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En 1723 paraît à Londres The Constitutions of the Free-Masons, rédigées par le pasteur presbytérien écossais James Anderson à la demande de la Grande Loge de Londres. L’ouvrage réunit une histoire légendaire du métier, les « Obligations » d’un franc-maçon, les Règlements généraux compilés par George Payne et des chansons de loge. Son premier article, qui demande au maçon d’obéir à la loi morale tout en l’ouvrant aux hommes de bien de toutes confessions, a fait couler beaucoup d’encre. Réimprimé, traduit et commenté, ce livre est devenu le texte de référence de la franc-maçonnerie moderne, notamment en Europe continentale.
Date : 1723
Lieu : Londres, Royaume-Uni
Une commande de la Grande Loge

Quelques années après la fondation de la Grande Loge de Londres, ses dirigeants veulent doter les loges d’un texte commun, imprimé, qui remplace la diversité des anciens manuscrits. Le 29 septembre 1721, Anderson est chargé de mettre en forme les « constitutions gothiques », c’est-à-dire les Anciens Devoirs. Le texte est examiné par un comité et par les grands maîtres adjoints, avant d’être présenté au duc de Montagu, grand maître, le 22 mars 1722, puis publié l’année suivante.
L’auteur
Né vers 1679 et formé à Aberdeen, James Anderson est ordonné dans l’Église d’Écosse en 1707, puis exerce son ministère à Londres, notamment dans l’église presbytérienne de Swallow Street à partir de 1710. Il figure dans le livre comme maître de la loge n° XVII. Il meurt en 1739, après avoir publié une deuxième édition très remaniée en 1738. Certains historiens estiment qu’il fut surtout la « plume » d’un projet porté par d’autres, Désaguliers pour les Obligations et Payne pour les Règlements.
Le contenu
L’ouvrage, imprimé par William Hunter pour les libraires John Senex et John Hooke, compte 96 pages et s’ouvre sur un frontispice richement allégorique gravé par John Pine ; imprimeur, libraires et graveur étaient eux-mêmes francs-maçons. Il comprend une histoire légendaire de la maçonnerie, d’Adam jusqu’au XVIIIe siècle ; les Charges of a Free-Mason, six Obligations qui règlent les rapports du maçon à Dieu et à la religion, à l’autorité civile, à la loge et à ses frères ; trente-neuf Règlements généraux ; enfin des chansons pour le maître, les surveillants, les compagnons et les apprentis, et l’approbation des officiers de la Grande Loge.
L’article premier, un texte disputé

La première Obligation déclare qu’un maçon, s’il comprend bien l’Art, ne sera jamais un « athée stupide » ni un libertin irréligieux. Elle ajoute que, si les maçons étaient autrefois tenus de suivre la religion de leur pays, il paraît désormais plus opportun de ne les obliger qu’à la religion sur laquelle tous les hommes s’accordent, celle d’être bons, sincères, honorables et probes. Cette formule de tolérance, interprétée tantôt comme une exigence déiste, tantôt comme une ouverture de conscience, est au cœur des débats entre courants maçonniques.
Diffusion et postérité
La Grande Loge d’Irlande s’en inspire pour ses Constitutions de 1730. Benjamin Franklin les réimprime à Philadelphie en 1734 : c’est le premier livre maçonnique publié en Amérique. Les premières traductions françaises sont celles de Jean Kuenen à La Haye en 1736 et de Louis-François de La Tierce à Francfort en 1742. En Angleterre, l’ouvrage connaît des éditions successives en 1738, 1756, 1767 et 1784, avant d’être refondu lors de la création de la Grande Loge unie en 1813. En France, de nombreuses obédiences le revendiquent aujourd’hui comme texte fondateur.
Repères chronologiques
- 24 juin 1717 : fondation de la Grande Loge de Londres.
- 1720 : George Payne compile les Règlements généraux.
- 29 septembre 1721 : Anderson chargé de rédiger les Constitutions.
- 22 mars 1722 : le texte est présenté au duc de Montagu.
- 1723 : publication des Constitutions.
- 1734 : réimpression par Benjamin Franklin à Philadelphie.
- 1738 : deuxième édition, très remaniée, par Anderson.
Le saviez-vous ?
Un exemplaire de l’édition originale de 1723 est conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, dans le fonds maçonnique Baylot.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Régularité, James Anderson (Auteur), Benjamin Franklin (Personnalité).

