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Né le 15 juillet 1880 à Cumières, dans la Marne, et mort le 18 mars 1944 en déportation à Buchenwald, Gaston Poittevin est un vigneron, syndicaliste et homme politique français. Défenseur des vignerons champenois, député de la Marne de 1919 à 1936, il est franc-maçon et se voit démis d’office de ses mandats en 1941 en application de la loi de Vichy sur les sociétés secrètes.
Un enfant des vignes champenoises

Issu du milieu des vignerons champenois, Gaston Poittevin s’engage tôt dans les organisations viticoles. Mobilisé pendant la Grande Guerre, il est fait prisonnier et revient décoré de la Croix de guerre. Il est alors rédacteur de La Champagne viticole.
Cofondateur du Syndicat général des vignerons de la Champagne, il en assure la présidence de 1938 à 1941. Une source rémoise le présente comme le premier vigneron élu député de la Marne.
Député de la Marne
En 1919, il est élu conseiller général du canton de Châtillon-sur-Marne et député de la Marne sur une liste d’union républicaine ; il siège avec les républicains socialistes. Réélu en tête en 1924, il bat Bertrand de Mun en 1928 et rejoint le groupe radical et radical-socialiste, puis conserve son siège en 1932. Battu en 1936, il quitte la Chambre.
En 1933, il est blessé dans l’accident ferroviaire de Lagny-Pomponne. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1936.
Franc-maçon frappé par Vichy
Gaston Poittevin est franc-maçon ; les sources consultées ne précisent ni sa loge ni son obédience. En 1941, alors qu’il demeure rue du Faubourg-Poissonnière à Paris, il est démis d’office de ses mandats en application de la loi sur les sociétés secrètes, l’un des instruments de la politique antimaçonnique du régime de Vichy.
La déportation et la mémoire
Déporté, il meurt à Buchenwald le 18 mars 1944, de privations et de mauvais traitements, quelques semaines avant la Libération. Des rues portent son nom dans plusieurs villages de son canton, dont Cumières et Monthelon, ainsi qu’une place à Reims.
Un élu maçon victime de la persécution
Défenseur du vignoble champenois et parlementaire radical de l’entre-deux-guerres, Gaston Poittevin rejoint la longue liste des francs-maçons écartés de la vie publique par Vichy puis disparus en déportation. Son nom rappelle le prix payé par la franc-maçonnerie française sous l’Occupation.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Gaston Poittevin.
Voir aussi dans le glossaire : Revue internationale des sociétés secrètes (antimaçonnisme).

