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Passage à la maîtrise !

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La Franc-maçonnerie nous apprend-t-elle à garder la maitrise de soi ? 

« A priori oui car notre parcours maçonnique conduit a la sagesse. »

 Nous sommes en permanence en réflexion et en interaction avec nos soeurs et nos frères avec qui nous partageons et avec qui nous évoluons. Bref nous avons toutes les bases nécessaires à notre épanouissement. Nous admirons et nous envions la réussite des soeurs et des frères de qualité. Ils sont les exemples et la preuve que nous avançons dans le perfectionnement que nous recherchons. 

Ah quel beau démarrage, à m’écouter j’ai l’impression d’entendre un discours de politicien!

A ce stade nous ne sommes plus dans le domaine de la franc-maçonnerie mais plutôt dans le monde de la vie « profane » qui nous propose de bien faire si nous le souhaitons. On commence par dire bonjour et l’on poursuit en s’interessant aux autres, le tout sans se poser de questions car on croit en certaines valeurs. La franc-maçonnerie va nous aider a « peaufiner » ce cursus en lui donnant plus de consistance, en y ajoutant une force spécifique et et des éléments qui ont fait leurs preuves et que nous allons intégrer dans notre démarche. 

« force est de constater que de nombreux franc-maçons se distinguent alors dans la vie »


 De plus nous n’avançons pas tous au même rytme et nous admirons celles et ceux qui nous surpassent par leurs qualités d’assimilation plus efficaces que les nôtres.

Aussi quand une faille peut intervenir dans ce tableau si bien huilé, nous nous en trouvons fort déçu, un peu comme dans la vie lorsque ami vous déçoit ou vous trompe. La déception est parfois forte. 

Pardonner a un proche est un acte difficile a mettre en pratique, tout comme est dur le chemin à faire pour le « repenti » qui a causÉ le trouble…

Personnellement, j’avoue que j’ai plus d’indulgence pour les personnes qui nous jouent du « pipo » avec humour, un peu comme ces personnages qui nous endorment dans la vie: mode Pagnol, Marseille, pétanque, pastis et accent du sud qui vous bercent pour mieux vous endormir, surtout quand cet art est pratiqué avec talent. Le tout est d’avoir la bonne volonté et une foi bien aiguisée que sait pratiquer le charmeur de serpents…

Pour conclure je dirai que les quelques soeurs et frères qui dominent parfois ce que nous appelons les hautes sphères, mème chez nous en franc-maçonnerie, ont parfois un talent énorme, au point de nous faire partager le son des sirènes qui nous font basculer dans ce monde de rêves. Allez, Franc-maçonnerie je vous aime, mais on en est pas pour autant moins perfectible…

Et comme pourrait dire Le Grand René dans la vidéo ci-dessous : Attention de ne pas prendre la grosse tête ! 

L’énigme des Maîtres – Épilogue

Pour lire l’épisode précédent : ici

Dans une école maternelle internationale

L’heure du déjeuner à servir à la cantine approchait.

De la fenêtre de la cuisine ouverte parvenait les senteurs  des rayons du soleil de cette matinée printanière s’odorant sur les feuilles des arbres de la proche place Puvis de Chavannes ; charmant jardin portant le nom du célèbre peintre français figure importante du mouvement symboliste au XIXe siècle.

L’employée de la restauration, patiente, discrète mais surtout affectueuse préparait un quatre-quarts qu’elle servirait en dessert accompagné des premières fraises fraîches à ses petits venus de tous pays.

La recette était facile et rapide : beurre, œufs, farine, levure, vanille et sucre allaient dans leurs relations et grâce au feu faire émerger un délicieux et moelleux gâteau. Les ingrédients avaient été préparés avec soin sur le plan de travail de la cuisine. Le couvercle du bocal en verre du sucre en poudre était déjà ouvert.

Se tournant pour prendre le moule de cuisson dans le placard, elle ne vit pas que soudain, dans le bocal, une lumière semblant exister par elle-même se mit à scintiller parmi les cristaux du sucre tout en les faisant tourbillonner en s’y mêlant avant de disparaître à toute vue.

Les enfants trouvèrent au gâteau un goût divin.

FIN

Pour vous remercier de l’intérêt et de votre persévérance à suivre les différents épisodes du feuilleton, nous vous livrerons, la semaine prochaine, quelques clefs du roman qui vous donneront, peut-être, envie de les relire.

Mort et renaissance définissent la palingénésie – Mythe fondateur de la Franc-maçonnerie

Lors de la sélection des thèmes proposés pour une réflexion maçonnique, celui de la mort s’est imposé comme un sujet d’une profondeur particulière, souvent abordé dans les travaux initiatiques. Ce thème, récurrent dans les traditions philosophiques et spirituelles, occupe une place significative dans le cadre de la franc-maçonnerie, où il se lie naturellement à la notion de renaissance. Ces deux concepts, enrichis par le terme de palingénésie, offrent une occasion unique d’explorer des dimensions universelles de l’existence humaine.

Cet article se propose d’examiner ces notions à travers une approche équilibrée, s’appuyant sur des perspectives historiques, mythologiques et symboliques, sans prétendre à une interprétation exhaustive, mais invitant à une méditation collective.

I. Définir les Concepts Fondamentaux

Une Compréhension Intuitive

Le feu de la renaissance

Les termes « mort » et « renaissance » résonnent intuitivement dans l’esprit de chacun. La mort est généralement perçue comme la cessation définitive des fonctions vitales d’un organisme biologique, un état où il ne peut plus maintenir son équilibre face aux contraintes extérieures – un phénomène scientifique connu sous le nom d’homéostasie. La renaissance, en revanche, évoque un renouveau, qu’il soit physique, spirituel ou symbolique, un retour à la vie sous une forme transformée. Pour approfondir cette réflexion, il convient d’éclaircir le concept de palingénésie, un terme introduit par les philosophes stoïciens pour désigner la reconstitution ou l’apocatastase du monde après sa destruction par le Feu, dans une vision cyclique plutôt que linéaire. En grec, palingénésie signifie « naissance à nouveau » ou « régénération », suggérant un Éternel Retour. Cette idée trouve un écho dans la mythologie chinoise avec le phénix, cet oiseau légendaire qui renaît de ses cendres, incarnant un cycle de destruction et de renouveau.

Perspectives Philosophiques et Mythologiques

La mort a inspiré de multiples interprétations à travers les âges. Chez Platon et Pythagore, elle est vue comme une étape dans le cycle des âmes, liées au corps comme à une prison imposée par une force divine punitive. Ces âmes migrent d’un corps à l’autre, subissant une purification qui, si elle réussit, les libère vers un état de félicité – une vision parallèle aux croyances hindouistes de réincarnation, où la résilience face aux épreuves trouve sa source. Epicure, quant à lui, propose une perspective stoïque : « Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien ; quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas », invitant à dépasser la peur par une acceptation rationnelle.

Persephone Chez Hades

Dans les textes sacrés, la mort apparaît comme une figure puissante : le quatrième cavalier de l’Apocalypse dans la Bible, accompagné d’Hadès et de l’Ange du Seigneur faucheur de 185 000 hommes dans un camp assyrien. Dans le Tarot de Marseille, l’arcane XIII, réduit numérologiquement à IIII (l’Empereur), symbolise une transformation entre Taureau et Scorpion, possession et dépossession. Les mythologies, elles, lui attribuent une multitude de noms : Ankou en Bretagne, La Camarde, Izanami dans le shintoïsme, Mictlantecuhtli chez les Aztèques, Morrigan en Irlande, Pluton chez les Romains, Mot chez les Cananéens, Odin chez les Vikings, Anubis ou Anpu en Égypte, Shemal chez les Sémites, Sielulintu en Finlande, Atropos et Thanatos chez les Grecs, Yama dans l’hindouisme, Yanluowang en Chine… Cette diversité reflète l’universalité de la mort comme expérience humaine.

Cependant, ces approches, si riches soient-elles, ne capturent qu’une facette de la mort. Celle qui intéresse la franc-maçonnerie n’est pas seulement l’instant final, mais une réalité omniprésente, intimement liée à la vie.

II. La Mort comme Processus Continu : Une Leçon d’Équilibre

Une Présence Permanente

La culture occidentale tend à considérer la mort comme un événement isolé, une transition vers un au-delà, qu’il soit profane ou initiatique, souvent teinté de promesses spirituelles. Pourtant, une perspective plus large invite à la voir comme une composante intrinsèque de la vie, aussi essentielle que son souffle. Chaque seconde, des milliers de cellules meurent et renaissent dans un corps humain. En sept ans, l’ensemble des cellules se renouvelle, démontrant que le corps d’une décennie passée n’existe plus : il est mort, remplacé par un autre. Cette alternance constante de mort et de vie est une vérité biologique et symbolique. Ignorer cette réalité – qu’elle soit physique, temporelle ou métaphorique – revient à se priver de l’instant présent, seul moment véritablement existant. Le passé s’est dissipé, le futur reste incertain ; seul le « ici et maintenant » offre une ancre à l’existence.

Une Parabole Naturelle : L’Aigle et le Phénix

Pour illustrer cette dynamique, une histoire tirée des traditions orales mérite d’être évoquée. L’aigle, doté d’une espérance de vie de 70 ans, atteint à 40 ans un seuil critique : ses serres s’enroulent, son bec se replie, ses plumes s’usent, le rendant incapable de chasser ou de voler. Face à ce dilemme – muer ou périr –, il entreprend un rite initiatique. Avec son bec, il arrache ses plumes et ses serres, puis brise son bec contre un rocher, se retirant ensuite 150 jours pour se régénérer. Ce processus, symbole de sacrifice et de renouveau, reflète la palingénésie naturelle, évoquant le phénix renaissant de ses cendres. Il illustre la nécessité d’accepter la mort d’un état pour accéder à une nouvelle vie.

Aigle

Dans la franc-maçonnerie, ce principe se retrouve dès l’entrée en loge. L’Apprenti, rédigeant son testament dans le cabinet de réflexion, accepte symboliquement la mort de son état profane pour renaître initié. Les trois degrés – Apprenti, Compagnon, Maître – incarnent ce cycle de transformation, une palingénésie spirituelle intégrée au cœur du travail maçonnique.

III. La Palingénésie en Maçonnerie : Un Rite de Passage Universel

Une Parenthese sur la Métempsycose

Buste de Platon. Marbre, copie romaine d’un original grec du dernier quart du IVe siècle av. J.-C.

Avant d’approfondir, une clarification s’impose concernant la métempsycose, souvent associée à la palingénésie dans la tradition orphique de Platon. Cette croyance en la migration des âmes d’un corps à l’autre jusqu’à la perfection peut offrir un réconfort à ceux qui s’accrochent à l’idée d’une vie répétée. Cependant, une vision intégrant mort et vie comme deux faces d’une même pièce invite à les aborder simultanément, sans dissociation. L’essentiel réside dans une incarnation totale dans l’instant présent, une intégrité que des rites de passage – naissance, puberté, crise de milieu de vie – viennent jalonner. Dans des sociétés obsédées par le risque zéro, ces rites sont souvent édulcorés, privant l’individu de son accomplissement. Un accompagnement par les anciens, facilitant ces transitions, reste essentiel pour gravir les degrés de la sagesse.

Les Origines Mythiques : De Seqenenre Tao à Hiram

La maçonnerie spéculative a puisé dans les rites de passage universels, notamment à travers la légende d’Hiram Abiff, architecte du Temple de Salomon. Cette parabole trouve des racines encore plus anciennes dans la mythologie égyptienne, avec Seqenenre Tao, dernier roi de Thèbes avant l’ère des Pharaons, exposé au Musée du Caire. Vaincu par les Hyksos, qui usurpaient le pouvoir civil sans le divin, Seqenenre fut assassiné – frappé au front, derrière l’oreille et à la tempe – pour les rituels de renaissance et de couronnement, perdus avec sa mort. Ces textes, partiellement reconstitués via le Livre des Morts, restent incomplets, laissant planer un mystère sur les incantations stellaires.

Le mythe d’Hiram reprend cette trame : assassiné par Jubela, Jubelo et Jubelum pour le secret des rituels, il incarne le cycle vie/mort/renaissance. Les trois coups – règle de 24 pouces au sud (Jubela), équerre au cœur à l’ouest (Jubelo), maillet à la tête à l’est (Jubelum) – symbolisent les degrés maçonniques. Hiram perd sa vie physique, sentimentale et spirituelle, mais renaît via l’acacia, représentant savoir, tolérance et détachement. Cette légende, enrichie par le lien entre « Giblim » (maçons d’élite dans la Geneva Bible) et les assassins, suggère une unité des protagonistes comme facettes d’une même conscience.

Le Mécanisme de la Substitution

L’initiation maçonnique repose sur ce principe de substitution. L’entrée en loge, yeux bandés, marque une transition entre mondes. Les épreuves des trois grades reflètent la légende d’Hiram : le salut pénal rappelle Jubela, le signe de fidélité Jubelo, et le coup final de Jubelum ouvre la voie à la lumière. Cette substitution successive – signes et symboles remplacés par le postulant – induit une dynamique initiatique, guidant vers la connaissance. Le V.I.T.R.I.O.L. (Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem) invite à rectifier, non à rejeter, mais à intégrer toutes les facettes de soi, menant à l’harmonie par l’amour et le pardon.

IV. Enseignements et Perspectives

Une Leçon pour l’Humanité

Que nous enseigne ce mythe ? Au-delà du maçon, il semble une clé universelle de l’apprentissage humain. Limité aux trois premiers grades, on observe une difficulté croissante à concentrer l’esprit, perturbé par les distractions modernes – médias, travail, consommation. Comme Ulysse résistant aux chants de Calypso, le maçon doit focaliser ses vertus sur un travail profond. La racine latine de « connaissance » (con, avec, et naissance) suggère une renaissance initiatique, un dévoilement progressif, comme les couches d’un oignon. Même sans atteindre la sagesse, participer au Grand Œuvre, guidé par des valeurs humaines, justifie l’effort.

Une Acceptation Apaisée

Cette quête mène à une sérénité : « Je ne sais pas », voire « je ne sais rien », devient une joie lorsque l’esprit s’apaise. À un stade de quiétude, les coups symboliques d’Hiram perdent leur emprise sur les peurs.

Accepter la mort imminente intensifie la vie, offrant une rencontre avec soi-même – un ami, un amour, jadis perçu comme un ennemi dans le miroir initiatique. Ce jour, espéré avant l’Orient éternel, marquera la réalisation d’une existence pleinement vécue.

Lumières d’été à la Grande Loge de France

Un cycle de conférences publiques pour penser la Tradition dans le monde d’aujourd’hui

Blason GLDF
Blason GLDF

Chaque été, la Grande Loge de France ouvre les portes de ses Temples à toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir la Franc-Maçonnerie de Tradition ou approfondir une quête déjà engagée. Fidèle à l’esprit d’ouverture qui l’anime depuis plus d’un siècle, l’Obédience propose un cycle de conférences publiques estivales, portées par des Frères éminents et enracinées dans la spiritualité du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Temple Pierre Brossolette, Grand Temple GLDF
Temple Pierre Brossolette, Grand Temple GLDF

Trois conférences exceptionnelles, dans deux temples emblématiques de l’Hôtel de la Grande Loge de France, donneront corps cette année au thème :
« Être Franc-maçon en Grande Loge de France aujourd’hui, entre Tradition et Modernité »

Mardi 1er juillet – Grand Temple Pierre Brossolette

Brice Châtel : Une Tradition qui éclaire l’avenir

C’est au Très Respectable Frère Brice Châtel, Conseiller Fédéral, qu’il reviendra d’ouvrir ce cycle. Dans le Grand Temple Pierre Brossolette, le 1er juillet à 20h, il proposera une méditation lumineuse autour de la pérennité symbolique et de l’efficacité intérieure de la voie maçonnique.

Sa conférence intitulée « Une Tradition qui éclaire l’avenir » rappellera combien la Franc-Maçonnerie, loin de s’enfermer dans une nostalgie, propose une éthique de vie, une lecture du monde et une sagesse fondée sur les symboles, le travail sur soi et le dépassement de l’ego. Une parole pour l’époque, enracinée dans la profondeur du Rite.

Entrée libre et gratuite – Inscription obligatoire : https://www.gldf.org/evenement/tenues-dete-avec-brice-chatel-le-01-07-25-a-paris/

Mardi 29 juillet 2025 – Grand Temple Pierre Brossolette

Au cœur du cycle des Tenues d’été, la Grande Loge de France accueillera le mardi 29 juillet à 20h une conférence de François Bénétin, Ancien Grand Officier de l’Obédience, sur le thème :

« Quel Humanisme pour notre Temps ? »

Cette rencontre, qui se tiendra dans le Grand Temple Pierre Brossolette, s’inscrit dans la volonté constante de la GLDF de faire résonner la Tradition initiatique à l’écoute des grandes interrogations contemporaines.

Interrogeant les fondements et les devenirs de l’humanisme à l’ère des bouleversements technologiques, sociaux et écologiques, François Bénétin invitera à penser un humanisme renouvelé, nourri de spiritualité, de fraternité et de conscience. Un moment rare, porté par l’expérience maçonnique d’un Frère engagé et la profondeur du Rite Écossais Ancien et Accepté.

Entrée libre et gratuite – Inscription obligatoire sur https://www.gldf.org/evenement/tenues-dete-avec-francois-benetin-le-29-07-25-a-paris/

Mardi 26 août – Grand Temple Pierre Brossolette

Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France
Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France

Jean-Raphaël Notton : Une parole fondatrice, à l’aube d’un mandat

La clôture du cycle, le mardi 26 août à 20h, sera confiée au Très Respectable Frère Jean-Raphaël Notton, nouveau Grand Maître de la Grande Loge de France, élu le 21 juin dernier lors de l’Assemblée Générale de l’Obédience.

Sa conférence publique, intitulée « Osez pousser les portes », constitue sa toute première prise de parole officielle en tant que Grand Maître. Ce rendez-vous exceptionnel ne saurait être manqué.

Âgé de 69 ans, initié en 1986 au sein de la Loge « Jean Jaurès » à Paris, Jean-Raphaël Notton est médecin, ancien attaché parlementaire, colonel de réserve de l’armée de Terre et figure reconnue de l’action sociale en France, notamment dans le domaine du handicap et de l’accessibilité.
Grand Orateur en 2017, puis Second Grand Maître Adjoint en 2021, il a également présidé la Commission du Futur de nos Loges et porté de nombreuses réflexions stratégiques sur l’avenir de l’Obédience.

Sa conférence incarnera l’esprit d’un mandat qui s’ouvre sous le double signe de la fidélité aux valeurs initiatiques et du dialogue avec le monde contemporain. En appelant à « oser pousser les portes », le Grand Maître invite chacun à franchir le seuil de la transformation intérieure, un geste éminemment maçonnique, éminemment humain.

Lien d’inscription – obligatoire – pour la conférence du Grand Maître https://my.weezevent.com/conference-publique-du-grand-maitre-jean-raphael-notton-osez-pousser-les-portes

Trois soirées pour franchir le seuil

Trois rendez-vous, trois voix, trois manières d’habiter la Tradition dans le temps présent. Les conférences publiques d’été à la Grande Loge de France sont bien plus que des moments de culture ou de réflexion : elles sont des portes ouvertes sur une expérience initiatique, une invitation au voyage intérieur, dans un esprit de fraternité, d’humanisme et de liberté.

Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.
Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.

1er juillet, 29 juillet, 26 août 2025 – à 20h
Hôtel de la Grande Loge de France – 8, rue Louis Puteaux, Paris 17e (Métro Rome)
Entrée libre et gratuite sur inscription préalable

Hiérarchie maçonnique : axe vivant ou structure morte ?

Approche comparative et symbolique des 33 degrés comme système axial de transmutation

Et si la hiérarchie des 33 degrés du REAA, souvent perçue comme une construction pyramidale, était en réalité l’image d’un axe vivant — un itinéraire de transmutation spirituelle, culminant non dans le pouvoir, mais dans le silence du Principe ?

La structure hiérarchique du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA) est à la fois un objet d’admiration, de critique et de malentendus. Certains y voient une codification lourde et administrative ; d’autres un escalier symbolique vers une lumière plus haute. Mais rares sont ceux qui y reconnaissent une véritable ontologie de l’être en voie de réintégration.

Une architecture de l’être, non du paraître

Les 33 degrés du REAA ne sont pas des titres, mais des étapes de transmutation. Loin d’un cursus honorum, il s’agit d’un déploiement du Moi vers le Soi, du centre de l’homme vers le Principe. Dans cette perspective, la hiérarchie n’est plus une organisation mais une colonne de lumière, un axis mundi traversant les trois plans de l’existence : métier, chevalerie, contemplation.

Ce triple ternaire — loges symboliques (1-3), loges de perfection/chapitres/aréopages (4-30), tribunaux/consistoires/conseil suprême (31-33) — s’articule selon une progression ascendante, mais se renverse au sommet : au 33e degré, il ne s’agit plus de monter, mais de rayonner.

« La véritable autorité est toujours impersonnelle ; elle ne s’impose pas, elle rayonne. »

Ananda K. Coomaraswamy

Trois lectures superposées

Ce travail s’est appuyé sur deux modèles complémentaires :

  • Taçarrûf : gestion cosmique, stratification fonctionnelle de l’ordre sacré. Les degrés expriment une correspondance entre castes spirituelles (Vaïshya, Kshatriya, Brahmane) et états de conscience.
  • Sulûk : cheminement mystique de l’être, fondé sur les structures du cerveau humain selon les six couches corticales décrites par Dominique Aubier. Ce modèle dévoile une spirale d’expansion, de rupture, de réintégration.

Ainsi, du grade 1 au grade 30, l’initié monte, progresse, s’épure. Mais au 30ᵉ degré surgit un seuil : la barrière infranchissable. Ce n’est plus l’effort personnel qui ouvre la voie, mais le renoncement. Le 33ᵉ degré est alors le retour au Principe.

« Plus on monte dans la lumière divine, plus on devient invisible à soi-même. »

Réginald Garrigou-Lagrange

L’état du 33ᵉ degré : une couronne vide

Au sommet du système se trouve un état d’effacement actif, à l’image de Melchisédech, prêtre sans commencement ni fin. Le Maçon devenu Souverain Grand Inspecteur Général n’a plus rien à acquérir. Il doit transmettre, non accumuler ; bénir, non juger ; disparaître, non régner.

« L’humilité parfaite n’est pas de se voir petit, mais de n’avoir plus besoin de se regarder. »

Dom André Louf

Dès lors, le 33ᵉ degré se conçoit non comme un dernier grade, mais comme le retournement de la couronne, la conversion de la verticalité en service invisible. Il n’y a plus d’ascension à accomplir, seulement un rayonnement à laisser passer.

En guise de conclusion

À l’heure où la société désacralise la hiérarchie, où l’autorité suscite rejet ou soupçon, la maçonnerie écossaise offre un modèle alternatif : non une pyramide à gravir, mais un axe à incarner. Une verticalité qui commence dans la pierre brute et s’accomplit dans le silence du sommet.

Le Maçon du 33ᵉ degré n’est pas un dépositaire de pouvoir, mais un veilleur au bord de l’invisible. Il n’a plus d’autre fonction que d’être, et d’aimer dans la justice. Son autorité est de celles qui s’évanouissent dans la lumière.

Le symbolisme de la plume : entre liberté et paradoxes

Un emblème chargé de significations

Depuis l’Antiquité, la plume est un symbole universellement associé à des valeurs profondes. Elle incarne la vérité dans l’Égypte ancienne avec Maât, l’honneur et la liberté pour les peuples amérindiens, et dans le christianisme, elle représente la pureté et la protection divine. Cette image de refuge et de guidance se retrouve notamment dans le Psaume 91:4, où Dieu « couvre de ses plumes » et offre ainsi une protection quasi maternelle.

Mais au-delà de ces connotations sacrées, la plume est aussi un instrument de communication et d’expression. À la fois canal entre le monde terrestre et spirituel dans les traditions chamaniques, elle devient également le symbole des écrivains, poètes et philosophes qui l’utilisent pour coucher leurs pensées sur le papier.

La plume et la franc-maçonnerie : un paradoxe d’expression

Bien que la plume ne soit pas un élément central des rituels maçonniques, elle incarne plusieurs valeurs propres à cette organisation : la quête de vérité, le savoir et la transmission des idées. Mais une ironie se dessine autour de cette liberté d’expression théorique.

Bien que la plume ne soit pas un élément central des rituels maçonniques, elle incarne plusieurs valeurs propres à cette organisation : la quête de vérité, le savoir et la transmission des idées. Mais une ironie se dessine autour de cette liberté d’expression théorique.

  1. La plume du sage, le silence des loges
    La franc-maçonnerie prône la réflexion et l’élévation intellectuelle, mais en même temps elle cultive le secret et la discrétion. Si la plume représente la connaissance, elle semble bien silencieuse dans un espace où le non-dit prime.
  2. Promesse d’ouverture vs réalité de la censure
    Les valeurs maçonniques célèbrent le dialogue et l’émancipation de la pensée. Pourtant, les membres doivent parfois s’adapter à une forme de conformité implicite. Écrire librement devient un exercice délicat lorsque l’encre est parfois indissociable de l’autocensure.
  3. Les rituels écrits, mais interdits à la lecture
    Parmi les plus grandes ironies, on trouve le paradoxe des textes maçonniques : soigneusement rédigés, mais jalousement protégés. Un effort littéraire déployé pour produire des documents que seuls quelques initiés auront le privilège de parcourir.
  4. Le pouvoir des mots dans un monde de gestes
    Dans la franc-maçonnerie, les gestes symboliques et les rites muets ont souvent plus d’importance que les discours écrits. Dans ce cadre, la plume perd de son éclat face aux actions silencieuses, soulevant la question : que vaut la parole dans un monde où tout se comprend sans mots ?
  5. La plume comme instrument de contrôle
    Bien que vue comme un symbole de liberté, la plume peut aussi être un outil de pouvoir. Certains écrits maçonniques orientent le discours et limitent la diversité des opinions, renforçant ainsi une forme d’exclusivité élitiste sous couvert de démocratie et d’égalité.

Le secrétaire et l’orateur : deux figures de l’écriture invisible

Le secrétaire : écrivain du mystère

Au cœur de cette mécanique, on trouve le secrétaire, véritable incarnation vivante du paradoxe de la plume. Son rôle est fondamental, mais souvent discret, tel un écrivain de l’ombre.

  • Auteur de manuscrits invisibles : Ses écrits doivent être précis et réfléchis, mais au final, peu nombreux seront ceux qui les liront.
  • Un chroniqueur sans lecteurs : Il documente les réunions, prend des notes cruciales… mais ces documents sont souvent consultés par un cercle restreint. Il pourrait aussi bien écrire dans le vide.
  • Le paradoxe du mot enchaîné : Ce qui est rédigé ne sera pas forcément partagé, et ce qui est partagé ne reflète pas toujours la totalité des échanges.
  • L’humour d’un rôle sérieux : Et si le secrétaire troquait parfois sa plume pour une plume d’oie, histoire de chatouiller ceux qui prennent les choses trop au sérieux ?

L’orateur : une plume sans plume, mais un écrivain sans papier

Si le secrétaire grave les mots dans les archives, l’orateur les sculpte dans l’air, composant une œuvre dont la seule trace est l’écho de sa voix.

  • Un écrivain sans brouillon : Contrairement au secrétaire qui peut réécrire, l’orateur doit être impeccable dès la première prise de parole. Sa plume est un acte instantané, sans filet ni retouche.
  • Le drame des discours éphémères : Il soigne son texte, cherche les mots les plus élégants, mais au final, son audience retiendra surtout la qualité de l’agape.
  • L’illusion de la liberté d’expression : Il semble libre de parler, mais entre les impératifs traditionnels et les attentes implicites, il jongle plus avec les non-dits qu’avec les vérités.
  • Un grand auteur… sans lecteurs : Son discours est magnifique, vibrant d’intelligence… mais personne ne le relira jamais. Il est un dramaturge qui ne laisse aucune trace matérielle.
  • L’homme qui écrit dans l’air : Si le secrétaire possède une plume, l’orateur, lui, écrit directement dans le vent. Son art réside dans l’instant, et peut-être que c’est là la plus grande liberté : celle de ne jamais être enfermé dans l’encre et le papier.
Icare et Dédale, par Charles Paul Landon (1799) au musée des beaux-arts et de la dentelle.

La plume d’Icare et la plume d’Hermès : sagesse ou farce ?

L’histoire d’Icare nous rappelle que la quête du savoir et de l’élévation est précieuse, mais l’excès peut être fatal. Peut-être pourrait-on voir en lui le secrétaire trop audacieux, écrivant des vérités qui ne devraient pas être couchées sur le papier… ou l’orateur trop passionné, s’emportant dans des discours flamboyants sans penser aux conséquences.

Quant à Hermès, dieu des messagers et des voleurs, il serait un secrétaire rédigeant des textes énigmatiques ou un orateur captivant son auditoire sans jamais tout dévoiler. Sa plume est celle du mystère, celle qui écrit sans jamais être totalement comprise.

Conclusion :

Ainsi, la plume, censée incarner la liberté d’expression et la sagesse, se retrouve dans un paradoxe maçonnique où elle oscille entre un symbole d’ouverture et un instrument de contrôle. Et au centre de ce paradoxe, le secrétaire, écrivain du mystère, l’orateur, poète sans traces, Icare, rêveur trop ambitieux, et Hermès, maître du double sens… Quatre figures fascinantes, unies par une même mission : écrire sans toujours être lus, dire sans jamais totalement être entendus… et pourtant, influencer bien plus qu’on ne le pense.

Mais au fond… ne serait-ce pas là une farce symbolique de la plume elle-même ? Elle nous promet la vérité, mais ne livre que des fragments. Elle semble offrir la liberté, mais pose des limites. Elle donne du pouvoir, mais jamais sans ironie. Et peut-être que dans cette danse entre écriture, parole et silence, c’est la plume qui mène réellement le jeu, laissant chacun croire qu’il en est le maître… alors qu’il n’en est que le serviteur.

P.S. : Considérez, mes frères et sœurs, cette plume, humble mais puissante, comme un symbole dans notre quête de vérité. Chaque fois qu’elle s’égare sur la page, elle prononce à voix basse : « Que ce qui est écrit soit toujours sous l’œil vigilant du Grand Architecte de l’Univers ! » Et dans son élan créatif, elle murmure à l’encre : « Que chaque mot soit sculpté avec soin, comme une pierre taillée, car même les lettres doivent se conformer à l’harmonie des angles et des lignes. » Ainsi, lorsque vous la saisissez, rappelez-vous : chaque phrase est un acte de fraternité, et chaque essor de l’encre, un hommage à nos rituels sacrés. Que l’écriture soit la lumière guidant nos pensées, comme les étoiles dans le ciel nocturne des Initiés !

Le cerveau du maçon est tyrannique

Le cerveau humain a parcouru une merveilleuse trajectoire évolutive, mais a pour cela posé beaucoup d’exigences. Notre cerveau est tyrannique, ce n’est pas moi qui le dis, mais le paléoanthropologue et auteur d’essais Jean-Jacques Hublin.

A notre époque contemporaine, nous disposons de l’organe qui fait la différence avec tout le reste du vivant, y compris les singes supérieurs. Même ces derniers ont des ratios cerveau/corps qui les placent plus près des autres animaux que de nous. Bref, superbe outil que ce cerveau de Sapiens, mais très énergivore. La nécessité de satisfaire ses besoins sera structurante pour la création de la « Niche Humaine », telle que l’appelle Hublin.

Niche humaine à construire, cela rappelle la construction du Temple maçonnique, non ?

La recherche de ressources exigées par le cerveau a eu plein d’impacts sur l’évolution. Il convient d’observer que l’évolution du rapport cerveau/corps n’est pas linéaire : les Néandertaliens avaient un ratio supérieur. Si finalement Sapiens a emporté la mise, c’est entre autres parce que son ratio était plus efficace, dans leur environnement bien entendu.

Une première réduction de la taille du cerveau s’est produite lors de l’adoption de la locomotion sur deux jambes ( homo erectus ). Cela a optimisé les déplacements dans les savanes, permettant ainsi la chasse aux herbivores «  à l’endurance ». Et nous voilà au néolithique, son agriculture, ses villes, leur structure hiérarchisée et inégalitaire. Division des tâches, spécialisation…tiens on n’a plus besoin de « tout savoir » pour survivre, donc on peut laisser un peu « maigrir » le contenu de la boîte crânienne .  Avec Wikipedia on a continué sur cette pente, et avec l’IA je ne vous en parle même pas. L’humain cherche depuis toujours à atteindre ses objectifs avec une dépense énergétique minimum, c’est cohérent avec les besoins biologiques du cerveau. Donc, soyons prévenus, la capacité et la motivation à faire de belles planches, il va falloir les pousser.  

Et, sans vouloir verser dans le catastrophisme :

 toute compétence déléguée à une machine crée la dépendance correspondante.

Mais revenons à nos aurochs. Les scientifiques ont observé que la réduction progressive de la taille de notre cervelle s’est accélérée sur la période -5000/-3000 ans . Cela fait donc un soupçon de corrélation avec la complexification de l’organisation sociale . La complexité sociale est traitée par une intelligence collective, laquelle fait baisser le besoin au niveau de l’individu. Voyons comment les fourmis arrivent à prendre de bonnes décisions sociales alors qu’individuellement elles sont peu équipées. Même tableau, en plus dystopique, dans « la Proie » de Michael Crichton, avec des drones militaires devenus incontrôlables volant en meute. Il l’a rêvé, nous y sommes.  Complexité sociale, hiérarchies et suiveurs,  wait…nos grands maîtres nous permettront-ils d’arrêter de toujours réfléchir et de devenir bêtes ??  La cordonnite rend elle idiot ? Ne nous prononçons point.

Alors, comment avons-nous construit notre Niche Humaine ?

Notons d’abord que chaque changement implique des coûts, énergétiques entre autres. A la sortie des sauts génétiques, il y aura des perdants, et des gagnants dont on dira qu’ils sont des « succès reproductifs ».  Le premier niveau de la niche concerne l’adaptation à l’environnement. C’est l’évolution qui fait le job ? Oui mais pas que : cela peut se faire aussi en adaptant l’environnement à soi. Plein d’animaux pratiquent couramment ces actions : par exemple le castor, qui avec ses barrages exerce une profonde influence sur les écosystèmes de rivière. L’humain a bouleversé quasiment tous les écosystèmes sur terre, même les jungles que l’on croit primitives.

L’action gagne en efficacité dès l’usage d’outils. Les outils de pierre ont permis de récupérer la précieuse moelle osseuse des proies de nos ancêtres, puis de hacher les viandes afin de simplifier leur mastication. Idem pour la cuisson. Ces évolutions sont des économies, soit de dépense d’énergie quotidienne, soit sur la structure du corps. Les mastications plus faciles  réduisent le besoin d’une mâchoire et des muscles associés surpuissants.

Du coup, l’humain peut se permettre de naître avec un cerveau encore loin d’être mature. Ceci réduit les difficultés de la naissance, avec ce petit bassin des mères du fait de notre bipédie. Mais cela impose, après la naissance, qu’un réseau plus grand que père et mère participe à la protection de l’enfant . Les alloparents ( grands-parents et autres membres du clan ) aideront , mais aussi transmettront.

L’enfance est très longue chez l’humain, à cause du cerveau à finir.

On voit donc que la niche humaine a une composante neurale qui impose le rythme. Une composante plus longue est la niche technique. Les outils se sont améliorés au cours des âges, et là le cerveau humain a permis des progrès impossibles chez les animaux . Les outils sont devenus des prolongements du corps, décuplant la force, repoussant les limites de la fatigue. Ils ont aussi permis l’action à distance ( armes de tir ) . Une troisième classe d’outils caractérise le côté cognitif de la niche humaine : c’est ce qui peut être transmis à distance ou à travers le temps. J’ai nommé : les rituels, images, symboles

Au final, c’est notre cerveau qui a le plus évolué ces 300 000 dernières années.

Pour cela, il a fallu développer et complexifier le langage.  Vous avez dit : «  tradition orale » ? De là découlent mémoire, planification, pensée abstraite ( valeurs républicaines et démocratie ?  ), mise en réseau ( vous êtes de quelle région ou province ? ) . On observe aussi l’élargissement progressif du cercle de l’empathie. On aime son prochain, plus petit à petit son lointain.

Le débat continue autour des mérites respectifs de l’empathie altruiste et de l’individualisme. La franc-maçonnerie n’a pas tranché et utilise conjointement les deux voies. C’est conforme à la pyramide de Maslow. Le socle collectif d’entraide est indispensable et procure de nombreuses satisfactions, la liberté au sommet permet de se réaliser pleinement

Néanmoins, les sociétés subissent le phénomène de différentiation culturelle.

La meilleure preuve est que l’on pratique 7000 langues sur terre. La racine du problème est que les signaux culturels, a priori porteurs de sens, se muent parfois en simples marqueurs d’identité. La culture permet de souder un groupe, mais parfois contre les autres groupes. Et on se retrouve à se focaliser surtout sur les différences. En franc-maçonnerie, on résiste un peu en ressassant qu’il s’agit de rassembler ce qui est épars. Soyons honnêtes, l’universalisme n’est pas encore pour demain.

Les religions sont une astucieuse combinaison d’éléments factuels et une portion d’éléments disons surprenants . Cette combinaison, souvent un narratif attirant, est aisément mémorisable donc facilement transmissible ; les symboles jouent comme renforçateurs de la cohésion du groupe. Cela nous rappelle bien des choses. 

Deux dernières capacités fascinantes de notre cerveau .

La première est la détection des intentions, notamment en observant les yeux de son interlocuteur. Notons en passant que les yeux allongés de l’humain facilitent cette détection . Cette faculté est déjà présente, à divers degrés, chez les mammifères supérieurs. Tout ceci n’empêche pas nos congénères de faire des procès d’intention, souvent basés sur rien d’autre que leur propres préjugés.

La seconde se nomme « théorie de l’esprit ». C’est l’aptitude à attribuer des états mentaux inobservables, à soi mais surtout aux autres. D’une certaine manière, on « entre » dans la tête de l’autre, ce qui permet d’éprouver ses sentiments ( sauf erreur ). Cette capacité joue un rôle capital dans l’empathie, la communication, l’esprit d’équipe, la compétition, etc.   Elle se développe dès l’enfance . Sans elle, nous ne serions pas ce que nous sommes.

J’espère que l’étroitesse du parallèle de l’élaboration de la niche humaine avec la construction de notre temple personnel et collectif vous a impressionnés autant que moi. Soyez fiers et dignes de votre humanité !

Texte rédigé sans IA.

Pas de Franc-maçonnerie sans symbolisme

Dans les salles voûtées des loges maçonniques, où les murmures des siècles se mêlent aux reflets des symboles, une confusion persiste souvent entre deux notions fondamentales : le symbole et le signe. Certains les considèrent comme des synonymes, une erreur que cette réflexion se propose de dissiper. Bien que complémentaires dans certains contextes, ces deux concepts remplissent des fonctions distinctes, enracinées dans des origines étymologiques et des intentions différentes.

Cette exploration, audacieuse mais mesurée, comme une bourrasque printanière, vise à éclaircir ces distinctions, tout en invitant les esprits plus éclairés à enrichir ce travail. Si, par inadvertance, je devais décevoir certains d’entre vous, je vous présente d’ores et déjà mes excuses les plus sincères. Plongeons dans cette quête initiatique pour mieux comprendre la voie maçonnique.

I. Le Signe : Un Guide Profane et Fonctionnel

Définition et Origine

Le signe, dans son essence, est un indicateur extérieur, un outil destiné à guider, à transmettre une information claire et pragmatique. Son étymologie, puisée dans les racines indo-européennes liées au verbe « suivre », souligne cette fonction directrice. Les chiffres, les lettres, les panneaux de circulation, les devises – tous relèvent de cette catégorie. Ils nous orientent vers une destination, un sens, sans porter en eux une profondeur métaphysique.

Certains pourraient objecter : « Et les nombres 3, 5, 7 dans nos rituels ? Ne sont-ils pas des chiffres ? » Ma réponse est catégorique : non, ce ne sont pas de simples signes, mais des nombres symboliques, enveloppés de mystère selon nos traditions. Ces nombres transcendent leur fonction indicative pour évoquer des réalités spirituelles, une nuance que nous explorerons plus loin.

Limites du Signe

Main sur la Bible lors du serment

Même lorsqu’ils pointent vers un lieu sacré, les signes restent ancrés dans le profane. Prenons des exemples concrets : les mots de semestre en maçonnerie, le serment prononcé au tribunal avec le « Je le jure », ou encore les gestes rituels – ces éléments portent une signification sacrée, mais ne recèlent pas d’essence propre. Ils servent de substituts verbaux ou visuels, dépourvus de conscience spirituelle. Pour illustrer cette idée, je me permets de rappeler une planche antérieure où j’avais évoqué les gâteaux « Petit Lu ». Avec leurs 4 oreilles (comme les 4 saisons), 52 dents (comme les 52 semaines) et 12 trous (comme les 12 mois), ces motifs pourraient sembler symboliques. Pourtant, ils restent des signes, car ils ne sont pas habités par une valeur ou une essence spirituelle. Si, par une volonté collective, tous les temples maçonniques remplaçaient demain le Delta rayonnant par ce biscuit, il deviendrait symbole – non par sa nature intrinsèque, mais par l’intention spirituelle qui l’animerait.

II. Le Symbole : Un Pont vers l’Unité

Une Définition Historique et Spirituelle

Passons maintenant au symbole, cœur battant de la maçonnerie. Issu du grec ancien sumbolon (« mettre ensemble », « joindre », « comparer »), ce terme renvoie à une pratique antique : deux contractants brisaient une poterie en deux morceaux, conservant chacun une partie comme preuve de leur entente. Lors d’une rencontre ultérieure, l’emboîtement parfait des fragments scellait leur volonté commune. Le symbole, ainsi, est un outil de réunion, un appel à « rassembler ce qui est épars », un travail d’unité autour d’un centre.

À l’opposé, la division trouve son expression dans le mot « diable » (diabolos), qui sépare, désunit. Les religions, cherchant à consolider leur pouvoir, ont souvent remplacé le symbole par l’image de Dieu, posant le diable – puis Lucifer, l’ange déchu et porteur de lumière – comme son antagoniste. En maçonnerie, cette dualité se manifeste dans la tension entre Lumière et Ténèbres. Imaginons un point central entouré de 360 points : la Lumière est unique, les Ténèbres multiples. Même en superposant trois cercles de 1080 points, le centre reste un, indivisible. Entre ce centre et la périphérie s’affrontent deux forces : le diabolos qui divise, et le sumbolon qui unit, oscillant comme les deux faces d’une pièce en rotation.

Le Travail Maçonnique : Trouver l’Équilibre

Thich Nhat Hanh

La maçonnerie, outil neutre et objectif, invite à transcender cette dualité sans s’y opposer ni se comparer. Elle guide vers le centre, l’harmonie, au-delà des trois complexes identifiés par Thich Nhat Hanh : supériorité, infériorité, et – trop fréquent en loge – égalité. Le chemin vers l’unité est solitaire, un « Pas Sage » effectué dans le vide central, qu’il faut apprendre à aimer. Comme le soulignait Oscar Wilde : « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »

En loge, cette quête commence avec l’Apprenti au Septentrion, mot latin signifiant « les 7 bœufs de labour ». Il doit labourer sa terre intérieure, un processus alchimique de solve et coagula – dissolution et coagulation –, semblable à la mort du grain de blé pour sa renaissance. Face à lui, le Midi réunit, car à midi, l’ombre portée est minimale, symbolisant la verticalité et l’unité solaire, ce point central tant recherché.

Une Danse Symbolique en Loge

Observons le Frère ou la Sœur Maître des Cérémonies, armé(e) d’une canne, ouvrant la voie avec une énergie féminine, attirant comme la Lune. Derrière, le Frère ou la Sœur Expert, avec son épée, pousse avec une force masculine, comme le Soleil. Le maçon, lien central, doit se tenir entre ces deux polarités, en rectitude, aligné comme le fil à plomb du V.I.T.R.I.O.L. Chez les Égyptiens, le pharaon incarnait cette unité en croisant les bras : dans sa main gauche, le sceptre Heka (crochet, féminin, recevant), dans sa droite, le fouet flagellum (masculin, donnant). Lors de la chaîne d’union, l’énergie dextrogyre – passant à gauche et revenant à droite – célèbre ce mariage des opposés, une alchimie des contraires.

III. L’Égrégore : Un Réveil Intérieur, Pas une Fusion Collective

Carl Gustav Jung

La loge baigne dans ces énergies symboliques, où rien n’est neutre. Nous y venons pour nous initier – commencer le chemin intérieur – et, avec persévérance, atteindre l’égrégore. Ce terme, souvent mal compris comme un esprit collectif à la Jung, est une erreur. Issu du grec egrègoraô (« faire lever », « éveiller »), l’égrégore désigne un réveil personnel, un alignement vertical, non une réunion rassurante. La maçonnerie n’est ni un sport d’équipe, ni une thérapie pour panser les blessures de l’âme, ni un centre de formation idéologique. Contrairement au coaching – héritier des cochers guidant des coches –, elle est une voie solitaire où la fraternité soutient, sans accompagner. Le centre n’accueille qu’une seule place.

IV. Une Réflexion sur la Pratique Maçonnique

Les Pièges de l’Intellectualisme

J’invite maintenant vos lumières : comment une franc-maçonnerie axée sur des débats intellectuels – laïcité, fin de vie, OGM avec des intervenants parfois superficiels – pourrait-elle mener à l’unité et à l’éveil ? Ces discussions, si distrayantes soient-elles, encouragent la division, le diabolos, loin de la sagesse maçonnique. Une tenue peut s’achever sur un consensus après deux heures de négociation, mais le mois suivant, un nouveau thème relance la discorde. Où est l’harmonie dans cette gymnastique mentale ?

Une Diversité à Préserver

Je n’impose pas une maçonnerie symboliste aux 160 000 maçonnes et maçons de France. Beaucoup démissionneraient par incompatibilité, et tous ne sont pas prêts à en saisir les arcanes, exigeant patience et travail. Dans une société avide de vitesse, beaucoup préfèrent le superficiel, courant après les grades ou les plateaux comme d’autres chassent l’argent – un veau d’or moderne. Chacun doit pratiquer selon sa capacité, mais gare à ce que la médiocrité ne ternisse pas l’Art Royal, évitant ainsi le sort de certaines églises vidées de leur symbolisme, réduites à des dogmes nostalgiques.

Une Transmission Exemplaire

Que les Maîtres, nourris de symbolisme, transmettent par leur exemplarité le sens profond de notre pratique. Ainsi, chaque Frère ou Sœur pourra un jour déclarer : « Chaque matin, je sens cet alignement en moi, me reliant aux trois règnes – minéral, végétal, animal – et à mon essence. » Alors, oui, le maçon travaillera à l’amélioration de l’humanité, libre, ambassadeur de l’univers, unissant pieds sur terre, tête dans les étoiles, et mains dans une chaîne d’union universelle.

Le serment maçonnique

Dans l’enceinte sacrée d’une loge, où les murmures des siècles résonnent sous la voûte étoilée, j’ai choisi d’aborder un sujet aussi rare qu’inhabituel en franc-maçonnerie : le serment. Ce thème, peu souvent exploré dans nos travaux, demande une approche prudente, compte tenu du temps limité dont nous disposons. Pourtant, je m’autoriserai quelques audaces, une bourrasque printanière en somme, avec l’espoir que des esprits plus éclairés que le mien apporteront leurs lumières pour enrichir cette réflexion.

Si, par inadvertance, je venais à décevoir certains d’entre vous, je vous présente par avance mes excuses les plus sincères. Ce voyage initiatique, à travers l’historique, la définition et la spécificité du serment maçonnique, vise à éclairer son rôle d’outil de liberté, de fidélité à la tradition et d’engagement librement consenti.

I. Comprendre le Serment : Définition et Enracinement Historique

Qu’est-ce qu’un Serment ?

Le Serment (Dionysos Tsokos, 1849) illustre une cérémonie d’initiation : le pope semble être Grigórios Phléssas, le combattant Theódoros Kolokotrónis.

Le mot « serment » tire ses racines du latin sacramentum, signifiant « sacré ». Le sacré, par essence, inspire un respect profond, une vénération, et revêt un caractère inviolable. Un serment est ainsi une affirmation solennelle, un jurement, une promesse prononcée en invoquant une entité ou un objet sacré – qu’il s’agisse d’une divinité, d’un symbole moral ou d’un gage de bonne foi. Prononcé en public, il devient un témoignage de sincérité et de fidélité envers ceux qui le reçoivent, un engagement irrévocable.

Universel à travers les âges et les civilisations, le serment se structure généralement en trois parties distinctes :

  1. L’invocation (invocare, appeler à l’aide), une prière adressée à une divinité ou une puissance garante.
  2. La promesse (promissa, ce que l’on s’engage à faire), cœur de l’engagement.
  3. L’imprécation (imprecatio, souhait de malheur), qui énonce les sanctions encourues en cas de parjure.

Cette triade, vieille comme le droit lui-même, repose sur un principe juridique ancestral : nul engagement n’a de force sans sanction. Dès l’Antiquité, les châtiments imaginés étaient aussi variés que cruels – Charlemagne ordonnait la mutilation de la main, tandis que les rituels maçonniques évoquaient des supplices comme la gorge tranchée ou la langue arrachée, symboles d’une rupture morale et spirituelle.

Un Pilier de Confiance à Travers l’Histoire

2 mains posées sur le Bible pour le serment

Depuis la nuit des temps, les sociétés humaines, comme les individus, ont eu besoin de confiance pour s’organiser, entreprendre et préserver leurs acquis – sociaux, culturels, religieux ou initiatiques. Cette confiance, moteur de notre distinction du monde animal, s’est souvent cristallisée autour du serment. Quelques exemples illustrent cette universalité :

  • Au Moyen Âge, un marché se concluait par une poignée de main sur le champ de foire, avec l’adage « cochon qui s’en dédit ».
  • Dans le système féodal, le vassal prêtait allégeance au suzerain, la félonie étant la pire des trahisons.
  • En 1789, les révolutionnaires du serment du Jeu de Paume affirmèrent leur détermination face au marquis de Dreux-Brézé : « Dites à votre Maître, nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. »
  • Le citoyen témoigne sous serment de dire « la vérité, toute la vérité », sous peine de faux témoignage.
  • Le serment d’Hippocrate guide les médecins, tandis qu’aux États-Unis, les immigrants prêtent serment sur la Bible et le drapeau.
  • Dans les sociétés primitives, le pacte de sang scellait une fraternité indéfectible, et même le Christ, dans l’humilité, offrit son sang comme symbole ultime.
  • Les chevaliers, par l’adoubement, juraient fidélité à leur ordre.

Pour arracher un sourire fraternel, évoquons aussi le serment de l’ivrogne ou du joueur, aussi légers que des vapeurs d’alcool, ou encore les serments d’amour, souvent aussi éphémères qu’un souffle. Ces exemples, qu’ils soient graves ou ludiques, soulignent un objectif commun : garantir une déclaration sur un fait passé, une promesse pour l’avenir. Le serment maçonnique, avec son caractère promissoire, s’inscrit dans cette lignée, mais avec une spécificité qui le distingue.

II. Le Serment Maçonnique : Un Acte de Transformation

Un Moment Clé de l’Initiation

Le serment maçonnique occupe une place centrale, pour ne pas dire primordiale, dans la cérémonie d’initiation. Il provoque un bouleversement mental, des modifications cognitives et des évocations d’états d’être inédits. Solennel par sa dénomination, il se déploie en plusieurs étapes entrelacées, marquant un passage irréversible.

Les Étapes du Serment

  1. Le Cabinet de Réflexion : Avant même la cérémonie, l’impétrant rédige un testament philosophique, incluant un engagement écrit envers l’Ordre, signé en pleine conscience – comme le rappelait Corneille, « quiconque écrit s’engage ».
  2. Les Avertissements Progressifs : Le Vénérable Maître, depuis sa chaire, interroge à plusieurs reprises l’impétrant, le prévenant des étapes à venir et des engagements croissants, jusqu’à l’avertissement final : au-delà, il ne pourra plus se rétracter.
  3. La Coupe d’Amertume : Une libation symbolique, empreinte de remords, scelle un nouvel engagement.
  4. Les Épreuves : À travers les épreuves de l’air, de l’eau et du feu, l’impétrant réitère son acceptation.
  5. Le Serment Solennel : Agenouillé à l’autel des serments, les yeux bandés, il prononce :
    « Moi …, de ma propre et libre volonté, en présence du GADLU et de cette respectable loge de Francs-Maçons, je jure et promets solennellement et sincèrement de ne jamais révéler aucun des mystères de la Franc-Maçonnerie qui vont m’être confiés et de ne m’entretenir qu’avec de bons et légitimes maçons ou dans une loge régulièrement constituée. Je promets d’aimer mes FF:., de les secourir, de leur venir en aide en toute circonstance. Aussi, je préfèrerais avoir la gorge coupée et la langue arrachée plutôt que de manquer à mon serment et d’être rejeté comme parjure. »

Une Gestuelle Chargée de Symboles

Bible et 3 grandes Lumières
Bible ouverte avec équerre, compas dans le Temple. Serment

Ce serment, prononcé à l’autel des serments – au pluriel, en prévision des degrés futurs –, s’accompagne d’une gestuelle unique. L’impétrant, en pantoufles, agenouillé sur une jambe formant une équerre, pose la main droite sur le Volume de la Loi Sacrée et tient le compas, branches ouvertes à 90°, une pointe sur le cœur, l’autre vers le ciel. Ce geste unit matière et esprit, invoquant le GADLU comme créateur sacré. Le compas devient une antenne, offrant l’âme pour recevoir la lumière qui forge un homme nouveau. Dante, évoquant la Divinité, écrivait : « Celui qui par son compas marque les limites du monde et règle dedans tout ce qui se voit et tout ce qui est caché. » Cette appartenance, paradoxalement, se vit comme « une liberté perdue pour une liberté éternelle ».

Le bandeau retiré, l’impétrant découvre les épées pointées vers lui et le parjure, allongé sur un drap noir, tête vers l’occident, sans gants ni tablier, un linge sanglant sur le cœur. Cette image, rare dans les serments profanes, symbolise la mort spirituelle du traître, dont le cœur est « soudé » au GADLU par l’initiation. Un proverbe berbère éclaire cette démarche : « Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens. » Le combat hors du temple, pour rester digne de cet engagement « en toute circonstance », devient alors une quête quotidienne.

Les Imprécations : Symbole ou Réalité ?

Les imprécations – gorge tranchée, langue arrachée – intriguent. Aucun apprenti ne croit réellement à leur application littérale aujourd’hui. Mais pourquoi les avoir conservées dans le passage de l’opératif au spéculatif, alors que leur nécessité pratique a disparu ? La réponse réside dans la tradition, ce fil vivant qui relie notre passé à notre avenir. Renoncer à ces racines reviendrait à trahir notre histoire. Ces sanctions, bien que symboliques, structurent notre spiritualité : violer le serment menace notre élévation, nous transformant en nos propres bourreaux. Erasme le disait : « L’Homme ne naît pas, l’Homme il le devient. » Le serment, en révélant nos imperfections, devient un outil de liberté, un devoir de les corriger.

La pénalité de la langue arrachée, liée au signe d’ordre, vise la parole pervertie du parjure. Privé de parole, il ne peut plus donner les mots de reconnaissance ni restituer la parole sacrée, brisant son lien avec le Volume de la Loi Sacrée, où s’ouvre l’Évangile de Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. » C’est seulement après ce serment que l’impétrant, devenu néophyte, est créé, constitué et reçu franc-maçon.

III. Conclusion : Un Chemin vers la Lumière

Prêter serment est un acte rare, que beaucoup ne connaîtront jamais. J’ai tenté de montrer que, contrairement aux engagements profanes – souvent laïcisés, formels et parfois oubliés –, le serment maçonnique, pris sur les trois grandes lumières sous le regard du GADLU, marque la naissance de l’initié. C’est le premier pas vers une reconstruction métaphysique, du matériel vers le spirituel. Un sartrien pourrait dire : « Un homme est ce qu’il fait de lui-même. » Dans ce secret alchimique d’engagements, de promesses et de sanctions, méditons cette phrase de Tolstoï dans Anna Karénine :

« Si ce n’était que la raison pure, ce serait un vêtement de mousseline incapable de protéger du froid. » Que ce serment, vivace à chaque tenue, nous guide avec humilité vers une lumière toujours plus grande.

Le voyage ou la conquête des mondes

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Le voyage est depuis toujours au centre de tous les imaginaires humains. S’appuyant sur les mythes, l’auteur montre en quoi le voyage est par nature  » initiatique  » et au c?ur de la dialectique sédentaire et nomade. Il explore les figures archétypales du voyageur, du chevalier errant, du savant cosmopolite. Il montre en quoi le voyage est une tentative de reliance avec l’altérité, ce qui relie à la fois le ici et le là-bas, ce qui unit ces pôles contradictoires que sont le foyer et l’aventure.

Ainsi le contact avec l’étrange et l’étranger, l’ambiguïté que cela induit, le poly-culturisme que la reliance sociale qui y est inhérente, ouvre à des références diverses et permet d’accéder à une plénitude que le rationalisme et le positivisme ne lui accorde pas : le voyage est une ouverture constante à un ailleurs autrement où  » une présence invisible  » se fait sentir.

AUTEUR

 Michel Maffesoli a construit une oeuvre autour de la question du lien social communautaire, de la prévalence de l’imaginaire et de la vie quotidienne dans les sociétés contemporaines. Directeur de la revue Sociétés, il est également secrétaire général du Centre de recherche sur l’imaginaire et membre du comité scientifique de plusieurs revues internationales, notamment Social Movement Studies, Space and Culture et Sociologia Internationalis.
Michel Maffesoli a reçu le Grand Prix des Sciences humaines de l’Académie française en 1992 pour La transfiguration du politique. Il est vice-président de l’Institut international de Sociologie, fondé en 1893 par René Worms, et membre de l’Institut universitaire de France depuis septembre 2008,

Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, traduits dans une quinzaine de langues dont :
– Le Grand Orient : les lumières sont éteintes
– La franc-maçonnerie peut-elle réenchanter le monde ?
– Apologie : Autobiographie intellectuelle