Mes très chers Frères et Soeurs,Ah, la pureté du Rituel… Ce grand marathon de la vanité maçonnique. On en entend tous les jours en Loge, comme une rengaine un peu triste :« Mon Rituel est inchangé depuis 1723. » – « Moi j’ai la version originale, tapée sur le clavier de Willermoz en personne. » – « Le mien, c’est le vrai, les autres c’est du réchauffé. » Franchement, c’est à se tordre. Très sincèrement, connaissez-vous beaucoup de Frères ou de Sœurs capables de vous expliquer, les yeux dans les yeux, en quoi le fait que leur Rituel soit « plus ancien » le rendrait plus pur, plus puissant, plus efficace ?
Parce que moi, après vingt-cinq ans de tablier, je n’en ai rencontré qu’un seul… et encore, il confondait « ancien » avec « photocopié en 1978 sur du papier pelure ».

Un Rituel, mes amis, ce n’est pas un texte sacré figé dans l’ambre.
C’est un corps qui bouge dans l’espace pour mettre en mouvement des énergies. Des énergies qui peuvent créer… ou détruire. Ordo ab chao, vous vous souvenez ?
Ça veut bien dire que l’ordre et le chaos se succèdent, s’enchaînent, se chevauchent dans une danse perpétuelle. Figer son Rituel pour le répéter à l’identique, c’est comme réciter un mantra en sanskrit sans avoir la moindre idée de ce qu’il signifie. Ça fait joli dans la bouche, ça berce l’ego, mais ça ne fait pas grand-chose d’autre.
La plupart d’entre nous ne maîtrisent même pas l’alphabet symbolique de base de leur propre Obédience. Alors décoder les couches successives du Rituel – matérielle, sacrée, énergétique, sociale, psychique – on n’en parle même pas.
On fait semblant. On répète. On se rassure.
Et puis un jour on se dit : « Bah, l’essentiel, c’est de transmettre la tradition, non ? » Donc on ne touche à rien. On laisse le Rituel dans la naphtaline, bien plié, avec ses petites boules qui sentent la vieille armoire.
On le ressort tous les quinze jours, on le secoue un peu pour enlever la poussière, on le récite pieusement, et on le range jusqu’à la prochaine fois. C’est beau, la fidélité.
C’est surtout très pratique quand on n’a pas envie de se poser de questions.
Allez, je vous laisse méditer là-dessus.
Ou pas.
De toute façon, dans trois semaines, quelqu’un va encore nous sortir que son Rituel est « le seul authentique depuis 1723 ». Et nous, comme d’habitude, on sourira poliment.
Votre Vénérable Maître,
…qui préfère un Rituel vivant à un cadavre bien conservé.

c’est très agressif comme texte…
Le principal c’est de venir en loge avec plaisir.
1723 et autres… peut importe.
pour moi c’est 1140 à Kilwinnig en Écosse pour la MK0.
Finalement, la Franc Maçonnerie c’est bien éloigné de toutes sagesse et travail dans l’adversité des un et des autres pour de grand débats conflictuels stériles.
ou est la vertueuse mission ?
pas agressif réaliste!
dans chaque obédience chaque loge nous avons les gardiens du temple et des temps temps qui pensent détenir le rituel original écris sans doute de la main d’Adam?
était t’il droitier ou gaucher symboliquement c’est important???
après la lecture du rite primordial de France se posent d’autres questions.
autre question ;l’oralité et le secret est la pierre angulaire de la maçonnerie comment avec de tels philtre le rituel des rituels serait parvenu à l’un de nous dans sa pureté originale?
pur moi le plus pur des rituels est celui qui nous convient et rien d’autre
C est plutot vrai
Mon Frère,
Après bientôt 40 ans de pratique assidue et autant visiteur de plusieurs Loges de 3 pays limitrophes – ce qui n’est en rien une garantie de quoi que ce soit -, je n’ai jamais entendu un tel propos. Je confesse que, néanmoins, et en dehors de toute charité ne serait-ce que chrétienne (;-) , j’en rirais encore.
Au passage : pourquoi 1723, et non 1717, 1643 ou 1598 ?
Par contre, l’essentiel des absurdités de ce calibre, je les ai surtout entendu émises par des… éminences, sûres que leur statut – leur assurant que personne ne se permette jamais de contester leurs dires – leur conférait la science infuse. La connaissance vient d’en-haut ; c’est bien connu !
D’où l’incessante profusion de conférences du Grand Maître Schmoldruck à Saint-Cucufin-la-Praline sur « Qu’est que la Franc-Maçonnerie ? » ou « Pourquoi il vaut mieux venir chez-nous que chez les autres ? ».
Toutefois, je m’interroge : qu’est-ce qu’un « alphabet symbolique de base d’une Obédience », quelle qu’elle soit ?
Mais, pour conclure : si les Rituels ne doivent pas êtres gravés dans le marbre, qu’en est-il d’une Tradition à géométrie variable qui change à l’occasion selon la volonté d’un Grand Expert ou d’un Suprême Conseil ?
Exit le « Inspirons-nous des Lumières du passé… » ?
Fraternellement,