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C’est le thème de réflexion qui a imbibé les articles du dernier numéro de la revue « Idéal Maçonnique » du mois de septembre qui vient de paraître en format papier.

À l’heure des réseaux sociaux, des chaînes d’information en continu et de l’intelligence artificielle, l’accès à l’information n’a jamais été aussi facile.
Mais cette abondance constitue aussi une fragilité : comment distinguer une information fiable d’une information fausse, manipulée ou volontairement trompeuse ? La désinformation pose ainsi une question essentielle à nos démocraties : comment rechercher la vérité dans un espace public où chacun peut produire et diffuser des contenus ?
Dans les systèmes d’IA tels que les agents conversationnels, on parle également d’algorithmes génératifs capables de produire du texte, de l’audio ou des images à partir d’une requête écrite par l’utilisateur en langage naturel. Ces algorithmes présentent par construction un risque d’invention de contenu qui contredit des faits pourtant vérifiés ou démontrés. On parle aussi d’« hallucinations », même si je n’aime pas trop ce terme, qui anthropomorphise le système d’IA.
La question de la désinformation et de la recherche de la vérité est d’autant plus intéressante en franc-maçonnerie que cette dernière a toujours suscité des récits contradictoires que plusieurs facteurs expliquent notamment par :
· Le secret et la discrétion qui entourent certaines pratiques et cérémonies et qui ont favorise les spéculations.
· Les réseaux sociaux qui amplifient largement aujourd’hui les théories sensationnalistes : « pouvoir occulte », « gouvernement secret», « société satanique », et j’en passe. Certains magazines aux titres aguicheurs leur emboitent le pas.
· L’histoire ancienne et complexe de la franc-maçonnerie qui permet de mélanger facilement les faits historiques, les interprétations et les légendes. Les oppositions politiques ou religieuses ont parfois également produit ·des discours très hostiles à son égard.
- On parle de fake news, de manipulation, d’algorithmes, de propagande. Très bien. Mais la désinformation ne consiste pas seulement à diffuser une fausse information. Elle peut aussi orienter notre perception en déformant, en sélectionnant ou en sortant certains faits de leur contexte. Et parfois, il suffit encore de décider, avant même d’écouter, qui mérite d’être cru.
Le scepticisme en tant que doctrine philosophique naît en Grèce où les disciples de Pyrrhon doutent du monde physique mais pas du monde spirituel. Les sceptiques modernes, quant à eux, proclament la vérité du monde perçu par nos sens contre celle révélée par le divin. Tout ça pour qu’à la fin du XVIIIème s., Pierre Bayle les envoie tous balader et déclare une guerre totale aux certitudes.
Notre scepticisme d’aujourd’hui prospère encore vigoureusement sur le terreau de nos certitudes. Un soupçon de mensonge généralisé nimbe d’un halo de défiance une surabondance d’informations. Si j’ai, par exemple, la certitude que les immigrés sont des terroristes, les analyses statistiques qui démontrent que l’économie de mon pays dépend d’eux notamment pour réaliser les missions de service public délaissées par les nationaux, me paraissent d’intolérables tentatives de manipulation.
Nous estimons que nous avons raison, mais lorsque nous sommes peu à avoir raison, qui est dans le vrai ? Essayons de raisonner un “platiste”, ses arguments ne peuvent être démontrés scientifiquement et pourtant, il est persuadé d’avoir fait le bon choix, et puis ça se voit que la Terre est plate. On descend d’un cran, on signale qu’un bouffon prend deux F, mais rien n’y fait, on à donné un avis contraire (sans critiquer l’avis de départ, juste donner une autre piste).

La désinformation fait courir des risques internes et externes aux entreprises : ce sont des risques surtout économiques et financiers liés à la sécurité. Toutes les entreprises sont concernées et courent des risques. C’est souvent un casse-tête pour protéger la réputation des entreprises : par exemple, les ex-employés qui deviennent des cybercriminels ; certains employés sont des infiltrés de gouvernements étrangers ; l’épouse du PDG de PFIZER n’étant pas favorable au vaccin contre la COVID 19, le PDG a dû rédiger un communiqué.
Il suffit parfois d’une image, d’une phrase répétée plusieurs fois pour qu’une idée finisse par s’imposer comme une vérité.
- « Les étrangers viennent profiter de nos aides . »
- « Les étrangers prennent le travail des Français. »
- « Les étrangers coûtent cher à la collectivité. »
- « On ne peut plus accueillir toute cette immigration. »
Numéro 8 Revue Idéal Maçonnique
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