mais d’une échelle initiatique que chaque initié doit gravir individuellement, avec patience et persévérance.
Le temps joue ici un rôle fondamental. Le REAA rejette l’illusion d’un accès instantané à la connaissance et insiste sur l’imprégnation progressive. « La durée, indissociable de l’apprentissage, seule permet d’assimiler cet enseignement. » Il faut du temps, beaucoup de temps, pour qu’un symbole devienne une vérité vécue, pour que la lumière intérieure éclaire l’être dans son intégralité.
L’équilibre entre démarche individuelle et engagement collectif
« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. »
(Khalil Gibran)
Si la progression initiatique est une quête personnelle, elle ne peut être solitaire. Chaque initié construit son Temple dans un ensemble plus vaste, qui est la réalité collective de la Tradition, de la vigilance et du projet commun. Le REAA rappelle que l’élévation individuelle ne doit jamais se faire au détriment de la fraternité, mais au service du collectif.
Ainsi, chaque Maître Maçon qui s’engage dans les Hauts-Grades ne le fait pas uniquement pour lui-même, mais pour nourrir l’édifice spirituel de l’Ordre, transmettre et contribuer à l’œuvre commune. La construction du Temple est un idéal partagé, non une ambition personnelle.
Une ascension en spirale vers la Lumière
« Tout ce qui ne s’élève pas vers la lumière retourne aux ténèbres. »
(Platon)
Le REAA se distingue par une méthode initiatique évolutive, qui ne suit pas un chemin linéaire, mais un mouvement en spirale, où chaque degré apporte une compréhension plus profonde des vérités déjà entrevues. Chaque passage vers un degré supérieur est une renaissance, où l’initié, libéré progressivement de ses illusions et de ses attachements, s’élève vers un niveau supérieur d’existence.
Les valeurs et les vertus qui se déploient à chaque étape du chemin sont de plus en plus imprégnées de spiritualité, permettant d’affiner la perception de l’Œuvre et de la mission de l’initié. C’est par cette quête intérieure que l’on touche aux mystères de la vie, de la mort et de la renaissance, ce cycle incessant de la lutte entre la Lumière et les Ténèbres.
L’essence du REAA : une quête infinie de Vérité
« La Vérité est un miroir tombé de la main de Dieu ; chacun en ramasse un fragment et croit détenir le Tout. »
L’enseignement du REAA repose sur une idée fondamentale : ni les images, ni les concepts ne peuvent, à eux seuls, nous donner la Vérité. Il faut transcender les apparences et les représentations pour accéder à une compréhension plus profonde. Comme le dit si bien la sagesse initiatique :
« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est notre chemin. »
Le travail initiatique exige : – Un dépouillement de soi et une libération progressive des passions. – Un perfectionnement constant à travers l’ascèse initiatique et l’assimilation des enseignements des Hauts-Grades. – Une quête spirituelle exigeante, nourrie par la liberté de penser et de conscience, qui seule permet un véritable progrès intérieur.
C’est cette méthode rigoureuse, cette structure progressive et cette exigence de sincérité qui font du REAA un chemin d’élévation unique, offrant à chaque Frère et Sœur de bonnes volontés l’opportunité d’accéder à une connaissance plus profonde de soi, du monde et du Principe Créateur.
Pourquoi poursuivre l’ascension des Hauts-Grades du REAA ?
« Construire un temple extérieur sans bâtir son temple intérieur, c’est édifier une œuvre vouée à l’effondrement. »
Le REAA ne s’arrête pas à la Maîtrise. Poursuivre son chemin dans les Hauts-Grades, c’est choisir d’aller plus loin, de s’engager dans un perfectionnement continu, d’intégrer des enseignements plus subtils et d’approfondir la voie de la Sagesse.
Refuser cette progression, c’est renoncer à la construction complète de son propre Temple intérieur. C’est priver son esprit de l’architecture invisible qui donne cohérence et profondeur à toute la démarche initiatique.
Chaque initié a la responsabilité de poursuivre cette œuvre, non seulement pour son propre accomplissement, mais pour le bien de l’Ordre et de l’Humanité tout entière.
Ainsi, gravir les Hauts-Grades du REAA n’est pas une option, mais une nécessité pour qui veut véritablement incarner l’idéal maçonnique.
Olivier de LESPINATS Souverain Grand Commandeur REAA
Cette semaine, notre confrère du National Geographic pose la question du lien entre le bonheur et la religion. Cette même question se pose pour la maçonnerie. Chacun se fera sa propre idée. La pratique religieuse est invariablement corrélée à de plus hauts niveaux de contentement et de satisfaction. Voici ce que les recherches s’étant penchées sur ce lien révèlent.
Le Centre de réhabilitation de San Quentin, établissement pénitentiaire situé sur le littoral de la baie de San Francisco, semble être un lieu peu propice au bonheur.
Mais le révérend George Williams, qui y est aumônier, s’épanouit. Le dimanche, il célèbre des messes catholiques en anglais et en espagnol pour 200 hommes incarcérés là et leur apporte un soutien pastoral durant la semaine. Pour ce prêtre, qui porte des lunettes et n’élève jamais la voix, le fait de partager sa foi avec des détenus est source de joie.
« Chaque jour, j’ai hâte d’aller au travail », me confie celui qui fait ce métier en prison depuis trente ans (et qui officie à San Quentin depuis quinze ans). C’est comme « boire la grâce sur une lance à incendie », illustre-t-il.
Des chercheurs ont découvert un lien étroit entre foi et bonheur, un lien dont George Williams a fait l’expérience à San Quentin où il pratique sa foi en se mettant au service de ceux qui se trouvent derrière les barreaux. Ces dernières années, des chercheurs en sciences sociales ont sondé des personnes du monde entier pour leur demander combien elles étaient heureuses. Dans bien des cas, ils ont constaté des corrélations significatives entre le niveau de bonheur déclaré par les sondés et le fait qu’ils participent ou non à des offices religieux structurés.
Peu importe la religion, des corrélations similaires sont observées chez les pratiquants du christianisme, du bouddhisme, du judaïsme, de l’hindouisme ou d’autres religions ; et chez des personnes vivant et travaillant dans les prisons mais aussi en dehors.
Une influente étude du Pew Research Center a par exemple montré que les personnes actives au sein de congrégations religieuses ont tendance à être plus heureuses que les membres non affiliés ou inactifs de groupes religieux. Celles-ci ont également tendance à davantage s’engager sur le plan civique. Ces résultats, publiés en 2019, s’appuient sur une analyse de données récoltées par le biais d’enquêtes réalisées aux États-Unis et dans une vingtaine d’autres pays, comme le Mexique, le Japon ou l’Espagne. L’étude suggère également que l’on est susceptible de voir le bien-être social et personnel décliner dans les pays où l’engagement religieux chute, comme c’est le cas aux États-Unis.
Mais les auteurs de l’étude du Pew Research Center émettent une mise en garde, la nature de ces liens doit être étudiée davantage : « Ces nombres ne prouvent pas que le fait d’assister à des offices religieux soit directement responsable d’une amélioration de la vie des individus ».
Qu’est-ce qui, au juste, dans la foi semble améliorer le bien-être ? Doit-on nécessairement croire en Dieu ou être pratiquant pour profiter de ces bienfaits ?
LA RELIGION PEUT-ELLE MENER AU BONHEUR ?
En partenariat avec l’institut de sondage Gallup, une équipe d’universitaires a entrepris une étude de cinq années portant sur plus de 200 000 participants de vingt-deux pays afin de découvrir ce qui conduit à ce que les chercheurs nomment eux-mêmes l’épanouissement. Être épanoui, c’est plus qu’être simplement heureux ; il s’agit là d’un indicateur conçu pour savoir si l’on se trouve « dans un état dans lequel tous les aspects de la vie d’une personne sont positifs ».
Le projet est dirigé par Tyler J. VanderWeele, directeur du Programme de l’épanouissement humain de l’Université Harvard, et par Byron Johnson, directeur de l’Institut d’étude de la religion de l’Université Baylor. Leur initiative, qui porte le nom d’Étude mondiale sur l’épanouissement, est conçue pour approfondir nos connaissances sur le lien entre épanouissement et religion. Dans le cadre de celle-ci, on pose un ensemble de questions à des personnes du monde entier sur leur bien-être (bonheur y compris) tout en recueillant des données démographiques, sociales, économiques, politiques et religieuses les concernant.
Certains résultats préliminaires ont été publiés. « La foi revient de manière répétée comme une variable importante corrélée à l’épanouissement », indique Byron Johnson.
Ce projet encore en cours fait une chose que la plupart des études précédentes sur la foi et sur le bonheur n’ont pas faite. Il suit l’évolution des réponses des participants à l’enquête sur une période de plusieurs années (au lieu de les évaluer à un unique moment dans le temps), ce qui pourrait aider les chercheurs à tirer des conclusions concernant un éventuel lien de cause à effet.
Ces données n’ont pas encore été publiées. Mais les résultats obtenus jusqu’ici corroborent ceux du PewReasearch Center et d’autres chercheurs. Le score d’épanouissement moyen était supérieur de 0,23 points chez les personnes affirmant que la religion constitue une partie importante de leur vie quotidienne par rapport à celles pour qui ce n’est pas le cas ; et il était supérieur de 0,41 points chez les personnes qui assistent à un office religieux au moins une fois par semaine.
Les chercheurs pensent que toutes les expériences religieuses n’ont pas un effet égal sur le bonheur. Par exemple, l’étude essaie de savoir si le fait de participer à des offices religieux enfant a un effet sur le bonheur plus tard dans la vie. « L’un des meilleurs indicateurs prédisant le fait que l’on va s’inscrire au sein d’une communauté religieuse à l’âge adulte est le fait d’avoir pris part à l’une d’elles enfant », explique Brendan Case, directeur-adjoint de la recherche pour le Programme sur l’épanouissement humain d’Harvard. « Et cette participation en tant qu’adulte est très étroitement associée à un épanouissement dans le présent. »
CE QUE LA RELIGION PEUT ENSEIGNER AUX NON-RELIGIEUX SUR LE BONHEUR
Qu’est-ce qui, dans la religion, favorise le bonheur ? Selon Byron Johnson, le souci de l’autre, chose que la plupart des religions traditionnelles enseignent, comporte l’avantage de permettre d’améliorer sa propre vie, sa propre santé et de s’épanouir.
Pour Brendan Case, c’est le soutien social qu’apportent les communautés religieuses qui semble être la clé, ainsi que le sens, la raison d’être et la consolation qu’elles offrent. « Si les communautés religieuses sont probablement aussi omniprésentes dans les cultures humaines, c’est parce qu’elles satisfont un besoin humain fondamental, peut-être même une nécessité, de trouver une communauté morale orientée vers le sacré ou le divin ou le transcendant », explique-t-il en paraphrasant l’analyse du sociologue français Émile Durkheim traitant des raisons pour lesquelles les êtres humains sont des animaux intrinsèquement religieux.
Chez Kelli Fleitas, femme d’âge mûr et mère de deux enfants, ce sentiment de transcendance vient du fait de chanter à l’église. Si elle aimerait que ses deux adolescents aient encore l’envie d’assister à des offices comme lorsqu’ils étaient plus jeunes, elle n’en éprouve pas moins de gratitude, et ce en raison de sa propre expérience ; durant plusieurs mois, elle et ses compagnons de chorale ont chanté des cantiques avant les offices de Noël (par exemple « Nova, nova », un hymne reprenant un texte anglais du 15e siècle mis en musique par un joueur de flûte à bec). Kelli Fleitas éprouve du bonheur lorsqu’elle mêle sa voix à celle des autres à l’église. Chanter est pour elle une forme active de prière.
Ainsi que l’explique Robert D. Putnam, politologue émérite de l’Université Harvard, dans son livre Bowling Alone, pour les non-croyants, d’autres types de communautés, comme les ligues de bowling ou les clubs de bienfaisance, sont susceptibles d’offrir le même sentiment de but, le même cadre rituel et la même impression de communauté que la religion. Cependant, Brendan Case met en garde : celles-ci pourraient ne pas avoir d’effet aussi puissant que les groupes religieux.
Un dimanche matin, voilà peu de temps, à l’église épiscopale St. John, dans le nord de la Californie, Kelli Fleitas et quelques dizaines d’autres personnes se tenaient en cercle sous des guirlandes colorées laissées là après Noël.
« Élevez vos cœurs », a psalmodié Chris Rankin-Williams, recteur de la petite paroisse qu’elle fréquente. « Nous les élevons vers le Seigneur », ont répondu à l’unisson les enfants, couples et personnes âgées formant le cercle. Quelques minutes plus tard, des fidèles ont prié à tour de rôle. Quand est venu son tour, Kelli Fleitas a prononcé une prière de gratitude pour avoir eu l’occasion de chanter avec sa chorale durant les fêtes. « Mon cœur est si plein », s’est-elle réjouie.
Nota : Julia Flynn Siler est autrice et journaliste. Elle est également choriste à l’église St. John et a récemment écrit pour National Geographic un article sur les bienfaits de l’obscurité pour la santé.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
Chaque Franc-maçon se souvient de sa première planche d’Apprenti. En règle générale, celle-ci a pour thème « Le Silence ». Je n’ai pas échappé à cette épreuve. D’ailleurs, je me souviens très bien de la première idée qui m’est venue en la rédigeant : « et si je rendais une feuille blanche, pleine de silence ? » Une fois l’aspect provocation passé, j’étais revenu à la raison et comme tout le monde, j’avais disserté sur les vertus de ce supplice pour certains, qui ont des aspects de délivrance pour quelques autres.
Au final mon travail traitait assez classiquement de l’absence de tout son audible. Quelle banalité, mais d’un autre côté, lorsque vous portez le tablier depuis un mois, quelle autre forme de travail pourriez-vous faire ?
Les années ont passé, je sais maintenant que cette épreuve n’est absolument pas neutre dans la phase d’apprentissage du maçon.
Si je savais intuitivement que le silence est riche, je ne connaissais en réalité que le couvercle de la boite au trésor. Il me fallut vivre une expérience hors du commun pour définitivement prendre conscience des bijoux et autres pièces d’or sur lesquels j’étais assis. Je vous propose justement de vous raconter mon histoire et de partager avec vous cette aventure pas banale, vécue il y a quelques années.
J’étais assis devant mon ordinateur. Ma messagerie retentit. J’ouvrais machinalement. Il s’agissait d’un courriel envoyé par un ami :
« Clique sur ce lien et regarde ce reportage vidéo, c’est une histoire incroyable qui se déroule en Inde ».
Cela faisait deux heures que je travaillais non-stop, c’était donc l’occasion de me détendre. Je cliquais alors sur ce lien qui me conduisit aussitôt sur une vidéo YouTube (celle ci-dessus). Le thème du reportage traitait de la prison de Tihar à New Delhi, l’une des plus grandes au monde, où cohabitent environ 10 000 prisonniers. La nouvelle directrice Kiran Bedi, fraîchement nommée décida en 1993 de réformer la prison et de transformer les condamnés grâce à la méthode Vipassana, la plus ancienne forme de méditation bouddhiste. Une technique qui existe depuis plus de 2500 ans.
Je restai 52 minutes à regarder cet étrange histoire et fus très ému par ces gardiens et ces prisonniers se prendre dans les bras en pleurs, après dix jours de méditation incessante. Je me souviens d’avoir senti une larme couler lorsqu’à la fin de ce film, la mère d’une femme assassinée prenait dans ses bras le criminel qui avait tué sa fille pour lui témoigner son pardon. Comment la méditation et le silence pouvaient-ils engendrer ces miracles. Il me fallait en savoir plus.
Je décidais donc de rechercher un centre Vipassana pour expérimenter ce voyage intérieur. Grande fut ma surprise quand on m’annonça que plus aucune place disponible ne me permettrait de participer cette année là. Par dépit, je trouvais un autre centre pour découvrir une autre technique de méditation de pleine conscience et me voilà en route pour passer une semaine de travail de méditation avec Thich-Nhat-Hanh.
Quel clin d’œil du destin, je me retrouvais par « hasard » à travailler avec un des personnages les plus actifs dans l’œuvre pour la paix et l’amour dans le monde. Ce grand sage n’est plus de ce monde depuis le 22 janvier 2022. Ce fut pour moi une magnifique expérience, mais ce n’était toujours pas Vipassana.
Alors, dès la rentrée, j’adressais au centre Vipassana ma candidature. Quelques semaines plus tard, une surprise m’attendait, j’étais « sélectionné » pour participer à la session de février.
Nous étions maintenant en hiver et j’étais en route pour un voyage insensé pour l’occidental aussi bavard que je suis. Deux heures plus tard j’arrivais à destination dans l’auxerrois . Il fallait ici aussi laisser les métaux à la porte. Le temps de me présenter et de laisser au vestiaire montre, stylo, téléphone portable, clés du véhicule et portefeuille (car l’argent n’a aucune valeur ici). En effet, tout est gratuit, on est servi matin, midi et soir et la règle du jeu est : aucun contact verbal durant ces dix jours… et même aucun contact visuel (je ne parle même pas du non contact physique qui va de soi). Le but est de resté centré dans l’unité.
Je prends possession de mon petit lit dans ce dortoir d’une vingtaine de couches. Je visite rapidement les sanitaires, assez confortables pour cette aventure, puis un bref tour des lieux avec un repérage de la cuisine et hop, en route pour la première séance de méditation.
Nous sommes 60 hommes d’un côté et 60 femmes de l’autre. Chacun de nous se pose sur des coussins avec une couverture sur les épaules. Nous voilà tous partis pour un rythme régulier de 10 h/jour de méditation dès 4h du matin avec des coupures repas, repos et sommeil. Cela peut ressembler à une sanction imposée par un tribunal pénal, mais il n’en est rien du tout. Vous allez comprendre pourquoi…
Il m’a été donné il y a quelques années de faire une autre expérience que je qualifierais d’extrême. Sur les conseils d’un thérapeute, j’ai expérimenté un travail sur la honte… en faisant la mendicité dans le métro. La question initiale avant de m’y rendre avait été : « Comment je m’habille et quelle attitude dois-je prendre ? » La réponse s’était imposée d’elle-même : « Je m’habille comme tous les jours et je me présente avec fierté pour présenter ma demande ». C’est ainsi que sans fard ni déguisement, j’avais affronté les vagues d’africains de la ligne 13 à la station La Fourche, les yeux dans les yeux avec un sourire du cœur et le bonheur d’être vivant en partageant avec eux l’intimité de ma pudeur à oser leur demander de l’argent, eux qui étaient généralement moins riches que moi.
Cette expérience m’avait totalement transformée. Elle m’avait enseigné la différence qui existe entre la vanité, l’orgueil et la fierté. Ces trois mots, si souvent prononcés dans nos Loges, étaient maintenant habités d’une expérience de vie. Je n’avais certainement pas fait usage de cette vanité qui implore le regard de l’autre pour exister, ni l’orgueil qui écrase et cherche à dominer, mais bien de fierté, qui m’amenait à me présenter à eux avec ma sincère fragilité et ma honte naturelle.
En réalité, je compris ce jour là ce que signifiait être frères et sœurs. Affirmer que nous sommes tous issus de la même race humaine est toujours plus aisé lorsque l’assiette est pleine et le radiateur sur 22 degrés.
Lorsqu’on tient sa main au dessus, il est plus facile d’affirmer que la relation à l’autre est simple, mais quand votre main est celle du dessous, comment garder ses yeux conformes à la rectitude du fil à plomb et conserver totalement intacte sa fierté d’Homme pour sourire à l’autre et lui déclarer qu’on à besoin de lui.
Cela vient nécessairement affecter le sentiment d’impuissance qui nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant et que nous avons un jour posé notre genou droit sur une marche de l’Orient, afin de recevoir les vibrations de l’épée flamboyante du Vénérable Maitre pour nous créer, recevoir et constituer Franc-maçon. Mais tout ce rituel maçonnique était bien confortable face à cette expérience d’introspection sur mes propres besoins. Aujourd’hui, je ne me trouvais plus devant un déferlement de voyageurs de la RATP, mais devant dix longues journées qui allaient être perturbées par mon mental agité.
Il existe des dizaines de formes de méditation, il y a généralement la méditation dirigée, celle qui se concentre sur un objet et celle qui est dite libre, qui vise à faire le vide. Celle de Vipassana n’est pas une méditation visant à ne penser à rien.
Il est demandé au méditant pour commencer de concentrer sa respiration en polarisant son attention sur un petit triangle entre la lèvre supérieure et les narines. L’objectif est que jour après jour, cette zone corporelle prenne de l’ampleur jusqu’à atteindre après la première semaine la quasi-totalité du corps. Ce premier point qui consiste à prendre conscience de sa respiration dans son corps, entraine psychologiquement des effets secondaires inattendus. Sans nous en rendre compte, nous ne cessons jamais de penser. Durant ce long voyage, notre esprit se souvient d’expériences passées, bonnes ou mauvaises, il construit des pensées sur le futur et des projets hypothétiques.
Ce dialogue incessant finit par nous entrainer dans une cacophonie aux confins de la folie. Imaginez-vous assis avec des articulations de plus en plus douloureuses qui vous rappellent que les années ont rigidifié votre corps. Vous essayez de polariser votre attention sur votre souffle et soudain c’est le dérangement, car une petite voix vous harcelle, lorsqu’il ne s’agit pas d’une chanson qui vous revient en tête. Ce bourdonnement ne vous lâche pas, plus vous essayez de le faire taire en le mettant à la porte, plus il tente de refaire son apparition par la fenêtre. Il finit même par repasser par la cheminée si vous colmatez toutes les issues. C’est un enfer sur terre, je vous le confirme.
Dans le roman de notre Frère Philippe Benhamou, « Madame Hiramabbi – la concierge de la rue des trois frères » un passage m’avait particulièrement marqué, celui où le héros vient voir sa concierge qui lui confie que son tapis est magique. Il lui permet de voyager dans le monde entier. Il suffit pour cela de monter dessus et de penser très fort à une destination, et hop… il vous y conduit. Mais juste avant de laisser monter son jeune voisin, elle rajoute « Surtout, ne pensez jamais à un chat noir lorsque vous êtes sur le tapis, sinon il ne partira jamais ! ». Vous imaginez bien qu’en donnant une telle injonction, personne n’y résiste. Le chat vient hanter vos pensées et vous n’irez nulle part !
Il en est de même avec la méditation Vipassana. Je peux vous assurer que cette petite chanson dans ma tête à remplacé le chat noir durant ces dix jours.
Le quatrième jour, mon voisin de tapis avait disparu. J’avais appris qu’il avait déclaré forfait. En fait, pendant notre épreuve, environ trois à quatre hommes avaient abdiqué. Chez les femmes, la résistance était nettement supérieure car une seule avait quitté la salle pour rentrer chez elle.
Je pourrais vous parler de toutes ces émotions qui sont venues me submerger durant ces dix jours. Je me revois encore les larmes coulant d’une tristesse qui venait du fond de mon cœur et qui n’a jamais trouvé sa cause. Il me serait aussi possible de vous parler de ce fou rire qui vint me perturber durant un long moment. Je me souviens aussi de ce pauvre voisin de la rangée de devant qui n’a certainement jamais remarqué ma présence et qui durant plusieurs jours fut l’objet de ma colère. Une colère infondée, mais bien réelle. Toute cette symphonie d’émotions résultant du seul dialogue interne fut en effet une expérience riche et inoubliable.
Au-delà du voyage émotionnel, ce travail avait un but et je mis plusieurs jours à le comprendre. Rassurez-vous, je ne vous imposerai pas ces longues journées d’immobilité pour partager mon secret.
Le travail de Vipassana repose sur un principe de base assez simple et assez proche des buts de la Franc-maçonnerie.
Si vous restez assez longtemps en méditation à concentrer votre esprit sur votre respiration et votre corps, le dialogue va finir par se dompter, mais au-delà de ce fait, votre corps va exprimer ce que votre conscience vous communique. Cette conscience dont je parle vous envoie chaque jour des messages, mais la routine du brouhaha mental nous empêche de le sentir !
Or là, avec cette expérience, nous entrons en communication réelle avec notre conscience qui nous adresse de faibles messages. Parfois ceux-ci se caractérisent par des picotements, il arrive que ce soit des zones localisées de froid ou de chaud. Dans tous les cas, le corps reçoit de notre conscience des messages qui nous sentons. Cette révélation me permit de comprendre dans ma chair que l’initiation maçonnique n’est en aucune manière mentale. Elle ne peut être cellulaire et uniquement ressentie si on souhaite lui faire passer les couches intérieures.
Une fois l’apprentissage de la sensation apprivoisé, le vrai travail de Vipassana commence. L’exercice consiste donc à observer ces sensations sans aucune réaction d’attachement ou de rejet. Si le ressenti est agréable, le commun des mortels aura pour reflexe de s’attacher, si l’expérience est désagréable d’autres montreront de l’aversion. Le but est d’observer l’impermanence des choses de la vie, afin d’être dans une disponibilité qui rappelle le but du travail maçonnique. La rectitude n’est pas dans la droiture de la position mais bien dans l’alignement et l’intensité de la pensée. Il convenait donc dans ce travail d’expérimenter le non attachement. Celui qui permet le ressenti du travail palingénésique.
J’ai souvent constaté que la première semaine de vacances nous semblait plus longue que la seconde. C’est probablement ce qui explique le phénomène de la crise du milieu de vie. Les quarante premières années de la vie se situent dans la zone d’insouciance et d’éternité, alors que la seconde quarantaine trouve son issue dans le trépas. Il en est de même avec l’expérience de Vipassana. Les deux ou trois premiers jours nous semblent sans fin. Puis, peu à peu, les jours passent et nous donnons un sens et une intensité à notre travail. Nous devenons fiers de chacun de nos efforts pour nous rapprocher de nous-même.
C’est ainsi, qu’un jour, le dixième pour être précis, ce fut la fin du voyage. En fait, je croyais qu’il s’agissait de la fin, alors que ce n’était que le début.
Lorsqu’on goûte à la Franc-maçonnerie, elle nous imprègne et nous nourrit, il en est de même avec ce genre d’expérience méditative. Plus rien ne sera jamais pareil. J’avais savouré mon essence au plus profond de mon âme et elle avait bon goût. C’était certainement le premier pas vers ce qu’on nomme l’amour inconditionnel de soi.
Sur la route du retour, j’étais serein et fier de moi. Cela me rappela étrangement ce jour d’hiver, quelques années plus tôt, où je revenais d’une station du métro parisien avec quelques euros de plus dans ma poche et surtout beaucoup de gratitude pour le genre humain.
Une seule phrase me venait en tête : « Merci la vie ». Il m’arrive souvent en Loge de songer à cette phrase qu’un ami m’avait transmise : « Un voyage est totalement achevé le jour du retour ». Je sais que cela s’applique aussi au voyage maçonnique. Le chemin de l’Initiation est totalement complet le jour du passage à l’Orient éternel.
Comme rien n’est dû au hasard, je finissais la rédaction de mon premier ouvrage cinq mois plus tard… et je disais adieu à mon père la semaine suivante. C’est alors que je saisis le sens profond de toutes ces épreuves.
J’ai écrit ces lignes il y quelques semaines maintenant. Depuis, quelques Frères et Sœurs m’ont fait remarquer que le lien entre mon voyage au pays du silence et la Franc-maçonnerie ne coulait pas de source. Je reprends donc la plume pour construire la passerelle entre les voies. Et comme rien n’est le fruit du hasard, je souris en regardant le calendrier, car c’est justement aujourd’hui le onzième anniversaire de ce voyage que je partage avec vous dans ce récit.
La question de fond est donc : « Quel est le rapport entre dix jours de méditation silencieuse et une vie de pratique maçonnique ? »
La première réponse qui me vient à l’esprit est que ce sont deux chemins presque voisins sur la même montagne. Les passerelles sont nombreuses et les deux voies se complètent harmonieusement, car leur finalité est la même : « l’Unité ».
Il existe de nombreux Francs-maçons qui s’associent tellement à leur pratique, qu’ils finissent par oublier qu’elle est un outil, ou une voie. Notre âme est nourrie de la pratique comme la cathédrale du niveau ou du fil à plomb. A aucun moment, les deux ne peuvent se confondre. Le Franc-maçon n’est pas uniquement un Franc-maçon, il est tellement plus qu’un Frère. Il est aussi un père, un fils, un petit fils ou un ami, un collègue aussi. Se confondre dans son métier, son statut social ou son nom de famille n’est-ce pas s’amputer d’une partie des couleurs de la palette qui constitue notre essence ?
Il m’arrive souvent de dire :
« Je ne suis pas Franc-maçon, je fais de la Franc-maçonnerie ».
Même si cette phrase provocatrice fait rire ou agace, il n’en reste pas moins qu’elle est exacte. Elle me ramène au fameux Gnothi seauton, le « Connais-toi toi-même. » du fronton du temple d’Apollon à Delphes. Comment pourrais-je me découvrir si je sais déjà que JE SUIS un Franc-maçon ? Je ne peux apprendre que ce que j’ignore.
Je puis vous assurer que c’est en toute humilité que depuis quelques temps, lorsqu’on me demande qui je suis, je réponds avec un grand sourire : « Si seulement je le savais, mais je cherche activement ! »
(Signé : Un Frère silencieux dont le nom importe peu)
L’édito – Bâtissons ensemble l’Edifice de la Fraternité Universelle !
par le Sérénissime Grand Maître, Laurent Couasnon
À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, Mes Très Chères Sœurs, Mes Très Chers Frères,
C’est avec une immense fierté et une profonde gratitude que je m’adresse à vous pour nous réjouir du travail accompli avec cette rétrospective de l’année 2024. À travers nos travaux, nos échanges et nos actions, nous avons ensemble écrit une nouvelle page de l’histoire de la Grande Loge de Misraïm. Chaque geste, chaque parole, chaque initiative a contribué à renforcer nos fondations et à illuminer notre chemin vers la lumière, le progrès et l’harmonie.
L’année 2024 fut riche en accomplissements : de nouveaux ateliers ont vu le jour, notre obédience s’est enrichie de nouveaux membres, et nos liens avec d’autres obédiences nationales et internationales se sont consolidés. Notre Temple rue Cugnot, à Paris, a été embelli. Nous avons avancé sur les cinq piliers qui structurent ma mandature, avec une attention particulière portée au développement, pas seulement dans l’Hexagone, mais partout dans le monde, à la transmission de nos valeurs et à la communication ; ce premier e-BULIM en est l’illustration. Je tiens à remercier les Sœurs et les Frères qui ont œuvré pour sa réalisation et tout particulièrement notre Bien-Aimé Frère Arnold Migan pour son implication, ainsi que pour l’organisation d’événements tout au long de cette année 2024.Dans un monde marqué par des défis croissants, c’est à nous, Francs-Maçons, qu’il revient de préserver et de transmettre la lumière.
Notre engagement ne se limite pas aux murs de nos temples : il s’étend au-delà, dans le monde profane, pour y semer les graines de la fraternité, de la tolérance et de l’harmonie.Alors que nous tournons notre regard vers 2025, souvenons-nous des enseignements de notre rituel :
« Érigeons des autels à la vertu et creusons des tombeaux pour les vices. »
Ensemble, avec espoir et passion, continuons à bâtir, pierre après pierre, l’édifice d’une humanité plus éclairée et plus fraternelle.Je m’engage à poursuivre ce travail avec tout mon cœur, toute mon énergie et toute ma fraternité.
Mes Très Chères Sœurs, Mes Très Chers Frères, continuons à faire rayonner notre obédience à travers le monde, pour le bonheur de tous les êtres. Je souhaite à vous et à vos familles une heureuse année 2025 ! « Que cela soit écrit et accompli » avec votre support et votre aide bienveillante et fraternelle.
Laurent Couasnon Sérénissime Grand Maître de la Grande Loge de Misraïm
Une obédience en pleine expansion
L’année 2024 a été marquée par la création de nouvelles Grandes Loges Nationales et la consécration de plusieurs Loges. Signe de la dynamique de développement de la Grande Loge de Misraïm : Engagement – Modernité – Ouverture
Consécration de deux Grandes Loges Nationales en Afrique de l’Ouest – Bénin & Côte d’Ivoire
Une nouvelle page de l’histoire de la Franc-Maçonnerie africaine a été écrite avec la création de la Grande Loge Béninoise de Misraïm – GLBM, consacrée lors de son convent inaugural le samedi 19 octobre 2024. Ce moment solennel marque une étape très importante dans le développement du Rite de Misraïm en Afrique.
La délégation de dignitaires s’est ensuite rendue en Côte d’Ivoire pour consacrer la Grande Loge Ivoirienne de Misraïm – GLIM. Le Convent fondateur de la GLIM qui a eu lieu le 23 octobre 2024, fut un moment clé pour la franc-maçonnerie ivoirienne et vient confirmer l’enracinement du Rite de Misraïm sur le continent africain.
La Grande Loge Ivoirienne de Misraïm GLIM consacrée le 23 Octobre 2024
Les cérémonies ont eu lieu en présence des Très Illustres Frères Eric Jacques (Grand Conservateur du rite de Misraïm), Laurent Couasnon (Sérénissime Grand Maitre de la GLM) et Eddy Louves (Grand Maître de la GLFM) qui ont fait le déplacement depuis la France et du Très Illustre Frère Bruno Quenum (Passé Sérénissime Grand Maitre de la GLM).
Ces initiatives s’inscrivent dans un projet d’expansion de la Grande Loge de Misraïm au travers de Grandes Loges Nationales. Les concrétisations au Bénin et en Côte d’ivoire visent à promouvoir un Rite qui reflète les valeurs et la richesse culturelle de l’Afrique, tout en s’ouvrant au rayonnement international.
D’autres Grandes Loges Nationales sont en cours de création. C’est le cas par exemple au Cameroun où la Grande Loge Camerounaise de Misraïm devrait voir le jour prochainement.
Consécration d’une nouvelle Loge en France – Saint-Barthélemy –
C’est une étape marquante de son histoire maçonnique qu’a célébré Saint-Barthélemy au mois de décembre 2024, avec la création d’une loge mixte affiliée à la Grande Loge Française de Misraïm. Cette initiative inédite, ouverte aux femmes et aux hommes, vient enrichir la diversité et le rayonnement de la franc-maçonnerie sur l’île.
Le Rite de Misraïm, reconnu pour sa richesse spirituelle et culturelle, vient ainsi offrir une nouvelle voie de développement aux Babaths.
Cette nouvelle loge a pour mission de promouvoir des valeurs universelles telles que l’épanouissement personnel, la fraternité et l’égalité, tout en s’inscrivant dans les traditions maçonniques Misraïmites.
La Grande Loge de Misraïm poursuit sa mission de transmission d’un héritage spirituel et culturel unique, tout en affirmant sa place au sein des communautés locales. Un événement marquant pour Saint-Bartélemy et pour la franc-maçonnerie en général !
Célébrations : Des anniversaires qui rythment la vie de notre obédience
50 Années de franc-maçonnerie et toujours déterminé !
Hommage à Eric Jacques, Fondateur de la Grande Loge de Misraïm et Grand Conservateur du Rite de Misraïm.
À toi, Éric, frère de lumière, Depuis un demi-siècle, guide exemplaire, Aux côtés de Papou, noble compagnon, Vous avez bâti une grande maison.
La Grande Loge de Misraïm, refuge sacré, Renaît sous vos mains d’hommes inspirés. Non point créateurs, mais conservateurs ardents, Vous avez ravivé un rite ancien et vibrant.
Le Rite de Misraïm, riche de mystères, Trouve en vous deux l’héritage de naguère. Mais au-delà des symboles et des flammes, C’est la transmission qui éclaire votre âme.
Papou, gardien des traditions oubliées, A su te léguer ce flambeau sacré, Et toi, Éric, porteur de cet héritage, Tu le transmets à ton tour, page après page.
Éric, dans ta quête de sagesse, Depuis cinquante ans, sans faille ni faiblesse, Tu portes en ton âme l’éclat des bâtisseurs, Inlassable artisan d’un monde porteur d’ardeur.
Sous vos pas, Papou et toi unis, Les colonnes se dressent, les temples sont ravis. Chaque symbole, chaque geste, chaque voix, Rappelle que l’homme bâtit dans la foi.
Aujourd’hui, Éric, nous honorons ton chemin, Et saluons Papou, dont l’étoile veille au loin. Par vos mains, le savoir s’offre aux générations, Et dans nos cœurs vit votre noble transmission.
Un Convent anniversaire – La GLFM a célébré un An de renouveau et de Fraternité
Le 28 septembre 2024, la Grande Loge Française de Misraïm (GLFM) a tenu son Convent régional à Paris, célébrant également un moment symbolique : le premier anniversaire de la GLFM dans sa structure actuelle de Grande Loge Nationale, fruit de la réorganisation de la Grande Loge de Misraïm (GLM). Ce jalon historique a offert à la fédération un cadre plus robuste pour consolider son rayonnement et intensifier ses actions.
L’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) s’est déroulée sous l’autorité du Grand Maitre de la GLFM, Le Très Respectable Frère Eddy Louvès. Cette rencontre, essentielle à la gouvernance et à la vitalité de la fédération, a réuni les représentants de ses 15 associations membres. Dans une ambiance empreinte de fraternité et dans le respect des traditions, les participants ont pu aborder et débattre des enjeux de l’année écoulée, marquée par un engagement constant dans les activités maçonniques. La journée a permis de dresser un bilan moral et financier, de renouveler le Conseil d’Administration, et de poser les bases des projets à venir.
Le Convent a également été l’occasion de mettre en lumière des actions notables, comme l’expansion en région lyonnaise avec la création d’une nouvelle loge, ainsi que le développement des traités d’amitié. Ces actions reflètent la vitalité de la GLFM, qui continue à promouvoir les idéaux maçonniques. Les nombreux événements ouverts au public, tels que des conférences et des visites culturelles confirment ce dynamisme.
Un des moments forts de cette journée a été la clôture autour d’un dîner fraternel, véritable point d’orgue de l’événement. Ce repas, empreint de convivialité et d’amitié, a permis de célébrer ce premier anniversaire avec enthousiasme et chaleur. Les participants ont partagé des échanges riches et constructifs, renforçant les liens fraternels qui unissent les membres de la fédération.
Ce premier anniversaire marque une étape importante dans l’histoire de la GLFM, illustrant à la fois son enracinement dans la tradition et sa capacité à s’adapter aux exigences du monde moderne.
L’assemblée s’est conclue sur des perspectives prometteuses pour l’année 2024-2025, avec des priorités claires : consolider les fondations initiatiques, développer les relations inter-obédientielles et poursuivre le travail colossal d’ouverture et de rayonnement.
Ainsi, tradition, modernité et convivialité se conjuguent pour bâtir l’avenir de cette prestigieuse fédération maçonnique, dans un esprit de progrès et de fraternité.
Notre RL:. Héliopolis N°69 à l’Orient de Saint-Pierre-de-Chandieu (Lyon) a soufflé sa 1ère bougie
Lyon, Terre de Francs-Maçons – la Grande Loge Française de Misraïm se développe à Lyon.
Le 3 décembre dernier, notre 1ère loge, La Loge Héliopolis à l’Orient de Saint-Pierre-de-Chandieu a soufflé sa première bougie. Cet anniversaire marque une étape importante pour cette jeune loge, qui s’est rapidement affirmée comme un espace de réflexion et de fraternité dans la région.
C’est l’occasion de féliciter le jeune Vénérable Maître William Stein ainsi que les Frères et Sœurs qui ont œuvré avec brio à la création et au premiers pas de cette loge.
Le choix du nom Héliopolis, inspiré d’une ville égyptienne dédiée à la lumière, illustre parfaitement l’esprit de la Loge.
Ce nom résonne particulièrement à Lyon, ville connue pour sa Fête des Lumières, et à Saint-Pierre-de- Chandieu, où se trouve la loge et où on célèbre un carnaval annuel en l’honneur de la lumière.
Cette première année fut marquée par les travaux et la décoration du temple, œuvre opérative engagée de quelques Frères et Sœurs, et par des travaux rituéliques de qualité qui ont permis de fédérer nombre de Frères et Sœurs visiteurs.
Héliopolis rayonne de dynamisme et a déjà initié et affilié ses premiers membres. Elle continue d’attirer de nombreux visiteurs, renforçant les liens entre les Frères et Sœurs de la région. Avec un tel élan, la Loge aborde l’avenir avec confiance, déterminée à poursuivre ses travaux et à rester fidèle aux valeurs de la Franc-maçonnerie misraïmite.
Les pierres qui parlent – une lecture maçonnique du patrimoine
La Grande Loge de Misraïm (GLM) poursuit sa mission de transmission culturelle et spirituelle en proposant des visites uniques dans des lieux emblématiques. Cette année c’est Paris qui était à l’honneur. Du Panthéon au Musée Carnavalet, en passant par le Cimetière de Charonne, ces explorations guidées ont offert aux participants une immersion dans l’histoire, la mémoire et les symboles maçonniques. Ces initiatives, ouvertes au public, mettent en lumière l’engagement de la GLM pour le partage et la découverte, à la croisée de la tradition et de l’humanisme.
Une Visite Maçonnique au Panthéon :
L’Histoire sous un Nouveau Jour
Le 9 juin 2024, nous avons emmené nos membres mais aussi des visiteurs initiés et profanes, à la découverte du Panthéon, joyau de l’histoire de France. Cette visite exceptionnelle a permis d’explorer et de comprendre les riches symboles maçonniques qui imprègnent ce lieu emblématique. Guidés par un Frère conférencier, les participants ont pu apprécier les liens entre les valeurs maçonniques et les idéaux républicains, à travers l’architecture et les grands Hommes honorés en ce lieu.
Une immersion unique dans un patrimoine riche de sens et de symboles universels.
Le Musée Carnavalet : Une Plongée dans l’Histoire de Paris et ses Symboles
Dans un esprit de partage et de découverte, nous avons organisé une visite guidée ouverte aux profanes, au Musée Carnavalet, haut lieu de l’histoire parisienne.
Les participants, initiés ou non, ont exploré les nombreuses collections et œuvres qui témoigne de l’ampleur de l’évolution sociale et culturelle de Paris. Le Frère conférencier a mis en lumière les symboles et objets liés à la franc-maçonnerie, permettant de mieux comprendre l’impact de ses idéaux sur la capitale.
Une initiative culturelle enrichissante à laquelle a participé le Sérénissime Grand maître de la Grande Loge de Misraïm.
Cimetière de Charonne : Mémoire et Spiritualité au Cœur de Paris
Le 1er décembre 2024, nous étions quelques, frères, sœurs, familles et amis à partager l’histoire du cimetière de Charonne.
Cette excursion était un moment de vie par la mémoire des morts.
Conduite par deux frères, historiens, aussi érudits que passionnés de mémoriels, cette visite est un voyage dans le temps au détour de quelques tombes célèbres.
Dans ce petit cimetière d’un peu plus de 650 tombes, l’un des très rares attenants à une église et en plein centre de vie, on y croise les sépultures de quelques célèbres personnalités qui partagent leurs dernières demeures avec d’autres non moins célèbres, mais de moins bonne renommée.
Classé monument historique en 1964, le cimetière de Charonne conforte l’idée qu’un cimetière est un lieu de mémoire et d’hommage.
Ouverture vers l’extérieur La Grande Loge de Misraïm (GLM) s’ouvre au grand public
Cérémonie du Solstice d’été en Guadeloupe
L’année 2024 a été une étape importante pour la Province de Guadeloupe dans le paysage maçonnique de l’île, grâce au dévouement des Sœurs et Frères de nos 3 Loges : la RL:. Kheper Noun N°82, la RL:. Plume de Mâat N°68 et la RL:. Séchat N°46. Cette année a été marquée par trois moments clés :
La tenue obédientielle au printemps, en présence du Grand Maître de la GLFM, le Très Illustre Frère Eddy Louvès, accompagné du Passé Sérénissime Grand Maître, le Très Illustre Frère Philippe Dainhaut.
Le feu de la Saint-Jean, un moment marquant. La cérémonie rituelle du Solstice d’été (photo ci-dessus) a permis de réunir des Frères et Sœurs au-delà de notre obédience et d’accueillir des profanes : familles et amis.
Enfin, une tenue commune autour du solstice d’hiver a rassemblé les Frères et Sœurs pour unir leurs énergies et célébrer le réveil rituélique de la nature.
L’année 2025 s’annonce comme une année d’unité et d’évolution.
Les portes de nos 3 loges vous sont ouvertes pour découvrir ou redécouvrir notre rituel et partager nos travaux.
Cérémonie du Solstice d’été à Nice
Le Solstice d’été fut pour la Respectable Loge Khépri N°21, à l’Orient de Nice, une occasion de réunir Frères, Sœurs et profanes autour d’un rituel empreint de symbolisme et de réflexion. Le tracé de l’étoile au sol et l’allumage solidaire du feu ont invité chaque participant à méditer sur le rôle de la lumière dans son propre cheminement intérieur, rappelant que chaque individu porte en lui une flamme à nourrir et à protéger.
Dans la mythologie égyptienne, Khépri, le dieu-scarabée, incarne cette lumière renaissante et la persévérance inébranlable du renouveau. Chaque matin, il pousse le disque solaire au-delà de l’horizon, renouvelant la promesse d’un nouveau jour. Ce geste divin, symbolisé par le scarabée roulant sa sphère, nous enseigne une leçon intemporelle : face à l’immensité des cycles universels, chaque effort, même modeste, contribue à maintenir l’équilibre et à raviver la lumière.
Alors que l’année 2025 s’annonce sous le signe du développement et de la consolidation, la loge incarne pleinement le principe de Khépri : se renouveler sans cesse, nourrir la lumière, et bâtir avec persévérance son temple intérieur. Nos cœurs et nos bras restent ouverts à tous ceux qui souhaitent rejoindre cette quête lumineuse.
Tenues Blanches Ouvertes à Paris
A Paris, en complément des visites culturelles et du Solstice d’été, nous avons ouvert nos portes au public avec des Tenues Blanches Ouvertes (TBO) captivantes. Ces rencontres leur offrent une occasion unique de nous découvrir et d’explorer les dimensions spirituelles, culturelles et symboliques de la franc-maçonnerie contemporaine.
Retour sur deux événements marquants qui ont éveillé curiosité et réflexion.
François Padovani, ancien GM de la GLMF
“Être Franc-Maçon Aujourd’hui”
Le 23 mars 2024, nous avons organisé une Tenue Blanche Ouverte au public, à Paris 18e, où le Très Illustre Frère François Padovani, ancien Grand Maître de la Grande Loge Mixte de France et ex-président du CLIPSAS, a animé une conférence inspirante. Sous ce thème “Être Franc-Maçon aujourd’hui”, il a exploré l’importance et le rôle de l’engagement maçonnique face aux multiples défis contemporains, tels que l’intelligence artificielle et le réchauffement climatique.
Cette conférence a offert aux participants une vision éclairée de la franc-maçonnerie comme une voie initiatique conciliant évolution personnelle et contribution au bien commun.
“Du nombre d’Or à la construction des cathédrales”
Le jeudi 19 décembre, la GLFM a réuni une cinquantaine de participants, en présentiel et en visioconférence, autour d’une TBO dédiée à la géométrie sacrée et plus particulièrement au nombre d’or. Notre Frère Pascal Ldx:. de la RL:. Mâat N°16 à l’Orient de Bergerac a fasciné l’auditoire par une démonstration en direct, traçant des figures emblématiques comme l’étoile à cinq branches, le temple et ses différentes composantes, avant d’aboutir à la géométrie de la cathédrale Notre-Dame, puis à la pyramide de Gizeh. À travers ces tracés, il a mis en lumière les harmonies parfaites de la géométrie sacrée, invitant chacun à méditer sur l’architecture de son temple intérieur.
Ces deux TBO, mêlant réflexion, spiritualité et échanges fraternels, témoignent de l’engagement de la GLFM à transmettre et partager les richesses de la tradition maçonnique avec le plus grand nombre. Nous vous offrons la possibilité de revoir la TBO sur le nombre d’or en suivant ce lien : Replay TBO nombre d’or GLFM
Le mot de la fin
Un regard vers l’avenir – par Eric Jacques, Grand Conservateur du Rite de Misraïm
Il m’échoit l’honneur de clore cette édition spéciale du Bulletin d’Information de Misraïm (e-BulIM).
Alors que 2024 appartient désormais à nos souvenirs, nous pouvons nous réjouir des accomplissements de cette année riche et nous tourner résolument vers 2025 avec espoir, passion et engagement.
Les travaux menés, les rencontres partagées et les énergies mobilisées lors de nos tenues témoignent de la vitalité et de la force de notre obédience.
2024 a été une année riche à bien des égards. De nombreux profanes nous ont rejoints, symbolisant le renouveau et la régénération. Des visiteurs venus de divers horizons se sont émerveillés devant notre rituel, nos travaux, mais surtout devant la fraternité qui anime nos échanges. Nous avons accueilli de nouveaux esprits, de nouveaux paradigmes et des projets porteurs pour nos loges. De nouvelles organisations ont vu le jour, notamment en Afrique, et une nouvelle loge a été consacrée dans les îles du nord des Antilles.
C’est ainsi que se perpétue la tradition, et que notre Rite de Misraïm, sans ostentation ni prosélytisme, trouve sa place sur l’échiquier mondial de la Franc-Maçonnerie universelle.
Il y a trente ans, j’ai eu l’infini bonheur de réveiller ce Rite. Aujourd’hui, je contemple avec émotion combien les espérances secrètes des fondateurs ont été dépassées. Mais au-delà des sentiments, je tiens à rappeler la mission essentielle que chacun porte dans la construction de l’édifice.
Les titres pompeux et les décors rutilants masquent souvent une évidence : pour qu’une organisation vive, elle doit se renouveler sans cesse. Ce n’est qu’à travers ce renouveau constant que la pyramide tient debout. Sa force repose sur ses fondations, car plus l’on s’élève, plus la fragilité s’installe. Ces fondations reposent sur trois piliers essentiels :
Notre Rite, que beaucoup qualifient de « magique ».
Nos principes : fraternité, diversité, tolérance, et les contributions de chacun.
Nos apprentis, car sans eux, rien ne peut perdurer.
Nous savons que les ouvriers travaillent sans relâche. Nous savons que notre quête est infinie, et que les êtres « aboutis » n’existent pas. Pourtant, nous tendons tous vers un idéal, et si nos objectifs diffèrent, la méthode maçonnique s’impose comme un guide universel pour avancer.
Pour conclure, permettez-moi d’évoquer une leçon intemporelle : Lorsque Pharaon vient visiter le chantier de Khéops, Imhotep, l’architecte, est nerveux. Les felouques transportant les pierres se sont renversées dans le Nil, retardant l’édification sacrée. En voyant Pharaon, Imhotep se prosterne, bafouillant des excuses. Mais Pharaon le relève et lui dit simplement : « Ce qui doit se faire se fera. »
Puissions-nous garder en mémoire cette sagesse dans nos travaux et nos projets à venir.
Je vous souhaite bon courage et me tiens à votre disposition si le besoin s’en fait sentir.
Fraternellement,
Eric Jacques
Un grand merci à notre Très Illustre Frère Benjamin John qui pendant de nombreuses années a fait vivre le Bulim et qui l’a maintenant transmis à une nouvelle équipe.
Merci à toutes les Sœurs et tous les Frères qui ont contribué à cette édition spéciale : Alice, Annette, Bruno, Charles, Eddy, Eric, François, Laurent, Malvina, Malika-Marie-France, Marie-Christine, Marie-Laure, Thierry, William.
« Une Étoile guidant la science et la marine au XVIIIe siècle »
L’histoire de la Franc-maçonnerie française est marquée par des loges qui ont joué des rôles clefs dans diverses sphères de la société, notamment dans les sciences et la navigation maritime. Parmi ces loges, l’Étoile Polaire de Paris, fondée à une époque où la France cherchait à affiner son savoir naval, se distingue par son engagement dans la recherche scientifique, particulièrement autour du calcul de la longitude. Cet article explore l’histoire de cette loge toujours en activité avec sa centaine de membres, son impact sur la science de l’époque et les personnalités qui l’ont animée.
I. Origines et Fondation
L’Étoile Polaire de Paris naît dans un contexte où les sciences exactes et la navigation se trouvent au cœur des préoccupations de la France maritime. Fondée probablement avant 1769, selon les documents de Christophe de Brouwer, la loge aurait reçu sa patente de création de la Grande Loge de France le 14 mai 1766. Toutefois, des doutes subsistent quant à la date exacte de sa création, certains suggérant une patente antidatée pour assurer la régularité de la loge pendant une période de vacance du pouvoir maçonnique central.
II. Les Membres et Leur Contribution
Les membres de l’Étoile Polaire étaient des hommes de science, de navigation et de divers corps de l’État, unis par un intérêt commun pour l’avancement des connaissances maritimes. Parmi eux, Guy-Alexandre Pingré, un astronome et chanoine, est souvent cité comme fondateur. Pingré, avec son élève Jean-Théodore Bouin, contribua à la précision des observations astronomiques, essentielles pour le calcul de la longitude.
Charles-Pierre Claret de Fleurieu était un officier de marine qui s’est illustré dans la mise au point des horloges marines, cruciales pour naviguer avec précision. Son rôle dans l’expédition de l’Isis en 1768-69 fut décisif, testant les chronomètres de Ferdinand Berthoud. Pierre-Julien Leroy, un horloger royal, apporta son expertise dans la conception des horloges marines, participant ainsi directement à l’innovation technologique maritime. Bernard Peyrilhe, un médecin pionnier dans la recherche sur le cancer, et Michel-Louis Le Camus de Limare, un collectionneur de livres dont la bibliothèque enrichit la Bibliothèque nationale de France, illustrent la diversité intellectuelle au sein de la loge.
III. L’Expédition de l’Isis et le Calcul de la Longitude
La mission de l’Isis, menée par Fleurieu, visait à tester les nouvelles horloges marines pour améliorer la navigation. Le calcul de la longitude, un défi majeur pour la navigation de l’époque, nécessitait une précision horaire que seule une horlogerie avancée pouvait fournir. L’expédition fut un succès, permettant à la France de rattraper son retard sur l’Angleterre dans ce domaine. La loge l’Étoile Polaire était donc au cœur de cette avancée scientifique et technologique.
IV. La Loge dans le Contexte de la Révolution
La fin du XVIIIe siècle fut tumultueuse pour la France, et la loge l’Étoile Polaire ne fut pas épargnée par les bouleversements politiques. Beaucoup de ses membres naviguèrent à travers la Révolution avec des fortunes diverses. Des figures comme Fleurieu connurent l’emprisonnement avant de retrouver des positions éminentes sous l’Empire. D’autres, comme Froger de l’Eguille, périrent pour leur allégeance royaliste. La loge elle-même semble avoir disparu au début de la Révolution, mais ses membres continuèrent souvent à être actifs dans la franc-maçonnerie, contribuant à la réorganisation des loges après cette période.
V. Refondation et Héritage
La loge fut refondée en 1839, près de cinquante ans après sa disparition, sous le nom de l’Étoile Polaire. La question de savoir si cette nouvelle loge est une véritable continuation de l’originale reste ouverte, mais il est clair que ses membres revendiquaient une filiation morale avec l’ancienne. Cette refondation montre comment les idéaux et l’esprit de la loge ont perduré, même si les structures et les membres ont changé.
L’Étoile Polaire, loge du Grand Orient de France, toujours en activité, illustre parfaitement comment la franc-maçonnerie pouvait servir de creuset pour la science, la technologie et la fraternité dans une France en pleine mutation. Ses membres, par leur engagement dans des expéditions scientifiques, ont contribué à l’avancement de la navigation maritime, incarnant ainsi les principes de progrès, de solidarité et de connaissance qui sont au cœur de la philosophie maçonnique.
Références et Bibliographie :
de Brouwer, Christophe. Les débuts de la R.L. l’Étoile Polaire de Paris. d’Eveux de Fleurieu. Voyage fait par ordre du Roi en 1768 et 1769, à différentes parties du monde pour éprouver en mer les horloges marines inventées par M. Ferdinand Berthoud. 1773. Le Bihan, Alain. Francs-Maçons parisiens du Grand Orient de France. 1966. Vergé-Franceschi, Michel. La marine française au XVIIIe siècle. 1996. Dossiers et archives de la BnF, notamment le tableau de la loge de 1773.
Cet article n’est qu’une fenêtre sur une histoire bien plus vaste, invitant à une recherche continue pour comprendre comment des institutions comme la franc-maçonnerie ont façonné la science et la société française.
Albert Moukheiber douche un peu les espoirs que le cerveau se laisse comprendre et réparer à la manière d’une mécanique. Il explique le vrai et le faux.
Avant, tout était simple. Il y avait les croyances, religieuses ou idéologiques entre autres, et puis la science. Cette dernière dispose d’une méthode éprouvée : toute théorie doit être vérifiée par essais concrets et les résultats doivent être reproductibles. Si ces conditions sont scrupuleusement respectées, alors seulement la théorie peut être autorisée à formuler des prédictions.
Tout cela marche admirablement pour les sciences dites exactes : mathématiques, physique, chimie,… L’affaire se complique dès qu’on touche au vivant : celui-ci semble prendre un malin plaisir à se rebiffer, mettant souvent la reproductibilité à mal. C’est que la complexité du vivant, et peut-être l’humain encore plus, fait qu’il n’y a jamais deux situations identiques. Et, de plus, tous les processus biologiques ont des boucles de rétroaction.
Malgré tout, les sciences humaines ont connu de beaux progrès, à commencer par la médecine.
Un précieux outil pour cela est constitué par la science statistique. Les stats ont aussi aidé la sociologie à objectiver les données. En effet, dès qu’on approche l’humain, les émotions émergent, colorant les perceptions, et risquant de fausser les conclusions par nos biais de raisonnement. Le terrain le plus mouvant à explorer serait bien la psychologie . Une grande partie du processus se déroule dans le cerveau, assemblage opaque de milliards de neurones et quelques autres types de cellules.
C’est là que les neurosciences arrivent, avec la promesse d’avoir enfin une preuve biologique des théories qui se sont bousculées jusqu’ici. Nous connaissons bien sûr la psychanalyse freudienne et ses variantes telles que la psychologie jungienne ou l’analyse transactionnelle. Il y en a bien d’autres, mais beaucoup ont formulé une découpe du cerveau en fonctions, pour ensuite chercher à les localiser.
Quelques exemples de ce localisme .
Exemple 1 : nous aurions en fait 3 cerveaux : le système reptilien, siège des pulsions, le système limbique, siège des émotions, et le système cortical, siège du raisonnement. Ce découpage se base sur des arguments évolutionnistes. Exemple 2 : nous connaissons aussi les distinctions entre les fonctions du cerveau droit et du cerveau gauche . Le gauche paraît plus spécialisé dans les traitements analytiques et le droit plutôt holistique.
On voit poindre là le danger : on peut le nommer le réductionnisme, le plus courant étant le localisme. Le réductionnisme provient de notre tendance naturelle à découper un problème en sous-problèmes que l’on résoudra séparément avant de réassembler le tout : le meccano, quoi. Le risque est évidemment lié à la perte de la vue d’ensemble en cours de route. Une voiture avec ses quelques milliers de pièces, l’ingénieur maîtrise, mais un cerveau avec des milliards de neurones que rien de distingue, avec chacun plein de synapses, c’est une autre paire de manches.
L’outil privilégié des neurosciences c’est l’ IRMf, IRM fonctionnel.
On demande à un sujet d’effectuer une tâche manuelle ou intellectuelle, tout en observant le taux d’activité des neurones de chaque zone du cerveau. Et on en déduit par exemple que le striatum est le siège du plaisir immédiat et des addictions, et que leur vecteur est la dopamine.
Jusque-là, il y a une utilité, par exemple pour ceux qui ont subi des dégâts dans certaines zones de leur cerveau. Mais pour aller plus loin, problème, la dopamine joue aussi un rôle dans d’autres affects, et n’est pas le seul vecteur dans les addictions. Entre temps, les spéculations vont bon train : notre circuit de la récompense ( striatum + dopamine ) est sensible aux stimuli extérieurs. Et ce serait inclus dans les algorithmes commerciaux sur internet. Nous serions donc dorénavant, via une compulsion à l’achat-plaisir, devenus les esclaves soumis des multinationales. Voilà pourquoi nous serions devenus incapables de modifier nos habitudes pour « sauver la planète ».
Albert Moukheiber, dans son Neuromania, nous met en garde contre ces lectures simplistes.
Le comportement d’un individu est toujours tributaire de 3 piliers : le cerveau, le corps et l’environnement. Négliger l’un des trois mène à de grossières erreurs. De même, les fonctions de raisonnement ( système 2 ) et d’affects ( système 1 ) ne jamais indépendantes l’une de l’autre. Lorsqu’aucun dommage ne semble affecter le corps, nous, mais aussi une part du corps médical, à cataloguer un problème comme purement psychologique, ce qui est une erreur. C’est le cas des troubles psychosomatiques. L’environnement joue aussi un rôle important, par exemple lorsqu’il est stressant.
Nous vivons dans une société individualiste qui nous incite à être chacun performants. Pour ce faire, tout un monde de méthodes de développement personnel tente de nous vendre ses recettes payantes. Pourtant, beaucoup de ces théories n’ont jamais pu être validées par les méthodes statistiques de la psychologie.
En Franc-maçonnerie aussi nous partons du connais-toi toi-même.
Nous sommes donc également tentés d’expérimenter ces méthodes. Certaines prophéties sont auto-réalisatrices, ainsi va la psychologie humaine, et cela peut brouiller les résultats.
Il convient donc de rester prudent et de regarder la réalité en face : les neurosciences ont encore un long chemin à parcourir. Un phénomène apparemment simple comme la douleur n’est pas encore mesurable de manière objective.
Et nous, maçons avides de tout comprendre et savoir sur nous-mêmes, alors ? Eh bien, nous devrons encore patienter un moment avant de disposer de toutes les données fiables nécessaires. Mais que cela ne nous empêche pas de continuer à réfléchir et agir !
Une petite dernière à propos des méthodes de développement personnel. Il a été démontré que, si elles obtiennent quelques résultats positifs, c’est dû pour une bonne part à leurs tests de personnalité. En effet, ceux-ci nous placent dans des catégories dans lesquelles nous ne sommes pas seuls, et grâce à cela nous nous sentons normaux. Pensez-y !
« Une frontière, deux démocraties : analyse comparative des systèmes politiques suisse et français, leur représentativité et leurs limites ».
Le Grand Orient de Suisse vous invite à une conférence publique passionnante, le 1er mars 2025, à 14h00 à l’Université Ouvrière de Genève (UOG).
Cette conférence sera animée par deux intervenants d’exception : Simon Brandt, (membre du Conseil municipal de la Ville de Genève) et Grégory Berkovicz, (avocat, essayiste et homme politique).
Une réflexion sur deux modèles politiques distincts:
Si proche et pourtant si loin. La Suisse et la France, bien qu’étroitement liées par leur histoire et leur géographie, reposent sur deux systèmes politiques profondément différents. Tandis que la Suisse est un modèle de décision collective décentralisée et fédéraliste, la France incarne une tradition centralisée et unitaire.
Cette conférence propose d’explorer ces deux modèles à travers une analyse comparative :
• Comment la démocratie directe suisse, avec ses outils comme l’initiative populaire et le référendum, a façonné un système politique unique ?
• En quoi la démocratie représentative française, héritière d’une longue tradition jacobine, montre-t-elle aujourd’hui ses limites dans un contexte d’instabilité politique ?
• Quelles leçons peut-on tirer de ces deux systèmes pour répondre aux défis actuels des démocraties modernes ?
Rappelons que l’histoire des deux nations est intimement liée : c’est Napoléon Bonaparte, avec l’Acte de Médiation, qui a donné à la Suisse sa structure fédérative actuelle après l’échec de la République helvétique, un modèle inspiré des idéaux révolutionnaires français.
Une opportunité unique pour réfléchir à l’avenir de nos démocraties
Alors que la France traverse une instabilité politique sans précédent depuis le début de la Vème République, la Suisse continue de se distinguer comme un modèle de stabilité. Cette conférence offrira une occasion rare d’explorer les forces et les faiblesses de chaque système, mais aussi d’envisager des pistes pour vivifier nos démocraties, en s’inspirant du meilleur de chacun.
Nous vous attendons nombreux pour cet échange intellectuel riche et stimulant, où la réflexion sur le fonctionnement de nos institutions croisera les grandes questions de la représentativité et des limites de la démocratie.
C’est un événement qui est passé inaperçu et pourtant ce n’est pas rien !
Il faut dire que la GLdF n’a pas vraiment communiqué sur ce sujet et l’innovation en question n’apparaît que si on porte attention au contenu d’un dossier !
Le dossier en question concerne l’ensemble des contributions des loges de la GLdF dans la question sur l’intelligence artificielle !
L’innovation concerne la manière dont la synthèse des contributions des loges a été réalisée !
Les responsables de ce travail ont utilisé l’intelligence artificielle pour aboutir à une synthèse « intelligente » !
Il me semble que cette procédure est un véritable progrès ! Jusqu’à maintenant elle était réalisée par des humains de façon intellectuellement peu satisfaisante et cela aboutissait à un méli-mélo castrateur d’idées novatrices.
Nul doute que cette utilisation de l’IA dans les travaux maçonniques méritera d’autres utilisations !
En intégrant dans une application « maison » toutes les données d’un sujet (en l’occurrence les rapports des loges sur l’IA), les responsables de la GLdF ont récupéré une synthèse intelligente qu’ils ont ensuite confrontée et corrigée à la marge !
Pour de grandes obédiences maçonniques possédant énormément de données, on pourrait imaginer un traitement par l’IA qui pourrait produire des « pépites » !
En tous les cas un premier pas a été franchi et c’est tout à l’honneur de la GLdF !
L’essentiel de l’information qui concerne cet article est disponible sur le pdf réalisé par la GLdF.