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Le processus d’individuation en 6 étapes de Carl Gustav Jung : (4/6) « Anima – Animus »

Le processus initiatique est sous-jacent au processus d’individuation de C.G. Jung, sans trop apparaître au grand jour, les alchimistes spirituels demeurant à tort des « souffleurs » la plupart du temps dans la mémoire collective. Malgré les chasses aux sorcières orchestrées depuis 2000 ans en occident par les pouvoirs civils et religieux pour occulter et faire disparaître l’alchimie, l’Art Royal n’a jamais cessé de ressurgir depuis Hermès Trismégiste à toutes les époques sous les traits de grands alchimistes.

Leurs œuvres ont marqué la mémoire collective et suscité des vocations à des aspirants encore confrontés à leurs démons intérieurs, des zones d’ombres impénétrables et des problèmes que des rencontres, des lectures, et des prises de conscience, tendent peu à peu à éclairer et résoudre.

Le bien-être général, à la fois corporel, moral, mental, et spirituel immense qui en résulte est le premier viatique d’un questionnement qui se transforme vite en quête spirituelle, et en prises de conscience d’états d’être qui se vivent et se ressentent avant de se raconter, les seuls mots nécessaires dans cette quête intérieure initiatique se réduisant à quelques mots clés. Dans le processus qui mène à l’individuation de C.G. Jung, ces mots sont le trauma, la persona, la différenciation, et les ombres, correspondant aux 51é, 52è, et 53è degrés de la Maçonnerie égyptienne. Il s’agit à présent de découvrir et d’activer les mots clés des 54è, 55è, et 56è degrés, générateurs de l’énergie nécessaire à la conscience pour se propulser dans son propre cosmos intérieur.

Avec le couple anima/animus, C.G. Jung conduit les hommes et les femmes à reconnaître et accepter en eux-mêmes la présence dans leur inconscient d’une marque féminine en l’homme et masculine chez la femme, afin de se délivrer des effets négatifs de leur reniement sur leur psyché, et en contrepartie de bénéficier du surcroît d’énergie généré par leur acceptation et leur intégration en conscience. L’anima est une image innée de la femme chez l’homme, l’animus une image innée de l’homme chez la femme. Contenus inconscients d’une grande puissance énergétique, l’anima et l’animus sont des complexes dont le degré d’autonomie varie avec la distance qui sépare le conscient et l’inconscient. Si cette distance est très grande, le conscient est, soit fasciné par une figure d’anima ou d’animus ressentie comme merveilleuse et sublime, soit au contraire effrayé par une figure mauvaise, perverse, et moralement inférieure.

« Un travail de prise de conscience de leurs contenus devient alors nécessaire pour les « intégrer » et les « réaliser » par le sujet, qui s’expose dans le cas contraire à connaître de graves anomalies psychiques, en particulier la présence en soi-même de quelque chose d’inconnu s’appropriant une part plus ou moins considérable de la psyché. Ce quelque chose d’inconnu impose imperturbablement son existence, au premier abord nocive et repoussante, malgré les plus grands efforts de bonne volonté, de compréhension, d’énergie et de raison, démontrant ainsi la puissance des plans inconscients de l’être en face du conscient. On ne saurait trouver de meilleure expression que le mot possession ».

« Avec l’archétype de l’anima, nous entrons dans le domaine des dieux. Tout ce qui touche à l’anima est numineux » (c’est-à-dire doté d’une puissance énergétique sans commune mesure avec les forces du conscient) … Tout ce qui touche à l’animus est également numineux, c’est pourquoi la confrontation avec les figures intérieures de l’anima ou de l’animus est un travail très exigeant … À l’inverse, si la relation à la conscience s’établit, leurs contenus sont intégrés, et l’emprise de ces figures sur la psyché disparaît. L’anima ou l’animus devient alors une simple fonction de relation avec le monde intérieur, une manière de passerelle qui mène à l’inconscient … L’homme laisse sourdre son œuvre, son auto-création dans sa totalité à partir de son monde intérieur féminin où l’anima le guide. L’animus de la femme est aussi un être créateur, une matrice où se crée quelque chose que l’on pourrait appeler un Logos spermatikos, un Verbe fécondant. (C.G. Jung, Dialectique du moi et de l’inconscient)

Cette confrontation avec les figures de l’anima ou de l’animus, après les expériences intérieures du trauma, de la persona, et des ombres, est aussi une initiation progressive à l’expérience du Soi. Non seulement leur emprise sur la psyché disparaît, mais leurs marques imprimées en mémoire se transforment en structures positives d’action, disponibles désormais pour résoudre les conflits de même nature à venir. Ces victoires intérieures remportées sur des adversaires dissimulés dans les méandres de la psyché, outre l’expérience des combats et les sentiments de délivrance qu’ils procurent, structurent la psyché et lui confèrent l’énergie nécessaire pour s’engager plus avant dans cette expérience du Soi.

Il ne s’agit plus désormais de concevoir l’existence du Soi, mais d’en faire l’expérience et de s’appuyer sur ces structures désormais à l’œuvre dans la psyché pour délivrer la pensée de ce qui entrave sa libre circulation, de ce qui la paralyse et l’endort. Ces structures donnent le sentiment d’être conférées par la nature aux êtres courageux qui osent affronter leurs démons, tels les héros des mythes et des légendes qui reproduisent sous forme symbolique dans leurs récits ce que la nature a depuis toujours prévu d’offrir aux héros, car ils le méritent.

Cependant l’intégration de ces contenus psychiques n’est pas sans risque au début. Dans la tradition alchimique, les premiers temps de ce processus se traduisent par un accroissement de l’athanor, le four où s’opèrent les opérations de transmutation, sous l’action du propre feu de l’alchimiste. Car à ce moment-là, le feu est difficilement contrôlable et peut déborder l’être. En termes psychiques, le Moi est investi d’une arrivée soudaine d’énergie qui, non canalisée peut aboutir à une perte de conscience du réel. Jung illustre cette situation par des moments de vie de prophètes ou d’artistes (William Blake, Gérard de Nerval) n’ayant pu intégrer psychiquement ces manifestations. Jung nomme cet état l’inflation du Moi qui se traduit par un orgueil et une imprudence démesurés. Les mythes traduisent aussi cet état initial sous la forme d’une possession diabolique.

L’intégration de ces contenus de nature contradictoire conduit aussi à l’exploitation positive dynamique de leurs structures paradoxales, et à leur conversion en matériaux susceptibles de produire par croisement de pensées des étincelles d’esprit dans tous les domaines de connaissances. Il ne s’agit plus de chercher à neutraliser leurs effets psychiques a priori négatifs, mais d’exploiter comme une source puissante d’énergie les paradoxes et les contradictions de l’être mis en valeur par l’ombre, la persona, l’anima et l’animus. Pour y parvenir, la conscience doit réussir non seulement à s’accommoder de leur présence en gardant l’œil ouvert sur leurs manifestations, mais elle doit aussi mentalement prendre du recul tel un artiste en création en accommodant son regard pour contempler son œuvre avec plus ou moins de précision, ou un photographe modulant la focale de son appareil pour s’attacher à ce que la vie lui offre à contempler dans l’instant.

Le Sublime Scalde, au 54è degré de la Maçonnerie égyptienne, a déjà intégré comme un alchimiste ses parts d’ombre en soi-même au 53è degré pour les convertir en matériau de combustion pour son athanor, ce qui caractérise l’Œuvre au noir, la première phase de transmutation de ses métaux. Il est à présent au terme de la deuxième phase, l’Œuvre au blanc, le temps du REBIS maçonnique, androgyne accompli un compas en main droite et une équerre en main gauche. Il prend alors du recul et du temps pour contempler son œuvre en cours, et souffle juste assez sur les braises pour entretenir son feu dans l’athanor.

L’anima chez l’homme et l’animus chez la femme se sont ainsi dévoilés peu à peu tout en s’intégrant véritablement en conscience, métamorphosant symboliquement les hommes et les femmes qui le souhaitent en êtres doubles symboliquement androgynes, désormais aptes à jouir des prérogatives des êtres spirituels qui se laissent pousser des ailes et sont aspirés avec délice en leur propre dimension cosmique. Cet état d’esprit androgyne annonce le dépassement définitif du modèle patriarcal, la réintégration du principe féminin, et la restauration d’une totalité spirituelle d’essence à la fois humaine et divine.

Les six degrés de la Maçonnerie égyptienne (51è au 56è) illustrant les six étapes du processus d’individuation sont extraits des 60 degrés (34è au 93è) développés dans le livre Méditations du Sphinx de Patrick Carré, Éditions GAMAYUN)

Patrick Carré donne rendez-vous à ses lecteurs devant la Fontaine Saint-Michel le samedi 11 octobre 2025 à 10h30

(décalage d’une demi-heure par rapport à l’horaire prévu), pour une conférence interactive (durée 2h). L’article de l’auteur déjà paru sur 450.fm à cette adresse (cliquez ici) prépare activement à cette conférence. Venez nombreux !

Retrouvez l’intégralité des épisodes

La chemin et le Temple – l’itinéraire initiatique du Frère

Nous ouvrons Maçons en chemin comme on pousse une porte discrète qui donne sur deux sentiers qui se rejoignent. Le premier se trace dans l’argile tiède des haltes du pèlerin. Le second s’élève sous la voûte étoilée du Temple. La couverture fait signe d’emblée. Elle noue la coquille du chemin de Compostelle et les emblèmes de l’Art Royal.

Nous y lisons une proposition de voyage intérieur et fraternel. Les êtres humains sont toujours sur des chemins de vie qu’ils doivent décoder afin de vivre librement et de côtoyer leurs semblables dans un monde complexe. Cette phrase d’ouverture donne le ton. Elle parle d’apprentissage, de liberté de conscience, d’expression mesurée et de fraternité vécue. Elle annonce l’ouvrage entier comme une marche consciente vers la lumière.

Maçons en chemin

Jean Monneret choisit une forme narrative à la fois simple en apparence et riche en résonances.

Des voix féminines dialoguent. Elles disent la patience des Loges, les heurts d’une histoire trop longtemps écrite au masculin, l’ascèse d’une parole mise à l’épreuve par le rituel. Nous reconnaissons dans ce choix une éthique de transmission. La parole circule, elle ne s’impose pas. Elle se recueille, se décante, puis s’offre à nouveau. À travers ces voix, l’auteur pose la question de la maturation de la personne initiée. L’Apprenti écoute et regarde. Le Compagnon se met en route et mesure ses pas.

Le Maître consent au sacrifice de l’ego pour servir une cause plus haute.

Nous avançons ainsi, de l’ombre du cabinet de réflexion à la blancheur rude de l’acacia, de la stupeur de la première lumière à l’exigence d’une exemplarité quotidienne. La référence au mythe d’Hiram n’est pas récitée comme un catéchisme. Elle devient épreuve intime de discernement. Elle rappelle que la mort symbolique n’est pas un théâtre. Elle convoque notre courage et notre fidélité, afin que la construction de l’homme intérieur ne se confonde ni avec l’ambition, ni avec la jalousie, ni avec le fanatisme.

Le livre a le souffle de la marche.

Nous sentons la houle régulière du pas. L’auteur connaît les soifs, le vent contraire, la pierre qui blesse, la promesse de l’horizon. Il transpose ce rythme dans l’économie spirituelle de la loge. Chaque Tenue devient une étape. La chaîne d’union redonne souffle au cœur comme la soupe partagée au gîte redonne force au pèlerin. L’hospitalier porte la marque de l’amour fraternel de la même manière que l’accueillant protège l’infatigable voyageur. Le tronc de solidarité répond au donativo du matin – mot espagnol issu du latin donativum signifiant don. Les points d’eau de la route s’accordent aux silences du Temple. Les signes, les mots, les attouchements sont les balises d’une géographie sacrée. Ils apprennent à se reconnaître sans s’emparer de l’autre. Ils dessinent une courtoisie spirituelle, humble et ferme, qui n’a pas besoin de s’exhiber.

Le livre assume une réflexion nette sur la cité.

Nous n’y lisons ni retrait frileux ni tentation d’emprise. Au contraire, la démarche initiatique y apparaît comme une discipline de la parole et du geste. Elle forme des femmes et des hommes capables de porter au dehors l’œuvre commencée à l’intérieur. Laïcité vécue comme garantie de liberté de conscience. Fraternité pratiquée comme exigence de justice. Vigilance contre les confusions qui font croire que l’Ordre parle à la place des consciences.

Cette clarté, Jean Monneret la fonde sur une pédagogie du rite.

Demander la parole, se tenir à l’ordre, accepter de limiter ses interventions, entendre le contradicteur. Tout cela éduque. Tout cela prépare à l’engagement lucide. Tout cela évite la facilité spectaculaire dont s’énamourent les temps agités. Nous retrouvons ici une intuition ancienne. La cité se transforme à partir d’êtres pacifiés, non par la colère, mais par la constance.

La place des femmes traverse l’ouvrage comme une ligne de force. Les voix qui ouvrent le récit évoquent l’émancipation, les lenteurs, les ruses, les résistances intériorisées. Elles rappellent les humiliations subies et la patience organisée. Elles montrent la mixité comme un travail quotidien des esprits. Non un slogan. Un devoir de justesse.

Le balisage des Chemins de Compostelle

 L’auteur ose mettre sur la table les malentendus, les expressions rituelles qui choquent aujourd’hui, les héritages qu’il faut relire sans faiblesse. Cette honnêteté donne au livre un relief singulier. Elle rend possible l’augure d’une fraternité véritable, où l’égalité ne soit ni concédée ni théorique, mais éprouvée dans la responsabilité partagée.

La métaphore de la vie humaine irrigue la progression. Enfant, puis adolescent, puis adulte, puis sage. Apprenti, puis Compagnon, puis Maître, puis hauts grades. À chaque seuil, une vertu se réveille. À chaque avancée, une tentation se démasque. La marche tient lieu de méthode. Nous apprenons à déplier les sens, à affermir l’écoute, à polir notre pierre.

Nous apprenons aussi la patience. Rien n’est donné.

Tout se reçoit si la main demeure ouverte. L’auteur excelle à tisser les correspondances. Le bâton du maître des cérémonies répond à celui du pèlerin. L’étoile flamboyante répond à la clarté des nuits sans lune sur la Meseta, un haut-plateau situé au centre de la péninsule Ibérique.

Maçons en chemin, détail

Le pont construit par la charité d’une bienfaitrice répond au passage fragile du gué intérieur. Ainsi la géographie devient liturgie. Ainsi la topographie du monde nourrit la cartographie de l’âme.

Nous saluons l’élégance d’une scène discrète.

L’épreuve sous le bandeau. Parole donnée et retenue. Jeu de questions qui n’a rien d’un interrogatoire, mais tout d’un miroir. Nous entendons le tremblement d’un souffle, la gêne de parler sans voir, l’étrangeté d’une présence tout autour. La description ne cherche pas l’effet. Elle met le lecteur à sa place. Elle lui demande de consentir à l’inconfort qui précède toute naissance. L’auteur sait alors faire entendre la douceur fraternelle qui suit la peur. Des sourires se devinent. Un siège se propose. Un rituel d’accueil se déploie. Le monde change de densité. Nous franchissons la porte basse. Nous déposons nos métaux. Nous recevons la charge d’une liberté plus exigeante.

Dans les pages consacrées à l’action, une ligne se détache. L’exemplarité. Non point posture morale. Plutôt cohérence éprouvée. Nous sommes crus si nous devenons crédibles. Nous sommes respectés si nous savons nous rendre respectables. Le rappel n’a rien d’édifiant. Il sonne juste. Il répond à la tentation de l’effet de manche. Il invite à l’accord intérieur, là où parole et conduite se rejoignent. De tels rappels donnent à l’ouvrage une gravité joyeuse. Ils empêchent la symbolique de flotter hors sol. Ils reconduisent le lecteur au devoir simple et rude qui l’attend au seuil du Temple, puis dans la rue, puis sur la route, puis à la maison.

Nous lisons enfin ce livre à la lumière d’un visage.

La presse régionale présente Jean Monneret en homme de sport, d’éducation et d’engagement civique. Cette triade irrigue la structure du récit. Nous comprenons mieux la place accordée aux politiques sportives, à la vie associative, à l’art d’organiser la coopération. Nous comprenons aussi le choix constant d’une écriture claire et pédagogique, jamais jargonnante. Une telle clarté ne retire rien à la profondeur. Elle l’accompagne. Elle la rend partageable.

Jean Monneret

Brève biographie vivante

Jean Monneret a longtemps œuvré dans l’éducation sportive, la gestion des équipements, la formation et l’animation associative. Il marche beaucoup. Il rencontre. Il écrit pour relier l’expérience à la méditation. Son travail porte la marque d’un citoyen qui connaît les institutions et d’un pèlerin qui connaît la fatigue. Plusieurs ouvrages jalonnent cette route. Un livre de référence sur les politiques sportives des collectivités locales. Un cri d’alarme suivi d’un appel à l’action sur notre dépérissement, paru avant un essai sur la confrontation intérieure. Un récit enraciné dans la mémoire bourguignonne. Cette diversité compose un portrait cohérent. L’homme de terrain réfléchit. L’initié transmet. L’écrivain cherche la juste hauteur d’une parole fraternelle.

Nous refermons le livre comme on défait une besace en fin d’étape.

Il reste dans les mains une provision de signes. Une coquille qui résonne comme un appel au voyage intérieur. Une branche d’acacia qui ne pourrit pas et promet la renaissance. Un bâton qui marque la rectitude sans dureté. Des pierres que nous continuerons de tailler, jour après jour, afin que la maison intérieure demeure habitable et ouverte. Maçons en chemin propose une manière d’accorder l’horizon et la règle, la liberté et la discipline, la route et le Temple. Il nous rappelle que chaque vie est un chantier qui sollicite notre discernement et notre courage. Il nous apprend à marcher sans perdre la prière de la main qui se tend, ni la vigilance du regard qui écoute. Il nous invite à bâtir l’homme pour se construire. Et à laisser la lumière reçue irriguer nos actes, jusqu’à la prochaine étape…

Éd. Vérone

Jean MonneretVérone Éditions, 2025, 154 pages, 16,50 €

Hommage de la franc-maçonnerie brésilienne et liens historiques avec la Loge João Abílio Neto n° 37

De notre confrère brésilien blogdojordanbezerra.com

La ville de Patos a été le théâtre, dans la nuit de vendredi dernier (26), de l’un des événements les plus significatifs de la Franc-Maçonnerie de Paraíba : la Grande Session commémorant l’anniversaire de la Loge Maçonnique João Abílio Neto nº 37. Parmi les autorités, les frères francs-maçons et les invités, la cérémonie a été marquée par l’hommage rendu au conseiller Nadir Rodrigues, qui a reçu le Diplôme d’Honneur de Gratitude.

La distinction a été décernée en reconnaissance des services pertinents rendus par la parlementaire à la Franc-Maçonnerie Paraíba et universelle, symbolisant non seulement l’appréciation de ses actions politiques et sociales, mais aussi le dialogue étroit qu’elle entretient avec les institutions qui contribuent au développement de la communauté.

À cette occasion, la conseillère municipale a apporté la force du pouvoir législatif de Patos à l’événement en délivrant deux votes d’applaudissements, tous deux rédigés par elle et approuvés à l’unanimité par le conseil municipal de Patos. L’un était dédié au Grand Orient de Paraíba, reçu par le Grand Maître Almir, et l’autre à la Loge maçonnique João Abílio Neto n° 37, remis au Vénérable Arthur Correia. Ces hommages ont été rendus à l’occasion de la Solidarité de Pâques, une initiative sociale organisée le 25 avril à l’école Senador Humberto Lucena, dans le quartier de Morro, et qui a bénéficié à de nombreuses familles de la ville.

Dans son discours, Nadir Rodrigues a souligné que cette distinction réaffirme son engagement à poursuivre son action en faveur des institutions qui jouent un rôle fondamental dans la société. Elle a également rappelé qu’en 2020, elle a été à l’origine de la loi municipale n° 5.459/2020, qui a officiellement reconnu le magasin João Abílio Neto n° 37 comme un bien d’utilité publique, consolidant ainsi l’histoire de l’organisation et la reconnaissance publique de son importance sociale.

La cérémonie a également permis à la conseillère municipale de retrouver des amis, des dirigeants et des autorités, renforçant ainsi les liens de respect et d’amitié qui renforcent le dialogue entre les différents segments de la société civile organisée.

Photos

La GLUA fait face à de vives critiques… et réagit

Du site officiel de la ugle.org.uk

La Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) a récemment fait face à de vives critiques publiées dans The Spectator, sous la plume de Melanie McDonagh. Cet épisode a soulevé un débat d’ampleur autour de la représentation publique de la franc-maçonnerie, et la manière dont l’UGLE répond, défend ses valeurs et rectifie les idées fausses, éclaire le positionnement actuel de la maçonnerie britannique.

Origine de la polémique

Dans l’article intitulé «Il y a quelque chose de vulgaire chez les Francs-Maçons », The Spectator questionne non seulement le style du Freemasons’ Hall – qualifié de «vulgaire » – mais égraine aussi une série de clichés anciens : l’opacité du fonctionnement interne, le supposé interdit fait aux catholiques de rejoindre l’ordre, et les allégations d’intérêts personnels au sein de la fraternité.

Réponse ferme de la franc-maçonnerie britannique

La GLUA (et d’autres grandes obédiences britanniques), a réagi par un communiqué officiel dénonçant les « inexactitudes et injustices » de l’article. D’entrée de jeu, la critique sur le Freemasons’ Hall – bâtiment situé sur Great Queen Street entre Holborn et Covent Garden – est réfutée. Ce bâtiment construit entre 1927 et 1933 dans le style art déco selon les plans des architectes Henry Victor Ashley et F. Winton Newman, est avant tout un mémorial pour les 3225 francs-maçons morts en service actif lors de la Première Guerre mondiale. La GLUA rappelle que son architecture et sa décoration sont des hommages légitimes à la mémoire des morts, et assume fièrement ce patrimoine.

Ouverture religieuse et diversité

Melanie McDonagh

Contrairement à ce qu’affirme The Spectator, la GLUA souligne que la franc-maçonnerie britannique est ouverte à tous, quelles que soient leurs convictions religieuses – y compris les catholiques. Elle vante même sa diversité, réunissant dans les loges des membres issus du christianisme, de l’islam, du judaïsme, de l’hindouisme, du sikhisme et d’autres confessions. Cette mixité est présentée comme une force et un gage de modernité.

Intégrité et discipline interne

L’article du Spectator laissait entendre que la franc-maçonnerie pouvait servir d’outil pour obtenir des avantages financiers ou professionnels. La GLUA dément catégoriquement cette idée : tout profit indu résultant de l’appartenance maçonnique entraîne des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’exclusion de l’organisation. La rigueur des règles internes est ainsi mise en avant comme un rempart contre toute forme de dérive.

Impact caritatif et action sociale

Temple de la Grande Loge Unie d’Angleterre – Le Temple (GLUA)

La dimension philanthropique, souvent occultée dans les représentations populaires, est au cœur de la réponse de la GLUA. En 2023-2024, la franc-maçonnerie britannique a consacré plus de 26 millions de livres sterling, soit 29 833 570 €, à des actions de solidarité, et ses membres ont effectué plus de 18 millions d’heures de bénévolat en une seule année. Leur rôle a notamment été crucial durant la pandémie, illustrant une mobilisation au bénéfice de la société tout entière.

Boutique de la GLUA
Boutique de la GLUA

Transparence, fierté et respect de la vie privée

La GLUA encourage ses membres à partager leur appartenance maçonnique avec fierté, mais refuse toute obligation de divulgation. Elle défend le droit à la vie privée et la liberté d’association, affirmant que la transparence peut aller de pair avec le respect individuel.

Conclusion : une institution en mutation mais fidèle à ses principes

Malgré les attaques, la franc-maçonnerie britannique continue d’offrir à ses membres un espace de fraternité et de tradition, tout en s’adaptant à la société contemporaine. Son engagement envers l’intégrité, l’amitié et le service demeure inchangé – une posture affirmée face aux critiques et à la désinformation.

La vraie Fraternité au service de l’Humanité : l’aventure solidaire des sœurs de la GLFF en Ukraine

« Ma Fraternité Ton Humanité »

Dans un monde marqué par les conflits et les souffrances, des initiatives humanitaires naissent parfois là où on les attend le moins. C’est le cas de l’association « Ma Fraternité Ton Humanité » (MFTH), portée par les membres de la Grande Loge Féminine de France (GLFF), une obédience maçonnique exclusivement féminine. Fondée en 2022 dans un élan de solidarité envers la population ukrainienne confrontée à la guerre, cette association incarne un engagement fraternel qui transcende les frontières.

Avec 130 membres et une cinquantaine de bénévoles, MFTH a déjà organisé neuf convois humanitaires vers la Pologne, visant à soutenir les orphelins, les malades et les blessés ukrainiens. Alors que le dixième convoi se prépare pour le 25 octobre 2025, cette aventure solidaire continue de briller comme un phare d’espoir. Explorons cette belle initiative, ses origines, ses actions et son appel à l’aide pour offrir un Noël mémorable aux enfants ukrainiens.Une Naissance dans la Fraternité Féminine

L’histoire de « Ma Fraternité Ton Humanité » prend racine en 2022, au cœur de la crise déclenchée par l’invasion russe de l’Ukraine. Portée par les sœurs de la GLFF, cette association s’inscrit dans les valeurs humanistes et universelles de la franc-maçonnerie, adaptées ici à une démarche résolument féminine et solidaire. Déclarée officiellement, elle est inscrite au Journal Officiel des Associations et Fondations d’Entreprise (JOAFFE) sous le numéro 1129 et enregistrée sous le RNA W751265690. Ce cadre légal reflète une organisation sérieuse, animée par une volonté d’agir concrètement face à l’urgence humanitaire.

Dès sa création, MFTH a mis l’accent sur les populations les plus vulnérables les orphelins, les malades et les blessés. Neuf convois ont déjà été acheminés vers la Pologne, un point de transit stratégique pour distribuer l’aide vers l’Ukraine, où les conditions de guerre rendent les déplacements risqués. Les véhicules de location, non assurés pour circuler dans un pays en conflit, limitent les interventions directes en Ukraine. C’est pourquoi l’association s’est alliée à la fondation UNITERS, basée à Varsovie, dont la mission principale est de soutenir les femmes, les enfants, les blessés et les malades ukrainiens. Cette collaboration garantit que chaque don et chaque livraison atteint sa destination, comme en témoignent les photos et messages publiés sur la page Facebook de UNITERS, notamment après la livraison de mai 2025, immortalisée avec des bénévoles de MFTH et UNITERS.

Une mission claire : soutien et espoir pour les enfants

Le dixième convoi, prévu pour le 25 octobre 2025, marque une étape symbolique. Avec deux objectifs majeurs – célébrer Noël pour les enfants et apporter un soutien aux blessés et malades –, cette initiative vise à redonner un peu de joie dans un contexte de guerre. Les besoins sont précis : jouets, peluches, confiseries et couvertures neuves pour bébés et enfants. Ces dons simples mais essentiels sont destinés à offrir un répit aux plus jeunes, souvent les premières victimes des conflits par la perte de leurs familles ou de leur sécurité.

MFTH lance un appel poignant : « Aidez-nous à aider les enfants. » Pour encourager les dons, l’association propose un reçu fiscal CERFA à partir de 50 €, permettant aux contributeurs de bénéficier d’une déduction d’impôt. Cet appel s’adresse à tous ceux qui souhaitent participer à cette chaîne de solidarité, soulignant l’urgence de rassembler ces ressources avant la date fatidique du départ. La transparence est au cœur de leur démarche : chaque convoi est documenté par des preuves photographiques, garantissant que l’aide parvient bien aux bénéficiaires.

Un partenariat stratégique avec la Fondation UNITERS

A QUOI VA ENCORE SERVIR VOTRE ARGENT ? A CONTINUER A APPORTER DANS LES HOPITAUX EN UKRAINE DES MEDICAMENTS DES SET DE SUTURE DES POCHES DE PERFUSION ETC.

La collaboration avec UNITERS, basée à Varsovie, est un pilier de cette aventure. Cette fondation ukrainienne, spécialisée dans l’assistance aux femmes et aux enfants ukrainiens, ainsi qu’aux blessés et malades, joue un rôle clé dans la logistique et la distribution sur le terrain. En s’appuyant sur ce partenaire local, MFTH contourne les restrictions d’assurance qui empêchent ses bénévoles de pénétrer directement en Ukraine. Cette alliance illustre une solidarité internationale, où les efforts français se conjuguent avec ceux de la société civile polonaise pour répondre à une crise humanitaire majeure.

Les livraisons passées, comme celle de mai 2025, ont permis de voir l’impact concret de ces convois. Les images montrent des bénévoles des deux associations déchargeant des fournitures, entourés d’enfants ou de familles reconnaissantes. Ces moments, partagés sur les réseaux sociaux, renforcent la crédibilité de l’initiative et mobilisent de nouveaux soutiens. C’est une preuve tangible que chaque geste compte, même à des milliers de kilomètres du théâtre de la guerre.

Un appel à la mobilisation générale

A QUOI SERT L’ARGENT DE VOS DONS A ACHETER CE QUE NOUS NE COLLECTONS PAS : des jouets neufs pour les enfants orphelins placés en famille ou en orphelinat.

Alors que le dixième convoi se profile, l’association fait face à un défi logistique et financier. Le coût des transports, l’achat des fournitures et la coordination avec UNITERS nécessitent des ressources importantes. L’appel aux dons n’est pas seulement un cri de détresse, mais une invitation à rejoindre une cause humanitaire portée par des valeurs de fraternité et d’humanité. Les sœurs de la GLFF, à travers MFTH, démontrent que l’engagement maçonnique peut se traduire par des actes concrets, au-delà des rituels et des temples.

Pour participer, il suffit de contacter l’association ou de faire un don, en sachant que chaque euro est investi directement dans l’aide humanitaire. Les bénévoles, souvent des membres actifs de la GLFF, y consacrent leur temps et leur énergie avec une détermination exemplaire. Ce mouvement, né d’une intuition solidaire, s’est transformé en une aventure collective qui redéfinit le sens de la fraternité dans un monde fracturé.

Une lumière dans la nuit ukrainienne

« Ma Fraternité Ton Humanité » est bien plus qu’une association : c’est une réponse humaniste à la barbarie de la guerre. Portée par les sœurs de la GLFF, cette initiative illustre la puissance de l’engagement féminin dans la solidarité internationale. Alors que le 25 octobre 2025 approche, chaque jouet, chaque couverture devient un symbole d’espoir pour les enfants ukrainiens. Cette aventure, marquée par neuf convois réussis et une collaboration fructueuse avec UNITERS, mérite d’être soutenue. À l’image des valeurs maçonniques – liberté, égalité, fraternité –, MFTH tisse un lien indéfectible entre les peuples, prouvant que l’humanité peut triompher même dans les heures les plus sombres.

Pour plus d’informations ou pour contribuer, contactez l’association via son site officiel ou sa page Facebook, et consultez les preuves des livraisons passées sur la page de UNITERS. Ensemble, faisons de ce dixième convoi un Noël de lumière pour l’Ukraine.

La presse en parle

Comment les aider ?

Pour tous renseignements sur la manière de les aider, l’adresse mail est :

Elles accueillent vos médicaments non périmés ou vos jouets neufs et bien sûr les dons en numéraires qui leur permettent d’acheter des médicaments seringues aiguilles set de perfusion.

Chacun des soutiens reçoit ensuite un compte rendu du convoi avec les photos de la distribution des colis.

Pour tous renseignements sur la manière de les aider, l’adresse mail est :

La Désunison : Rituel pour loge en dérive contrôlée

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1. Définition inaugurale

Désunison (Grand Larousse Expurgé)
État de ceux qui, après avoir été unis, entrent en désaccord perceptible, souvent sonore ou visible.
Par extension : moment où la chaîne humaine se met à vibrer faux.

2. Préambule

Ce rituel est réservé aux loges en situation de glissement symbolique. Il ne peut être pratiqué qu’en présence d’un Vénérable en manteau de brume, d’un Orateur muet, et d’un Frère de la Tangente chargé de la coordination des silences.

Il ne vise ni l’harmonie, ni la vérité, mais l’expérience du désaccord fertile.
Car parfois, c’est dans la dissonance que naît la pensée.
Et dans le faux accord que se cache le vrai lien.

3. Ouverture des travaux

Le Vénérable frappe trois fois sur l’autel.
Le Frère de la Tangente répond par un soupir.
Le silence s’installe, puis se désinstalle.
Le chaos peut commencer.

4. Appel des Officiers

•          Le Vénérable incline le front.
•          Le Premier Surveillant lève les yeux au ciel.
•          Le Second Surveillant consulte un compas sans aiguille.
•          L’Orateur ne dit rien, mais le pense très fort.
•          Le Secrétaire griffonne un mot illisible sur une feuille déjà froissée.
•          Le Frère de la Tangente fait un pas de côté, puis un autre, puis s’immobilise.

Chaque geste est symbolique, mais personne ne sait de quoi.
Et c’est précisément cela qui donne au rituel sa profondeur.

5. Installation de la Chaîne de la Désunison

Les Frères se lèvent, mais pas tous en même temps.
Certains avancent, d’autres reculent.
Un cercle se forme, puis se déforme.
La chaîne est établie. Elle ne relie rien, mais elle le fait avec conviction.
La désunison n’est pas une rupture : c’est une variation.
Une manière de dire que l’unité n’est pas l’uniformité, et que le lien peut survivre à l’incohérence.

6. Lecture du Texte Flottant

Le Vénérable lit un extrait du Livre des Échos Inversés :

Ce qui est en haut se demande ce que fait le bas.
Ce qui est en bas attend qu’on lui explique le haut.
Entre les deux, le sens hésite, la forme s’étire, et le silence prend des notes.
L’unité est une hypothèse, la dualité une distraction, et la triade un malentendu fécond.
Celui qui cherche trouve parfois autre chose.
Celui qui ne cherche pas… trouve aussi, mais il ne sait pas quoi.

7. Travaux pratiques

L’Orateur hoche la tête.
Le Frère de la Tangente applaudit intérieurement.
Le texte ne cherche pas à être compris.
Il cherche à être entendu par celui qui accepte de ne pas comprendre tout de suite.

Chaque Frère est invité à déposer un objet inutile sur l’autel du doute.
On y trouve :

•          Une bourse vide
•          Un compas sans pointe
•          Une équerre en mousse
•          Un gant gauche
•          Une question sans réponse

Le Vénérable les contemple avec gravité.
Puis il les oublie.
Car le rituel ne vise pas la mémoire, mais l’écho.
Et l’écho, parfois, est plus fidèle que le souvenir.

8. Clôture des travaux

Le Vénérable frappe une dernière fois sur l’autel.
Le Frère de la Tangente souffle sur la bougie centrale.
Le Premier Surveillant salue vers l’intérieur.
Le Second Surveillant salue vers l’extérieur.
L’Orateur ne salue pas, mais il le pense très fort.
Les Frères se dispersent dans un ordre aléatoire.
La loge se referme sur elle-même, comme une huître sans perle.

Et si une autre ajoute : “Mais pourquoi ce désordre ?
Répondez :
Parce que parfois, c’est le désordre qui nous remet à notre juste place.
Ce rituel ne doit pas être interprété.
Il doit être vécu, puis oublié, puis retrouvé par hasard.
Et si un Frère demande : “Mais à quoi ça sert ?
Répondez simplement :
À ne pas tourner en rond tout seul.

9. Interstice : Intervention du Très Hautement Indéfini

Alors que le dernier salut s’évanouit dans un froissement de gants, une voix descend, ou monte, nul ne sait et s’adresse à la loge sans viser personne :

“Frères, Sœurs, Figures en désaccord,
Vous avez respecté l’ordre du désordre,
Vous avez suivi les gestes sans en comprendre les raisons,
Vous avez vibré faux avec une justesse troublante.

C’est bien.

Car l’harmonie est parfois une paresse,
Et le sens, un piège tendu par ceux qui veulent conclure.
Continuez à ne pas comprendre.
Mais faites-le avec méthode.”

10.  Pensée en désaccord

Par Philémon d’Ambiguïté, philosophe du non-sens appliqué.

Pensé à voix basse, signé sans plume.

La désunison est une forme supérieure d’accord : celle qui ne cherche pas à convaincre, mais à coexister.
Elle ne résout rien, mais elle relie.
Elle ne dit pas “voici le sens”, mais “voici le passage”.

Le rituel, dans sa forme la plus pure, est un théâtre sans spectateurs.
Et la loge, dans son mouvement le plus juste, est une spirale qui accepte de tourner à l’envers.

Car il faut parfois désaccorder les instruments pour entendre le silence entre les notes.

Et si l’on vous demande ce que vous avez fait ce soir, répondez simplement :
“Nous avons vibré faux, mais ensemble.”

La Grande Loge du Chili honore des institutions centenaires à Valparaíso avec la Médaille Enrique Silva Cimma

Du site officiel de la granlogia

La cérémonie solennelle de remise de la Médaille Enrique Silva Cimma, la plus haute distinction décernée par la Grande Loge du Chili aux personnes et institutions distinguées par leur carrière et leur service désintéressé à la communauté, a eu lieu dans le Temple Principal du Club Central de Valparaíso.

A cette occasion, les prix ont été remis par le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans Pérez, accompagné du Conseiller de la Grande Loge du Chili, Erik Sariego Velásquez, et du membre du Conseil de la Charité (GLCh), Rubén Pizarro Miranda, à deux organisations emblématiques de la ville portuaire : le Corps des Volontaires de Sauvetage de Valparaíso (www.botesalvavidas.cl) et la Ligue de Valparaíso contre l’Alcoolisme (www.lcav.cl) ; toutes deux avec plus d’un siècle de travail ininterrompu en faveur de la vie et de la dignité humaine.

Dans ses remerciements, le président des Canots de Sauvetage, Gerardo Fernández Jerez, a rappelé avec émotion l’histoire fondatrice de l’institution, née de la franc-maçonnerie de Buenos Aires au XIXe siècle, avec la participation de loges historiques de Buenos Aires, influencées par des Allemands comme Lessing, et des loges françaises comme l’Étoile du Pacifique et l’Union Fraternelle du Chili, rejointes plus tard par Bethesda, Harmony et Aconcagua.

Il a rappelé comment, dès ses origines, volontaires et marins se sont unis pour créer un service de sauvetage maritime pionnier en Amérique latine, devenu aujourd’hui un modèle de solidarité et de courage face aux mers déchaînées. Parmi les francs-maçons éminents qui ont contribué à sa création figurent David Trumbull, Guillermo Munich et Alejo Barrios, ainsi que des officiers de la marine chilienne tels que les capitaines Santiago Hudson et Óscar Vidal Gormaz, et les amiraux Óscar Viel, Juan José Latorre et Alberto Silva Palma. Cent ans après la fondation du Corps des volontaires de sauvetage, l’engagement envers les valeurs qui lui ont donné naissance et envers la continuité de sa mission est renouvelé et renforcé.

De son côté, le président de la Ligue de Valparaíso contre l’alcoolisme, Luis Cabrera Gutiérrez, a déclaré avoir reçu cette médaille au nom de générations de bénévoles, de professionnels et de collaborateurs qui ont consacré plus de 130 ans au service du rétablissement des personnes touchées par l’alcoolisme. Il a rappelé que ses fondateurs étaient des personnalités éminentes des sphères sociale, politique et culturelle, parmi lesquelles l’ancien président Jorge Montt, le professeur Guillermo Rivera, le Dr Carlos Van Buren, le ministre des Finances et futur président de la République Arturo Alessandri Palma, et l’avocat Eleodoro Yáñez.

Cabrera a souligné que la mission de l’institution repose sur des valeurs partagées avec la franc-maçonnerie, puisque, à partir de 1920, ses dirigeants sont progressivement devenus membres de l’Ordre appartenant aux Loges de Valparaíso. Ainsi, la fraternité, l’égalité et la solidarité nous ont permis de transformer la souffrance en espoir, en comprenant que la tempérance est possible, que la liberté intérieure naît de la maîtrise de soi et que la persévérance est la clé du succès. Il a également souligné le rôle de l’équipe qui soutient le travail au quotidien : les professionnels qui, avec savoir et patience, accompagnent chaque démarche ; les bénévoles qui se consacrent généreusement au service ; et les collaborateurs qui, par le silence, construisent la communauté.

À la clôture de la cérémonie, le Grand Maître de la Grande Loge du Chili, Sebastián Jans Pérez, a centré son discours sur l’importance de la philanthropie comme expression d’amour pour l’humanité. Il a insisté sur la fragilité de la condition humaine et sur la nécessité de toujours placer la personne humaine au centre de toute action, notamment lorsqu’il s’agit de sauver des vies en mer ou de soutenir ceux qui luttent contre la dépendance.

Dans son discours, il a insisté sur le fait que le sauvetage en mer et la lutte contre l’alcoolisme requièrent courage, discipline et dévouement inconditionnel ; des vertus qui deviennent les piliers d’un service héroïque, face aux vagues comme aux adversités sociales. Il a également insisté sur le fait que le bénévolat et les actions caritatives sont des manifestations concrètes de la philanthropie, principe fondateur de l’Ordre, qui recherche avant tout la pleine reconnaissance de la personne humaine.

Ainsi, par la remise de ces distinctions, la Grande Loge du Chili a reconnu deux institutions centenaires qui, sous différents angles, ont contribué avec générosité, persévérance et sacrifice à la vie de Valparaíso et du Chili. Comme mentionné lors de la cérémonie, le Corps de Sauvetage Volontaire et la Ligue contre l’Alcoolisme de Valparaíso témoignent que les principes de solidarité, de fraternité et de service transcendent les générations et qu’un travail bien fait constitue un héritage pour toute la société.

‘Ndrangheta et Franc-maçonnerie : l’ancien sénateur de Forza Italia Pittelli reconnu coupable de complicité extérieure

De notre confrère italien lindipendente – Par Stefano Baudino

Giancarlo Pittelli, ancien dirigeant de Forza Italia en Calabre, a subi un nouveau revers judiciaire. Cet avocat, ancien député et membre de la franc-maçonnerie, a été condamné à 14 ans de prison par les juges du tribunal de Palmi pour complicité externe avec la ‘Ndrangheta lors du procès dit « Mala Pigna ». Selon l’accusation, il aurait servi d’intermédiaire entre la ‘Ndrangheta et l’administration publique, relayant même des informations provenant des chefs du clan Piromalli en vertu de l’article 41-bis, tant en prison qu’à l’extérieur.

Pittelli avait déjà été condamné à 11 ans de prison lors d’un autre procès retentissant, celui de « Rinascita Scott », où il était considéré comme le pivot entre la ‘Ndrangheta, les milieux franc-maçons et les milieux d’affaires complices.

Selon le parquet, comme indiqué dans l’acte d’accusation, Giancarlo Pittelli aurait garanti « sa disponibilité générale au gang pour résoudre les problèmes les plus divers de ses membres, exploitant l’énorme potentiel issu des relations de ce dernier avec des membres importants des institutions et de l’administration publique ». L’ancien parlementaire et coordinateur de Forza Italia en Calabre bénéficiait en effet d’un « accès illimité à des informations confidentielles et d’un traitement de faveur », parvenant ainsi à jouer le rôle de « facteur » pour le compte des chefs du gang Piromalli, pour lesquels

« Il transmettait des informations, en prison et hors de la prison, aux chefs du gang détenus sous le régime de l’article 41 bis ».

L’entrepreneur Rocco Delfino, membre organique du clan Piromalli, a également été lourdement condamné lors du même procès – 22 ans de prison pour association de malfaiteurs – pour avoir dirigé un vaste trafic de déchets pour le compte du gang. Selon les enquêteurs, l’entrepreneur était devenu au fil du temps

« le chef et l’organisateur du gang, chargé de la prise de décision, de la planification et de l’identification des actions criminelles à mener et des objectifs à poursuivre »

entretenant « des liens avec les cercles de la franc-maçonnerie » et avec « des membres déloyaux des forces de police et des services secrets », à qui il avait fourni des informations au fil des ans, « obtenant en échange des faveurs personnelles et financières ».

Pittelli et Delfino ont déjà été condamnés en première instance lors du procès historique « Rinascita Scott », à respectivement 11 et 5 ans de prison. Au total, le tribunal de Vibo Valentia a prononcé plus de 200 condamnations, pour un total de 2 200 ans de prison, et une centaine d’acquittements. Selon la reconstitution du parquet, Pittelli, membre de la franc-maçonnerie, aurait favorisé le clan Mancuso et Rocco Delfino, faisant office de « lien entre les deux mondes » dans une « sorte de relation triangulaire circulaire entre le politique, le professionnel et l’homme à tout faire ».

Les autorités calabraises l’auraient d’ailleurs désigné comme leur avocat « car il était capable d’influencer les procès grâce à ses relations douteuses et amicales avec les magistrats ». Il aurait travaillé comme « homme d’affaires maçonnique » pour la ‘Ndrangheta, avec laquelle il interagissait par l’intermédiaire de « réseaux bancaires », d’« entreprises étrangères », d’« universités » et de « toutes les institutions ». Dans leur argumentation, les juges ont écrit que, durant le procès,

« la disponibilité totale et systématique de Pittelli envers les membres de l’organisation criminelle s’est manifestée, notamment lorsque les demandes de faveurs provenaient du chef, Luigi Mancuso ».

Mancuso, a déclaré le tribunal, s’est adressé à Pittelli – avec qui il entretenait une relation « synallagmatique » – sachant qu’il pouvait compter sur « le réseau relationnel dense de l’avocat de la défense, un politicien chevronné, pour consolider l’ancrage de la ‘Ndrangheta et sa forte pénétration dans tous les secteurs de la société civile ».

Berlusconi

Pittelli n’est certainement pas la première personnalité de Forza Italia à être condamnée – dans son cas, pas encore définitive – pour ses liens avec des syndicats mafieux locaux. D’autres figures importantes du parti de Berlusconi, telles que Marcello Dell’Utri (7 ans), Nicola Cosentino (10 ans) et Antonino D’Alì (6 ans), se sont fait connaître ces dernières années. Silvio Berlusconi lui-même, jamais condamné pour crimes mafieux, a été identifié dans le jugement Dell’Utri comme partie à un « pacte de protection » avec Cosa Nostra, auquel il a versé d’importantes sommes d’argent de 1974 à au moins 1992. Au moment de sa mort, le 12 juin 2023, Berlusconi faisait l’objet d’une enquête, avec Marcello Dell’Utri, dans le cadre de l’enquête du parquet de Florence sur les instigateurs cachés des massacres de 1993.

Stephen Kent, un Léo Taxil moderne ? Ombres du satanisme et des canulars anti-sectes

De notre confrère bitterwinter.org – Par Massimo Introvigne

Dans l’histoire des controverses religieuses et des paniques morales, certains noms résonnent comme des avertissements éternels. Léo Taxil, ce pamphlétaire français du XIXe siècle, est devenu synonyme de canular monumental : une supercherie anti-maçonnique qui a dupé l’Église catholique et une partie de l’opinion publique pendant plus d’une décennie. Près de 150 ans plus tard, son ombre plane à nouveau sur les débats contemporains, cette fois à travers les travaux du sociologue canadien Stephen Kent.

Mystères de la franc-maçonnerie dévoilés par Léo Taxil (Wikipedia)

Accusé par certains de perpétuer des mythes sur les abus sataniques rituels (SRA, pour Satanic Ritual Abuse) sans fondement solide, Kent est comparé à un « Taxil moderne » dans une série d’articles publiés par Bitter Winter, un magazine italien dédié à la liberté religieuse. Cet article, le premier d’une exploration en quatre volets, examine les parallèles entre ces deux figures, en s’appuyant sur des sources historiques, des analyses sociologiques et des cas concrets comme l’affaire du père Giorgio Govoni en Italie. Nous plongerons dans les origines du canular de Taxil, ses répercussions durables, et comment des allégations similaires ont resurgi dans les années 1990, influencées par des chercheurs comme Kent. Une enquête documentée pour démêler le vrai du faux dans ces récits de ténèbres.

Léo Taxil et le plus grand canular anti-maçon de l’histoire : un contexte historique

Pour comprendre les accusations portées contre Stephen Kent, il faut remonter au cœur du XIXe siècle, une époque marquée par les tensions entre Église, État et sociétés secrètes. Gabriel-Antoine Jogand-Pagès, dit Léo Taxil (1854-1907), était un journaliste anticlérical notoire, auteur de libelles contre le catholicisme. En 1885, après une supposée conversion spectaculaire au catholicisme – orchestrée pour infiltrer et discréditer les milieux maçonniques –, Taxil lance une série de « révélations » explosives. Dans des ouvrages comme Le Diable au XIXe siècle (co-écrit avec le docteur Hacks et publié entre 1892 et 1895), il prétend dévoiler un complot satanique au sein de la franc-maçonnerie : des rites diaboliques impliquant des messes noires, des invocations de Lucifer, et même des orgies avec des animaux empaillés (comme la fameuse « Lucifiphorie » où une tête de chameau servirait de support à des expériences occultes).

La prétendue « Diana Vaughan », en tenue d’« Inspectrice Générale du Palladium ». Photographie de Van Bosch, publiée dans l’ouvrage Mémoires d’une ex-palladiste parfaite, initiée, indépendante, Paris, Librairie antimaçonnique A. Pierret, 1895, p. 81.

Ces récits, illustrés de gravures sensationnalistes, captivent un public friand de mystères. Taxil invente des personnages fictifs, comme le supposé « palladiste » Diana Vaughan, une Américaine qui aurait fui la maçonnerie luciférienne pour révéler ses secrets. En 1893, il organise même une conférence de presse où « Diana » apparaît – en réalité, une actrice nommée Berthe Couvreur. L’Église, alors en pleine croisade antimoderne sous Léon XIII (qui publie l’encyclique Humanum Genus en 1884 condamnant la franc-maçonnerie), avale l’appât. Des évêques, dont celui de Grenoble, et même le cardinal Desprez, endossent les « révélations » de Taxil. Le canular culmine en 1896 : lors d’une séance publique à Paris, Taxil révèle la supercherie, clamant :

« J’ai voulu montrer que les catholiques sont crédules et que les prêtres sont des dupes. »

Daniel Ligou

Sources et Références Historiques : Ce canular est abondamment documenté dans des ouvrages comme Histoire du canular Taxil de Jean-Pierre Bayard (1989), qui analyse les motivations antireligieuses de Taxil, et dans The Devil in the Nineteenth Century d’Hubert L. Collin (traduction anglaise des écrits de Taxil, 1898). Des archives vaticanes, consultées par des historiens comme Daniel Ligou dans Dictionnaire de la franc-maçonnerie (1987), montrent comment l’Église a amplifié le hoax pour alimenter sa rhétorique anti-maçonnique. L’impact ? Une panique morale qui a influencé la littérature occulte (comme chez Joris-Karl Huysmans dans Là-bas, 1891) et même des théories conspirationnistes persistantes, comme celles reliant la maçonnerie au satanisme dans The Protocols of the Elders of Zion (1903, un faux antisémite).

Ange-Jacques Gabriel

Critiques et Héritage : Taxil n’était pas un isolé ; son hoax s’inscrit dans une tradition de pamphlets anti-sectes, du jésuite Jacques-Gabriel d’Anterroches au XVIIIe siècle à des figures modernes. Mais son aveu public a discrédité durablement les allégations de satanisme maçonnique, forçant l’Église à une introspection. Comme l’écrit Massimo Introvigne, directeur de Bitter Winter et sociologue des religions, dans l’article source :

« Le canular de Taxil est une leçon d’humilité pour quiconque examine les allégations d’abus sataniques ou ‘cultiques’ par des chercheurs anti-sectes. »

Père Giorgio Govoni (1941-2000).

L’Affaire du Père Giorgio Govoni : Un Écho Contemporain de la Panique SataniquePour illustrer comment l’ombre de Taxil hante encore les débats, tournons-nous vers l’Italie des années 1990, théâtre d’une panique morale qui rappelle les folies collectives du passé. À Modena, en 1997, le père Giorgio Govoni (1941-2000), prêtre catholique charismatique et animateur de camps pour enfants, est accusé d’être le chef d’un réseau satanique pédophile. L’affaire éclate suite à une conversation anodine : une assistante sociale interroge Davide Tonelli Galliera, un garçon de quatre ans, sur des dessins d’enfants. L’enfant mentionne des « bébés non déclarés » utilisés comme victimes sacrificielles lors de messes noires dans une église désaffectée. Aucune preuve matérielle n’émerge : pas de corps, pas d’enfants disparus, pas de traces physiques.

Déroulement et Conséquences : Govoni est arrêté, jugé et, sous la pression médiatique, subit un infarctus fatal en pleine audience en 2000. Les tribunaux d’instance le condamnent initialement, mais les cours d’appel et de cassation, en 2001 et 2002, innocentent posthumément le prêtre, qualifiant les accusations de « délire collectif« . En 2017, le journaliste Pablo Trincia rouvre l’affaire dans son podcast Veleno et son livre éponyme (Einaudi, 2019), se présentant comme expert témoin pour le diocèse de Modena, convaincu de l’innocence de Govoni. Trincia interviewe les acteurs, dont Davide Tonelli, qui publie en 2025 ses mémoires Io, bambino zero (Vallardi), où il revient sur les manipulations subies.

Influences Étrangères et Rôle de Stephen Kent : L’article d’Introvigne pointe du doigt l’importation de théories nord-américaines sur les SRA. L’assistante sociale et la procureure s’inspirent de littérature sensationnaliste, dont les travaux précoces de Stephen Kent. Dans un article de 1993, « Deviant Scripturalism and Ritual Satanic Abuse » (Religion, vol. 23), Kent argue que des interprétations déviantes des Écritures – comme l’histoire de Lot et ses filles dans la Genèse – justifient des abus sexuels dans des sectes sataniques. Il suggère que les références à Dieu comme « Père céleste » piègent les fidèles dans des dynamiques destructrices. Ces idées, bien que théoriques, ont alimenté les peurs en Italie, où des cas réels d’abus sexuels par d’autres prêtres (révélés par l’affaire du cardinal Bernard Law) ont teinté les perceptions.

Les mystères de la France-maçonnerie (Par Leo Taxil)

Sources et Références : Outre Trincia (Veleno), l’article cite les jugements italiens (Cour d’appel de Bologne, 2001) et un précédent article de Bitter Winter sur Kent (2024). Une photographie du père Govoni, un portrait sobre en soutane, illustre l’article, symbolisant la tragédie d’un innocent broyé par la rumeur.

Critiques : Introvigne reproche à Kent d’assumer un lien causal entre textes sacrés et déviances sans preuves empiriques, risquant de pathologiser toute religion. Cela évoque Taxil : des récits alléchants mais infondés, amplifiés par des autorités crédules.

Stephen Kent : De l’Anti-Culte à la Croisade Anti-ReligionStephen Kent (né en 1950), professeur émérite de sociologie à l’Université de l’Alberta, est une figure pivotale des études anti-sectes. Ses débuts dans les années 1980-1990 le placent au cœur de la « panique satanique » nord-américaine, inspirée par des affaires comme celle des McMartin Preschool (1983-1990, États-Unis), où des accusations d’abus rituels s’effondrent faute de preuves. Kent, membre du Cult Awareness Network (dissous en 1996), publie sur les « cultes dangereux« , reliant SRA à des manipulations scripturaires. Son évolution ? Des critiques ciblées sur des groupes comme les Témoins de Jéhovah aux attaques plus larges contre les religions organisées, comme dans Cults and the Law (2003, co-édité).

Évolution et Critiques : Dans Bitter Winter, Introvigne note que Kent, autrefois focalisé sur les « cultes« , élargit son tir à la religion en général, accusant les textes sacrés d’être des sources d’abus. Cela alarme même les académiques séculiers, qui y voient un biais idéologique. Kent répond en se défendant comme un « critique de la religion« , mais ses méthodes – témoignages d’ex-membres anecdotiques, absence de données quantitatives – rappellent Taxil : une rhétorique persuasive sans ancrage factuel.

Sources et Références : Outre l’article de 1993, citons From Slogans to Mantras (2001) de Kent sur les conversions forcées, et des critiques dans Nova Religio (2005, vol. 8). Introvigne renvoie à des bases de données comme ATSS (American Theological Library Association) pour tracer l’impact de Kent sur les paniques morales.

Léo Taxil (1854–1907). Crédits

Parallèles entre Taxil et Kent : Mythes Persistants et Leçons pour Aujourd’huiLes similarités sont frappantes : Taxil et Kent exploitent des peurs archaïques (diable, abus cachés) pour dénoncer des « menaces invisibles« . Tous deux influencent des autorités – Église pour Taxil, tribunaux pour Kent – sans preuves irréfutables. L’article d’Introvigne conclut que, comme le canular de Taxil a discrédité l’antimaçonnisme catholique, les théories SRA de Kent méritent un examen sceptique, surtout dans un contexte post-#MeToo où les abus réels (comme dans l’Église) noient les fantasmes.

Impact Culturel et Sociétal : Ces hoaxes alimentent des théories conspirationnistes, de QAnon aux mouvements anti-vaccins. Des études comme celle de Jeffrey Victor dans Satanic Panic (1993) quantifient l’absence de preuves SRA : zéro cas vérifié aux États-Unis sur des milliers d’accusations.

Sources Complémentaires : The Satanism Scare de James T. Richardson (1991) ; archives de Bitter Winter (CESNUR, Centre d’études sur les nouvelles religions) ; jugements italiens sur Govoni (disponibles via le site du ministère de la Justice italien).

Vers une approche raisonnée des peurs religieuses

L’histoire de Léo Taxil nous enseigne que la vérité émerge souvent de l’aveu ou de l’effondrement des preuves. Stephen Kent, loin d’être un « sataniste » comme Taxil, incarne un risque similaire : transformer l’analyse sociologique en croisade moralisatrice. En 2025, alors que les débats sur les abus religieux s’intensifient, cet examen invite à la prudence. Comme l’écrit Introvigne :

« Reexaminer les affirmations de Kent, c’est honorer les victimes réelles en distinguant faits et fictions. »

Sources Principales : Massimo Introvigne, « A Modern Léo Taxil: Stephen Kent and Satanism. 1 » (Bitter Winter, 2025) ; Pablo Trincia, Veleno (2019) ; Stephen Kent, « Deviant Scripturalism… » (Religion, 1993). Pour plus, consultez les liens cités.

Tailler sa lumière – Sept exercices pour la pierre brute

Un manuel vivant, sans jargon ni recettes. Sept gestes pour faire respirer la Tradition au quotidien, de l’atelier à la vie ordinaire. La voie se pratique, la lumière se travaille. Nous entrons dans ce livre comme dans un atelier d’âme où le silence a l’épaisseur d’une matière première et où chaque geste intérieur apprend sa juste mesure. Frédéric Vincent ne propose pas un traité d’emblèmes. Il rend à la voie maçonnique sa respiration quotidienne par une série d’exercices qui reconduisent l’initiation à son nerf vivant.

Frédéric Vincent rend l’initiation opérative : chercher, examiner, lire, écouter, imiter, se souvenir, contempler.
Une grammaire de gestes pour que la pierre devienne présence.

Nous sentons la promesse d’une ascèse joyeuse, non pour contraindre, mais pour habiter l’Œuvre à hauteur de souffle. Sept gestes ordonnent ce chemin et forment une échelle souple de l’âme. Chercher pour retrouver l’élan. Examiner pour affiner la justesse. Lire pour consentir à être lu par le texte. Écouter pour reconnaître la voix du silence. Imiter pour que le symbole passe dans les mains. Se souvenir pour que la fidélité devienne créatrice. Contempler pour accueillir la Présence qui ne se prouve jamais et qui s’éprouve. L’ensemble compose une grammaire opérative où l’intelligence cesse de disséquer et commence à voir.

Frédéric Vincent place discrètement cette méthode dans l’héritage des exercices spirituels antiques et dans l’attention au soin de soi que la philosophie a su penser comme pratique de vérité. Nous reconnaissons un dialogue avec ce qui convertit la pensée en manière d’être. La Maçonnerie se révèle ici comme praxis vivante. La tenue devient un temps de façonnage. Le symbole sort de la vitrine des commentaires pour rejoindre la table d’atelier.

Le journal de recherche donne une mémoire respirante à l’expérience. Les Surveillants y trouvent des supports concrets pour ouvrir des chemins. Chacune et chacun peut éprouver la lenteur comme vertu et la répétition comme approfondissement. Rien ne se fige. La Tradition respire. La recherche retrouve son sens de quête. Le discernement désarme l’ego. La lecture se fait reconnaissance et transforme notre manière d’habiter le Temple et le monde. L’écoute traverse le mot et l’excède. L’imitation incarne. La mémoire irrigue. La contemplation recueille le visible jusqu’à ce qu’il laisse passer l’invisible. Alors, de veille en veille, la construction du Temple intérieur cesse d’être un programme et devient une respiration.

Cette respiration porte la signature d’un itinéraire singulier. Frédéric Vincent est psychanalyste et sociologue. Il est aussi pionnier de l’éco-psychanalyse. Il dirige l’Eco Psy Lab et préside l’Association des Psychanalystes Européens. Il a formé sa pensée dans le sillage de Michel Maffesoli qu’il revendique comme maître de regard. Sa voix s’est nourrie au carrefour de la clinique, des sciences sociales, des mythes et de l’écologie. Elle circule de l’atelier de Loge aux espaces de recherche et jusqu’aux ondes lorsque Frédéric Vincent anime des conversations où la spiritualité pratique se donne à entendre.

Dans Le complexe de Gaïa, publié déjà aux Éditions Dandelion, il explore la fracture entre l’humain et la nature et propose une voie de réconciliation au temps de la crise climatique. Ce livre, voisin par l’esprit, éclaire la présente entreprise. La psyché n’y est pas isolée. Elle se sait insérée dans un monde vivant et symbolique. Le soin de soi devient soin du lien. La conscience se perçoit reliée. L’exercice de pensée se prolonge en exercice de terre.

La bibliographie de Frédéric Vincent dessine un arc cohérent.

Préfacé par Michel Maffesoli, Le voyage initiatique du corps – Vers une philosophie du lien (DeETRAD aVs, 2009) propose une philosophie du lien où le corps devient passage et inscription du rite.

Le réenchantement initiatique du monde – Des mythes et des hommes (DETRAD aVs, 2014) questionne nos modernités saturées et réhabilite le mythe comme énergie de transformation. Ces jalons ont été salués par la reconnaissance des milieux maçonniques. L’Institut Maçonnique de France (IMF) a distingué Le Voyage initiatique du corps dans la catégorie « Essai et Symbolisme ».

En 2014, le Salon Esprit de la Franc-Maçonnerie organisé à la Grande Loge de France (GLDF) a remis à Frédéric Vincent un Acacia d’Or pour Le réenchantement initiatique du monde.

Blason GLDF
Blason GLDF

Nous ne citons pas ces prix comme des oripeaux. Ils témoignent d’une constance. Ils disent qu’une pensée de la pratique a touché juste. Ils rappellent que la voie initiatique gagne à se penser au plus près de l’expérience sensible et du monde vécu.

Dans le présent ouvrage, cette constance se fait méthode hospitalière.

La psychanalyse donne le goût de l’écoute et la patience du travail discret. La sociologie rappelle la texture collective de nos gestes. L’éco-psychanalyse élargit le regard à la maison commune et aux rythmes du vivant. Rien n’est plaqué. Tout se tisse. La pierre n’est pas un objet à interpréter. Elle est un partenaire de transformation. Le pavé mosaïque ne juxtapose pas des morceaux. Il cherche une concorde qui n’efface pas les contrastes. L’étoile flamboyante n’appelle pas l’adoration. Elle aiguise la vigilance. L’équerre redevient rectitude de conduite. Le compas mesure l’âme avant de s’ouvrir sur le plan. Les trois grandes lumières cessent d’être un comptage. Elles respirent ensemble. La rose et la croix ne superposent pas des signes. Elles s’épousent dans le même souffle de perte et de naissance.

Nous lisons ces pages comme un viatique.

Regarder sans s’approprier. Relier sans plaquer. Méditer sans se fuir. Agir selon la lumière reçue. Le livre parle à l’apprenti en quête d’une prise. Il soutient le compagnon qui consent à la difficulté. Il rappelle au maître qu’aucun sommet ne clôt et que tout sommet consacre et renvoie au service. La progression ne ressemble pas à une escalade. Elle dilate la conscience. Elle pacifie l’agir. Elle installe une fraternité résistante dans un temps pressé. Ralentir sans céder. Persévérer sans dureté. Accueillir sans se dissoudre. Nous sentons naître la métamorphose du profane en initié et de l’initié en être éveillé. Le moment le plus précieux advient lorsque la contemplation devient présence. Le regard cesse de nommer. Les outils se taisent parce qu’ils ont conduit jusqu’à la source. La lumière n’est plus un concept. Elle devient manière d’être. Elle reconnaît l’Un dans la diversité de nos travaux et la Beauté dans le soin silencieux que nous mettons à les accomplir.

Nous refermons ces pages avec gratitude.

Nous avons moins parcouru un manuel que reçu une méthode sans recettes. Une méthode qui parle à la Loge entière et au lecteur seul. Une méthode qui soutient l’Art Royal dans sa vocation la plus haute. Servir une Tradition vivante. Engendrer de la responsabilité. Faire de la liberté une discipline. Frédéric Vincent y conduit avec une douceur exigeante et une fidélité sans dogme. Son œuvre rappelle que la Franc-Maçonnerie demeure une voie spirituelle vivante et hospitalière.

Frédéric Vincent
Frédéric Vincent

Elle est non confessionnelle et pourtant intense. Elle est une joie qui se travaille. Nous éteignons les feux avec douceur. Nous sortons dans la nuit ordinaire avec la certitude que l’Œuvre continue. La Loge demeure en nous. Le monde en porte déjà les traces. Le lecteur en devient artisan.

Exercices maçonniques – Sept outils pour tailler sa pierre brute

Frédéric VincentÉdition Dandelion, 2025, 80 pages, 7 €

Sept exercices sobres et exigeants pour passer du symbole à la main : une ascèse joyeuse qui polit la pierre brute et fait respirer la Tradition dans la vie quotidienne. Un viatique simple, concret, hospitalier.