mar 24 février 2026 - 14:02

11/03/26 : GLDF-GLNF, les 5èmes Entretiens Pic de la Mirandole

Mercredi 11 mars 2026 à 19h30, l’Hôtel de la Grande Loge de France accueillera, au cœur du Grand Temple Pierre Brossolette, les 5èmes Entretiens Pic de la Mirandole, placés sous le signe d’une question aussi simple qu’inépuisable :

« Qui sont les porteurs de

lumière ? »

Yves Pennes, GM GLNF et Jean-Raphaël Notton, GM-GLDF –

Ces Entretiens sont le fruit d’une coopération vivante entre la Grande Loge de France et la Grande Loge Nationale Française, et témoignent, au-delà des étiquettes, d’une volonté partagée de deux Grands Maîtres qui se connaissent bien : mettre en dialogue ce qui éclaire, confronter les regards, faire circuler la parole là où la tradition n’est pas un musée, mais un souffle.

Selon un déroulé désormais bien rodé – et, sourions fraternellement, une roadmap comme on sait parfois en affectionner à la GLNF – cette conférence publique donnera lieu à des interventions croisées, suivies d’un débat permettant d’aborder les différents aspects du thème. Les participants se feront une joie de répondre aux questions, et une séance de dédicace, s’il y a lieu, prolongera les échanges.

Pic de la Mirandole, ou la lumière sans propriétaire

Pourquoi ce nom parle si fort à un Franc-maçon – et pourquoi il fallait le choisir

Il y a des patronages qui décorent, et d’autres qui orientent. Choisir Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) pour des « Entretiens », ce n’est pas accrocher une médaille humaniste au revers d’un programme : c’est placer, au-dessus de la table, une exigence de méthode. Pic n’est pas seulement un prodige de la Renaissance ; il est une conscience en marche, un esprit qui refuse les cases, un homme qui avance au bord des frontières – celles des disciplines, des langues, des autorités – parce qu’il cherche ce point rare où la pensée devient un acte.

Ce que Pic poursuit porte un nom simple et dangereux : la concorde. Non pas l’accord tiède qui endort, mais la possibilité d’une intelligence qui relie sans confondre. Il veut embrasser l’héritage des Grecs et des Latins, le platonisme et l’aristotélisme, la théologie et la philosophie, et il ose ce geste immense des 900 thèses qu’il souhaite défendre à Rome. Le choc avec le pouvoir religieux est inévitable. Et cette friction, pour un franc-maçon, n’est pas un épisode exotique : elle rappelle que la lumière n’est jamais neutre. Elle dérange les habitudes, elle inquiète les certitudes, elle oblige à distinguer ce qui éclaire de ce qui éblouit.

Blason GLDF
Blason GLDF

Pic devient alors, pour nous, une figure initiatique au sens le plus strict

Il montre que la quête n’est pas une collection d’idées, mais une ascèse de discernement. Relier les traditions n’est pas les mélanger. Parler d’universel n’est pas effacer les différences. La concorde n’est pas un slogan : c’est une architecture intérieure, une manière de tenir ensemble des vérités partielles sans les transformer en dogmes. Cette tension, nous la connaissons : c’est celle du Temple, où la pluralité ne doit pas devenir cacophonie, et où l’unité ne doit jamais devenir uniformité.

Florence-vers-1490,-estampe,-Chroniques-de-Nuremberg,-1493.

À cela s’ajoute ce texte qui, comme une clé, continue de vibrer à travers les siècles : le Discours sur la dignité de l’homme. Chez Pic, la dignité n’est pas un titre qu’on exhibe, c’est une responsabilité qu’on conquiert. L’être humain n’est pas assigné : il est appelé à se faire, à se construire, à se choisir, à se rectifier. Un franc-maçon entend là une fraternité profonde : la dignité comme travail, la liberté comme devoir, la lumière comme tâche. Nous ne “possédons” pas la lumière ; nous apprenons à la servir, à la transmettre, à l’empêcher de se dégrader en vanité.

Et puis il y a l’autre Pic, plus secret, plus symbolique : celui qui s’intéresse aux lettres, aux nombres, aux correspondances, et qui participe à l’élan de la kabbale chrétienne. Là encore, ce n’est pas un appel à l’ésotérisme de vitrine. C’est un rappel : le symbole ne prouve pas, il met en mouvement. Il oblige à relire, à méditer, à quitter la surface. Pic nous dit que la pensée, lorsqu’elle est vraie, ne se contente pas de commenter le monde : elle le transforme en nous.

Logo-GLNF-Officiel

Voilà pourquoi ce nom s’impose pour des « Entretiens » maçonniques

Il désigne un lieu de parole où l’on peut chercher haut, sans se mentir, sans simplifier, sans réduire l’autre à un adversaire ou à un public. Et voilà pourquoi le thème annoncé, « Qui sont les porteurs de lumière ? », trouve sous son patronage une résonance singulière : un porteur de lumière n’est pas un propriétaire. Il ne règne pas ; il éclaire. Il ne confisque pas ; il partage. Il ne projette pas ; il accompagne. Il ne se met pas au centre ; il aide chacun à trouver son propre centre.

C’est dans cet esprit que les 5e Entretiens Pic de la Mirandole inviteront à poursuivre la recherche au siège de la Grande Loge de France.

Les deux présentateurs de cette soirée pourront d’ailleurs librement s’inspirer de cette mise en perspective de Jean Pic de la Mirandole : non pour en faire un portrait passéiste, mais pour en reprendre l’élan, l’exigence et la boussole, afin d’ouvrir le débat à partir de ce qu’il a de plus vivant – une lumière qui ne se décrète pas, qui se travaille, et qui se partage.

Parce qu’il est des soirs où la tradition ne se raconte pas : elle se vérifie, par la parole, par l’écoute, par l’exigence fraternelle. Et parce que la lumière, au fond, ne se proclame pas : elle se reconnaît.

« Qui sont les porteurs de lumière ? » Le thème sera traité sous des angles différents et nous ne manquerons pas de te tenir informé, à mesure que le programme se dévoilera.

Informations pratiques

  • Date : mercredi 11 mars 2026
  • Heure : de 19h30 à 22h
  • Lieu : Hôtel de la Grande Loge de France, Grand Temple Pierre Brossolette, 8 rue Louis Puteaux, 75017 Paris
  • Intervenants : Pour l’occasion, les deux Grandes Loges auront l’honneur d’accueillir des conférenciers de haute tenue, érudits et captivants, dont nous vous communiquerons très prochainement les noms Intervenants :
  • Françoise Bonardel, Philosophe et essayiste
  • & discutants :
  • Gérard Bentéjac, Premier Grand Maître adjoint &
    Jean-Louis Duquesnoy, Grand Orateur de la GLNF
  • Réservation obligatoire : Venez nombreux partager cette grande soirée d’échanges et d’enrichissement fraternel au siège de la Grande Loge de France. Les inscriptions sont ouvertes via le lien GLNF, et le lien GLDF. Entrée libre sous réserve des places disponibles.
Grand Temple Pierre Brossolette
Grand Temple Pierre Brossolette de la GLDF

Pour information, le Grand Temple Pierre Brossolette*, dénommé ainsi depuis 2014, a une capacité d’accueil estimée à environ 350 places pour les événements publics ou cérémonies.

ierre-Brossolette – Wikipédia, détail

*Pierre Brossolette (1903-1944), journaliste socialiste engagé dans la Ligue des droits de l’Homme et la lutte contre l’antisémitisme, sert comme lieutenant puis capitaine durant la mobilisation de 1939, obtenant la Croix de guerre avant d’intégrer la Résistance dès 1940-1941 au sein du réseau du musée de l’Homme, puis de la Confrérie Notre-Dame. Il tisse des liens étroits avec des mouvements clés tels que Libération-Nord et l’Organisation civile et militaire (OCM), devenant Compagnon de la Libération pour son action héroïque.

L’Aurore Sociale (Grand Orient de France, Orient de Troyes)

Son passé maçonnique : Initié le samedi 22 janvier 1927 à la loge Émile Zola (Grande Loge de France), il gravit les hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté au Suprême Conseil de France, et s’affilia en 1937 à la Respectable Loge L’Aurore Sociale (Grand Orient de France, Orient de Troyes), restant très assidu jusqu’à la guerre.

Sous la torture, Pierre Brossolette ne livra qu’un seul nom, le sien, préférant s’offrir à la mort plutôt que de trahir le serment sacré.
Sa fin glorieuse résonne comme l’écho du mythe d’Hiram, notre Hiram des temps modernes, dont le silence inviolé illumine les ténèbres de l’épreuve.

Pic de la Mirandole (1463-1494) : L’homme qui savait tout

4 Commentaires

  1. Nième relance, donc, reçue le 27 janvier (format “Save the date”, adressé “aux Frères… à leurs parents et amis”).
    On peut évidemment s’en réjouir : une conférence publique se nourrit d’un public réel.
    Mais à force d’insistance, l’invitation finit par changer de nature : elle ressemble moins à une proposition de rencontre qu’à une opération de remplissage.
    Je m’interroge d’autant plus que, dans l’article du 6 janvier, on relevait déjà un paradoxe très parlant : au moment même où l’on nous exhortait à réserver, le lien d’inscription GLNF paraissait “nu”, réduit à un intitulé “Inscription”, sans programme ni repères.
    Or la lumière n’aime ni l’à-peu-près ni le passage en force : elle suppose une clarté minimale, surtout quand on convie aussi des profanes.
    On peut donc se poser, sans méchanceté mais sans naïveté, une question simple : cette relance à répétition trahit-elle la crainte de “faire le bide”, faute de remplir un quota de places dans le Grand Temple Pierre Brossolette de la Grande Loge de France, rue Louis Puteaux ?
    Si tel est le cas, l’effet produit est contre-productif : la fraternité appelle, elle ne harcèle pas ; elle attire par le sens, pas par la pression.
    Et justement, parlons du sens. “Qui sont les porteurs de lumière ?”
    La formule est belle, presque automatique… mais est-elle vraiment mobilisatrice, aujourd’hui, dans sa généralité ?
    La lumière est un mot chargé : initiatique, philosophique, parfois galvaudé, parfois récupéré. Sans angle annoncé, sans problématique, sans promesse intellectuelle claire, la question risque de flotter comme un slogan.
    Elle mérite mieux : un cap, une méthode, un peu de cette exigence que Pic de la Mirandole symbolise si bien.
    Bref : oui à la conférence, oui au dialogue, oui à la parole partagée… mais que l’on n’oublie pas que, même en communication, la lumière se prépare : elle ne se réclame pas.
    Et, au passage, la communication GLNF, sur cette séquence, est maladroite et contre-productive.
    À force de relances, l’invitation ressemble à une injonction de remplissage plus qu’à un appel fraternel.
    Qui pilote ce dispositif, et avec quelle ligne ?

  2. Après votre article annonçant les 5èmes Entretiens Pic de la Mirandole, une première sollicitation a été adressée aux Frères de la GLNF le 6 janvier 2026, signée par son Grand Secrétaire P. Daniel.
    Puis, à peine huit jours plus tard, soit ce jour lundi 12 janvier, une relance, aimable et presque souriante, est venue rappeler la date et le principe…
    Le mercredi 11 mars 2026, de 19h30 à 22h00, conférence publique conjointe GLNF – GLDF au siège de la Grande Loge de France, rue Louis Puteaux, autour d’un thème aussi simple qu’inépuisable : « Qui sont les porteurs de lumières ? »
    Sauf qu’au moment même où l’on nous invite à réserver, le lien d’inscription GLNF demeure… NU !
    À l’heure où nous écrivons, la page se réduit à un intitulé « Inscription », sans programme, sans liste des conférenciers, sans notice biographique, sans titres d’ouvrages, sans repères universitaires ou intellectuels. Rien, sinon l’acte d’adhérer « à l’aveugle ».
    Or, une conférence publique n’est pas une tenue en chambre obscure.
    Elle relève d’un pacte de clarté. Quand on va au restaurant, on aime connaître le menu – non par caprice, mais parce que choisir, c’est déjà s’engager.
    Ici, on nous demande l’engagement sans le menu.
    Et l’ironie devient presque symbolique.
    Comment répondre à « Qui sont les porteurs de lumière ? » si l’on ne sait pas encore qui portera la parole, qui viendra instruire, nuancer, relier, et donner chair à cette question hautement philosophique ?
    La formule officielle promet que les noms seront communiqués « sous peu ».
    Très bien.
    Mais précisément : “sous peu”, c’est maintenant que l’on inscrit, que l’on motive, que l’on entraîne aussi familles, proches, profanes curieux vers un lieu de dialogue.
    Que dit le fameux « roadmap », en français feuille de route, de l’organisateur ?
    La lumière, en matière de communication comme en matière initiatique, ne se proclame pas. Elle se prépare.
    Et du côté de la GLDF, on attend toujours la mise en ligne d’un lien d’inscription propre, comme annoncé. Étrange, non ?
    Alors oui, qu’on se le dise avec un sourire, mais un sourire ferme.
    Faudrait pas prendre les canards sauvages pour les enfants du Bon Dieu.
    Autrement dit, faudrait pas prendre les francs-maçons pour des perdreaux de l’année.

    • Le mieux est d’appeler le siège de la glnf au 01 44 15 86 20.
      Pour faire des conférences, je ne sais pas mais pour aller en visite chez eux, tu peux toujours courir…
      Par contre le nombre de frangins GLNF qui viennent en loucedé, il y en a un paquet !

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Pierre d’Allergida
Pierre d’Allergida
Pierre d'Allergida, dont l'adhésion à la Franc-Maçonnerie remonte au début des années 1970, a occupé toutes les fonctions au sein de sa Respectable Loge Initialement attiré par les idéaux de fraternité, de liberté et d'égalité, il est aussi reconnu pour avoir modernisé les pratiques rituelles et encouragé le dialogue interconfessionnel. Il pratique le Rite Écossais Ancien et Accepté et en a gravi tous les degrés.

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