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Remake réalisé par Scott Derrickson en 2008 d’un classique de Robert Wise sorti en 1951, Le Jour où la Terre s’arrêta met en scène Klaatu, émissaire venu d’ailleurs pour juger si l’humanité mérite de survivre. Keanu Reeves y prête ses traits à ce visiteur impassible. Sans rapport avec la Franc-maçonnerie, le film pose une question presque initiatique : faut-il frôler la mort pour accepter de changer ?
De quoi parle Le Jour où la Terre s’arrêta ?
Un objet venu des confins du système solaire fonce vers la Terre. Les autorités américaines s’attendent à une catastrophe ; c’est une immense sphère qui se pose à Manhattan. Il en sort un être, Klaatu, aussitôt blessé par un tir, puis un robot gigantesque, Gort, que l’armée parvient à confiner. La scientifique Helen Benson, appelée en urgence, se retrouve au contact du visiteur.
Klaatu affirme venir parler du sauvetage de la planète, menacée par les ravages que lui inflige l’espèce humaine. Échappant à ses geôliers, il poursuit sa mission tandis que d’autres sphères apparaissent sur le globe. Helen et son beau-fils Jacob deviennent ses guides malgré eux, et ses interlocuteurs : c’est à travers eux qu’il observe ce que vaut l’humanité.
Écrit par David Scarpa, le film réunit Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Jaden Smith, Kathy Bates, Jon Hamm et John Cleese. Il a été durement reçu par la critique, qui l’a souvent jugé inférieur à son modèle, mais a rencontré un large public en salles.
De 1951 à 2008 : deux avertissements
Le film original de Robert Wise, écrit par Edmund H. North d’après une nouvelle de Harry Bates parue en 1940, avec Michael Rennie dans le rôle de Klaatu et Patricia Neal dans celui d’Helen, est devenu un jalon de la science-fiction. Tourné en pleine guerre froide, il adressait aux nations un avertissement sur la violence armée et la menace atomique ; sa formule mystérieuse, « Klaatu barada nikto », jamais traduite, est restée célèbre.
Le remake de 2008 conserve la trame et les personnages mais déplace l’enjeu vers l’écologie : ce n’est plus la bombe qui inquiète le visiteur, mais la destruction de la planète. Dans les deux cas, la survie de l’humanité est suspendue à sa capacité à se transformer. C’est cette version de 2008 que retient le dossier de 450.fm, sans oublier la dette qu’elle doit au film de 1951.
Précisons-le : aucune de ces deux œuvres ne montre de Loge, de rituel ni de symbole maçonnique. Elles appartiennent à la filmographie pour leur thème, celui d’une humanité placée devant un jugement qui l’oblige à se regarder en face.
Une lecture initiatique : la mort comme seuil
Klaatu ne vient pas convertir ; il vient évaluer. L’humanité est en position de candidat devant un jury qui ne lui doit rien, et la question posée est vertigineuse : une espèce peut-elle changer avant qu’il ne soit trop tard, ou seulement au bord de l’abîme ? Le film répond que c’est souvent au seuil de la mort que l’on découvre ce que l’on est capable de devenir.
Le maçon reconnaîtra là une intuition familière : on ne renaît qu’après avoir accepté de mourir à une part de soi-même. Le visiteur lui-même évolue au contact de ceux qu’il doit juger ; l’observation d’un geste d’amour, d’une parole sincère, infléchit son regard. La transformation est réciproque, ce qui est sans doute la plus belle idée du récit.
On y lira aussi une leçon d’humanisme exigeant : l’homme n’est pas sauvé par ses prouesses techniques, mais par sa capacité à se réformer. Une morale que ne renierait aucun atelier, et qui donne au film une portée plus grande que ses effets spéciaux.
Fiche technique
- Titre original : The Day the Earth Stood Still
- Année : 2008 (remake du film de 1951)
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Scott Derrickson (2008) ; Robert Wise (1951)
- Scénario : David Scarpa, d’après le scénario d’Edmund H. North (1951), lui-même tiré d’une nouvelle de Harry Bates
- Interprètes : Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Jaden Smith, Kathy Bates, Jon Hamm, John Cleese
- Durée : 1 h 43
- Genre : Science-fiction
Voir aussi dans le glossaire : Mort, Initiation, Humanisme.
Pour aller plus loin sur 450.fm

