« Antimaçonnisme… » : 1er ouvrage de l’année par Yonnel Ghernaouti

Une conversation claire et exigeante sur un phénomène qui traverse l’histoire de la franc-maçonnerie depuis plus de trois siècles et qui, aujourd’hui encore, nourrit rumeurs, fantasmes et récits complotistes.

Dans cette nouvelle vidéo, Jacques Carletto reçoit Yonnel Ghernaouti pour évoquer un phénomène qui traverse l’histoire de la franc-maçonnerie depuis plus de trois siècles.

Préfacé par Thierry Zaveroni, Passé Grand Maître de la Grande Loge de France, Antimaçonnisme – Une fabrique du soupçon, L’art d’y répondre (Éd. L.O.L., 22 février 2026) ne se contente pas de réfuter des accusations anciennes ou contemporaines.

Thierry Zaveroni, préfacier

Le livre examine la mécanique intime du soupçon, la manière dont il s’installe dans les imaginaires et comment il transforme la complexité du réel en récit accusateur. Une conversation qui éclaire à la fois l’histoire, les mythes et la responsabilité de la parole maçonnique dans un monde saturé de rumeurs.

Jacques Carletto conduit cet entretien avec la curiosité d’un passeur

Jacques Carletto

Il invite son interlocuteur à éclairer les mécanismes de l’antimaçonnisme contemporain, à revenir sur ses racines historiques et à expliquer pourquoi ces récits accusateurs trouvent encore aujourd’hui un écho dans l’espace public. Au fil de l’échange se dessine une réflexion plus large sur la circulation des rumeurs, la psychologie du complot et la manière dont la désinformation peut transformer un soupçon en certitude collective.

Yonnel Ghernaouti rappelle que l’antimaçonnisme ne relève pas seulement d’une opposition doctrinale ou religieuse

Il est souvent une construction imaginaire qui prospère sur la peur, l’ignorance et la simplification. Dans cette perspective, répondre ne signifie pas seulement réfuter. Il s’agit de restaurer un cadre d’intelligence, de replacer les faits dans leur contexte, de montrer que la franc-maçonnerie ne correspond jamais à la caricature que ses adversaires cherchent à figer.

Cette conversation avec Jacques Carletto met ainsi en lumière l’esprit du livre

Antimaçonnisme – Une fabrique du soupçon, L’art d’y répondre ne propose pas une polémique de circonstance mais une réflexion de fond sur la manière dont se fabriquent les accusations collectives. Le dialogue rappelle aussi qu’une réponse véritable suppose de la méthode, de la pédagogie et une certaine tenue intérieure, celle qui permet de ne pas se laisser entraîner par le tumulte.

La vidéo donne ainsi à entendre une parole calme, structurée et exigeante. Elle prolonge l’esprit de l’ouvrage en montrant que la meilleure réponse au soupçon reste souvent la clarté, la connaissance et la patience de l’explication.

À travers cet échange, une évidence apparaît peu à peu

L’antimaçonnisme ne se combat pas seulement par la contradiction, mais par une patience intellectuelle, une pédagogie et une présence culturelle capables de restaurer la profondeur du réel.

Le livre de Yonnel Ghernaouti rappelle que la meilleure réponse au soupçon n’est pas la colère mais la lumière du discernement. Dans un temps où la rumeur circule plus vite que la pensée, ce travail de lucidité devient une œuvre de salubrité publique autant qu’un exercice de rectitude intérieure.

Comprendre l’antimaçonnisme pour mieux y répondre

Antimaconnisme.fr, le site du livre

La note de lecture d’Aratz Irigoyen

Antimaçonnisme – Une fabrique du soupçon, L’art d’y répondre ne cherche pas l’effet, il cherche la justesse, ce qui est plus rare et plus coûteux. Yonnel Ghernaouti n’ajoute pas une riposte de circonstance à la rumeur qui se reproduit. Il remonte la pente du mécanisme, il suit la veine sombre là où elle prend, là où elle se nourrit, là où elle apprend à se déguiser. Ce livre ne combat pas seulement des thèses, il regarde comment une époque fabrique des croyances de rechange, comment elle préfère la certitude spectaculaire à l’examen patient, comment elle transforme un soupçon en climat, puis un climat en réflexe. Nous retrouvons ici une intelligence du phénomène qui vaut autant par ce qu’elle montre que par la tenue avec laquelle elle le montre.

L’une des réussites les plus nettes de Yonnel Ghernaouti tient à ceci

L’antimaçonnisme n’est pas présenté comme une poussière du passé qui reviendrait par habitude, mais comme une forme capable de mutation. Il change de peau, il adopte les vitesses, les décors, les musiques du temps. Il sait désormais que l’attention est une ressource, que la colère est un carburant, que l’indignation est une mise en scène. Ce n’est donc plus la seule erreur qu’il faut défaire, c’est l’agencement qui rend l’erreur désirable. Le faux n’y apparaît pas comme un accident mais comme une solution mentale, une manière commode de fermer le réel, d’abolir l’ambivalence, d’offrir à la peur un récit total où tout s’explique, donc où tout se calme, au prix de la vérité.

Quand l’auteur revient sur la vieille affaire Léo Taxil, il ne se contente pas d’un rappel, il désigne une matrice, presque une grammaire. Le scandale y écrase la nuance, l’image y survit à la preuve, la fable y gagne parce qu’elle est plus mémorable que le correctif. Nous voyons alors que l’antimaçonnisme n’a jamais été seulement une opinion fausse, il a souvent été une dramaturgie. Il fabrique des personnages, il distribue des rôles, il donne à l’angoisse un visage.

Dans notre présent saturé de circulation et de commentaires, la matrice se prolonge, non plus par les seuls imprimés ou les salons, mais par les plateformes, les montages, les boucles virales, où la réfutation arrive trop tard parce que l’adhésion s’est déjà fixée dans l’affect. Le livre éclaire ce point avec une précision presque clinique, mais sans sécheresse. Il garde la dimension humaine du phénomène, cette fragilité de l’esprit qui, épuisé, choisit parfois la facilité d’un récit fermé.

C’est ici que l’ouvrage devient plus qu’un diagnostic

L’art d’y répondre est le cœur battant du texte, et il est écrit avec une prudence combative, une prudence qui n’est pas recul mais discernement. L’auteur refuse la riposte nerveuse, celle qui se croit efficace parce qu’elle est immédiate, alors qu’elle donne souvent à la rumeur la publicité qu’elle attend. Il propose une discipline de la réponse. Elle s’appuie sur la méthode, sur la pédagogie, sur la présence culturelle, sur le choix du terrain. Il ne s’agit pas d’accepter le cadre de l’accusation, il s’agit de le déplacer, de réintroduire des contextes, de faire sentir la pluralité des obédiences, des traditions, des sensibilités, et de montrer que la franc-maçonnerie n’est pas un bloc rêvé par ses ennemis mais une histoire complexe, traversée d’écoles, de rites, de nuances, donc de liberté. Cette orientation donne au livre une utilité immédiate, mais aussi une portée qui dépasse le seul cas maçonnique. Elle touche à ce que devient notre vie commune quand le soupçon se substitue à la pensée.

La dimension initiatique se révèle là, sans qu’il soit besoin d’en faire une bannière. L’épreuve n’est pas seulement extérieure

Elle travaille l’intérieur. Elle teste notre capacité à ne pas nous laisser gouverner par la provocation, à ne pas devenir le reflet de ce que nous combattons. L’ouvrage rappelle, de manière presque souterraine, qu’une réponse n’est jamais seulement un contenu. Elle est un rythme, une tenue, une manière d’habiter la parole. Nous reconnaissons ici une éthique de la mesure, non comme morale tiède, mais comme force active. Dans l’univers maçonnique, la rectitude n’est pas une posture, elle est une construction. Elle demande de gouverner l’émotion sans l’éteindre, de conserver une verticalité intérieure au milieu des sollicitations basses. De ce point de vue, Yonnel Ghernaouti écrit un livre de défense, certes, mais plus encore un livre d’ascèse, au sens noble, une manière d’exercer le discernement comme un outil de libération.

Cette page s’inscrit dans une trajectoire qui n’a rien d’improvisé

Chroniqueur littéraire, conférencier, ancien directeur de la rédaction de 450.fm, médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie, directeur de collection chez Numérilivre, Yonnel Ghernaouti a déjà construit, livre après livre, une voix attentive aux symboles quand ils deviennent des forces sociales, et aux récits quand ils tournent à la machine d’emprise. Nous retrouvons cette cohérence dans Pourquoi les francs-maçons veulent-ils reconstruire le Temple puis dans Les grands mystères de la Franc-maçonnerie (Dervy, 2024) écrit avec l’historien de l’art spécialiste du Moyen Âge Jean-François Blondel. Antimaçonnisme – Une fabrique du soupçon, L’art d’y répondre marque un pas supplémentaire parce qu’il se tient au point précis où l’analyse rencontre la responsabilité. Il ne s’agit plus seulement de comprendre, il s’agit de répondre sans se perdre.

Au fond, le livre accomplit une opération presque hermétique

Il prend la matière noire du soupçon, cette suie qui salit tout ce qu’elle touche, et il montre comment la transformer en lucidité, non par magie, mais par travail. La rumeur voudrait dissoudre la pensée dans une brume commode. Yonnel Ghernaouti choisit le contraire. Il redonne à la parole le sens de la preuve, à la preuve le sens de la forme, et à la forme le sens de la tenue. Là se trouve, pour nous, la valeur la plus durable de ce texte. Il ne protège pas seulement la franc-maçonnerie contre un imaginaire hostile. Il protège l’esprit contre la tentation de la facilité et c’est une bataille qui aujourd’hui concerne tout le monde.

Antimaçonnisme – Une fabrique du soupçon, L’art d’y répondre
Yonnel Ghernaouti – Éditions L.O.L., 2026, 14,50 € – numérique 6,50 €

À commander en version papier ou en version numérique / Lire l’échantillon / Éditions L.O.L. le site

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jissey
jissey
Jacques Carletto est journaliste, Conseil en Communication et Directeur de Collection ésotérique aux Editions Dervy - LES OUTILS MACONNIQUES DU XXI e siècle – la collection qui pose des questions- ( 50 ouvrages parus) au Groupe TREDANIEL. il interviewe en vidéo chaque semaine des auteurs ayant publié des ouvrages de spiritualité et développement personnel. Ses vidéos se retrouvent sur le site maçonnique européen N° 1 (500 à 1200 lecteurs uniques/jour) et sont visitées entre 3K et 14 K lecteurs par semaine Jacques Carletto a dirigé les publications IBM France pendant 10 ans – Conseil indépendant, il a contribué aux études de repositionnement de magazines en kiosque. Il a également enseigné les techniques du journalisme en licence et maitrise à la Sorbonne Nouvelle – Paris pendant 5 ans. Créateur de la méthode marketing ESM ( Entretiens Systé-Marketing) applicable aux situations de crise en entreprise il l’a également enseignée pendant 5 ans en MASTERS 1 & 2 à la Sorbonne Nouvelle -Paris NB/ Pour visiter son site gratuit d'interviews YOUTUBE => https://www.youtube.com>user>jissey92 ou contact:jissey@wanadoo.fr

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