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Antoine Court, dit Court de Gébelin, né près de Nîmes vers 1725 et mort à Paris en 1784, est un pasteur protestant, écrivain et érudit, auteur de la vaste somme Le Monde primitif, où il fut le premier à s’intéresser à l’histoire du tarot. Défenseur de la tolérance religieuse, il fut l’un des francs-maçons les plus actifs du Paris des Lumières : membre des Amis réunis, des Philalèthes et secrétaire de la loge des Neuf Sœurs.
Le fils du restaurateur des Églises du Désert

Antoine Court de Gébelin est le fils du pasteur Antoine Court, artisan de la réorganisation des Églises protestantes clandestines du « Désert ». Pour se distinguer de son père, il adopte le nom de sa grand-mère paternelle, Gébelin. Sa date de naissance exacte fait hésiter les sources entre 1724, 1725 et 1728.
Formé au séminaire de Lausanne fondé par son père, il étudie la théologie à l’Académie de cette ville et devient pasteur. Il enseigne au séminaire et assure la correspondance avec les Églises du Refuge et du Désert. Le 23 mars 1763, il quitte Lausanne et s’installe à Paris, où il arrive au début du mois d’octobre.
Un érudit au service de la tolérance
À Paris, il anime une agence chargée de centraliser les doléances des protestants et de plaider pour la tolérance religieuse. Proche des physiocrates, il est qualifié par Quesnay de « disciple bien-aimé ». Il participe aussi aux Affaires de l’Angleterre et de l’Amérique, publication favorable à l’indépendance américaine.
Son grand œuvre, Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne, paraît en neuf volumes de 1773 à 1782. Le huitième volume contient une étude du tarot, dont il est considéré comme le premier à avoir étudié l’histoire. En 1780, il fonde un établissement littéraire, le Musée, qu’il préside ; il meurt en 1784 lourdement endetté, victime de créanciers et de deux hommes qui avaient abusé de sa confiance.
Des Neuf Sœurs aux Philalèthes

La date de son initiation n’est pas établie avec certitude par les historiens. Il est reçu en 1778 comme associé libre à la loge Les Amis réunis, foyer du régime des Philalèthes, dont il devient commissaire aux archives. Il appartient à la douzième et dernière classe de ce régime et participe à ses travaux jusqu’en 1783 ; en 1784, son fondateur, le marquis de Savalette de Langes, lui reproche son manque d’assiduité.
En 1779, il est secrétaire de la loge des Neuf Sœurs, alors présidée par l’astronome Jérôme de Lalande. Il défend l’atelier lorsque celui-ci est critiqué pour avoir pratiqué une maçonnerie d’adoption jugée irrégulière. Il préside jusqu’à sa mort la Société apollonienne créée en 1780 par les Neuf Sœurs, rebaptisée Musée de Paris en 1783.
Principales œuvres
- Les Toulousaines, 1763
- Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne, 1773-1782
- Histoire naturelle de la Parole, 1776
- Dictionnaire étymologique et raisonné des racines latines, 1780
- Lettre sur le Magnétisme animal, 1783
- Devoirs du prince et du citoyen, 1789 (posthume)
Un passeur entre érudition et symbolisme
Les historiens de la franc-maçonnerie voient en Court de Gébelin un frère qui a contribué de façon importante à la connaissance de la maçonnerie symbolique et philosophique. Sa curiosité pour les mythes, les langues et le tarot, son engagement aux Philalèthes et aux Neuf Sœurs en font une figure caractéristique de la maçonnerie savante de la fin du XVIIIe siècle, et l’un des inspirateurs lointains de l’intérêt ésotérique que la tradition maçonnique portera aux symboles anciens.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Antoine Court de Gébelin.
Voir aussi dans le glossaire : Loge d’Adoption.

