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Avocat parisien, maçon des hauts grades et journaliste maçonnique, Marie-Auguste Desanlis (vers 1803-1862) a présidé le Grand Orient de France en 1849-1850, pendant la vacance de la direction. Au lendemain du coup d’État de 1851, c’est lui qui, avec Saint-Albin Berville, offre la grande maîtrise au prince Lucien Murat pour mettre l’obédience à l’abri du nouveau pouvoir.
Du collège au barreau

Né à Bignicourt-sur-Saulx, dans la Marne, Marie-Auguste Desanlis commence sa carrière comme professeur de collège avant de devenir avocat à la Cour royale de Paris. Il meurt le 22 juin 1862, à cinquante-neuf ans.
Un maçon de l’écossisme et de la presse
Initié en 1830 à La Clémente Amitié, à l’orient de Paris, il en devient vénérable maître en 1836. Il progresse en parallèle dans les degrés du Rite écossais ancien et accepté : 30e degré dès 1836, il préside en 1839 le Suprême Conseil des Rites constitué au sein du Grand Orient et reçoit le 33e degré.
Collaborateur du Globe maçonnique de Louis-Théodore Juge, il en est le rédacteur principal en 1842. Il appartient ainsi à cette génération de maçons qui fait vivre une presse maçonnique soucieuse d’informer les loges et de nourrir leurs débats.
À la tête du Grand Orient (1849-1850)
En 1849, la direction du Grand Orient est de nouveau vacante. Desanlis préside alors le Conseil de l’Ordre et conduit l’obédience dans la période où elle se dote, le 10 août 1849, d’une constitution qui inscrit la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » et affirme la croyance en Dieu et en l’immortalité de l’âme comme fondement de la franc-maçonnerie. Cette formule, perçue par certains comme une concession au climat conservateur, sera remise en cause en 1877.
Les années 1850-1851 sont difficiles : une circulaire du ministre de l’Intérieur permet aux préfets de fermer les loges jugées « rouges ». Après le coup d’État du 2 décembre 1851, Desanlis et Berville jugent qu’un protecteur proche du prince-président peut seul sauver l’obédience et proposent la grande maîtrise au prince Lucien Murat, qui l’accepte en janvier 1852.
Sous Murat
En 1853, il figure comme second Grand Maître adjoint dans l’acte d’acquisition de l’immeuble du 16, rue Cadet par la société civile de l’Ordre, futur siège du Grand Orient. Désigné ensuite par Murat avec Jean-Pierre Simon Boubée pour administrer l’obédience, il démissionne quelques jours plus tard sans explication, au grand dépit de Boubée.
Repères
- Naissance : Vers 1803, Bignicourt-sur-Saulx (Marne)
- Décès : 22 juin 1862
- Profession : Professeur, puis avocat à la Cour royale de Paris
- Obédience : Grand Orient de France
- Fonction : Président du Conseil de l’Ordre pendant la vacance de la grande maîtrise ; plus tard second Grand Maître adjoint
- Mandat(s) : 1849-1850
- Loge(s) : La Clémente Amitié (Paris), vénérable en 1836
- Distinctions : 33e degré du REAA (1839)
Voir aussi dans le glossaire : Conseil de l’Ordre (Conseil), Rite écossais ancien et accepté, Constitutions, Grand Orient.
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