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Thriller réalisé par Rob Cohen en 2000, The Skulls : Société secrète suit un étudiant boursier coopté par une confrérie universitaire qui forme les futurs maîtres du pays. Inspirée de la société Skull and Bones de Yale, et non de la Franc-maçonnerie, cette confrérie incarne l’image fantasmée du réseau d’entraide occulte. Le film permet de distinguer nettement la cooptation de l’initiation.
De quoi parle The Skulls ?

Luke McNamara, orphelin d’origine modeste et champion d’aviron, étudie grâce à une bourse dans une prestigieuse université de la côte Est. Il rêve de faire son droit et sait qu’il lui manque ce que d’autres ont de naissance : l’argent et les relations. Lorsque la société secrète des Skulls le choisit, toutes les portes semblent s’ouvrir.
L’admission passe par des épreuves, dont un vol commis avec Caleb Mandrake, fils d’un juge influent. Mais Will, le meilleur ami de Luke, journaliste au journal du campus, s’intéresse de trop près à la confrérie ; il est retrouvé mort, et l’on conclut au suicide. Luke commence à douter et découvre ce que coûte la loyauté qu’on lui a demandée.
Écrit par John Pogue, le film réunit Joshua Jackson, Paul Walker, Hill Harper, Leslie Bibb, Craig T. Nelson et William Petersen. Éreinté par la critique, il a pourtant connu deux suites destinées au marché vidéo, en 2002 et en 2004.
Skull and Bones n’est pas une Loge
Il faut lever d’emblée une confusion fréquente : la confrérie du film s’inspire de Skull and Bones, société d’étudiants fondée à l’université Yale en 1832, qui n’a rien de maçonnique. Ces sociétés universitaires américaines ont leurs rites, leurs locaux fermés et leurs anciens célèbres, mais elles ne relèvent d’aucune obédience et ne pratiquent pas l’initiation maçonnique.
Le film n’en reprend pas moins tous les clichés que l’antimaçonnisme a projetés sur les Loges : un cercle d’élites qui place ses membres aux postes clés, une solidarité qui couvre les fautes, un serment qui prime sur la loi commune. Il met en scène la croyance populaire selon laquelle appartenir à une société discrète garantirait carrière, protection et impunité.
C’est en cela qu’il intéresse le lecteur maçon : il montre en négatif ce que la Franc-maçonnerie n’est pas. Une Loge ne promet ni emploi, ni immunité, et le serment maçonnique n’a jamais délié quiconque de ses devoirs envers la loi et sa conscience.
Cooptation n’est pas initiation
Le parcours de Luke illustre la différence entre deux logiques. La cooptation sélectionne des profils utiles et attend d’eux un retour : on y demande ce que le nouveau venu peut apporter au réseau. L’initiation, elle, s’adresse à un chercheur qui demande à progresser et attend de lui un travail sur soi.
Dans The Skulls, l’épreuve d’admission est un délit, le secret sert à dissimuler un crime et la fraternité se réduit à un pacte de silence. Ce n’est pas une fraternité mais sa caricature : un lien qui enchaîne au lieu d’élever. Le réveil de Luke, lorsqu’il comprend que sa conscience compte plus que sa place, est en ce sens le seul véritable passage initiatique du film.
La morale est claire et salutaire : un groupe qui exige d’abandonner son jugement n’a rien d’initiatique. Le libre examen, la loyauté envers la vérité et le respect de la loi restent le critère qui distingue une société de pensée d’un réseau d’influence.
Fiche technique
- Titre original : The Skulls
- Année : 2000
- Pays : États-Unis
- Réalisation : Rob Cohen
- Scénario : John Pogue
- Interprètes : Joshua Jackson, Paul Walker, Hill Harper, Leslie Bibb, Craig T. Nelson, William Petersen
- Durée : 1 h 46 à 1 h 50 selon les versions
- Genre : Thriller
Voir aussi dans le glossaire : Élites, Serment, Initiation incomprise, Fraternité défigurée.
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