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Georges Virebeau est l’un des pseudonymes d’Henry Coston (1910-2001), figure centrale de l’antisémitisme et de l’antimaçonnisme français. Emprunté, selon les notices biographiques, au nom d’une propriété liée à son enfance, ce nom signe des ouvrages publiés de la fin des années 1930 aux années 1990, ainsi que de nombreux articles de la revue Lectures françaises. Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France rattache explicitement Georges Virebeau aux dates de naissance et de mort de Coston.
Un pseudonyme parmi d’autres
Henry Coston a multiplié les signatures, et Georges Virebeau est la plus durable. À côté de « L’Archiviste Jérôme », « Saint-Pastour » ou « Gygès », ce nom lui permet de démultiplier sa présence dans ses propres publications et de donner l’impression d’une pluralité d’auteurs là où s’exprime une seule plume.
Ce jeu de masques n’a rien d’anecdotique. Dans une revue comme Lectures françaises, la coexistence de signatures différentes renforce l’illusion d’un milieu intellectuel foisonnant, alors qu’une large part de la production émane du même atelier éditorial.
Des ouvrages vérifiables
Plusieurs titres signés Georges Virebeau sont attestés par des catalogues de bibliothèques et de musées. En 1938 paraît Les Juifs et leurs crimes, publié par l’Office de propagande nationale, conservé notamment au Musée juif de Belgique. Sous l’Occupation, en 1943, le même nom signe un court roman policier populaire, L’Affaire Dargence. Après la guerre viennent Les Mystères des francs-maçons, paru en 1958 puis réédité à plusieurs reprises, Les Papes et la franc-maçonnerie (1977), Prélats et francs-maçons (1978) et Mais qui gouverne l’Amérique ? (1991).
L’ensemble dessine une continuité thématique frappante : antisémitisme ouvert avant-guerre, puis dénonciation de l’influence maçonnique dans l’Église, la politique et les relations internationales. La plupart des volumes d’après-guerre sont diffusés par les structures éditoriales de Coston lui-même.
La franc-maçonnerie et l’Église
Sous le nom de Virebeau, Coston investit particulièrement le terrain religieux. Les titres consacrés aux papes et aux prélats exploitent les débats de l’après-concile Vatican II pour suggérer une pénétration maçonnique au sein de la hiérarchie catholique. Le thème de l’infiltration, cher à l’antimaçonnisme traditionaliste, y trouve un relais éditorial durable.
Le procédé est celui de toute l’œuvre de Coston : accumuler des noms, des citations et des rapprochements pour produire un effet de preuve, sans démonstration véritable des liens allégués.
Pourquoi distinguer ce nom
Identifier Georges Virebeau comme Henry Coston est un enjeu de méthode. Des ouvrages signés de ce pseudonyme continuent de circuler, de se revendre et d’être cités comme s’ils émanaient d’un auteur indépendant. Rappeler leur origine permet au lecteur de les replacer dans la trajectoire d’un militant condamné à la Libération pour collaboration et resté fidèle à ses obsessions.
Le pseudonyme ne change rien au fond ; il change seulement la manière dont un texte peut être reçu par ceux qui en ignorent l’auteur.
Georges Virebeau n’est pas un auteur de plus dans la bibliothèque antimaçonnique, mais un second visage d’Henry Coston. Connaître ce masque, c’est éviter de prendre pour une voix nouvelle l’écho d’une même obsession. Un pseudonyme peut multiplier les signatures, il ne multiplie jamais les preuves.
Voir aussi : Coston, Henry, Presse antimaçonnique, Vichy et héritages antijudéo-maçonniques, Pape et franc-maçonnerie, Complot judéo-maçonnique, Antimaçonnisme d’extrême droite, Infiltration.

