Newslan titrait cette semaine : «L’Inde fait partie de la mascarade maçonnique»
Les rivalités nationales sont une farce. Toutes les nations sont contrôlées par la faction de gauche (communiste) ou de droite (sioniste) de la franc-maçonnerie. La franc-maçonnerie est un instrument du cartel bancaire Rothschild. Nous avons donné nos cartes de crédit à des gens qui nous haïssent et nous détruisent.
Trump et Netanyahu sont francs-maçons et membres du Chabad, une secte juive génocidaire qui croit en l’extermination de tous ceux qui croient en Dieu, y compris les Juifs assimilés, en utilisant une fausse guerre mondiale comme couverture.
Lecteur : « Je confirme une fois de plus que vous avez raison sur la façon dont fonctionne le monde.
Et cela aide à répondre à la question de savoir pourquoi les Indiens sont célèbres dans le monde entier.
« Au cœur de la plus grande société secrète d’Inde : les francs-maçons »
« La franc-maçonnerie britannique est pratiquée en Inde depuis les années 1730… Il existe actuellement plus de 500 loges en Inde et la Grande Loge de l’Inde est située à Park Street, Calcutta
Les francs-maçons indiens que nous connaissons incluent :
– Le sage spirituel hindou populaire Swami Vivekananda
– JRD Tata, fondateur de la dynastie industrielle Tata
– Motilal Nehru, père du premier Premier ministre indien Jawaharlal Nehru
Les journaux de bord sont publics ! Trump a voyagé sept fois dans l’avion d’Epstein ! Trump prétend ne jamais l’avoir fait. C’est un menteur éhonté.
Makow a une intuition : le véritable rôle de Trump est de discréditer tout ce que MAGA (race, religion, patriotisme et famille) représente et d’ouvrir la voie au communisme mondial.
Trump fera pour les États-Unis ce qu’Hitler a fait pour l’Allemagne. En général, le sionisme est une fausse opposition au communisme.
Joachim Hakobyan – Les Rothschild jusqu’aux oreilles dans le scandale Epstein
Il [Epstein] a déclaré que Trump était presque « fonctionnellement analphabète », mais qu’il lisait les potins du New York Post . Il était « incapable » de lire un bilan, et tout « acte de gentillesse » qu’il accomplirait serait un accident… C’est une personne terrible.
Il n’a aucune morale… Il est méchant avec ses meilleurs amis, leurs femmes, tous ceux dont il essaie de gagner la confiance, et il utilise cette confiance pour leur faire du mal [en référence à sa manie de coucher avec les femmes de ses amis] … Il est charmant, mais sournois. D’une certaine manière, c’est une tragédie qu’il croie à ses propres conneries. Il a des illusions de grandeur.
C’est ainsi que Trump est décrit par ses collègues pédophiles.
Le complot antimaçonnique et antijuif à encore de beaux jours !!!
Non seulement c’est un incroyable palais urbain que vous pouvez visiter, mais il contient également toute l’histoire de la loge franc-maçonnique aux premiers jours de Buenos Aires. À quelques pas de l’Obélisque, un palais de Buenos Aires abrite un pan essentiel de notre histoire politique, symbolique et culturelle. Mieux encore, il est ouvert au public lors de visites guidées. Découvrez le palais de Cangallo, siège de la franc-maçonnerie à Buenos Aires.
Il s’agit du Palais Cangallo, le palais transformé en temple de la franc-maçonnerie que vous pouvez visiter lors de visites guidées.
Derrière sa façade néoclassique, aux colonnes monumentales et au design symétrique, le Palais Cangallo abrite un temple maçonnique, une bibliothèque historique et le Grand Temple : une salle cérémonielle couronnée d’un plafond étoilé et d’une fresque centrale représentant « l’Énergie Universelle », œuvre de l’artiste Enrique Fabris.
Chaque espace du Palais Cangallo est imprégné de symbolisme, de rituels et de références, car il s’agit du siège de la franc-maçonnerie à Buenos Aires. L’architecture du Palais Cangallo a été conçue par l’ingénieur Carlos E. Pellegrini et réalisée par Francisco Tamburini, également architecte du Théâtre Colón.
Bien que privé et réservé aux membres, ce temple maçonnique ouvre ses portes au public pour des événements spéciaux et des visites guidées organisées par la Grande Loge. Au cours de la visite, vous pourrez explorer les salles historiques, comprendre la signification des symboles et découvrir l’héritage de personnalités telles que Mitre, Sarmiento, Yrigoyen et Palacios, tous maçons.
Comment participer aux visites guidées du Palais de Cangallo
Des visites guidées du palais de Cangallo ont lieu à des dates précises et nécessitent une inscription préalable sur le site officiel de la Grande Loge ou sur les réseaux sociaux. Elles sont ouvertes à tous les publics et constituent une expérience fortement recommandée pour découvrir l’architecture, le patrimoine culturel et l’histoire de cet incroyable palais.
De notre confrère elnacional.com – Par Mario Múnera Muñoz
Dans l’univers intemporel de la franc-maçonnerie, où les symboles et les enseignements initiatiques guident les âmes vers la lumière, un thème profond et universel résonne avec une clarté nouvelle : l’apego (attachement) et le desapego (détachement). Inspiré par un article récent signé Mario Múnera Muñoz, passé Grand Maître, intitulé « Obreros de Hiram Abiff : El apego y el desapego », nous explorons ce chemin spirituel qui invite à transcender les chaînes invisibles pour atteindre une conscience supérieure.
Alors que le monde moderne s’agite dans ses désirs, cet enseignement maçonnique offre une réflexion lumineuse sur la transformation intérieure, un écho aux sagesses anciennes de Rumi, du Bouddha et du Maître Jésus.
Un Chemin de Lumière sans Fardeaux
Le voyage spirituel, loin d’être une fuite du monde, est une traversée empreinte de légèreté. Comme l’écrit Múnera Muñoz, « le chemin spirituel ne consiste pas à fuir le monde, mais à le parcourir avec légèreté, sans chaînes invisibles ». Cette idée, magnifiée par les mots du poète soufi Mevlana Jalaluddin Rumi – « Tu n’es pas une goutte dans l’océan. Tu es tout l’océan dans une goutte » –, invite à reconnaître la grandeur de notre essence divine, même dans la petitesse de notre existence terrestre. Le desapego devient alors le fil d’Ariane qui guide hors du labyrinthe des apegos, ces attachements qui pèsent sur l’âme et voilent la conscience.
Dans la tradition maçonnique, où Hiram Abiff symbolise l’ouvrier par excellence, l’initiation est une invitation à se libérer des désirs matériels et des illusions du pouvoir. L’auteur souligne que sans desapego, aucun sentier de lumière ne peut être pleinement parcouru. L’apego, en distordant la perception du savoir, transforme le maçon en « mago negro » (mage noir), utilisant le knowledge pour dominer plutôt que pour s’élever. Cette métamorphose alchimique – passer du plomb de l’ego à l’or de l’être – est au cœur de la quête initiatique.
Les Racines de l’Apego : Une Leçon Universelle
Pourquoi l’humanité s’enferme-t-elle dans l’apego ? Múnera Muñoz nous ramène aux enseignements du Bouddha, qui identifiait le désir comme la source de la souffrance. Lorsque nous entrons dans ce « plan de souffrance », voilés de la sagesse intuitive de notre esprit, notre mission est d’« ouvrir la conscience ». L’exemple du Maître Jésus, formé dès sept ans par les Esséniens dans les monastères des montagnes, illustre cette préparation à une mission supérieure. Jésus, transcendant les lois duales de ce monde, nous a légué un chemin de desapego avec ces mots : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renie son ego, prenne sa croix et me suive » (Matthieu 16:24). Cette croix, symbole de renoncement, devient un outil de libération.
L’apego naît de notre incapacité à contrôler les pensées et les jugements d’autrui. Pourtant, comme le souligne l’auteur, ce que nous pouvons maîtriser – notre paix intérieure – est la clé du desapego. Une maxime éclaire cette voie : « Travaille en équipe, ne sois pas le meilleur, fais que l’équipe le soit. » Ce principe rejette les objectifs matériels au profit du service désintéressé, un idéal qui résonne avec l’éthique maçonnique de construire un temple intérieur pour le bien commun.
Le Desapego : Un Art de Vivre et une Mort Initiatique
Le desapego, loin d’être une simple abstention, est un art cultivé par la pratique et l’autoconnaissance. Le bouddhisme enseigne que « la souffrance naît de l’apego », tandis que le taoïsme compare l’âme libre à l’eau qui coule sans s’accrocher. Vivre pleinement, sans peur de perdre, c’est aimer sans conditions. Cette liberté intérieure culmine dans ce que Múnera Muñoz appelle la « Muerte Initiatique », un symbole de transformation où l’individu meurt à son ego, ses dogmes et ses ambitions pour renaître dans un état supérieur de conscience.
Cette alchimie spirituelle évoque le mythe du Phénix : se consumer pour renaître implique de lâcher prise sur l’ancienne identité. Le bouddhisme précise que la « mort de l’ego » précède le réveil, un processus continu qui exige un desapego authentique, au-delà d’une simple intellectualisation. Sans cette dissolution, l’initiation reste un exercice stérile, où l’ego, gonflé par la vanité, obscurcit la compréhension du sentier sacré.
Une Invitation à la Transcendance
Pierre Brute, ciseau, maillet,
Alors que les loges maçonniques vibrent de nouveaux travaux, l’enseignement d’« Obreros de Hiram Abiff » résonne comme un appel à la transcendance. Le desapego n’est pas une négation de la vie, mais une célébration de sa fluidité. Il nous invite à nous détacher des illusions – pouvoir, possessions, reconnaissance – pour embrasser notre essence divine, cet « océan dans une goutte » dont parlait Rumi.
Mario Múnera Muñoz, avec sa plume inspirée, nous rappelle que la véritable initiation est un acte de courage : mourir à soi-même pour renaître dans la lumière.
Que chaque maçon, ouvrier du temple intérieur, prenne cette leçon comme un guide, sculptant sa pierre brute avec la grâce du desapego, pour que la fraternité illumine le monde d’une conscience éveillée.
Sous la couverture discrète de cette édition en format de poche, se cache une parole d’une puissance immémoriale : la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d’Olympe de Gouges.
Élise Pavy-Guilbert, maîtresse de conférences à l’université Bordeaux Montaigne et membre de l’Institut Universitaire de France, en orchestrant cette réédition, ne se contente pas de reproduire un monument littéraire et politique ; elle nous tend une clé, une invitation à franchir le seuil d’un texte qui transcende son siècle pour frapper au cœur du nôtre. La sobriété apparente de l’ouvrage GF Flammarion – en 60 ans, plus de 1000 titres de littérature et de philosophie classiques à son catalogue –, dissimule un double mouvement : la restitution d’une voix essentielle et sa réinscription dans le fil ininterrompu des combats pour la dignité humaine.
LeFranc de Pompignan
Dans le tumulte incandescent de la Révolution française, là où les idéaux naissants se heurtent aux dogmes enracinés, surgit la figure d’Olympe de Gouges, femme d’audace et de flamme, dont la parole fend la nuit comme une comète dans un ciel obscurci. Née Marie Gouze à Montauban, en ce printemps du 7 mai 1748, elle porte déjà en son sang une fracture originelle : fille d’Anne Olympe Mouisset, soupçonnée d’avoir été aimée du poète Jean-Jacques Lefranc, marquis de Pompignan, dit Lefranc de Pompignan (1709 – 1784), elle semble marquée dès l’origine par l’ombre et la lumière, par l’illégitimité et l’élan vers la grandeur.
Portrait de Olympe de Gouges par Alexandre Kucharski (XVIIIe siècle)
Sa vie sera une métamorphose initiatique.
Mariée trop jeune à Louis-Yves Aubry, elle connaît la répulsion d’un destin imposé et s’en libère, veuve ou fugitive selon les récits, pour monter à Paris. Là, elle se façonne une nouvelle identité, choisissant le nom d’Olympe de Gouges comme on choisit un destin.
À Paris, elle fréquente les salons, explore les théâtres, affine son verbe et se nourrit des idées des Lumières. Sa plume devient son épée ! Elle écrit des pièces comme Zamore et Mirza, où elle s’élève contre l’esclavage, affrontant déjà la résistance d’une société qui refuse d’entendre une femme parler d’humanité. Chaque page qu’elle trace est un acte de désobéissance, chaque phrase un éclat de conscience. Elle ne sépare jamais l’intime du politique, ni l’émotion de la raison.
Olympe de Gouges, buste et Déclaration – Assemblée nationale
Quand elle rédige, en 1791, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle ne répond pas seulement à la Déclaration masculine de 1789. Elle dévoile la faille, le mensonge d’une révolution qui se prétend universelle tout en excluant la moitié de l’humanité. Elle y inscrit cette phrase fulgurante : «La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Ce n’est pas qu’une revendication. C’est un cri métaphysique, un appel à l’équilibre des forces.
Olympe de Gouges est, en cela, une véritable alchimiste des idées : elle tente la transmutation d’une société de plomb en une cité d’or, où l’homme et la femme seraient deux colonnes égales soutenant l’édifice. Ses écrits sur l’égalité des sexes, la reconnaissance des enfants naturels, le divorce ou les droits des Noirs ne sont pas des propositions isolées ; ils dessinent une vision globale de l’humanité libérée. Elle perçoit un ordre supérieur aux lois humaines, un ordre où la complémentarité prime sur la domination. Mais ce chemin est celui de l’épreuve : après l’enthousiasme des débuts révolutionnaires, elle s’oppose à l’exécution de Louis XVI, dénonce la Terreur, affronte Robespierre et Marat. Associée aux Girondins, ces modérés qui veulent une révolution sans sang, elle finit par payer de sa vie la force de sa parole. Le 3 novembre 1793, elle gravit les marches de la guillotine avec la dignité d’une prêtresse sacrifiée, offrant sa tête au nom d’une vérité plus grande qu’elle.
Anonyme, Olympe de Gouges. Mine de plomb et aquarelle, XVIIIe siècle. Musée du Louvre.
Lire cette Déclaration, c’est ressentir la présence vive d’une femme qui refuse de plier. Son écriture est plurielle, éclatée, comme si elle cherchait par tous les genres littéraires à atteindre cette vérité qui échappe aux discours uniques. Dans cette course contre l’obscurité, chaque phrase porte la densité d’une ultime parole. Et ce volume, réédité en 2025 dans la collection « Littérature et civilisation », restitue cette tension. Il n’est pas uniquement un document d’archive mais est une écriture brûlante, vivante, qui nous interpelle directement. Olympe de Gouges n’écrit pas seulement pour ses contemporains… elle s’adresse à nous, héritiers lointains, pour nous rappeler qu’aucune liberté n’est réelle tant qu’elle exclut l’autre. Son texte est une lame qui fend le voile de l’hypocrisie révolutionnaire : « … et la femme ? Où est-elle dans cette République naissante ? Qui lui rend sa voix ? … »
Plaque au 18 rue Servandoni, Paris 6e arr., où vécut Olympe de Gouges
Dans l’architecture même du livre, Élise Pavy-Guilbert agit comme une initiatrice. Sa présentation situe Olympe dans son siècle sans la réduire à un objet historique. Elle la relie aux luttes contemporaines, montrant combien cette voix demeure active. Le dossier qu’elle compose – « La voix, la force et la cause publiques », « L’égalité : entre violence et modération », « Liberté, Égalité, Humanité », « Des écrits et des actes » – n’est pas un commentaire. C’est un véritable qui nous mène de la parole à l’action, du cri individuel à l’universel, et nous place face à la question : que faisons-nous aujourd’hui de ce legs ?
Olympe de Gouges à l’échafaud
Ce texte n’est pas gravé tel une gloire mémorielle. Il est un ferment, une flamme. Il porte en lui une force initiatique que l’on peut lire dans une perspective maçonnique :
Olympe de Gouges s’élève comme la colonne manquante du Temple révolutionnaire.
La Révolution des hommes avait érigé une seule colonne, celle de la Liberté masculine, mais le Temple restait bancal. En érigeant sa Déclaration, elle place la seconde colonne : celle de la reconnaissance féminine, non comme simple adjuvante mais comme égale et complémentaire. Elle rétablit la dualité sacrée, ce couple fondateur qui, dans la symbolique hermétique, reflète l’harmonie cosmique. À travers ses mots, nous entendons l’écho d’un ancien mystère car aucun ordre social, aucun progrès spirituel n’est complet tant que le féminin est rejeté dans l’ombre.
Plaque Olympe de Gouges, 4 rue du Buis Paris XVI
Élise Pavy-Guilbert souligne cet aspect avec justesse. En resituant la Déclaration dans une trajectoire de vie, elle nous montre une femme entière : dramaturge, militante, mère, amante libre, citoyenne. Et c’est ce mélange de chair et d’esprit qui rend son texte bouleversant. Nous ne lisons pas un traité abstrait, mais un cri incarné. Le format modeste du livre, sa simplicité apparente, rendent presque plus saisissant le contraste avec la grandeur de ce qu’il contient. Comme une pierre discrète mais précieuse, il se glisse dans une poche, mais il contient un monde.
Et lorsque nous refermons ce livre, un silence habité s’installe. Il nous oblige à nous interroger.
Que reste-t-il de la promesse d’Olympe de Gouges ?
Avons-nous accompli son rêve ou sommes-nous encore en chemin ? Ce petit volume n’est pas un objet clos. Il est un point de départ.
Élise Pavy-Guilbert
Ainsi, en offrant cette édition, Élise Pavy-Guilbert dépasse la simple érudition. Elle devient une passeuse entre les siècles, une sœur d’âme qui veille à ce que la lumière d’Olympe de Gouges ne soit pas étouffée.
Et nous, en recevant ce livre, devenons les maillons d’une chaîne, les gardiens d’une mémoire vivante, et peut-être les artisans de l’égalité encore à venir.
Olympe de Gouges
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Dans les temples discrets de la franc-maçonnerie, où le symbolisme et la quête intérieure règnent en maîtres, un sujet rarement abordé à voix haute émerge avec une force insidieuse : l’orgueil. Ce sentiment, souvent perçu comme un vice humain universel, prend une dimension particulière au sein de cette fraternité initiatique, où l’humilité devrait être la pierre angulaire de l’édifice spirituel. Ce thème : « L’orgueil du Maçon », nous invite à explorer cette dualité avec une réflexion profonde et lucide.
Alors que les loges reprendont leurs travaux après l’été, plongeons dès maintenant dans cette analyse pour comprendre comment l’orgueil, tel un cancer, menace l’harmonie de la franc-maçonnerie, et comment une transmutation alchimique pourrait en faire une force de renaissance.
Pourquoi Parler d’Orgueil dans une Loge ?
À première vue, aborder l’orgueil dans une loge peut sembler incongru, tant le travail maçonnique se concentre sur les symboles – le compas, l’équerre, la pierre brute – et leur interprétation philosophique. Pourtant, « l’orgueil est au maçon ce que le mirage est au désespéré qui erre dans le désert » : une illusion irrésistible, nécessaire à son épanouissement, mais dangereuse s’il n’en devient pas le maître. Ce thème, bien que sociologique en apparence, touche au cœur de l’initiation :
transformer ses faiblesses en vertus. L’orgueil, s’il n’est pas dompté, risque de gangrener la fraternité, transformant un espace de lumière en un champ de rivalités stériles.
La franc-maçonnerie, fondée sur la dualité – soleil/lune, blanc/noir du pavé mosaïque, orient/occident – reconnaît l’orgueil comme l’antithèse de l’humilité, ce « humus » grec symbolisant la terre, que chaque Apprenti effleure en passant la porte basse lors de son initiation. Cette humilité, ancrée dans le concret, contraste avec l’orgueil, décrit comme une vacuité, une illusion née d’un manque intérieur. Comprendre cette dynamique devient donc essentiel pour préserver l’essence même de l’enseignement maçonnique.
L’Orgueil : Une Illusion à Dompter
Henri Bergson
Henri Bergson, distingue l’orgueil de la vanité : l’orgueil est un « amour solitaire de soi-même », un désir de dominer autrui par comparaison, tandis que la vanité cherche l’approbation externe, révélant une humilité sous-jacente. L’orgueil maçonnique, lui, naît souvent d’une peur fondamentale : celle de perdre sa place d’« élu », d’être dilué par l’autre. Cette schizophrénie – besoin de reconnaissance mêlé de négation – conduit à une dynamique toxique où le maçon s’isole, s’opposant à la fraternité qu’il prétend servir.
Illustrons cette idée par une métaphore puissante : « les ténèbres n’existent pas en tant qu’entité, elles ne résultent que d’une absence de lumière ». De même, l’orgueil n’est qu’une absence d’humilité. Le maçon véritable, ayant traversé les grades d’Apprenti, de Compagnon et de Maître, s’aligne comme un fil à plomb, ancré dans sa terre intérieure. Il n’a pas besoin de surpasser autrui, il « est » simplement. En revanche, celui qui esquive l’intensité des épreuves initiatiques comble ses vides par l’intellectualisation et l’agitation, semant la discorde dans la loge.
Les Manifestations de l’Orgueil : Un Poison Fraternel
Auguste Comte
L’orgueil, lorsqu’il s’installe, fracture la loge. Comme l’a écrit Auguste Comte, « l’orgueil nous divise encore davantage que l’intérêt ». Les débats deviennent des joutes, les rivalités éclipsent la quête commune. Le maçon orgueilleux perçoit les Apprentis comme des novices insignifiants, les Compagnons comme des subalternes, et les Maîtres comme des concurrents à écraser. Son tablier, symbole d’humilité, se mue en trophée, et les plateaux – ces charges officielles – en distinctions vaniteuses. L’auteur ironise sur ces félicitations prématurées en début d’année, alors que le vrai mérite se juge en fin de cycle, après un travail accompli.
Cette dérive s’accompagne d’une perte de l’unité dualiste chère à la maçonnerie. Le masculin et le féminin, autrefois complémentaires, deviennent des camps opposés.
L’orgueil spirituel, une forme particulièrement insidieuse, voit certains se proclamer « ambassadeurs du Grand Architecte », exhibant titres et rituels avec une fausse modestie.
Masqués sous une apparente abnégation, ces maçons risquent de corrompre l’esprit fraternel, transformant la loge en un théâtre d’ego.
L’Orgueil Masqué : La Modestie Perverse
Explorons maintenant une catégorie fascinante : les « modestes », dont La Rochefoucauld disait qu’ils atteignent « le plus haut degré de l’orgueil ». Jules Renard renchérit : « Sois modeste ! C’est le genre d’orgueil qui déplaît le moins ». Cette modestie feinte, loin de l’humilité authentique, est une stratégie pour maintenir une supériorité subtile. Antoine de Rivarol avertit : « Il faut faire mourir l’orgueil sans le blesser. Car s’il est blessé, il ne meurt pas. » Blessé, l’orgueil gonfle, s’éloignant davantage de la réalité et de l’intelligence du cœur.
Une Solution Alchimique : Transformer l’Orgueil en Humilité
Face à ce « cancer », la franc-maçonnerie offre une voie de guérison. Voyons l’orgueil comme une matière première, un antimoine alchimique à transmuter en pierre philosophale. Les initiations, avec leurs cycles de dissolution et de coagulation – le solve et coagula – invitent à déconstruire cet orgueil pour reconstruire une essence d’humilité. Ce parfum d’humanité, ressenti dans les loges harmonieuses, devient le remède.
Plutôt que de combattre l’orgueil d’autrui, pourquoi ne pas l’utiliser comme un miroir ? « ce qui nous rend l’orgueil des autres insupportable, c’est qu’il blesse le nôtre ». Chaque agacement devient une opportunité de gratitude envers ce « partenaire involontaire » qui révèle nos propres failles. En quittant la comparaison pour « être », le maçon s’affranchit du monde infernal de l’ego.
Une Réflexion Universelle
Thich Nhat Hanh
Thich Nhat Hanh, identifie trois complexes qui gangrènent l’humain : supériorité, infériorité et… égalité – Le problème de base vient de la comparaison. Ramenant au célèbre « Connais-toi toi-même » des initiations c’est une proposition de juste rencentrage. L’orgueil atteint son paroxysme avec le tablier de Maître, qui, pour certains, devient un paravent séparant plutôt qu’une passerelle reliant. Ce constat, volontairement provocateur, vise à réveiller :
« Les maçons se répartissent naturellement en trois classes : les vaniteux, les orgueilleux et les autres. Mais je n’ai pas encore rencontré les autres »
Paraphrase de Auguste Detoeuf.
Vers une Franc-Maçonnerie Guérie
Alors que les loges vibrent de nouveaux travaux, l’orgueil reste un défi majeur. Ce « cancer » menace l’unité, transformant la quête de lumière en une course à l’éclat personnel. Pourtant, la franc-maçonnerie, avec ses outils symboliques et sa philosophie alchimique, offre une cure : dompter l’orgueil par l’humilité, le transmuter en une force d’union. En s’inspirant du fil à plomb et du solve / coagula, chaque maçon peut devenir un artisan de sa propre renaissance, faisant de la loge un sanctuaire où rayonner, plutôt que briller égoïstement.
Ainsi, l’orgueil, loin d’être une fatalité, devient une invitation à grandir – pour le bien de tous.
Le Grand Orient de France, qu’on ne présente plus, offre dans ses loges toutes les facettes de la démarche maçonnique dans un éclectisme total : mixité ou non, presque tous les rites possibles et imaginables, en France et à l’étranger, en Français ou dans d’autres langues (anglais, espagnol, etc.), pour croyants et non croyants, etc.
Pour gouverner cette fédération de 1399 loges réparties à la surface du globe il y a un conseil d’administration (appelé conseil de l’ordre) qui gère un budget de près de 10 millions d’euros, composé de 37 conseillers élus au suffrage indirect par les 17 congrès régionaux.
Chaque année un tiers des membres du conseil de l’ordre est renouvelé (pour un mandat de 3 ans). Cette année 13 nouveaux élus vont prendre leurs fonctions à l’occasion du convent de Bordeaux de la fin août. Le nouveau conseil de 37 membres qui regroupe les anciens (mandats restant de 1 ou 2 années) et les nouveaux, aura en particulier à élire un nouveau grand maître ; le GM actuel Nicolas Pénin arrivant à la fin de son mandat de 3 ans au Conseil de l’Ordre dont 1 an comme Grand Maître, n’est plus éligible.
Rue Cadet devant la librairie DETRAD à côté du GODF
On peut d’ailleurs s’interroger sur la difficulté d’exercer la fonction de Grand Maître, mais aussi celle des vice-présidents pour une durée si courte sans assurance d’une réélection pour ceux qui accèdent à leurs fonctions en début de mandat. Ne pourrait-on pas imaginer que les présidents et vice-présidents voient leurs mandats automatiquement prolongés pour assumer trois années consécutives ? D’autres modalités pourraient aussi être trouvées pour aboutir au même résultat !
Un conseil de l’ordre du GODF, c’est 37 bénévoles qui ont décidé de consacrer une grande partie de leurs disponibilités pour participer au partage des tâches d’une organisation sociale qui s’étend sur toute la planète ; si la plupart des loges se trouve en France, de nombreuses loges du GODF existent aussi à l’étranger.
Que peut-on dire de ce nouveau conseil de l’ordre du GODF ?
Un temple du Grand Orient de France situé au siège de la rue Cadet à Paris -Crédit Photo GODF
D’un point de vue géographique, 25 viennent de province, deux des DOM-TOM, un d’un pays étranger et neuf de la région parisienne (ce fameux noyau parisien qu’on accuse parfois de faire la pluie et le beau temps rue Cadet)
Tous ont de très belles carrières professionnelles dans des domaines très variés. Le temps où les enseignants étaient majoritaires est révolu ! Aujourd’hui au conseil de l’ordre du GODF, ils sont minoritaires.
Tout d’abord, il faut noter la montée en puissance de la représentation féminine avec cette année quatre sœurs qui ont été élues et parmi elles deux sœurs d’origine chilienne anciennes réfugiées.
Une majorité de retraités : 22 retraités (dont 2 en cumul emploi retraite) et 15 actifs. Parmi les actifs, six fonctionnaires, cinq salariés, trois chefs d’entreprise et une profession libérale. Globalement on notera une majorité de fonctionnaires (retraités ou actifs).
Un conseil de l’ordre plutôt âgé : 32 de plus de 60 ans (dont 14 de plus de 70 ans)
Loge maçonnique de Versailles – GLDF
Mais quand même deux « jeunes » dans la tranche des 40-50 ans !
Un conseil formé de têtes bien remplies, la plupart Bac+3 et plus mais à noter un frère ayant suivi une filière professionnelle. Parmi les plus diplômés, un agrégé, un médecin, 4 ingénieurs, deux doctorants et un HEC. Il est clair que bénéficier d’un tel panel n’est pas donné à toutes les organisations sociales !
Et cerise sur le gâteau, il y a même dans ce conseil de l’ordre un artiste !
En matière d’ancienneté maçonnique, la fourchette va de 15 à 45 ans d’ancienneté : 10 entre 15 et 19 ans, 12 entre 20 et 29, 15 entre 30 et 45 ans. La grande majorité a assuré le parcours classique : offices de la loge — > offices du congrès régional —> offices du convent et — > candidatures ay conseil de l’ordre !
Un conseil de l’ordre pour quoi faire ?
Pour se rendre compte de la diversité des tâches à réaliser il suffit de prendre connaissance des intitulés des fonctions principales :
Grand Maître, Président du Conseil de l’Ordre
Grand Maître Adjoint République, Laïcité et Éducation en charge du rayonnement des valeurs obédientielles
Grand Maître Adjoint Extériorisations en charge des questions sociétales
Grand Maître Adjoint Maçonnisme et en charge des relations avec les Juridictions
Grand Orateur
Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures
Grand Secrétaire aux Affaires Intérieures Adjoint
Grand Secrétaire aux Affaires Extérieures
Grand Secrétaire aux Affaires Extérieures Adjoint
Grand Trésorier
Grand Trésorier Adjoint
Garde des Sceaux et du Timbre
Grand Hospitalier
Loge du GODF La Rochelle. (Crédit photo Hugo Marsault – Journaliste pour France Bleu)
…et aussi des fonctions des GRANDS OFFICIERS DÉLÉGUÉS
à la gestion et la programmation immobilière
en charge de la « fabrique d’idées »
à la vie obédientielle et aux candidatures
aux solidarités et pauvreté
à la Laïcité et à la commémoration de la loi de 1905
à la Jeunesse et à la vie étudiante
en charge d’une réflexion sur l’amélioration du fonctionnement de l’Obédience, et sur le renouvellement et l’attrition de ses membres
A la Mémoire et aux Valeurs de la République
aux Amériques et Caraïbes
à la réflexion sur la démocratie et les libertés Aziz HADI à l’Immobilier, à la rénovation des bâtiments et à la SCI Cadet International
à la vie obédientielle et aux commissions nationales
auprès du Grand Maître en charge de la prospective et de la coordination obédientielle
à la réflexion sur la fin de vie, à la santé et aux droits des femmes et des enfants
à l’Europe
à la culture, au musée, aux archives et à la bibliothèque
à la réflexion sur la place du sport dans la société
à la vie obédientielle et à l’animation régionale
Des contraintes à prendre en compte
Comme on l’imagine, il y a de grandes questions politiques et philosophiques et aussi des questions de gestion en particulier immobilière et des ressources humaines.
Plus grande obédience libérale francophone, mais aussi obédience phare reconnue dans de nombreuses régions du globe, le Grand Orient de France fonctionne sur deux axes principaux :
le convent annuel : les décisions conventuelles votées fixent des objectifs et des priorités
le conseil de l’ordre : il met en œuvre les décisions conventuelles !
Le convent 2025 se déroulera à Bordeaux fin août et de ses travaux dépendra la feuille de route du prochain conseil de l’ordre.
On a coutume de reprocher au GODF son engagement sur des questions de société et en particulier sa vigilance quand au respect de « la discrétion » du pouvoir religieux dans la gestion des affaires publiques. Mais en réalité, l’histoire récente prouve bien que ce sujet fondamental est toujours d’actualités ! Les pouvoirs religieux ont une propension à vouloir imposer leurs dogmes à des sociétés multiculturelles qui évoluent vers une reconnaissance de la non-croyance ! Que cela soit les évangélistes avec Donald Trump ou les islamistes extrémistes iraniens, sans parler de l’appropriation d’une laïcité dévoyée par le Rassemblement National, il y a matière à s’inquiéter d’une éventuelle incompréhension du caractère bienveillant pour tous du principe de laïcité.
Le GODF est la première obédience en Europe comme dans les P.-O et l’Aude mais ce n’est pas la seule. (Crédit photo : Nicolas Parent)
L’unité de la famille maçonnique au sens large en France, en Europe et dans le Monde est aussi un sujet de réflexion qui exige diplomatie et bienveillance afin de réaliser une unité qui ne soit pas vécue comme sectaire et dirigiste. Le temps est peut-être venu d’imaginer un renforcement des liens entre les différentes obédiences européennes et mondiales. Saluons à ce propos le travail réalisé par la commission conventuelle « Fraternités européennes ».
Que l’on soit maçon (ne) ou non, nous pouvons être fiers de l’administration du GODF qui fonctionne dans l’ombre sous l’autorité d’une personnalité dont on parle peu mais qui assume tous les problèmes quotidiens pouvant survenir entre l’obédience et les loges.
La question de la présidence de ce nouveau conseil se pose naturellement car il est clair que le profil idéal varie selon les différentes sensibilités.
Un homme, une femme ? Un « jeune » ambitieux, ou un vieux « has been » ? Un réformiste convaincu ou un conservateur camouflé derrière une dialectique somnolente ? Un-e « symbolique » ou un-e sociétal-e» ? Un-e gestionnaire rigoureux (se) ou un-e laxiste dépensier-e ?
Tant de questions qui trouveront réponse dans un mois !
De notre confrère leparisien.fr – Par Guénaèle Calant
À Jouarre, une petite commune de Seine-et-Marne, l’actualité judiciaire récente a mis en lumière une affaire impliquant Fabien Vallée, maire en poste depuis 2014. Jugé les 1er et 2 juillet 2025 devant le tribunal correctionnel de Meaux aux côtés de deux entrepreneurs locaux, Marc L. et Frédéric S., l’élu est accusé de favoritisme et de prise illégale d’intérêts dans l’attribution de marchés publics entre 2016 et 2022.
Malgré l’absence de détails exhaustifs dans les informations disponibles, cette affaire soulève des questions sur la transparence dans la gestion municipale et les liens potentiels avec des réseaux fraternels, notamment maçonniques. Voici une analyse complète basée sur les éléments accessibles, tout en tenant compte des limites des données.
Contexte de l’Affaire
Fabien Vallée, âgé de 47 ans, a comparu pour des faits présumés liés à l’octroi de contrats dans les domaines de la voirie, des espaces verts et des services informatiques. Selon les premières indications, ces marchés auraient été attribués à Marc L., 53 ans, dirigeant d’entreprises spécialisées dans les travaux publics et l’entretien des espaces verts, et Frédéric S., 43 ans, prestataire informatique. L’enquête, déclenchée semble-t-il par un signalement des élus d’opposition en 2021, suggère que ces attributions auraient pu contourner les règles de mise en concurrence, posant la question d’un éventuel favoritisme.Un élément intrigant mentionné dans les premiers rapports est l’hypothèse d’une influence liée à la fraternité maçonnique. Cette allégation, bien que non confirmée, repose sur l’idée que Vallée et les entrepreneurs pourraient partager des affiliations communes, un aspect qui alimente les spéculations mais reste à prouver. Le maire, de son côté, a fermement nié toute irrégularité, affirmant agir dans l’intérêt de sa commune et respecter les procédures légales.
Déroulement de l’Audience
Lors des deux jours d’audience, le tribunal correctionnel de Meaux a examiné les preuves et les témoignages, dans un dossier qualifié de « techniquement complexe » par l’intéressé. Vallée a insisté sur sa bonne foi, arguant que les choix effectués répondaient aux besoins de Jouarre et que les appels d’offres avaient été menés selon les normes. Les entrepreneurs mis en cause ont également défendu leur intégrité, contestant toute entente préjudiciable.
Le parquet, quant à lui, a requis des peines de prison avec sursis, sans exécution provisoire, ainsi que des amendes et des mesures d’inéligibilité pour Vallée. Pour Marc L. et Frédéric S., des peines similaires ont été demandées, accompagnées d’exclusions des marchés publics. Ces réquisitions reflètent la gravité perçue des accusations, bien que les détails précis des faits – montants impliqués, preuves matérielles ou irrégularités spécifiques – restent flous en l’absence d’accès complet à l’article du Parisien ou aux actes judiciaires.
Réactions et Implications Politiques
L’opposition municipale, menée par Rodolphe Benkovic et Philippe Rimbert, a dénoncé un manque de transparence, reprochant à Vallée de n’avoir jamais informé le conseil municipal de la procédure. Cette critique a ravivé les tensions locales, certains élus appelant à retirer ses délégations de pouvoir.
Vallée, conscient des enjeux, a exprimé son inquiétude quant à une éventuelle succession, soulignant son dévouement de 17 ans au service de la commune. « Si c’est le constat après tout ce travail, c’est ce qui me tuera le plus », a-t-il déclaré, suggérant que le timing du procès, à l’approche des municipales, pourrait être stratégique. La communauté de Jouarre reste divisée. Certains habitants soutiennent leur maire, valorisant ses réalisations, tandis que d’autres s’interrogent sur la gestion des fonds publics.
L’hypothèse maçonnique, bien que non étayée, a suscité des débats, certains y voyant une tentative d’expliquer des décisions opaques, tandis que d’autres y perçoivent une rumeur infondée amplifiée par la médiatisation.
Analyse et Perspectives
Mairie de Jouarre, commune française de Seine-et-Marne (Île-de-France)
Sans accès aux preuves détaillées ou au délibéré prévu pour le 14 octobre 2025, il est prématuré de conclure. Cependant, cette affaire illustre les défis de la gouvernance locale, où les liens personnels ou professionnels peuvent être perçus comme des conflits d’intérêts. Le favoritisme, s’il était avéré, violerait les principes d’égalité d’accès aux marchés publics, un enjeu crucial pour la confiance des citoyens envers leurs élus.
L’allusion à la franc-maçonnerie, bien que spéculative, rappelle des précédents où des réseaux fraternels ont été soupçonnés d’influencer des décisions politiques ou économiques. Sans éléments concrets, cette piste reste hypothétique, mais elle souligne la sensibilité autour de ces affiliations dans les affaires judiciaires. Vallée, présumé innocent jusqu’au jugement définitif, a demandé une audience prolongée pour clarifier les aspects techniques, démontrant sa volonté de défendre sa réputation.
Conclusion
L’affaire Fabien Vallée place Jouarre sous les projecteurs judiciaires, révélant les tensions inhérentes à la gestion communale et les soupçons de favoritisme. Alors que le délibéré du 14 octobre approchera, les habitants et les observateurs attendent des réponses claires. Cette situation, bien que localisée, reflète des enjeux plus larges de transparence et d’éthique publique en France. En attendant, le maire de Jouarre continue d’assumer ses fonctions, porté par sa conviction d’avoir agi dans l’intérêt général, tandis que l’ombre d’une possible inéligibilité plane sur son avenir politique.
Cette affaire, encore en suspens, invite à une réflexion sur les mécanismes de contrôle démocratique et les limites de la confiance accordée aux élus locaux.
En préambule, je me dois de préciser que le sujet de ce travail n’est pas uniquement propre au 18ème degré, mais la notion de Devoir est rappelée sans cesse dans nos rituels, dès le degré d’Apprenti et en suivant, jusqu’à ce degré du 18 où en qualité de CRC, il prend de plus en plus de hauteur car il concerne notre relation à nous-mêmes et aussi surtout notre relation au Monde.
Cette maxime qui fait l’intitulé de ce travail, remonte aux temps lointains de l’époque médiévale et elle était le socle de l’engagement des Chevaliers qui pratiquaient ainsi, dans la plus stricte observance, leur code d’honneur. C’est donc pour nous, Chevalier Rose Croix, une invitation très sérieuse à nous interroger sur le sens profond de cette affirmation, qui avec une grande connotation morale, nous édicte en fait une règle de comportement.
Cette sentence s’articule en deux parties;
l’une, consacrée à la notion de Devoir, tel que nous pouvons le concevoir en Maçonnerie;
l’autre, sur l’idée d’agir sans se préoccuper des résultats de l’action, dans un esprit de
lâcher-prise en faisant confiance, avec la conscience tranquille et ainsi libérée. Mais s’agit-il il vraiment d’un désintérêt.
Développement :
Depuis que je suis entré en maçonnerie, mes oreilles n’ont cessé d’entendre le mot : « Devoir ». Ce mot est sans cesse martelé dans nos rituels. A différents degrés, il nous est rappelé comme condition de fond de notre engagement. Mais de quel devoir s’agit-il ?
Envers soi- même, envers la société, envers ses Soeurs et Frères, envers l’humanité ?
Le livre de la connaissance
Comme notre rituel nous le souligne dans une formule énigmatique : « il est plus facile de faire son devoir que de le connaître ». La question posée, et peut-être aussi la difficulté qui en découle, concerne bien la connaissance de ce Devoir.
En effet, le parcours maçonnique nous met en présence de plusieurs sentences portant sur les devoirs. Au fur et à mesure de l’initiation, le rituel nous oblige à des devoirs, qui selon les degrés franchis apparaissent ou bien disparaissent, suivant une déclinaison chaque fois différente. Mais le lien entre ces diverses sentences paraît discontinu car chaque degré successif insiste sur un aspect particulier des devoirs, semblant correspondre à la progression acquise. Ce Devoir est ainsi multiforme dans son expression affichée.
Il nous faut donc dépasser cette forme changeante pour trouver l’idée sous le symbole. Il faut chercher une vision plus synthétique de ces composantes pour essayer d’aboutir à la notion plus conceptuelle du « Devoir » avec un grand D.
La question qui pourrait aider notre interrogation pourrait être la suivante :
Le Devoir connaît il une limite ? Est-il limité ou illimité, est-ce une obligation extérieure ou intérieure, commande-t’il une tâche finie ou infinie ? Et doit-on en attendre un résultat tangible pour mesurer le résultat de notre action ?
Il m’a semblé intéressant de me pencher sur ces deux approches possibles, à caractère plutôt philosophique, pour approcher la compréhension de ce Devoir, dont on nous parle tant, et dont on a tant de mal à poser la définition. Les maçons ont il opté pour une morale infinie ou au contraire finie, absolue ou relative ?
Selon le philosophe Kant, considéré comme le penseur de la morale formelle, le devoir est illimité, absolu. Il résulte d’une exigence qui s’impose à tous, celle du Bien pour tous.
La loi morale, chez Kant, a un caractère d’universalité. Elle est le fruit de la Raison, elle présente une approche intellectuelle, principielle, hors du contexte réel dans lequel elle pourrait jouer.
Elle est détachée du résultat, bonne ou mauvaise action. Avoir agi par devoir, c’est d’abord avoir agi en accord avec sa raison, sans attente du résultat comme preuve, sans être associé au sentiment de plaisir d’avoir abouti. C’est la volonté, comme cause interne, qui me met sur la voie de cette exigence par principe. L’accomplissement de l’action n’est motivé que par le respect que ma raison accorde à la loi morale. Car il n’y a pas justement de limite si ce n’est le Bien pour Tous sans cas particuliers, comme une règle de comportement normatif, une éthique en quelque sorte.
Ainsi elle est complètement désintéressée par définition. Elle est une loi pure, générale aux circonstances, provenant d’un principe supérieur de faire le Bien car il en est de l’Humanité dans son ensemble. Elle est détachée du contexte historique, comme le Décalogue, les 10 commandements. Il y’a un côté désincarné, séparant la vie matérielle de l’Homme pour s’attacher essentiellement à son être spirituel. Elle surplombe ainsi toute vie matérielle, comme une doctrine du comportement quelque soit le contexte de temps et d’espace.
C’est une vision du Devoir qui est répandue en Maçonnerie, un peu comme une règle générale de bonne conduite, être en accord surtout avec ses principes, hors contexte, avec une forme de satisfaction intellectuelle, confiant dans une éthique exigeante et respectée guidant son comportement.
Il y a une forme d’intellectualisme que beaucoup de maçons, essentiellement des Hauts Grades, apprécient comme un code d’éthique, un code de bonne conduite en quelque sorte. Ce qui est vertueux en soi bien sûr, car cela rajoute, aux devoirs profanes habituels, une couche de devoir moral à caractère général qui peut donner un sens supérieur à une existence d’Homme.
Bijou maçonnique du grade de chevalier rose-croix.
Mais cette approche peut manquer d’incarnation et rester dans le cadre théorique, coupée des contingences de la vie dans toutes ces vicissitudes. Pour autant, il peut exister une autre voie plus concrète de respect de la Loi morale. Il faut en effet construire le monde, agir Hic et Nunc, sur le champ, ici et maintenant. Cette autre approche a été développée par d’autres courants philosophiques qui ont mis l’accent plutôt sur la notion « d’obligation morale ».
Ce sont les causes externes qui obligent au Devoir envers Autrui; c’est le partage ainsi qu’une forme d’identification à l’Autre qui nous oblige à nous positionner; au contraire de la démarche de Kant, qui elle , est déclenchée par un esprit de volonté pure, systémique, émanant d’une démarche formelle de principe, adoptée comme cause interne de l’action.
Cette obligation au Devoir envers nos semblables est dictée par un esprit de « réparation » devant les maux de l’existence. Cela relève du domaine de l’action concrète. C’est la Vie qui commande, avec sa limite la Mort, et cet intervalle d’existence semé de joies et de peines. Par solidarité en quelque sorte, par identification, le maçon se reconnaît dans ce parcours commun à tous les hommes. C’est cette humaine condition qui fait naître l’universel en soi et donc l’obligation morale de compatir, de réparer sinon d’adoucir. C’est paradoxalement le singulier, la circonstance rencontrée, qui nous amènent à l’universel en nous. C’est un acte de partage et de solidarité qui nous oblige.
Le Temple de la Rose-Croix, gravure du Speculum Sophicum Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse des Rose-Croix) de Teophilus Schweighardt Constantiens (pseudonyme de Daniel Mögling), 1618.
Mais bien évidemment, cette initiative est délimitée par la restriction de ne pouvoir réaliser que ce qui dépend de nous, et dont nous serions capables. Et ça nous ramène à la position à adopter en matière de devoir. En qualité de maçon, où je situe mon devoir ? Dans une morale à l’exigence infinie, ou au contraire limitée à ce à quoi je peux répondre ?
Je pense, pour ma part, que le maçon doit concilier les deux, s’inscrire dans l’Eternel tout en vivant son humaine condition dans son Siècle. Concilier le Haut avec le Bas. Le spirituel avec le matériel. Et ne jamais oublier l’Esprit dans la Matière. Rendre visible l’invisible. Ce qui nous ramène à une forme de Sagesse pratique et réaliste que l’on retrouve chez Montaigne qui s’appuie sur Socrate lorsqu’il nous dit : « Fais ce pourquoi tu es fait et connais-toi toi-même » Car l’on ne peut donner que ce que l’on possède.
Conclusion:
Il est donc plus facile de faire son devoir que de le connaître.
Le Devoir n’est pas défini comme un mode opératoire. Il laisse la place à la hauteur à laquelle chacun veut le situer. Le Devoir est un concept-symbole qui a une portée de plus en plus grande au fur et à mesure de la progression en degrés, du secret de l’Apprenti à l’Amour universel. Le maçon va agir en conscience, face à lui même, et dans son intériorité, il fera ce qu’il doit. Fidèle à ses serments prononcés et qui l’ont façonné, il concevra lui même, et tout seul, l’ampleur de la tâche. Car c’est justement en rapport de l’ampleur de la tâche, que le devoir doit être évalué.
C’est ainsi que l’action sera Juste.
Conscient d’avoir respecté ses engagements et d’avoir agi avec un cœur vaillant, il assumera le résultat de son action, en toute responsabilité morale. Ainsi il pourra dire comme les Anciens : « Alea jacta est ». Le sort en est jeté, advienne que pourra.
Désirs ? Singulier ou pluriels ? Nul ne peut y échapper. Et les lexiques sont variés.
Y verrait-on ce que le latin italo-celtique traduit par le sémantisme *avere, désirer avidement ? Ce qui rend audacieux, avide, avare ? Ce qui permet d’oser en projetant son imagination plus loin que les certitudes de réussite ?
Serait-ce le désir qui enflamme en affriolant, c’est-à-dire en brûlant jusqu’à donnant la sensation de frire ?
Le désir est associé à la chair, à l’amour fou, au souffle du baiser, à la bouche qui le suscite. Apollinaire évoque ainsi celle de Madeleine « Je vous ai vue, ô porte rouge, gouffre de mon désir »
Désir d’apaiser la soif, eau fraîche, oasis, caravane qui porte vers elle.
« Quand vers toi mes désirs partent en caravane/ Tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis » Baudelaire.
Le désir est immanquablement en écho d’un manque, d’une frustration.
Source d’imaginaire pervers quand il se combine à la jalousie et à l’absence. Se fomentent alors les pires fantasmes masculins d’enfermement et de désir de soumission, même et surtout à distance. Le désir s’exacerbe dans l’exigence de chasteté, dans la transgression de l’interdit, dans la violence exercée sur l’être inférieur, jusqu’à la sophistication des chefs-d’œuvre de serrurerie et autres mutilations rituelles et religieuses sur soi-même ou l’autre, féminin de préférence. Il n’est que de voir les corsets imposés aux femmes, propres à réfréner le « désir d’amour », tout en exacerbant celui de la gente masculine…
Le sémantisme indo-européen *kuep- désigne ce qui bouillonne. Le latin en infère le lexique du désir violent, cupidité, convoitise, Cupidon. La concupiscence, désir ardent qui replonge constamment dans l’ensemble de ses désirs, surtout associés à la sexualité la plus enfouie, est assimilée à la lascivité, que seule réglerait la confession.
De quoi régaler l’oreille indiscrète des directeurs de conscience, religieux ou non, qui y repèrent la libido, le libidineux, la lubie. Ad libitum…
Le sémantisme *wen- exprime l’idée de désirer.
Venin vénéneux peut-être dans la séduction. Celle que suscite Vénus, déesse de l’amour charnel. Et pas seulement le vendredi…
Vénération adressée aux divinités, dans un culte vénérable. Et chaste !
Le désir serait compagnon de la nostalgie, en ce qu’elle est jouissance dans le ressassement des désirs insuffisamment apaisés, qui demandent à être réparés.
Le désir est étymologiquement latin, *sidus, la constellation. Observation sidérale, qui peut sidérer d’émerveillement, quand on considère avec étonnement la quantité considérable d’étoiles dans le ciel nocturne.
*Desiderium, dé-sidérer exprime alors la perte de l’étoile, le manque douloureux que l’on ressent de l’imagination qu’elle suscite.
Ainsi s’esquisse la tentation, le trouble diffus qu’elle dessine.
Désir toujours associé à l’astre, celui qui élève vers d’autres hauteurs, hors de portée. À tel point que qui s’en voit privé est malotru, *male-astrucum !
» Le tentateur n’est pas celui qui met dans l’âme de l’autre un désir qui ne s’y trouverait pas, mais celui qui fait en sorte que l’autre prenne conscience qu’en lui se trouve un désir, aussi infime soit-il. […] Et Adam et Eve de succomber, par désir d’un fruit qui a la saveur de l’inconnu « Eric Fiat, Ode à la fatigue, 2018.
Annick DROGOU
Drôle de mot dont l’étymologie nous révèle qu’il est tombé d’une étoile. Mot profané par la psychologie des profondeurs quand on l’a confondu avec le fantasme. Vain mot quand la philosophie de nos livres de classe terminale l’opposait à la volonté, seule digne de respect.
Pauvre désir orphelin de l’étoile, permanente nostalgie qui frémit telle une vibration de boussole pour quiconque cherche l’essentiel en contemplant la voûte étoilée. De quel repère, de quel souvenir, de quelle destination, le désir est-il l’expression ? Vers quoi, vers où nous tire ce désir ? Ce désir comme une météorite enfouie, le legs d’un essentiel besoin qu’on croyait abandonné. Chercheurs d’étoile, chérissez le désir.
Quiconque a vu la série des tapisseries de La Dame à la licorne au musée de Cluny, à Paris, s’interroge sans fin sur la signification de la formule « À mon seul désir » qui préside à la sixième tapisserie, les cinq autres étant consacrées aux cinq sens, vue, ouïe, odorat, goût et toucher. Quel est donc ce « seul » désir, ce sixième sens ? Où est-il ? Dans l’infini stellaire assurément.
Au cœur de l’Europe, la Suisse déploie depuis près de trois siècles un paysage maçonnique à la fois discret et foisonnant. Terre de neutralité et de dialogue, elle a su accueillir, dans ses vallées et ses cités, une véritable mosaïque d’obédiences et de rites, où se reflètent les idéaux des Lumières tout autant que les échos des grandes crises politiques du continent.
Des premières loges du XVIIIe siècle aux initiatives contemporaines, la Franc-Maçonnerie helvétique incarne une tradition vivante, résiliente et plurielle, oscillant entre régularité et libéralisme, introspection symbolique et ouverture humaniste.
La Suisse geographique
C’est cette odyssée, où l’équerre trace des chemins de raison et le compas des cercles de fraternité, que nous vous invitons à parcourir avant de poursuivre notre itinéraire initiatique vers d’autres horizons européens.
Née en 1736, la Franc-Maçonnerie suisse s’est rapidement imposée comme un pilier de la sociabilité initiatique en Europe, portant en elle la diversité des traditions, des rites et des philosophies. Elle a traversé des périodes de prospérité, de crises et de renouveau, marquées notamment par les initiatives antimaçonniques de 1937 et de 2015. Aujourd’hui encore, en 2025, le paysage maçonnique helvétique se distingue par sa richesse et sa pluralité : des obédiences masculines, féminines, mixtes, libérales ou régulières y coexistent, pratiquant une variété de rites et de sensibilités.
Cet article vous propose d’explorer en profondeur cette histoire singulière, ses orientations philosophiques, ses effectifs*, ses rites et les défis politiques auxquels elle a été confrontée, à travers les principales obédiences suisses : la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA), la Fédération Suisse du Droit Humain, la Grande Loge Féminine de Suisse (GLFS), la Grande Loge Mixte de Suisse (GLMS), la Grande Loge Symbolique Helvétique (GLSH), le Grand Orient de Suisse (GOS), Lithos – Confédération de Loges, et la Ligue Universelle des Francs-Maçons (LUF).
Une histoire maçonnique ancrée dans le siècle des Lumières
La Franc-Maçonnerie suisse émerge en 1736 avec l’apparition des premières loges, marquant le début d’une tradition qui s’enracine dans les idéaux des Lumières. En 1740, la loge « La Concorde » est fondée à Zurich, suivie en 1743 par « Les Trois Étoiles Flamboyantes » à Neuchâtel, remplacée en 1791 par « La Bonne Harmonie ». En 1744, une loge s’ouvre à Bâle. Ces premières loges, souvent influencées par les obédiences anglaises, s’organisent progressivement. En 1745, une interdiction des autorités genevoises tente de limiter ces sociétés secrètes, mais elle reste sans effet durable.
En 1769, une dizaine de loges forment la Grande Loge de Genève, bientôt rejointe par d’autres ateliers, bien que certains demeurent sous l’égide de la Grande Loge de Londres. En 1779, le Grand Prieuré d’Helvétie se constitue comme une puissance maçonnique indépendante, marquant une étape vers l’autonomie. Cependant, la Révolution française entraîne deux interruptions majeures : de 1792 à 1802, puis de 1813 à 1815, malgré une reprise temporaire sous l’influence des loges militaires napoléoniennes.
En 1822, la Grande Loge Nationale de Berne et le Grand Prieuré d’Helvétie fusionnent pour former la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) en 1842, tandis que les hauts grades rectifiés restent sous l’autorité du Grand Prieuré. En 1873, le Suprême Conseil de Suisse est créé pour les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté (REAA). Le Convent international de Lausanne de 1875 consacre le Grand Architecte de l’Univers comme symbole fondamental du REAA, fixant ses 33 degrés.
Au XXe siècle, la Franc-Maçonnerie suisse s’organise autour de trois structures principales : la GLSA pour les loges symboliques, le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie pour les hauts grades rectifiés, et le Suprême Conseil pour le REAA. L’apparition de loges mixtes et féminines marque une diversification notable : en 1895, une première loge du Droit Humain s’ouvre à Zurich, suivie par la création de la Fédération Suisse du Droit Humain en 1963. En 1964, une loge féminine liée à la Grande Loge Féminine de France voit le jour, aboutissant à la fondation de la Grande Loge Féminine de Suisse (GLFS) en 1976.
Les Obédiences maçonniques suisses : une mosaïque de traditions
1. Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) : le pilier de la régularité
Histoire et genèse : Fondée en 1844, la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) est l’obédience maçonnique la plus ancienne et la plus importante de Suisse, regroupant environ 3 500 membres dans 84 loges en 2025. Reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA), elle incarne la Franc-Maçonnerie « régulière », exclusivement masculine, et travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. Sa création résulte de la fusion de la Grande Loge Nationale et du Grand Prieuré d’Helvétie, marquant une volonté d’unifier la maçonnerie symbolique sous une bannière commune. Historiquement liée au Parti radical, la GLSA a joué un rôle dans la formation de l’État fédéral suisse
Philosophie et orientation : La GLSA se distingue par son attachement aux Anciens Devoirs et à une spiritualité non dogmatique. Bien qu’elle exige une croyance en un Être Suprême, elle prône la liberté de conscience, respectant toutes les convictions sincères. Ses loges, réparties en 48 francophones, 28 germanophones, 5 italophones et 4 anglophones, pratiquent principalement le REAA, mais aussi le Rite Français (RF), le Rite d’Émulation (RE), le Rite de Schroeder (RS) et le Rite Écossais Rectifié (RER). La GLSA promeut une démarche initiatique axée sur l’amélioration personnelle et la fraternité, tout en s’abstenant de discussions politiques ou religieuses en loge.
Effectifs et dynamiques : En 2015, la GLSA comptait environ 4 000 membres dans 85 loges. En 2025, les effectifs se stabilisent autour de 3 500, reflétant une légère baisse due à une concurrence croissante des obédiences libérales et à une diminution du nombre de membres par loge, influencée par des penseurs comme Carl Gustav Jung ou René Guénon, qui ont enrichi la réflexion symbolique. La GLSA reste dynamique grâce à ses initiatives d’ouverture, comme les journées portes ouvertes depuis 2009 et la publication de la revue Alpina et de Masonica par le Groupe de Recherche Alpina (GRA).
Défis Politiques : La GLSA a été confrontée à l’initiative Fonjallaz de 1937, visant à interdire les sociétés secrètes, rejetée par le peuple suisse. En 2015, une tentative de l’UDC valaisanne d’obliger les élus à déclarer leur appartenance maçonnique a échoué, renforçant la discrétion prônée par l’obédience. Sa reconnaissance par la GLUA l’a parfois conduite à rompre avec des obédiences libérales, comme en 1950 avec l’Association Maçonnique Internationale (AMI), qu’elle avait fondée en 1921 pour rapprocher les courants réguliers et libéraux.
2. Fédération Suisse du Droit Humain : l’étendard de la mixité
Histoire et genèse : Fondée en 1963, la Fédération Suisse du Droit Humain, rattachée à l’Ordre Maçonnique Mixte International, tire ses origines d’une loge créée à Zurich en 1895. Première obédience mixte en Suisse, elle promeut l’égalité entre hommes et femmes, avec environ 320 membres en 1987 et une légère croissance depuis. Présente à Lausanne, Genève, Vallorbe, Montreux, Soleure et au Tessin, elle incarne une maçonnerie adogmatique et internationale.
Philosophie et orientation : Le Droit Humain pratique le REAA, offrant un chemin initiatique progressif jusqu’au 33e degré. Ses loges travaillent soit à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, soit au Progrès de l’Humanité, reflétant une approche humaniste et universaliste. Membre du CLIPSAS depuis 1961, il favorise la liberté de conscience et s’engage dans des réflexions sur la laïcité et les droits humains, tout en cultivant des liens fraternels avec d’autres obédiences libérales.
Effectifs et dynamiques : Avec environ 320 membres en 1987, le Droit Humain maintient une taille modeste mais stable, estimée à environ 350 membres en 2025. Son attractivité repose sur sa mixité et son rayonnement international, bien que la concurrence avec des obédiences comme Lithos puisse limiter sa croissance.
Défis politiques : Comme la GLSA, le Droit Humain a été visé par l’initiative Fonjallaz et les tentatives de 2015, auxquelles il s’est opposé en défendant la discrétion maçonnique. Son engagement humaniste le rend sensible aux débats sociétaux, mais il évite les prises de position politiques directes.
3. Grande Loge Féminine de Suisse (GLFS) : la voix des Sœurs
Histoire et genèse
Constituée en 1976 à partir d’une loge fondée en 1964 à Genève sous l’égide de la Grande Loge Féminine de France, la GLFS regroupe environ 400 membres dans 18 loges en 2017, travaillant en français, allemand et italien. Elle répond au besoin d’un espace maçonnique exclusivement féminin, incarnant une quête initiatique spécifique.
Philosophie et orientation : La GLFS propose une démarche initiatique axée sur le perfectionnement moral, intellectuel et spirituel, avec un accent sur l’émancipation culturelle et spirituelle des femmes. Ses loges pratiquent principalement le REAA, mais intègrent également d’autres rites comme le Rite Français. Elle entretient un dialogue harmonieux avec la GLSA pour des travaux non rituels, renforçant la complémentarité entre maçonneries masculine et féminine.
Effectifs et dynamiques : De 300 membres en 1987, la GLFS atteint environ 400 en 2017, un chiffre probablement stable en 2025. Sa croissance modérée reflète son positionnement spécifique, bien que la concurrence avec les obédiences mixtes puisse freiner son expansion.
Défis politiques : La GLFS, comme d’autres obédiences, a été touchée par les initiatives anti-maçonniques de 1937 et 2015. Sa discrétion et son focus sur l’initiation féminine la protègent partiellement des controverses politiques, mais elle reste vigilante face aux pressions publiques.
4. Grande Loge Mixte de Suisse (GLMS) : l’harmonie de la diversité
Histoire et genèse : Fondée en 1999, la Grande Loge Mixte de Suisse (GLMS) regroupe environ 145 membres dans 8 ateliers en 2014, répartis dans les trois régions linguistiques de la Suisse. Elle incarne une maçonnerie adogmatique et mixte, accueillant hommes et femmes dans une démarche égalitaire.
Philosophie et orientation
La GLMS pratique divers rites, dont le REAA et le Rite Français, dans un esprit de liberté de conscience et de tolérance. Ses loges explorent des thématiques philosophiques et sociétales, favorisant un équilibre entre travail initiatique et engagement humaniste. Membre du CLIPSAS, elle s’inscrit dans une tradition libérale et progressiste.
Effectifs et dynamiques : Avec 145 membres en 2014, la GLMS reste une obédience de taille modeste, probablement autour de 150–200 membres en 2025. Son attractivité repose sur sa flexibilité et son inclusivité, bien qu’elle concurrence des obédiences comme Lithos et le Droit Humain.
Défis politiques : Comme ses homologues libérales, la GLMS s’oppose aux initiatives antimaçonniques, défendant la discrétion et la liberté individuelle. Son caractère mixte la rend sensible aux débats sur l’égalité, mais elle évite les engagements politiques explicites.
5. Grande Loge Symbolique Helvétique (GLSH) : L’Héritage Égyptien
Histoire et genèse : La Grande Loge Symbolique Helvétique (GLSH), membre du CLIPSAS depuis 1992, regroupe des loges masculines, féminines et mixtes en Suisse et en France, pratiquant exclusivement le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm. Fondée dans la seconde moitié du XXe siècle, elle se distingue par son attachement aux traditions ésotériques égyptiennes.
Philosophie et orientation : La GLSH se consacre à une maçonnerie initiatique et spirituelle, puisant dans les symboles et rituels du Rite de Memphis-Misraïm. Ses loges explorent des thématiques ésotériques, privilégiant une approche mystique et symbolique. Son caractère adogmatique attire des membres en quête de spiritualité non conventionnelle.
Effectifs et dynamiques : Avec quelques dizaines de membres en 2017, la GLSH reste une obédience de niche, probablement autour de 50–100 membres en 2025. Sa spécificité rituelle limite son expansion, mais elle conserve une audience fidèle parmi les amateurs de maçonnerie égyptienne.
Défis politiques : La GLSH, en raison de sa petite taille, est moins exposée aux initiatives anti-maçonniques, mais elle partage les préoccupations des obédiences libérales face aux pressions publiques.
6. Grand Orient de Suisse (GOS) : la voix de la liberté
Histoire et genèse : Créé en 1959 par des loges francophones issues de la GLSA, le Grand Orient de Suisse (GOS) adopte une approche libérale et adogmatique, proche du Grand Orient de France. En 1967, il prend le nom de Grande Loge de Suisse, avant de revenir à GOS en 1995. En 1987, il fédère 14 loges, un nombre probablement proche de 18–20 en 2025.
Philosophie et orientation : Le GOS pratique divers rites, dont le Rite Français Moderne et le REAA, dans un esprit de liberté de conscience. Ses loges, majoritairement masculines mais ouvertes aux visiteurs mixtes, explorent des questions philosophiques et sociétales, s’inscrivant dans une tradition progressiste. Membre du CLIPSAS, il promeut la tolérance et l’humanisme
Effectifs et dynamiques : Avec environ 200–300 membres en 2025, le GOS reste une obédience modeste mais influente dans la maçonnerie libérale. Son attractivité repose sur son rejet des dogmes et son ouverture aux débats contemporains.[](https://loge-evolution.ch/)
Défis politiques :Le GOS s’oppose fermement aux initiatives anti-maçonniques, défendant la discrétion et la liberté de pensée. Sa proximité avec le Grand Orient de France le rend sensible aux critiques des obédiences régulières.
7. Lithos – Confédération de Loges : l’innovation transnationale
Histoire et genèse :Fondée en 2006 en Belgique, Lithos – Confédération de Loges s’étend à la Suisse avec des loges mixtes comme « L’Amitié » (Genève, 2008), « Septentrion » (Penthalaz, 2012) et « Humanisme et Lumières » (Genève, 2015). Membre du CLIPSAS depuis 2011, elle fédère une trentaine de loges en Belgique, Suisse et Allemagne.
Philosophie et orientation : Lithos adopte une approche adogmatique, pratiquant principalement le Rite Français Moderne. Ses loges, masculines, féminines ou mixtes, sont autonomes dans leur composition et leurs travaux, favorisant une maçonnerie humaniste axée sur les droits humains et les enjeux sociétaux.
Effectifs et dynamiques : Avec environ 100–150 membres en Suisse en 2025, Lithos reste une obédience émergente, attirant des membres par sa flexibilité et son caractère transnational. Sa croissance est limitée par sa relative jeunesse.
Défis politiques : Lithos partage les préoccupations des obédiences libérales face aux initiatives anti-maçonniques, mais son rayonnement international la protège partiellement des pressions locales.
8. Ligue Universelle des Francs-Maçons (LUF) : la plateforme interobédientielle
Histoire et genèse
Fondée en 1905, la Ligue Universelle des Francs-Maçons (LUF) n’est pas une obédience traditionnelle, mais une association sans but lucratif regroupant des maçons actifs de diverses obédiences, agissant à titre individuel. Présente en Suisse et dans d’autres pays, elle vise à renforcer les liens fraternels sans restriction obédientielles.
Philosophie et orientation : La LUF n’initie pas de membres et ne pratique pas de rites, mais sert de plateforme d’échange inter-obédientielle, promouvant les droits humains et la fraternité universelle. Elle s’inscrit dans une démarche humaniste et inclusive, sans distinction de sexe, race ou croyance.
Effectifs et dynamiques : La LUF ne publie pas d’effectifs précis, mais son influence reste limitée en Suisse, avec quelques dizaines de membres actifs en 2025. Son rôle est complémentaire, renforçant la coopération entre obédiences.
Défis politiques : En tant que plateforme non initiatique, la LUF est peu affectée par les initiatives antimaçonniques, mais elle soutient les obédiences dans leur défense de la discrétion.
Les Rites Maçonniques en Suisse
La Suisse se distingue par la diversité de ses rites, reflétant la pluralité de ses obédiences. Le REAA domine, notamment au sein de la GLSA, du Droit Humain et de la GLMS, avec ses 33 degrés et son symbolisme riche. Le Rite Français, pratiqué par Lithos, le GOS et certaines loges de la GLSA, privilégie une approche rationaliste et humaniste. Le Rite d’Émulation, influencé par la tradition anglaise, est présent dans la GLSA, tandis que le Rite de Schroeder et le Rite Écossais Rectifié offrent des approches plus spirituelles. Le Rite de Memphis-Misraïm, exclusif à la GLSH, se distingue par son ésotérisme égyptien. Cette variété reflète la capacité de la Franc-Maçonnerie suisse à intégrer des traditions multiples
« Quand le peuple suisse défend sa liberté d’expression – L’initiative Fonjallaz et la votation du 28 novembre 1937 »
Les défis politiques : entre discrétion et pressions externes
La Franc-Maçonnerie suisse a affronté deux initiatives antimaçonniques majeures. En 1937, l’initiative Fonjallaz, portée par des courants fascistes, visait à interdire les sociétés secrètes, mais fut largement rejetée par le peuple. En 2015, l’UDC valaisanne, soutenue par le PDC, a tenté d’imposer une déclaration obligatoire de l’appartenance maçonnique pour les élus, une mesure jugée illégale par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2007. Cette proposition échoue de justesse, renforçant la défense de la discrétion par les obédiences. Ces événements soulignent la tension entre la discrétion maçonnique et les pressions publiques, particulièrement dans un contexte où la maçonnerie suscite encore méfiance et fantasmes.
Trois régions suisses
La Suisse offre une Franc-Maçonnerie plurielle et résiliente
En 2025, la Franc-Maçonnerie suisse, avec environ 5000 membres, incarne une mosaïque de traditions et de visions. La GLSA, avec sa régularité et ses 3500 membres, domine le paysage, tandis que les obédiences libérales comme le Droit Humain, la GLFS, la GLMS, la GLSH, le GOS et Lithos offrent des alternatives inclusives et adogmatiques. La LUF, bien que non initiatique, complète ce tableau en favorisant l’unité. Malgré les défis politiques, la Franc-Maçonnerie suisse reste un espace de réflexion, de fraternité et de progrès, fidèle à ses racines tout en s’adaptant aux aspirations contemporaines. Comme l’équerre et le compas, elle unit rigueur et ouverture, traçant un chemin vers un monde plus juste et éclairé
Le Groupe de Recherche Alpina : un phare de la recherche maçonnique en Suisse et au-delà…
Histoire et genèse : Fondé en 1985 à Berne, le Groupe de Recherche Alpina (GRA) est une association suisse indépendante qui réunit des Maîtres Francs-Maçons passionnés par l’approfondissement des dimensions historiques, symboliques, philosophiques, littéraires, artistiques et prospectives de la Franc-Maçonnerie. Reconnu officiellement par la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) en 2002, le GRA s’est imposé comme un acteur clé de la recherche maçonnique, non seulement en Suisse, mais aussi à l’échelle internationale. Avec environ 500 membres, dont une trentaine de membres actifs engagés dans des recherches autonomes, le GRA se distingue par son caractère trilingue (français, allemand, italien) et son siège administratif à Lausanne, avec des contacts à Bienne et Orbe.
GRA, site – détail
Le GRA n’est pas une loge au sens classique, mais une plateforme de réflexion et d’échange qui s’adresse aux Maîtres Maçons de diverses obédiences, principalement affiliés à la GLSA, tout en maintenant des liens étroits avec des groupes de recherche maçonnique à travers le monde, comme la Loge Quatuor Coronati en Allemagne ou la Respectable Loge n°1000 Jean Scot Érigène de la Grande Loge de France, avec qui le GRA a des accords. Son autonomie lui permet de transcender les frontières obédientielles, favorisant une approche universaliste de la recherche maçonnique.
Philosophie et orientation : Le GRA a pour vocation d’enrichir la compréhension de la Franc-Maçonnerie à travers une recherche rigoureuse, s’inspirant des standards académiques. Il explore des thématiques variées, allant de l’histoire des rituels et du symbolisme (comme l’étude du « Vrai Catéchisme des Frères Francs-Maçons » ou des travaux sur le Rite Écossais Ancien et Accepté) à des sujets prospectifs, tels que l’adaptation de la maçonnerie aux enjeux sociétaux contemporains.
Masonica, sa revue semestrielle
Publiée depuis 1985 et avec plus de 45 numéros parus, Masonica est un pilier de son activité. Elle propose des articles approfondis, souvent rédigés par des experts comme Michel Jaccard, ancien président du GRA, sur des sujets aussi divers que le guénonisme, les influences de Carl Gustav Jung, ou les liens entre la maçonnerie et les arts (par exemple, le tarot ou les poèmes de Goethe). La revue est diffusée à environ 400 membres correspondants et loges de recherche en Europe, renforçant l’influence du GRA à l’international.
Le GRA produit également des documents clés pour la GLSA, tels que les catéchismes des grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, ainsi que le Guide du Franc-Maçon (publié en deux tomes en 2017 et 2018, en français et allemand). Ces publications, disponibles à la vente, codifient les pratiques rituelles tout en offrant des réflexions philosophiques accessibles aux maçons.
Activités et rayonnement : Le GRA se distingue par ses initiatives dynamiques :Conférences : Le GRA organise des conférences en Suisse et à l’étranger, comme le cycle international de Michel Jaccard en 2015, qui l’a conduit en Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Tasmanie, Singapour et Hong Kong. Ces interventions, souvent publiées (par exemple, Continental Freemasonry, ANZMRC, 2015), témoignent de l’ambition du GRA de rapprocher les maçons à travers le monde.
Publications : Fondée en 1991 par le Groupe de Recherche Alpina (GRA) la revue Masonica est née de la volonté de proposer un espace de publication rigoureux et ouvert, consacré à la recherche maçonnique. Des travaux publiés en français, allemand et italien. Outre Masonica, le GRA diffuse L’Œil du GRA, une newsletter informant les membres des activités maçonniques internationales. Il contribue également à des revues comme Alpina et propose des études ad hoc sur mandat de la GLSA.
Effectifs et dynamiques : Avec environ 500 membres, dont une trentaine de chercheurs actifs, le GRA reste une structure élitiste mais ouverte, accueillant des membres correspondants via une inscription simple. Sa croissance est stable, portée par l’intérêt croissant pour la recherche maçonnique, bien que son audience reste spécialisée en raison de son focus académique. En 2025, le GRA continue d’attirer des maçons en quête de rigueur intellectuelle, tout en s’adaptant aux défis numériques, comme la mise à jour régulière de son site web pour inclure des ressources en anglais et des articles téléchargeables.
Défis et perspectives en 2025
Le GRA, conscient de la nécessité pour la Franc-Maçonnerie de se réinventer, met l’accent sur une recherche prospective. Il souligne que l’étude historique seule ne suffit pas à garantir la pérennité de la maçonnerie face aux défis contemporains, tels que la baisse des effectifs dans certaines obédiences ou la montée des discours antimaçonniques, comme ceux observés en Suisse en 1937 et 2015. Le GRA encourage ainsi des travaux en anthropologie, sociologie, spiritualité et maçonnologie, visant à rendre la maçonnerie attractive pour les nouvelles générations
Après avoir franchi les cols suisses et respiré l’air pur des vallées helvétiques, je vous donne rendez-vous le 28 juillet pour une nouvelle étape de notre itinéraire initiatique. La semaine prochaine, nos pas nous mèneront vers l’Italie, ce carrefour d’histoire et de lumière, où se croisent les ombres des cités antiques, les secrets des loges des Lumières et les échos des renaissances spirituelles. Ne manquez pas ce voyage au cœur d’une terre qui, depuis Rome jusqu’à Florence, de Venise à Naples, a toujours su conjuguer la quête de la beauté et la soif de vérité…
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*Pour mémoire, les effectifs post-2015 sont estimés d’après les informations transmises par nos correspondants(es) helvétiques.