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Le samedi 11 juillet 2026, de 10h à 12h30 très précises, le Chapitre National de Recherche du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France propose une visioconférence ouverte aux Frères et aux Sœurs autour d’un thème essentiel : « De la Loge à la Cité ».

Avec Philippe Guglielmi, T∴S∴P∴G∴V∴, Guillaume Trichard, ancien Grand Maître, Aline Kotlyar et Jean-Claude Laroche, cette rencontre interrogera la manière dont la parole travaillée en Loge peut éclairer le monde profane, non comme un mot d’ordre, mais comme une méthode de discernement, d’écoute et de responsabilité.
Quand la Loge cesse d’être un refuge pour devenir un laboratoire
Il est des intitulés qui disent plus qu’un programme. « De la Loge à la Cité » appartient à cette famille de formules qui ouvrent un passage. Elles ne décrivent pas seulement une réunion. Elles désignent une tension profonde, presque une respiration : celle qui conduit le Franc-Maçon du silence intérieur vers la parole publique, du travail sur soi vers l’attention au monde, du Temple symbolique vers la cité réelle.

Présidé par Jean-Francis Dauriac, le Chapitre National de Recherche du Grand Chapitre Général du Rite Français du Grand Orient de France organise, le samedi 11 juillet 2026, de 10h à 12h30 très précises, une réunion-débat en visioconférence consacrée à cette question décisive.

Cette dernière visio de l’année 2025-2026 réunira notamment Philippe Guglielmi, T∴S∴P∴G∴V∴, et Guillaume Trichard, ancien Grand Maître, autour d’un double éclairage : « La Loge mise en scène », avec Aline Kotlyar, puis « Gilets Jaunes : le Grand Débat et la prise en compte de la parole », avec Jean-Claude Laroche.
Le sujet est brûlant, mais il est surtout initiatique
Car il oblige à poser une question que toute tradition vivante finit par rencontrer : que devient la parole maçonnique lorsqu’elle sort du cercle rituel ? Perd-elle sa force ? Se dilue-t-elle dans le bruit du siècle ? Ou peut-elle, au contraire, devenir une parole plus juste parce qu’elle a d’abord été éprouvée par le silence, réglée par l’écoute, polie par la contradiction fraternelle ?

La Loge mise en scène : le rituel comme école du regard
Avec Aline Kotlyar, il sera question de mise en scène de la Loge. La formule est belle, car elle peut être mal comprise. Mettre en scène ne signifie pas fabriquer une illusion. Dans l’espace initiatique, la scène n’est pas mensonge : elle est dispositif de révélation.
La Loge possède ses places, ses lumières, ses déplacements, ses silences, ses prises de parole, ses rythmes. Rien n’y est totalement neutre. Tout y ordonne une pédagogie du regard et de l’écoute. On n’y parle pas comme dans une assemblée ordinaire. On n’y répond pas dans l’immédiateté nerveuse. On y apprend que la parole n’est pas seulement expression de soi, mais offrande réglée, contribution au chantier commun.

À l’heure où l’espace public devient trop souvent un théâtre d’affrontements, de postures et d’indignations instantanées, la Loge rappelle une vérité simple : une parole non travaillée peut blesser, diviser, obscurcir. Une parole construite, elle, peut ouvrir, pacifier, transmettre.
La mise en scène rituelle n’est donc pas décorative. Elle enseigne que la forme protège le fond. Que le cadre permet la liberté. Que la règle, loin d’étouffer la pensée, lui donne la possibilité de ne pas se perdre dans le tumulte.
Après les Gilets Jaunes : que faire de la parole surgie d’en bas ?

Avec Jean-Claude Laroche, la réflexion se déplacera vers un moment majeur de notre vie démocratique récente : les Gilets Jaunes, le Grand Débat et la prise en compte de la parole.
Là encore, le thème touche au cœur de la méthode maçonnique. Une société ne se fracture pas seulement quand les intérêts divergent. Elle se fracture lorsque des femmes et des hommes ont le sentiment que leur parole ne compte plus, que leur expérience vécue n’est plus entendue, que leur douleur sociale devient une statistique, un commentaire ou un embarras.
Le mouvement des Gilets Jaunes a révélé bien des colères, bien des contradictions, bien des violences parfois
Mais il a surtout révélé une immense demande de reconnaissance. Derrière les ronds-points, les cahiers de doléances, les assemblées improvisées, il y avait une question essentielle : qui écoute qui ? Et au nom de quoi certaines paroles sont-elles jugées légitimes tandis que d’autres sont tenues à distance ?
La Loge, sur ce point, a beaucoup à dire à la Cité

Non parce qu’elle posséderait une solution magique, mais parce qu’elle conserve une méthode rare : faire circuler la parole sans la livrer immédiatement à la domination du plus fort, du plus bruyant ou du plus habile.
Dans le Temple, la parole n’est pas un cri de possession. Elle est un travail. Elle ne vise pas à écraser l’autre. Elle cherche à édifier. Elle ne se réduit pas à l’opinion. Elle devient pierre apportée à l’édifice commun.
Le Rite Français face à la Cité : une tradition d’émancipation
Cette rencontre s’inscrit dans un mouvement plus large déjà perceptible dans les travaux récents du Chapitre National de Recherche. La précédente réflexion autour d’« Exorciser la peur » rappelait combien le Rite Français peut refuser de laisser les ombres penser à notre place, en interrogeant la peur comme matière politique, culturelle et sociale. Aline Kotlyar y apparaissait déjà comme une voix attentive aux cadres, aux récits, aux mots et aux silences qui façonnent nos représentations, tandis que Jean-Claude Laroche y élargissait l’horizon vers les ruptures civilisationnelles et les mutations de notre temps.
Avec « De la Loge à la Cité », le fil se poursuit. Il ne s’agit plus seulement d’identifier les peurs, les récits ou les fractures. Il s’agit de comprendre comment une parole travaillée peut redevenir puissance de lien.
Le Rite Français, dans son génie propre, porte cette exigence

Il n’est pas seulement conservation d’une mémoire. Il est aussi exercice de clarté. Il interroge l’homme dans sa liberté, dans sa responsabilité, dans son rapport à la République, à la conscience, à la transmission et à l’universel.
La Cité, aujourd’hui, manque moins de paroles que de paroles capables de relier
Elle déborde de commentaires, mais souffre d’écoute. Elle multiplie les débats, mais peine à produire du commun. Elle dispose d’outils de communication d’une puissance inédite, mais semble parfois avoir perdu l’art élémentaire de se parler.

Voilà pourquoi cette réunion-débat est plus qu’un rendez-vous de calendrier. Elle pose une question presque vitale : comment faire passer la lumière du Temple dans l’épaisseur du monde sans la transformer en slogan ? Comment demeurer fidèle à l’initiation lorsque l’on s’avance dans la complexité sociale ? Comment parler dans la Cité sans trahir le silence qui nous a formés ?
De la Loge à la Cité, le chemin n’est pas une sortie du Temple
C’est peut-être son accomplissement le plus exigeant. Car la vraie parole initiatique ne se contente pas d’éclairer celui qui la prononce. Elle cherche, humblement, patiemment, à rendre le monde un peu moins sourd, un peu moins brutal, un peu plus habitable.

Informations pratiques
Réunion-débat en visioconférence
Samedi 11 juillet 2026
De 10h à 12h30 très précises
Thème : De la Loge à la Cité
Avec la participation de Philippe Guglielmi, T∴S∴P∴G∴V∴, et Guillaume Trichard, ancien Grand Maître.
Au programme :
La Loge mise en scène, avec Aline Kotlyar
Gilets Jaunes : le « Grand Débat » et la prise en compte de la parole, avec Jean-Claude Laroche
Modalités Zoom indiquées sur l’invitation officielle : ID de réunion 806 159 1969, code secret Joaben.

