mer 25 février 2026 - 13:02

« Les symboles de notre Histoire », quatre nouveaux jalons sous la direction de Pierre Mollier

Aux Éditions Dervy, une marque du groupe Guy Trédaniel, la collection « Les symboles de notre histoire » poursuit son patient déchiffrement du visible. Elle prend ces signes que nous croyons connaître parce qu’ils flottent au-dessus des foules, veillent sur les blasons, hantent les légendes, et elle les remet au travail.

Chaque volume, richement illustré, suit la naissance d’un emblème, ses usages, ses déplacements, ses retournements parfois. Un même motif traverse les siècles, change de main, change de camp, change de ton, sans perdre son pouvoir d’appel. Il suffit alors d’un pas de côté pour comprendre que le symbole n’est pas un décor, mais une porte.

Cette belle aventure éditoriale est dirigée par Pierre Mollier

Celles et ceux qui lisent 450.fm savent que ce nom ne désigne pas seulement un historien, mais une tenue intérieure. Une manière de servir la vérité documentaire sans sécheresse, d’aller aux sources sans bruit, de transmettre sans jamais confisquer. Les articles que 450.fm lui a consacrés (ICI, ICI & ICI) rappellent combien il a donné un visage exigeant et fraternel à la bibliothèque et aux archives du Grand Orient de France, et au musée de la franc-maçonnerie, au « 16 Cadet », en faisant dialoguer recherche, pédagogie et rayonnement culturel.

Pierre-Mollier-couronnée-au-Festival-Napoléon

Et voici qu’une autre lumière est venue souligner ce parcours. Au Festival Napoléon, Pierre Mollier a été distingué pour la qualité de ses recherches et la rigueur de son éclairage sur les liens entre l’Empire, les loges et les réseaux d’influence. Une récompense qui salue une méthode, presque une ascèse, où l’archive devient pierre de taille et où le savoir se construit comme une architecture de preuves.

Déjà parus dans la collection

Couronnes, Philippe Delorme. Une histoire du pouvoir mis en forme, quand le cercle d’or passe de la sacralité au protocole et du mythe à l’État.
La Fleur de lys, Pierre Mollier. Un emblème français au long cours, entre Moyen Âge, monarchie, spiritualité, et survivances plus anciennes que le royaume.
Le Graal, Françoise Bonardel. Le récit d’une quête qui irrigue l’Occident, entre mythe, mystique et imaginaire, et qui fait de l’absence une boussole.
Marianne, Philippe Foussier. Un visage de la République, ses métamorphoses, ses combats, ses usages, et ce qu’il révèle de la France qui se cherche.

Et voici, en 2026, quatre nouveautés à découvrir.

Mélusine, Jean-Michel Mathonière

Mélusine surgit comme une énigme fondatrice du folklore français. Fée bâtisseuse, femme mystérieuse, elle porte en elle une loi secrète, et c’est lorsque ce secret est surpris qu’elle bascule, irréversiblement, dans sa forme serpentine. Le livre suit cette figure à travers une iconographie abondante, qui la montre se rapprochant parfois de la sirène médiévale et renaissante, femme à queue de poisson, parfois double, se peignant et se contemplant dans un miroir. Tout se joue dans cette scène. Le miroir n’est pas seulement un accessoire, il est l’épreuve. Il renvoie l’image, il exige la vérité, il attire le regard là où il ne devrait pas aller. Mélusine rappelle ainsi que le symbole est un pacte. Il élève tant qu’il est respecté. Il punit quand il est profané. Et c’est peut-être cela, au fond, qui nous retient encore d’elle. Sa légende raconte une initiation trahie, mais elle murmure aussi une leçon plus vaste. Toute construction, intérieure ou extérieure, a son prix, et toute lumière a son ombre portée. (Parution 19 février 2026. Prix 12,90 €. ISBN 979-10-242-1802-1)

Jean-Michel Mathonière

Jean-Michel Mathonière est collaborateur d’architecte de formation, passionné par l’histoire de la construction. Spécialiste de l’histoire des compagnonnages, il s’attache tout particulièrement aux métiers de la pierre et du bois, tailleurs de pierre et charpentiers, et à la manière dont les légendes, les images et les rites viennent prolonger, en profondeur, le geste des bâtisseurs.

L’Hermine, Jean-Luc Le Bras

Depuis plus de huit cents ans, l’hermine est l’emblème de la Bretagne. Elle a accompagné les changements de statut, d’abord duché, puis province, enfin région, tout en survivant à l’éclatement contemporain du territoire historique entre « Bretagne » et « Pays de la Loire ». Le livre montre comment un signe peut demeurer, même quand les frontières se recomposent. Présente dans de nombreuses armoiries communales, l’hermine rappelle la force et la pérennité d’un identifiant régional. Sa puissance expressive tient à sa simplicité, comparable à celle de la fleur de lys. Des mouchetures noires sur fond blanc. Une économie de moyens qui ressemble à une évidence, et qui devient, précisément pour cela, un serment. La devise traditionnelle « Plutôt mourir que d’être souillée » dit tout, sans emphase. Pureté, fidélité, exigence. L’hermine est un blason, mais elle est aussi un rappel. Celui d’une dignité qui se garde, et d’une appartenance qui ne se réduit ni au folklore ni à la nostalgie, mais qui se revendique comme une manière d’être au monde. (Parution 19 février 2026. Prix 12,90 €. ISBN 979-10-242-1867-0)

Jean-Luc Le Bras – source BaglisTV

Jean-Luc Le Bras, originaire d’une famille de Bretagne, agrégé, a étudié à Rennes. Après un long parcours professionnel, notamment en Afrique, il a exercé des responsabilités liées à la coopération et à l’action culturelle. Il collabore à plusieurs revues historiques, dont Images & Mémoires, revue africaniste, et les Kaier ar Poher pour la Bretagne centrale.

Le Drapeau tricolore, Philippe Foussier

Tout le monde croit connaître le drapeau tricolore. Et pourtant, ses origines restent discutées. Oui, il apparaît au moment de la Révolution, mais la source précise demeure débattue, et le livre s’attarde sur cette zone de brouillard où naît souvent la force d’un symbole. Il rappelle aussi qu’avant d’être un drapeau, il fut une cocarde. Et que les représentations de l’époque révolutionnaire entretiennent le flou, jusque dans l’ordre des couleurs. Puis vient l’installation, lente, et jamais totalement pacifiée, dans le rôle institutionnel. Le drapeau se charge alors des marques propres aux régimes politiques qui se succèdent, tantôt contesté par le drapeau blanc, tantôt par le drapeau rouge. Il finit par devenir l’emblème revendiqué par la plupart des familles politiques, tout en restant honni par certains courants. Cette histoire mouvementée, qui dure depuis plus de deux siècles, fait du tricolore une véritable mémoire en tissu. Une mémoire pliée, dépliée, brandie, arrachée, recousue. Une mémoire dont chaque pli conserve une fracture, et dont chaque couture indique une tentative de réconciliation. (Parution 19 février 2026. Prix 12,90 €. ISBN 979-10-242-1868-7)

Philippe Foussier ancien Grand Maître du GODF (Source Blog de Jean-Laurent Turbet)

Philippe Foussier est journaliste. Il s’intéresse de longue date à la tradition républicaine et à ses représentations. Il a consacré de nombreux articles à l’histoire politique, sociale et culturelle de la France depuis le dix-huitième siècle, et assure régulièrement des recensions d’essais et d’ouvrages historiques. Il est aussi l’auteur de Marianne, paru dans la même collection. Il a également été Grand Maître du Grand Orient de France.

Gargantua, Laurent Segalini

Rabelais n’a pas inventé Gargantua. Le livre part de ce renversement simple, presque jubilatoire, et il ouvre aussitôt une profondeur inattendue. Derrière le bon géant national, l’enquête invite à reconnaître la silhouette d’un ancien dieu disparu. La tradition orale, de Normandie en Savoie, des Vosges jusqu’en Charente, témoigne de son passage fondateur. Ses jeux d’enfant auraient creusé des vallées, certains reliefs dessineraient encore son profil, des « monts Gargan » apparaissent comme des traces, et des lacs ou des rivières sinueuses deviennent les marques d’une présence gigantesque. Mais le plus troublant est ailleurs. Cet être mystérieux porte les saisons dans sa besace, fait tomber la pluie, verdit le printemps. A-t-il toujours eu forme humaine. Et lorsque le christianisme recouvre les figures anciennes, Gargantua se maquille en saints, saint Gorgon, saint Samson, saint Christophe. Le vernis craque. L’ombre du visage doré réapparaît. Ce volume raconte une transmutation. Celle d’un mythe païen devenu conte populaire, puis littérature, sans jamais cesser d’être une force de paysage. Gargantua n’est pas seulement un personnage. Il est une manière d’expliquer le monde par une présence, et de relier la terre à la mémoire. (Parution 19 février 2026. Prix 12,90 €. ISBN 979-10-242-1869-4)

Laurent-Segalini
Laurent Segalini

Laurent Segalini est historien des seizième et dix-huitième siècles et préhistorien, docteur en anthropologie, chercheur associé au CNRS. Auteur, sous différents noms de plume, de nombreux travaux sur l’hermétisme, les initiations de métiers et les traditions populaires, il est aujourd’hui conservateur du musée de la franc-maçonnerie à Paris, au siège du Grand Orient de France, au « 16 Cadet ».

Nous ne nous bornerons pas à une simple reprise de quatrième de couverture

Comme il se doit, 450.fm proposera une étude approfondie de chacun de ces volumes, pour le plus grand bien de nos lectrices et de nos lecteurs. Nous leur souhaitons déjà un beau moment en compagnie de ces nouveaux ouvrages, qui rappellent, chacun à sa manière, qu’un symbole n’est jamais un décor, mais un passag.

Dervy, le SITE

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Aratz Irigoyen
Aratz Irigoyen
Né en 1962, Aratz Irigoyen, pseudonyme de Julen Ereño, a traversé les décennies un livre à la main et le souci des autres en bandoulière. Cadre administratif pendant plus de trente ans, il a appris à organiser les hommes et les dossiers avec la même exigence de clarté et de justice. Initié au Rite Écossais Ancien et Accepté à l’Orient de Paris, ancien Vénérable Maître, il conçoit la Loge comme un atelier de conscience où l’on polit sa pierre en apprenant à écouter. Officier instructeur, il accompagne les plus jeunes avec patience, préférant les questions qui éveillent aux réponses qui enferment. Lecteur insatiable, il passe de la littérature aux essais philosophiques et maçonniques, puisant dans chaque ouvrage de quoi nourrir ses planches et ses engagements. Silhouette discrète mais présence sûre, il donne au mot fraternité une consistance réelle.

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