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L’accusation de double appartenance vise le franc-maçon comme être divisé, suspect de fidélités concurrentes. Il serait à la fois citoyen et membre d’une obédience, croyant et initié, fonctionnaire et frère, élu et membre d’un atelier. Cette pluralité, qui appartient pourtant à toute existence humaine, est présentée comme une duplicité. L’antimaçonnisme transforme la richesse des appartenances en soupçon de trahison.
Un procédé de suspicion

Le procédé est simple. L’individu n’est plus jugé sur ses actes, ses décisions ou ses responsabilités propres. Il est réduit à une appartenance supposée tout expliquer. S’il agit dans la cité, ce n’est plus comme citoyen libre, mais comme mandataire invisible d’un groupe caché. Sa conscience est niée. Sa responsabilité personnelle est effacée. Il devient l’instrument d’une volonté collective fantasmée.
La réponse maçonnique tient dans une distinction essentielle. L’engagement initiatique ne supprime pas les autres fidélités. Il les oblige au contraire à plus de rectitude. Être franc-maçon ne dispense ni de la loi commune, ni de l’éthique professionnelle, ni du discernement civique. La double appartenance devient antimaçonnique lorsqu’elle sert à refuser à un homme ou à une femme le droit d’être à la fois singulier, citoyen, spirituel, fraternel et responsable.
Voir aussi : Réseau, République, Citoyenneté, Serment, Obédiences.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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