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Louis-Philippe Desseaux, né à Honfleur en 1798 et mort à Paris en 1881, est un avocat rouennais plusieurs fois bâtonnier, magistrat en 1848, préfet de la Seine-Inférieure en 1870 et député républicain sous le Second Empire puis sous la Troisième République. Initié dans sa jeunesse à la loge La Persévérance de Rouen, il la dirige pendant une vingtaine d’années et célèbre son cinquantenaire maçonnique.
Une figure du barreau de Rouen

Natif d’Honfleur, Louis Desseaux exerce comme avocat à Rouen, où ses confrères l’élisent plusieurs fois bâtonnier. Sa notoriété locale et ses convictions libérales le désignent pour des fonctions publiques lors des changements de régime.
En 1848, le Gouvernement provisoire le nomme premier avocat général à la cour d’appel de Rouen, puis procureur général, poste laissé vacant par l’élection de Jules Senard comme député. Révoqué après l’élection présidentielle de décembre 1848, il retrouve son cabinet d’avocat.
Un républicain à la Chambre
Élu député de la Seine-Inférieure en 1869, il siège dans l’opposition de gauche jusqu’en 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale le nomme ensuite préfet de la Seine-Inférieure ; les autorités prussiennes le remplacent par le maire de Rouen, et le gouvernement français désigne Sadi Carnot pour lui succéder.
Battu aux sénatoriales de janvier 1876, il retrouve la Chambre la même année et y siège jusqu’en 1881 au groupe de la Gauche républicaine. Il fait partie des 363 députés qui refusent la confiance au gouvernement de Broglie lors de la crise du 16 mai 1877.
Cinquante ans à La Persévérance

Desseaux est initié dans sa jeunesse à la loge La Persévérance, à l’Orient de Rouen, un atelier alors récent composé surtout de notables et de commerçants de la ville. Il y occupe des responsabilités dès les années 1830 : il est mentionné comme conseiller de l’ordre en 1831 et accède à la direction de l’atelier à partir de 1835.
Il préside ensuite régulièrement la loge pendant une vingtaine d’années. À l’occasion de son cinquantenaire maçonnique, les francs-maçons rouennais lui rendent un hommage collectif. Les sources consultées ne précisent pas l’obédience de la loge.
Postérité rouennaise
Après des obsèques à l’abbatiale Saint-Ouen, il est inhumé au cimetière monumental de Rouen. En 1882, une souscription permet d’élever un monument orné d’un buste en bronze dû au sculpteur Alphonse Guilloux.
Un notable républicain de la maçonnerie normande
Louis Desseaux représente bien ces notables de province pour qui la loge fut, durant tout le XIXe siècle, un lieu de formation civique et de fidélité républicaine. Sa longue présidence de La Persévérance et sa carrière parlementaire illustrent le lien étroit entre sociabilité maçonnique et enracinement de la République en Normandie.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Louis Desseaux.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Sautoir de Vénérable Maître, Orient, Initiation.

