Arthur Groussier (Président du Conseil de l’Ordre du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Ingénieur des Arts et Métiers, syndicaliste et député socialiste, artisan du premier Code du travail, Arthur Groussier (1863-1957) a présidé à cinq reprises le Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France entre 1925 et 1945, avant et après l’interdiction de Vichy. Il a donné son nom au rituel du Rite français encore largement pratiqué : le « Rite français dit Groussier ».

De l’atelier à la Chambre

Portrait de Arthur Groussier
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Arthur Groussier naît le 16 août 1863 à Orléans. Entré à quinze ans à l’École nationale des arts et métiers d’Angers, il en sort ingénieur mécanicien en 1881. Il s’engage dans le syndicalisme et devient au début des années 1890 secrétaire de la Fédération nationale des ouvriers métallurgistes.

Élu député de la Seine en 1893, dans le 10e arrondissement de Paris, il siège jusqu’en 1924, avec une interruption de 1902 à 1906. Socialiste, proche d’Édouard Vaillant, il rejoint la SFIO. En 1895, il se rend à Carmaux aux côtés de Jean Jaurès pendant la grande grève. Président de la commission du travail, il devient en 1917 vice-président de la Chambre.

Le père du Code du travail

Le 14 mars 1896, Groussier propose que la commission du travail rassemble la législation sociale éparse en un code unique. Ce travail de longue haleine aboutit à la loi du 28 décembre 1910, qui promulgue le premier livre du Code du travail, réalisation majeure de sa carrière parlementaire.

Le maçon et le ritualiste

Initié le 29 mai 1885 dans la loge parisienne L’Émancipation, il est élevé à la maîtrise en novembre 1886 et s’affilie en 1892 à la loge Bienfaisance et Progrès. Élu au Conseil de l’Ordre en 1907, il en devient président en 1925, puis à quatre autres reprises : 1927-1930, 1931-1934, 1936-1940 et 1944-1945. De 1927 à 1930, il préside également l’Association maçonnique internationale.

Sous sa direction, le Conseil de l’Ordre engage une révision des rituels. Les nouveaux rituels des trois grades symboliques sont adoptés le 3 avril 1938 et imprimés la même année ; réédités à la Libération, ils trouvent leur forme aboutie en 1955. Ce Rite français dit Groussier, qui réintroduit une part de symbolisme dans une maçonnerie fortement rationaliste, demeure une référence au Grand Orient.

Vichy et la reconstruction

En août 1940, alors que se prépare la loi du 13 août interdisant les sociétés secrètes, Groussier écrit au maréchal Pétain ; l’obédience est néanmoins dissoute et son mandat interrompu.

À la Libération, il reprend la présidence en 1944-1945 et préside à la reconstruction du Grand Orient. Chevalier de la Légion d’honneur en 1937, promu officier en 1952, il meurt le 6 février 1957 à Enghien-les-Bains, à l’âge de quatre-vingt-treize ans.

Repères

  • Naissance : 16 août 1863, Orléans
  • Décès : 6 février 1957, Enghien-les-Bains
  • Profession : Ingénieur des Arts et Métiers, syndicaliste, député
  • Fonctions politiques : Député de la Seine (1893-1902, 1906-1924) ; vice-président de la Chambre (1917)
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Président du Conseil de l’Ordre
  • Mandat(s) : 1925-1926 ; 1927-1930 ; 1931-1934 ; 1936-1940 ; 1944-1945
  • Loge(s) : L’Émancipation ; Bienfaisance et Progrès (Paris)
  • Distinctions : Officier de la Légion d’honneur (1952)

Voir aussi dans le glossaire : Rite français, Rituel, Grand Maître, Vichy et héritages antijudéo-maçonniques.

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