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Réalisé par Roland Emmerich en 1994, Stargate, la porte des étoiles envoie un égyptologue et un commando militaire à travers un anneau découvert à Gizeh, vers une planète où règne un faux dieu nommé Râ. Le film ne dit rien de la Franc-maçonnerie, mais il joue avec l’imaginaire des pyramides, des hiéroglyphes et des origines cachées, et montre comment un pouvoir fabrique du sacré pour asservir.
De quoi parle Stargate ?
En 1928, une fouille sur le plateau de Gizeh met au jour un immense anneau de métal couvert de signes. Des décennies plus tard, l’armée de l’air américaine, qui l’étudie dans le secret d’une base du Colorado, fait appel à Daniel Jackson, jeune égyptologue moqué pour ses théories, afin de déchiffrer les inscriptions. Il comprend que les symboles sont des coordonnées : l’anneau est une porte.
Une équipe menée par le colonel Jack O’Neil la franchit et débouche sur une planète désertique, au pied d’une pyramide. Un peuple y vit, qui parle une forme d’égyptien ancien et vénère un maître descendu du ciel. Le retour sur Terre s’avère plus compliqué que prévu.
Écrit par Roland Emmerich et Dean Devlin, le film réunit Kurt Russell, James Spader, Jaye Davidson, Viveca Lindfors, Alexis Cruz et Mili Avital. Accueilli froidement par une partie de la critique, il a pourtant connu le succès et engendré une très longue postérité télévisée, avec Stargate SG-1, Stargate Atlantis et Stargate Universe.
Égypte imaginaire et faux dieux
Il n’y a dans Stargate ni Loge, ni rituel, ni personnage maçon. Le film appartient à la filmographie de 450.fm parce qu’il exploite une veine qui a souvent croisé l’imaginaire maçonnique : l’Égypte comme source supposée de tous les mystères, les pyramides comme machines de pouvoir, les hiéroglyphes comme codes réservés à quelques-uns.
Cette égyptomanie a nourri au XVIIIe et au XIXe siècle certains rites et certaines rêveries maçonniques, mais elle relève de la légende et non de l’histoire de l’Ordre, né dans les Loges britanniques du début du XVIIIe siècle. Stargate pousse le fantasme plus loin encore en suggérant que la civilisation égyptienne aurait été imposée par des visiteurs venus d’ailleurs ; c’est une fiction assumée, à ne pas confondre avec une thèse historique.
Ce qui intéresse davantage le lecteur maçon, c’est la figure de Râ : un être qui se fait passer pour un dieu, contrôle le savoir, interdit l’écriture et gouverne par la peur. Le film montre ainsi comment un pouvoir peut confisquer le sacré pour tenir un peuple dans l’ignorance.
Lecture symbolique : le savoir qui libère
Le véritable héros de Stargate n’est pas le soldat mais le linguiste. C’est par la lecture patiente des signes que Daniel Jackson ouvre la porte, et c’est en rendant aux habitants la mémoire de leur propre écriture qu’il leur permet de se libérer. Le symbole n’y est pas un secret à garder, mais une clé à transmettre.
Franchir la porte, c’est quitter un monde connu pour un autre dont on ignore tout ; c’est accepter l’épreuve du passage. L’anneau, cercle de pierre et de métal qui relie deux mondes, offre une belle image du seuil, et la pyramide celle d’un édifice dont il faut comprendre le sens avant d’en admirer la masse.
Le film oppose enfin deux usages du savoir : celui du tyran, qui le garde pour dominer, et celui du chercheur, qui le partage pour éclairer. Une opposition que tout atelier connaît bien, et qui donne à ce divertissement spectaculaire une portée inattendue.
Fiche technique
- Titre original : Stargate
- Année : 1994
- Pays : États-Unis, France
- Réalisation : Roland Emmerich
- Scénario : Roland Emmerich, Dean Devlin
- Interprètes : Kurt Russell, James Spader, Jaye Davidson, Viveca Lindfors, Alexis Cruz, Mili Avital
- Durée : 2 h environ (version cinéma)
- Genre : Science-fiction, aventure
Voir aussi dans le glossaire : Symbole, Ésotérisme et fantasme, Lumière (maçonnique).
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