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Communiqué de Presse : GLFF – Tenue de Grande Loge

25 et 26 Janvier 2025 – New Cap Center – Paris 15e

La Tenue de Grande Loge (TGL) de la Grande Loge Féminine de France (GLFF) s’est déroulée les 25 et 26 janvier 2025 au New Cap Center à Paris, dans un lieu exceptionnel, au pied de la Tour Eiffel, en présence de 600 Sœurs venues de tous les territoires dans le monde. Ces deux journées intenses ont permis d’échanger autour des grandes orientations stratégiques de l’Obédience et de renforcer la cohésion entre les membres de la GLFF.

Un bilan et des perspectives ambitieuses

Logo GLFF

La Tenue a débuté par un rapport d’étape présenté par la Très Respectable Grande Maîtresse, Liliane Mirville, qui a salué la vitalité de l’Obédience, malgré un contexte global exigeant. Elle a également mis en lumière les avancées sur plusieurs axes stratégiques clés :

• Le renforcement de la vie initiatique et spirituelle : La GLFF s’engage à insuffler une nouvelle dynamique dans les travaux symboliques tout en promouvant l’excellence des rituels et la richesse des rites.
• La jeunesse et l’avenir : Des actions ciblées visent à attirer de nouvelles générations et à leur offrir un espace d’épanouissement spirituel et sociétal.
• Le rayonnement international : La GLFF continue de s’affirmer comme une voix forte de la franc-maçonnerie féminine dans le monde, en soutenant la création de nouvelles loges et en renforçant les liens avec ses partenaires internationaux.

Des moments forts et des échanges marquants

Grande Loge Féminine de France, Cité du Couvent

Les travaux se sont également concentrés sur des thématiques essentielles telles que la solidarité, la préservation des droits des femmes, l’inclusion du Handicap dans une perspective d’équité et de fraternité ainsi que l’innovation dans les outils de communication et de gestion (notamment via la plateforme EPONA). Ces sujets abordés avec une sensibilité propre à l’approche maçonnique et féminine, ont suscité des débats riches et constructifs, permettant à chacune de s’exprimer dans un esprit d’écoute et de bienveillance.

Au terme de ces deux journées, l’enthousiasme des Sœurs s’est traduit par des retours empreints d’émotion et d’énergie positive. Parmi les témoignages recueillis, voici quelques paroles qui illustrent la richesse de ces échanges :
– « Une Tenue de Grande Loge empreinte de dignité, de sérénité, de richesse et d’un éclat profondément humain » ;
– « Un chemin prometteur nous attend, guidé par la rigueur, la bienveillance et l’engagement » ;
– « Quel élan inspirant tu as su insuffler ! Nous repartons toutes avec une énergie renouvelée, des envies débordantes et des projets pleins les bras ! »

Perspectives pour 2025

Cette Tenue de Grande Loge marque une étape décisive pour l’Obédience, à l’aube de son 80e anniversaire. Les Sœurs de la GLFF, unies et déterminées, poursuivront leur engagement dans la cité et dans le monde, fidèles aux valeurs d’humanisme et de progrès qui font la richesse de leur institution.

Contact presse

Grande Loge Féminine de France
111-113 rue de Reuilly, 75012 Paris
communication@glff.org

Le cheminement des présocratiques

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(de la phusis au logos)

« C’est savoir, qu’écoutant non pas moi mais la raison, l’on accorde que tout est Un »

Héraclite

Dans les travaux que nous entendons en loge, nous pourrions parfois penser que la pensée philosophique de l’Antiquité ne débute qu’avec Socrate, Platon ou Aristote dont nous disposons des écrits, chose que nous ne possédons pas totalement avec ceux qui les précédèrent. Mais à la lecture des fragments dont nous disposons de leurs œuvres, nous prenons conscience que le socle de la pensée socratique, platonicienne ou aristotélicienne repose sur eux et est un résumé des cheminements ou de leur errances.

Il faudra attendre le célèbre peintre et architecte italien Raphaël (1483-1520) pour que justice leur soit rendue à travers sa célèbre fresque « l’Ecole d’Athènes » exposée dans « la chambre de la Signature » (Les Stanze) au Palais du Vatican et qui est la galerie de tous les philosophes grecs, surtout des présocratiques, à-travers la représentation de 58 personnages.

Auguste Comte (1798-1857), le célèbre philosophe, inventeur du mot sociologie, pensait, dans son « Discours sur l’ensemble du positivisme » (1) que les sociétés humaines suivaient la même évolution que l’homme, de son enfance à l’âge adulte et jusqu’à parfois à sa disparition ou a un blocage à un stade qui n’évolue plus (d’où la notion de « primitifs »). Comme l’enfant qui vient de naître, les sociétés humaines sont plongées dans une pensée archaïque souvent effrayante, où les forces de la nature prédominent et imposent l’unicité d’un sens. Puis, peu à peu, elles rejettent l’archaïsme et mettent en place une orientation qui devient théologique ou philosophique. Pour Auguste Comte, c’est évidemment l’orientation philosophique qui illustre l’âge adulte des sociétés. Concernant notre réflexion, l’orientation philosophique et scientifique des présocratiques en ferait un modèle de pensée adulte, par le rejet de toute mythologie ou théologie, contrairement à Socrate, Platon ou Aristote qui vont « re-théologiser » la philosophie, ce que pensent Nietzche et Heidegger, en considérant que les présocratiques constituent la véritable tradition philosophique, dénaturée par les platoniciens qui, à longueur de textes, sont bien obligés malgré eux de faire une constante référence (et révérence assez souvent d’ailleurs !) à ces penseurs présocratiques.

L’incroyable travail de réflexion que nous pouvons mettre en œuvre à partir des quelques fragments que nous possédons, nous en disent long sur une pensée que les platoniciens ne firent qu’aménager ou par les récupérations opérées par les religions monothéistes par la suite !

Le professeur Jean Brun, spécialiste de l’Antiquité, écrit (2) : « La lecture des présocratiques peut-être pour nous des plus enrichissantes en tant qu’elle nous invite à nous demander si les héros du savoir que nous sommes devenus dans notre civilisation scientifico-technicienne n’ont pas fait en même temps de nous des dépossédés de l’Être »… car c’est une vue de l’Être qui nous fonde et non pas nous qui fondons l’Être. Le sens n’est pas à faire, il est à décrypter. Ainsi les présocratiques sont plus des traducteurs, des observateurs de la nature, que des orienteurs de sens. Nature de laquelle ils dépendent comme éléments et non comme contremaîtres d’un dieu. C’est d’ailleurs à partir de la nature qu’ils tireront un certain nombre de problématiques : chacun ira de son « De la Nature », ce qui amènera Aristote à les qualifier, injustement, de « physiologues ou physiciens » car, pour eux, la nature est une force en croissance et en extension, et non un réservoir d’énergie et de matériaux dont l’homme n’est nullement propriétaire et dont le but de l’existence est la recherche d’une harmonie entre les parties et le Tout, dans une dynamique qui associe la mesure, l’esthétique, l’éthique et l’ontologie.

Les chercheurs actuels tentent de découvrir si la pensée de présocratiques bénéficia de l’apport de pensées orientales. Nous pouvons avancer l’idée que certaines théories émises reçurent des apports de l’Egypte, de la Perse, et sans doute de l’Inde, mais connurent des adaptations et des interprétations locales du génie hellénistique. Les présocratiques sont, avant tout, des hommes qui posent le problème de l’Être, en s’opposant aux théologies du mythe qui tournent le dos à la nature et qui ne sont que des conventions artificielles issues de l’imagination humaine. Cependant pour Heidegger, les présocratiques sont ceux qui ne se détournaient pas de l’Être au profit de l’existant, qui se préoccupaient des relations entre l’Être et l’étant, du lien entre l’étant et le néant et celui de la vérité comme dévoilement, initiation, et non comme rapport logique. Il ne s’agit pas, ici, de tenter de résumer les milliers d’ouvrages savants publiés sur la question, mais plus modestement de mettre en relief quelques parallélismes entre quelques présocratiques et la Franc-Maçonnerie.

I-LES IONIENS OU MILESIENS : ORDO AB CHAO.

Il est intéressant de constater que la naissance de la philosophie, qui naît au VIe siècle avant J.C., n’a pas son origine dans la Grèce continentale mais dans les implantations d’Asie Mineure et qui continuera toujours à l’extérieur au Ve siècle devant l’avancée des Perses, notamment en Sicile où Platon écrira ses œuvres les plus célèbres.

Milet, ville prospère d’Asie Mineure, ouverte sur le monde de l’époque, va être le berceau d’une très grande école philosophique présocratique où l’on retrouve les noms prestigieux de Thalès, Anaximandre et Anaximène. Nous pouvons même avancer l’idée que c’est à Milet que naît le concept de philosophie. Contrairement aux mythologues, au prêtres et aux poètes, on y interroge le principe, l’ «Archè » de la nature, sans recourir à une explication sur les mythes de création, donc sans faire intervenir les dieux. Cependant, une question va se poser en permanence avec insistante : comment concevoir que la nature « est » éternellement présente, alors qu’elle se transforme sans cesse ? Existe t-il un principe qui puisse expliquer l’être et le devenir ?

Les Milésiens ne développeront, volontairement, ni éthique ni théories de la connaissance : ils ne s’intéressent qu’à la « Phusis », la nature, comme matrice de toute création et de l’éternité, d’où leur nom de « physiologues » (« Les penseurs de la nature »). Chacun va voir le principe créateur, en priorité, dans l’un des éléments naturels.Ainsi, Thalès va présenter l’eau comme l’élément fondateur de la création, réduisant la matière à des particules élémentaires, comme la démarche de la physique contemporaine s’y efforce aujourd’hui. Il devance aussi la théorie de l’évolution darwinienne sur la naissance des espèces en milieu marin (3), et la théorie psychanalytique sur la relation de l’eau à-travers le liquide amniotique, comme l’évoquaient les deux psychanalystes Sandor Ferenczi et Otto Rank (4).

Anaximandre, avec son concept d’infini, d’illimité (l’ « Apeiron ») va orienter l’étude de la nature vers une dimension métaphysique qui permet encore à la philosophie de se distinguer des sciences dont elle a accompagné la naissance. La nature, selon lui, peut se définir comme une respiration : les choses s’exhalent de l’infini et s’y engouffrent. Ce qui amènera son successeur, Anaximène, à identifier l’infini à l’air, constituant un élément intangible, d’où Einstein tirera la conclusion selon laquelle toute matière équivaut à de l’énergie. Ils sont aussi le pont à la question de l’être et du langage : dire que la nature est « ceci ou cela » suppose déjà, comme disait Nietzsche, l’utilisation d’une « grammaire » spécifique, mais aussi que l’homme devient créateur ou participant à la nature, à la place d’un Dieu qui nomme et donc fait exister. L’homme prend la place de Dieu en nommant. Les présocratiques retrouvent la parole perdue ! …

Les percées audacieuses des physiologues milésiens fixèrent le cadre d’une réflexion où se croisent sciences et philosophie, mais ouvrirent également le champ à des réflexions spirituelles qui débouchèrent sur un symbolisme qui est encore largement utilisé de nos jours. Grands adversaires de la pensée païenne, le judaïsme et le christianisme vont récupérer la pensée des physiocrates et de leur divinisation des éléments naturels pour en faire les messagers ou les représentations d’un Dieu unique. Naturellement, les quatre éléments chers aux Grecs (l’air, la terre, l’eau et le feu) sont très largement utilisés dans les textes. Citons quelques exemples (5) :

  • Ô vous les eaux au-dessus du ciel, bénissez le Seigneur ! (Dn 3, 60).
  • Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? (Jr. 23, 29).
  • Il est un temps pour planter et un temps pour arracher le plant (Qo 3, 2).
  • Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’esprit (Jn. 3, 5-8).

Mais les présocratiques iront plus loin : ils nous montrent que l’homme a obligatoirement « les pieds sur terre », qu’il est enraciné dans la matière et que son corps et son esprit y sont liés. Les « atomistes » (Démocrite et sa réflexion sur l’Être et le néant, par exemple) en feront un système : point de création « ex-nihilo », juste le constat de l’enracinement dans une éternité infinie qui ferait que toute la nature, homme compris, est de la même étoffe. Issue de la culture judéo-chrétienne, la Franc-Maçonnerie, elle aussi, à largement puisée dans la symbolique des quatre éléments : tous les rituels en sont imprégnés.

II- PYTHAGORE, HERACLITE, PARMENIDE, EMPEDOCLE, ANAXAGORE, ET QUELQUES AUTRES …

Pour de nombreux spécialistes des présocratiques, ce sont les Milésiens qui seraient les bonnes fées penchées sur le berceau de la philosophie, même si le concept en est attribué à Pythagore ! En réalité, les contemporains et surtout les successeurs s’inspireront en adoptant ou en contestant ces hommes de Milet, osant rejeter les mythes au profit de la réflexion et de la science. Cependant, il est important pour nous de continuer à comprendre l’apport direct ou indirect (Par l’héritage judéo-chrétien notamment) que ces pensées ont joué sur la Maçonnerie.

Pythagore et ses disciples vont jouer un rôle essentiel dans la mise en place d’une spiritualité qui va tenter d’aller au-delà de la pensée des Ioniens, tout en conservant les bases de leur réflexion sur l’animation du cosmos par une force, voire un esprit. Pour eux, ils vont faire du monde une harmonie et un nombre. Cette vision, avant la lettre, du concept de « Grand Architecte De l’Univers » va inciter Pythagore à la mise en place d’une confrérie initiatique à Crotone, en Italie du sud. Influencé par ses contacts avec les prêtres de Chaldée, d’Egypte et de Phénicie, il va créer ce que nous pourrions imaginer comme les prémisses d’une Franc-Maçonnerie qui comprenait les novices (les « Acousticiens ») et les initiés (les « mathématiciens »). Cet amour des mathématiques va conduire d’ailleurs les pythagoriciens à la constitution d’une véritable métaphysique : par exemple, Hippase déclare que le nombre est le « modèle premier de la création de l’univers, du dieu artisan de l’ordre du monde ».

Les nombres sont d’essence divine, analogues ou supérieurs aux dieux de la mythologie et ont chacun leur particularité. Prenons par exemple les quatre premiers : le numéro un est la monade, l’unité par qui tout est créé ; le deux ou dyade figure le chaos (qui veut dire en grec « infini ») ; le trois est le nombre réconciliateur et le quatre celui qui symbolise la justice et achève cette « tétrade » des quatre premiers nombres. La série des dix nombres forme un tout achevé, la « décade », dont la totalité de l’univers est l’image et où une harmonie règle les rapports entre les nombres, la fameuse « musique des sphères ». L’apothéose mathématique et secrète sera le concept secret des pythagoriciens dans le « nombre d’or », qui préside à la construction du « dodécaèdre », figure de l’univers tout entier. Platon, notamment dans « Timée » sera profondément influencé par Pythagore, ainsi que la science moderne : par exemple la physique quantique ou les multiples entiers de la constante de Plank. La Franc-Maçonnerie, comme Pythagore, est amoureuse des nombres : chaque rituel s’appuie sur leurs significations, afin d’affirmer que l’anarchie ne règne pas en maîtresse et qu’un ordre logique dirige le cosmos.

Héraclite va donner un nom à cet ordre : le logos, qui est la raison éternelle et l’intelligence universelle. Pour lui, la sagesse consiste à connaître cette pensée qui régit toute chose et, en premier lieu, les hommes. Mais que dit le logos ? Il affirme simultanément l’unité et la transformation perpétuelle du monde, semblable aux flux incessant d’un fleuve. Cette vacuité, cette transformation permanente, représente, en fait, pour Héraclite, les contraires qui constituent l’harmonie. Il écrit : « Le chemin qui monte et celui qui descend ne sont-ils pas le même chemin ? Dès lors, l’harmonie consiste à trouver le chemin et ne pas s’attarder sur ses variations ». Héraclite sera le premier des philosophes à penser que la différence, l’opposition, est un facteur déterminant de la nature et de son devenir. C’est parce que l’autre est différent qu’il m’enrichit. La non-différence conduit à l’inertie, à la mort. Cette vision de l’affrontement des contraires conduira à la philosophie de Hegel et de Marx. Pour nous, Maçons, le message est clair : c’est le prochain, dans son altérité acceptée, qui crée notre propre dynamisme, qui nous épargne l’enfermement narcissique, « in se ». Cela nous conduit à une ontologie, un discours sur l’être et le néant qui sera la préoccupation permanente de Parménide : « To be or not to be ? That’s the question ». Parménide pourrait répondre à Shakespeare que cela est la même chose : seul l’être est, parce que lui seul peut-être pensé. Heidegger et Sartre en tireront la base de leur réflexion : comment l’être fait-il face et s’inscrit-il dans le néant ? Question qui est aussi à l’ordre du jour, en permanence, dans nos loges.

III- CONCLUSION : DONNER SENS AU DESTIN.

Dépassant une admiration, voire une fascination, pour la nature, les présocratiques vont tendre vers la recherche d’un sens à la marche du cosmos afin d’y découvrir une loi, hors de toute imagerie anthropomorphique réductrice, afin de bannir la peur et l’incertitude du destin. En fait, de trouver ce que les Latins nommeront l’ « acquiescentia in se ipso », l’accord avec soi-même et le monde. Les présocratiques nous conduisent à la liberté du sujet comme but ultime de la philosophie, mais une liberté qui ne peut avoir de sens que dans la reconnaissance d’une loi. Ce que résume le Père jésuite Christoph Théobald quand il écrit (6) : « Il y a pour l’enfant un certain chemin à parcourir entre la sortie du sein maternel et la capacité de s’orienter librement dans le monde, c’est-à-dire se situer dans la société en engageant un rapport libre et symétrique avec elle.

Ce chemin attirant est aussi chargé d’angoisses, parce qu’il faut s’orienter dans un espace qui s’élargit quasiment jusqu’à l’infini. Apparaît ici une première fonction de la « loi », qui consiste dans la structuration de cet espace. Cet aspect est fortement souligné dans le judaïsme : la « loi » est liée à l’idée de création, donc de distinction et de séparation ». C’est là qu’intervient l’éducation philosophique, en se rappelant qu’ « educere », en latin, signifie « faire sortir ». Les présocratiques ont voulu, également, protéger l’homme de la « pléonexia », terme qu’utilisera Paul Ricoeur pour désigner un appétit du surplus, du non-nécessaire, qui conduit fatalement à l’ « ubris », à la démesure. Ni ascétisme, ni folie des grandeurs, mais une recherche du juste milieu.

Ceci les conduira a enseigner que l’homme est de même nature que son semblable et qu’il ne peut se permettre d’arrogance à son endroit. Cela, cependant, ne signifie pas l’alignement : le dynamisme des sujets, des sociétés et des groupes nécessite un entretien de ce que Freud appelait « l’identité par la petite différence », qui crée la cohésion du groupe, ce dernier ayant besoin pour s’aimer de se trouver un adversaire ! Ce que Freud souligne, avec un certain humour (7) : « Il est toujours possible d’unir les uns aux autres par les liens de l’amour une plus grande masse d’hommes, à la seule condition qu’il en reste d’autres en dehors d’elle- même pour recevoir les coups ». Ce que fera, d’une certaine manière, la société grecque dans son fonctionnement : Grecs de sang, métèques (non grecs, mais parlant la langue grecque), esclaves et, au-delà, les « barbaroï », ceux qui sont rejetés comme des êtres totalement étrangers à la culture grecque. Ainsi les présocratiques, nous posent la question : « Mais qui est mon frère, qui est mon semblable ? Celui de mon « sang » exclusivement ou tous, même l’esclave et les barbaroï ? ». Question qui reste prégnante pour la Maçonnerie.

Enfin, les présocratiques nous incitent à ne pas être complices de la représentation, de la « doxa », du lieu commun, et de voir au-delà de l’imaginaire et des modes. Lire et relire les présocratiques est un exercice salutaire pour les Francs-maçons, car cela procède de la construction philosophique d’un pont entre nous et ces hommes lucides qui, dans le chaos de l’imaginaire, cherchaient un sens et, selon la formule de Pascal Quignard, tentaient de mettre un peu de lumière dans l’avenir de tous les matins du monde…

NOTES

(1) Comte Auguste : Discours sur l’ensemble du positivisme. Paris. Ed. Flammarion. 2008.

(2) Brun Jean : Les présocratiques. Paris. PUF. 2016. (Page 3).

(3) Darwin Charles : L’origine des espèces. Paris. Ed. Flammarion. 2008.

(4) Ferenczi Sandor : Thalassa. Psychanalyse des origines de la vie sexuelle. Paris. Ed. Payot. 2002.
Rank Otto : Le traumatisme de la naissance. Paris. Ed. Payot. 2002.

(5) Cocagnac Maurice : Les symboles bibliques. Lecture théologique. Paris. Ed. Du Cerf. 1993.

(6) Theobald Christoph : Eduquer à la liberté. Paris. Revue Etudes. Janvier 2018. (Page 84).

(7) De Mijolla-Mellor Sophie : Les arrogants. Paris. Ed. Dunod. 2017. (Page 188).

BIBLIOGRAPHIE

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Cassin Barbara : Parménide. Sur la nature ou sur l’étant. La langue de l’être ? Paris. Ed. Du Seuil. 1998.

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Schuhl Pierre-Maxime : Essai sur la formation de la pensée grecque. Paris. PUF. 1949.

Sissa Giulia et Detienne Marcel : La vie quotidienne des dieux grecs. Paris. Ed. Hachette. 1989.

La Franc-maçonnerie : la patrie des mystères

De notre confrère universalfreemasonry.org – du Frère Pamela McDown

La Franc-Maçonnerie est souvent présentée comme un « système de moralité, voilé d’allégorie et illustré par des symboles ». Mais pourrait-elle être plus que cela ? Ses origines anciennes et ses profondes racines mystiques peuvent-elles nous révéler une vision de la Franc-Maçonnerie bien plus grandiose que celle que nous concevons habituellement ?

« C’est une drôle de chose de rentrer à la maison. Rien ne change. Tout a la même apparence, la même sensation, même l’odeur. Vous réalisez que c’est vous qui avez changé. »

Eric Roth

Vous êtes-vous déjà demandé quelle est la véritable signification du mot « chez soi » ? L’interprétation la plus simple serait d’assimiler le foyer à l’espace physique dans lequel nous vivons. Mais le terme « chez soi » évoque-t-il quelque chose de différent des quatre murs du bâtiment ? Quels éléments, pourrions-nous nous demander, constituent en fait un « chez soi » ? J’ai le sentiment que nos maisons servent de réceptacles à une histoire remarquable qui nous lie à nos ancêtres par des liens profonds et anciens de signification. Nous ne savons peut-être pas d’où viennent ces coutumes et ces symboles ni ce qu’ils signifient, mais leur présence enrichit la trame de nos vies. De même, la franc-maçonnerie est souvent saluée comme la « Maison des Mystères ». Qu’est-ce qui fait alors du Temple un « chez soi » et quels sont les liens mystiques qui unissent les francs-maçons aux traditions des Mystères ?

Pour répondre à ces questions essentielles, un bref voyage dans l’histoire de l’évolution de l’artisanat s’impose.

D’où vient la Franc-maçonnerie ?

L’étude des origines et de l’évolution de la franc-maçonnerie demeure l’un des sujets les plus déroutants. Les récits historiques indiquent que le 24 juin 1717, la franc-maçonnerie est apparue à Londres en tant qu’entité visiblement organisée, comme sortie de nulle part. Bien que tous les scénarios soient possibles, certains historiens avisés se demandent si cet événement s’est déroulé exactement de cette manière.

Pour remonter aux origines de l’art, de nombreux spécialistes s’accordent à dire qu’il faut commencer par des origines extrêmement anciennes. Le frère franc-maçon Manly Palmer Hall va jusqu’à dire que l’ordre maçonnique serait né « dans l’enfance de l’humanité », une date qui fait encore débat dans les cercles scientifiques mais que l’ésotérisme situe à environ 18,5 millions d’années. Selon lui, l’ésotérisme himalayen a joué un rôle crucial en dotant l’Égypte de sa sagesse légendaire qui s’est ensuite retrouvée dans la franc-maçonnerie. Dans ses écrits, il cite des historiens grecs classiques qui rapportent explicitement que certains concepts mystiques ont été apportés en Égypte depuis l’Inde. Ces concepts mystiques renvoient à un ensemble de connaissances sur le cosmos, le divin et l’être humain. Ils traitent des aspects visibles mais, plus particulièrement, des dimensions invisibles, métaphysiques ou spirituelles.

En considérant « l’enfance de l’humanité » comme la période de naissance potentielle de l’édifice maçonnique, nous avons affaire à un citoyen très âgé, un ancien sage qui a parcouru de vastes distances au fil du temps.

Ce chemin ancien commence avec la sagesse ésotérique cachée de la Fraternité himalayenne, où se trouve l’origine des Védas et des Upanishads, écrit le frère HP Blavatsky. Il se déploie ensuite en Égypte, progressant à travers les Mystères grecs et romains et Pythagore, culminant avec les gnostiques ultérieurs. La transmission de la connaissance occulte dans la tradition occidentale se poursuit ensuite à travers les sectes gnostiques et les Arabes, évoluant vers l’alchimie, pour finalement atteindre les Templiers. De là, elle fut transmise à des groupes tels que les Rosicruciens et leurs contemporains, y compris les Francs-Maçons.

Tout cela suggère un héritage complexe légué par les mystères aux générations futures via une chaîne de doctrines métaphysiques interconnectées. Les personnes sans éducation et sans intérêt pour les traditions mystiques et l’ésotérisme peuvent considérer les écoles de mystères, comme celles d’Égypte, comme de simples sites de rituels païens, ornés de hiéroglyphes étranges et d’immenses structures construites par d’innombrables ouvriers. Cependant, les personnes ayant une compréhension plus profonde, en particulier celles qui ont subi les rituels d’initiation maçonnique, reconnaîtront un lien entre ces traditions métaphysiques et les écoles de mystères modernes, dont la franc-maçonnerie fait partie.

Le livre « Rayons et Initiations » nous donne une déclaration stupéfiante selon laquelle les anciens mystères, y compris la franc-maçonnerie, « contiennent la clé du processus évolutif, cachée dans les nombres et dans les mots ; ils voilent le secret de l’origine et de la destinée de l’homme, lui décrivant dans des rites et des rituels le long chemin qu’il doit parcourir. »

Quels sont les signes qui permettent à l’enseignement maçonnique de justifier une responsabilité aussi cruciale en tant qu’agent de l’avancement de l’évolution du monde ? Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Le livre fondateur du Frère CW Leadbeater, « Aperçus de l’histoire maçonnique », décrit quatre écoles principales qui existent à l’heure actuelle et qui ont agi comme des « foyers » de la pensée maçonnique. Chacune d’entre elles a sa propre approche unique des Mystères.

Les quatre écoles de pensée maçonnique

École authentique – Considère la franc-maçonnerie comme un aspect de la recherche, de l’érudition et de la philanthropie.

École anthropologique – Applique les découvertes de l’anthropologie à l’étude de l’histoire maçonnique comme les signes et les symboles dans les peintures murales, les sculptures et les bâtiments anciens des principales races du monde.

L’École Mystique – Déclare que les degrés de l’Ordre sont symboliques de certains états de conscience qui doivent être éveillés chez l’initié individuel s’il aspire à gagner les trésors de l’esprit.

L’École Occulte – Forme toute la nature, physique, émotionnelle et mentale, jusqu’à ce qu’elle devienne une expression parfaite de l’esprit divin intérieur et puisse être utilisée comme un instrument de service efficace pour l’évolution de l’humanité.

Ces quatre écoles (et d’autres) cherchent à découvrir des éléments des traditions des mystères et à les restaurer dans leur beauté, leur intention et leur nature originelles. Dans la littérature théosophique, on nous dit qu’un processus en trois étapes est envisagé pour cette restauration. La première phase comprend une élévation généralisée de la conscience et de la prise de conscience dans tous les aspects de l’existence humaine. Ensuite, une réorientation économique complète se déroulera dans la deuxième phase. La troisième phase, intimement liée aux Mystères, impliquera la présentation publique de la Troisième Initiation comme un rite significatif.

Karnak, en Egypte - monuments

Pourquoi est-il si difficile d’imaginer un monde où les mystères anciens nous emmènent bien au-delà des frontières du quotidien ? Peut-être est-ce parce que de nombreux groupes maçonniques sont imperméables à la spiritualité en général. Mais, nous dit-on, si l’on met de côté l’accent mis sur la spiritualité, le symbolisme, les rituels et les leçons de la franc-maçonnerie auront une grande valeur instructive pour l’humanité. L’éveil spirituel est le retour ultime à la maison. C’est la découverte d’un foyer que l’on ne peut jamais quitter et la prise de conscience que l’on n’a jamais été ailleurs que chez soi.

« Ce qui était un mystère ne le sera plus, et ce qui était voilé sera désormais révélé ; ce qui avait été retiré émergera à la lumière, et tous les hommes verront et se réjouiront ensemble. » – Aphorisme ancien

Coup de maillet pour rire

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Un opus de la collection ENJEUX INITIATIQUES consacré à l’humour maçonnique ?

La Franc-maçonnerie comporte de multiples facettes qui reflètent toutes une parcelle de nous-mêmes. Bienheureux les cherchants qui folâtrons sur la voie initiatique. L’amour fraternel se nourrit d’ésotérisme, de spiritualité, de convivialité… et d’humour. Si ce que nous faisons en Loge est on ne peut plus sérieux, l’humilité nous interdit de nous prendre au sérieux.

Alors cédons au plaisir de nous regarder dans le miroir que nous tend François Morel, dans lequel nous pouvons contempler à loisir nos travers, nos faiblesses et nos maladresses, avec, cela va de soi, la charité et la clémence requises par nos rituels.

L’Auteur

François Morel est avant tout connu pour son expertise en tant qu’ingénieur spécialisé dans les « chambres blanches », une technique de pointe utilisée dans l’industrie pharmaceutique et informatique pour garantir des environnements de production ultra-stériles. Son travail dans ce domaine se concentre sur la conception et la maintenance de ces espaces critiques où la contamination doit être minimisée.

Outre ses compétences techniques, Morel est également un musicien, bien que les détails de ses activités musicales soient moins documentés publiquement. Il semble qu’il ait une passion pour l’art sous diverses formes, ce qui le mène à son autre talent notable : le dessin. En tant que dessinateur, il se distingue par son humour et son sens de l’observation, ayant publié des œuvres humoristiques destinées à l’industrie pharmaceutique. Ses dessins offrent une critique légère et souvent drôle de l’environnement professionnel dans lequel il travaille, abordant des sujets tels que les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) et les Bonnes Pratiques de Management (BPM).

François Morel est également membre de la Franc-maçonnerie, affilié à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF). Son implication dans ce domaine reflète son intérêt pour la philosophie, la morale et la fraternité, valeurs centrales de cette organisation. Il a contribué à la littérature maçonnique avec des ouvrages comme « Les Secrets de la méthode maçonnique », co-signé avec Jacques Carletto, et des « cahiers de vacances du franc-maçon » qui visent à enseigner les principes maçonniques de manière ludique et humoristique.

Son travail en tant que dessinateur dans ce contexte est souvent marqué par une approche humoristique, visant à rendre accessible et moins solennelle la complexité des rituels et des symboles maçonniques. Ses dessins sont publiés sur divers sites maçonniques et dans des livres spécialisés.

En résumé, François Morel est une figure polyvalente, combinant des compétences techniques en ingénierie avec des talents artistiques et une profonde implication dans la communauté franc-maçonne, illustrant ainsi une carrière et des intérêts diversifiés.

Réflexion pour éviter de tuer le Temps

Heure d’été, heure d’hiver ! De tout temps, les hommes ont aimé jouer avec le temps. Ci-après quelques réflexions décalées sur « le temps » : Lors du passage du calendrier Julien au calendrier Grégorien, le Jeudi 4 octobre 1582 devint subitement la veille du Vendredi 15 octobre 1582 !

Aurions-nous perdu la notion du temps (?).

Par ce bond de dix jours solaires dans l’année tropique, Grégoire XIII aurait-il voulu maîtriser le temps et aller avant Proust « à la recherche du temps perdu » ou comme l’aura souhaité plus tard le poète, aurait-il voulu suspendre son vol (?).
L’aurait-il voulu, qu’il ne le pût.

De cette équation spatiale du temps solaire moyen, toute pontificale autant qu’arbitraire et, délicieusement dérisoire au regard du temps sidéral et plus encore du temps pur , ainsi en sont allés les usages de la vie courante et les contingences de notre monde terrestre qui vit au rythme du IIIème millénaire de l’ère vulgaire (anno ordinis) ; alors même que bien d’autres calendriers se faisant l’écho des querelles entre les religions ponctuent pour chacune d’elles, le temps, selon sa propre genèse, l’avènement de sa propre Révélation.

Ainsi, les Russes Orthodoxes, les Grecs et les Chrétiens Orientaux en sont restés au calendrier Julien dont l’an I de la période Julienne se situe en 4717 avant l’ère vulgaire ; les Hébreux vivent en 5785 ; le monde musulman vit au rythme du calendrier lunaire de l’Hégire en 1446 ; les Bouddhistes sont en 2567 du calendrier luni-solaire fondé sur le traité d’astronomie de Surya Siddhanta ; les Hindouistes à l’âge Kali-Yuga -âge de fer, le 23 janvier -3102 selon le calendrier grégorien proleptique ; les chinois en sont en l’année du Serpent de bois 4724 ; les Perses en 1403 ; quant au calendrier Maya né au IIIe millénaire avant Jésus-Christ, il s’arrête au solstice d’hiver du 21 décembre 2012 et clôture la fin d’un cycle avec l’avènement de l’apocalypse : les planètes alignées, leurs forces cumulées nous promettaient de tirailler le globe terrestre, de déclencher séismes, éruptions volcaniques, invasion des champs magnétiques, tempêtes solaires… Peu importe les oracles Mayas, les indiens Hopis d’Arizona, les Sumériens, Jean de Jérusalem, le calendrier Yi Jing ont aussi prédit l’apocalypse pour 2012. Comprenons plutôt dans le mot « apocalypse » un changement de cycle.

Qu’est-ce à dire de toutes ces orchestrations humaines du temps, apprivoisé, mesuré par l’espace dont certaines, d’ailleurs, s’affranchissent de la rigueur astronomique , « concept bâtard » qui selon Bergson « défigure le temps réel » , sinon que rien ne nous exonère de prendre le temps de la réflexion à propos de ce temps qui s’égrène en infinitude intemporelle, insaisissable, complexe et invisible, et de nous poser à son sujet la vraie question duelle, métaphysique autant que socratique :

  • Quelle est sa vraie nature (?).
  • Faut-il croire à sa réalité objective (?).
    Saint Augustin écrit dans le livre XI de ses Confessions : « Le monde a été fait non dans le temps, mais avec le temps. »

Même si comme il est probable nous ne pourrons par le seul exercice de notre raison y apporter de réponse en toute certitude , pouvons-nous espérer par notre modeste réflexion donner lieu à quelques présomptions intéressantes.
Pour quiconque s’interroge, le temps peut apparaître à notre insu comme un phénomène a priori linéaire où l’idée s’en présente en succession de durée ou période juxtaposée d’autant plus sensible et pesante qu’elle se vide et s’appauvrit -, ce que nous révèle la pesanteur entre l’activité et l oisiveté , et c’est là probablement un mirage, un artifice de notre conscience !

Héritage singulier et propre à l’Homme que cette conscience !

Voici l’Homme, produit d’une lente et hasardeuse transformation à partir d’espèces animales doté par l’évolution d’un cortex cérébral : l’avènement de la noosphère chère à Teilhard de Chardin , l’Homme devenu sapiens par son cortex cérébral superposé à sa mémoire reptilienne prend en effet conscience d’un passé, d’un présent et d’un futur.
C’est là une donnée essentielle de la conscience.

L’idée du présent se conçoit et se montre à nous avec un avant et un après et, s’y associent dès lors l’espace et la notion d’infini, ce qu’illustrera Bergson dans « les données immédiates de la conscience ».

Plus tard, Auguste Comte, autre éminent philosophe, qualifiera « d’âge positif » le terme de l’évolution de l’esprit humain avec la prééminence de l’esprit scientifique comme forme la plus aboutie.
Dès lors, il nous sera permis de penser que cette illusion d’un avant, d’un après, est une représentation objectivement fausse de la réalité du temps pur à laquelle notre intérêt est attaché plus que tout pour peu qu’elle nous protège de l’agression de la vérité sur la mort.

Cette illusion, en effet, nous réconforte devant notre impuissance tragique et nous permet d’échafauder face au temps pur, les scénarios les plus échevelés pour nous croire immortels.

C’est tout le mythe du retour auquel croyaient les stoïciens.

Pourtant, la continuité apparemment cyclique du temps nous le fait imaginer comme un cercle en perpétuelle et invisible rotation. Déjà, symboliquement, dans leur livre des morts, les Égyptiens le décrivent comme : « Le cercle de la roue du chariot qui annonce la mort du serpent qu’elle écrase de sa jante. » De même, l’Ouroboros, serpent de la légende Grecque qui se mord la queue, symbole du passé, du présent et du futur traduit l’icône d’un cercle.
Mais dans le même temps, n’est-il pas à remarquer que nous le percevons, nous le pressentons comme la constante de l’équation de toute chose , nous sentons bien qu’il est le cadre constant irréductible et irréversible qui irradie l’expérience de notre vécu. Nous pressentons qu’il nous conditionne en boucle et nous plie aux caprices du sort ; le scientifique dirait : « du chaos et du hasard » , autant qu’il nous livre aux assauts implacables d’un inéluctable destin.

Tout à la fois, il engendre, dévore et abolit tout, toujours et partout ; il déforme notre souvenir, altère ou réduit notre mémoire ; fait périr les preuves et en affaiblit la vérité, restant insaisissable, rien ne lui échappe, aucun ni rien ne peut s’y soustraire.
L’Ecclésiaste note avec amertume : « Le sage meurt aussi bien que le fou. »
Les modernes l’ont représenté dans des allégories sous les traits d’un vieillard décharné, ayant deux ailes pour marquer sa rapidité tenant une faux, symbole de sa force destructrice et un sablier emblème de l’écoulement continuel.
« Panta Rhei » : « tout s’écoule », proclamait Héraclite.
Quelle est sa vraie nature (?).

Faut-il croire à sa réalité objective (?), disions-nous.
Instruit de ses travaux sur la théorie générale de la relativité, il convient de nous rappeler l’aphorisme d’Einstein, extrait d’une correspondance adressée à la famille de son feu ami et collaborateur Michele Bosso disparu cinquante ans plus tôt. Le contexte de cette citation est poignant lorsqu’on sait qu’Einstein mourut un mois plus tard.

Le savant écrivait : « Il est parti de ce monde étrange un peu avant moi. Cela ne signifie rien. La distinction entre passé, présent et futur n’est qu’une illusion, aussi tenace soit-elle. Le temps – ajoute-t-il –, n’est pas ce qu’il semble être. Il ne s’écoule pas dans une seule direction et le passé et le futur sont simultanés.»

Citation éloquente où l’esprit du scientifique avec sa vision critique et rigoureuse fait écho à la non moins pertinente proposition de Platon. À quelques siècles de distance, « ce qui ne signifie rien » insisterait Einstein en effet, l’Homme de l’Académie, émule de Socrate enseigne déjà dans le Timée : « Ce que nous appelons le temps n’est autre que le reflet mouvant et irréel de l’éternité.»

Sauf qu’à un iota près entre « illusion » et « reflet mouvant et irréel » l’apparente symbiose de la formulation du physicien avec celle du penseur antique ne saurait nous faire oublier la vraie nature du temps réel : son irréversibilité, son indivisibilité et l’idée de mouvement contenue dans la simultanéité définie par Einstein.

Faut-il croire à la réalité objective du temps (?), disions-nous.
Le temps existe-t-il dans les choses où est-il simplement une relation, un mode subjectif de représentation du monde par notre conscience (?).

Isaac Newton

Pour Newton le temps absolu, vrai, mathématique serait celui sans relation avec l’extérieur et s’écoule uniformément. Il serait un attribut de Dieu par la notion d’infini des choses qu’il suggère.
À cet égard, au parvis des temples d’Isis, l’esclave criait l’heure d’après la clepsydre ou le cadran solaire, et les mythologies comme les religions ont depuis toujours intégré le temps comme une dimension divine et ont instauré dans leur panthéon « un maître du temps » : Dans l’antique Babylone, Nabu, Dieu des scribes mais aussi scribe du temps avait seul la charge d’inscrire dans le livre de l’éternité les faits passés et à venir ; c’est aussi, le Janus latin à deux visages tournés vers le passé et vers l’avenir ; le Thot des Égyptiens qui mesure les temps lunaires ; le Chronos des Grecs; le Saturne des Romains ; Le Dagda celtique ; les Nornes scandinaves vierges qui président au passé, présent et futur ; c’est encore pour l’islam duodécimain dans l’attente messianique, le Muhammad-al-mahdi, douzième et dernier imam, ce maître du temps « sahib az-zamman » qui précédera Issa-Jésus lorsque les temps seront accomplis.

Leibniz dans sa correspondance polémique avec Clarke, disciple de Newton, n’accorde pas de réalité absolue au temps en dehors des choses et des événements , il le réduit à « l’ordre des phénomènes successifs » d’où la simultanéité est exclue.

Pour Kant, il n’est pas davantage possible de considérer le temps comme une réalité absolue. Dans cette critique de l’infini, Kant considère le temps non comme un concept mais comme une forme a priori de la sensibilité, ce en quoi Renouvier voit une catégorie de l’entendement lui-même et donc de la raison. Le temps serait alors une idéalité. Comme l’a bien vu Meyerson, l’idéal de la raison serait alors de conjurer l’irréversibilité temporelle et pour cela réduire et identifier les événements de l’Univers entre eux , alors le réel perdrait toute consistance !

Reconnaître à contrario l’irréversibilité, c’est admettre ce jaillissement de nouveautés engendré parfois dans le chaos, parfois par le hasard ce que révèlent aujourd’hui bon nombre de disciplines scientifiques au grand dam des déterministes , c’est la durée.
Pour Bergson, le temps réel s’identifie au mouvement réel de la vie, c’est-à-dire de la durée vécue qui est indivisible autant qu’irréversible.

Devons-nous conclure avec Bergson que l’intelligence humaine se caractérise par une incompréhension de la durée (?). Ce serait réduire la conscience à sa seule capacité de logique déductive, alors même qu’une autre dimension de la conscience nous confère une logique dialectique qui, par contradictions surmontées, peut nous faire saisir les lois du devenir.

Le passé n’existe plus et le futur n’existe pas encore nous dit Einstein, et pourtant si nous sommes à chaque instant dans le seul présent ,nous ne pourrions avoir conscience du temps.

Horloge astrologique

En réalité, l’homme a la faculté d’être en conscience dans le temps qui est le flux de l’existence, du devenir et de se placer tout aussi consciemment hors du temps : Il est cet « être des lointains » dont parlait Heidegger. Nous pouvons projeter nos rêves et nos soucis sur l’avenir autant que nous pouvons évoquer notre passé. Ces temps virtuels ne coïncident jamais avec la temporalité réelle.

Ce dépassement virtuel ou cette régression virtuelle de la temporalité révèle un principe de réflexion intrinsèque à notre conscience qui ramène le temps au « je ».
Je suis, j’étais, je serai… car je pense.

Le temps universel, le temps pur, ne serait-il pas ce que nous nommons le lieu unique à l’heure unique ne serait-il pas ̶ le hic et le nunc ̶ l’ici et le maintenant ̶ , Orient Éternel qui rassemble et contient Tout et le néant, le chaos et le hasard, le possible de toute chose ; qui contient les deux formes inconciliables de la réalité : la force de destruction et celle de construction – ce que les Égyptiens déifièrent en Seth et en son neveu Horus.
Nous parlions de raison, et avons cité Auguste Comte parlant de prééminence de l’esprit scientifique : alors que nous démontre la rationalité scientifique à propos de temps : Les choses qui nous entourent que l’on peut voir ou toucher ont trois dimensions : longueur, largeur, hauteur, mais comme l’avait pressenti Poincaré, il faut à ces trois dimensions d’espace ajouter une quatrième dimension : l’espace-temps. D’un point de vue scientifique chaque rencontre, chaque rendez-vous, correspond à « un événement dans le cône de lumière, au croisement de deux lignes d’Univers. » Dans cet espace-temps courbe dont l’origine se perd en tourbillons de lumière dans le cône cosmologique découvert par Einstein, la distance entre chaque événement est calculée par la métrique de l’espace-temps ou métrique de Lorentz. Cette « distance d’Univers » mesurée par la « métrique de l’espace-temps » correspond à : trois signes positifs pour l’espace, un signe négatif pour le temps. Ce monde-là est le monde de l’atome et des galaxies. C’est le monde où nous vivons. C’est le monde de notre environnement concret dans lequel nous évoluons, nous raisonnons et portons trop souvent des jugements de valeur.

Système solaire autour du soleil

Or plus petit que le monde des galaxies et des atomes, existe un autre monde, bien plus petit que celui des atomes et des particules élémentaires. On le trouve au « Mur de Planck » : la plus petite distance entre deux points d’univers. Dans ce monde-là, le cône de lumière qui permet de mesurer l’espace et le temps, se dissout et finit par s’évaporer dans l’infiniment petit et se mesure par les algèbres de Hopf. Dans ce monde quantique l’espace-temps est ravagé, déformé, s’enroule sur lui-même, le temps n’est plus homogène. Ce monde-là est décrit par les algèbres de Hopf et la théorie quantique.

univers galaxie planète voie lactée espace ciel mars saturne

En dessous du monde quantique, il y a encore un autre monde. Ce troisième monde, au-delà de la tempête quantique se trouve tout au fond du cône de lumière. La matière, l’énergie, toutes les forces qui nous sont familières ont disparues : c’est le point zéro de l’Univers. Sans dimension, hors du temps. Invariant, immuable, il ne peut être décrit que par ce que les mathématiciens appellent « un indice topologique ». Dans ce monde-là, la métrique est euclidienne, il n’y a plus de temps. C’est la théorie topologique des champs. C’est ce que les initiés appellent l’Orient Éternel.
« Le problème que nous posons, un jour n’existera plus, du fait qu’il n’y aura plus de conscience pour le poser », nous répondrait Claude Lévi-Strauss convaincu par son athéisme scientifique.

Loin d’un jugement tranché, par lequel nous serions entraînés à tout croire comme Claude Lévi-Strauss l’a été à tout nier entre idéalité et réalité du temps pur, si toutefois le doute de l’honnête homme nous habite encore et toujours, méditons alors ce que disait le sage Mani, prophète humaniste venu du pays de Babel pour faire retentir un cri à travers le monde : « mon espoir est parvenu jusqu’à l’Orient du monde et en tous endroits de la terre habitée. »

Planche du Frère Brice Saint Cricq

La nature du cherchant

La quête de la forme au sens, de la matière à l’esprit

L’homme, en tant qu’être incarné, est par essence un être en quête. Il cherche à comprendre, à s’élever, à trouver un équilibre entre la densité de la matière et la subtilité de l’esprit. Cette quête, cependant, est parsemée d’embûches, car elle n’est pas uniquement un voyage extérieur, mais surtout une exploration intérieure.

La forme comme point de départ

La quête commence souvent dans le domaine du visible et du tangible. L’homme se confronte à la matière : il taille la pierre, bâtit des temples et explore les formes extérieures du sacré. Ces actions concrètes sont les premières étapes d’un cheminement initiatique. Mais l’erreur serait de s’arrêter à la surface, de confondre le symbole avec sa véritable essence.

Les objets, les rituels et les structures matérielles sont des portes, non des fins. Si le cherchant ne regarde pas au-delà, il risque de rester prisonnier des formes. Il s’attache alors à l’apparence et perd de vue le sens profond, celui qui réside dans l’intangible. C’est ici que le mental et l’orgueil tendent leurs pièges.

Les pièges du mental et de l’orgueil

Le mental, cet outil puissant, est à double tranchant. Il peut analyser, structurer et donner un cadre au cheminement spirituel, mais il peut également être une entrave. Lorsque le cherchant s’identifie à ses raisonnements ou qu’il cherche à tout comprendre par la logique seule, il s’éloigne de l’expérience directe du mystère.

L’orgueil spirituel, quant à lui, guette celui qui commence à récolter des fruits de sa quête. Se croire arrivé, supérieur ou éclairé est une illusion dangereuse. L’orgueil fige l’évolution et coupe le cherchant de l’humilité nécessaire à toute transformation profonde.

De la matière à l’esprit : une alchimie intérieure

L’éveil du cherchant survient lorsqu’il comprend que la matière est un miroir de l’esprit. Dans chaque objet, dans chaque expérience tangible, se cache une étincelle du divin. Le monde physique devient alors un laboratoire alchimique, un lieu où le plomb de la matière peut être transmuté en or spirituel.

Cette alchimie n’implique pas de rejeter la matière, mais de la sanctifier. Il s’agit de voir au-delà de sa densité pour en percevoir la dimension sacrée. La pierre brute, par exemple, n’est pas seulement un objet à tailler, mais un symbole du travail que le cherchant doit accomplir sur lui-même. C’est en raffinant cette pierre que l’on dévoile la lumière intérieure.

Le danger de la dissociation

Pourtant, certains tombent dans un autre extrême : le rejet de la matière au profit d’une spiritualité détachée, abstraite. Ce déséquilibre crée une dissociation nuisible entre l’esprit et le corps, entre le ciel et la terre. Une spiritualité qui méprise la vie incarnée se prive de ses racines et risque de devenir une fuite plutôt qu’une élévation.

L’harmonie entre matière et esprit

Le véritable chemin initiatique ne consiste pas à choisir entre la matière et l’esprit, mais à réconcilier ces deux dimensions. La matière est le véhicule, l’esprit est la destination. Ensemble, ils forment une unité indissociable.

Ainsi, chaque geste quotidien peut devenir une offrande sacrée. Tailler une pierre, préparer un repas ou planter un arbre peut être une prière silencieuse, un acte qui relie le cherchant à l’essence divine de la création. Lorsque l’esprit illumine la matière, tout prend sens, et l’ordinaire devient extraordinaire.

Cette idée d’harmonie trouve une illustration parfaite dans le symbole maçonnique de l’équerre et du compas. L’équerre, représentant la matière et les lois du monde physique, s’unit au compas, symbole de l’esprit et des principes transcendants. Ensemble, ils tracent le chemin de l’équilibre et de la création maîtrisée. L’équerre rappelle que l’ancrage dans le réel est essentiel, tandis que le compas invite à élargir sa vision au-delà des limites visibles. Ce dialogue entre les deux outils incarne la complémentarité entre matière et esprit, et montre que c’est dans leur union que réside la véritable sagesse.

Le chemin vers l’unicité

La quête de l’initié est celle de l’unité. En transcendant les dualités apparentes, il découvre que la matière et l’esprit ne sont pas opposés, mais complémentaires. Chaque épreuve, chaque succès, chaque échec est une étape sur ce chemin vers l’intégration totale.

En trouvant cet équilibre, l’initié se libère des pièges du mental et de l’orgueil. Il comprend que le but ultime n’est pas d’atteindre un sommet isolé, mais de se fondre dans la symphonie universelle où la matière et l’esprit dansent ensemble dans une harmonie parfaite. Ainsi, il devient un pont entre le ciel et la terre, un être éclairé qui incarne pleinement sa nature divine et humaine.

Cette quête trouve une clé essentielle dans le symbole du Temple de Salomon. Ce temple, décrit comme la demeure sacrée de l’Esprit divin, est également une représentation du microcosme humain. Ses colonnes, ses pierres taillées et ses proportions parfaites incarnent l’idée d’un équilibre entre le matériel et le spirituel. L’initié découvre que le Temple n’est pas seulement une structure extérieure, mais un sanctuaire intérieur qu’il doit construire en lui-même. Chaque pierre posée dans ce Temple représente une étape de sa transformation personnelle, un effort conscient pour aligner ses actions terrestres avec les lois cosmiques. En bâtissant ce temple intérieur, l’initié apprend à honorer sa nature divine tout en demeurant ancré dans la réalité matérielle, trouvant ainsi l’unité entre les deux mondes.

Les Francs-maçons du nord du Pays de Galles font un don de 10 000 £

De notre confrère charitytoday.co.uk

La mission de DANGERPOINT est de créer des « enfants résilients, capables de s’épanouir » en offrant une expérience de compétences de vie inclusive et interactive qui plonge les enfants dans des situations réelles de manière amusante et créative.

Basé à Talacre, un voyage scolaire éducatif à DangerPoint développera des compétences qui aideront à faire des choix de vie positifs et à gérer toutes sortes de situations à risque.

Le centre est organisé comme un plateau de tournage, afin de garantir qu’un large éventail de compétences en matière de sécurité et de vie quotidienne soient couvertes, notamment la sécurité à domicile, la sécurité incendie et gaz, l’avenir durable, le chantier et la lutte contre l’intimidation, l’égalité, la diversité et l’inclusion, la sécurité des transports, la sensibilisation à la ferme, à la campagne et aux inondations, la sensibilisation à l’électricité, la sécurité des plages et des routes et la sécurité d’Internet et des magasins.

L’augmentation des coûts de transport a créé un obstacle pour les groupes ruraux du nord du Pays de Galles. DangerPoint reçoit de nombreux appels téléphoniques d’écoles qui comprennent la nécessité d’amener leurs élèves pour recevoir l’enseignement proposé, mais qui ne peuvent pas assumer les frais d’inscription ou de transport. Ce projet subventionnera les frais d’inscription et fournira un transport subventionné aux écoles qui ne pourraient pas accéder à ce service vital sans soutien.

Julie Ann Tyler, directrice du centre, a déclaré :

« DangerPoint souhaite exprimer sa sincère gratitude aux francs-maçons du nord du Pays de Galles pour leur généreux don de 10 000 £. Cette contribution importante permettra de subventionner l’entrée et le transport de 430 enfants du nord du Pays de Galles pour visiter notre fantastique centre interactif. Un voyage scolaire à DangerPoint aide les élèves à développer des compétences essentielles pour faire des choix de vie positifs et gérer efficacement les situations à risque. Nous sommes enthousiasmés par les changements positifs que cela pourrait apporter et par les vies que cela va toucher. C’est notre première opportunité de collaborer avec les francs-maçons et nous sommes impatients de développer davantage ce nouveau partenariat. »

John Charles Hoult, chef des francs-maçons du nord du Pays de Galles, s’est rendu à DangerPoint pour présenter le don, accompagné de Phil James, président de la North Wales Freemasons Charity (NWFC) et des administrateurs Paul Maddocks, Morgan Tudor et John Collister. Les 5 000 £ de la NWFC ont été financés par 5 000 £ de la Masonic Charitable Foundation.

Le 1er avril 2022, les francs-maçons du nord du Pays de Galles ont lancé leur appel au Festival 2028 dans le but de collecter 2,5 millions de livres sterling pour soutenir la Masonic Charitable Foundation d’ici juillet 2028. Lors de l’assemblée générale annuelle qui s’est tenue à Venue Cymru, Llandudno en octobre, John Charles Hoult a félicité les membres pour avoir atteint le cap magique d’un million de livres sterling !

La franc-maçonnerie a contribué à hauteur de 51,7 millions de livres sterling et de 18,5 millions d’heures de travail bénévole à des causes méritantes en 2023. Qu’il s’agisse de participer à des événements, de collecter des fonds pour une cause caritative ou de faire du bénévolat pour des organisations publiques ou communautaires, le service est au cœur même de la franc-maçonnerie, les membres apportant de précieuses contributions en donnant du temps, des ressources et des compétences.

Avez-vous déjà pensé à rejoindre la Franc-Maçonnerie ? Visitez www.nwmasons.org et commencez votre voyage pour découvrir la Franc-Maçonnerie dans le Nord du Pays de Galles.

Hoʻoponopono et la Franc-maçonnerie : Une exploration des parallèles et des divergences

L’hoʻoponopono, une ancienne pratique hawaïenne de réconciliation et de pardon, semble à première vue bien éloignée des rituels et des enseignements de la Franc-maçonnerie, une société ésotérique occidentale avec des racines qui remonteraient au moyen-âge selon certaines légendes urbaines. Cependant, en examinant de plus près les principes fondamentaux de ces deux traditions, on découvre des points de convergence intéressants ainsi que des distinctions marquées. Cet article tente de décrypter ces relations complexes, en s’appuyant sur des sources documentaires et sur une analyse critique.

L’Histoire et le Contexte de l’Hoʻoponopono

Origines et Pratique Traditionnelle :

L’hoʻoponopono est né dans la culture hawaïenne ancienne, où il était utilisé pour résoudre des conflits au sein des familles ou des communautés. Selon Mary Kawena Pukui, une éminente érudite hawaïenne, cette pratique visait à rétablir l’harmonie en guérissant les maladies physiques et psychiques causées par des ruptures des lois spirituelles ou tabous (kapu). Le processus impliquait des prières, des confessions, des repentances et des pardons mutuels, souvent guidés par un kahuna (prêtre ou guérisseur).

Évolution et Modernisation :

Avec le temps, l’hoʻoponopono a évolué, notamment par le travail de Morrnah Simeona dans les années 1970, qui l’a adapté pour un usage moderne et individualisé, en mettant l’accent sur le pardon personnel et la purification spirituelle. Ce développement a permis à la pratique de s’étendre au-delà des frontières culturelles et géographiques de Hawaï.

Histoire et Philosophie de la Franc-Maçonnerie

Origines et Fondements :

La Franc-maçonnerie, quant à elle, trouve ses racines dans les guildes médiévales de maçons et de constructeurs, évoluant à partir du XVIIIe siècle en une société initiatique qui prône des principes de fraternité, de moralité, et de recherche de la vérité par l’allégorie et le symbolisme. Les Francs-maçons utilisent des rituels pour enseigner des leçons morales et philosophiques, souvent basées sur la construction du Temple de Salomon.

Les Degrés et les Enseignements :

Les enseignements maçonniques sont structurés en degrés, chacun apportant des leçons spécifiques sur la vertu, la justice, et l’amélioration de soi. Le travail maçonnique se concentre sur la transformation personnelle à travers l’étude symbolique et la pratique rituelle, cherchant à faire de chaque membre un « maçon parfait » dans le sens moral et spirituel.

Parallèles entre Hoʻoponopono et Franc-Maçonnerie

La Notion de Purification et de Pardon :

Hoʻoponopono : La pratique met un accent fort sur la purification de l’âme et le pardon, non seulement pour soi-même mais aussi pour autrui, en reconnaissant l’interconnexion entre tous les êtres. Ce processus vise à nettoyer les souvenirs douloureux et les erreurs passées, permettant ainsi une réconciliation et une paix intérieure.

Franc-maçonnerie : Bien que de manière plus symbolique, la Franc-maçonnerie traite également de purification, surtout à travers les rituels de purification par le feu (l’épreuve du feu) ou l’eau (les ablutions), symbolisant le lavage des impuretés morales. Le pardon est un thème récurrent, notamment dans les loges où les erreurs sont reconnues et amendées dans un cadre fraternel.

Le Concept de l’Unité et de la Connexion :

Hoʻoponopono : Il repose sur l’idée que nous sommes tous liés et responsables de l’harmonie collective; même les erreurs d’autrui sont à considérer comme une part de notre propre expérience à corriger.

Franc-maçonnerie : La fraternité maçonnique est fondée sur l’unité de tous les hommes sous le Grand Architecte de l’Univers, une notion qui transcende les différences personnelles pour un bien commun, reflétant une connexion universelle.

Divergences et Critiques

Approche Culturelle et Spirituelle:

Hoʻoponopono est profondément ancré dans la culture hawaïenne et ses croyances spécifiques, comme le mana (pouvoir spirituel) et le lien avec les ancêtres et la nature.
La Franc-maçonnerie, bien qu’elle ait absorbé des éléments de diverses cultures, est essentiellement un produit de l’Occident, avec une cosmovision basée sur la tradition judéo-chrétienne et des philosophies classiques.

Méthode et Structure :

Hoʻoponopono peut être pratiqué individuellement ou en groupe, sans hiérarchie stricte, mais avec un guide spirituel ou kahuna dans les contextes traditionnels.
La Franc-maçonnerie fonctionne avec une structure hiérarchique claire, des rites initiatiques précis, et une progression dans les degrés, ce qui la rend plus formelle et organisée.

Critiques et Controverses :

Hoʻoponopono a été parfois critiqué pour son appropriation culturelle lorsque enseigné hors de son contexte traditionnel, particulièrement dans les mouvements de développement personnel.

La Franc-maçonnerie a été l’objet de nombreuses critiques et théories conspirationnistes, accusée de secret, de manipulation, ou de sectarisme, malgré ses affirmations de philanthropie et de recherche de la vérité.

Approfondissement de l’Hoʻoponopono

Pratiques et Techniques Modernes :

La Méthode de Morrnah Simeona : Morrnah a transformé l’hoʻoponopono en une pratique individualisée, souvent appelée « Self-I-Dentity Through Hoʻoponopono. » Elle introduit une prière de nettoyage qui inclut les phrases clés « Je suis désolé », « Pardonne-moi », « Je te remercie », et « Je t’aime ». Cette méthode vise à nettoyer les mémoires inconscientes des erreurs passées pour retrouver un état de pureté et de paix.
L’Application Thérapeutique : Dans les contextes modernes, l’hoʻoponopono est utilisé dans la thérapie pour traiter des problèmes comme le stress, la dépression, et les relations dysfonctionnelles. Des thérapeutes comme Ihaleakalá Hew Len ont popularisé cette approche en racontant comment il a traité des patients sans les rencontrer directement, en travaillant sur sa propre purification.

Philosophie et Spiritualité :

La Connexion avec la Divinité : L’hoʻoponopono repose sur l’idée que chaque problème est une occasion de se reconnecter à la divinité à l’intérieur de soi. Le « Divin Créateur » ou « Source » est central dans cette pratique, représentant une force de guérison et de transformation.

Le Concept du Hoʻoponopono Familial : Traditionnellement, la pratique était communautaire, impliquant toute la famille ou le groupe pour résoudre des conflits. Les échanges étaient modérés par un kahuna, assurant que tous les aspects de la situation soient adressés pour un véritable pardon et réconciliation.

Approfondissement de la Franc-Maçonnerie

Symbolisme et Rituel :

Le Symbolisme de la Construction : La Franc-maçonnerie utilise le symbolisme des outils de maçonnerie comme le compas, l’équerre, et le niveau pour enseigner des leçons morales. Chaque outil a une signification profonde : le compas pour la mesure de soi, l’équerre pour la justesse de nos actions, etc.
Rituels de Passage : Les rituels maçonniques marquent le passage d’un degré à l’autre, symbolisant la progression spirituelle et morale. Par exemple, le passage de l’Apprenti au Compagnon représente la maîtrise de soi, tandis que l’élévation à Maître Maçon symbolise la compréhension de la mort et de la vie éternelle.

Philosophie et Éthique :

L’Universalité des Valeurs : La Franc-maçonnerie promeut des valeurs universelles comme la liberté, l’égalité et la fraternité, bien que dans un cadre initiatique et symbolique. Ces valeurs sont censées transcender les différences religieuses, politiques ou sociales des membres.

L’Alchimie Personnelle : Bien que la Franc-maçonnerie ne soit pas une pratique alchimique à proprement parler, elle partage des similitudes avec l’idée alchimique de transformation intérieure, où le plomb de l’ignorance est transmuté en or de la sagesse.

Parallèles et Divergences Revisités

Sur le Plan de la Transformation Personnelle :

Hoʻoponopono se focalise sur le nettoyage des erreurs passées et des mémoires pour atteindre la paix intérieure et extérieure.
La Franc-maçonnerie utilise des symboles et des rituels pour enseigner des leçons sur la vie, la mort, et la moralité, cherchant à forger un caractère noble et une sagesse profonde.

Implications Sociales et Culturelles :

Hoʻoponopono a été adapté pour servir des communautés au-delà de Hawaï, mais reste ancré dans une perspective indigène de guérison et de réconciliation.
La Franc-maçonnerie a souvent été critiquée pour son élitisme et son secret, bien qu’elle se présente comme une force pour le bien social et la charité, avec des implications dans l’éducation et la philanthropie.

Critiques Contemporaines :

Hoʻoponopono peut être critiqué pour sa commercialisation ou pour une simplification qui perd le sens culturel et spirituel profond de la pratique.

La Franc-maçonnerie fait face à des critiques sur sa pertinence dans une société moderne, ses pratiques de recrutement, et les accusations de conspirations, malgré ses efforts pour se moderniser et s’ouvrir.

Conclusion

Bien que l’hoʻoponopono et la Franc-maçonnerie proviennent de mondes culturels distincts, ils partagent des thèmes universels de purification de l’âme, de pardon, et de recherche d’une harmonie interne et externe. La Franc-maçonnerie, avec son symbolisme et ses rituels de construction morale, et l’hoʻoponopono, avec ses méthodes de réconciliation directe et spirituelle, offrent des voies différentes vers un but commun : l’amélioration de soi et la paix communautaire. Cependant, la compréhension de ces pratiques doit toujours respecter leurs contextes originaux et spécifiques pour éviter les simplifications ou les appropriations culturelles.

Sources Utilisées :

Pukui, Mary Kawena; Haertig, E. W.; Lee, Catherine A. (1972). « Nānā I Ke Kumu (Look to the Source) ». Hui Hānai.
Simeona, Morrnah N. (1976). « Self-Identity through Hoʻoponopono ».
Hew Len, Ihaleakalá; Vitale, Joe (2007). « Zero Limits: The Secret Hawaiian System for Wealth, Health, Peace, and More ».
Mackey, Albert G. (1873). « Encyclopedia of Freemasonry ».

Articles connexes

Les libertés que les Francs-maçons chérissent

« Car pour être libre, il ne suffit pas de se libérer de ses chaînes, il faut vivre en respectant et en augmentant la liberté des autres. »

(Nelson Mandela)

La liberté et la vérité sont les principaux dons que Platon (dans son Phèdre) assigne aux adeptes de la philosophie, devenus dignes d’entrer dans la région supérieure, dans l’éther placé au-dessus des sept grades épuratoires. Hérodien compare les jeux séculaires aux grands mystères et nul ne pouvait prendre part aux jeux séculaires, s’il n’était libre. Cérès et Proserpine dans les initiations d’Italie, s’appelaient, par leur nom mystique, libera et deois. Liber était aussi le vrai nom du Bacchus des mystères.

En Grèce, on prétendait qu’un certain Eleuthère (ἐλεύθερος, eleutheros signifiant libre) aurait institué les éleusines. Le génie, esclave de Salomon qui, dans les cavernes du Caucase où descend Habib, instruit un cercle d’initiés dit au héros : « ils seront libres, quand ils auront acquis les connaissances nécessaires pour se conduire ».

La liberté est la partie constituante des Droits de l’Homme (droits et libertés) que chaque individu possède du seul fait de sa nature humaine. Issus des conceptions du droit naturel, qui fondent leur statut philosophique, les droits de l’Homme ont fait l’objet d’une reconnaissance progressive en droit positif depuis la proclamation de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen par les révolutionnaires français en 1789. Cette reconnaissance se traduit aujourd’hui par une protection juridictionnelle accrue tant au niveau européen qu’au niveau national. En effet, de nombreux États, dont la France, se sont dotés de mécanismes favorisant le recours devant le juge en cas d’atteinte aux droits de l’Homme tels qu’ils sont garantis par les textes de portée internationale.

Une remarque, le Cylindre de Cyrus, trésor perse datant du sixième siècle avant Jésus Christ, est considéré comme la plus ancienne déclaration des droits de l’Homme au monde.

Les 24 sens que donne le Littré au mot liberté peuvent être regroupés en 3 ensembles décrivant :

  •  un état objectif de liberté, qui concerne l’absence de dépendance, de contraintes, d’oppression en vertu de laquelle un être fait ce qu’il veut et non ce que veut l’autre. Ces libertés dites objectives ne valent que pour autant qu’elles sont exercées, mises en œuvre et en pratique par ceux qui en sont les titulaires ;
  •  un état subjectif de liberté qui concerne la conscience que prend l’être de son indépendance, de sa disposition, de sa détermination autonome ;
  •  des acceptations spéciales ou techniques.

La liberté n’est pas un absolu, la liberté humaine n’est qu’une apparence.

C’est dans la possibilité des choix que la liberté prend son sens, l’homme apparaît d’autant plus libre qu’il a une conscience plus exacte de la nécessité.

En ce sens, un sujet n’est libre dans ses décisions comme dans ses actes, qu’à la condition de se tenir lui-même pour responsable des conséquences de ses choix. De ce fait, on peut dire que la liberté n’est jamais acquise, qu’elle n’est jamais définitivement accomplie, mais demeure, en chaque circonstance, l’objet d’une conquête, devant soi-même comme aux yeux de l’autre. Selon les termes de la dialectique hégélienne, le maître qui ne joue et ne jouit de sa liberté que dans l’image qu’il en impose à qui lui est soumis, la laissera bientôt basculer en dépendance à l’égard de ce dernier, dont il attend d’être reconnu comme maître.

Kant affirme que c’est uniquement par la loi morale, que je me sais libre. La liberté kantienne est fortement liée à la notion d’autonomie, qui signifie qu’il n’y a pas d’authentique liberté sans ce pouvoir de la conscience qui consiste à se donner à soi même la loi de son action ; la liberté relève de l’obéissance à une loi que je me suis moi-même créée. Il s’agit par conséquent d’un respect de ses engagements, d’une conformité à soi. Alors, qu’en est-il de cette liberté quand elle n’est que le désir de se conformer à la norme imposée de l’extérieur ? Une aliénation ?

Luc : 6.31 : Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Alors ma liberté commence là où commence celle de l’autre.

La liberté n’est pas de refuser des obligations auxquelles le franc-maçon consent (la Franc-maçonnerie est un Ordre, ses membres s’engagent, par serment, à observer scrupuleusement les prescriptions de la Constitution internationale, les statuts, les Règlements généraux et à défendre l’Ordre) mais de mesurer avec sa liberté de conscience s’il peut continuer à s’obliger, à adhérer, face aux contraintes de l’autorité de tutelle. Il ne peut renverser sa dépendance en liberté pour se rendre à son tour maître de sa situation qu’à la condition de reconnaître en conscience la pleine valeur de cette liberté et de se tenir pour responsable de ce qu’il met en œuvre pour la conquérir.

La Franc-maçonnerie est une spiritualité de la liberté. « Nous sommes des Maçons libres, c’est-à-dire, pour qui sait l’entendre, des artisans de notre propre bonheur, qui sans porter de rebelles atteintes aux lois civiles et Religieuses, travaillons sur des plans tracés par la nature et compassez par la Raison, à reconstruire un édifice moral dont le modèle exécuté dans les premiers âges du monde, nous est conservé par l’idée universelle de l’Ordre » (l’Almanach des Cocus ou amusemens pour le beau Sexe pour l’année MDCCXU auquel on a joint un recueil de Pièces sur les Francs-Maçons, 1741, p.15,comporte, outre la Réception d’un Frey-Maçon du chevalier Hérault, une suite de discours prononcés en loge à l’occasion de rencontres entre Ateliers ou pour servir à l’instruction des Apprentis). Cela correspond aux trois verbes : pouvoir, vouloir, devoir.

La déclaration du Convent de Lausanne en septembre 1875 (qui réunit les Suprêmes Conseils de onze pays) proclame la liberté comme le bien le plus précieux : «la liberté, patrimoine de l’humanité tout entière, rayon d’en haut qu’aucun pouvoir n’a le droit d’éteindre ni d’amortir et qui est la source des sentiments d’honneur et de dignité.»

Dans l’étude lexicographique des rituels, c’est à partir de 1840 que l’on voit l’utilisation du concept de liberté prendre de l’importance

Certaines personnes se battent concrètement pour leur liberté, leur choix et leurs engagements, défiant les obstacles, les dangers et les lourdeurs de l’habitude. Elles accomplissent de nouveaux horizons pour se transformer et transformer aussi le monde qui les entourent.

La démission de tout membre de la Franc-maçonnerie, son retrait demeure sa liberté absolue.

Mais est-ce que le libre arbitre est libre ? « Philosophiquement, la liberté ne peut être qu’une proclamation, aucune démonstration scientifique ne peut prouver que la liberté n’est pas conditionnée d’une façon souterraine par des contraintes qui nous échappent et nous croyons être libres nous sommes déterminés »

La liberté de conscience

On peut en trouver l’expression dans l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. » Cette Déclaration consacre l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. ».

Toutefois cette déclaration n’était qu’une résolution de principe non obligatoire. À l’opposé, la Convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, communément appelée Convention européenne des droits de l’Homme, signée à Rome le 4 novembre 1950 a un caractère obligatoire à travers les sanctions et le fonctionnement de la Cour européenne des droits de l’Homme. Dans son article 9, cette Convention précise de façon explicite la liberté de conscience :

  • Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
  • La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. Ainsi la liberté d’expression doit être limitée dans l’espace public,
  • que celles qui interdiraient, outre la diffamation des personnes, les provocations à la haine, à la
  • violence et à l’exhibitionnisme sexuel.

Encore faudrait-il définir la conscience !

Cette liberté s’étend aux convictions morales et philosophiques qui découlent des choix faits, à la liberté d’opinion, en particulier politique. Toutefois, l’Administration, qui ne peut pas écarter les convictions politiques, peut éventuellement prendre en compte l’extériorisation de ces convictions.

Les clauses de conscience sont de plus en plus nombreuses à la lumière de la diversité sociale (par exemple, des dispenses peuvent aussi être accordées pour que des personnes ne travaillent pas un jour religieux).

Le Rite permet à tous les francs-maçons de concilier liberté de conscience et Art royal ; la liberté de conscience a pour corollaire la Tolérance sans laquelle la Franc-maçonnerie adogmatique ne pourrait se revendiquer en tant que Centre de l’Union. La liberté de conscience ouvre la possibilité d’adhérer ou non selon son libre arbitre à telle ou telle religion. La liberté de conscience, au sens strict du terme, s’inscrit donc dans la sphère de la question de la liberté religieuse. La liberté de penser, plus large encore, confère à l’homme la possibilité d’user de sa raison pour pousser sa recherche du vrai jusqu’où il le peut sans rencontrer aucune entrave, fût-elle religieuse. Ainsi du XVIIe siècle au XVIIIe siècle où les défenseurs de la liberté de conscience comme Bayle et ceux de la liberté de penser comme Spinoza s’inspirent soit de références bibliques soit de la critique scripturaire naissante pour affirmer non seulement le droit à la liberté de conscience et de penser mais encore la nécessité de cette liberté pour le progrès de l’homme par. un rationalisme rigoureux, une conception déterministe du monde et de l’homme, et une vision éthique centrée sur la vertu comme connaissance de soi et du monde.

L’originalité de la Maçonnerie spéculative consiste précisément à affirmer cette double nécessité mais dans le cadre d’une quête spirituelle. Ce n’est qu’au convent du GODF de 1877 que sera abandonnée la référence au GADLU. L’après-Convent de 1877 conduit à des retouches plus hardies. En 1879, le Grand Collège des Rites, chargé par le Conseil de l’Ordre du Grand Orient, fait disparaître des rituels les formules trop ouvertement religieuses, comme la référence au Grand Architecte de l’Univers, les devoirs envers Dieu au 1°, l’explication métaphysique de la lettre G au 2° et l’invocation à Dieu du signe d’horreur au grade de maître. En 1886, une commission de 12 membres, présidée par l’avocat Louis Amiable (1837-1897), procède à une nouvelle révision adoptée en Conseil de l’Ordre les 15-16 avril. Le nouveau rituel français, qui prendra le nom de son principal rédacteur, est accompagné d’un Rapport sur les nouveaux rituels pour les loges rédigé par Amiable lui-même. Ce codicille explique que le nouveau texte, en partie inspiré des rituels du Grand Orient de Belgique, se réfère grandement au positivisme. Sa philosophie générale est la « neutralité entre les diverses croyances » et le fait que les données certaines fournies par l’état actuel de la science devaient être par nous mises à profit ».

La Franc-maçonnerie offre une voie spirituelle qui est une voie spécifique en dehors de tout dogme et de toute doctrine, qui permet à chaque homme de poursuivre son chemin vers la Connaissance.

La Franc-maçonnerie propose un idéal de liberté, de tolérance et de fraternité dans le respect des opinions de chacun, laissant à l’homme une liberté de travail qui lui permet de poser son propre rythme et de reculer constamment ses limites sur le chemin de l’élévation spirituelle et morale n’acceptant aucune entrave dans sa recherche.

La liberté de conscience est une liberté irréductible en Franc-maçonnerie. Je vous invite à voir l’intervention de Jean-Robert Daumas

On ne confondra la liberté de conscience avec la libre pensée.

« La libre pensée est un courant de pensée diffus qui refuse tout dogme et milite en faveur d’une pensée libre où aucune idée révélée, décrétée, ou présentée comme une certitude, ne fait autorité, en particulier dans les questions religieuses. La réflexion est guidée par la raison et les religions révélées sont vues comme des obstacles à l’émancipation de la pensée. Par extension, le terme est utilisé lorsqu’on s’affranchit de toute croyance religieuse. »

Le Jardin des Délices, et le mouvement du Libre-Esprit. Laissez-vous vous méduser par l’analyse de l’œuvre majeure de Jérôme Bosh, le jardin des délices sous forme d’un exposé en trois parties. Dans un premier volet, une introduction à la vie et l’œuvre de Jérôme Bosch. Sa naissance, ses débuts artistiques, ses principales œuvres, sa relation à son époque. On y découvre un homme religieux, un artiste original, un fin satiriste, témoin lucide de ton temps et créateur d’une utopie magnifique.

Dans un deuxième volet consacré au Jardin des Délices, on récapitule ce qu’on sait sur son probable commanditaire, puis on analyse en détails le triptyque : la création du monde, l’éden, le jardin des délices, et l’enfer. On verra que Bosch dépeint ici une utopie magnifique mettant en scène ce que serait pour lui l’humanité si elle n’avait jamais commis le péché originel. Une humanité réconciliée avec une nature abondante, vivant en totale innocence, en toute liberté, et jouant pour l’éternité dans un bonheur absolu.

Dans la troisième et dernière partie, on parle du mouvement du Libre-Esprit, nom sous lequel on a regroupé des milliers d’hommes et de femmes, ayant vécu partout en Europe occidentale, du XIIe au XVIe siècle. Ces fanatiques de la liberté vivaient en se sentant Dieu, en niant le péché originel, et toute autorité religieuse, politique, ou morale. Ils pratiquaient un panthéisme extatique, une liberté sexuelle totale, un retour de l’innocence du jardin d’Éden, sous le signe du bonheur et de l’insoumission. Comment ont vécu ces mouvements révolutionnaires méconnus? Et qu’ont-ils à nous apprendre en ce troisième millénaire?

Texte extrait du Dictionnaire vagabond en Franc-maçonnerie

Joe Biden aurait-t-il rejoint la Franc-maçonnerie le 19 janvier ?

De notre confrère pillarcatholic.com

Selon l’annonce, datée du 19 janvier – la veille du départ de Biden – le Président s’est vu accorder une « résolution d’adhésion » par la loge en reconnaissance de son « dévouement et de son service exceptionnels aux États-Unis » qui « reflète les valeurs fondamentales de la Très Vénérable Grande Loge Prince Hall des Francs-Maçons Libres et Acceptés de l’État de Caroline du Sud, y compris l’amour fraternel, le secours et la vérité ».

Il n’est pas rare que les présidents sortants soient honorés par des groupes et des organisations.

Mais en tant que deuxième catholique à occuper ce poste, la nouvelle « adhésion » de Biden à la loge présente un problème particulier : les catholiques sont interdits d’adhérer aux loges et organisations maçonniques depuis 1738, et sont passibles de sanctions canoniques pour cela.

Alors, Joe Biden est-il désormais franc-maçon ? Et si oui, à quelles sanctions canoniques s’expose-t-il ? Au vu des faits disponibles, la situation est plus compliquée qu’on pourrait le penser.

Un peu d’histoire maçonnique

Bien que de nombreuses loges aiment prétendre avoir des liens remontant à l’Antiquité, voire à l’époque biblique, le véritable début de la franc-maçonnerie, telle que les gens la conçoivent aujourd’hui, remonte à 1717, lorsque la première Grande Loge fut fondée dans l’arrière-salle d’un pub londonien.

Dans les premières années qui suivirent leur apparition, certains catholiques, même éminents, rejoignirent les loges, qui devinrent un centre de rassemblement pour les libres penseurs, les non-conformistes religieux, les dissidents politiques, les personnes intéressées par les pseudosciences comme l’alchimie, et les colporteurs de philosophies gnostiques et d’hérésies chrétiennes.

Peu de temps après, le pape Clément XII a interdit aux catholiques d’y adhérer car, bien que la franc-maçonnerie soit tolérante sur le plan religieux, permettant aux personnes de toute confession d’y adhérer, le pape a constaté qu’elle encourageait en réalité l’indifférentisme religieux – la croyance selon laquelle la croyance religieuse d’une personne n’a pas d’importance parce que tout le monde dans la loge se considère comme servant une notion supérieure de vertu naturelle.

À mesure que la franc-maçonnerie se répandit à travers l’Europe, les condamnations papales continuèrent à affluer, et huit papes publièrent des encycliques ou des bulles papales imposant une peine d’excommunication automatique à tout catholique qui rejoignait les francs-maçons, jusqu’à la promulgation du premier Code de droit canonique en 1917, qui comprenait également l’interdiction d’adhésion et la peine.

Au cours de ces siècles, beaucoup de choses ont changé entre l’Église et les francs-maçons, même si une grande partie de ce que l’Église disait sur les raisons pour lesquelles les catholiques ne pouvaient pas adhérer est restée la même.

Mais l’Église a toujours condamné l’idée de la franc-maçonnerie parce que, selon elle, elle soustrayait les catholiques à la surveillance ecclésiastique légitime alors qu’ils étaient, de fait, catéchisés dans une nouvelle philosophie – une manière différente de voir le monde.

Certains catholiques pensaient cependant que l’Église avait changé d’avis sur la franc-maçonnerie après le Concile Vatican II car, lorsque le nouveau Code de droit canonique a été promulgué en 1983, la mention explicite de la franc-maçonnerie a été supprimée du code pénal.

Au lieu de cela, la nouvelle loi interdit aux catholiques de rejoindre des sociétés qui « complotent contre l’Église » et stipule qu’ils devraient être punis par « une peine juste ».

Mais avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi de l’époque, le cardinal Joseph Ratzinger, a publié une clarification publique affirmant que « le jugement négatif de l’Église à l’égard de l’association maçonnique reste inchangé », car « les principes [de la franc-maçonnerie] ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Église et par conséquent l’adhésion à ceux-ci reste interdite ».

Ratzinger a également précisé que la mention explicite de la maçonnerie avait été supprimée parce que la nouvelle formulation était destinée à englober des « catégories plus larges » de sociétés et ne pas se limiter aux loges maçonniques.

« Les fidèles qui s’inscrivent dans des associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent pas recevoir la Sainte Communion »

a précisé Ratzinger

Un peu plus d’histoire franc-maçonne

L’Église a maintenu la même position à propos de la franc-maçonnerie, de ce qui ne va pas avec elle et du fait qu’il est absolument interdit aux catholiques d’y adhérer depuis les années 1700.

Et, bien que les loges franc-maçonniques aient joué des rôles très différents selon les endroits au cours des siècles, l’Église a clairement indiqué que ces distinctions ne changent pas les principes fondamentaux qui expliquent pourquoi les catholiques sont interdits d’adhésion.

Néanmoins, il convient de noter les différents courants de la franc-maçonnerie qui ont émergé au cours des siècles, car ces différences expliquent les différentes attitudes à l’égard de la maçonnerie à différentes époques et à différents endroits.

Dans les pays catholiques, comme l’Espagne et les États de la péninsule italienne, les loges sont devenues très politiques et ont été liées à des cellules révolutionnaires violentes au cours des siècles. C’est pour cette raison que les sociétés maçonniques ont été interdites par l’Église et les gouvernements civils de ces pays.

Pendant ce temps, aux États-Unis, bien qu’elle professe une philosophie d’égalité entre tous les hommes, la franc-maçonnerie américaine, même avant la guerre d’indépendance, interdisait aux hommes noirs de la rejoindre, et les loges s’opposaient ouvertement à la création d’écoles catholiques, à l’élection de catholiques à des fonctions publiques et, dans certains cas, soutenaient conjointement des candidats et des lois avec les branches locales du Ku Klux Klan, y compris jusqu’au XXe siècle.

En conséquence, les Noirs américains ont fondé leurs propres loges maçonniques parallèles – issues non pas des loges blanches américaines mais des loges britanniques – qui sont arrivées en Amérique avec l’armée britannique.

La franc-maçonnerie noire américaine — y compris la loge qui a accordé l’adhésion à Joe Biden — est pour cette raison appelée la franc-maçonnerie « Prince Hall ». Prince Hall n’était pas un lieu mais un homme, un Noir libre vivant dans le Massachusetts qui s’était vu refuser l’adhésion aux loges américaines locales et qui avait été accepté à la place dans une loge d’officiers britanniques de l’armée qui occupait alors Boston.

En conséquence, la franc-maçonnerie de la loge Prince Hall entretient depuis longtemps une relation profonde avec les communautés noires de nombreux États, ce qui explique probablement la visite du président Biden dans une loge en Caroline du Sud.

Mais en ce qui concerne l’Église, la franc-maçonnerie de Prince Hall a les mêmes problèmes, d’un point de vue philosophique, théologique et canonique, que toute autre branche de la franc-maçonnerie.

Biden a-t-il « rejoint » les francs-maçons ?

L’interdiction faite aux catholiques de rejoindre les francs-maçons est vieille de plusieurs siècles et est reconnue par le Dicastère pour la doctrine de la foi comme un crime et un péché grave.

Mais il y a certaines choses que nous ignorons sur la situation de Biden, même après que la Grande Loge Prince Hall de Caroline du Sud a déclaré que le 19 janvier, « lors d’un événement privé, la qualité de Maître Maçon avec tous les honneurs a été conférée à » Joe Biden, qui a désormais le rang de « Maître Maçon ».

L’annonce de la loge précise que l’adhésion a été « conférée » à Biden par la loge, et non qu’il a participé à de véritables liturgies maçonniques. Cela peut sembler être une question de formalité, mais cela pourrait en effet faire une grande différence canonique.

Pour commencer, on ne sait pas exactement dans quelle mesure Biden a accepté, formellement ou informellement, d’être membre de la loge, ou si cela lui a simplement été présenté comme quelque chose qu’ils faisaient pour (et à) lui. Des photos de l’événement montrent le président serrant la main et embrassant le chef de la loge, mais sans recevoir de certificat ou de représentation physique de son adhésion.

C’est important, car le véritable crime en droit canon n’est pas le statut de membre d’une loge maçonnique mais l’acte d’y adhérer.

En termes simples, si Biden n’a rien fait activement pour rejoindre les francs-maçons ou accepter son adhésion, il est raisonnable de conclure qu’il n’a pas violé le canon pertinent, qui – conformément aux principes canoniques – doit être interprété strictement.

Bien sûr, cela ne change pas le décret permanent du Vatican selon lequel tout catholique membre d’une loge maçonnique (même passivement) est dans un état de péché grave et interdit de recevoir la communion.

Mais, encore une fois, Biden devrait lui-même accepter, même passivement en ne rejetant pas la désignation, l’adhésion conférée – les francs-maçons n’ont pas le pouvoir de faire de quelqu’un un membre sans son consentement, pas plus qu’une personne ne peut épouser une autre sans son consentement.

Mais est-il excommunié ?

Une chose que beaucoup de catholiques savent, ou pensent savoir, c’est qu’un catholique qui devient franc-maçon est automatiquement excommunié. Et pendant longtemps, c’était une question assez claire et nette : une peine d’excommunication latae sententae était appliquée à tout catholique qui rejoignait une société maçonnique jusqu’au Code de droit canonique de 1983.

Mais la formulation du code de 1983 a supprimé du canon à la fois le terme « maçonnique » et la peine d’excommunication en cas d’adhésion à des sociétés interdites.

Bien que la déclaration de la CDF de 1983 signée par Ratzinger ait précisé que toutes les sociétés maçonniques étaient couvertes par la nouvelle formulation (et étaient toujours gravement pécheresses), elle ne prévoyait pas explicitement de peine d’excommunication.

Au lieu de cela, le code prévoit que l’autorité compétente impose une « sanction juste » — et la CDF a tenu à préciser qu’il n’est « pas de la compétence des autorités ecclésiastiques locales de porter un jugement sur la nature des associations maçonniques » — en d’autres termes, les évêques n’ont pas le droit de décider que telle ou telle loge maçonnique n’est pas vraiment mauvaise.

Cependant, certains canonistes soutiennent que puisque les papes, la CDF et le comité de rédaction du Code de droit canonique ont tous clairement indiqué que la franc-maçonnerie est contraire à la foi et à la doctrine de l’Église, rejoindre une loge est en fait un double crime : s’inscrire dans une association interdite, ce qui doit être puni d’une « juste peine », et commettre un acte d’hérésie, qui entraîne une excommunication automatique.

Pour les canonistes (dont je fais partie !), cela semble particulièrement vrai lorsque les membres maçonniques parcourent les diverses liturgies maçonniques formelles d’initiation qui, même au niveau le plus bas, incluent le candidat affirmant qu’il a « longtemps été dans l’obscurité et cherche maintenant à être amené à la lumière » que seule la Franc-Maçonnerie peut fournir, et embrassant le « principe de la Franc-Maçonnerie selon lequel l’œil naturel ne peut percevoir les mystères de l’Ordre tant que le cœur n’a pas embrassé les significations spirituelles et mystiques profondes de ces sublimes mystères. »

Mais même lorsque ces rituels ont été accomplis, des sanctions automatiques doivent être prononcées par une autorité compétente pour qu’elles acquièrent tous leurs effets juridiques. Comme devenir membre d’une société secrète n’est généralement pas un acte public, il est difficile pour un évêque d’imposer ou de prononcer une quelconque sanction.

Compte tenu de ces facteurs, même dans le cas de Biden, l’annonce publique de son adhésion à la franc-maçonnerie soulève de nombreuses questions sur ce qu’il a exactement fait ou accepté.

Et il y a un facteur de complication encore plus grand dans le cas de Biden : quelle est l’autorité ecclésiastique compétente pour décider s’il a « rejoint » la franc-maçonnerie ?

Selon l’annonce de la loge de Caroline du Sud, Biden a reçu son adhésion le 19 janvier, le dernier jour complet de sa présidence.

En tant que tel, Biden était toujours en fonction et donc hors de la juridiction de l’évêque local en Caroline du Sud ou des évêques de ses résidences officielles (Washington, DC et Delaware) à l’époque.

Le droit canon stipule en revanche que tous les cas de violation du droit ecclésiastique impliquant « ceux qui occupent la plus haute fonction civile d’un État » sont réservés au jugement du Pontife romain lui-même.

En pratique, le pape délègue régulièrement les affaires impliquant des chefs d’État (généralement les annulations de mariage au cours des derniers siècles) au Tribunal de la Rote romaine, mais en tout état de cause, il semble extrêmement improbable que le pape François autorise un examen des faits concernant l’appartenance maçonnique de Biden – et encore moins qu’il autorise l’imposition d’une sanction pour l’un de ses derniers jours en tant que président.

Bien entendu, toutes ces complications et considérations canoniques ne changent pas la position claire du Vatican sur la moralité et la grave nature pécheresse d’un catholique « inscrit » dans une loge maçonnique, quelle que soit la manière dont il le fait : « ils sont en état de péché grave et ne peuvent pas recevoir la Sainte Communion. »

Mais savoir si Biden a réellement accepté l’adhésion à la franc-maçonnerie qui lui a été conférée est une question à laquelle lui seul peut répondre, et seul le pape peut en juger.