dim 28 novembre 2021 - 18:11

L’huile, un corps gras bénéfique

L’huile est le symbole de la lumière divine et de la royauté. Dans l’Antiquité, l’huile (olive veut dire huile) était une denrée essentielle et précieuse. Elle fournissait éclairage et nourriture, représentant aussi la lumière et la prospérité ; elle faisait l’objet d’un usage rituel.

Chez les Hébreux, l’huile est un lien de passage entre leur dieu et les hommes. Lorsque Adam est sur le point de mourir, c’est sous la forme d’huile de miséricorde qu’il demande à Dieu la rédemption promise.

C’est l’Éternel qui commande à Moïse de préparer l’huile d’onction, un mélange parfumé, qui rendra saints (c’est-à-dire consacré à Élohim) : la Tente d’assignation, l’arche du Statut; la table avec tous ses accessoires, le candélabre avec les siens; l’autel du parfum; l’autel aux holocaustes avec tous ses ustensiles et la cuve avec son support ainsi  qu’Aaron et ses fils (Exode 30 ; 26 à30).

La composition de l’huile de l’onction sainte est décrite dans Exode 30 ; 23,24 : myrrhe franche (sorte de gomme de résine odorante semblable au sapin baumier ou à la gomme d’épinette), cinq cents sicles*, cinnamone odorant (écorce intérieure du cannelier qui  donne à la cannelle une forte odeur parfumée, utilisée par les anciens Égyptiens dans le processus de l’embaumement), la moitié, soit deux cent cinquante; jonc aromatique (un jonc odorant, Acorus calamus, dont on peut extraire, par distillation des rhizomes, une huile essentielle utilisée en parfumerie et en médecine), deux cent cinquante, enfin casse (une épice proche de la cannelle mais plus piquante, tirée de l’écorce du cannelier, appelé aussi cassia qui entrait dans la composition des ingrédients servant à l’embaumement), cinq cents sicles au poids du sanctuaire; puis de l’huile d’olive (1 setier), un hîn (d’après l’historien Josèphe, le hîn équivalait à deux conges athéniennes, ce qui correspond à 3,67 litres)…

Il est souligné l’interdiction pour quiconque d’en faire le même parfum et de le mettre sur un profane (Exode 30 ; 32,33).

L’application de l’huile, avant chaque culte, étant associée à la pureté et à la lumière. «Quant à toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prélèvent pour toi de l’huile d’olive pure concassée pour le luminaire, en vue d’élever la lumière continuellement» (Exode XXVII, 20).

Être oint est une métaphore des Faveurs Divines. Il s’agit de la «Main de Dieu» sur nous (Psaume 23 :5 ; 92 :10…) Une personne «ointe» est  établie dans une positon (un poste) ou une fonction spéciale pour le Plan de Dieu (Psaumes 2 :2,6 ; Esaïe 61 : 1 ; Luc 4 :18). L’onction est associée à l’Effusion du Saint-Esprit (1Samuel 10 :1, 9 ; 16 :13 ; Esaïe 61 :1 ; Zacharie 4 :1-4).

La fameuse fiole d’huile qui dura 8 jours pendant le miracle de Hanouka aurait appartenu à Noa’h, qui la transmit ensuite à Chem puis à Avraham, Its’hak et Yaacov. C’était de l’huile d’olive constituée à partir du rameau d’olivier qu’avait apporté la colombe dans l’Arche pour attester que les eaux avaient diminué après le Déluge.

Chez les mystiques musulmans, l’huile représente la pure substance, l’esprit de Dieu offert à l’homme.

Dans la tradition apostolique, alors que les huiles sont bénies, le chrême est consacré. Les huiles destinées aux catéchumènes et aux malades ont pour support une simple huile d’olive pressée à froid  sur laquelle est prononcée une bénédiction spécifique. Symbole de vigueur, elle accorde force et intelligence aux futurs baptisés et soulage le corps, l’âme et l’esprit des malades. Le chrême est un mélange d’huile d’olive et de baume : une résine aromatique importée d’Orient ou du Pérou, chauffée au bain marie. Cette base reçoit ensuite trois essences parfumées : la lavande, le serpolet et le romarin. Après avoir procédé à l’association des substances, l’évêque souffle sur le chrême, avant d’invoquer sur lui la puissance de l’Esprit.

L’huile faisait partie du paiement du salaire en nature des ouvriers qui construisirent le Temple de Jérusalem.

Les Règlements du Chapitre Écossais prévoient une cérémonie préalable à l’installation d’un Vénérable Maître. Le Frère Écossais, nommé Vénérable (de la loge), est Sacré par les frères Écossais, dans la Loge écossaise, (nommée plus tard Chapitre écossais), avant son installation dans la Loge Générale(il y a donc deux installations distinctes). Ce «Sacre» se faisait par une «onction», au moyen d’un «ciment hermétique», composé de 5 aliments : du froment, de l’huile, du vin, du sel et du soufre calciné, appliquée avec une truelle d’or, sur, la tête, les oreilles, à côté des narines, sur les lèvres et sur les mains.

Dans la langue des oiseaux, le vitriol, vitri ol, est l’huile de verre, l’huile verte, qui lors de l’onction des rois permettait qu’il soit éclairé.

*Le sicle (akkadien : šiqlu ou siqlu, hébreu : שקל, shekel) est une ancienne unité de poids ainsi qu’une devise monétaire en usage parmi plusieurs peuples du Levant dont les anciens Hébreux

Solange Sudarskis
Maître de conférences honoraire, chevalier des Palmes académiques. Initiée au Droit Humain en 1977. Auteur de plusieurs livres maçonniques dont le "Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique", prix littéraire de l'Institut Maçonnique de France 2017, catégorie « Essais et Symbolisme ».

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