Saint-Albin Berville (Grand Maître adjoint du GODF)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Avocat libéral, défenseur de Paul-Louis Courier et de Béranger, magistrat, député et homme de lettres, Saint-Albin Berville (1788-1868) a été premier Grand Maître adjoint du Grand Orient de France de 1850 à 1852. Au lendemain du coup d’État, il contribue avec Desanlis à placer l’obédience sous la protection du prince Lucien Murat, choix qui ouvre l’ère de la tutelle impériale.

Un avocat des libertés

Né à Amiens en 1788, fils de Joseph Berville, administrateur sous l’Ancien Régime, la Révolution et l’Empire, Saint-Albin Berville s’impose sous la Restauration comme un avocat éloquent et libéral. Il plaide pour Paul-Louis Courier en 1821, puis pour Béranger en 1822, deux procès de presse retentissants.

Magistrat par la suite, il entre à la Chambre comme député de Seine-et-Oise en 1838 et siège encore à l’Assemblée constituante de 1848. Il meurt à Fontenay-aux-Roses en 1868 et repose au Père-Lachaise.

Un homme de lettres et de causes

Berville mène une abondante activité littéraire : édition des Œuvres de Pothier à partir de 1826, publication, avec Jean-François Barrière, d’une Collection des mémoires relatifs à la Révolution française, traduction en vers des Bucoliques de Virgile. Il est membre des académies d’Amiens, de Caen et de Stanislas.

Il préside la Société de la morale chrétienne et compte parmi les fondateurs de la Société française pour l’abolition de l’esclavage, ce qui l’inscrit dans les grands combats philanthropiques du libéralisme de son temps.

La direction du Grand Orient (1850-1852)

Membre de la loge des Trinosophes, Berville devient premier Grand Maître adjoint du Grand Orient. Il le dirige dans une période où le pouvoir présidentiel surveille de près les loges, dont plusieurs sont fermées par les préfets en 1850 et 1851.

Après le coup d’État du 2 décembre 1851, il considère avec Marie-Auguste Desanlis que seul un protecteur issu de la famille impériale peut garantir la survie de l’obédience. Tous deux proposent la grande maîtrise au prince Lucien Murat, élu en janvier 1852 : le choix, discuté, inaugure deux décennies de tutelle impériale sur le Grand Orient.

Repères

  • Naissance : 1788, Amiens
  • Décès : 1868, Fontenay-aux-Roses
  • Profession : Avocat, magistrat, député, homme de lettres
  • Obédience : Grand Orient de France
  • Fonction : Premier Grand Maître adjoint
  • Mandat(s) : 1850-1852
  • Loge(s) : Les Trinosophes

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître Adjoint, Grand Orient, Liberté.

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